Un poil dans la main

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 15 décembre 2011

Photo : J. Koester, Variations of Incomplete Open Cubes, 2011. Courtesy Jan Mot


La nouvelle exposition consacrée à Joachim Koester à l'IAC avait tout pour nous plaire sur le papier... Cet artiste danois réputé, né en 1961, investit la quasi totalité des espaces pour présenter des photographies et des vidéos autour, essentiellement, des thèmes de la perturbation des perceptions, des phénomènes de transe, d'états seconds ou paranormaux. Si la scénographie s'avère sympathique (plongée dans l'obscurité du spectateur pour découvrir les vidéos), le travail de Koester se réduit à de simples jeux de références et de renvois historiques non exploités, non approfondis. L'artiste s'est intéressé par exemple au château iranien d'Alamut, haut lieu du haschisch, aux promenades du philosophe Kant à Königsberg ou à une villa en Sicile qui abritait au début du XXe Siècle une étrange communauté dirigée par l'occultiste Aleister Crowley... Autant de sujets ou de lieux chargés de mémoire passionnants que l'artiste se contente surtout de photographier ou de filmer dans leur état actuel (souvent en noir et blanc et sans son) en y ajoutant ici et là quelques effets plastiques (des images présentées à l'envers, comble du ridicule ; un film solarisé, comble de la désuétude)... Pire, son film sur la tarentelle ne donne lieu qu'à une chorégraphie hystérique sans intérêt et celui sur les dessins sous mescaline de Michaux n'est que gribouillis saccadés ! Bref, de belles références, mais de bien maigres expériences plastiques...
Jean-Emmanuel Denave

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Double expo à l'IAC : L'œil à l'air libre

Institut d'Art Contemporain | Puisant dans ses collections, l'Institut d'Art Contemporain propose deux expositions sur le thème de l’espace et du trouble perceptif.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Double expo à l'IAC : L'œil à l'air libre

Depuis sa nomination, il y a dix ans, à la tête de l'Institut d'Art Contemporain, Nathalie Ergino suit un fil rouge aussi simple que cohérent : questionner, bousculer, élargir, libérer notre perception. L'exposition Immersions revient sur un certain nombre d'artistes qui ont été exposés à l'IAC et dont certaines œuvres ont été acquises à ces occasions. Œuvres qui ont pour particularité, souvent, de nous plonger dans un environnement déroutant et de brouiller nos repères : les transes dansées et filmées de Joachim Koester, le sol peint aux courbes ondulatoires de Philippe Decrauzat, la forêt immaculée et artificielle de Berdaguer & Péjus, le "paysage" de grands cubes blancs de Vincent Lamouroux... Bref, dans un premier temps, l'IAC se transforme en terrain d'expériences perceptives (pour la plupart déjà vécues par les habitués de l'IAC) en mobilisant l'ensemble des sens et le corps en mouvement du spectateur. En eaux troubles Dans un second temps, l'exposition Paysages cosmomorphes présente plusieurs œuvres du Frac

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