Le réalisateur Alain Cavalier à Lyon

Vincent Raymond | Vendredi 3 décembre 2021

Photo : © Tamasa


On connaît son attachement pour Lyon (affectif ou professionnel : revoyez Mise à sac et L'Insoumis), et chacune de ses venues permet de rappeler qu'il figure parmi les plus importants cinéastes contemporains.

N'hésitez donc pas à retourner à la rencontre du filmeur Alain Cavalier le samedi 4 décembre à 16h au Comœdia à l'occasion de la projection de la copie restaurée de Thérèse (1986), évocation de la sainte calvadosienne qui avait subjugué le public — et montre que, dans le genre biopic, il existe des approches divergentes confinant à la poésie.

La séance est proposée à l'invitation de François Hien, auteur et co-metteur en scène de La Peur, présentée aux Célestins jusqu'au lendemain. Alain Cavalier assistera d'ailleurs à la représentation du samedi 4 à 20h30 et échangera également avec le public à son issue. Notez que le monteur de ses plus récents films, Emmanuel Manzano, sera à ses côtés.


Thérèse

De Alain Cavalier (Fr, 1h34) avec Catherine Mouchet, Aurore Prieto...

De Alain Cavalier (Fr, 1h34) avec Catherine Mouchet, Aurore Prieto...

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Evocation de la vie de Thérèse de Lisieux, carmélite qui mourut de la tuberculose en 1897 et qui dut combattre également le doute.


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François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Théâtre | La Peur : un spectacle signé François Hien, à la fois sur l'homosexualité et sur la pédocriminalité des hommes d'Église, qui se révèle sans relief.

Nadja Pobel | Jeudi 2 décembre 2021

François Hien : une Peur lissée aux Célestins

Le père Guérin (incarné par Arthur Fourcade, co-metteur en scène), pour que son homosexualité ne soit pas révélée, va mentir à la justice : non, l'évêque Millot n’était pas au courant des actes pédocriminels d’un troisième homme d’Église. Car « renoncer au secret de la confession » reviendrait à « être les supplétifs de la police » et surtout à ne plus avoir de paroisse, le bagne pour ce croyant qui ne s’accomplit que face à ses fidèles. Une des victimes ne l’entend pas ainsi et va marteler chaque dimanche sa vérité. Inspiré de l’affaire Bernard Preynat et nourri de la lecture de Sodoma de Frédéric Martel, le nouveau travail de François Hien, dans un décor réduit à son minimum, embrasse trop de sujets et s’avère comme bien souvent très bavard. François Hien sait parfaitement faire s’entrecroiser tous ces personnages dans un tissage très serré de son texte. Contrairement à ce qu’il faisait dans Olivier Masson doit-il mourir ? (qui traitait de l’euthanasie), son point de vue sur son sujet e

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Théâtre : sujets, verbes et compléments

Au Théâtre ce semestre | Après 18 mois d’arrêt ou de hoquet, les salles de théâtre s’ouvrent enfin en grand avec une saison plus remplie que jamais, faisant face à un défi immense : appâter de nouveaux spectateurs avec des spectacles toujours plus haut de gamme. Qui ne sont jamais aussi pertinents que lorsqu’ils collent au réel, ou au contraire prennent totalement la tangente. Débroussaillage.

Nadja Pobel | Jeudi 9 septembre 2021

Théâtre : sujets, verbes et compléments

Neuf spectacles de plus cette saison au Théâtre de la Renaissance par rapport à la précédente (de 32 à 41 levers de rideaux), cinq de plus au TNG, quasi vingt supplémentaires aux Célestins… Une « saison folle » débute, comme la qualifiait Jean Bellorini, arrivé au TNP en janvier 2020, qui attend à Villeurbanne 115 000 spectateurs contre 80 000 habituellement. Pour que les fidèles multiplient les spectacles et que le nouveau public sorte de son confinement (avec masque et passe sanitaire obligatoires), les équipes de directions ont cravaché, jonglant entre les reports et les annulations, sans condamner les spectacles qui se créaient derrière les portes fermées des théâtres l'an dernier. Et, surtout, les artistes — comme la bonne cuvée d’Avignon cet été a pu en témoigner — ont des ressources, lorgnant vers le réel ou vers l’étrange. C’est le cas de l’uppercut du festival, Pinocchio (live)#2, (au TNP en avril 2022) de la scénographe Alice Laloy, soit un ballet d’adultes muets, transformant mécaniquement des enfants en marionnettes. Vertige devant ce renversement des codes et une standardisation qui annihile l’

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Camps retranchés

Théâtre | Finement mené et écrit, le travail de François Hien interroge. Pourquoi ne pas choisir un point de vue tranché et prendre pour appui un fait divers si symbolique ? Immersion au procès d'un infirmier qui a mis fin à la vie d'un malade dans un état végétatif sur fond de guerre familiale.

Nadja Pobel | Mardi 21 janvier 2020

Camps retranchés

Olivier Masson doit-il mourir ? est très largement inspiré par l'Affaire Lambert, du nom de ce jeune homme qui a fini par décéder cet été à la suite de l’arrêt des soins, épilogue d'une bataille juridique et familiale acharnée. Le co-metteur en scène (avec toute la distribution), acteur et auteur de ce texte, François Hien s'est servi de ce canevas pour ensuite s'en détacher et interroger les arguments des uns et des autres quant au décès programmé ou au maintien en vie de ce patient en état pauci-relationnel. Est-il conscient ? Souffre-t-il ? Qu'aurait-il souhaité s'il se retrouvait dans cette situation ? À son épouse, infirmière comme lui, il avait déjà confié ne pas vouloir vivre ainsi. Dans une première partie très rapide, chacun expose ses arguments, les cinq acteurs endossant les costumes des avocats, du juge, de la mère, de l'épouse, des médecins, chefs de service... Car il s'agit de faire le procès d'Avram Leca, soignant qui, seul, après l'avoir veillé des années, a décidé de débrancher le malade sans autorisation. Devant la complexité et la multiplicité des

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Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

Reprise | L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son (...)

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Tavernier, Huston et Lang à l’Institut Lumière

L’Institut Lumière fait d’une pierre deux, voire trois coups, en conviant son président Bertrand Tavernier pour un rendez-vous autour de la réédition de son pavé d’entretiens avec des cinéastes d’Hollywood, Amis Américains. Tout juste auréolé d’une Étoile d’Or remise à Marrakech par son ami Harvey Keitel, le cinéaste-historien dédicacera son volumineux ouvrage à l’entracte de la soirée composée de deux films — difficile de faire moins. D’abord, Quand la ville dort (1950) de John Huston (Asphalt Jungle, à ne pas confondre avec While the City Sleeps, La Cinquième Victime de Fritz Lang), qui vit Sterling Hayden, bien avant L’Ultime Razzia, camper le cerveau d’un casse. Suivra fort logiquement puisque le cycle Fritz Lang bat son plein à l’Institut Lumière, une réalisation américaine du maître allemand, Espions sur la Tamise / Le Ministère de la peur (1944). Adapté de Graham Greene, ce thriller d’espionnage censé se dérouler en Angleterre mêle malgré lui le personnage de Ray Milland à

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Quand les plateaux deviennent chaînes d'info

Théâtre | Cette saison, les artistes s'attachent à malaxer (au mieux) ou à commenter (au pire) l'actualité immédiate. Cette lame de fond du théâtre contemporain se vérifiera tout au long des prochains mois dans les salles et sera ponctuée par l'indispensable festival Sens interdits qui accueille l’immense Milo Rau.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Quand les plateaux deviennent chaînes d'info

Dans quelques mois, sur les scènes de théâtre, peut-être sera-t-il question du rapport à sens unique de l'IGPN sur la mort de Steve Maia Caniço et alors ce fait sociétal et politique deviendra œuvre de théâtre. Et si le militant antifa Antonin Bernanos, qui a écopé de quatre mois supplémentaire de détention provisoire au cœur de l'été, avait bientôt un avatar scénique ? Si le théâtre a toujours épongé et transformé les soubresauts du monde, force est de constater qu'il le fait de plus en plus immédiatement et frontalement. Cette saison vont débouler sur les plateaux de Lyon et de la métropole des récits récents ayant fait la Une des médias ces derniers mois. Parfois en les devançant et les fictionnant de façon uchronique : c’est le cas de Olivier Masson doit-il mourir ? (aux Célestins en janvier, et à La Mouche en mars), une variation sur l’affaire Vincent Lambert qui a connu son épilogue cet été. Le jeune auteur et metteur en scène François Hien traite le procès de l’aide-soignant où se confrontent la mère et l’épouse du

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"La Cité de la Peur", juste un doigt

Culte | Un quart de siècle après sa sortie, La Cité de la peur, le film de Les Nuls réalisé par Alain Berbérian mérite bien une commémoration lyonnaise digne de (...)

Élise Lemelle | Mardi 4 juin 2019

Un quart de siècle après sa sortie, La Cité de la peur, le film de Les Nuls réalisé par Alain Berbérian mérite bien une commémoration lyonnaise digne de celle faite à Cannes où Alain Chabat et Gérard Darmon sont remontés sur les planches pour danser La Carioca, l’improbable chorégraphie spécialement concoctée pour le duo. L’Institut Lumière propose la version restaurée de ce film culte, dont chacun connaît les répliques et l’histoire par cœur... Non ? Résumé : un tueur en série terrorise le Festival de Cannes, assassinant tous les projectionnistes d’un film d’horreur minable dont il favorise, finalement, le succès. Ce récit n’est qu’un prétexte à une avalanche de gags : absurdes, scatos, visuels, parodiques (le film cite Pretty Woman, Terminator…) tous plus grotesques les uns que les autres. Même Bruno Carette, le quatrième membre du groupe décédé au moment du tournage, fait une apparition. Il n’est pas le seul à figurer au générique de ce smörgåsbord cinématographique intégrant, parmi ses inte

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Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Goûter | Une biscuiterie qui vous rappelle les gâteaux de votre enfance, mais cuisinés maison : c'est Mercredi Biscuiterie.

Lisa Dumoulin | Mardi 16 octobre 2018

Mercredi Biscuiterie, la madeleine de Proust

Sablés dinosaures, dominos à la fleur de sel, petits beurres au chocolat, mikados, langues de chat et palmitos... ça vous évoque de tendres souvenirs ? C'est fait exprès. Le crédo de la biscuiterie et salon de thé Mercredi Biscuiterie, c'est la nostalgie. Plus précisément, les biscuits de votre jeunesse que vous preniez pour le goûter. En un peu plus gourmands, un peu plus garnis et surtout 100% fait maison à partir de produits frais et locaux. Dans une atmosphère douce et régressive parfaitement assumée, on choisit ses biscuits au comptoir : assortiment à composer soi-même parmi les biscuits du jour mais aussi les gâteaux moelleux : cake au citron, moelleux à la noisette et caramel beurre salé, roulé à la confiture ou encore l'impoli, qui n'est autre qu'un gâteau napolitain (mais si vous savez, les couches de génoise) mais le nom étant déposé, il a fallu trouver une autre appellation ! Puis on s'installe dans les accueillants fauteuils en osier et on nous apporte notre goûter sur un plateau, comme chez maman. On nous conseille aussi sur les meilleurs accords biscuits / boissons car ce n’est pas réservé qu’aux mets et aux vins ! C'est pas que pour les

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Alain Cavalier en grand format

ECRANS | Grand filmeur devant l’Éternel, Alain Cavalier a débuté il y a plus d’une trentaine d’années une activité de portraitiste qu’il mène assidument en parallèle de ses (...)

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Alain Cavalier en grand format

Grand filmeur devant l’Éternel, Alain Cavalier a débuté il y a plus d’une trentaine d’années une activité de portraitiste qu’il mène assidument en parallèle de ses caméra-journaux ou de ses fictions. Alors que sortent, répartis en trois programmes, Six portraits XL (c’est à dire de 50 minutes au lieu de 13 chacun), le cinéaste accomplit sa traditionnelle visite en terres lyonnaises pour les présenter. Normalement, il sera accompagné par sa caméra. Six portraits XL Au Comœdia ​le mercredi 24 octobre à 20h

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Alain Cavalier, la voie du filmeur

Rétrospective | Son importance dans le paysage cinématographique contemporain n’a d’égale que son infinie discrétion. Humble mais résolu, il se révèle capable d’audaces inouïes (...)

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Alain Cavalier, la voie du filmeur

Son importance dans le paysage cinématographique contemporain n’a d’égale que son infinie discrétion. Humble mais résolu, il se révèle capable d’audaces inouïes sur un fil entre intimité et impudeur, restant étranger cependant à toute obscénité. S’il revêt la forme de l’énigme, Alain Cavalier est une figure de style à lui seul, en marge et en marche continues — avant que l’expression soit à la mode, donc galvaudée. C’est une voie d’exigence et d’épure que ce filmeur s’est tracée, se dépouillant patiemment des attirails, des lourdeurs du cinéma. Ce chemin, qui démarre sur les bas-côtés de la Nouvelle Vague, à distance des chapelles, l’Institut Lumière propose d’en accomplir un fragment significatif autour de ses premières œuvres. En apparence classiques, ou du moins conformes à la “forme“ de l’époque, Le Combat dans l’île (1962) avec Romy Schneider et Trintignant puis L’Insoumis (1964, avec Delon et tourné à Lyon) jouent pourtant avec le feu en abordant frontalement des thématiques sensibles, comme la guerre d’Algérie. Il oblique v

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La Crèche : remonter au berceau

Théâtre | Dédié à l'émergence et ayant fait place il y a 18 mois au mémorable Cannibale du Collectif X, voici que le Théâtre de l'Élysée accueille de nouveau cette (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 octobre 2017

La Crèche : remonter au berceau

Dédié à l'émergence et ayant fait place il y a 18 mois au mémorable Cannibale du Collectif X, voici que le Théâtre de l'Élysée accueille de nouveau cette jeunesse avec un spectacle en cours de travail, dont sera livrée la première des deux parties, La Crèche. Derrière cette fiction théâtrale se cache une affaire bien réelle, qui de 2008 à 2014 a défrayé la chronique et que François Hien relate avec précision dans Retour à Baby-Loup (paru en cette rentrée) et met en scène avec son complice acteur Arthur Fourcade. Le licenciement de la co-directrice de cette crèche pour port d'un grand voile islamique avait clivé les tenants du tout-laïcité et leurs adversaires qui avaient la main facile pour les accuser de racisme. Puisque rien n'est binaire, le jeune cinéaste est allé à le rencontre de tous les protagonistes (excepté l'intéressée et son avocat qui ne souhaitent plus évoquer cet épisode) pour faire émerger les contradictions de chacun et redonner la place aux spécificités du territoire de cette « tragédie » (telle que la décrit François Hie

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Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

ECRANS | Rencontre avec Alain Cavalier, autour de son dernier film, "Le Paradis". Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 20 octobre 2014

Alain Cavalier : «À mon âge, terminer un film est une victoire»

Comment jugez-vous le retour de la fiction dans votre œuvre entre Pater et Le Paradis ? Est-ce une suite logique ou est-ce plus accidenté ?Alain Cavalier : Je n’ai jamais fait de différence entre fiction et documentaire. Quand je faisais de la fiction, je copiais la vie ; je regardais comment parlaient les gens, comment ils vivaient et quand j’écrivais un scénario, j’essayais de reconstituer ce qui m’avait intéressé dans la vie. Après, pour changer un petit peu, je suis allé filmer les gens directement dans leur vie, comment ils travaillaient… Ce qui m’intéresse, c’est regarder la vie et la copier le mieux possible avec ma caméra pour la proposer au spectateur. Je vous pose cette question car je me souviens qu’au moment de René, vous assumiez le fait d’avoir essayé de réinjecter la fiction dans votre nouvelle manière de tourner…Avant cela, j’avais rencontré quatre jeunes gens pour faire un film qui s’appelait Le Plein de super ; j’avais envie de tourner av

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Le Paradis

ECRANS | En 70 minutes, avec sa seule petite caméra, quelques objets et quelques visages, Alain Cavalier raconte les grandes fictions qui ont marqué son enfance : les Évangiles et "L’Odyssée" d’Homère. Un film sublime, à la fois simple et cosmique, sur la vie, la mort, la mémoire, la grâce et l’origine. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 7 octobre 2014

Le Paradis

Voici le corps inerte d’un petit paon, que deux mains manipulent pour constater son absence de vie. On le déposera au pied d’un arbre et des charognards viendront l’emporter. Mais pour garder la trace de son passage sur terre, on construira un mausolée de fortune ; d’abord une pierre, puis quelques clous courbés en croix pour la maintenir. Les saisons passeront, l’arbre sera coupé, la neige l’ensevelira, mais le mausolée résiste et la mémoire du petit paon avec lui. À intervalles réguliers, comme un fil rouge de ce Paradis, Alain Cavalier reviendra filmer ce monument dérisoire mais qui, par la force de son regard, devient essentiel. Non pour célébrer une mystique panthéiste, mais pour montrer que l’acte de se souvenir peut inverser le cycle de la vie et de la mort. Un homme et des Dieux Alors Cavalier se souvient… Il se souvient de ses années au pensionnat catholique où on lui a appris des histoires fantastiques qui n’ont depuis jamais cessé de l’habiter, comme des fictions fécondes ayant forgé son imaginaire. Il en retient deux : les Évangiles et L’Odyssée d’Homère. D’un côté, l’histoire d’un homme qui se prétend fils de Dieu, réalise des mir

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Le film de casse selon Cavalier

ECRANS | Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac (...)

Christophe Chabert | Vendredi 11 octobre 2013

Le film de casse selon Cavalier

Découvrir le film le plus rare d’un de nos cinéastes préférés, en sa présence : le festival Lumière ne pouvait nous faire plus plaisir qu’en programmant Mise à sac d’Alain Cavalier. Il faut aussi remercier la Cinémathèque française, qui a choisi le film dans le cadre de l’invitation qui lui a été lancée. Mise à sac appartient à la première période de Cavalier, celle où il laisse parler son goût pour les genres cinématographiques, et ce film de casse à l’échelle d’une ville toute entière lui permet de collaborer à l’écriture avec un autre cinéaste qui débuta dans le polar avant d’inventer un cinéma à son image, Claude Sautet. Surtout, Mise à sac est la transposition d’un roman de Richard Stark, The Score (En coupe réglée, en français) qui appartient à sa série racontant les aventures d’un cambrioleur nommé Parker. Derrière le pseudo de Stark se cache l’immense Donald Westlake, et ce héros-là, rebaptisé Georges et incarné par Michel Constantin chez Cavalier, connaîtra une sacrée postérité cinématographique, puisque Lee Marvin — dans Le Point de non-retour — Mel G

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Voyages au bout de l'enfer

ECRANS | En offrant sa carte blanche à Nicolas Boukhrief, Hallucinations Collectives renoue avec ses origines cinéphiles pour trois films sans concessions, dont le démentiel "Convoi de la peur" de William Friedkin. Jérôme Dittmar

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Voyages au bout de l'enfer

Figure de la génération Starfix, Nicolas Boukhrief a été biberonné comme ses frères à un cinéma bis et surtout radical. En lui donnant les mains libres pour une brève mais intense programmation, Hallucinations Collectives a trouvé là l'occasion de montrer deux films monstrueux dans tous les sens du terme. Deux car on glissera volontiers sur Le Dernier monde cannibale, version soft et à peine moins crapoteuse de Cannibal holocaust du même Ruggero Deodato. Si le film représente un bon exemple de cinéma nihiliste et provocateur, pile dans ces 70's désabusées où l'homme cherche au-delà de son hyper civilisation industrielle l'excitation porno de la sauvagerie pure, il demeure trop putassier pour être honnête. Il n'est surtout pas aussi fort que Possession d'Andrzej Zulawski, second titre choisi par Boukhrief. Mythique, longtemps interdit, ce film choc transforme l'hystérie chère au cinéaste polonais en un chantier baroque et névrosé hallucinant. Entremêlant le récit d'un couple en crise à une vision absolutiste de l'aliénation communiste et son c

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Thérèse Desqueyroux

ECRANS | Avec cette adaptation de François Mauriac, Claude Miller met un très beau point final à son œuvre : réquisitoire contre une bourgeoisie égoïste, cruelle et intolérante, le film fait vaciller son rigoureux classicisme par une charge de sensualité et d’ambiguïté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Quatre gouttes d’arsenic dans un verre d’eau. C’est le rituel quotidien qu’effectue Bernard Desqueyroux, riche bourgeois girondin un peu hypocondriaque, pour calmer ce qu’il pense être des alertes cardiaques. Pour sa femme Thérèse (Audrey Tautou, dans un grand rôle à sa mesure), avec qui il s’est uni par intérêt, ce rituel est comme le reflet d’un ordre qui l’étouffe. Un jour, elle décide de le fausser et son geste va tout faire vaciller. À commencer par la mise en scène de Claude Miller : jusqu’ici, il racontait avec un classicisme élégant l’histoire de Thérèse Desqueyroux, préférant la chronologie aux flashbacks du roman de Mauriac. Le trouble venait d’ailleurs : de cette ouverture pleine de sensualité où deux jeunes adolescentes se livraient à des jeux aux relents érotiques, baignées dans la lumière dorée de l’été aquitain ; de ce voilier qui passe au loin et dont le propriétaire, Jean Azevedo, n’est qu’un «juif» pour Bernard Desqueyroux ; dudit Azevedo qui séduit la sœur de Bernard, passion fougueuse qui ébranle un temps la discipline bourgeoise de la famille. C’est d’ailleurs lors d’une lune de miel pétrifiée dans l’ennui de Baden Baden que Miller

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Cannes jours 10 et 11 : In the Mud for love

ECRANS | Mud de Jeff Nichols. L’Ivresse de l’argent de Im sang-Soo. Thérèse Desqueyroux de Claude Miller.

Christophe Chabert | Dimanche 27 mai 2012

Cannes jours 10 et 11 : In the Mud for love

Si c’était un scénario, ce serait un coup de théâtre ; si c’était un match de foot, on parlerait de but dans les arrêts de jeu ; mais nous sommes au festival de Cannes, et la présentation de Mud de Jeff Nichols le dernier jour de la compétition, à 8h30, a vraiment tout bouleversé. Ce film-là, c’est celui qu’on n’attendait plus, celui qui vient remplir un vide criant jusque-là : la grande œuvre américaine, romanesque et ample, n’ouvrant aucun horizon nouveau dans le cinéma mais prolongeant ce qui est peut-être sa ligne la plus essentielle, passant par Moonfleet, La Nuit du chasseur, Cyclone à la Jamaïque ou plus récemment True Grit… C’est une petite surprise de la part de Jeff Nichols. S’il n’en est qu’à son troisième film, on avait déjà quelques idées arrêtées sur son œuvre : Shotgun stories et Take shelter laissaient deviner un cinéaste ambitieux, cherchant à

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Pater

ECRANS | Alain Cavalier, président de la République, nomme Vincent Lindon Premier ministre, tâche qu’il prend très au sérieux, au point de se lancer dans la course à l’investiture contre son mentor. Ce n’est que du cinéma, bien sûr, mais à ce point d’intelligence ludique, le cinéma est bien plus que la réalité. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

Pater

Il était une fois un cinéaste qui avait un acteur pour ami, et qui voulait faire un film avec lui. Précision importante : ce cinéaste, qui s’appelle Alain Cavalier, se méfie depuis vingt ans des acteurs professionnels et de la machinerie qu’implique un tournage de fiction, préférant filmer seul avec sa petite caméra des instants de réalité qu’il transforme par son regard singulier en spectacle cinématographique. Autre précision : l’acteur-ami, c’est Vincent Lindon, sans doute le comédien le plus passionnant du cinéma français, celui qui n’est jamais là où on l’attend, traversant tous les territoires avec un mélange de curiosité et d’intégrité. La rencontre entre ces deux figures rétives à la classification paraît tomber sous le sens, mais de quel film pouvait-elle accoucher ? Pater est d’abord l’histoire de ce tâtonnement : Cavalier retrouve Lindon dans un hôtel, ils discutent sans but précis, notamment de l’emploi du temps de Lindon (il tourne simultanément La Permission de minuit). Et puis, par un coup de force que Cavalier rend immédiatement naturel, les voilà de chaque côté d’une table : Alain Cavalier est président de la République, et il nomme Vincent Lin

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Cannes jour 8 : Pater noster

ECRANS | Melancholia de Lars Von Trier. Pater d’Alain Cavalier.

Dorotée Aznar | Jeudi 19 mai 2011

Cannes jour 8 : Pater noster

Arrivé dans la dernière ligne droite du festival et de sa compétition, on attend toujours le film qui mettra tout le monde d’accord, celui qui trouvera le juste milieu entre film pour festival et œuvre suffisamment audacieuse pour séduire la frange la plus dure de la cinéphilie. On pensait que Melancholia, le dernier Lars Von Trier, allait jouer ce rôle. Présenté ce matin au Grand Palais, le film s’avère en définitive une des déceptions majeures de Cannes 2011. Pourtant, Melancholia démarre par dix minutes de pure sidération visuelle, où Von Trier mélange des ralentis étranges où les personnages semblent flotter au milieu des décors, et des visions spatiales d’une planète en fusion, se terminant par une spectaculaire collision avec la Terre, le tout sur fond de Wagner. C’est magnifique, impressionnant, même si on se souvient que l’ouverture d’Antichrist produisait sensiblement la même sensation. Quand le film retrouve une forme traditionnelle (et même ultra-traditionnelle pour du Lars Von Trier : scope et caméra portée, zooms et raccords dans l’axe), les choses s’enlisent dans un pénible remake de Festen. Un mariage, des

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«Un film appartient à celui qui le regarde»

ECRANS | Entretien / Alain Cavalier, cinéaste, continue son magnifique parcours en solitaire avec 'Irène', évocation sublime et bouleversante d’une femme aimée et disparue. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

«Un film appartient à celui qui le regarde»

Petit bulletin : Comment situez-vous ‘Irène’ dans votre veine autobiographique ?Alain Cavalier : En réalité, dans ‘Irène’, il y a trois films : celui que je devais faire avec Irène et que je n’ai pas fait, qui est donc une sorte de trou noir ; après, il y a ‘Ce répondeur ne prend pas de messages’, un film un peu compliqué sur une période de ma vie après la mort d’Irène, où elle intervient épisodiquement ; et puis, des années et des années plus tard, ce film ‘Irène’ parce que la permanence de cette personne dans ma vie depuis deux ou trois ans était plus forte. Elle frappait à ma porte, alors je suis rentré dans un passé pour revivre cette expérience sentimentale et amoureuse à la fois magnifique et extrêmement compliquée. J’ai essayé au début de rôder autour d’Irène en me disant qu’à un moment, je serai bien obligé d’attaquer le corps d’Irène. Mais comme elle n’est plus de ce monde, le corps de quelqu’un d’autre la remplacerait. J’ai envisagé plusieurs hypothèses, l’idée d’une comédienne connue notamment, mais je me suis rendu compte qu’elle était tellement présente à mes yeux qu’il était impossible de l’incarner par une autre. Alors j’ai

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Irène

ECRANS | De et avec Alain Cavalier (Fr, 1h20)

Christophe Chabert | Jeudi 22 octobre 2009

Irène

Irène est peut-être le plus beau film de l’année, et le meilleur de son cinéaste, du moins dans sa veine «autobiographique». Pourtant, c’est un objet à part, unique, précieux dans tous les sens du terme, c’est-à-dire rare et fragile. Irène, c’est la femme aimée par Cavalier, disparue tragiquement au milieu des années 70 alors que le cinéaste essayait de monter un film avec elle. Cavalier s’engouffre dans cette béance (une femme et un film fantômes) qu’il tente de matérialiser, trente-cinq ans plus tard, avec les moyens rudimentaires qu’il a adoptés depuis La Rencontre : un homme qui regarde et commente, seul derrière sa caméra, des bribes de réel. Alain cherche Irène dans son présent : il la trouve dans une photo de Sophie Marceau, dans l’appartement où ils ont vécu, dans le regard d’une oie, dans des traversins disposés comme les jambes écartées d’une femme… Il part sur ses traces, y risque sa vie — incroyable scène presque gore où il tombe dans les escaliers du métro — et après avoir longuement tourné autour, choisit d’affronter cette présence insaisissable. C’est une simple photo, révélée tardivement, de cette femme sublime, qui donne tout son sens à ce film d’amour

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Blog : Ô Irène !

ECRANS | Mardi 19 mai :

Christophe Chabert | Mardi 19 mai 2009

Blog : Ô Irène !

Le festival continue peinard. On avait vu Looking for Eric avant de partir, on ne l’avait pas beaucoup aimé (pas du tout, même), mais après le Von Trier, les festivaliers avaient manifestement envie de se détendre. Du coup, cette comédie concept très mineure dans l’œuvre de Loach, a reçu un fort bon accueil sur la Croisette. Dans les sections parallèles, on a bien aimé à ‘Un certain regard’ Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love, alors qu’on détestait son premier film, Tout est pardonné. Et à la ‘Quinzaine’, on a découvert le beau film de Denis Villeneuve Polytechnique, sorte d’Éléphant québécois, ainsi que Les Beaux Gosses, comédie ado de l’excellent Riad Sattouf, bientôt en salles et franchement bidonnant. Et puis le deuxième choc de ce festival : Irène d’Alain Cavalier. Continuant son cinéma en solitaire engagé depuis La Rencontre, le cinéaste septuagénaire l’emmène ici à des hauteurs encore jamais atteintes dans son travail (le mot œuvre lui ferait horreur). Irène, c’est une femme aimée au début des années 70, morte dans un accident de voiture et jamais oubliée par le cinéaste. Il veut faire un film s

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Intégrale autobiographique

ECRANS | ALAIN CAVALIER Pyramide

| Mercredi 14 mars 2007

Intégrale autobiographique

Le cinéma d'Alain Cavalier part d'un postulat simple : si le cinéaste est un artisan, son outil est la caméra. Et son travail consiste à filmer le réel dans son immédiateté, sans médiation entre son regard et l'objet filmé. Que Cavalier ait été un formidable cinéaste de fiction, cela ne fait aucun doute. Mais c'est bien dans ses œuvres autobiographiques, aujourd'hui regroupées dans un coffret DVD, que l'on peut voir son art à l'état brut. Trois films tournés à trois périodes et avec trois supports différents, traduisent ainsi à la fois la réappropriation de son outil par Cavalier, mais aussi les soubresauts de son existence. Ce répondeur ne prend pas de message, (16 mm, 1977) le montre enrubanné tel l'homme invisible, repeignant une pièce de son appartement entièrement en noir après la mort de sa compagne. La Rencontre (Hi-8, 1996) filme des objets, des animaux, des paysages et le corps de Françoise Widhoff, dont il vient de tomber follement amoureux. Le Filmeur (DV, 2005) enregistre son quotidien d'homme et de cinéaste, démarche naturelle de celui qui tient son journal et qui n'a plus peur de tout montrer, lui compris. La mort, l'amour, la maladie : Cavalier cherche à capter l'inf

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