Curiosités

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 22 juin 2013

Photo : dr


Connus ou méconnus, des artistes contemporains de toutes nationalités viennent régulièrement travailler sur les presses de l'URDLA. Le centre international estampe et livre conserve dans ses archives un exemplaire des œuvres ainsi réalisées et a constitué depuis plusieurs dizaines d'années un fond important. L'exposition collective Venez voir mes estampes curieuses revisite cette collection sous l'angle de la curiosité. Curiosité des techniques utilisées, des supports, du rendu visuel ou bien encore du contenu des travaux lui-même. L'accrochage très ouvert passe allégrement du futile au ludique, de l'érotisme au jeu de mots, de l'effet 3D au cadavre exquis composés à plusieurs mains…

Sans compter bien des artistes qui se compliquent la tâche en essayant de rendre par l'estampe leurs univers esthétiques habituels : Charlemagne Palestine compose ainsi un ours avec des "miettes" de peluche, Alison Knowles tente de retrouver la matière de ses feuilles de papier "germinés" (par des graines de toutes sortes)… Nous retiendrons de ce cheminement cocasse et agréable les eaux fortes érotiques de Nathalie Namias, assez proches des dessins d'un Schiele et très crues, et le très beau Chemin en hiver de Pietro Sarto, paysage tourmenté réalisé à partir d'une héliogravure retravaillée plusieurs fois à l'eau forte. Ou les deux curieux «gribouillis» de Rémy Jacquier qui, en réalité, représentent les vibrations de son crayon lors d'un trajet en train, sortes de cartes sensibles du corps en déplacement.

Jean-Emmanuel Denave

Venez voir mes estampes curieuses
Jusqu'au vendredi 26 juillet à l'URDLA


Venez voir mes estampes curieuses

Jean-Marie Albagnac, Lilian Ball, Laurence Cochet, Éric Corne, René Feurer...
URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Bons Plans | Notre sélection d’octobre est comme à l’accoutumée hétéroclite, tant en ce qui concerne les lieux que les genres artistiques, mais fait ce mois-ci la part belle aux jeunes artistes.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 11 octobre 2021

Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Simon Lazarus La galerie Kommet inaugure son nouvel espace d’exposition dans le quartier de la Guillotière en y invitant Simon Lazarus. Venant du graffiti et de l’univers du design graphique, l’artiste s’intéresse ici aux rapports que nous entretenons avec les technologies récentes, les nouveaux matériaux, les utopies architecturales. Il présente un ensemble d’œuvres aux formes variées qui dialoguent les unes avec les autres, dont une impressionnante architecture imaginaire, entre cathédrale, ruine industrielle et grille abstraite… Simon Lazarus, T/IMBER ! À la galerie Kommet jusqu’au 20 novembre Silène Audibert, Handan Figen et Jeanne Held Pendant une quinzaine de jours seulement, vous pourrez découvrir à l’Orangerie les travaux de trois jeunes artistes vivant à Lyon, mais peu exposées dans cette ville. Toutes les trois expérimentent des formes nouvelles et singulières, que ce soit à travers le dessin et l’influence de la nature (chez Silène Audibert), l’aquarelle et le hasard (

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Moteur ! à l'URDLA

Art Contemporain | Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara garent leur voiture à l'URDLA, et déploient toute une exposition consacrée au déplacement, à la trace, au paysage...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 juin 2019

Moteur ! à l'URDLA

202 432 kilomètres, c'est ce qu'affiche au compteur une Ford Escort de 1997 lorsqu'elle échoue au contrôle technique. Le véhicule appartient aux artistes Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara et, plutôt que de le réparer, ils décident de le transformer en micro-espace d'exposition, stationné actuellement à l'URDLA. Au sein de l'habitacle, ils présentent des moulages de mains gantées et une sorte de paysage en 3D entremêlant différentes ères terrestres... L'exposition se déploie ensuite dans les locaux du centre d'art villeurbannais où les deux artistes poursuivent l'exploration d'une thématique aux confins du déplacement automobile, du paysage, du souvenir, de l'empreinte (empreinte concrète des traces des véhicules, empreinte mémorielle, empreinte plastique, etc.). Le duo présente une dizaine d'agencements d'images composés de leurs propres œuvres (dessins, gravures, petites installations...) et d'estampes issues du fonds de l'URDLA. Montages Le parcours (littéral et métaphorique) de l'exposition nous entraîne ainsi sur des voies aussi différentes qu'in

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Exploration de la gravure en creux à l'URDLA

Urdla | Après plusieurs expositions monographiques, l'URDLA (Centre international de l'estampe) marque une pause quasi pédagogique avec une exposition thématique (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 février 2017

Exploration de la gravure en creux à l'URDLA

Après plusieurs expositions monographiques, l'URDLA (Centre international de l'estampe) marque une pause quasi pédagogique avec une exposition thématique sur un thème technique : la gravure en creux, dite aussi taille douce, que l'on différencie de la gravure en relief ou taille d'épargne et de la gravure à plat (la lithographie). Toutes les techniques de ce type de gravure sont ici représentées ou presque (manière noire, aquatinte, eau forte, burin, pointe sèche....), à travers un élégant accrochage d'œuvres nombreuses. On y retrouve des habitués de l'URDLA comme Rémy Jacquier, Jacqueline Salmon, Patrice Vermeille, ou encore les plus turbulents Damien Deroubaix et Jérôme Zonder. Ce dernier, diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2001, avait marqué les esprits avec son exposition à la Maison Rouge en 2015 (Fatum), poussant les limites du dessin hors du cadre de la feuille, pour l'ouvrir aux murs et aux sols du musée... Virtuose du trait e

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Max Schoendorff, traits d'esprit

ARTS | Le peintre lyonnais Max Schoendorff fait l'objet d'une petite rétrospective à la galerie Michel Descours. Son esprit surréaliste et libertaire se retrouve aussi dans l'exposition de l'URDLA, qu'il co-fonda en 1978, à la Bibliothèque de la Part-Dieu.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 24 février 2016

Max Schoendorff, traits d'esprit

Devant les œuvres de Max Schoendorff, nous ressentons à chaque fois une sensation de vertige. Une admiration pour leur foisonnement libre et labyrinthique, mêlée d'un certain malaise face à leur trop-plein. Un malaise ou une "nausée" à la Sartre-Roquentin devant les racines d'un marronnier, les méandres accablants de la matière : « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre. Je me laissais aller en arrière et je fermais les paupières. Mais les images, aussitôt alertées, bondirent et vinrent remplir d'existences mes yeux clos : l'existence est un plein que l'homme ne peut quitter. » En peignant, Max Schoendorff (1934 - 2012) semble passer non pas derrière le miroir, mais littéralement sous la peau, parmi les entrelacs des organes et des viscères accumulant et ré-agençant une mémoire constituée d'images, de sensations, d'éclats de corps, d'espaces paradoxaux. Des espaces où plus l'on se dirige vers l'intérieur, plus on semble découvrir leur dehors... L’œuvre de Max Schoendorff est une fouille au corps qui tend à figurer par fragments les affects et les énigmes de cet "Homme approximatif" que Tristan Tzara nommait

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Invitation à creuser

ARTS | "Extraction" réunit à l'URDLA les œuvres récentes de huit artistes qui utilisent l'estampe pour compléter ou au contraire ouvrir des voies nouvelles à leur propre univers créatif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 janvier 2015

Invitation à creuser

Comme de coutume, l'URDLA expose les estampes des artistes qui ont été en résidence lors de l'année écoulée. L'accrochage, sobre et aéré, en réunit huit de toutes générations et de toutes "obédiences". Il est à la fois une invitation à découvrir l'activité de l'URDLA et une invitation aussi à creuser des univers (catalogues et autres publications ont été réunis pour cela en fin de parcours). L'exposition s'ouvre avec cinq lithographies de Valérie du Chéné, des reprises de gouaches composées pour un livre avec l'historienne Arlette Farge sur les "lettres de cachet" (La Capucine s’adonne aux premiers venus, éditions La Pionnière). Ces lettres, au XVIIIe siècle, étaient adressées au roi par des particuliers afin qu'il intervienne pour des problèmes de police ou de moralité. A l'URDLA, c'est essentiellement le problème du risque de débordement des foules qui est représenté. Trois lithographies montrent un simple attroupement, deux autres relatent des faits plus licencieux : Capucine, une prostituée qui vendait ses charmes au tout-venant et aux militaires en particulier, et un couple qui, pendant vingt-quatre heures, s'est déplacé dans Paris en... copulant !

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Disparition de Max Schoendorff (1934-2012)

ARTS | Cette «Une» consacrée à l’exposition d’Eric Corne à l’URDLA (Centre international de l’estampe) était prévue de longue date. Entre-temps, nous avons appris avec (...)

Christophe Chabert | Samedi 3 novembre 2012

Disparition de Max Schoendorff (1934-2012)

Cette «Une» consacrée à l’exposition d’Eric Corne à l’URDLA (Centre international de l’estampe) était prévue de longue date. Entre-temps, nous avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition de Max Schoendorff, l’un des fondateurs de l’URDLA, le samedi 20 octobre. Nous vous renvoyons à nos quelques mots écrits sur le site du Petit Bulletin quelques jours après la mort de ce grand personnage et artiste lyonnais. Et, pour ceux qui voudraient en savoir plus sur son œuvre, son parcours et ses nombreux engagements, au bel article de Francis Marmande publié sur le site du quotidien Le Monde le 23 octobre 2012.

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Notes au tableau

ARTS | «Mes tableaux sont comme un condensé de film, de la première à la dernière image» dit Eric Corne, grand admirateur du cinéma de Pasolini ou d’Antonioni par (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 2 novembre 2012

Notes au tableau

«Mes tableaux sont comme un condensé de film, de la première à la dernière image» dit Eric Corne, grand admirateur du cinéma de Pasolini ou d’Antonioni par exemple. Dans ce tableau (issu de la série Diotima, 2012), ce dernier lui aura peut-être inspiré la curieuse éclipse de soleil derrière la croisée. «Comme dans les films de Pasolini ou d’Antonioni, dans mes tableaux, ça fout le camp, ça fuit de partout et pourtant quelque chose apparaît… C’est la puissance du mythe parfois.» Ici, le temps fuit à la surface symbolique d’une horloge, l’espace et les proportions ne respectent plus leurs clôtures ni leurs coutures habituelles avec ce crâne démesuré et boursoufflé, ce parquet trop vertical, ce trou de lumière sans attache, cette césure blanche d’une toile isolant les deux protagonistes…   Les reflets du miroir bancal, le regard de la jeune femme, l’œil en coin du peintre fuient quant à eux vers nous, nous ou ce hors-champ quelque peu intrigant et angoissant… L’ensemble de cette mise en scène rappelle beaucoup celle des Ménines de Vélasquez (avec ses innombrables jeux de regards et questions posées à la représentation), tableau qu

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L’image par les Corne

ARTS | Artiste et commissaire d’expositions, Eric Corne (né en 1962) présente à l’URDLA des peintures et des lithographies récentes. Œuvres qui tout la fois ressassent et mettent en crise les images. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 2 novembre 2012

L’image par les Corne

«Parfois je suis incapable de tutoyer un chien»… Cette citation, arrachée à un film documentaire sur et avec Pier Paolo Pasolini, est jetée telle une ligne éthique et une énigme, au titre de l’exposition d’Éric Corne. Elle nous rappelle, de loin en loin, la fin du Procès de Kafka où K. est exécuté, en catimini et à la lame d’un couteau de boucher, «comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre». La mort rôde sur l’ensemble des œuvres de l’artiste exposées à l’URDLA, avec ses vanités, ses crânes parfois couronnés, disséminés ici ou là. Elle est même l’objet d’un petit tableau en toute fin de parcours, si l’on peut dire. Elle y voisine avec une représentation du mythe ovidien de Narcisse et d’Echo. Retour aux sources, mais, tant que faire se peut, sans y prendre racine. «Comment éviter le narcissisme et tendre vers quelque chose de plus universel, qui tienne à l’être ?» s’interroge Éric Corne. Comment puiser dans cette primordiale énergie du moi pour la détourner vers l’objet, demandait déjà Freud en son temps. Pour modèle, Éric Corne cite le «je permanent et rejoué, redéfini à chaque fois» que met en écritu

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Max Schoendorff tourne le dos à la vie

ARTS | Artiste peintre, créateur de l'URDLA (Centre International de l'Estampe) et figure imposante de la culture lyonnaise, Max Schoendorff s'est éteint le 20 octobre dernier. En attendant d'en reparler dans notre édition du 7 novembre, hommage de circonstance. Jean-Emmanuel Denave

Stéphane Duchêne | Lundi 22 octobre 2012

Max Schoendorff tourne le dos à la vie

Nous ne l’avions interviewé qu’une seule fois et rencontré qu’en de trop rares occasions… Pourtant, en peu de mots et bien des œuvres importantes (la sienne propre en tant qu’artiste et la création du Centre International de l’Estampe dit URDLA, entre beaucoup d’autres engagements et initiatives), Max Schoendorff était l’une de ces rares et essentielles personnalités dont la parole a toujours retenti à nos oreilles d’une immédiate et singulière liberté, d’un esprit critique (et constructif) inentamé à l’heure des arasements artistique et intellectuel. Max Schoendorff s’est éteint ce samedi 20 octobre. Nous saluons sa mémoire et présentons à sa famille et à ses proches nos très sincères condoléances. Sa disparition nous affecte beaucoup et nous enjoint déjà, comme à beaucoup d’autres sans doute, un exigeant « devoir de consistance ».

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L'internationale de l'estampe et du livre

ARTS | Au cœur de Villeurbanne, une petite porte d'entrée à peine visible ouvrant sur une ancienne usine rénovée. À l'intérieur, les 1000 mètres carrés du «Centre (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

L'internationale de l'estampe et du livre

Au cœur de Villeurbanne, une petite porte d'entrée à peine visible ouvrant sur une ancienne usine rénovée. À l'intérieur, les 1000 mètres carrés du «Centre international de l'estampe et du livre» sont occupés par un espace d'exposition, un atelier de gravure en taille douce, un atelier de linogravure et un autre de typographie... Le temps, à la fois, y est resté figé (une tradition de cinq siècles de gravure semble ici avoir trouvé un havre de sérennité) et ne cesse de se mouvoir : l'URDLA accueille régulièrement des artistes contemporains en résidence qui viennent créer des multiples. L'an passé, le Suisse Fabrice Gygi, le sulfureux Damien Deroubaix, le surréaliste Jean-Claude Silbermann, la photographe Jacqueline Salmon sont venus à l'URDLA. Et dans le catalogue prolifique du centre d'art, on note les noms d'Eric Corne, Christian Lhopital, Sylvie Pic, Philippe Cognée, Erik Dietman, Jacques Villeglé... Au total, l'URDLA compte une collection de 2000 estampes en vente à des prix accessibles. Historiquement, en 1978, le peintre et écrivain Max Schöndorff et d'autres artistes sauvent de la faillite un atelier de lithographie et défendent cette technique. En 1983, l'URDLA h

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Traversée d'une "Cosmologie"

ARTS | Commencée à l'adolescence dans la plus complète obscurité, poursuivie à partir de 1984 dans une semi-clarté (quelques expositions et publications rares ici et là), (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

Traversée d'une

Commencée à l'adolescence dans la plus complète obscurité, poursuivie à partir de 1984 dans une semi-clarté (quelques expositions et publications rares ici et là), l’œuvre d'Onuma Nemon prolifère peu à peu par rhizomes de textes poétiques, éclats de voix, fragments plastiques... À l'instar de Rimbaud, Onuma Nemon est un poète voleur de feu qui se voit «chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions ; si ce qu'il rapporte de là-bas a forme, il donne forme : si c'est informe, il donne de l'informe. Trouver une langue». Sa Cosmologie titanesque est autant une expérience de la langue que du corps, une géographie du monde et de la littérature passée (d'Homère à la Beat Generation) secouée de séismes, d'intensités, de saillies, d'illuminations, de mouvements centrifuges (à partir d'un socle autobiographique) de déterritorialisation. Un grand artiste, «à la manière de ceux qui savent extraire de nouvelles formes, et créer de nouvelles manières de sentir et de penser, tout un nouveau langage» (G. Deleuze). L'exposition de l'écrivain-artiste à l'URDLA, mêlant textes et œuvres (dessins, photographies, gravures...),

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«L'innocence, l'extase, la poésie»

ARTS | Dans une pièce retirée de l'URDLA, l'écrivain et artiste Onuma Nemon répond à nos questions pendant son vernissage auquel il ne participera pas directement, refusant d'apparaître en public. Ni bouderie, ni snobisme, depuis le début O.N., comme on le surnomme, s'efface derrière son œuvre... Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 février 2012

«L'innocence, l'extase, la poésie»

La Cosmologie Depuis la fin des années 1960, j'ai entrepris l'écriture d'une Cosmologie, sans plan a priori mais en progressant par prolifération, à la manière d'un Faulkner qui, de roman en roman, a créé un conté imaginaire. Dès l'adolescence, j'avais une idée un peu mystique et très idéaliste de l’œuvre à venir, avec une division du monde en cinq continents imaginaires. Plus tard, j'ai écrit des voix plutôt que des personnages à proprement parler. L'aspect sonore est très important pour moi. Au fur et à mesure, ces « personnages » se modifient comme dans la mythologie (je fais beaucoup d'emprunts aux mythologies, grecque ou autre). Ce ne sont pas des formes fixes, mais ils répondent davantage à l'idée antique du récit où le héros se définit essentiellement par ses actes. L'aspect physique de mon écriture provient aussi de ma pratique des arts martiaux (le karaté) et de la place central accordée au corps. Onuma Nemon ? En grec et en latin, je dis deux fois que mon nom est «personne». Je pense sincèrement qu'il y a deux choses séparées : l'écriture et l'auteur. La notion d'auteur ne m'intéresse pas. Je suis du côté de l'inscription, de l'écri

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Estampiller l'époque

ARTS | Ça commence avec deux grandes usines fumantes et très géométriques de Frédéric Cordier et ça finit par une série de douze «Boum», des explosions rougeâtres, signée (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 1 décembre 2011

Estampiller l'époque

Ça commence avec deux grandes usines fumantes et très géométriques de Frédéric Cordier et ça finit par une série de douze «Boum», des explosions rougeâtres, signée Bruno Yvonnet. Au-dessus des cimaises, plusieurs linogravures de Jérôme Baratelli composent la phrase «l'art n'est pas un loisir». L'URDLA n'est pas Disneyland mais accueille depuis 33 ans des artistes de générations et d'horizons divers pour travailler l'estampe sur ses presses. L'exposition Quelle époque ! (jusqu'au 27 janvier) réunit une quinzaine d'entre eux avec des œuvres réalisées au cours de l'année 2011. Parmi elles, on découvrira de nombreuses "pépites", mais la plus impressionnante (la plus problématique aussi) reste selon nous la grande Croix de Jérôme Zonder. Cet artiste né en 1974, dessinateur virtuose, a beaucoup fait parler de lui avec ses dessins d'enfants ultra violents, empruntant au jazz, à l'écriture de Céline et à la BD leurs ellipses, leurs stylistiques et leurs modes de narration. Sa crucifixion entremêlant le sexe, l'horreur et la mort constitue une sorte de récit éclaté où il est question de viol, d'enfant monstre, sur fond de fa

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Faire bouger les lignes

ARTS | Expo / Rémy Jacquier est, si l’on nous passe l’expression, un drôle de zèbre. Pas seulement parce que ses œuvres comportent nombre de zébrures, ratures, ou (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 avril 2008

Faire bouger les lignes

Expo / Rémy Jacquier est, si l’on nous passe l’expression, un drôle de zèbre. Pas seulement parce que ses œuvres comportent nombre de zébrures, ratures, ou autres tremblements browniens crayonnés ou gravés. Mais aussi et surtout parce que sa démarche artistique mêle paradoxalement le plus grand sérieux (rigueur, complexité, références culturelles…) et des aspects totalement loufoques. Né en 1972 à Chambéry, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Étienne et vivant actuellement à Nantes, ville des surréalistes, Rémy Jacquier est un jeune descendant de Fluxus ou des règles arbitraires de l’Oulipo. Il fabrique par exemple des instruments à vent totalement délirants avec lesquels il exécute des performances, ou bien loge et observe un bourdon dans la maquette d’un pavillon… L’URDLA présente la quasi totalité de son œuvre gravée ainsi que trois étranges maquettes noires de bâtiments industriels. Des bâtiments indéterminés et quasi autistes, ne comportant aucune fenêtre et dont les escaliers semblent s’enrouler sur eux-mêmes. Parmi ses estampes on découvre des eaux fortes au trait emberlificoté et sismique traduisant le roulis d’un train emprunté par l’artiste, de grandes partitio

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