Les Modernes

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Photo : Francis Bacon, Etude pour une corrida, n°2 © Lyon, MBA / RMN, photo Ojéda-Le Mage. The estate of Francis Bacon. ADAGP Paris 2009


Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert et des forêts en rouge, des Russes (Malevitch) qui jouent les avants-gardes radicales, des Cubistes (Braque, Gleizes...) qui éclatent le réel en kaléidoscopes, des Surréalistes (Masson, Ernst, Miro, Brauner...) qui vous jettent du rêve ou du cauchemar à pleines palettes, des électrons libres (Picasso, Matisse, Léger) qui accouchent de chefs-d'oeuvre à foison, des abstraits (Tapiès, Soulages, De Staël, Hartung, Rebeyrolle...) qui vous enfoncent du noir, des signes ou des matières dans les yeux pour mieux ramoner vos émotions les plus enfouies, des Bruts ou des Singuliers (Dubuffet, Bettencourt, Chaissac, Ughetto...) qui jouent quelques jolis tours à la folie, des Narratifs qui peignent l'urgence de l'actualité du monde et un Francis Bacon qui clôt la ronde, arrachant des cris à la barbaque humaine... Tout ce petit monde sera réuni au Musée des Beaux-Arts à travers 130 sculptures et peintures issues des collections du musée, de fondations ou de galeries privées.« Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon… Les modernes s'exposent au Musée des Beaux-Arts de Lyon »
Du 10 octobre au 15 février 2010.

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Une Biennale hors normes

Art Brut et Singulier | La 9e Biennale Hors les Normes propose une multitude d'expositions consacrées à l'art brut et à l'art singulier. Avec des artistes et des lieux hors des sentiers battus.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 septembre 2021

Une Biennale hors normes

Art des fous, art brut, art singulier… Depuis le début du XXe siècle, les intitulés abondent et se succèdent pour tenter de désigner un art qui différerait de celui issu des écoles, des galeries et des circuits officiels. Avec, conscient ou inconscient, le fantasme de découvrir une forme d’art plus authentique et spontanée que les autres. En 1949, l’artiste Jean Dubuffet définissait l’art brut ainsi : « des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, des artistes qui tirent tout de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. » À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, on ne voit plus bien qui pourrait être aujourd’hui indemne de quelque poncif esthétique que ce soit, et les artistes dit "bruts" se retrouvent aussi bien dans les plus grands musées (le Centre Pompidou a ouvert récemment une salle permanente consacrée à l’art brut, suite à la donation de la sublime collection de Bruno Ducharme, en juin 2021, réunissant quelque 6 000 œuvres !), que dans les foires d’art contemporain, les galeries cot

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Un Matisse au Musée des Beaux-arts

Peinture | C’est une femme sans visage, vêtue de jaune, peinte par Matisse (1869-1954) en 1951, qui vient rejoindre les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mai 2021

Un Matisse au Musée des Beaux-arts

C’est une femme sans visage, vêtue de jaune, peinte par Matisse (1869-1954) en 1951, qui vient rejoindre les collections du Musée des Beaux-Arts de Lyon. Épure des formes, absence de traits de la figure, psychologie du modèle effacée : on retrouve là quelques-uns des motifs récurrents de la dernière période de l’artiste. Katia à la chemise jaune rejoint plusieurs œuvres de Matisse déjà conservées au musée (dessins et peintures), et son acquisition fait suite à l’importante exposition Henri Matisse, le laboratoire intérieur présentée en 2016-2017. Acheté à la Fondation Pierre et Tana Matisse à New York pour la coquette somme de 4 800 000 euros, le tableau a été financé par des mécènes du musée (4 100 000 euros), l’État (500 000 euros) et la Ville de Lyon (200 000 euros). À partir du mercredi 19 mai, il est présenté au public parmi un nouvel accrochage des collections du XXe et XXIe siècles. Parallè

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Dix expos à cocher dans votre agenda

Bons Plans | Des grands noms avec Picasso ou Doisneau, des méconnus comme Edi Dubien, de l'Histoire et du vinyle, le graphiste du label 4AD ou encore les nouvelles expos du Musée des Confluences : on vous dévoile tout ce qui va se passer dans les mois à venir dans les galeries et musées.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

Dix expos à cocher dans votre agenda

Doisneau à Lyon Le plus célèbre des photographes français, Robert Doisneau (1912-1994), fait l’objet d’une exposition originale au Musée Jean Couty. À travers quatre-vingt dix images, on découvrira ses portraits d’artistes (Tinguely, Derain, Picasso…) et quelques ateliers d’artistes (Giacometti, César…). Une seconde section de l’exposition se penche sur une commande du magazine Vogue au photographe sur la cité lyonnaise à la sortie de la guerre en 1950. Images lyonnaises inédites présentées en parallèle avec des vues de Lyon peintes par Jean Couty. Robert Doisneau, Portraits d’artistes et vues de Lyon Au Musée Jean Couty du vendredi 16 octobre au dimanche 11 avril 2021 Picasso à la plage Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant,

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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Cinq expos à voir cet été à Lyon

De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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"Femme assise sur la plage", 1937, de Pablo Picasso

Une œuvre dans l'expo | C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 juillet 2020

C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler complexes, confuses, en devenir… Rappelons-nous, par exemple, le meurtre commis par Meursault dans un éclat de soleil, dans L'Étranger de Camus, ou bien la baignade en mer de Thomas l’obscur (Maurice Blanchot) où dedans et dehors s’inversent sans cesse. Esseulée dans une clarté sans ombre ou presque, la Femme assise sur la plage (1937) de Picasso se gratte un pied. C’est aussi simple et trivial que cela. Mais, plus avant, est-ce vraiment une femme ou est-ce un monstre quasi extra-terrestre, est-elle de profil ou est-elle de face, est-elle débordante de chair et de vie ou figée dans la pierre et la mort, est-elle en deux ou en trois dimensions ? Est-elle un peu simplette concentrée sur sa tâche triviale ou plongée dans une profonde boucle mélancolique ? Avec Picasso ce type d’alternatives semble s’ouvrir sur un rap

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Picasso, vamos a la playa

Musée des Beaux-Arts | L’exposition Picasso, baigneuses et baigneurs réunit quelque 150 dessins, sculptures et peintures de Picasso sur ce motif et… de nombreux autres artistes l’ayant influencé (Ingres, Cézanne, Manet, Degas...) ou ayant été influencés par lui (Francis Bacon, Niki de Saint Phalle…). Soit une double et passionnante traversée au fil de l’eau : de la modernité et de l’œuvre profuse de Picasso.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 juillet 2020

Picasso, vamos a la playa

« Cela fait des années que je désirais faire une exposition autour de la Femme assise sur la plage de Picasso » s’enthousiasme Sylvie Ramond devant la presse. Un rêve qui se réalise presque idéalement en plein mois de juillet pour la directrice du musée et co-commissaire de Picasso. Baigneuses et baigneurs, avec Émilie Bouvard, ancienne conservatrice du Musée Picasso à Paris. Dans l’exposition, ce tableau de Picasso (voir notre encadré) côtoie deux autres baigneuses, peintes elles-aussi en février 1937, et très rarement réunies ensemble. Cette même année, Picasso s’attellera à la composition de... Guernica. Pour l’heure, en février, le peintre renoue avec son goût pour les baigneuses, dont les premières dataient de 1908, et les plus connues jusqu’alors étaient celles de la série dite des baigneuses de Dinard de 1928. À travers ce motif, comme Sylvie Ramond nous le rappelle, « Picasso voulait rivaliser avec ses maîtres (Ingres, Manet,

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L'expo Picasso débutera le 15 juillet

Musée des Beaux-Arts | C'est officiel : l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Pablo Picasso, autour du thème des baigneuses, ouvrira le mercredi 15 juillet au public et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 11 juin 2020

L'expo Picasso débutera le 15 juillet

C'est officiel : l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Pablo Picasso, autour du thème des baigneuses, ouvrira le mercredi 15 juillet au public et sera prolongée jusqu'au 3 janvier 2021. C'est l'une des expositions les plus attendues à Lyon. Selon le musée, il s'agit d'une « relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso avec des contrepoints d’œuvres d’artistes du passé, comme Jean Auguste Dominique Ingres, Paul Cézanne, Auguste Renoir, qui ont influencé Picasso dans le traitement de ce sujet. D’autres artistes contemporains ou suiveurs de Picasso (Henry Moore, Francis Bacon) seront également présentés alors qu’ils se sont intéressés aux baigneuses picassiennes. » Bien entendu, la touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997 sera présente aussi. C'est un tour de force réalisée par Sylvie Ramond la directrice car il a fallu négocier la prolongation du prêt d'œuvres circulant peu auprès des collectionneurs comme du Musée Picasso d

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Les expos à ne pas manquer cette année

Art | Les expositions de ce début d'année nous emmèneront en bord de plage avec Picasso, parmi différentes formes de contre-cultures futuristes avec Fabien Giraud et Raphaël Siboni, ou s'attarderont sur les figures moins connues d'Edi Dubien, Oumar Ly ou Claire Vaudey : visite guidée.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Les expos à ne pas manquer cette année

Avec une bonne édition de la Biennale d'Art Contemporain et une passionnante exposition consacrée au drapé (au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 8 mars), la saison a commencé sur les chapeaux de roue ! Et l'année 2020 s'annonce sous de très bons augures, avec pour premier grand rendez-vous une exposition autour du thème des baigneuses chez Picasso (au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet), avec pour point d'accroche la si étrange et si touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997. De l'autre côté du spectre artistique, on attend aussi beaucoup des deux larrons quadragénaires de l'art contemporain français, Fabien Giraud et Raphaël Siboni qui occuperont tous les espaces de l'Institut d'Art Contemporain (du 21 février au 3 mai) avec un important dispositif artistique, rassemblant sculptures, vidéos et performances, pour envisager les futurs possibles

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Picasso, en vrac

Art | « Hors norme, exposition immersive, nouveau genre, performance technique et technologique, avant-première mondiale... » : les promesses de l’exposition-spectacle Imagine Picasso sont-elles tenues ?

Sarah Fouassier | Mardi 22 octobre 2019

Picasso, en vrac

Nous ne pouvions être qu’enthousiastes à la lecture des qualificatifs brossant le portrait de cette exposition-spectacle consacrée à Picasso qui s’est ouverte le 17 octobre à La Sucrière. La société de production Encore, chapeautée par Pascal Bernardin, avait déjà fait étape à Lyon en 2008 avec la sulfureuse exposition Our body, à corps ouvert, interdite à Paris sur décision de justice : 17 cadavres humains d’origine chinoise, disséqués et plastinés, étaient alors montrés. Encore Productions affirmait que les corps avaient été donnés à la science, mais aucune preuve n’avait pu démontrer qu’ils ne provenaient pas d’un trafic de condamnés à mort chinois. Pascal Bernardin revient en terres lyonnaises avec une exposition beaucoup plus consensuelle : la projection en “images totales” de 200 œu

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Ce qui vous attend dans les musées

Les Expos à venir | Un mastodonte avec Picasso, une intéressante perspective autour du drapé, des locaux à Villefranche et des découvertes : voici ce qui va se passer dans nos musées cette saison.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Ce qui vous attend dans les musées

Picasso voit triple Comme Monet, Van Gogh et quelques autres, Picasso est un artiste bankable depuis plusieurs années. Lyon et sa région n'échapperont pas à la règle, même si les musées font l'effort d'approcher le maître andalou sous des angles originaux. Nos voisins du Musée de Grenoble ouvrent la marche avec Picasso au cœur des ténèbres (1939-1945) en se focalisant sur le travail de Picasso pendant la guerre à Paris. Parallèlement, à La Sucrière à partir du 11 octobre, Imagine Picasso proposera une plus spectaculaire immersion, en images projetées de quelque deux-cents œuvres de l'artiste. Enfin, du 18 mars au 13 juillet, le Musée des Beaux-Arts s'attellera à une relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso et de quelques autres artistes du 19e siècle l'ayant influencé. Imagine Picasso À La Sucrière à partir du vendredi 11 octobre 2019 Picasso Au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet 2020

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Immersion Picasso à La Sucrière

À venir | L'exposition multimédia "Imagine Picasso" sera présentée en première mondiale à La Sucrière, à partir du 11 octobre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Immersion Picasso à La Sucrière

À Paris, les expositions immersives consacrées à Klimt puis, en ce moment, à Van Gogh (à l'Atelier des Lumières) connaissent un engouement public exceptionnel. On peut y plonger dans les toiles des artistes grâce à un jeu impressionnant de projections d'images et de motifs. Imagine Picasso s'annonce comme un événement spectaculaire du même type, avec la projection géante de quelque deux cents œuvres du maître espagnol. Cette exposition multimédia sera présentée en première mondiale à Lyon à La Sucrière, à partir du 11 octobre. Au même moment, nos voisins du Musée de Grenoble présenteront une exposition plus traditionnelle : Picasso 1939-1945, Au cœur des ténèbres (du 5 octobre au 5 janvier 2020) sur la vie et le travail de Picasso pendant les années sombres de la guerre. De son côté, le Musée des Beaux-Arts de Lyon prépare une exposition Picasso autour du tableau Femme assise sur la plage

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Picasso, Matisse : grave bien !

Peinture | La petite galerie-appartement le 1111 présente une quinzaine de gravures et de lithographies de Picasso et de Matisse. L’occasion de s’attarder, hors des foules des grandes expositions muséales, sur quelques aspects du travail des deux grandes figures de la modernité.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Picasso, Matisse : grave bien !

En 1905, Picasso est à Paris depuis un an. Agé de 24 ans, en couple avec Fernande Olivier, il voit la vie, et ses toiles, en rose, après une période bleue mélancolique (1901-1904) et le deuil de son ami suicidé Carlos Casagemas. Il dessine et il peint alors beaucoup le monde du cirque, des clowns, des acrobates, des dompteurs, ou encore cette figure qui le fascine tant, Arlequin. À Paris, Picasso fait ses débuts aussi dans les techniques de la gravure et l’on retrouve, dans trois estampes présentées au 1111, des arlequins et le monde des saltimbanques. Picasso y représente notamment la scène biblique de la danse de Salomé devant son père Hérode, Salomé qui se trémousse en échange de la tête décapitée et placée sur un plateau de Jean Baptiste. Il y a là encore une maladresse touchante dans la composition de cette scène, avec une danseuse exécutant nue un grand écart sur pointe, devant un Hérode bouffi, aussi adipeux qu’œdipien. Le sexe, la mort, la transgression, le corps dans tous ses états : bien des éléments de l’œuvre à venir de Picasso sont présents dans cette petite g

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« Matisse, ce n'est que ça »

Verbatim | Matisse a beaucoup écrit et parlé autour de son œuvre (réflexions réunies dans l'ouvrage Écrits et propos sur l'art). Voici une sélection de ses citations sur son travail et sa conception de l'art.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

« Matisse, ce n'est que ça »

Famille artistique « De Delacroix à Van Gogh et principalement à Gauguin en passant par les impressionnistes qui font du déblaiement et par Cézanne qui donne l'impulsion définitive et introduit les volumes colorés, on peut suivre cette réhabilitation du rôle de la couleur, la restitution de son pouvoir émotif. » Création « J'ai travaillé des années pour qu'on dise : "Matisse, ce n'est que ça". » « Créer c'est exprimer ce que l'on a en soi. Tout effort authentique de création est intérieur. Encore faut-il nourrir son sentiment, ce qui se fait à l'aide des éléments que l'on tire du monde extérieur. Ici intervient le travail, par lequel l'artiste s'incorpore, s'assimile par degré le monde extérieur, jusqu'à ce que l'objet qu'il dessine soit devenu comme une part de lui-même, jusqu'à ce qu'il l'ait en lui et qu'il puisse le projeter sur la toile comme sa propre création. » Modèle « Je n'ai pas assez cultivé la mémoire des formes pour me passer de la présence du modèle qui compte non comme une possibilité de renseignement sur sa constitution, mais pour me tenir en émotion, en état d'une s

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Matisse, trait à trait

Musée des Beaux-Arts | L'exposition Matisse au Musée des Beaux-Arts nous ouvre les portes de son "laboratoire intérieur", à travers, surtout, sa pratique du dessin. Là, comme plus ostensiblement dans ses toiles ou ses sculptures, l'artiste fait vaciller la figure pour l'emporter parmi un flux et un élan vital plus vastes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

Matisse, trait à trait

Henri Matisse est un besogneux et n'a pas les mêmes facilités virtuoses, ni le style tonitruant, que son contemporain Picasso. On l'éprouve très concrètement en découvrant ses dessins au Musée des Beaux-Arts : il cherche de feuille en feuille, il expérimente, il échoue, il recommence, il répète, il hésite... Devant un dessin de femme allongée, Matisse confie en 1931 à un critique d'art : « Pouvez-vous imaginer que je suis resté plus de deux mois à ce dessin ? Chaque soir j'y ai travaillé une heure et demie. Il consiste si vous voulez en centaines d'esquisses superposées... Si vous regardez la feuille avec attention, vous verrez par exemple combien de fois j'ai changé l'attitude du bras. » Plus rarement chez Matisse, le dessin jaillit en une ligne limpide et semble alors facile, évident, léger. Il semble paradoxal d'organiser une exposition centrée sur les dessins de Matisse, alors qu'il est emblématiquement l'un des inventeurs de la modernité de la couleur, de sa libération contre la domination classique du... dessin ! Mais, comme souven

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Matisse au crayon

ARTS | À partir de ce vendredi 2 décembre (et jusqu'au 6 mars 2017), le Musée des Beaux-Arts nous invite à nous plonger dans le Laboratoire intérieur de Henri (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Matisse au crayon

À partir de ce vendredi 2 décembre (et jusqu'au 6 mars 2017), le Musée des Beaux-Arts nous invite à nous plonger dans le Laboratoire intérieur de Henri Matisse (1869-1954), c'est-à-dire dans sa pratique quotidienne du dessin. C'est à partir de ce médium que Matisse se donne toutes les libertés formelles pour réaliser ensuite ses sculptures et ses peintures. L'exposition rassemble environ 250 de ses œuvres (dessins, peintures, sculptures).

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Expositions : ce qui vous attend

De Kandinsky à Matisse | Jan Fabre, Henri Matisse, Vassily Kandinsky : tels seront les ténors de la saison artistique qui s'ouvre cet automne... Avec, en contrepoint, et pour faire crisser un peu les yeux et leur offrir des cheminements plastiques plus aventureux, quelques énergumènes singuliers : Félicien Rops en tête, ou encore Jason Dodge et Jean-Luc Parant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Expositions : ce qui vous attend

Au Mac, la diversité Si le chorégraphe, performeur et plasticien belge Jan Fabre fera figure au Musée d'art contemporain de tête d'affiche avec une rétrospective centrée sur ses performances, deux autres événements lui feront "concurrence", voire de l'ombre : Wall drawings, une exposition internationale consacrée au street art, et Le bonheur de deviner peu à peu dévoilant des œuvres (signées Orlan, Ilya Kabakov, Cai Guo-Qiang...) qui, justement, ont pour caractéristique de ne se dévoiler au visiteur que "peu à peu", gardant une part de mystère... Dans le cadre de ce dernier événement, l'artiste-poète Jean-Luc Parant poursuivra son fascinant "work in progress" Éboulement, entassant dans le musée ses boules de différents formats, avec pour but final d'envahir totalement le MAC ! À partir du 10 mars, le musée enchaînera avec une exposition sur le groupe lyonnais Frigo et une autre sur la scène artistique de Los Angeles. Jan Fabre + Wall drawings + Le bonh

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Une rétrospective Henri Matisse en fin d'année au Musée des Beaux-Arts

ARTS | Le Musée des Beaux-Arts annonce une grande rétrospective consacrée à Henri Matisse (1869-1954) du 2 décembre 2016 au 6 mars 2017, à travers 250 œuvres. En plus de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Une rétrospective Henri Matisse en fin d'année au Musée des Beaux-Arts

Le Musée des Beaux-Arts annonce une grande rétrospective consacrée à Henri Matisse (1869-1954) du 2 décembre 2016 au 6 mars 2017, à travers 250 œuvres. En plus de la présentation de sculptures, de gravures et de peintures majeures, l'exposition soulignera aussi l'importance de la pratique quotidienne du dessin chez cet artiste.

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Prendre son pied avec les Modernes

ARTS | Avec 180 oeuvres (sculptures, peintures, dessins) issues, pour les deux tiers, des collections du Musée, l'exposition « Les Modernes » traverse le 20e Siècle. L'occasion de redécouvrir des chefs-d'oeuvre mais aussi des « petits maîtres », capables aussi de provoquer bien des émotions oculaires... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Prendre son pied avec les Modernes

Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son canapé, elle m'attend. Une jolie petite rousse aux formes rondes. Elle est nue (hormis une paire de bas rouge très «professionnels») et ses yeux noirs se plantent, avec aplomb, dans les miens... Elle avait une vingtaine d'années en 1901. Alors en 2009 ? Toujours vingt ans, toujours le même regard, et le corps toujours enfoncé dans une sorte d'épaisse mousse blanche, verte, bleue. C'est Picasso qui, dans ce tableau de prostituée parisienne, a arrêté, autant qu'intensifié, le temps, le regard, le désir... Qu'une exposition, portant sur la modernité artistique, s'ouvre sur une telle toile en dit long à la fois sur l'importance de la figure de Picasso au XXe siècle, et sur l'invitation du musée à approcher les œuvres par le biais des sens, du plaisir, des émotions, et pas seulement à travers les concepts balisés de l'histoire de l'art. C'est nu, déshabillé de toute connaissance, qu'il faut donc aussi parcourir, flâner, hasarder, percevoir, parmi les petits espaces d'exposition (25 «écrins» au total) aux cimaises grises et percés d'ouver

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Bacon, la chair de la peinture

ARTS | «Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Bacon, la chair de la peinture

«Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal», dit Francis Bacon (1909-1992) dans ses éclairants ‘Entretiens’ avec David Sylvester. Dans l'une des sections les plus impressionnantes de l'exposition du Musée des beaux-arts, intitulée «Animalité», on découvre notamment une toile de l'artiste, Carcasse de viande et oiseau de proie (1980). Entrer dans la chair des choses, sa beauté et son horreur mêlées, entrer dans la sensation et ses abysses, tel est le but de Bacon, pour qui la peinture est «une tentative pour que la figuration atteigne le système nerveux de manière plus violente et plus poignante». De nerfs à nerfs, d'os à os, de viande à viande, de cri à cri, court-circuitant la raison et l'intelligibilité, l'art de Bacon va au cœur du mouvement, du hasard, de la violence, des élans et des instincts vitaux. À côté de la Carcasse, on peut découvrir une autre toile où une autre «bête» est cette fois-ci bien vivante, convulsive, au milieu de l'arène d'une corrida. ‘Étude pour une corrida’ No 2 (1969) fait partie d'une série

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«Braconner, trouver des chemins de traverse»

ARTS | Entretien / Sylvie Ramond, directrice de Musée des Beaux-Arts de Lyon depuis février 2004 et commissaire de l'exposition «Les Modernes». Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

«Braconner, trouver des chemins de traverse»

IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. Aujourd'hui, le XXe siècle est une période close et on peut donc se permettre d'y réfléchir, d'en tirer quelques conclusions. À Lyon, contrairement au Centre Georges Pompidou, nous n'avons pas la capacité de présenter des oeuvres représentatives de la totalité de l'histoire de l'art au XXe siècle. La configuration de nos collections nous a donc obligés à braconner, à trouver des chemins de traverse, et à effectuer aussi des choix très personnels. L'exposition se subdivise en 25 sections, avec un parcours assez pédagogique, mais qui sort des catégories habituelles des spécialistes. Nous avons composé, presque musicalement, une suite d'impromptus, plutôt qu'une histoire canonique. La collection du XXe siècle du muséeLa collection du XXe siècle du musée est tout à la fois importante, très belle et lacunaire. Nous manquons de place pour pouvoir la présenter en permanence dans son intégralité. Parmi ses caractéristiques, notons que le musée a été l'un des tout premiers en France à acheter des toiles impressionniste

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Petites expositions, grands effets

ARTS | Au milieu de ses salles de collections permanentes, le Musée des Beaux-Arts présente deux petites expositions qui n'ont d'autre rapport entre elles que la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 juillet 2009

Petites expositions, grands effets

Au milieu de ses salles de collections permanentes, le Musée des Beaux-Arts présente deux petites expositions qui n'ont d'autre rapport entre elles que la beauté et la force des œuvres dévoilées. La première rassemble l'artiste lyonnais Philippe Dereux (1918-2001) et le chantre de l'art brut Jean Dubuffet (1901-1905). Les deux hommes se sont rencontrés à Vence en 1954 et ont travaillé ensemble plusieurs étés durant. Passionné de botanique et de papillons, Philippe Dereux compose à partir de la fin des années 1950 d'étonnants et superbes collages réalisés à partir d'épluchures et d'éléments végétaux séchés (melons, courgettes, fèves, citrons, concombres...!). Au même moment, Dubuffet crée de petits tableaux avec des ailes de papillons, expérimente de nouveaux procédés lithographiques, dessine à la gouache ou à l'encre de Chine... Dessins et estampes sont aussi à l'honneur dans la seconde exposition du musée, avec des œuvres signées par quelques-uns des grands noms de l'art néo-classique (Pierre Paul Prud'hon, Pierre Revoil, Fleury François Richard...). Les techniques de gravure sont proprement stupéfiantes, et les essais sur papier de ces artistes du XVIIIe-XIXe siècles sont souvent

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