L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions.

Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés».

Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieuse de contribuer à l'épanouissement de son prochain - Myriam Dupuis, sa chargée des activités non-scolaires, confesse vouloir «donner goût à la culture» -, vos bambins seront entre de bonnes mains s'il vous prenait l'envie de les voir passer les vacances autrement que plantés devant une ixième rediffusion de La Caverne de la rose d'or.

Les mains dans le cambouis

Ce ne sont en tout cas pas les occasions qui manquent, les trois institutions profitant du temps libre accordé aux gones par l'Éducation Nationale pour étoffer leurs offres à leur adresse. Si le grand classique demeure évidemment la visite guidée en famille, ce sont les animations encadrées qui réservent les moments les plus divertissants et les plus profitables.

Là, un seul mot d'ordre : l'expérimentation. A l'Imprimerie par exemple, les 6/8 ans sont invités, le 27, à s'initier à la lithographie avec du matériel de cuisine, tandis que leurs aînés, les 9/13 ans, pourront s'essayer à l'art ancestral de l'enluminure à partir de la première lettre de leur prénom. Si vous souhaitez être de la partie, rendez-vous le 2 janvier pour une visite de l'exposition temporaire "De la pierre à la page", consacrée à l'architecte, écrivain et éditeur Fernand Pouillon, suivie d'un d'apprentissage en famille de la gravure à la pointe sèche.

Du côté de Gadagne, le parcours présentant la façon dont Lyon a traversé le Siècle des Lumières ("Lyon au 18e, un siècle surprenant"), par ailleurs émaillé d'une petite dizaine d'installations ludiques, est assorti dans les jours qui viennent d'un atelier de fabrication d'horloge pour les 9/12 ans (les 26 et 27) et d'une session de peinture sur faïence (le 2 janvier) et d'un mini-café philo pour les 7/12 ans (le 3).

Un peu de sérieux

Tout cela est bel et bon, mais attention, prévient Marie-Anne Privat-Savigny : «Ce n'est pas la cour de récréation. Il ne s'agit pas pour nous d'occuper les enfants pendant que les parents visitent. On s'amuse, certes, mais toujours en lien avec le propos présenté». A cet effet, quand il ne s'en remet pas à ses propres médiateurs, Gadagne fait appel à des intervenants triés sur le volet en fonction de leur expérience pédagogique, à l'image des membres de l'association de vulgarisation scientifique Ebulliscience, qui animeront l'atelier horloger sus-mentionné à l'aune des découvertes faites à l'époque en matière de démultiplication des forces et de transmission des mouvements.

Un souci de rigueur qui se retrouve à l'Imprimerie, avec ses calligraphes, typographes et autres illustrateurs professionnels, et au MAC, où l'on cherche à faire comprendre «la façon dont travaille un artiste, sa démarche plus que sa technique». Dans le cadre de l'exposition "Cage's Satie", l'artiste Thomas Léon, dont le travail interroge l'usage des nouvelles technologies, aidera ainsi sur trois séances (les 26, 27 et 28 décembre) un groupe de 11/14 ans à réaliser un dispositif sonore inspiré de 4′33", partition silencieuse faisant la part belle aux bruits d'ambiance.

Quant aux 7/10 ans, ils pourront le 29 marcher sur les traces de l'avant-gardiste Georges Brecht en confectionnant un jeu de cartes à contraintes qui leur servira autant à appréhender l'exposition sous un angle atypique qu'à ré-enchanter leur quotidien. Sachant que ces actions et toutes celles listées précédemment sont tarifées entre trois et douze euros, soit au maximum un dixième de la redevance audiovisuelle donnant droit à la fameuse rediff de La Caverne de la rose d'or, on peut vous le confirmer : c'est Noël.

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Isabelle Bertolotti nommée directrice

Musée d'Art Contemporain | En remplacement de son fondateur Thierry Raspail, parti à la retraite en fin de saison dernière, le Musée d'Art Contemporain accueille à sa tête Isabelle Bertolotti, qui en était jusque-là responsable des expositions.

Sébastien Broquet | Mardi 9 octobre 2018

Isabelle Bertolotti nommée directrice

Tout ça pour ça ? C'était un peu la première pensée venant à l'esprit à l'issue de la conférence de presse annonçant la nomination d'Isabelle Bertolotti, ex responsable des expositions du Musée d'Art Contemporain depuis 1995, au poste de Thierry Raspail, ancien directeur parti à la retraite. Pas que l'heureuse élue ne réponde pas aux critères, loin de là : sa nomination fait une quasi-unanimité dans le petit milieu de l'art lyonnais où elle a su imposer ses compétences reconnues à l'international. Mais surtout, pourquoi avoir attendu si longtemps pour choisir une voie si naturelle et promouvoir les compétences internes ? Selon un élu ayant participé au processus de sélection, la candidature d'Isabelle Bertolotti s'est imposée avec le temps face à la concurrence, car elle a pris soin de présenter un projet ouvert et réfléchi. Elle a insisté sur sa volonté de développement et d'ouverture à l'international. Lors de cette conférence de presse, on a ainsi pu l'entendre affirmer que « le musée des années 80 est très différent de ce qu'est la scène aujourd'hui, il faut tenir compte du dynamisme de la Chine et de l'Afriqu

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

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Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

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En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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ARTS | Architecte méconnu alors qu’il fut l’un des plus prolixes du XXe siècle, Fernand Pouillon fut aussi un bibliophile et un éditeur averti. C’est à ce dernier que le Musée de l’imprimerie rend hommage actuellement. Revue de détails. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 10 janvier 2013

L’architecture se livre

Fidèle à sa mission de rendre visible l’invisible et de considérer l’imprimé au sens large, le Musée de l’Imprimerie fait d’une pierre deux coups : avec son exposition consacrée à Fernand Pouillon, il invite  à découvrir un architecte qui a massivement bâti et, dans le même temps, à contempler des ouvrages anciens édités par ses soins pour faire perdurer les traités via lesquels il a tout appris. Pouillon a en effet commencé à bâtir en 1934 à 22 ans sans diplôme (ce ne sera obligatoire qu’à partir du régime de Vichy), potassant les ouvrages de la Renaissance et puisant dans l’histoire de sa profession pour progresser en autodidacte. Sa propension naturelle à collectionner des livres le pousse bien plus tard, en 1974, à créer les éditions du Jardin de Flore pour rééditer à 200 exemplaires environ des ouvrages clés. L’opération se fait à perte, comme une sorte de mécénat, guidée par la volonté de transmettre des connaissances ancestrales. Mitterrand S’il n’a rien érigé dans la région Rhône-Alpes, Fernand Pouillon est à l’origine du quartier de la Tourette à Marseille bordant le Vieux Port. Il construit également en banlieue parisienne, mais c’est en Algé

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Dorotée Aznar | Lundi 27 septembre 2010

Rumeur à Gadagne

Le Musée Gadagne, musée d’histoire de Lyon et musée international de la marionnette situé dans le cinquième arrondissement dispose depuis sa rénovation de 31 salles d’exposition permanente. Une seule chose lui manque : un directeur. Mais depuis quelques jours une rumeur circule ; c’est Maria-Anne Privat-Savigny, jeune directrice et conservateur en chef du musée des Tissus et musée des Arts décoratifs de Lyon, qui prendrait la direction de Gadagne dès 2011. À suivre.

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Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 juin 2009

Renaissance du Musée Gadagne

Ouverture / Après dix ans de travaux de rénovation, 31 millions d'euros dépensés, un incendie et 7 000 m3 de terre évacués à la brouette, le(s) musée(s) Gadagne rouvre ses portes au public. L'ancien hôtel particulier des Gadagni, riches banquiers florentins du XVIe Siècle, a retrouvé ses escaliers à vis, ses fenêtres à meneaux, ses cheminées impressionnantes, ses couleurs d'origine, ses plafonds peints et autres décors datant du XVIe ou du XVIIe siècle... Un chantier titanesque dont, effectivement, le résultat impressionne. Lors de la visite de presse, nous avions d'ailleurs tendance à regarder davantage le bâtiment lui-même que son contenu. Celui-ci, rappelons-le, est double (d'où l'appellation musées Gadagne) : une collection consacrée à l'histoire de Lyon de ses racines gauloises à nos jours ; une autre, superbe, aux marionnettes du monde entier. Les collections se déploient aujourd'hui sur 6 000 m² (la surface a doublé) et dans 39 salles d'exposition. Il faut ajouter à cela nombre d'éléments multimedia dynamisant la visite, un joli petit théâtre de 150 places et un magnifique jardin suspendu. La directrice de Gadagne, Simone Blazy, donne pour objectif à la déambulation d'être

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La Folle du logis

ARTS | Expo / Fabien Verschaere transforme un étage du Musée d'art contemporain en hôtel fantasmagorique. Un véritable trip halluciné qui vous prend comme une grande bouffée de rire et d'angoisse. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 28 février 2007

La Folle du logis

Il y a urgence pour Fabien Verschaere. Urgence du cri, du dessin, de la prolifération des formes, de l'invention d'une mythologie personnelle. Urgence aussi du corps et de la production d'un monde échappant justement à la production, à l'économie, à la norme. «Mon travail est lié à une pratique face à ma condition quotidienne. Enfant, j'ai effectué plusieurs séjours hospitaliers qui m'ont amené à une conscience du corps et surtout à décliner un esprit revendicatif vis-à-vis d'un état physique», déclare l'artiste dans une interview. Comme ces philosophes, admirés par Gilles Deleuze, ayant une santé fragile et traversés par un excès de vie (Nietzsche, Spinoza...), Fabien Verschaere, à partir du terreau friable de sa propre biographie, pense et compose avec des forces vitales, des puissances qui le dépassent et le traversent à la fois. «La prolifération est l'épicentre de mon activité. Mon travail est vital, complexe parfois, mais toujours fondé sur l'oubli du concept, allant plus vers ma propre vision du monde quotidien. C'est la raison pour laquelle il y a beaucoup de dessins et de pièces, car tout n'est qu'urgence et je dois toujours courir pour ne rien rater des actions qui m'ento

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