Pas de repos pour les expos

ARTS | Ludiques, émouvantes ou impressionnantes, ces expositions ont, à l'instar de celle du CHRD, rythmé notre automne. La trêve hivernale est l'occasion (la dernière pour certaines) de les revoir ou de les découvrir. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Vendredi 20 décembre 2013

Joseph Cornell et les surréalistes à New York
 

C'est l'événement artistique de ce début de saison à Lyon. Le Musée des Beaux-Arts nous invite à découvrir Joseph Cornell (1903-1972), drôle d'artiste américain n'ayant jamais ni peint ni sculpté. Proche des surréalistes émigrés à New York dans les années 30-40, Cornell est un fabuleux "fabricateur" d'images usant de techniques aussi diverses que le collage, des montages personnels d'images filmées ou l'assemblage poétique d'objets dans de petites boîtes ou de mini-théâtres. Un univers très émouvant et inventif qui est présenté au milieu d'œuvres d'artistes surréalistes importants (Max Ernst, Salvador Dali, Yves Tanguy, René Magritte...). A noter aussi, la sortie récente d'un beau catalogue sur l'exposition aux éditions Hazan.

Au Musée des Beaux-Arts, jusqu'au lundi 10 février

 

Tony Cragg et Sigmar Polke
 

Les deux autres grandes expositions régionales en cours sont à découvrir dans des villes voisines. Au Musée d'art moderne de Saint-Étienne, l'Anglais Tony Cragg expose ses sculptures monumentales qui semblent dotées de vie et de mouvement. Un véritable choc esthétique ! Le Musée de Grenoble explore quant à lui les trente dernières années de création de l'Allemand Sigmar Polke. Usant de tous les supports et matériaux possibles, le peintre explore l'image et le médium pictural avec acharnement, humour, provocation. L'accrochage, très réussi, nous embarque tour à tour devant de grandes compositions abstraites explorant couleurs et effets de lumière, une série consacrée à la Révolution française, des toiles quasi-géométriques, des œuvres en prise directe avec l'actualité et l'imagerie contemporaine...

Tony Cragg - Au Musée d'art moderne de Saint-Étienne, jusqu'au dimanche 5 janvier
Sigmar Polke – Au Musée de Grenoble, jusqu'au dimanche 2 février

 

Biennale d'art contemporain
 

On vous renvoie à notre site Internet pour lire notre critique détaillée de cette 12e Biennale, soporifique et pauvre en sensations selon nous. Dédiée au thème du récit, rassemblant environ 80 artistes (dont quelques "stars" comme Jeff Koons, Fabrice Hyber, Matthew Barney...), elle présente essentiellement des installations fragmentaires et complexes dont le fond narratif nous semble peu passionnant. Malgré tout, l'événement est une manière de prendre la température de la création contemporaine et l'on y trouve aussi, ici et là, quelques œuvres dignes d'intérêt. Ces dernières se trouvent surtout au Musée d'art contemporain avec, par exemple, l'installation vidéo de Lili Reynaud-Dewar, aux confins de l'intime et de l'inquiétante étrangeté.

Au Musée d'Art Contemporain, à La Sucrière, à la Fondation Bullukian, à l'église Saint-Just et à la Chaufferie de l'Antiquaille jusqu'au dimanche 5 janvier

 

XYZT
 

Voilà peut-être l'exposition la plus transgénérationnelle et la plus amusante du moment : une série d'installations interactives signée Claire Bardainne, plasticienne, et Adrien Mondot, informaticien et jongleur, inspirée par les mathématiques et la physique et intitulée XYZT (X, Y et Z pour définir l'espace, T pour le temps). Ici, pris entre une toile de tulle et une caméra qui détecte les mouvements, votre silhouette se reconstitue sur le tissu grâce à nuée de points agglomérés, comme si vous étiez la proie d'un essaim d'abeilles. Ailleurs, dans un bocal de verre, le duo a enfermé des lettres de lumière qui se meuvent sous l'impulsion d'un souffle ou d'un son, jusqu'à ressembler à des reptiles. Captivant (et gratuit !).

Au planétarium de Vaulx-en-Velin, jusqu'au dimanche 19 janvier

 

Lyon, centre du monde
 

Lassé des grandes manifestations universelles pilotées par la chambre de commerce et d'industrie (comme Lyon en avait accueilli en 1872 et 1894), Édouard Herriot a voulu "son" exposition internationale urbaine en 1914, pour montrer au monde les avancées accomplies par sa ville en matière d'hygiénisme au tournant d'un XXe siècle en plein accroissement démographique. De cet événement, les musées Gadagne ont tiré une expo temporaire ludique, bien chapitrée et autant pensée pour les enfants que pour les adultes. Un retour aux sources de l'urbanisation de Lyon et une invitation à la rencontre de ses figures tutélaires : Herriot bien sûr, mais aussi l'architecte Tony Garnier et le médecin Jules Courmont.

Aux Musées Gadagne jusqu'au dimanche 27 avril

 

Dans les galeries...
 

Derniers jours pour faire craquer les planchers de la galerie-appartement Domi Nostrae et découvrir l'exposition forte et sombre du Lyonnais Thomas Foucher. Oscillant entre hyperréalisme et abstraction, le peintre nous immerge littéralement dans ses séries de gestes précis, de corps fragmentés ou de crânes hantés. Un corps à corps intense dont on pourra se délasser en allant voir les abstractions en trompe-l'œil du célèbre photographe Georges Rousse, ou bien l'accrochage collectif et éclectique de l'URDLA à Villeurbanne.

Thomas Foucher – A la galerie Domi Nostrae, jusqu'au samedi 4 janvier
Georges Rousse – A la galerie Mathieu, jusqu'au samedi 25 janvier


Cruel sporting

Paul Berry, Lucie Chaumont, Damien Deroubaix, Rémy Jacquier, Lee Jaffe...
URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Joseph Cornell et les surréalistes à New York

Pièces majeures du pionnier du collage et œuvres d’artistes emblématiques du surréalisme : Salvador Dalí, Marcel Duchamp, Max Ernst, Man Ray…
Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Lyon, centre du monde !

L'Exposition internationale urbaine de 1914. Lyon démontre ses avancées en matière d'hygiénisme, nécessaires au progrès social porté alors par Edouard Herriot, Tony Garnier, Jules Courmont et Louis Pradel
Musées Gadagne 1 place du Petit Collège Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le corps en déraison de Thomas Foucher à la Demeure du Chaos

Peinture | Depuis onze ans, Thomas Foucher abreuve les murs de la Demeure du Chaos de portraits. Aujourd’hui, son fondateur Thierry Ehrmann lui a confié l’exposition annuelle du musée, lui permettant de dévoiler des travaux personnels hautement sensitifs et vertigineux.

Sarah Fouassier | Mardi 22 mai 2018

Le corps en déraison de Thomas Foucher à la Demeure du Chaos

Dans le ventre de l'imprenable Demeure de Saint-Romain-au-Mont-d’Or, se tisse la petite histoire d’un peintre dans les interstices de murs qui se risquent à nommer une humanité au bord du précipice. L’inintelligibilité du monde, ou plutôt sa déraison, fascine et traverse le corps de Thomas Foucher. Si le monde a peur du précipice, lui le regarde de biais et poursuit sa quête de sens de l’existence. « En haut, en bas, partout, la profondeur, la grève, / Le silence, l’espace affreux et captivant… / Sur le fond de mes nuits Dieu de son doigt savant / Dessine un cauchemar multiforme et sans rêve » (C. Baudelaire, Le Gouffre, vers 4 à 8). De ce cauchemar baudelairien pour l'abîme, l’on ne vacille point au regard des peintures grand format enfoncées dans les chapelles du jardin de la Demeure du Chaos. Elles triomphent. Pas d’une façon suffisante. Elles triomphent dans la modestie et se délectent de ses images que l’on a forcément vues sur un journal, un vieux livre de photographies ou rencontrées dans la nature. Le cor

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A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

ARTS | Dans les musées comme dans les galeries, l'amateur d'art contemporain aura la chance de pouvoir découvrir cet été à Lyon un grand nombre d'expositions de haute tenue. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 juillet 2014

A l'ombre des tableaux : les expos de l'été

Depuis le début de sa longue carrière, le photographe Georges Rousse réalise d'étonnants trompe-l’œil en investissant des lieux déshérités, les transformant, les repeignant, en redéfinissant leur structure pour composer ses images. Celles-ci entremêlent abstraction et architecture, poésie et réalité concrète. L'exposition qui lui est consacrée au Plateau (jusqu'au 26 juillet) rassemble une quarantaine d'images à travers un bel accrochage retraçant les grandes lignes de son œuvre.   Le plus jeune plasticien Guillaume Leblon s'empare lui des espaces de l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 24 août) pour inviter le visiteur à «une promenade visuelle» donnant de nouvelles perspectives sur l'architecture et les objets. Les premières salles sont les plus réussies, avec un immense cube d'argile frais ouvert à toutes les figures possibles, des fantômes d'anima

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L'espace d'une image

ARTS | A travers une quarantaine d'images, l'exposition Georges Rousse donne un très bel aperçu d'une œuvre singulière, transformant artisanalement des espaces pour obtenir des photographies mêlant abstraction, poésie et utopie. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 avril 2014

L'espace d'une image

Cercles, disques, carrés, grilles, étoiles... Les motifs de couleur de Georges Rousse s'inscrivent dans des espaces éphémères, invitant et réinventant la peinture abstraite parmi des lieux à l'abandon. Le photographe réunit ainsi Malevitch ou Kandinsky avec l'esthétique des ruines, l'anamorphose et le trompe-l’œil, ou encore la peinture, l'installation-sculpture et la photographie. Chaque image exige une semaine de travail durant laquelle Georges Rousse redécoupe, repeint, redessine les perspectives d'un lieu pour obtenir, suspendue, une apparition géométrique virtuelle sur le papier photographique. «J'ai été confronté à des lieux quelconques, sans qualité architecturale particulière, lisses, presque sans matière, souvent immenses. La transformation devait alors suggérer un collage d'espaces antinomiques, parfois incongrus, rassemblés en une seule et unique image. Il s'agissait pour moi de faire surgir dans cette image une structure rendue virtuelle par sa forme, sa couleur ou sa matière» écrit Georges Rousse. De son premier travail à Villeurbanne en 1982 à ses très récentes interventions dans un bidonville de Mumbai, ou ailleurs aux quatre coins du monde, le photograph

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Nouvelles espèces d'espaces

ARTS | Alors que la peinture (classique), la photographie (dès ses origines) et le cinéma (récemment) tentent par tous les moyens de donner l'illusion de la 3D sur (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 décembre 2013

Nouvelles espèces d'espaces

Alors que la peinture (classique), la photographie (dès ses origines) et le cinéma (récemment) tentent par tous les moyens de donner l'illusion de la 3D sur une surface plane, Georges Rousse semble, dans son travail, prendre tout le monde à rebrousse-poil. Depuis 1981, l'artiste (né en 1947) investit des lieux souvent désaffectés (friches industrielles, bâtiments en ruines...) qu'il "sculpte", "découpe", peint, afin d'obtenir dans ses photographies un irréel motif abstrait en deux dimensions. A partir d'un long processus préparatoire, il photographie donc des "visions" subjectives émanant de sa sensibilité à la lumière, à l'architecture des lieux, à la poésie de l'espace...  «Je ne suis pas intéressé, dit Georges Rousse dans un entretien, par l'idée de créer un effet visuel, une combinaison d'effets qui n'est pas un travail d'artiste. Pour moi, le travail d'artiste, c'est utiliser l'espace. J'interviens en le divisant en fonction de problèmes spécifiques à la lumière, ou à la peinture, ou à la photographie». Au-delà de la réussite esthétique de ses photographies, l'artiste met en jeu les rela

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Thomas Foucher au cœur du corps

ARTS | La galerie Domi Nostrae consacre une fascinante exposition au peintre lyonnais Thomas Foucher. Un artiste du corps, du geste et de la matière, toujours hantés par leur possible effondrement. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 17 novembre 2013

Thomas Foucher au cœur du corps

Le noir et blanc sert aux photographes et aux peintres à mettre un peu de distance avec leurs motifs, à abstraire quelque peu leurs représentations. Thomas Foucher (né en 1976 à Suresnes, vivant à Lyon) utilise très précisément des gris colorés pour réaliser ses tableaux. Malgré ce filtre, quand on parcourt son exposition à la galerie Domi Nostrae, nous sommes immédiatement plongés parmi des entrelacs et des saillies de muscles, de veines, de nerfs, de peaux... Dans un monde de sensations brutes, fortes, frappantes. L'artiste représente pourtant des gestes simples dans ses différentes séries : une main posée à plat sur une poitrine, deux mains essorant une sorte de torchon imbibé d'eau... Gestes qu'il cadre hors de leurs contextes et de manière très serrée. Il y a chez Thomas Foucher une volonté de plonger au plus près de la matière, tout à la fois humaine et picturale. Volonté qui s'emblématise dans un tableau où les torsades de ceps de vignes se reflètent sur les lunettes de soleil d'un personnage, comme saturant son regard.  Fragiles présences

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Beauté convulsive

ARTS | «Dorothea Tanning est surréaliste par sa capacité de mettre le rêve en images, de culbuter la réalité, de ne pas craindre les associations audacieuses, de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 24 octobre 2013

Beauté convulsive

«Dorothea Tanning est surréaliste par sa capacité de mettre le rêve en images, de culbuter la réalité, de ne pas craindre les associations audacieuses, de mettre en pratique l'adage d'André Breton : "la beauté sera convulsive ou ne sera pas", de laisser l'humour surgir au détour du lyrisme. Peintre surréaliste, Dorothea l'a été naturellement, fixant ses rêves sur la toile avant même de connaître les surréalistes» écrit Gilles Plazy dans sa belle monographie de l'artiste américaine (1910-2012). Celle-ci partage avec Joseph Cornell un parcours très similaire : d'abord surréaliste (et non sans distance critique) puis plus personnel et singulier, proche de l'expressionisme d'un Francis Bacon en ce qui concerne Tanning. Ces deux grands artistes ont aussi la malchance d'être très peu connus en France, à tort. Enfin, si Cornell a dédié nombre de ses œuvres à des danseuses, des actrices ou des chanteuses, il partagera avec Dorothea Tanning (quatrième épouse de Max Ernst !) un lien encore plus étroit à travers une correspondance abondante et une complicité artistique au long cours.

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Au-delà du réel

ARTS | Le Musée des Beaux-Arts consacre une très belle exposition à Joseph Cornell et à ses liens étroits avec le surréalisme dans les années 30 et 40. On y découvre à la fois un artiste majeur un peu oublié en France et quelques chefs-d’œuvre de ces sorciers de l'image que furent Man Ray, Salvador Dali, Max Ernst, René Magritte, Yves Tanguy ou Dorothea Tanning. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 23 octobre 2013

Au-delà du réel

Pour user d'une litote, on dira de Joseph Cornell qu'il est un artiste méconnu en France. Depuis 1981 et une exposition au Musée d'art moderne de Paris, rien ou presque à son propos. Il jouit pourtant aux Etats-Unis, d'après Sylvie Ramond (directrice du musée des Beaux-Arts de Lyon et co-commissaire de l'exposition Matthew Affron du musée de Philadelphie), «du statut de véritable icône de l'art américain, au même titre qu'un Jackson Pollock par exemple». Les commissaires tentent donc de rattraper le temps et l'intérêt perdus, tout en précisant «ne pas avoir voulu organiser une rétrospective, mais tenter de réinsérer Cornell parmi l'univers surréaliste, très important à New-York dans les années 1930 et 1940». Il y a là une petite coïncidence amusante, puisque la dernière fois que le musée des Beaux-Arts a exposé de grands artistes américains (Mark Rothko, Jackson Pollock, Barnett Newman... dans l'exposition Repartir à zéro en 2008), c'était au contraire pour montrer combien ces derniers ont voulu se libérer de l'imagerie illusoire et détachée de toute signification historique ou existentielle du... surréa

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Nocturne au musée des Beaux-Arts le 8 novembre

ARTS | Nocturne au musée des Beaux-Arts de Lyon "Joseph Cornell et la musique" le vendredi 8 novembre 2013 de 18h à 22h avec la participation du pianiste Bernard (...)

Nadja Pobel | Lundi 14 octobre 2013

Nocturne au musée des Beaux-Arts le 8 novembre

Nocturne au musée des Beaux-Arts de Lyon "Joseph Cornell et la musique" le vendredi 8 novembre 2013 de 18h à 22h avec la participation du pianiste Bernard Demierre. L’exposition Joseph Cornell et les surréalistes à New York : Dalí, Duchamp, Ernst, Man Ray… est ouverte toute la soirée. Le pianiste Bernard Demierre joue en regard du travail cinématographique de Joseph Cornell, et invite les visiteurs à écouter les compositions d’artistes très admirés par ce dernier : Debussy, Ravel, Satie, auxquels il rend de multiples hommages dans son travail. Concerts à 18h15, 19h30 et 20h45 (25 minutes) Modalités de réservation : A partir du mois de novembre, vous pouvez acheter à l’avance son billet d’entrée pour la nocturne, au tarif de 5€, ainsi que sa place pour le concert de son choix au tarif de 3€. Vous pouvez dès à présent acheter des billets sur la billetterie en ligne:

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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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Espace en voie de réapparition

ARTS | Que sculpture et peinture soient par définition liées à des problèmes d'espace paraît une évidence. Que l'art contemporain reprenne la question à nouveaux frais est plus excitant et essentiel. Quelques-unes des expositions de la saison 2013-14 entament le sujet... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 13 septembre 2013

Espace en voie de réapparition

C'est en général lorsqu'on perd quelque chose qu'on lui reconnaît sa pleine importance... Ainsi de l'espace qui, avec l'accélération et la vitesse chez Paul Virilio et le simulacre chez Jean Baudrillard, se serait, sous nos yeux contemporains, réduit à la portion congrue du pixel à la surface d'un écran. À l'heure de cette disparition problématique, l'Institut d'Art Contemporain axe toutes ses expositions et événements sur l'espace : Fabricateurs d'espaces, une exposition récente, son Laboratoire Espace Cerveau, la prochaine exposition consacrée à Manfred Pernice du 6 décembre au 16 février, artiste allemand interrogeant l'espace urbain. L'occasion de saisir les enjeux du travail philosophique de Peter Sloterdijk, qui ne pose plus les traditionnelles questions «Qui  ? Comment  ?  Quand  ?» mais se demande «Où ?» se trouve l'individu humain. Et traque dans sa trilogie Sphères les espaces relationnels, les résonances, les lieux, les contacts, les espaces fragiles et poreux. Qui nous sont essentiels.

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