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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 décembre 2008

Photo : C Lutz Transfer to the Headquarters of the United Nations, New York, USA,


Photo / Le «docu» ment, ou presque, au centre d'art Le Bleu du Ciel qui s'est peu à peu spécialisé dans les œuvres photographiques évoluant entre documentaire et regard artistique, réalité et fiction subjective. On pourra y découvrir cette année le travail brillant du photographe suisse Christian Lutz (du 10 janvier au 21 février) qui s'est immiscé parmi les arcanes et les responsables du pouvoir diplomatique de son pays, pour mieux les mettre en scène et révéler leurs univers codé et secret. Autre exposition à ne pas manquer au Bleu du Ciel : Lynne Cohen (avril-mai), photographe née en 1944 aux Etats-Unis qui fouille inlassablement du regard l'étrangeté des intérieurs de bâtiments contemporains : laboratoires, salles de conférence, centres de formation, salles de tir… Entre calligraphie et reportage, la photographe Jaqueline Salmon présentera quant à elle le fruit de sa résidence au Québec sur les îles du Saint-Laurent à la Galerie Mathieu (du 23 avril au 30 mai). Entre facéties et activisme, Edouard Boyer à la BF15 (du 6 février au 28 mars) jouera, lui, de sa propre disparition, intervenant dans la presse à l'aide d'un personnage fictif, ou cherchant à parasiter par tous les moyens sa propre existence… On jettera aussi un œil curieux sur les œuvres de Daniel Depoutot à la Galerie Confluence(s) de l'IUFM (du 29 janvier au 20 mars), sorte de nouveau «nouveau réaliste» composant des sculptures ou des installations à partir d'objets les plus communs (chaussures à talon, vélos, etc.). Enfin, beaucoup plus sérieusement, notez que le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation exposera du 23 avril au 23 septembre des photographies de Maryvonne Arnaud sur les Tchétchènes, sur leurs terres ou en exil. JED

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Une identité à définir

ARTS | Porter le regard sur ce qu’on ne voit même plus, telle est la démarche des photographes Dulce Pinzòn et Yann Delacour, exposés jusqu'au 13 juillet à la galerie Le Bleu du Ciel, mais dans des registres sensiblement différents. Tous deux cependant interrogent l’identité : identité individuelle et collective, mais aussi identité plastique. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 25 juin 2013

Une identité à définir

Dulce Pinzòn est mexicaine, Yann Delacour est français. Les deux sont photographes. Elle porte un regard journalistique sur les travailleurs immigrés au travers d'une mise en scène fictionnelle, tandis qu’il engage une réflexion sur son statut de plasticien autant que sur celui de l’œuvre, ouvrant sa photographie au genre documentaire. Une permutation des genres s’opère ainsi entre les deux univers, mais l’identité et la mise en lumière d’évènements quotidiens constituent le fil d’Ariane de l'exposition que leur consacre la galerie Le Bleu du Ciel. Des Bruce Wayne sans le Wayne Redonner toute sa valeur au laborieux travail des latino-américains installés à New-York, telle est l’ambition de Dulce Pinzòn. De 2004 à 2006, elle a suivi le quotidien de ces expatriés pour aboutir à une série de dix-neuf clichés, sous-titrée La Véritable histoire des super-héros. Les photographies dévoilent des lieux de travail dans lesquels sont injectés avec humour des personnages issus des comics. Souvent seuls,

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Dans le presque, le parfait

ARTS | Artiste sobre, précis et talentueux, le photographe lyonnais Julien Guinand publie une très belle monographie et expose des images récentes au Bleu du Ciel. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Dans le presque, le parfait

«Je n'éprouve pas d'intérêt à accumuler les prises de vue et je crois que je n'ai pas de fascination particulière pour l'image en générale... Je procède par soustraction et il m'arrive de ne garder, parfois à mon grand désespoir, à peine plus de deux ou trois photographies par an», déclare Julien Guinand dans sa belle monographie publiée aux éditions Deux cent cinq. Au sein même de chacune de ses images, il y a aussi soustraction, un «moins 1» qui ouvre discrètement une brèche, déchire la totalité, fêle l'insupportable fascination... Des lévriers effilés pris de profil sur un champ de course ont des attitudes à la fois fières et burlesques, de grandes nappes blanches accrochées à un étendage dans une cour pourraient constituer une œuvre d'art minimaliste parfaite n'était ce sac plastique boursouflé au pied d'un buisson en arrière plan... Il y a toujours un accroc prosaïque, un «punctum», un accident qui empêche l'image de s'enrouler sur elle-même, dans le narcissisme forclos de sa propre beauté miroitante... Splash Atteindre ainsi à une quasi perfection formelle et zen (philosophie très influente sur le photographe) tout en laissant soudain et comme pa

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Le Bleu du Ciel voit double

ARTS | Depuis le mois de septembre, le centre d’art photo Le Bleu du Ciel a ouvert un second local rue Burdeau. Cette semaine, le lieu d’art inaugure deux (...)

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 22 février 2009

Le Bleu du Ciel voit double

Depuis le mois de septembre, le centre d’art photo Le Bleu du Ciel a ouvert un second local rue Burdeau. Cette semaine, le lieu d’art inaugure deux nouvelles expositions (vernissages simultanés le jeudi 26 février à partir de 18h). La célèbre photographe américaine Lynne Cohen poursuit son exploration des lieux les plus incongrus du monde contemporain et présente (jusqu’au 11 avril rue Burdeau)des images d’intérieurs de stations thermales, de laboratoires, de centres de tirs militaires… Roselyne Titaud pose quant à elle un regard introspectif et poétique sur d’autres « intérieurs » plus triviaux et habituels (jusqu’au 11 avril au Bleu du ciel Plateau).

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