Dans les salles du GRAC, il était une fois… des révolutions

Patrimoine | La fortune sourit aux audacieux, prétend un proverbe. Il faut toutefois nuancer en art, et notamment au cinéma, où le fait d’oser ne délivre pas de sauf-conduit automatique pour la richesse. Reste la postérité : sans les devanciers, pas d’évolution ni de révolution possibles. C’est ce que nous rappelle ce nouveau cycle Ciné-Collection.  

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © Potemkine Films


En janvier, les salles du réseau GRAC ont plus que jamais bonne mémoire, rappelant à la nôtre quatre films dont l’influence sur le 7e Art n’est pas près de s’éteindre. Quatre jalons internationaux prouvant l’universalité du langage cinématographique et la complémentarité des formes ; un carré de chefs-d’œuvre (osons le mot) contaminant encore et toujours les images contemporaines.

De Rome à Cuba

Premier mouvement du cycle, Rome, ville ouverte (1945) pose un regard neuf à mi-chemin entre la fiction et la reconstitution documentée sur l’Histoire en train de s’écrire, permettant à Rossellini d’inventer un genre : le néo-réalisme dans les décombres fumants de la Seconde Guerre mondiale. Nul besoin de rechercher la vérité : elle sourd des décors, terriblement authentiques, et des interprètes réunis autour d’Anna Magnani. Suit Rashômon (1950) où Akira Kurosawa met en évidence la question de la subjectivité des personnages à travers un récit apparemment identique mais raconté différemment par chacun d’entre eux — un procédé qui a depuis fait florès, repris notamment par Alfred Hitchcock (Incident At a Corner, 1960) à Ridley Scott (Le Dernier Duel, 2021) en passant par… un épisode de la série Magnum, Le Témoin (1984).

Tout ceci vous semble encore un peu timoré ? Vous avez envie de vous faire insulter plein cadre par un comédien brisant le 4e mur et rudoyer par un réalisateur jumpcutant son film dans l’irrespect le plus total de la continuité comme des règles de raccord ? Alors il est temps de passer à À bout de souffle (1960), certificat de naissance théorique et d’anarchie de Jean-Luc Godard bardé d’irrévérences, cousu d’impros culottées et de nudités osées. À la fois brûlot et farce d’un voyou aussi potache que lettré, c’est un pied-de-nez avec un doigt d’honneur ouvrant de nouvelles portes grâce à la grâce de Bebel.

Enfin, curiosité suprême, c’est par l’œuvre d’un sorcier de l’image que l’on achève ce tour d’horizon, Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov (1964). Un film de propagande célébrant la révolution cubaine certes, mais surtout une nouvelle occasion pour le réalisateur de Quand passent les cigognes de faire la démonstration de sa virtuosité inégalée : plans-séquences impossibles, noir et blanc au piqué sans défaut, cadrages hyper-composés… Et même Jean Bouise en vedette américaine. Le TNP mène à tout…

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Dix bougies soufflées et 1000 univers à dévorer ! Point de ralliement pour tous les cinéphiles déviants, Hallucinations collectives rouvre les portes de sa “Chambre des Merveilles” regorgeant de nouveautés aussi folles que drôles, tantôt connues, tantôt oubliées. Digne d’une chasse aux œufs punk, la soirée d’anniversaire régalera ses invités d’une ribambelle de court-métrages, clips et bandes-annonces inédits, en passant par la projection d’un film secret en avant-première mondiale. En plus d’accueillir Fabrice Du Welz, pont à lui seul de la Belgique aux États-Unis avec son Message from the King en avant-première, attardons-nous un instant sur deux films qui résument le sens de cette manifestation, antinomiques sur la forme mais oniriques dans le cœur : Soy Cuba de Mikhaïl Kalatozov et Litan de Jean-Pierre Mocky. Redécouvert dans les années 1990, le pre

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Festival | Oyez ! Oyez ! Hallucinations collectives dévoile sa 10ème programmation avec des infos juteuses… pour ne pas dire saignantes ! Sévissant du 11 au 17 avril, le festival accueillera des invités de choix et des avant-premières à la pointe de l’actualité pour le plus grand plaisir de tous les cinéphiles déviants.

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Notons la présence du phénomène Get Out de Jordan Peele, petit thriller terrifiant qui ravage le box-office US au point de rallier William Friedkin lui-même à sa cause. Le culte Fabrice Du Welz viendra présenter son polar énervé Message from the King, avec l’étoile montante Chadwick Boseman. La France aura pour représentant Xavier Gens pour la séance d’Hitcher de Robert Harmon, série B jouissive avec Rutger Hauer. Il n’y a pas qu’au rayon des exclusivités que l’association Zone Bis a marqué le coup pour cette édition anniversaire. En plus d’offrir une soirée commémorative le vendredi et une nuit Hallucinations auditives avec Joe La Noïze & Ta Gueule, le cinéma Comœdia verra s’imprimer sur ses toiles plusieurs classiques oubliés tels qu’Opéra de Dario Argento,

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