Fred Cavayé : « je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat »

Adieu Monsieur Haffmann | Après y avoir déjà présenté en première "Pour Elle" et "À bout portant", Fred Cavayé avait réservé l’exclusivité de son nouveau film "Adieu Monsieur Haffmann" au Festival de Sarlat. Bien lui en a pris : son drame se déroulant durant l’Occupation a remporté le Grand prix du public et le Prix d’interprétation pour Sara Giraudeau. Toujours prompt à parler fabrication, Cavayé raconte l’histoire de ce film dans l’Histoire. Rencontre sarladaise…

Vincent Raymond | Lundi 10 janvier 2022

Photo : © Julien Panié


Qu'est-ce qui vous a amené à aborder ce sujet et cette époque ?
Fred Cavayé
: Beaucoup de choses : l'envie date de très longtemps. Le point de départ, c'est un roman de Michel Audiard, La nuit, le jour et toutes les autres nuits qui parle de la Libération et notamment des femmes qui se sont faites tondre. Les salauds sous l'Occupation, c'est un sujet qui avait été assez peu abordé. J'avais le souvenir de films comme Lacombe Lucien ou du formidable téléfilm Au bon beurre avec Roger Hanin. Alors quand Jean-Philippe Daguerre, l'auteur de la pièce Adieu Monsieur Haffmann m'a envoyé le texte, je n'ai pas voulu le lire (je préférais découvrir la pièce une fois montée), je m'en suis fait mon histoire avec le peu que j'en savais. Or sa pièce est ailleurs, pas sur sujet-là. Comme j'ai la chance d'avoir de bons producteurs et d'être ami avec Jean-Philippe Daguerre de longue date, je leur ai proposé de l'adapter d'une manière plus libre, en faisant dévier le personnage joué par Gilles Lellouche vers un côté très sombre. Ce n'est pas l'autopsie d'un salaud, mais la dérive d'un personnage qui, pas par idéologie mais par appât du gain ou pour réussir à avoir des choses qu'il n'a pas, va profiter de la situation jusqu'à devenir dangereux… et un vrai salaud — j'ai pas d'autre mot ; si vous en avez un autre, je suis prêt à le prendre !

Un lâche ?
C'est un personnage qui n'a pas de chance, que sa claudication a empêché de défendre sa patrie et qui trouve l'opportunité, pour la bonne cause, d'aider son patron ET de s'élever socialement. D'ailleurs, le personnage pour lequel on a le moins d'empathie, c'est sa femme qui, elle, a peur de faire quelque chose de délictueux donc de très dangereux à l'époque. Et Gilles amène ce truc terriblement humain : ça ne devient pas un monstre de cinéma, mais un salaud bas de gamme. Ce que je voulais traiter dès le départ.

L'évolution du personnage est à l'exacte opposée de celle de Monsieur Klein, mais leur destin final n'est pas si éloigné…
Quand j'ai commencé à travailler, je n'ai pas voulu revoir Monsieur Klein (ni Lacombe Lucien). J'avais dû le voir il y a 25 ans ; j'avais des souvenirs de scène de gare à la fin — donc je me suis interdit de faire une scène de gare par exemple. Comme le truc du poêle qui me rappelait le trou du souffleur dans Le Dernier Métro : je me suis un peu auto-censuré pour ne pas tomber dans le plagiat. J'ai même demandé à mon agent de revoir Le Dernier Métro pour me dire s'il y avait des choses qui étaient trop en résonance. Quand je faisais des films d'action, ou pour Le Jeu qui était une comédie en huis clos, je n'ai pas revu de comédies en huis clos. Pour À bout portant, je n'avais pas revu Marathon Man où un monsieur-tout-le-monde est obligé de courir pour sauver sa peau. Donc pour Haffmann, c'était un peu la même chose : je me suis interdit les huis clos et les films de cette période.

Justement, votre expérience sur Le Jeu vous a-t-elle permis de vous glisser plus aisément vers une mise en scène en huis clos et, couche supplémentaire, le confinement a-t-il eu une incidence ?
Souvent — tout le temps d'ailleurs — les films que je fais vont déclencher le film d'après. Pour Haffmann, heureusement que j'avais fait Le Jeu parce que j'ai appris les écueils du huis clos ! C'est un exercice dix fois plus compliqué que les films à quatre caméras, où vous faites sauter un TGV. Dans un huis clos, les choses narratives deviennent vite ostentatoires : le moindre mouvement de caméra prend d'un coup des proportions énormes et surligne tout. Ici, ça m'a permis d'aller à l'os, essentiellement au service des comédiens, pour que l'histoire qui se raconte soit un au-delà des dialogues, dans leurs yeux. Et qu'on soit avec eux, témoins de ce qui se passe et de leur évolution. J'ai édulcoré à chaque étape du processus de création du film, jusqu'au montage. Ce film réclamait qu'on n'en dise pas trop.

Je ne sais pas si c'est de la pudeur, mais c'est un point commun avec Pour elle, par exemple — avec la volonté de faire confiance au comédien. Quand j'ai proposé le scénario de Pour elle à Vincent Lindon, il barrait des dialogues en disant « ça je peux le jouer », et j'ai compris qu'un comédien pour évoquer la tristesse ou la douleur, il n'est pas obligé de parler — ça paraît basique, mais c'était mon premier film. La quintessence de tout cela est dans Haffmann.

Quant au confinement… Le tournage a été arrêté lors du premier confinement et on a laissé le décor monté pendant tout le confinement — on avait bien sûr enlevé toutes les affiches et les choses trop terribles. Mais pour les gens du quartier, c'était “cocasse” d'aller faire ses courses en 1941. D'ailleurs, durant tout le confinement, je n'ai jamais eu autant de demandes de la presse : j'ai fait tous les journaux américains parce que ça devenait visuellement le symbole de Paris qui reste en plan. Le décor devenait plus connu que Daniel Auteuil.

Vous avez choisi Gilles Lellouche parce que vous aviez travaillé auparavant avec lui ?
Oui, il s'est imposé vite dans mes envies, avec Daniel Auteuil face à lui. En tant que spectateur, j'aime bien les rencontres de cinéma : Gilles et Daniel sont dans leur génération respective au sommet de la pyramide. Comme quand j'étais môme et que j'allais voir un film avec Belmondo et Delon, il y avait d'un seul coup un truc de cinoche. Dans cette histoire très dure, c'était bien d'amener du cinéma.

C'est mon quatrième film avec Gilles, je connais son immense talent depuis très longtemps — avec À bout portant, il a eu son premier premier rôle. Est-ce qu'il avait eu les personnages pour montrer ses qualités de comédien ? Il commence à les avoir avec Pupille, avec Bac Nord. Jouer un salaud, ça ne trompe pas. Alors je l'ai appelé, on s'est vu, et il m'a rappelé le lendemain matin pour me dire : « ben oui, merci, j'ai envie de jouer ce mec. » Il est glaçant dans toute la partie finale — bon, quand vous faites un huis clos, vous avez intérêt à avoir des très très bons. Et ils sont tous les trois formidables.

Comme Sara Giraudeau ?
Elle est brillantissime, en plus d'être extrêmement sympathique. Je connaissais moins son travail. J'ai découvert quelqu'un encore plus fort que ce que j'avais imaginé, avec une vraie intelligence de son personnage. Je me suis pas mal appuyé sur elle : dès qu'il y avait un truc qu'elle avait du mal à jouer, je savais que c'était mal écrit, qu'il y avait un truc qui clochait par rapport à la réalité de son personnage. Je réécrivais en fonction. Les deux garçons m'ont très vite dit quel bon choix elle était.

C'est un film d'époque, avec sa reconstitution, mais c'est paradoxalement dans sa qualité de silence ambiant qu'il renvoie le plus à son époque inquiète car il y a peu de musique dans la bande originale…
J'allais dire, « vous avez bien vu » ; mais vous avez bien entendu ! [sourire] Ce sont des choses qu'on a épurées au fur à mesure et parce que j'ai la chance de travailler avec un compositeur qui s'appelle Christophe Julien qui est extrêmement talentueux et un grand mélodiste. Dès qu'il m'envoyait des thèmes, c'était extraordinaire et j'avais tendance à les mettre partout. À un moment il m'a dit : « attends, il faut peut-être faire confiance au film » et j'en ai retiré pour, comme vous le dites, jouer sur les silences et perdre un peu de cette dimension cinéma pour être vraiment avec eux. Par exemple, la première fois que Sara descend à la cave, j'avais mis de la musique. Une fois que je l'ai enlevée, d'un seul coup, c'était beaucoup plus glaçant et on était avec les trois, avec le désarroi de Gilles là-haut, celui de Haffmann qui ne sait pas comment réagir et d'elle qui part à l'abattoir. La musique était sublime, mais en l'enlevant ça prend une dimension qui met les poils. Après, ils sont tellement forts, ils incarnent tellement de choses avec les yeux qu'ils n'avaient pas besoin de se parler.

Le personnage de Gilles Lellouche s'approprie les créations bijoutières de Haffmann ressemblant à l'aigle germanique, rencontre le succès auprès de l'occupant. Mais lorsqu'il créé ses propres modèles, il essuie un échec cinglant. Or celles-ci évoquent davantage une étoile de David…
Oui, je n'avais pas pensé à ça, mais effectivement, quand vous le dites, il n'y a pas de hasard. Mais c'est une étoile ultra chargée. Je me suis inspiré des réalisateurs qui font leur premier court-métrage : on veut traiter tous les sujets du monde — ça a été mon cas — on met tout ce dont on a envie, parce qu'inconsciemment on se dit qu'on n'aura la chance de ne faire qu'un seul film. Dans son truc, il y a tout… et ça devient une pièce montée moche. J'avais demandé au créateur de bijoux avec qui on a travaillé de faire un truc moche. Et il m'a répondu « ah mais je vois exactement ce qui est moche ! » Donc on n'a pas eu beaucoup de mal…


Adieu Monsieur Haffmann

De Fred Cavayé (Fr, Bel, 1h35) Avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau

De Fred Cavayé (Fr, Bel, 1h35) Avec Daniel Auteuil, Gilles Lellouche, Sara Giraudeau

salles et horaires du film


Paris 1941. François Mercier est un homme ordinaire qui n’aspire qu’à fonder une famille avec la femme qu’il aime, Blanche. Il est aussi l’employé d’un joaillier talentueux, M. Haffmann. Mais face à l’occupation allemande, les deux hommes n’auront d’autre choix que de conclure un accord dont les conséquences bouleverseront le destin de nos trois personnages.

Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le mercredi 12 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
TLJ 14h15-21h55, TLJ sauf sam-mar 16h25-19h15, sam-dim 10h55, sam 16h30-18h50, mar 17h15-18h55

UGC Ciné-Cité Internationale

80 quai Charles de Gaulle 69006 Lyon
Mer-dim 10h50-14h-17h-20h15, jeu-lun-mar 14h-17h-20h15, ven 13h45-16h30-17h-20h15, sam 10h50-13h45-16h30-19h15-21h50

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
Mer-dim 11h-14h05-17h-19h50, jeu-lun-mar 14h05-17h-19h50, ven 14h-17h-19h35-22h05, sam 11h-14h-17h-19h35-22h05

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 14h-16h15-20h45, jeu 18h-20h30, ven 14h-16h15, sam 18h, dim 14h-18h, lun 16h15-21h, mar 16h15

Pathé Vaise

43 rue des Docks 69009 Lyon
TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

Pathé Carré de soie

2 rue Jacquard 69120 Vaulx-en-Velin
TLJ 13h15-15h55-18h45-21h30 (sauf sam), mer-sam-dim 10h30, sam 20h45

UGC Part-Dieu

CC Part-Dieu niveaux 2 & 4 69003 Lyon
TLJ 11h10-14h-16h25-19h25-21h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
TLJ 11h-14h-16h30 (vfstf le ven)-19h10 (vfstf le mar)-21h45
Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le jeudi 13 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

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Pathé Carré de soie

2 rue Jacquard 69120 Vaulx-en-Velin
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Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le vendredi 14 janvier

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Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

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79 rue de la République 69002 Lyon
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Mer-dim 11h-14h05-17h-19h50, jeu-lun-mar 14h05-17h-19h50, ven 14h-17h-19h35-22h05, sam 11h-14h-17h-19h35-22h05

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Mer 14h-16h15-20h45, jeu 18h-20h30, ven 14h-16h15, sam 18h, dim 14h-18h, lun 16h15-21h, mar 16h15

Pathé Vaise

43 rue des Docks 69009 Lyon
TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

Pathé Carré de soie

2 rue Jacquard 69120 Vaulx-en-Velin
TLJ 13h15-15h55-18h45-21h30 (sauf sam), mer-sam-dim 10h30, sam 20h45

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Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le samedi 15 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

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Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 14h-16h15-20h45, jeu 18h-20h30, ven 14h-16h15, sam 18h, dim 14h-18h, lun 16h15-21h, mar 16h15

Pathé Vaise

43 rue des Docks 69009 Lyon
TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

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Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le dimanche 16 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

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TLJ 14h15-21h55, TLJ sauf sam-mar 16h25-19h15, sam-dim 10h55, sam 16h30-18h50, mar 17h15-18h55

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Cinéma Rillieux

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Pathé Vaise

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TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

Pathé Carré de soie

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TLJ 13h15-15h55-18h45-21h30 (sauf sam), mer-sam-dim 10h30, sam 20h45

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CC Part-Dieu niveaux 2 & 4 69003 Lyon
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121 cours Charlemagne 69002 Lyon
TLJ 11h-14h-16h30 (vfstf le ven)-19h10 (vfstf le mar)-21h45
Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le lundi 17 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

Pathé Bellecour

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TLJ 14h15-21h55, TLJ sauf sam-mar 16h25-19h15, sam-dim 10h55, sam 16h30-18h50, mar 17h15-18h55

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Mer-dim 11h-14h05-17h-19h50, jeu-lun-mar 14h05-17h-19h50, ven 14h-17h-19h35-22h05, sam 11h-14h-17h-19h35-22h05

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 14h-16h15-20h45, jeu 18h-20h30, ven 14h-16h15, sam 18h, dim 14h-18h, lun 16h15-21h, mar 16h15

Pathé Vaise

43 rue des Docks 69009 Lyon
TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

Pathé Carré de soie

2 rue Jacquard 69120 Vaulx-en-Velin
TLJ 13h15-15h55-18h45-21h30 (sauf sam), mer-sam-dim 10h30, sam 20h45

UGC Part-Dieu

CC Part-Dieu niveaux 2 & 4 69003 Lyon
TLJ 11h10-14h-16h25-19h25-21h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
TLJ 11h-14h-16h30 (vfstf le ven)-19h10 (vfstf le mar)-21h45
Adieu Monsieur Haffmann est à  l'affiche dans 9 salles le mardi 18 janvier

Cinéma Mourguet

15 rue Deshay 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Mer 17h-20h, jeu 17h15, ven-dim 14h-18h30, sam 16h-21h, lun 14h30, mar 17h

Pathé Bellecour

79 rue de la République 69002 Lyon
TLJ 14h15-21h55, TLJ sauf sam-mar 16h25-19h15, sam-dim 10h55, sam 16h30-18h50, mar 17h15-18h55

UGC Ciné-Cité Internationale

80 quai Charles de Gaulle 69006 Lyon
Mer-dim 10h50-14h-17h-20h15, jeu-lun-mar 14h-17h-20h15, ven 13h45-16h30-17h-20h15, sam 10h50-13h45-16h30-19h15-21h50

UGC Astoria

31 cours Vitton 69006 Lyon
Mer-dim 11h-14h05-17h-19h50, jeu-lun-mar 14h05-17h-19h50, ven 14h-17h-19h35-22h05, sam 11h-14h-17h-19h35-22h05

Cinéma Rillieux

81b avenue de l'Europe 69140 Rillieux-la-Pape
Mer 14h-16h15-20h45, jeu 18h-20h30, ven 14h-16h15, sam 18h, dim 14h-18h, lun 16h15-21h, mar 16h15

Pathé Vaise

43 rue des Docks 69009 Lyon
TLJ 13h30-16h10, TLJ sauf mar 18h45-21h25, mar 19h-21h45, dim 11h15

Pathé Carré de soie

2 rue Jacquard 69120 Vaulx-en-Velin
TLJ 13h15-15h55-18h45-21h30 (sauf sam), mer-sam-dim 10h30, sam 20h45

UGC Part-Dieu

CC Part-Dieu niveaux 2 & 4 69003 Lyon
TLJ 11h10-14h-16h25-19h25-21h50

UGC Ciné-Cité Confluence

121 cours Charlemagne 69002 Lyon
TLJ 11h-14h-16h30 (vfstf le ven)-19h10 (vfstf le mar)-21h45

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Les films à voir à Lyon du mercredi 5 janvier au mardi 18 janvier 2022

En salles | Indispensables ★★★★☆ Twist à Bamako Juste après l’indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Les films à voir à Lyon du mercredi 5 janvier au mardi 18 janvier 2022

Indispensables ★★★★☆ Twist à Bamako Juste après l’indépendance malienne, un responsable révolutionnaire chargé de porter la bonne parole socialiste dans les les villages bambara s’éprend d’une jeune femme de son âge mariée de force. La romance va se heurter à la fatalité… Loin de sa géographie coutumière, Guédiguian tourne pourtant au plus près de son histoire et de sa jeunesse : dans un décor où les lendemains chantent et dansent sur les tubes des yéyés, avant de déchanter entre le marteau des idéologues et le pragmatisme de la réalité. Servi par une distribution impeccable, ce portrait de groupe sur fond de décolonialisme rappelant le Lumumba de Raoul Peck (2000), montre (avec la même indignation que Jean Ferrat dans Le Bilan) comment le pouvoir peut hélas flétrir un idéal… Un film de Robert Guédiguian (Fr-Can-Sén, 2h) avec Alicia Da Luz Gomes, Stéphane Bak, Issaka Sawadogo… (sortie le 5 ja

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"Le Discours" de Laurent Tirard : tu parles ? Tu parles !

ECRANS | Laurent Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby. Avec Sara Giraudeau et Kyan Khojandi.

Vincent Raymond | Vendredi 11 juin 2021

C’est l’histoire d’un énième repas de famille auquel Adrien assiste alors que son esprit divague. Car la seule chose comptant pour lui à ce moment précis, c’est que Sonia réponde à son SMS. Et voilà que son futur beau-frère lui demande de faire un discours pendant la noce… Le Discours n’est pas un film, c’est du cinéma. En tout cas, une de ces propositions cinématographiques, pour reprendre le mot de Godard, qui s’amusent avec les possibilités du médium ; qui considèrent le 7e art comme la somme, la résultante, l’aboutissement ou l’évolution des précédents et surtout ne se prennent pas au sérieux. Ce qui ne les empêchent pas de triturer la structure avec intelligence pour fabriquer de l’espace avec des mots et du temps avec des images ; bref créer comme Resnais un spectacle ludique superposé à un film mental. Tirard réussit son adaptation de Fabcaro comme on transforme un essai au rugby : il transpose cette obsession anxiogène de la répétition traversant l’œuvre de l’auteur (et bédéiste) en l’accommodant de variations oulipien

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Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours | À l’écran, on l’a connu odieux ("Le Sens de la fête"), irrésistible de drôlerie ("Mon inconnue"), fuyant ("Antoinette dans les Cévennes") mais à chaque fois impeccable. Benjamin Lavernhe — de la Comédie Française — poursuit sur sa lancée en tenant l’affiche (et le crachoir) du "Discours", adaptation ô combien cinématographique de Fabcaro par Laurent Tirard.

Vincent Raymond | Mercredi 16 juin 2021

Benjamin Lavernhe : « j’aime bien causer… »

Le Discours raconte une histoire des retrouvailles différées. Or le film, d’abord annoncé pour Cannes 2020, avait été repoussé en décembre, avant d’être à nouveau décalé pour le 9 juin. Il y a là comme une mise en abyme un peu ironique et cruelle, non ? Benjamin Lavernhe : Oui, c’est vrai que c’est tragiquement drôle ; après, on peut se dire que notre personnage du Discours se plaint beaucoup, se complaît un peu ; qu’il est peut être un peu pénible… Nous, on a eu l’impression que notre plainte, elle était légitime ; on n’a pas envie qu’elle soit vue comme nombriliste et qu'elle finisse par agacer. Comme disait Jean-Michel Ribes sur les réseaux sociaux : « la culture n’est pas au dessus du reste, mais elle existe ». Aux yeux du public, votre personnage peut passer pour nombriliste ; en réalité, c’est quelqu’un en attente et en souffrance. Une souffrance qui dévore tout le reste, et que le film ne fait que retranscrire avec justesse… Oui, c’est son caractère obsédant, sa névrose… C’est quelqu’un qui se débat, il est complètement obsédé par l’am

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Tout est affaire de décors : "La Belle époque"

Romance | La soixantaine dépressive, méprisé par sa femme, Victor se voit proposer par un ami de son fils de vivre une expérience immersive dans des décors reconstituant l’époque de son choix. Victor choisit de replonger dans sa jeunesse, pile la semaine où il rencontra sa future épouse…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Tout est affaire de décors :

Nicolas Bedos est-il un jeune vieux ? Si Monsieur & Madame Adelman avait dans son projet l’ambition encyclopédique d’embrasser une (double) vie, La Belle Époque — et bientôt OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, semble-t-il — accréditent la thèse d’une nostalgie un peu paradoxale pour des années 1970 qu’il n’a pas connues. Se livrerait-on à la psychanalyse de comptoir (avec le personnage de Fanny Ardant, psy reconvertie dans le numérique, on se sent presque autorisé), qu’on y verrait comme un fantasme de résurrection de cette époque où son père, dont il est le clone, régnait au music-hall. Mais laissons cette hypothèse. À peine un « grand film malade » (pour reprendre le mot de Truffaut), plutôt un Leo McCarey mort-né, La Belle Époque agace parce qu’il tape à côté en gâchant une jolie idée. L’argument central, la “guérison amoureuse“ de Victor, se trouve en effet pollué par une sous-intrigue sentimentale déplaçant le centre de gravité vers l’égotique organisateur des reconstitutions — en clair, le metteur en

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Daniel Auteuil et "La Belle Époque" pour l’ouverture du Festival Lumière

Festival Lumière | C'est le film de Nicolas Bedos qui va ouvrir cette édition du Festival Lumière.

Vincent Raymond | Jeudi 10 octobre 2019

Daniel Auteuil et

Après son passage hors compétition sur la Croisette, et avant sa sortie le 6 novembre prochain sur tous les écrans hexagonaux — il avait bénéficié d’une sortie partielle en septembre lorsqu’il était en lice pour représenter la France à l’Oscar du Meilleur film étranger, après avoir fait partie de la sélection Cannes à Lyon en mai —, le deuxième film réalisé par Nicolas Bedos, La Belle Époque fera donc l’ouverture du 11e Festival Lumière ce samedi 12 octobre. Ce choix n’est qu’une demi-surprise : non seulement le film avait été annoncé dès le mois de juin parmi la programmation officielle du Festival dans le cadre de l’invitation à Daniel Auteuil, mais il était étrangement le seul sur la page de la manifestation à ne pas être doté d’informations précises quant au lieu ou à la date de sa projection. Enfin, et c’est un argument de poids, La Belle Époque se déroule dan

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Encore un peu plus à l’ouest : "Nous finirons ensemble"

Comédie dramatique | De Guillaume Canet (Fr, 2h15) avec François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Encore un peu plus à l’ouest :

Dix ans après l’été maudit qui vit périr l’un des leurs, le groupe d’amis du Cap Ferret s’est disloqué. Sous l’impulsion d’Éric, ils se retrouvent tous pour célébrer les 60 ans de Max. Or celui-ci, sur le point de vendre sa maison, goûte guère la surprise… On prend les mêmes et on continue en suivant la recette : faire fermenter dans une résidence de nabab émirati ou de milliardaire texan un groupe “d’amis“ aux égos hypertrophiés se mesurant la longueur du portefeuille pour savoir qui sera le nouveau mâle alpha de la bande. Fatalement, il faut s’attendre à du combat de coqs. Quand ils en ont le temps, certains et certaines de ces quadra adulescents pensent (un peu) aux autres. Pas forcément à leurs enfants — ces boulets d’arrière-plan décoratif conservés en cas de nécessité dramatique — ; plutôt à la planète le temps d’un couplet fédérateur dans l’air du temps. Ces personnages seraient faits pour être raillés, on souscrirait volontiers. Mais non : il faut les aimer pour leurs “blessures“, conséquences de leur égoïsme et de leur arrogance aveugle. Des liens profonds unissant Canet

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Éloge du sur-place en marche arrière : "Qui m'aime me suive !"

Comédie | De José Alcala (Fr, 1h30) avec Daniel Auteuil, Catherine Frot, Bernard Le Coq…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Éloge du sur-place en marche arrière :

Parce que son grincheux de mari Gilbert s’obstine à conserver son garage, qu’il est fâché avec leur fille depuis qu’elle a convolé, qu’ils sont fauchés, que son voisin et amant a déménagé, Simone quitte le foyer. Pile le jour où le petit-fils débarque. Gilbert, affolé, part à ses trousses. Courses-poursuites poussives, septuagénaires s’escrimant à paraître dix ans de moins, surjeu outré généralisé, accumulation d’enjeux dramatiques éventés évoquant un tout-à-l’égout de pitchs scénaristiques… Est-il bien raisonnable, à l’heure où les plateformes de vidéo en ligne prennent d’assaut le secteur cinématographique, que les salles soient les récipiendaires de médiocrités aussi ineptes ? Même le petit écran, qui jadis leur permettait de trouver une incarnation dans le format téléfilm, semble avoir jeté l’éponge. À raison : un tel objet aurait raison de la meilleure indulgence — pardon, audience. ll y a quelque chose de pathétique à observer des acteurs estimables se livrer à un concours de cabotinage pour tenter de donner quelque intérêt à une comédie. Surtout lorsque leur carrière peut

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Fisc de zup ! : "Jusqu'ici tout va bien"

Comédie | De Mohamed Hamidi (Fr, 1h30) avec Gilles Lellouche, Malik Bentalha, Sabrina Ouazani…

Vincent Raymond | Mardi 26 février 2019

Fisc de zup ! :

Fred Bartel a jadis faussement domicilié son entreprise de com’ en zone franche pour éviter taxes et impôts. Le fisc l’ayant rattrapé, il doit soit s’acquitter d’une lourde amende, soit déménager sa boîte à La Courneuve. Ce qu’il fait avec ses salariés. À chacun de s’acclimater… Vingt-cinq ans après La Haine, au prologue duquel il fait explicitement référence par son titre, ce nouveau “film sur la banlieue“ laisse pantois. Car s’il prétend raconter le bilan “globalement positif“ d’une implantation dans des « territoires perdus de la République » et une osmose réussie entre bobo de souche et jeunes-des-cités, Jusqu’ici tout va bien ne franchit pas tout à fait le Périph’ : son esprit reste ailleurs, dans les quartiers dorés. Et son angélisme de façade, irréel, est bien incapable de réduire la moindre fracture. En alignant plus de clichés qu’une planche-contact, Mohamed Hamidi les dénonce moins qu’il ne les perpétue. Trop lisse — sans doute pour cadrer avec la promesse d’une comédie — le film s’encombre de

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Une aussi longue attente : "Pupille"

Drame | de Jeanne Herry (Fr, 1h47) avec Sandrine Kiberlain, Gilles Lellouche, Élodie Bouchez…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Une aussi longue attente :

Une jeune femme arrive pour donner naissance à un petit garçon dont elle ne veut pas et qui aussitôt est pris en charge par toute une chaîne d’assistantes sociales et d’assistants maternels. Au bout du compte, ce bébé né sous X sera confié à une mère célibataire en souffrance d’enfant… De l’amour irraisonné à l’amour inconditionnel. Tel est le chemin que la réalisatrice Jeanne Herry a suivi, troquant l’obsession érotomane destructrice de la fan de Elle l’adore contre le bienveillant désir d’une mère méritante, son opposée exacte. Documenté à l’extrême, suivant une procédure d’adoption dans ses moindres détails psycho-administratifs aux allures parfois ésotériques (le cérémonial de rupture entre la mère biologique et l’enfant peut ainsi laisser dubitatif), Pupille s’échappe heureusement du protocole jargonnant par la mosaïque de portraits qu’il compose. Diversité d’approches, de caractères ; espoirs et désespoirs ordinaires meublent l’existence des personnages intervenant dans la lente chaîne menant le bébé à sa future maman ; autant d’accidents heu

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J’ai piscine : "Le Grand Bain"

Comédie | de Gilles Lellouche (Fr., 2h02) avec Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

J’ai piscine :

Chômeur dépressif, Bertrand rejoint un groupe de bras cassés, tous vaguement en déroute personnelle, pour former une très baroque équipe de natation synchronisée masculine. Entraînés par deux ex championnes azimutées, les gars vont se révéler aux autres et à eux-mêmes… Gilles Lellouche réalisateur, ce n’est pas une nouveauté : co-auteur de courts ainsi que d’un long avec son ancien complice Tristan Aurouet (Narco, 2004), il avait aussi participé à la trop inégale (dé)pantalonnade Les Infidèles (2012) avec un autre de ses potes, Jean Dujardin. En revanche, c’est la première fois qu’il se retrouve en solo derrière la caméra pour un long. Si son fidèle Guillaume Canet figure au générique, il n’en est pas le centre de gravité : Le Grand Bain est une authentique histoire sur le groupe et la force de l’union. Pas d’un club de quadra friqués pérorant en buvant des huîtres ; plutôt une collection de paumés de la classe jadis mo

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Drame de cœur à vous l’honneur : "Le Jeu"

Phone Game | de Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Bérénice Bejo, Suzanne Clément, Stéphane De Groodt…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Drame de cœur à vous l’honneur :

Une soirée comme Vincent et Marie en organisent souvent : autour d’un bon repas entre amis. Sauf que cette fois-ci, l’idée émerge que tous les messages parvenant sur les smartphones durant le dîner soient partagés à haute et intelligible voix. Un jeu bien anodin aux effets dévastateurs… Connu du grand public grâce à des polars à force interchangeables car redondants, Fred Cavayé s’était récemment aventuré dans la comédie (Radin) ; on n’imaginait pas que tout cela le préparait à signer avec Le Jeu son meilleur thriller, une étude de mœurs aussi acide que rythmée dissimulée sous des oripeaux d’un vaudeville à la Bruel et Danièle Thompson. Remake d’un film italien à succès, Perfetti sconosciuti (jusqu’à présent inédit dans nos salles, également adapté par Alex de la Iglesia), cette fausse comédie chorale bifurque rapidement sur une voie dramatique perturbante, révélant comme dans Carnage les visages de chacune et chacun lorsque se fissurent les masques des convenances so

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"L'Amour est une fête" : et le film, une défaite

Cul-cul | de Cédric Anger (Fr, 1h59) avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Camille Razat…

Vincent Raymond | Mercredi 19 septembre 2018

Vous qui entrez dans la salle, abandonnez tout espoir de tomber sur un équivalent de Boogie Night à la française. Narrant l’infiltration de deux flics dans l’univers des peep-shows et du X des années 1980 parisiens, ce pensum n’en a ni le rythme, ni la folie. Présente-t-il quelque gravité dramatique, des attraits comiques insoupçonnés ? Pas davantage. Diable… Oserait-il, alors, s’appuyer sur ce décor ou ce contexte favorable pour créer un authentique film érotique doté d’une intrigue ? Pas plus que Yann Gonzalez avec sa (dé)pantalonnade Un couteau dans le cœur : on se trouve en présence de cinéastes qui vendent hypocritement l’idée du soufre, en craignant d’en prononcer le nom, et passent leur film à moquer leurs aînés du cinéma bis ou Z, tout en les pillant et les contrefaisant (mal) à coup de néons roses et de cheveux peroxydés. Ne parlons pas hommage, puisqu'il s’agit de dérision. Il n’y a là ni amour, ni fête ; d’ailleurs, ce n’est ni fait, ni à faire… Seule lumière au tableau : la B.O. de Grégoire Hetzel, et la mélancolie mélodique de ses part

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Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Amoureux de ma femme | C’est sur les terres de sa jeunesse avignonnaise, lors des Rencontres du Sud, que le réalisateur et cinéaste Daniel Auteuil est venu évoquer son nouvel opus, Amoureux de ma femme. Le temps d’une rêve-party…

Vincent Raymond | Vendredi 1 juin 2018

 Daniel Auteuil : « rêver sa vie, c’est un peu comme mener une rechercher poétique »

Le scénario est adapté d’une pièce de Florent Zeller que vous avez jouée. Y a-t-il beaucoup de différences ? Daniel Auteuil : Ah oui, il est très très librement adapté ! On a beaucoup parlé : je lui ai raconté à partir de la pièce de quel genre d’histoire j’avais envie. Je voulais parler des pauvres, pauvres, pauvres hommes (rires), et de leurs rêves, qui sont à la hauteur de ce qu’ils sont. Certains ont de grands rêves, d’autres en ont des plus petits. Et puis il y avait l’expérience de cette pièce, qui était très drôle et qui touchait beaucoup les gens. Mon personnage est un homme qui rêve, plus qu’il n’a de fantasmes. Un homme qui, au fond, n’a pas tout à fait la vie qu’il voudrait avoir, peut-être ; qui s’identifie dans la vie des autres. Le cinéma vous permettait-il davantage de fantaisie ? La pièce était en un lieu unique et était très axée sur le verbe, sur le texte. Une grande partie était sur les pensés, les apartés. Ici, c’est construit comme un film : le point de départ était cette idée de rêve et tout ce qu’on pouvait montrer. Que les rêves, ressemblent à

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Sale rêveur : "Amoureux de ma femme"

De quoi Zeller ? | de et avec Daniel Auteuil (Fr, 1h24) avec également Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain, Adriana Ugarte…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Sale rêveur :

Daniel a invité à dîner son meilleur ami Gérard afin qu’il lui présente, ainsi qu’à sa femme, sa nouvelle compagne. Lorsqu’il découvre sa jeunesse et sa beauté, Daniel se prend à imaginer des choses, sous l’œil de son épouse. Qui n’est pas dupe. Daniel Auteuil signe un film comme on n'en fait plus. Un truc un peu inconscient et naïf, de l’époque où les sexagénaires exhibaient sans complexes leur nouvelle voiture, leur nouvelle montre, leur nouvelle minette, comme autant de gages de succès. Aujourd’hui, on dissimule tout ces “attributs” sous le vocable commun de “bonheurs” — cela fait moins égoïste et moins démon de seize heures. On assume moins que le personnage de Sydney Pollack qui vantait dans Maris et Femmes de Woody Allen (1992) les vertus de sa récente et jeune compagne : « sa bouche ? c’est du velours… » Amoureux de ma femme, raconte peu ou prou la même histoire que Woody Allen, mais corsetée par l’ère du politiquement correct, dans un (vaste) appartement parisien et se sert de l’imaginaire d’un

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Laborieux : "Le Brio"

ECRANS | de Yvan Attal (Fr, 1h35) avec Daniel Auteuil, Camélia Jordana, Yasin Houicha…

Vincent Raymond | Mardi 21 novembre 2017

Laborieux :

Inégal, parfois maladroit, le film à sketches précédent d’Yvan Attal (Ils sont partout) ne méritait pourtant pas de se faire agonir : il riait de l’antisémitisme et des antisémites sans se perdre dans les lourdeurs du film à thèse — et suivait l’exemple des Monty Python, Mel Brooks ou Woody Allen avec, il est vrai, moins de métier. Dommage, donc, que le réalisateur n’ait pas poursuivi dans cette veine et que son nouveau sujet (de société) soit traité sur un mode aussi conventionnel. Dans ce Pygmalion à la fac, l’équivalent de Higgins est un prof provocateur un brin réac et le pendant d’Eliza une étudiante en droit issue de banlieue, qu’un concours d’éloquence va rapprocher. Mais entre les deux, que de cabotinages et de démonstrations ! Que de professions de foi naïves sur la méritocratie ou l’éthique ! Dans cet emploi de beauf supérieur, Auteuil se dieupardeuïse, mais n’arrive pas être totalement crédible en odieux salaud. Sans doute parce qu’on le voit trop réciter ses répliques goujates. Quant à Camélia Jordana, abonnée aux rôle d’étudiantes, elle sauve sa mise dans ses scènes av

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Y a comme une noce… : "Le Sens de la fête" de Éric Toledano & Olivier Nakache

ECRANS | de Éric Toledano & Olivier Nakache (Fr, 1h57) avec Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Gilles Lellouche…

Vincent Raymond | Mardi 3 octobre 2017

Y a comme une noce… :

Depuis trente ans, Max, traiteur exemplaire, organise des mariages. Mais ce soir, il arrive au bout du rouleau : ses vies personnelle et professionnelle semblent s’être concertées pour se déliter au cœur d’une noce compliquée. Pourtant, Max fait comme d’habitude : il gère… Cette comédie douce-amère est taillée sur mesure pour (et un peu par) Jean-Pierre Bacri, idéal en chef-d’orchestre désabusé d’un cortège de bras-cassés, de parasites et d’imprévus. Le droopyssime comédien a en effet mis la main à la pièce montée scénaristique, permettant de judicieuses relances quand le soufflé tend à retomber. On ne fera pas grief à la paire Nakache & Toledano de quelques baisses de régime : il y a tant de “vrais” personnages en jeu — pas des silhouettes — que leur donner de la substance à chacun tient du casse-museau. Essuyant bien des tempêtes, ce mariage-paquebot gouverné par le capitaine Max (seul maître à bord après les réalisateurs) rassem

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Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

Le Réalisateur de Petit Paysan | Petit Paysan deviendra-t-il grand cinéaste ? C’est bien parti pour Hubert Charuel, qui signe un premier long-métrage troublant. Entretien cartes sur étable.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Hubert Charuel : « Une manière de dire au revoir à la ferme familiale »

De quelle(s) épidémie(s) vous êtes-vous inspiré ? Hubert Charuel : La maladie du film est fictive : elle présente plusieurs symptômes de maladies réelles, mais qui se soignent. J’ai grandi pendant la période de vaches folles et de fièvre aphteuse. On était dans cet esprit de paranoïa : l’angoisse de mes parents, de ma familles, des amis aux alentours était totale, personne ne comprenait ce qui se passait. Les vétérinaires ne savaient pas ce qu’était Creutzfeld-Jacob, n’avaient pas les résultats… Ça a vraiment choqué beaucoup de monde. Les abattages, c’est horrible : les gens arrivaient, on tuait tous les animaux, on creusait une fosse au milieu de la ferme, on brûlait les animaux sur place. Un traumatisme pour les éleveurs et les vétérinaires. Certains ne s’en sont pas remis, de faire des abattages totaux à la chaîne. D’autres ne s’en sont pas remis financièrement. Quand on dit à l’éleveur qu’il va toucher des indemnités, c’est plus complexe que ça. Elles viennent parfois un an, deux ans après. Ou jamais. En attendant, il y a un crédit à rembourser, des emprunts pour la mise

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De mal en pis : "Petit Paysan" de Hubert Charuel

Le Film de la Semaine | Un petit éleveur bovin tente de dissimuler l’épidémie qui a gagné son cheptel. Ce faisant, il s’enferre dans des combines et glisse peu à peu dans une autarcie paranoïaque et délirante. Une vacherie de bon premier film à voir d’une traite.

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

De mal en pis :

Difficile d’être plus en phase avec l’actualité qu’Hubert Charuel. Au moment où l’on s’interroge sur la pérennité des aides à l’agriculture biologique, et où l’on peine à mesurer les première conséquences du énième scandale agro-industriel, son film nous met le nez dans la bouse d’une réalité alternative : celle des petits paysans. Ceux qui n’ont pas encore succombé, rongés par l’ingratitude de leur métier et les marges arrières de la grande distribution, ni été aspirés par leurs voisins, gros propriétaires fonciers ou de fermes automatisées — on en voit ici. Sans foin ni loi Pierre est un petit paysan à la tête d’un domaine raisonnable — c’est-à-dire qu’il la gère tout seul, mais en lui consacrant tout son temps. Lorsqu'il détecte dans son troupeau des animaux malades d’une mystérieuse fièvre hémorragique, il redoute le pire : l’abattage de la totalité de ses bêtes. La dissimulation lui offre une illusion de répit, mais les conséquences ne font qu’aggraver le problème. Hubert Charuel signe un portrait “empathique” de ce pro

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Sortie de piste pour Pixar : "Cars 3" de Brian Fee

Animation | de Brian Fee (É-U, 1h49) animation avec les voix (v.f.) de Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Nicolas Duvauchelle…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Sortie de piste pour Pixar :

Flash McQueen se fait vieux : la nouvelle génération relègue sa génération aux stands, voire à la casse. Bien décidé à montrer qu’il en a encore sous le capot, l’ancien élève de Doc Hudson tente de remettre les gaz aidé par Cruz Ramirez — une coach qui aurait aimé être pilote… Oublié, le deuxième volet à base d’essence d’espionnage frelatée ; retour ici aux fondamentaux : la course, la gomme brûlée et la fascination puérile pour la vitesse — en se livrant à un peu de psychanalyse de comptoir, on tirerait sûrement des choses rigolotes de cette vénération pour les objets polis, aérodynamiques et écarlates majoritairement masculins. À l’instar d’un Rocky Balboa moyen, McQueen doit accepter son déclin et de transmettre le flambeau. Mais de continuer à en remontrer à une bleusaille arrogante. Cette leçon vaut bien un rodage, sans doute, mais elle n’ajoute rien à la gloire de Pixar, dont on espère avec Coco (en novembre sur les écrans) enfin un digne successeur au merveilleux Vice-Versa

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"Sous le même toit" : objectif nul

ECRANS | de Dominique Farrugia (Fr, 1h33) avec Gilles Lellouche, Louise Bourgoin, Manu Payet…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

Delphine et Yvan divorcent. Fauché, ce dernier revendique les 20% de la demeure familiale qu’il possède, et les occupe, histoire d’avoir en permanence un œil sur son ex. Ce sont leurs enfants, ignorés, qui en auront assez de cette scabreuse situation. Difficile de rire avec, de ou grâce à ce personnage immature exerçant un chantage afin de maintenir son emprise sur la vie privée de son ancienne épouse : ce type de possessivité pathologique et de perversité narcissique aurait davantage sa place dans un thriller. Difficile également de ne pas être écœuré par la vulgarité diffuse dégagée par cet étalage de fric, de jalousie mesquine, de testostérone satisfaite et de machisme graveleux. Et si à la toute fin, Farrugia tente de donner du sens à son (involontairement) dramatique comédie en abordant le sujet du harcèlement scolaire, c’est peu dire que le sujet tombe comme un cheveu sur la soupe. Bien que raté, L’Économie du couple (construit sur une trame immobilière proche), avait au moins le bon goût de ne pas sombrer dans un pareil pathétique.

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"Rock’n’roll" : ego trip

ECRANS | Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Quand Guillaume Canet comprend qu’il fait figure, pour la nouvelle génération, de mec installé et pépère dans sa vie de famille comme dans son métier, le quadra pète un câble et veut (se) prouver qu’il possède encore au fond de lui une étincelle rebelle. Mais l’a-t-il jamais eue ? Naviguant, à l’instar du Grosse Fatigue (1993) de Michel Blanc, dans la sphère privée voire l’intimité des stars, cette auto-fiction cathartique permet à Canet de (presque) assouvir tous ses fantasmes sans (réellement) basculer dans la transgression : c’est son image — c’est-à-dire son “moi ” médiatique — qui prend les coups qu’il s’assène lui-même. Sous l’œil complice de nombreux guests, l’acteur-réalisateur s’inflige un catalogue d’auto-punitions gros comme un dico — éprouverait-il un besoin inconscient et masochiste d’expier ? — avant de trouver un second souffle dans une seconde partie inattendue, nettement plus délirante. À mille lieues de toute subversion, Rock’n’roll souffre surtout d’un manque de décision dans la coupe et le montage, qui le plombe d’une grosse vingtaine de minutes.

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Au nom de ma fille

ECRANS | de Vincent Garenq (Fr, 1h27) avec Daniel Auteuil, Sebastian Koch, Marie-Josée Croze…

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

Au nom de ma fille

À l’époque de Présumé coupable (2011), Vincent Garenq confessait avec l’aplomb d’un Cahuzac moyen ne pas connaître le cinéma d’André Cayatte, auquel son deuxième film (consacré à l’affaire d’Outreau) renvoyait immanquablement. Depuis, soit il a rattrapé un manque et succombé au charme suranné du spécialiste français des films “accusé-seul-contre-tous-levez-vous” avec questions de société intégrées, soit il a enfin décidé d’assumer l’héritage de son devancier. Ce qui implique de se ruer sur tous les faits divers montrant un innocent malmené par la Justice : ils sont susceptibles de se transmuter en scénario à procès ! Après Denis Robert et Clearstream pour L’Enquête (2015), place au combat d’André Bamberski, l’opiniâtre père qui lutta contre les chancelleries pour que l’assassin présumé de sa fille soit poursuivi, extradé, jugé et condamné en France pendant près de trente ans, et dut pour cela commanditer l’enlèvement du scélérat. Si le doute bénéficie en théorie à l’accusé, ici son ombre est inexistante : le méchant est méchant, Daniel Auteuil (en Bronson hexagonal) est gentil, et la réalisation, illustrative, sert de

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L’Enquête

ECRANS | De Vincent Garenq (Fr, 1h46) avec Gilles Lellouche, Charles Berling, Laurent Capelluto…

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

L’Enquête

C’était un défi : raconter le calvaire de Denis Robert, aux prises avec l’affaire Clearstream pendant près de dix ans en une fiction (très) documentée de 106 minutes. D’autant plus que L’Enquête vient après une série de films français tirés de faits réels tous plus inopérants les uns que les autres, incapables de transcender leur matériau de départ ou de contourner les clichés du genre. Vincent Garenq, peut-être parce qu’il avait déjà essuyé les plâtres avec le pas terrible Présumé coupable d’après l’affaire d’Outreau, s’en sort avec les honneurs : son film est prenant, rapide, habilement construit et cherche en permanence à donner de l’ampleur cinématographique à son sujet. Il n’y parvient pas toujours, les scories du polar hexagonal sont bien là — les flics sont raides comme des flics, les avocats parlent comme des avocats — et on reste loin d’un Sidney Lumet. Mais L’Enquête a pour lui son désir de ne rien cacher, ni les noms des protagonistes, ni leurs renoncements, ni leurs énigmes. De Libération à De Villepin en passant par

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Mea culpa

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h30) avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Mea culpa

«Sur une idée d’Olivier Marchal» nous dit le générique de fin. Tout s’explique ! L’idée en question est en fait un fonds de commerce : un ex-flic traumatisé et au fond du trou va tenter de se racheter en protégeant son fils et en flinguant à tout va du méchant, ici des gangsters serbes dont les motivations sont très sommairement résumées : «les filles et la came». Justice expéditive, tirage de tronches et gros accès de virilité sont donc au programme, mais là n’est pas le problème de cet actionner à la française. Il y a d’un côté la minceur du scénario — pas grave — et de l’autre sa farandole d’incohérences, que Cavayé tente de noyer sous une pluie de fusillades, poursuites et bastons qui ne justifient jamais la réputation de "bon artisan" appliquée un peu vite au cinéaste. Rien ne tient debout donc, que ce soit la gestion du temps, de l’espace ou de l’élémentaire réalisme des situations — les flics interviennent une bonne heure après un carnage homérique dans une boîte de nuit, une bagnole va plus vite qu’un TGV… On a tendance à fustiger l’état de la comédie française ; mais entre Besson, Cavayé et Marchal, le polar d’ici n’est pas for

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100% Cachemire

ECRANS | De et avec Valérie Lemercier (Fr, 1h38) avec Gilles Lellouche, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Vendredi 6 décembre 2013

100% Cachemire

Un drôle de désir semble avoir guidé Valérie Lemercier pour son quatrième film en tant qu’actrice-réalisatrice… S’approprier un fait divers glauque où une mère adoptive décide de rendre son fils après quelques mois "d’essai" ; faire le portrait acide d’une bourgeoisie étranglée entre bonne et mauvaise conscience ; mais aussi s’écrire un personnage détestable dont la caméra, toutefois, ne se détache jamais, exercice narcissique très curieux et, à l’image du film tout entier, plutôt déplaisant. Car si Lemercier a un vrai talent pour écrire des dialogues de comédie qui claquent, et si elle sait les mettre dans la bouche de comédiens ravis de s’amuser avec cette musique virtuose, le scénario de 100% Cachemire n’a pas de centre, sinon une misanthropie qui s’exerce aveuglément sur les riches et les pauvres, les premiers très cons, les seconds très cons et très moches. Il y avait pourtant une idée magnifique, hélas laissée en jachère : cet enfant russe muet et impavide, mur indéchiffrable sur lequel les émotions des adultes alentour ricochent ou se fracassent. Mais la mise en scène semble fuir ce trou noir émotionnel, préférant se réfugier dans la peinture sarc

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Avant l’hiver

ECRANS | À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Ce drame où un chirurgien du cerveau, marié à une femme qui passe ses (...)

Christophe Chabert | Lundi 25 novembre 2013

Avant l’hiver

À défaut de convaincre, le troisième film de l’écrivain Philippe Claudel intrigue. Ce drame où un chirurgien du cerveau, marié à une femme qui passe ses journées à jardiner dans une grande demeure qu’elle appelle judicieusement une «cage de verre», s’obsède peu à peu pour une jeune et belle inconnue aux multiples visages ­— serveuse, étudiante, putain — dont il ne sait trop si elle complote contre lui ou si elle est simplement folle amoureuse, prend parfois des allures de thriller hitchcockien. Du point de vue de sa mise en scène, le film, justement, a de l’allure. Claudel a un vrai sens du plan qui fait sens, méticuleusement composé et éclairé, et il parvient à faire entrer de l’inquiétude et de la mélancolie dans son récit par la seule force de l’image. En revanche, son passé littéraire refait surface dans les dialogues, incroyablement démonstratifs et sentencieux, où l’on sent plus le discours de l’auteur que la parole des personnages. Tout cela manque cruellement de santé, et même le mystère qui sous-tend toute l’intrigue finit par être trop clairement élucidé dans le dernier acte. Ce manque de quotidienneté, rien ne le souligne plus que le choix mal

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Gibraltar

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h53) avec Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Riccardo Scamarcio…

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Gibraltar

Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième long-métrage de Julien Leclercq. D’autant plus qu’il s’est associé avec Abdel Raouf Dafri, scénariste surcoté de Mesrine et de la saison 2 de Braquo. La (relativement) bonne surprise de Gibraltar, c’est que tous deux optent pour un traitement sobre et rigoureux de leur sujet : la descente aux enfers d’un patron de bar criblé de dettes qui accepte de jouer les indics pour les douanes françaises sur le rocher de Gibraltar, plaque tournante du trafic de drogue. Pas d’"enculé" à toutes les répliques, ni de découpage frénétique de l’action, mais un film-dossier qui tente de raconter simplement cette histoire vraie et de dénoncer au passage l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir. On se croirait face à un vieil Yve

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Jappeloup

ECRANS | De Christian Duguay (Fr, 2h10) avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil…

Christophe Chabert | Mercredi 6 mars 2013

Jappeloup

Plus scandaleux que l’affaire des lasagnes, l’acharnement du cinéma français à mettre du cheval à toutes les sauces sur les écrans. Après la comédie hippique qui pique comme un vin éventé (Turf), voici le biopic de la monture et de son destrier certifié 100% histoire vraie, avec la fine fleur des acteurs cavaliers dans les rôles principaux. Jappeloup cherche d’un bout à l’autre un angle pour raconter cette success story à la française, pendant que son réalisateur Christian Duguay, yes man canadien à qui on a curieusement accordé un titre de séjour, lui cherche vainement une forme. On sent l’armada de monteurs venus sortir le truc de la panade, tentant de dynamiser l’alternance mécanique de gros plans, plans à la grue et ralentis sur le canasson qui saute un obstacle, pendant qu’un groupe de script doctors prenait la décision, absurde, de changer toutes les trente minutes de sujet : d’abord le jockey indécis, puis le lien père/fils, puis la réflexion sur le cavalier qui doit aimer son cheval, puis le triomphe seul contre to

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Thérèse Desqueyroux

ECRANS | Avec cette adaptation de François Mauriac, Claude Miller met un très beau point final à son œuvre : réquisitoire contre une bourgeoisie égoïste, cruelle et intolérante, le film fait vaciller son rigoureux classicisme par une charge de sensualité et d’ambiguïté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 14 novembre 2012

Thérèse Desqueyroux

Quatre gouttes d’arsenic dans un verre d’eau. C’est le rituel quotidien qu’effectue Bernard Desqueyroux, riche bourgeois girondin un peu hypocondriaque, pour calmer ce qu’il pense être des alertes cardiaques. Pour sa femme Thérèse (Audrey Tautou, dans un grand rôle à sa mesure), avec qui il s’est uni par intérêt, ce rituel est comme le reflet d’un ordre qui l’étouffe. Un jour, elle décide de le fausser et son geste va tout faire vaciller. À commencer par la mise en scène de Claude Miller : jusqu’ici, il racontait avec un classicisme élégant l’histoire de Thérèse Desqueyroux, préférant la chronologie aux flashbacks du roman de Mauriac. Le trouble venait d’ailleurs : de cette ouverture pleine de sensualité où deux jeunes adolescentes se livraient à des jeux aux relents érotiques, baignées dans la lumière dorée de l’été aquitain ; de ce voilier qui passe au loin et dont le propriétaire, Jean Azevedo, n’est qu’un «juif» pour Bernard Desqueyroux ; dudit Azevedo qui séduit la sœur de Bernard, passion fougueuse qui ébranle un temps la discipline bourgeoise de la famille. C’est d’ailleurs lors d’une lune de miel pétrifiée dans l’ennui de Baden Baden que Miller

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Les Infidèles

ECRANS | De Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Michel Hazanavicius, Emmanuelle Bercot, Éric Lartigau, Alexandre Courtès, Fred Cavayé (Fr, 1h48) avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Dimanche 26 février 2012

Les Infidèles

Film à sketches dans la tradition des comédies italiennes (Les Monstres, surtout), Les Infidèles s’apprécie en dehors de ce qui en forme la colonne vertébrale : son prologue et son épilogue, qui labourent un humour beauf dont on ne sait trop si Dujardin et Lellouche se moquent ou s’ils le célèbrent. Sans parler des saynètes trash signées Alexandre Courtès, pas très drôles et surtout prétexte à inviter les copains (Canet, Payet…). C’est bel et bien quand de vrais cinéastes s’emparent de certains épisodes que le film s’avère étonnant (et franchement grinçant, dans la lignée du Houllebecq des débuts). Michel Hazanavicius dans La Conscience réussit le segment le plus étrange et dépressif, remarquablement mis en scène avec un Dujardin que le réalisateur utilise comme un stradivarius, développant un comique de l’embarras proche des OSS 117. Emmanuelle Bercot s’offre son Eyes wide shut avec le même Dujardin et sa compagne Alexandra Lamy, un peu appuyé mais là enc

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La Mer à boire

ECRANS | De Jacques Maillot (Fr, 1h38) avec Daniel Auteuil, Maud Wyler, Yann Tregouët...

Jerôme Dittmar | Vendredi 17 février 2012

La Mer à boire

C'est la crise. Une fois n'est pas coutume, un film change de point de vue et la victime n'est plus l'ouvrier, héros de longue date, mais le patron. Une pirouette politiquement casse gueule, mais nécessaire, que tente La Mer à boire en suivant Daniel Auteuil, patron de PME luttant pour sauver sa boîte (de bateaux grand luxe) qu'il a passé une vie à bâtir. Le morceau de bravoure du capitaine tenant bon, avec héroïsme et courage, dans la tempête économique et sociale était inévitable. Jacques Maillot s'en sort sans honte, avec un humanisme auquel on reprochera d'opter plus pour le rationalisme ambiant que l'utopie. Mais c'est que l'auteur souhaite viser juste et observer dans le détail l'implacable mise en pièce de l'entreprise par les banques. Il veut le diagnostic, pas un remède. C'est sa limite, à laquelle Auteuil apporte une fêlure plus profonde qui, lentement, fait pencher le film dans une noirceur réaliste s'achevant sur une fin terrifiante. Jérôme Dittmar

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La Fille du puisatier

ECRANS | De et avec Daniel Auteuil (Fr, 2h) avec Astrid Bergès-Frisbey, Kad Merad...

Dorotée Aznar | Jeudi 14 avril 2011

La Fille du puisatier

Depuis le diptyque de Berri, Auteuil et Pagnol, c'est une grande histoire d'amour. Pour son premier film derrière la caméra, l'acteur ne pouvait donc que revenir à l'auteur fétiche qui a fait sa gloire. Sauf que les meilleurs sentiments n'ont jamais fait une grande œuvre. En adaptant La fille du puisatier, Auteuil réussit toutefois une chose : faire exister le langage de Pagnol. De manière un peu bateau, platement folklorique, mais en gardant le cœur d'une intrigue de classe où le verbe est roi. Le problème de cette adaptation de fan trop respectueux, c'est qu'il faut se coltiner un casting endimanché, une grossière mise en scène de téléfilm et Auteuil en transe, possédé par chaque dialogue. Ce qui n'est pas pire que Kad Merad avec du khôl. Jérôme Dittmar

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Ma part du gâteau

ECRANS | De Cédric Klapisch (Fr, 1h45) avec Karin Viard, Gilles Lellouche…

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

Ma part du gâteau

D’un côté, un trader irresponsable, mauvais père et vrai goujat (Lellouche, plutôt bien) ; de l’autre, une ouvrière du Nord licenciée de son usine, qui se fait embaucher comme femme à tout faire chez ce même trader (Karin Viard, méritante vu ce qu’on lui demande de faire). De cet argument pioché dans l’actualité, Cédric Klapisch tire une comédie pamphlétaire, ce qui résume assez bien l’impasse dans laquelle il s’engouffre. Imaginez Stéphane Hessel ayant glissé des blagues Carambar dans son "Indignez-vous", et vous aurez une idée de ce qu’est "Ma Part du gâteau". Non seulement la comédie est lourde (Karin Viard avec l’accent russe, Karin Viard parle anglais avec les maîtres du Dow Jones, arf !), mais elle annule toute la colère que le cinéaste voulait exprimer face à son sujet. Lors de l’escapade vénitienne de Lellouche avec la mannequin ou pendant les adieux de Karin Viard à son ancien mari, le film ébauche ce qu’il aurait pu être : un conte amer, sérieux et cruel. Mais non, ce sont les vieux fantasmes sociologiques et les réflexes sarcastiques de Klapisch qui l’emportent, conduisant vers une dernière séquence qui pose un gros problème, soudain appel à l’insurrection lancé par u

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À bout portant

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h25) avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem…

Dorotée Aznar | Vendredi 26 novembre 2010

À bout portant

La deuxième réalisation de Fred Cavayé est grosso modo une variation plus frénétique de "Pour elle" (il y est encore question d’un homme “ordinaire“ embringué dans une intrigue de thriller pour sauver la femme de sa vie), avec les mêmes écueils – des raccourcis narratifs parfois énormes, des dialogues globalement faiblards, et des personnages secondaires mal dégrossis (mention spéciale à Gérard Lanvin et ses inénarrables moues crispées pour bien montrer qu’il a les plus grosses cojones du cinéma français). Une fois ces scories mises de côté, il faut reconnaître au garçon des talents indéniables de metteur en scène, à la fois dans les scènes d’intimité (pourtant flanquées de l’intolérable Gilles Lellouche), mais surtout dans ses dynamiques de suspense et d’action. Vu le caractère peu convaincant des dernières tentatives en la matière, on en viendrait presque, horreur suprême, à comprendre le mépris du 7e art français d’aujourd’hui pour le cinéma de genre. Fred Cavayé, disons-le, fait partie des rares réalisateurs actuels à pouvoir inverser la tendance… Il suffirait juste qu’il se dégotte un meilleur co-scénariste. FC

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Je l’aimais

ECRANS | De Zabou Breitman (Fr, 1h52) avec Daniel Auteuil, Marie-Josée Croze…

Christophe Chabert | Jeudi 30 avril 2009

Je l’aimais

Qui l’eût cru ? Cette nouvelle adaptation d’Anna Gavalda fait passer la précédente (Ensemble c’est tout) pour un bon film… Ici, on sonde les abîmes, malgré les jolies volutes de la mise en scène qui ne distraient pas de l’insignifiance du propos. Il faut dire que Zabou Breitman aimerait transformer ce roman de gare (un homme entretient une longue liaison adultère sans jamais oser aller au bout de cet amour qui détruirait le confort de sa vie bourgeoise) en In the mood for love français. L’action se transporte d’ailleurs régulièrement à Hong-Kong, mais les dialogues lourdauds importés du bouquin font regretter les silences antonioniens de Wong Kar-Wai. En cours de route, on fantasme que tout ce petit monde soit anéanti par un serial killer en goguette, mais non : on couche ensemble, on se dit je t’aime, on se quitte, on se retrouve… Comme disait l’espion américain à OSS 117 : «You are so french !» Christophe Chabert

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Pour elle

ECRANS | De Fred Cavayé (Fr, 1h36) avec Vincent Lindon, Diane Kruger…

Christophe Chabert | Mercredi 26 novembre 2008

Pour elle

Dans le puits sans fond du cinéma français en cette fin d’année, il est sûr que Pour elle surnage aisément. Plutôt bien fait, sans énorme faute de goût ou idéologie douteuse (enfin, presque), bien servi par Vincent Lindon (acteur formidable, toujours), Fred Cavayé se démarque des catas signées Ribes, Veber, Haïm ou Salles. Cela étant, ce thriller lorgnant violemment vers Prison Break est aussi un film absolument impersonnel, surproduit (musique envahissante, décors too much, lumières irréalistes) qui ne tente rien et se contente de ne pas marcher en dehors de ses plates-bandes. On aurait aimé plus d’ambiguïté dans le récit (Kruger est trop rapidement non coupable), même si le film se rattrape un peu lors d’une scène de violence inattendue et sans concession. Vite vu, vite oublié, mais pas nul : c’est déjà ça de pris ! CC

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La Personne aux deux personnes

ECRANS | De Nicolas et Bruno (Fr, 1h30) avec Daniel Auteuil, Alain Chabat, Marina Foïs…

Christophe Chabert | Mercredi 11 juin 2008

La Personne aux deux personnes

On gardait un chien de sa chienne envers Nicolas et Bruno pour avoir réussi l’exploit de foirer l’adaptation française plan par plan de The Office sur Canal +. Leur premier long-métrage entame un début de réconciliation ; pas que le film soit génial, loin de là, mais il démontre un (double) regard singulier dans le paysage français. Le pitch intrigant (une gloire has been de la variétoche 80’s se retrouve dans le corps d’un employé de bureau sans qualité) conduit à une œuvre elle-même schizo. Il y a la comédie, qui ne sait trop où elle va (voir le dernier tiers, du grand n’importe quoi scénaristique) ni quel ton adopter (mélancolique ? Grinçant ? Scato ? Complice ?). Et il y a le sous-texte, passionnant. La Personne aux deux personnes peut se voir comme une pertinente réflexion sur la persistance et le retour des années 80. Car entre le mauvais goût de la variété karaoké et la grisaille normative du monde de l’entreprise, Nicolas et Bruno pointent une correspondance troublante, une même négation du temps qui passe, un même jeu de codes factices et inhumains. Voir Auteuil, bourré après une bringue bling bling, soliloquer dans la rue en vomissant dans les p

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15 ans et demi

ECRANS | de François Desagnat et Thomas Sorriaux (Fr, 1h37) avec Daniel Auteuil, Juliette Lamboley…

Dorotée Aznar | Mardi 29 avril 2008

15 ans et demi

Un scientifique génial (Daniel Auteuil, complètement perdu), dont l’ami imaginaire n’est autre qu’Albert Einstein (François Berléand en mode “service minimum“), revient quelques mois en France histoire de mieux connaître sa fille. D’où gags, quiproquos, et autres décalages générationnels lourdingues à en pleurer, typiques de cet atroce sous-genre cinématographique français contemporain qu’on pourrait désigner sous le terme de “parentsploitation“. Soit des films ringards, produits n’importe comment pour racoler le plus grand nombre, où les ados sont regardés comme des bêtes curieuses avec une condescendance narquoise. Ils écrivent des textos dans un drôle de langage, sont parfois malpolis, ont les hormones qui les titillent, gloussent quand leurs parents essaient de conjuguer le verbe “kiffer“. Le public cible s’amusera cinq minutes d’y voir des candidats de télé crochets télévisuels dans des seconds rôles, puis retournera voir la série Skins. Grand bien lui en prendra. FC

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