Philippe Pétremant, «Rien que pour vos yeux»

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 9 avril 2010

Photo : Philippe Pétremant


Le photographe lyonnais Philippe Pétremant a le sens du cadre, de l'effet esthétique et de l'humour. Au «réel», il préfère substituer des jouets et des objets mis en scène pour donner sa vision, grinçante et burlesque, du monde... De petits moutons blancs tournent en cercle à l'ombre d'un sinistre crâne, un dentier gît au fond d'un seau en plastique, des figurines manœuvrent pour diriger le transport d'une saucisse, des billets de banque différemment pliés et attachés les uns aux autres forment une série de «sept mercenaires»... Une exposition (à découvrir au Réverbère jusqu'au 30 avril) pop, légère, efficace ! JED

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Le temps de la photo

ARTS | Expos / Belle exposition à la Bibliothèque de la Part-Dieu où quatre photographes du Réverbère présentent des travaux récents. Parmi eux : Julien Guinand ou le temps suspendu, et Arielle Bonzon ou le temps accéléré, urgent. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2007

Le temps de la photo

Certains s'y emploient avec des tomates, Julien Guinand, lui, réalise des concentrés de temps. Cela s'appelle aussi des photographies, même si la peinture hante ses images. Temps concassé, broyé à la manière de pigments, puis lissé en lumières étales tirant vers le gris et en couleurs mates comme celles du silence. Suspens, stase, apnée. En une dizaine de grands formats, Guinand aimante notre regard sur des choses qui a priori ne nous passionnent guère : un moteur de voiture sur une chaîne de montage, des tireurs à la carabine dans leur stand, un poulain anesthésié couché dans un renfoncement sombre... Mais la densité de ses images anesthésie justement le regard, envoûte, méduse. Du lierre envahit un coin de forêt et ce paysage devient un monochrome vert enveloppant, un espace fantomatique où l'on prend plaisir à se perdre. Même si la mort rôde parmi les feuillages, tout comme elle rôde dans les autres photographies où le temps, en quelque sorte, meurt (temps mort disent les sportifs). Le poulain s'endort. Les tireurs s'évadent dans un lieu mental dont ils détiennent seuls le secret. La mort ou le vide aiguisent ici la vie, la sculptent, la mettent sous tension, la pétrifient et

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