Nouvelles boutures des Poirier

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 16 octobre 2013

Photo : Oeuvres de Anne et Patrick Poirier


Qu'un frère dominicain (Marc Chauveau, responsable des expositions au Couvent de la Tourette) ressuscite un couple d'artistes contemporains, on ne verra là que logique. Anne et Patrick Poirier ont en effet connu leur heure de gloire dans les années 1970 (expositions à Beaubourg, à Kassel, au MOMA de New York...) et ont été, depuis, un peu oubliés. Se définissant eux-mêmes comme architectes ou archéologues autant que plasticiens, ils explorent dans leurs œuvres la fragilité de l'existence humaine, de la mémoire, de l'histoire... Et usent d'autant de mediums différents que l'exige le questionnement qu'ils déploient dans leurs travaux.

 

Sensibles au couvent conçu par Le Corbusier, à la «peau des murs» et aux jeux de lumière, ils y présentent notamment d'émouvants bas-reliefs en papier Japon, empreintes fragiles des aspérités du béton et des menus accidents parsemant les cloisons. Ils y déploient aussi une très grande maquette d'une utopie nommée Amnesia, «sorte de grand bunker construit dans un immense désert, entouré de ruines... Sorte de phallanstère ou de communauté idéale du savoir». Sur le même thème, l'une de leurs œuvres les plus fortes se compose tout simplement de plusieurs miroirs disposés en polygone et gravés de mots. Le visiteur semble, au sein de cette installation, se démultiplier et comme flotter parmi des signifiants en suspension. Instant poignant, qui dit notamment que nos multiples identités sont tissées autant d'imaginaire que de texte. Au début étaient le verbe et l'image, donc.

 

Jean-Emmanuel Denave

 

Anne et Patrick Poirier,  Au Couvent de la Tourette, Eveux, jusqu'au dimanche 1er décembre


Anne et Patrick Poirier


Couvent de la Tourette Route de la Tourette Éveux
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Un Kiefer remis d’aplomb

Art Contemporain | C’est rien moins qu’un événement artistique majeur au Couvent de la Tourette qui accueille l’artiste contemporain Anselm Kiefer. L’architecture du Corbusier donne paradoxalement à Kiefer un peu de légèreté...

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 27 septembre 2019

Un Kiefer remis d’aplomb

L’écraseur écrasé… Ainsi pourrait-on résumer de manière, on l’espère drolatique (façon cartoon), l’exposition du célèbre artiste d’origine allemande Anselm Kiefer, au Couvent de la Tourette. Car, si l’on aime (parfois, souvent) les œuvres de Kiefer, force est de constater aussi leur caractère écrasant : par leurs dimensions, par leur poids (Kiefer utilise beaucoup le plomb dans ses sculptures et ses peintures), par leurs connotations historiques tragiques, par leurs références culturelles innombrables… À la Tourette, Kiefer est lui-même écrasé par un autre poids lourd artistique : Le Corbusier et son architecture de lumière et de béton brut. Du coup, dans ces espaces si marqués par la signature radicale de l’architecte, même les œuvres les plus monumentales de Kiefer trouvent ici un certain équilibre, presque une… discrétion ! Dans l’église du couvent par exemple, la Résurrection de Kiefer (pièce produite pour l’exposition), ces immenses fleurs de béton courbant l’échine au milieu d

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Lee Ufan x Le Corbusier = pierre papier ciseaux

Art Contemporain | Après Versailles en 2014, l'artiste coréen Lee Ufan se confronte au Couvent de La Tourette et dialogue avec l'architecture de béton du Corbusier. Un dialogue tout en poésie, contrepoints et délicatesse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 octobre 2017

Lee Ufan x Le Corbusier = pierre papier ciseaux

Tenant une conférence de presse improvisée au Couvent de La Tourette, Lee Ufan (né en 1936 en Corée du Sud) insiste à plusieurs reprises sur l'ébranlement qu'a provoqué chez lui l'architecture du Corbusier... « Ce n'est pas un endroit qui met en avant la beauté. Au contraire, Le Corbusier refuse la beauté et la chaleur avec son utilisation du béton brut. J'ai dû lutter longtemps contre cela. » Que faire (comme dirait Lénine), à l'intérieur d'un bâtiment qui, pour le moins, ne vous caresse pas dans le sens du poil, voire vous griffe la peau et les yeux ? Lee Ufan a pris l'option artistique « de souligner et d'occuper les interstices, de faire voir des choses peu ou pas vues. » Et aussi de jouer de déplacements de sens ou de contrepoints quasi musicaux : la fragilité du papier japon contre la robustesse du couvent, des éléments « primitifs » (des pierres trouvées dans la campagne environnante) contre les matériaux

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Et de la gare, rejoindre la verdure

Patrimoine | Une gare, c'est un point de départ. Une promesse. Voici trois destinations vers lesquelles prendre un billet.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Et de la gare, rejoindre la verdure

Lac de Villerest (Loire) Envie d'aller se baigner ou se balader le long de la Loire ? Hop, direction le lac de Villerest. 1h18 (au plus court) de TER entre Perrache et Roanne, puis un bus (le n°10) durant vingt minutes et vous voilà, sans voiture, sur cette plage aménagée comprenant des activités nautiques, une baignade surveillée l'été et des aires de jeux : elle est particulièrement prisée par les familles. Autre possibilité de cette journée : entrer dans le village qui comprend une chapelle (Saint-Sulpice) fondée au IXe siècle par les moines de Cluny et achevée au XIe. Elle a été édifiée sur l'emplacement d'une villa gallo-romaine. Un amusant musée de l'Heure et du Feu raconte l'histoire du feu, de la préhistoire à nos jours. Sur le chemin du retour, passez prendre une praluline chez Pralus : la famille de confiseurs-pâtissiers est roannaise et, à prix équivalent, mieux vaut acheter la célèbre brioche ici que rue de Brest ou à la Croix-Rousse... Circuit court ! La Dombes et Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) Il vous faut seulement 38 minutes et 8, 40€ pour rallier

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Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

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Anne et Patrick Poirier : L'insoutenable fragilité des choses

Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne | À travers une quarantaine d’œuvres, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne retrace le parcours artistique d'Anne et Patrick Poirier qui (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 août 2016

Anne et Patrick Poirier : L'insoutenable fragilité des choses

À travers une quarantaine d’œuvres, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne retrace le parcours artistique d'Anne et Patrick Poirier qui vivent et travaillent ensemble depuis une cinquantaine d'années... Passionnés de psychanalyse, de littérature, d'archéologie et d'architecture, les deux comparses débutent chacun de leurs chantiers par des voyages, des prises de notes et d'images, et des échanges nourris entre eux. De ces échanges, naîtrons notamment des installations de grande dimension, dont le fil rouge est la fragilité de l'être. Cette fragilité se décline en plusieurs thématiques comme « la fragilité de la culture, de la mémoire culturelle, des choses, de la nature et des êtres vivants, mais aussi le désir de mieux comprendre les mécanismes de la mémoire, non comme un phénoménologue ou un naturaliste, mais comme un artiste, à un niveau plus poétique et psychologique » comme l'expliquent les artistes dans le catalogue de l'exposition.

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Voilà l'été : un jour, une sortie #6

Saison Estivale | Durant toutes les vacances, c'est un bon plan par jour : concert ou toile, plan canapé ou expo où déambuler.

La rédaction | Jeudi 11 août 2016

Voilà l'été : un jour, une sortie #6

36 / Mercredi 10 août : cinéma C’est quoi cette famille ?! Un titre à la Nicole de Buron, un sujet à la Patrick Braoudé, un décor des plus banals dans lequel des enfants bien peignés, lassés de transbahuter leurs affaires d’une famille recomposée à l’autre, décident d’investir en colocation “sauvage” le vaste et cossu 7 pièces de la rue Turgot, inoccupé depuis qu’une aïeule a eu l’infortune de décéder. (lire la suite de l'article) 37 / Jeudi 11 août : cinéma L’économie du couple Déjà qu’il est peu plaisant d’être le témoin privilégié d’une dispute de couple ; alors imaginez une compilation de soupe à la grimace, d’arguties fielleuses, de museaux bouffés servie par un duo jamais à court de reproches mutuels, achoppant sur sa séparation à cause d’une appréciation différente de la valeur du domicile conjugal.

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Le couvent de la Tourette, sacrément moderne

Patrimoine | Religion et modernité ne sont pas incompatibles. Les Frères Dominicains en ont apporté la preuve en demandant à un architecte renommé de construire le couvent de la Tourette : Le Corbusier. Grâce à lui, le moderne a renoué avec le sacré.

Maïté Revy | Mercredi 6 juillet 2016

Le couvent de la Tourette, sacrément moderne

C'est près d'Éveux-sur-l'Arbresle, au milieu d'une étendue de verdure, que s'est implantée une touche d'art contemporain, en béton armé. Entièrement conceptualisé par Le Corbusier, le couvent Sainte-Marie de la Tourette a été construit entre 1956 et 1959, sur un projet élaboré dès 1953 sous l'impulsion du révérend père Couturier. Les dominicains avaient déjà joué un rôle majeur dans la modernisation architecturale religieuse avec le lancement la revue L'art sacré en 1969 ; le choix d'un architecte comme Le Corbusier, représentant du mouvement moderne, n'était pas une surprise. Rectangle de béton, lignes géométriques et droites : finies les formes arrondies, les éclairages multiples, et place à l'utilisation optimale de la lumière naturelle, l'une des signatures de Le Corbusier. Pas étonnant de retrouver des puits de lumière naturelle plus ou moins grands (très peu d'éclairage dans les couloirs, escaliers équipés de toutes petites lampes), sculptant l'espace, les volumes et faisant de cette lumière un matériau à part entière, l'un des points majeurs qui fait la particularité de ce lieu de culte. L'édifice, classé au titre des monuments historiques dep

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Le Corbusier à Firminy, une candidature bétonnée

Patrimoine mondial de l'UNESCO | Passionnant parcours au cœur de l’architecture du XXe siècle, le site Le Corbusier de Firminy, le plus important d'Europe du maître franco-suisse, est en passe d'être inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO avec seize autres réalisations. Description des enjeux de cette candidature.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Le Corbusier à Firminy, une candidature bétonnée

Le 18 juillet au plus tard, à l'issue d'un vote à main levée, Firminy se rangera peut-être aux côtés de Rome, Grenade, New York ou Jérusalem dans la liste des villes abritant un site culturel classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. En Rhône-Alpes, la cité rejoindrait le site historique de Lyon, la Grotte Chauvet (et le Puy-en-Velay, compris dans le Chemin de Saint-Jacques-de Compostelle). Le sort en sera décidé à Istanbul, lors de la 40e session du Comité de cette prestigieuse émanation de l'ONU. Retoqué en 2011, le dossier a cette fois-ci de très fortes chances d'être accepté. Si comme la première fois, Firminy ne se présente pas seule devant les jurés, elle a su s'entourer d'un allié de choc : la ville de Chandigarh qui abrite la plus grande étendue réalisée au monde par Le Corbusier. Et, comme le relève Marc Petit, maire communiste de Firminy, « puisque l'UNESCO considère qu'aujourd'hui trop de biens culturels sont situés dans les pays occidentaux, la venue de l'Inde est un atout de taille ». Jusque-là, cette ville se heurtait au gouvernement indien craignant les règles strictes de protection que nécessitent les ouvrages classés. Autre avancée :

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Les Poirier au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne

Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne | Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne présentera cet été la première rétrospective française consacrée au couple d'artistes Anne et Patrick Poirier (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 1 juin 2016

Les Poirier au Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne

Le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne présentera cet été la première rétrospective française consacrée au couple d'artistes Anne et Patrick Poirier (du 2 juillet au 29 janvier 2017). Soit une quarantaine d'œuvres (dont beaucoup d'installations) à travers lesquelles les deux architectes-archéologues, comme ils se définissent eux-mêmes, explorent la mémoire, le mélange des temps, l'utopie...

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Rhône-Alpes en huit sites incontournables

ACTUS | Avant que la région n'en compte douze, zoom sur les lieux les plus emblématiques de chacun des huit départements de Rhône-Alpes, qu’ils soient inscrits ou classés aux monuments historiques. À voir et à revoir.

Nadja Pobel | Mardi 7 juillet 2015

Rhône-Alpes en huit sites incontournables

Ain – Édifice de Brou Sacré "Monument préféré des français" en 2014 par l’émission télé du même nom, le Monastère royal de Brou est furieusement tendance. Situé à Bourg-en-Bresse, à même pas une heure de Lyon, ce chef-d’œuvre gothique du XVIe siècle qui attire les foules est en fait un mausolée princier accueillant trois tombeaux. Car le monastère est né d'une belle histoire d'amour : il fut mis en chantier par Marguerite d'Autriche, inconsolable après la mort de son mari le duc de Savoie. Incroyablement bien conservé, il renferme aujourd'hui un important musée de sculpture flamande du XVIe. Sa succession de trois (!) cloîtres prolonge le plaisir de la découverte. Valentine Martin Ardèche – La Caverne du Pont-d'Arc Depuis le 25 avril, la reconstitution de la grotte Chauvet invite à découvrir un exceptionnel trésor ancestral : mille dessins rupestres, dont 425 animaux – notamment des

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L'architecture du sacré selon Le Corbusier

ACTUS | Juste à côte de l’Arbresle, entre Lyon et Roanne, Le Corbusier a implanté, en 1960 et à la demande directe des Frères dominicains, un couvent dédié à la prière mais aussi à la recherche. Toujours utilisé par une poignée d’entre eux, ce temple de béton est ouvert à tous. Visite. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 avril 2015

L'architecture du sacré selon Le Corbusier

C’est un rectangle de béton posé en pleine nature, au bout d’une petite route qui monte légèrement. Le couvent de la Tourette n’est pas isolé du monde, mais semble le regarder vivre à ses pieds, du haut de son terrain en déclivité. Quand, à la fin des années 50, les frères dominicains font appel à Le Corbusier, ce dernier, agnostique mais fasciné par le sacré, a déjà livré, cinq ans plus tôt, la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp (Haute-Saône). Ici, dans le Lyonnais, il abandonne ses formes arrondies et reprend son modèle d’habitation : des formes géométriques et des lignes droites. Et une utilisation maximale de la lumière extérieure. Ainsi, dans les couloirs, il y a très peu d’éclairage. Á la place, des fenêtres, presque des fentes, guident le visiteur dans sa marche, même au plus sombre de la journée voire de la nuit. Au bout, pour amorcer un virage, des brise-soleil donnent le sens de la déambulation. De la même façon, les volées d’escaliers ne sont équipées que de toutes petites lampes coincées au bas des marches. Cité radieuse En plus de l’église, dotée d’un toit-terrasse accessible, deux types d’espaces aux formats et fonctions opposé

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L’utopie Firminy

CONNAITRE | À une heure de Lyon se trouve l’ensemble le plus vaste jamais imaginé par Le Corbusier... qui mourut trois mois après la pose de la première de pierre de l’unité d’habitation. Bienvenue à Firminy ! Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 29 avril 2014

L’utopie Firminy

Un stade, une maison de la culture, une église (achevée en 2006), une piscine et une unité d’habitation, la cinquième que Le Corbier réalise après Marseille, Rezé-les-Nantes, Berlin et Briey-en-forêt : voilà les éléments qui constituent ce quartier de Firminy-Vert, honoré d'un Grand prix d’urbanisme en 1961. Une aventure architecturale et sociétale qui n'aurait jamais vu le jour sans le maire Eugène Claudius-Petit qui, au sortir de sa charge de ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme (autrement dit, du logement), voulut poursuivre sa quête de salubrité sur ses terres d’élections - à l'époque plus d’un logement sur deux ne comporte qu’une seule pièce. En prenant en main, dès 1953, cette commune charbonneuse du sud-ouest de Saint-Etienne, il s’appuie sur la Charte d’Athènes, préconisant de construire 88% de surface dédiée aux loisirs pour 12% d’habitation. Installés dans un espace vaste, ces équipements fonctionnent toujours aujourd'hui, à commencer par la maison de la culture, construite à l’image du Couvent de la Tourette, avec les pans de verre ondulatoires de Iannis Xenakis, adossée au stade et centre névralgique de cet ensemble. C’est de là que partent les vis

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Firminy-Vert – 1965

CONNAITRE | C’est le plus grand ensemble réalisé par Le Corbusier visible en France : une unité d’habitation, un stade, une maison de la culture et une église étonannte (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Firminy-Vert – 1965

C’est le plus grand ensemble réalisé par Le Corbusier visible en France : une unité d’habitation, un stade, une maison de la culture et une église étonannte (terminée en 2006). Et même une piscine imaginée par son assistant, André Wogenscky. Le Corbusier ne verra pas la fin des travaux. Il meurt dans son «cabanon» de Roquebrune Cap-Martin le 27 août 1965, trois mois après avoir posé la première du dernier ouvrage de sa série de cinq unités d’habitation (après Marseille, Rezé-les-Nantes, Berlin et Briey-en-forêt). Une «place de village» trône au sommet du bâtiment ainsi qu’une école (fermée en 1998 mais encore en l’état). Les couloirs sont des «rues» dans lesquelles les enfants font du vélo ! Impressionnant de l’extérieur, il faut absolument faire la visite guidée pour mesurer l’innovation que constituaient les 414 appartements conçus pour 1800 habitants dans ce gigantesque ensemble qui voulait relier le corps et l’esprit. TER arrêt Firminy (1h20 de Lyon)

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Couvent de la Tourette – Éveux - 1960

CONNAITRE | Descendre à la gare de l’Arbresle et poursuivre à pied durant une bonne demi-heure au milieu des vallons des Côteaux du lyonnais. C’est dans ce coin de (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Couvent de la Tourette – Éveux - 1960

Descendre à la gare de l’Arbresle et poursuivre à pied durant une bonne demi-heure au milieu des vallons des Côteaux du lyonnais. C’est dans ce coin de verdure que le visiteur pourra s’aventurer au couvent de la Tourette et, pourquoi pas, y passer une nuit en «cellule» (35€ avec le petit-déjeuner). Ces "cellules" (dotée d’un bureau, d'un lavabo, d'un balcon et d'un lit simple) invitent au silence et au calme. Quand les frères Dominicains font appel à Le Corbusier en 1953, ils recherchent ce savant dosage entre espace collectif et individuel. Puis, en Mai 68, de nombreux frères désertent le lieu. Aujourd'hui, onze frères habitent au couvent et parlent avec passion du "Corbu", comment ils le nomment. Des expositions sont régulièrement organisées, l’église ouvrira après rénovation début 2013. Rien ici ne ressemble à un sanctuaire, mais tout invite au partage le plus impromptu comme avec des touristes architectes argentins qui passent par là lors d’un voyage d’études sur les traces de Le Corbusier. TER arrêt L’Arbresle (à 40 minutes de Lyon) + 30 minutes de marche

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Archi vivante

CONNAITRE | À Lyon ou aux portes de la ville, cinq sites majeurs de l'architecture moderne, regroupés sous la mention Utopies réalisées, s'offrent au visiteur curieux. En route pour une découverte estivale des quartiers des États-Unis, des Gratte-ciel, des Étoiles, du couvent de la Tourette et de la cité Le Corbusier de Firminy. Des lieux sont toujours habités (logement social ou édifice religieux). Car ce qui a prévalu à leur construction vaut toujours : mieux vivre ensemble.

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Archi vivante

Mieux vivre ensemble. Tant pis si l'expression a des airs de tarte à la crème resservie à chaque élection. Au début du vingtième siècle, les ouvriers vivent dans des logements insalubres et la France a l’un des plus forts taux de mortalité au monde. Soucieux de la santé de leurs administrés et surtout des moins aisés, des maires téméraires comme Lazare Goujon à Villeurbanne et Édouard Herriot à Lyon font alors fait appel à des architectes inventifs pour que tous vivent mieux ensemble. En 1934, les Gratte-ciel (Villeurbanne) et le quartier des États-Unis (actuellement dans le 8e arrondissement de Lyon) sont inaugurés. À Lyon, Tony Garnier a travaillé sur l'espace intérieur et extérieur et construit des îlots entourés de verdure. À Villeurbanne, l'ensemble dessiné par Morice Leroux et Robert Giroud est plus imposant, mais l'accent est également mis sur la praticité des immeubles : où que l'on soit logé, il est possible d'accéder à un commerce du rez-de-chaussée sans mettre le nez dehors, se protégeant ainsi du froid. Et surtout, audace rare : la construction du règlement urbain (réseaux d'assainissement, de gaz, d'électricité) se fait en même temps que les immeu

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