Le point, c'est tout

ARTS | Pour sa réouverture après travaux, et avant l’inauguration d'une exposition permanente fin janvier, le Planétarium accueille "XYZT", fascinant travail d’Adrien Mondot et Claire Bardainne conçu à partir de la notion de point. Une expérience interactive absolument réussie. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 14 novembre 2013

Photo : © AMCB


Il est ingénieur informaticien, comme on dit parfois en raccourci d'un métier lénifiant. Elle est plasticienne, scénographe et designer graphique, une triple profession à faire se pâmer les hipsters. Ils n'avaient rien pour se rencontrer et pourtant, depuis 2010, ils font route commune au point que le nom de la compagnie du premier, Adrien M, s'est doublé d'une certaine Claire B. À Poitiers, à Bussang mais surtout sur la scène nationale de l'Hexagone de Meylan, en périphérie grenobloise, ils composent à quatre mains des objets insolites, notamment le spectacle-conférence Un point c'est tout et l'exposition XYZT qui, deux ans après son invention, se retrouve au Planétarium. Simplement nommer les lieux où leur travail est accueilli (théâtres, comme celui des Célestins, dans le cadre cette semaine du festival Micro Mondes, sites scientifiques mais aussi scènes plus arty à l'image de celle des Subsistances) montre à quel point leurs œuvres sont à la croisée de disciplines peu amenées à se confronter habituellement.

L'ABC d'XYZT

Dans un espace noir, les neuf installations de XYZT (X, Y et Z pour définir l'espace, T pour le temps) ne s'animeront que par l'intervention des visiteurs-acteurs. Mais avant toute chose, il faut pénétrer dans cette salle par un petit couloir sur le sol duquel s'étalent des lignes lumineuses simulant des touffes d'herbe qui se meuvent au contact de pas. Plus loin, le visiteur verra s'agréger sur sa silhouette, projetée sur une simple toile de tulle, une nuée de petits traits, comme s'il était pris dans un essaim d'abeilles. Sur l'écran de Collisions discrètes, c'est à la main du spectateur d'arrêter la chute de lettres pour faire l'expérience de la pesanteur.

Derrière chacune de ces installations captivantes (à tous les sens du terme) se cachent en fait des procédés mathématiques et physiques, illustrés par l'utilisation de la caméra Kinect (un accessoire de la Xbox 360), qui capte les déplacements humains pour les restituer artistiquement. Une manière pour Adrien Mondot de rappeler qu'il est également jongleur et que le décryptage du mouvement n'a que peu de secrets pour lui. Même quand elles sont moins spectaculaires, les créations du duo font sensation, à l'image de ces trois petits aquariums dans lequels ils ont enfermé des lettres immatérielles qui se meuvent sous l'impulsion d'un souffle ou d'un son, jusqu'à devenir des insectes ou des reptiles. Ainsi réduites, les inventions du Mondot/Bardainne sont de véritables joyaux.

XYZT, les paysages abstraits
Au Planétarium, Vaulx-en-Velin, jusqu'au dimanche 19 janvier


Adrien Mondot & Claire Bardainne

"XYZT, les paysages abstraits"
Planétarium Place de la Nation Vaulx-en-Velin
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le Planétarium bientôt rouvert

Science | Mardi 23 juin, le Planétarium, situé à Vaulx-en-Velin, rouvre ses portes et l'ensemble des activités sera « organisé dans le respect des recommandations (...)

Nadja Pobel | Dimanche 21 juin 2020

Le Planétarium bientôt rouvert

Mardi 23 juin, le Planétarium, situé à Vaulx-en-Velin, rouvre ses portes et l'ensemble des activités sera « organisé dans le respect des recommandations sanitaires. » La réservation est désormais indispensable car la jauge en salle immersive est limitée à 50 personnes et le port du masque est obligatoire. Jusqu'au 5 juillet, le Planétarium sera ouvert du mardi au vendredi de 13h30 à 17h30 et le week-end de 10h30 à 17h30 avec au programme : - Expositions Space Dreams et Histoire d’Univers - Des séances d’une durée de 45 minutes parmi lesquelles Découverte du ciel en temps réel, entièrement animée par un médiateur scientifique - Visites de l’observatoire toutes les 15 minutes en petit groupe De nouveaux horaires s'appliqueront à partir du 7 juillet et seront communiqués sur www.planetariumvv.comdis

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L'animisme numérique d'Adrien M & Claire B

Art Contemporain | Pour leur deuxième corpus d’exposition, Adrien M et Claire B s'immiscent au cœur de la matière, celle des pierres avec un parcours d’installations et d’œuvres aux formats variés qui font coexister virtuel et matériel, magie et technologie.

Sarah Fouassier | Mardi 12 décembre 2017

L'animisme numérique d'Adrien M & Claire B

Muni d’un Ipad, le spectateur est ici le réalisateur de son parcours dont le point de départ et thème sont les pierres ; des pierres glanées çà et là à travers l’Europe, notamment en Italie et sur la côte sud de la Crète. Mirages & Miracles nous révèle leurs histoires grâce à l’outil numérique. Claire Bardainne aime parler « d'animisme numérique » pour définir ce travail où l’esprit des pierres est réanimé sous l’apparence de personnages aux corpulences diverses. Cette galerie des pierres apparaît dans un habillage très simple à l’œil nu : disposées sur des feuilles de papier où l’on retrouve leurs sœurs jumelles sous forme de dessins. Et c’est en orientant l’Ipad que l’esprit de la roche se révèle par des personnages, homme ou femme, vieux ou jeune, maigre ou gros dansant ou affrontant le vent, nageant dans une eau claire ou sautant à pieds joints sur les galets. Chaque scène est le reflet du lieu dans lequel la pierre a été cueillie. Cette magie est particulièrement attachée au mimétisme du réel. Les personnages n’ont pas simplement été dessinés, ils sont issus d’un processus de création en motion capture

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Le paradis des astronomes en culotte courte

Planétarium de Vaulx-en-Velin | Dans la cour de récré dès la rentrée, vos enfants feront de vous des stars, si vous les emmenez du côté de Vaulx-en-Velin, au Planétarium : quel autre parent pourrait rivaliser ? Les vôtres auront marché sur la Lune et construit une fusée...

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Le paradis des astronomes en culotte courte

« Papa, d'où elles viennent les étoiles ? » Dans la vie d'un parent, cette question finit par tomber de façon sentencieuse. Et cette interrogation met en lumière vos notions en cosmogonie du commun des mortels, qui sont malheureusement limitées au ras de la croûte terrestre. Dieu merci, il existe dans la métropole lyonnaise des équipements de haute volée qui ne feront plus passer les géniteurs/trices pour des astrophysiciens du dimanche. En premier lieu : le Planétarium de Vaulx-en-Velin. Inauguré en 1995, le site a eu droit en 2013 à un sérieux lifting. Dans sa salle de projection disposant d'un dôme écran à 360° et de 15 mètres de diamètre, on perce — en famille — les insondables secrets des phénomènes célestes. Dans l'exposition permanente baptisée Du Big Bang au grain de sable, on en apprend plus sur la conquête spatiale ou encore sur la formation de notre univers grâce à des outils interactifs et immersifs. En parallèle à ce parcours bien balancé, le Planétarium propose à ses juvéniles visiteurs des laboratoires et des ateliers. Les enfants à partir de 3 ans pourront participer à des séances d

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Mourad Merzouki danse avec les pixels

SCENES | "Pixel", c’est la rencontre au sommet entre le chorégraphe Mourad Merzouki, star d’un hip hop généreusement éclatant, et les deux poètes des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne. Une réussite. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 20 janvier 2015

Mourad Merzouki danse avec les pixels

Mourad Merzouki, c'est une signature forte que l'on reconnaît d'emblée sur scène : celle d'un hip hop généreux, parfaitement maîtrisé et renforcé par des apports variés – notamment la danse contemporaine et les arts du cirque. Son nouveau spectacle Pixel ne déroge pas à la règle, et la suit même parfaitement. Mais la grande réussite de cette aventure, et plus largement de la plupart des précédentes, vient des mariages que le chorégraphe invente : auparavant avec la musique classique du Quatuor Debussy (Boxe boxe) ou avec des danseurs cariocas (Käfig Brasil), avec les prodiges des arts numériques que sont Adrien Mondot et Claire Bardainne dans le cas de ce fameux Pixel. Un spectacle créé à six mains d'une grande fluidité où aucun de ces deux arts a priori éloignés ne dévore l'autre, chacun sortant au contraire renforcé par ce contact. Sur scène, les (excellents) danseurs jouent ainsi avec les formes abstraites qui envahissent le sol ou les murs, plongent en elles, les envoient valser. Fascinant. Pour la beauté du geste «On est de plus en plus entouré d’art numérique. Quand j’ai découvert le travail d’Adrie

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Planète Vaulx-en-Velin

ACTUS | Grâce au soutien sans faille de la mairie de Vaulx-en-Velin, le Planétarium a très récemment inauguré son exposition permanente. Dans un espace agrandi, il y est question de science bien sûr, mais aussi d’art, de poésie et surtout d’humanité. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 février 2014

Planète Vaulx-en-Velin

«On n'apprend qu’en observant, car on ne peut pas prendre une galaxie et la tourner pour l’étudier» affirme Hélène Courtois. La dynamique marraine du Planétarium de Vaulx-en-Velin, experte scientifique et membre de l’Institut de physique nucléaire de Lyon sait, par sa modestie, se mettre à hauteur du public et rendre intelligible son savoir. C’est précisément avec cette envie-là qu’à été construite l’exposition permanente du lieu, inaugurée voilà un mois à peine, soit dix-neuf ans après son ouverture. Intitulée Histoire d’un univers, du Big Bang au grain de sable, elle entend rien moins qu'embrasser l’histoire commune de l’humanité sans en gommer la complexité. En guise d'entrée en matière, le visiteur est ainsi invité à marcher dans un tunnel symbolisant la diversification progressive de l'univers, du Big Bang à l'apparition de l’homme. Un bruit blanc résonne pour contrecarrer l’idée selon laquelle un gigantesque "boom" aurait accompagné cette mutation in fine assez calme. Volontiers lyrique, Hélène Courtois la qualifie même de «symphonie». Il faut dire que dans ce parcours sur deux étages, l’art n’est jamais loin de la science. À la

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Micro Mondes ou l’art en cinq dimensions

CONNAITRE | Des spectacles sensoriels dans de petites jauges : voici venir le festival Micro Mondes qui, pour sa deuxième édition, promet au spectateur d’être un peu plus acteur qu’à l’accoutumée. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 20 novembre 2013

Micro Mondes ou l’art en cinq dimensions

Elle avait déjà travaillé dans de grandes structures culturelles, de belles salles avec de beaux et impeccables spectacles. Puis un jour elle a vu Bucchetino. Céline Le Roux, directrice et fondatrice du festival Micro Mondes, dont la première édition s’est tenue il y a tout juste deux ans, se souvient encore de cette expérience incroyable. Romeo Castellucci, loin de la subversion de ses créations habituelles, avait reconstitué la maison du Petit Poucet et invitait les spectateurs à se coucher dans un des cinquante lits présents. Une fois la couverture repliée sur soi, on écoutait la conteuse nous dire cette histoire en respirant de véritables effluves d’eucalyptus et en entendant grincer l’escalier sous les pas du père montant voir ses enfants dans la pièce d’à-côté. Ce spectacle autant sensationnel que sensoriel nous a laissé comme à elle des souvenirs indélébiles. «Laisser des traces», c’est précisément ce que Céline Le Roux cherche dans ce festival des arts dits "immersifs" où le rapport au public est bouleversé, notamment du fait de jauges réduites (de une à cent personnes maximum). Toucher, jouer

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Numériquement vôtre

SCENES | Alors qu’il continue à s’imposer sur les scènes nationales et internationales, le jongleur et informaticien Adrien Mondot décide de poser ses valises à Lyon, avec sa complice Claire Bardainne. Pour l’occasion, ils proposent aux Subsistances une fabuleuse exposition sur des paysages numériques et abstraits, ainsi qu’une conférence-spectacle disséquant leur approche minimaliste et graphique. Rencontre avec deux artistes atypiques au sens poétique aigu. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Vendredi 8 juin 2012

Numériquement vôtre

C’est une histoire qui commence au début des années 2000. À cette époque, Adrien Mondot est encore informaticien à Grenoble, et vit de son métier. Mais quelque chose cloche... «L’informatique n’est pas une matière très épanouissante. Être enfermé dans un bureau de huit heures du matin à huit heures du soir, je sentais que j’avais pris un train pour la vie qui n’était pas le bon. J’ai donc sauté en route ! En parallèle, je faisais beaucoup de jonglage, je passais pas mal de temps à m’entraîner dans les parcs publics, puis à parcourir les festivals d’été. Et au fur et à mesure, c’est devenu de plus en plus difficile de retourner au travail le lundi matin ; jusqu’au moment où je me suis dit qu’il fallait faire un choix. J’ai senti, au cours de mes diverses pérégrinations festivalières, que c’était possible de vivre de ses rêves». Un informaticien qui serait aussi artiste ? Pourquoi pas. Le jeune homme fait alors le pas, et en 2005 naît sa compagnie Adrien M, mixant ses deux passions. Et déjà, les Subsistances l’accueillent avec Convergence 1.0, une expérience où le jonglage et l’informatique sont à la fois l

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Le bonheur est dans le pré

ARTS | Une balade sensitive au cœur d’une réalité numérique en mouvement : voilà ce que propose le jongleur et informaticien Adrien Mondot, en collaboration avec la plasticienne Claire Bardainne.

Dorotée Aznar | Mardi 5 juin 2012

Le bonheur est dans le pré

Ensemble, ils ont prolongé les recherches menées depuis quelques années par Adrien (notamment avec son maintenant fameux logiciel eMotion) ; recherches qui l’avaient entre autres conduit à élaborer Cinématique, spectacle phénoménal et onirique. Pour son passage à la forme exposition, l’univers de l’artiste ne s’en voit pas réduit, bien au contraire, le duo ayant imaginé des œuvres ludiques accessibles à tous qui revisitent la notion de nature avec un minimalisme graphique bienvenu. Il est par exemple impressionnant de se promener dans un champ numérique qui se meut au gré des pas des visiteurs, ou de faire s’envoler une flopée de lettres immatérielles par la simple action du souffle. Un cheminement par les émotions les plus simples, comme des réminiscences d’enfance qui s’en trouvent ici décuplées et réinterprétées. L’exposition XYZT [(x y z) pour l’espace, (t) pour le temps], sous-titrée Paysages abstraits, se joue ainsi habilement de la frontière entre réel et virtuel, en développant un langage poétique fait de «paradoxes math

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L’imaginarium du jongleur Adrien M

SCENES | Spectacle / Petit prince du jonglage et de l’informatique, Adrien Mondot offre avec Cinématique un moment artistique de pure grâce comme on en voit trop peu souvent. Aurélien Martinez

Dorotée Aznar | Vendredi 25 mars 2011

L’imaginarium du jongleur Adrien M

Une scène nue, avec seulement le sol et le mur du fond blancs. Décor minimaliste, mais technologiquement impressionnant. Car le plateau va s’habiller de mille formes digitales le temps du spectacle et épouser le corps des deux interprètes en temps réel, à l’aide d’e-motion, un logiciel conçu par Adrien Mondot lui-même et accessible via son site web. Véritable technophile, notre homme était à l’origine informaticien, au temps où il fallait trouver un métier porteur de stabilité… Jusqu’à ce qu’il envoie tout balader pour se lancer dans le jonglage, sa véritable passion. D’où cette maîtrise évidente de l’outil informatique qui, plus qu’un simple gadget, devient un matériau artistique comme les autres (le corps, la musique, la lumière…). On assiste ainsi à des moments intenses de féerie visuelle, comme lorsqu’Adrien et la danseuse Satchie Noro semblent perdus dans un jeu vidéo, se devant d’éviter les gouffres et les objets numériques lancés droit sur eux. Où quand, à l’aide d’une simple lampe torche, Adrien fait danser des lettres projetées sur un écran tout ce qu’il y a de plus banal. Le nom de la création prend alors tout son sens, la cinématique étant, en physique, « la discipline d

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