"Nomadland" de Chloé Zhao : une reconquête de l'Ouest

Western | Une année en compagnie d’une sexagénaire jetée sur la route par les accidents de la vie. Un road trip à travers les décombres d’un pays usé et, cependant, vers la lumière. Poursuivant sa relecture du western et des grands espaces, Chloé Zhao donne envie de (re)croire à la possibilité d’un rêve américain. Primé au Tiff, Lion d’Or à Venise, Oscar du meilleur film.

Vincent Raymond | Mercredi 9 juin 2021

Photo : © Searchlight Pictures / Century Studios


L'Ouest, le vrai : frappé par la désindustrialisation. Où les baraques préfabriquées sont ouvertes aux quatre vents et les villes devenues fantômes. Où une partie de la population, victime de maladies professionnelles, dort au cimetière et les survivants… survivent comme ils le peuvent. Certains, comme Fern à bord de son vieux van, ont pris la route et joint la communauté des nomades, enchaînant les boulots saisonniers au gré des latitudes. Loin d' une partie de plaisir, son voyage sera tel un pèlerinage l'obligeant à se priver du superflu, l'autorisant à se défaire du pesant…

Inspiré d'un livre-enquête de Jessica Bruder consacré aux victimes collatérales de la crise des subprimes de 2008 (des sexagénaires privés de toit poussés au nomadisme), Nomadland s'ouvre sur un carton détaillant l'exemple de la ville d'Empire dans le Nevada, passée de florissante à miséreuse, et nous fait suivre sa protagoniste en âge d'être à la retraite, cumulant des petits jobs précaires chez les nouveaux rois de l'économie. Des éléments à charges supplémentaires contre l'ubercapitalisme, direz-vous ; un addenda au documentaire glaçant de Claus Drexel America montrant la base électorale de Trump galvanisée par sa propre misère et le fantasme d'une reconquête de sa grandeur d'antan. Oui… et pourtant non : sans rien édulcorer dans son constat, Chloé Zhao signe un film habité par la reconquête de l'espérance où, derrière les “vedettes“ Frances McDormand et David Strathairn, (têtes de gondole de cette fausse fiction) défilent des non professionnels légitimant par leur présence et leurs témoignages la véracité du propos. Une succession de rencontres réconfortantes et de solidarités, où le happy end n'est ni un vain mot, ni un concentré de guimauve — il évoque même lointainement la fin de La Prisonnière du désert de Ford.

No Country for Old Woman ?

Nomadland parle de la réconciliation avec soi-même, d'une liberté recouvrée dans le choix de vivre (ou de mourir), mais aussi en creux de la réconciliation d'une nation. Native de Chine, Chloé Zhao possède peut-être cette foi en l'Amérique que l'Amérique elle-même semble avoir égarée en route. Après tout, les grands chantres de l'épopée de l'Ouest au siècle dernier que furent John Ford, Anthony Mann, Henry Hathaway ou Sergio Leone étaient tous descendants d'immigrants voire européens…

En peu de temps et de longs-métrages (Les Chansons que mes frères m'ont apprises, The Rider), la réalisatrice est en tout cas parvenue à insuffler un esprit à la fois très ancien et complètement nouveau au cœur du vieux cinéma américain, au plus profond de ses territoires fondateurs (l'Ouest, le désert, la route…), en compagnie de ses figures tutélaires (cow-boys solitaires et déchus…). Au cœur, c'est-à-dire là où il faut (se) battre pour vivre afin de se réinventer — un des mantras de la cosmogonie étasunienne — ; surtout quand tout semble perdu. Son “Make America Great Again“ n'a rien d'un slogan revanchard rance ni impérialiste, il est une injonction à poursuivre l'idée originelle des pionniers : repousser les limites de l'horizon. Et, sur un champ de ruine, à penser comme Scarlett O'Hara demain comme « un autre jour », face à des ciels incroyables zébrés de rose et de bleu pastel, aubes ou crépuscules prometteurs. « Cela s'appelle l'aurore », écrivait Giraudoux dans Électre…

★★★★☆ Nomadland
Un film de Chloé Zhao (É-U, 1h48) avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest…


Nomadland

De Chloé Zhao (Eu, 1h48) avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest

De Chloé Zhao (Eu, 1h48) avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest

salles et horaires du film


Après l’effondrement économique de la cité ouvrière du Nevada où elle vivait, Fern décide de prendre la route à bord de son van aménagé et d’adopter une vie de nomade des temps modernes, en rupture avec les standards de la société actuelle. De vrais nomades incarnent les camarades et mentors de Fern et l’accompagnent dans sa découverte des vastes étendues de l’Ouest américain.

Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le mercredi 09 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le jeudi 10 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le vendredi 11 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le samedi 12 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le dimanche 13 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le lundi 14 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10
Nomadland est à  l'affiche dans 7 salles le mardi 15 juin

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 14h, 20h - jeu, lun, mar 14h, 17h - ven 16h45, 20h45 - sam 13h45, 18h15 - dim 10h, 20h15

Lumière Terreaux

40 rue du Président Édouard Herriot 69001 Lyon
10h30 - 12h55 (sf jeu 12h45) - 15h05 (sf jeu 14h20) - 16h10 (sf jeu 16h30) - 18h20 - 20h30

Cinéma Comœdia

13 avenue Berthelot 69007 Lyon
(en V0) 11h - 13h25 - 15h50 - 18h10 - 20h30

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
18h20 sf dim, lun, mar + sam 16h, dim, mar 13h40, lun 20h40
(en V0) 13h40 sf dim, mar - 16h sf sam - 20h40 sf lun + dim, lun, mar 18h20

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
(en V0) 13h20 - 15h40 - 18h - 20h20 + sam, dim 10h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
(en V0) 13h30 - 15h45 - 18h - 201h5 + mer, sam, dim 11h10

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Encore plus d’étoiles devant les yeux

Festival Lumière | Francis Ford Coppola, Bong John Ho, Ken Loach, Daniel Auteuil et Marina Vlady ne seront pas seuls à visiter les salles obscures lyonnaises en octobre prochain : Frances McDormand, Donald Sutherland, Marco Bellocchio, Gael Garcia Bernal ou Vincent Delerm seront aussi du voyage…

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Encore plus d’étoiles devant les yeux

Paradoxe n°1 : à Lyon, on le sait, plus les salles sont obscures, plus l’on a de chances d’y trouver des étoiles — surtout à l’automne. Paradoxe n°2 : il fallait se rendre au Cinéma du Panthéon à Paris pour découvrir les nouveautés de la programmation du 11e Grand Lyon Film Festival dévoilées par son directeur, Thierry Frémaux. Valaient-elles le détour ? Sans nul doute pour certaines. D’abord, toutes les annonces de juin ont été confirmées et complétées — la précision n’est pas superflue, si l’on se remémore la triste déconvenue du Projet Godard l’an passé. Auteur d’une « œuvre d’un chaos insensé » selon Thierry Frémaux, Coppola sera bien présent parmi les Ghosn… pardon, les gones. Et son Prix Lumière sera l’occasion de re-projections d’une part non négligeable de sa filmographie : des raretés de ses débuts comme Dementia 13 ou La Vallée du Bonheur, Les Gens

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Une ville mise aux placards : "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance"

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Excédée par l’inertie de la police dans l’enquête sur le meurtre de sa fille, l’opiniâtre Mildred le fait savoir sur trois pancartes géantes jusqu’alors à l’abandon au bord d’une route peu fréquentée. Les conséquences indirectes de cette initiative dépasseront tout ce qu’elle aurait pu imaginer… La présence en tête de gondole de Frances McDormand biaise sans doute l’appréciation. N’empêche : Joel & Ethan Coen auraient pu signer 3 Billboards… Son scénariste et réalisateur, Martin McDonagh, qui s’était déjà illustré avec Bons baisers de Bruges (2008) — polar sérieusement déviant en dépit de son titre français bien naze — fond en effet avec une maestria comparable chronique sociale et sarcasme décapant dans une matrice de film noir. Certes, la géographie les sépare (McDonagh opte pour le Missouri quand les Coen balancent entre la froidure du Minnesota et le torride du Texas), mais le creuset humain est le même : une population globalement rurale riche en stéréotypes conservateurs ; un vase clos éloigné de l’administration fédérale conspuée à l’envi.

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ECRANS | On pouvait craindre un film hagiographique sur un Président mythique ou une œuvre pleine de bonne conscience sur un grand sujet, mais le «Lincoln» de Spielberg est beaucoup plus surprenant et enthousiasmant, tant il pose un regard vif, mordant et humain sur les arcanes de la démocratie américaine. Une merveille, qui conclut une (inégale) trilogie spielbergienne sur l’esclavage. Texte : Christophe Chabert

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Ce n'est peut-être qu’un hasard… Toujours est-il que ce film sur Abraham Lincoln au début de son second mandat de Président des États-Unis est sorti au moment où Barack Obama, qui n’a jamais caché son admiration pour Lincoln, était lui-même réélu Président. Hasard aussi, Lincoln affronte sur les écrans (et aux Oscars) Django unchained, Spielberg et Tarantino se disputant ainsi un même sujet : celui de l’esclavage. Tarantino n’a pas caché au cours de ses interviews avoir souhaité faire avec Django un anti-Amistad, c’est-à-dire un film où les Noirs ont vraiment la parole et n’ont pas besoin de porte-voix blancs pour plaider leur cause. De fait, Spielberg, à l’époque un peu écartelé entre ses grands films sérieux, sa franchise jurassique et ses productions télé, était passé à côté de son affaire. Lincoln pourrait tomber exactement sous le coup de la même critique : un film qui se dissimule derrière la vérité historique — car, scoop, ce sont bien des blancs qui ont mis fin à l’esclavage — pour mieux réduire au silence sur l’écran les princi

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Les frères Coen ont écrit les scripts de No country for old men et de Burn After Reading simultanément, alternant les phases d’écriture d’un jour à l’autre. En voyant ce dernier, on devine le rôle cathartique qu’il a dû jouer dans le travail d’adaptation scrupuleux du roman de Cormac McCarthy : les Coen prennent un plaisir évident à brosser une galerie de personnages tous plus graves les uns que les autres, à les mettre dans des situations complaisamment grotesques - sans pour autant les juger avec condescendance, mais en faisant de leur idiotie l’un des moteurs de l’intrigue. Le film conte les mésaventures d’Osbourne Cox (John Malkovich, constamment au bord de la crise de nerfs), un agent de la CIA mis au rencard, trompé par sa femme au profit d’un érotomane et dont les mémoires atterrissent dans les mains du personnel d’un club de gym : Linda (Frances McDormand, géniale), la cinquantaine honteuse qui se rêve en bimbo retouchée, et son comparse Chad, littéralement abruti (Brad Pitt, incroyable). Ce qui ne devait être qu’une banale tractation va progressivement basculer dans un chaos incontrôlable. La conjuration des imbéciles

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