Balade dans le XVIIIe

ARTS | S’écharper sur l’urbanisme, inventer de nouveaux quartiers, discuter de la nécessité d’une nouvelle salle de spectacle ou d’une bibliothèque, développer le commerce, ménager le pouvoir religieux, débattre à fleuret à peine moucheté entre pouvoir étatique et pouvoir local… Lyon aujourd’hui ? Non, c’était déjà Lyon au XVIIIe et, dans ce siècle des Lumières, la ville posait les jalons de ce qu’elle est aujourd’hui. Le Musée Gadagne invite à une balade dans cette période moins exotique qu’imaginée et dont il subsiste bien des traces au-delà de ses murs. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 1 février 2013

Photo : Vue de la Loge du Change. Gravure de F.-N. Sellier d’après un dessin de Jean-Baptiste Roche, 1749 © musées Gadagne


Grenier d'abondance (Lyon 1er)

Les murs derrière lesquels siège aujourd'hui la Direction régionale des affaires culturelles de la région Rhône-Alpes ont été érigés de 1722 à 1728 afin de conserver le blé nécessaire à l'alimentation des 120 000 Lyonnais - on le stockait jusqu'alors dans divers lieux privés, mais leur location revenait trop cher. Cet édifice, inspiré des façades de la place Bellecour, ne remplira cependant que peu de temps à sa mission initiale, un édit de libre circulation des grains le rendant rapidement inutile. Il deviendra une caserne avec magasin d'artillerie et arsenal.

Temple du Change (Lyon 5e)

Ce bâtiment a été construit sur des plans de l'architecte Simon Gourdet au XVIIe puis remanié par l'architecte Soufflot (1748-1750), qui s'est inspiré de la loge municipale de Brescia (Italie). Lorsque le centre économique de la ville s'est déplacé vers la Croix-Rousse, la loge est devenue un temple protestant en 1803 et a été le seul lieu de culte pour ces croyants jusqu'à l'édification des temples de la rue Lanterne (1857), du quai Augagneur (1884)  et de la rue Fénelon (1892).

Hôtel-Dieu (Lyon 2e)

C'est la grande œuvre de Jacques-Germain Soufflot à Lyon. Mais il n'a pas construit l'intégralité de ce bâtiment constitué de dix cours reliées par des galeries et bâti entre le XVe et le XXe siècle. Quand, en 1733, les recteurs décident d'agrandir le lieu pour accueillir des blessés, la façade n'est pas prévue mais, dans le même temps, le Consulat projette de construire un nouveau quai (achevé en 1749). Soufflot se voit alors confier la tâche de réaliser la partie allant du pont de la Guillotière à l'actuelle rue Childebert. La réalisation s'étend de 1731 à 1748. Le grand dôme est inauguré en 1764. Il est détruit par les flammes en 1944 et sera reconstruit treize ans plus tard.

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Écrin total au Grand Hôtel-Dieu

Cinéma en plein air | On n’en a pas fini avec les bizarreries covidiennes. La place Ambroise-Courtois, lieu traditionnel des projections en plein air de L’Été en Cinémascope n’a (...)

Vincent Raymond | Mardi 30 juin 2020

Écrin total au Grand Hôtel-Dieu

On n’en a pas fini avec les bizarreries covidiennes. La place Ambroise-Courtois, lieu traditionnel des projections en plein air de L’Été en Cinémascope n’a pour l’heure pas été retenue pour des raisons de sécurité ; la Cour du Grand Dôme du Grand Hôtel-Dieu, en revanche, semble étrangement immunisée contre le coronavirus — un souvenir du lointain passé hospitalier du site ? Toujours est-il que le pôle de commerces et de luxe de la Presqu’île lance son programme de séances en plein air gratuites, à visionner dans des transats — sur le modèle de la Villette à Paris — limitant toutefois la jauge à 120 spectateurs « installés à bonne distance les uns des autres ». Réfléchissez-y donc à deux fois pour vos soirées romantiques. Notez également qu’il faudra être rapide, aucune réservation n’étant possible. Du côté de la programmation, comptez sur Le Grand Bain (jeudi 2 juillet), Rebelles (jeudi 16 juillet), Wild Rose (jeu

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Yves Belmont (DRAC) : « On n'a jamais autant construit qu'au XXe siècle »

Patrimoine | Que reste-t-il de ce XXe siècle déjà passé que nous avons tous connu ? Réponses avec Yves Belmont, tout juste à la retraite de son poste de conseiller pour l'architecture à la DRAC Rhône-Alpes et pilote du label Patrimoine du XXe siècle.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Yves Belmont (DRAC) : « On n'a jamais autant construit qu'au XXe siècle »

Le label Patrimoine XXe siècle a été créé à la suite d'une circulaire gouvernementale en 2001. Quel était l'objectif ? Yves Belmont : À l'époque, on avait attribué au ministère de la Culture la compétence architecture qui relevait avant du ministère de l’Équipement. On a découvert, le millénaire aidant, que l'on pouvait mettre les architectes et les conservateurs du patrimoine autour de la table et que le patrimoine du XXe siècle était leur bien commun. Les bâtiments du XXe ne sont pas forcément "remarquables" ? À quoi les reconnaît-on ? Quels sont les grands marqueurs qui les identifient ? On n'a jamais construit autant que depuis la révolution industrielle. La quantité de bâtis n'a jamais été aussi importante. Pour ce qui est de la composition de l'habitat, il y a peu de prétention au XXe. Quelques personnes s'offrent une maison chic par amour de l'art et parce qu'ils ont de l'argent, mais socialement parlant, ça représente peu de choses. Ensuite, il y a les édifices publics mais il y en a peu. Si vous regardez par le passé, à l'époque gothique par exemple, vous faites une cathédrale, une église par con

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Grand succès pour les Journées du Patrimoine

CONNAITRE | Dans le cadre des Journées du patrimoine, le Grand Lyon mettait en lumière la question des patrimoines en mutation, en résonance avec la thématique nationale (...)

Nadja Pobel | Lundi 16 septembre 2013

Grand succès pour les Journées du Patrimoine

Dans le cadre des Journées du patrimoine, le Grand Lyon mettait en lumière la question des patrimoines en mutation, en résonance avec la thématique nationale «1913 - 2013 : cent ans de protection». La reconversion en parc de la caserne Sergent Blandan, a été l’un des lieux les plus plébiscités decette édition. 1 500 personnes étaient présentes à son ouverture au public vendredi et 20 000visiteurs s’y sont rendus samedi.Le Pôle Pixel a affiché complet tout le week-end : 3 200 personnes se sont imprégnées de l’atmosphère des tournages, ont découvert les techniques de mixage son et de restauration de films…A Grigny, 2 840 personnes se sont rendues dans l’ancienne rotonde ferroviaire, qui est actuellement investie par la Biennale d’Art Contemporain. Le mariage du patrimoine et de l’art contemporain a été compris par le public, comme en témoigne l’attractivité de l’église Saint-Just qui a accueilli 2 000 visiteurs, et celle de l’ancienne chaufferie de l’Antiquaille avec 2 300 visiteurs. Quelques sites particulièrement em

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Du patrimoine à tous les étages

CONNAITRE | En ces Journées européennes du patrimoine, Lyon fête ses quinze ans d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. À cette occasion, la ville ouvre les portes de l’Hôtel-Dieu et de la chapelle attenante. Car le périmètre classé ne concerne pas que le Vieux-Lyon, mais aussi la Presqu’île (soit 10% du territoire lyonnais), qu’il sera possible de regarder de différents points de vue où des médiateurs vous attendent. Photos et explications. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 13 septembre 2013

Du patrimoine à tous les étages

Points de vue sur l’UNESCO Pour mieux apprécier le centre de Lyon classé à l’UNESCO, des médiateurs vous attendent dans quatre lieux de la ville : l’esplanade de la Grande Côté (Lyon 1er), le bâtiment des Rives de Saône (Lyon 2e), la place Abbé Larue (Lyon 5e) et l’esplanade de la MJC Duchère (Lyon 9e). Dans chacun de ces lieux, des lectures de paysages sont proposées ainsi que des balades de quartier (avec notamment, à la Duchère, la visite de la halle sportive flambant neuve Stéphane Diagana).   Hôtel-Dieu L’Hôtel-Dieu ouvre ses portes avant que les premiers coups de pioche en début d’année 2014 ne le condamne avant la fin de transformation en 2017.  Le dôme Soufflot sera alors l

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Lyon, aujourd'hui comme hier

ARTS | S’écharper sur l’urbanisme, inventer de nouveaux quartiers, discuter de la nécessité d’une nouvelle salle de spectacle ou d’une bibliothèque, développer le commerce, ménager le pouvoir religieux, débattre à fleuret à peine moucheté entre pouvoir étatique et pouvoir local… Lyon aujourd’hui ? Non, c’était déjà Lyon au XVIIIe et, dans ce siècle des Lumières, la ville posait les jalons de ce qu’elle est aujourd’hui. Les Musées Gadagne invitent à une balade dans cette période moins exotique qu’imaginée et dont il subsiste bien des traces au-delà de l'exposition. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 1 février 2013

Lyon, aujourd'hui comme hier

Et si Lyon s’étendait au sud de sa presqu’île pour habiter voire déplacer sa Confluence ? Vous croyiez que l’idée datait des années 2000 ? Raté. Antoine-Michel Perrache l'a faite sienne dès 1766. Ce sculpteur-ingénieur envisageait alors d’empiéter sur les marécages au sud des remparts d’Ainay (la rue portant ce nom aujourd’hui était à l'époque la limite sud de la ville) et de faire en sorte que le confluent entre Rhône et Saône ne fasse sa jonction qu’au niveau de la Mulatière. C'est ce qu'expliquent les musées Gadagne (gardiens de la mémoire de la ville via leurs collections permanentes), eux qui, avec leur deuxième exposition temporaire depuis leur réouverture (la première était consacrée à la gastronomie), souhaitent montrer à quel point la manière dont s’est profondément transformée Lyon au XVIIIe a eu des conséquences sur ses spécificités actuelles (voir ci-contre). La première salle de ce panorama regorge à ce titre de plans d’époque et de maquettes montrant clairement comment la ville que nous connaissons s’est dessinée. Comment aménager un territ

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Dieu, un hôtel !

ACTUS | Fermé au public depuis septembre 2010, l’Hôtel-Dieu rouvrira ses portes le temps des sessions diurnes des prochaines Nuits sonores (du 16 au 20 mai). Au-delà de ces festivités, que deviendront ces murs ? Comment le lieu sera-t-il réhabilité ? Et quelle place pour la mémoire de la médecine au milieu des boutiques, des bureaux et d’un hôtel de luxe ? Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 22 mars 2012

Dieu, un hôtel !

Depuis le début des années 2000, les Hospices Civils de Lyon (HCL) ont entamé une mutation afin de se mettre en conformité avec la nécessaire modernisation des plateaux techniques médicaux. C’est ainsi que, pour un coût estimé à près d’un milliard d’euros, trois centres de biologie, l’hôpital Femme Mère Enfant et un pavillon de Lyon Sud ont vu le jour. Dans le même temps, les anciens hôpitaux Debrousse, Antiquaille et désormais l’Hôtel-Dieu (construit essentiellement entre le XVIIe et le XVIIIe siècles) ont fermé. Un patrimoine qui disparaît mais, comme le précise Alain Collombet, secrétaire général des HCL : «il aurait fallu investir 150 millions d'euros dans l’Hôtel-Dieu pour le rendre apte aux activités médicales modernes». Impossible pour un organisme déjà fortement déficitaire. Et la priorité est naturellement d’investir dans l’amélioration des soins apportés aux malades plutôt que dans la conservation du patrimoine. L’Hôtel-Dieu reste néanmoins la priorité des HCL mais la durée du bail (94 ans) exclu que l'on connaisse l’issue de cette parenthèse. Une chose est sûre, conformément au cahier des charges, un hôtel cinq étoiles sera dans la place, Lyon

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Hôpital (r)ouvre-toi !

CONNAITRE | Fête des lumières, Cour de l'Hôtel-Dieu / Dieu s’étant fait la malle, il ne restera bientôt plus de l’Hôtel-Dieu qu’un hôtel (cinq étoiles) et des boutiques construites (...)

Nadja Pobel | Lundi 28 novembre 2011

Hôpital (r)ouvre-toi !

Fête des lumières, Cour de l'Hôtel-Dieu / Dieu s’étant fait la malle, il ne restera bientôt plus de l’Hôtel-Dieu qu’un hôtel (cinq étoiles) et des boutiques construites par Eiffage. Pour l’heure, c’est la cour, fermée depuis un an, qui rouvre ses portes contre toute attente (2010 devait être la dernière fête des lumières en ces lieux). Et c’est naturellement à Alain Bénini qu’est revenue la tâche de l’éclairer comme depuis six ans désormais. Architecte DPLG aux hospices civils de Lyon, en charge par exemple de trouver le bon éclairage pour une salle d'attente ou un bloc opératoire, il est aussi un des créateurs lumière les plus enthousiasmants de ce rendez-vous. En 2009, il avait recréé avec une charmante nostalgie l’Italie des années 60. Pour ce qui devrait être sa dernière création en ces murs (mais les premiers travaux ne commenceront qu’en 2013 donc qui sait ce qui se passera en 2012…), il a choisi d’éclairer les coups de la vie. Des coups de cœurs, coups de joie, coups de blues, prendront des couleurs projetées sur un immense ruban blanc qui encerclera le péristyle de la cour. Car c’est bien la grande force de ce lieu fermé que d’envelopper les spectateurs et les immerger c

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