Planète Lyon

ARTS | Tandis que les Musées Gadagne et les Archives célèbreront Lyon et ses habitants tout au long de l’année, le Musée de l’imprimerie ouvre grand ses portes à un dissident tchèque et le CHRD fait la part belle aux femmes. Revue de détail de ce qui vous attend dans les lieux patrimoniaux. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 13 septembre 2013

Après Lyon l'internationale aux Archives municipales (à voir jusqu'au 31 octobre), voici venir en cet automne Lyon, centre du monde ! aux musées Gadagne. À six mois de l'échéance des élections locales, cela ne manque pas d'ironie. Au moins ne pourra-t-on pas accuser les organisateurs de faire dans la demi-mesure. Si la première exposition s'attachait à dérouler le développement récent (en matière de culture, d'industrie, de santé…) de la ville, la seconde (du 21 novembre au 27 avril) s'attachera à revenir sur l'Exposition internationale urbaine de 1914, durant laquelle Lyon montra au monde qu'elle était une cité moderne répondant aux besoins nouveaux de l'hygiénisme, nécessaire au progrès social et porté par Edouard Herriot, Tony Garnier, Jules Courmont et Louis Pradel. Gadagne consacrera aussi une plus petite exposition au compagnonnage (dès avril 2014).

Toujours au rang des hommages aux Lyonnais, les Archives se pencheront sur la vie de François-Régis Cottin (du 15 octobre au 31 janvier), architecte et historien de Lyon, mort cette année à 93 ans. Il est notamment l'urbaniste qui a pensé le quartier de la Duchère dans les années 60. Elles présenteront aussi Cercle, histoire de la Grande catastrophe turquo-grecque de 1919-1922, avec la collaboration de la compagnie de danse Anou Skan (en décembre et janvier), une rétrospective sur l'immigration italienne des XIXe et XXe siècles (dès avril 2014) et une histoire du pont de la Guillotière (du 1er avril au 28 juil).

Et puis… les femmes !

La Bibliothèque municipale, avant d'exhiber ses trésors à l'occasion de l'accueil l'été prochain de l'IFLA, congrès international des bibliothécaires, se penchera sur trois siècles de révolution industrielle en Rhône-Alpes (pharmacologie, transport, textile…) pour mieux comprendre l'implantation locale des grands groupes industriels ; Une fabrique de l'innovation sera à voir du 5 novembre au 1er mars. Les archives de Louis Calaferte seront quant à elles montrées au printemps, la famille de l'écrivain en ayant cédé une partie à la BM.

De son côté, le Musée de l'imprimerie célébrera un homme très connu des Tchèques et dont la production graphique est aussi importante que l'engagement politique, Eduard Ovčáček (du 25 octobre au 16 mars). Figure de la dissidence sous le régime communiste, il enseigne aujourd'hui l'estampe.

Enfin, un an après l'ouverture de son nouvel et fondamental espace permanent, le CHRD renoue avec les expositions temporaires : Pour vous Mesdames !, la mode en temps de guerre (du 27 novembre au 13 avril) sera un prétexte à aborder le quotidien des femmes durant l'Occupation via la presse féminine, les vêtements et les accessoires.

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Louis Calaferte : De la zone à la jungle

CONNAITRE | Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Louis Calaferte : De la zone à la jungle

Dans le cadre d’une carte blanche accordée par la Fête du Livre, Virginie Despentes retrouve ses amis de Zëro pour une lecture-concert du Requiem des Innocents, de Louis Calaferte, dont elle nous conte la genèse : « Je suis entrée dans Calaferte par le Septentrion. Il y a plus de vingt ans… À l’époque j’ai fait plusieurs lectures avec Bästard (deux musiciens des Bästard sont aujourd’hui dans Zëro) : je lisais des nouvelles que j’avais écrites – mais aussi Calaferte. Quand Arnaud Cathrine – qui travaille à la Maison de la Poésie – m’a proposé de faire une lecture chez eux, je venais de voir Zëro en concert, et du coup j’ai tout de suite pensé – Zëro et Calaferte. Il a été d’accord. » « Je suis partie sur le Requiem de Calaferte parce que je l’ai lu récemment. C’est le plus grand livre sur la précarité que j’ai jamais lu. Il y a tout, dedans : beaucoup d’humour et de la tendresse, mais aussi ce que ça implique, vivre dans une jungle – ce qu’on appelait “la zone” à l’époque de Calaferte ressemblant de façon troublante à ce que l’on appelle “la jungle” aujourd’hui. » Lecture musicale du Requiem des Innocen

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Virginie Despentes : la Voix du peuple

CONNAITRE | À Bron, Virginie Despentes dialoguera ce week-end avec Edouard Louis. Et donnera une lecture-concert autour de Louis Calaferte, accompagnée du groupe Zëro. Dotée d’un talent certain pour peindre en quelques phrases le portrait de ses contemporains, celle qui doit son pseudonyme aux pentes de la Croix-Rousse est l’une des voix les plus passionnantes de la littérature populaire contemporaine.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

Virginie Despentes : la Voix du peuple

Vernon Subutex est une parfaite photographie de l’époque, des débats qui l’animent, des trajectoires parfois contradictoires d’individus. Comment avez-vous créé cette fresque du temps présent ? Virginie Despentes : J’avais comme point de départ l’idée d’un presque quinquagénaire qui perd son appartement. Ensuite est venue l’idée qu’il ait été disquaire. Ça devait être un livre très court. Et puis c’est devenu Subutex. Je ne me suis pas dit que j’allais faire une photographie de l’époque, mais une fois qu’on prend le rock comme moteur, on se retrouve vite à brasser beaucoup de gens différents… Ce n’était pas prémédité, mais c’est un vrai centre de tri, ce truc ! En le lisant, on sent un vrai plaisir à l’écrire. Baise-moi était un cri sorti en quelques jours, là, il y a une maîtrise nouvelle dans l’écriture, une sorte de confiance à toute épreuve. Et aussi, une tendresse différente pour les personnages, surtout dans le volume 2. Je ne suis pas bien placée pour me rendre compte de ça. Je sais que j’avais plus de temps, plus les moyens de prendre ce temps pour écrire, parce qu’Apocalypse Bébé

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Zëro dëfaut

MUSIQUES | Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 2 mars 2016

Zëro dëfaut

Zëro. Avec un tréma autant qu'un trauma, le même qui trônait par dessus l'ancien avatar qu'était Bästard. L'un succédant à l'autre sont deux légendes de la noise lyonnaise. Lyonnaise, mais pas que. Noise, mais pas que. En quatre ans d'existence (si l'on occulte leur vie passée sous le nom de Deity Guns) Bästard a creusé le sillon de tout un pan du rock expérimental français (noise, jazz bruitiste, no wave, indus) au fil de nombreux disques dont l'un fameux, produit par Lee Ranaldo de Sonic Youth. Séparé en 1997, après une éclipse de dix ans et épuré de quelques membres, le groupe repart à Zëro et la machine aussi, résolument tournée vers le post rock. Depuis un moment associés aux lectures toute en tension de Virginie Despentes, il se dit que l'expérience a quelque peu joué sur la conception de leur cinquième album, San Francisco, tout juste paru. Un album qui sonnerait presque plus "pop", avec tous les guillemets qu'une telle mention nécessite (on pense aux morceaux Ich... Ein Groupie ou Cheap Dream Generator). Zëro ou un groupe qui ne souffrira pas de la disparition de l'accent circonflexe mais ne débarrassera jamais l'auditeur,

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L’homme de la Duchère

ARTS | Bien sûr, il serait un peu restrictif de résumer la carrière de François-Régis Cottin à la création du quartier lyonnais de la Duchère. Il s'agit pourtant bien de (...)

Nadja Pobel | Jeudi 7 novembre 2013

L’homme de la Duchère

Bien sûr, il serait un peu restrictif de résumer la carrière de François-Régis Cottin à la création du quartier lyonnais de la Duchère. Il s'agit pourtant bien de la meilleure entrée en matière sur cette figure de la ville décédée il y a un peu moins d’un an à l'âge de 93 ans. Les Archives municipales l’ont bien compris, en plaçant au centre de l’exposition hommage qu’elles lui consacrent une maquette de cette colline désormais urbanisée. En 1953, le ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie à Cottin l’étude d’un premier plan-masse du quartier du Château (détruit en 1973). Ce sont les prémices d’un projet qui ne cessera de prendre de l’ampleur. Place alors aux tours d’habitation ! Inspiré par le mouvement moderne architectural, Cottin œuvrera pour des privés, des lieux de culte (notamment une chapelle à Brussieu, dans les Monts du Lyonnais) mais surtout pour l’office HLM. Si certains bâtiments, comme la tour panoramique de la Duchère ont été classés patrimoine du XXe siècle par le ministère de la Culture, d’autres ont depuis été détruits, à l'image de deux des trois barres des Mille (la tro

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