Le corps dans tous ses états

ARTS | Des images du corps au corps des images, les expositions de la rentrée font vaciller, danser, se métamorphoser la figure humaine. Et certains artistes, comme Céline Duval ou Erro, vont jusqu'à insuffler une seconde vie aux images elles-mêmes... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 septembre 2014

Photo : Laurence Demaison, Jacques Damez, Tom Castinel


En Avignon, dans une prison désaffectée, des œuvres d'art contemporain ont remplacé les corps dans les cellules et les couloirs (dans le cadre de l'exposition La Disparition des lucioles, jusqu'au 25 novembre). En 2010, au Musée d'art moderne de New York, Marina Abramovic est restée trois mois assise, silencieuse, face au public (le film sur Abramovic The Artist Is Present est projeté au Comoedia, ce dimanche 21 septembre à 11h15). Le corps d'Abramovic remplace cette fois-ci l'œuvre d'art. Comme si, dans ces deux exemples, l'œuvre et le corps étaient interchangeables, la première ne représentant pas seulement l'autre, mais l'un valant l'autre, l'un allant, à la limite, jusqu'à se confondre avec l'autre. On ne vous apprendra certainement pas grand chose en soulignant ici les liens serrés et essentiels entre le corps humain et l'œuvre d'art, mais cette proximité connue vaut la peine d'être rappelée à l'heure lyonnaise où la Biennale de la danse suit le fil de la performance, et où nombre d'expositions de la rentrée auront pour enjeu, d'une manière ou d'une autre, le corps.

Le jeune artiste Tom Castinel par exemple (au CAP de Saint-Fons jusqu'au 31 octobre) ira même jusqu'à se frotter à la danse et à ses antécédents rituels (danse tribale, transe) à travers des œuvres aux matériaux pauvres et réalisées sur les principes du remix, du collage, du sampling. La danse est d'ailleurs aussi à l'honneur du dernier numéro de la belle revue de l'Ecole des Beaux-Arts, Initiales, consacrée à la communauté utopique la Monte Verita au début du XXe siècle. Et c'est tout un vocabulaire corporel fait de gestes, de rituels et de réflexes qu'explore à la BF15 (jusqu'au 8 novembre) l'artiste espagnole Mireia C. Saladrigues.

Images du corps

«Pour moi la photographie est une ressemblance sans modèle, elle ne reproduit pas, elle produit. Son seul sujet est l'état d'âme du photographe. Les états d'âme ne sont ni des notions, ni des concepts, ce sont des formes visibles qui trouvent sur la surface des papiers le support de leur présence : une montée depuis le fond, le paraître des images en attente qui me hantent» écrit le photographe lyonnais Jacques Damez. Dépôt de temps et de sensations, l'image prend corps pour Jacques Damez dans un espace autre, celui de l'œuvre. Elle prends corps tout particulièrement dans sa série de nus (au Réverbère jusqu'au 27 décembre) qu'il poursuit depuis plusieurs décennies : «le nu, sans relâche, se met à nu et lutte avec sa fragilité, avec la peau de son secret. Cette surface exposée est posée hors d'elle, à fleur de peau, là où le corps se fait image, où il sort de lui, où il s'excède. Le nu est un lieu sans confin, ni positif, ni négatif, c'est l'espace du doute et du silence, du secret et du caché, il ne se regarde pas, il opère sur nous une prise de vue»...

A la galerie Domi Nostrae, nombre d'artistes travaillent aussi ce lieu du corps et de la figure humaine pour en imaginer d'autres configurations, métamorphoses, perceptions. Depuis 1993, la photographe Laurence Demaison triture ainsi sa propre image à travers d'étranges autoportraits, entre beauté et frayeur, exubérance et disparition. Elle présentera une trentaine d'images du 12 novembre au 17 janvier.

Corps des images

«Cela commence par le découpage. Je découpe très bien, très net. J'utilise des ciseaux de Thiers très précis pour couper les cheveux les meilleurs» déclare Erro, décrivant sa manière de traiter des images existantes pour réaliser ensuite des collages et, éventuellement, de grandes peintures. Avec lui, il ne s'agit plus du corps comme motif, mais d'une chirurgie et d'une plongée artistique dans le corps même des images contemporaines, dans leur anatomie et leur physiologie, leurs vitesses et leurs textures. «Anticipant, écrit de lui Thierry Raspail, le directeur du MAC, qui consacre à Erro une vaste rétrospective du 3 octobre au 22 février,  quelque trente ans avant notre monde de réseau, de mails, de chats et de tweets, il crée le collage-blog avant l'heure».

Si les images avec Erro acquièrent leur propre "corporéité", alors on peut aussi leur accorder un devenir, un "vieillissement". C'est sur cette idée de "deuxième vie de l'image" que la galerie Le Réverbère organisera une exposition collective en janvier 2015. A l'Espace Arts Plastiques de Vénissieux, Céline Duval exposera quant à elle La Stratigraphie des images, du 20 septembre au 15 novembre, un travail consistant dans l'écriture-montage d'images amateurs existantes. Elle y présentera aussi un livre d'artiste faisant explicitement référence au film Une femme mariée de Jean-Luc Godard, qui explore... le rapport entre le corps et l'image du corps.


Jacques Damez

"Entre[z] libre !"
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Tom Castinel

"Er laütete - She romps"
Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons Espace Léon Blum - Rue de la Rochette Saint-Fons
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Documentation Céline Duval

"La Stratigraphie des images"
Espace Arts Plastiques Madeleine-Lambert 12 rue Eugène-Peloux Vénissieux
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Bande Dessinée | Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à (...)

Vincent Raymond | Lundi 26 octobre 2020

 Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à 18h30, deux illustrateurs d’exception s’en viennent faire un tour à la Librairie La BD — ils en profiteront pour découvrir sa nouvelle adresse au 50 grande rue de la Croix-Rousse —, Baru et Laurent Verron. L’auteur des Années Sputnik, Grand Prix d’Angoulême, présentera Bella Ciao (Uno), premier volet comme son nom l’indique d’un nouveau cycle consacré à l’immigration italienne et à la classe ouvrière, sujets chers à son cœur. Quant au second, bien connu pour avoir un temps repris la série Boule & Bill, il retrouve Yves Sente (avec qui il avait signé un Spirou) pour le deuxième tome de Mademoiselle J : Je ne me marierai jamais.

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Fondus au monde

Photographie | Le Réverbère réunit quatre photographes qui ont le voyage dans le sang de leur création : Thomas Chable, Serge Clément, Jacques Damez et Bernard Plossu.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2020

Fondus au monde

Il est cinq heures du matin à New York, à Dakar, Mumbai, Istanbul, Bangkok... Aux pays des ombres, la vie doucement s'éveille : au pied d'un pont, en bordure de plage, à l'intérieur d'une voiture, ou au reflet d'une vitrine... Et, dans cette montée timide de la lumière, le photographe canadien Serge Clément capte le lent remuement de silhouettes sombres à l'orée du jour. L'accrochage, au Réverbère, de ses images prises aux quatre coins du monde, toujours à la même heure, nous saisit par sa dominante de noirs, cette sorte de brume sombre et flottante d'humanité, parmi laquelle, peu à peu, les images comme les corps se dessinent, se précisent. Ce fondu des formes, cet entre-deux du flou et du réel nous renvoie à l'image d'un autre photographe, Bernard Plossu, métamorphosant un car touristique à Rome en présence fantomatique. Comme si chez l'un et chez l'autre de ces photographes voyageurs, le

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Lotringer, éditeur explosif

Littérature | La revue Initiales retrace les aventures de Semiotext(e) et de l’éditeur-passeur Sylvère Lotringer. Où la french theory croise la scène punk new-yorkaise à grands coups d'écrits, de riffs de guitares et de rats décapités.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 novembre 2018

Lotringer, éditeur explosif

Casquette, sweet à capuche, barbe de trois jours… Tout est dit ou presque sur le portrait photographique qui ouvre le nouveau numéro de la revue Initiales consacré à l’éditeur américain Sylvère Lotringer. Cette "cool attitude" n’est pas chez lui seulement une coquetterie, mais une approche de la vie en générale et de l’édition en particulier. Au début des années 1970, l’universitaire sémiologue globe-trotter (et quelques autres) lance une revue devenue mythique, Semiotext(e) (et maison d’édition à partir des années 1980), qui réunira dans ses colonnes des philosophes, écrivains et artistes de tous horizons : les penseurs français de l’après-1968 (Deleuze, Guattari, Baudrillard, Virillio, Lyotard…), les post-modernes américains (John Cage, Kathy Acker, John Giorno, Philippe Glass…), et d’innombrables inclassables. En novembre 1978, Semiotext(e) redonne aussi à l’écrivain William S. Burroughs toute son importance, largement dénigrée, alors, dans son propre pays. Pendant quelques jours l'év

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Un Herrou très peu discret : "Libre"

Documentaire | de Michel Toesca (Fr, 1h40) avec Cédric Herrou, Baudoin…

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Un Herrou très peu discret :

Oléiculteur dans la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, Cédric Herrou a recueilli, protégé et nourri les réfugiés arrivés dans son jardin. En récompense, il s’est vu reprocher sa solidarité et son humanisme par les tribunaux en 2017. Au fait, quelqu’un se souvient de la devise républicaine ? Des mois durant, le documentariste Michel Toesca s’est donc immiscé dans “l’intimité” d’Herrou — intimité toute relative quand sa propriété devient camp de fortune pour des dizaines de réfugiés en danger — afin d’expliquer le sens de son combat. Et montrer que loin d’être agresseur ou contrevenant, il est victime de tracasseries judiciaires et d’intimidations policières. Paradoxalement, l’agriculteur et les nombreux bénévoles de la Roya qui suivent ce que leur conscience de citoyens leur recommande de faire sont davantage dans les clous de la Loi que la préfecture qui s’acharne sur eux et s’ingénie à la contourner. Ou que ces forces de l’ordre jouant les gros bras dans une gare, abusant milicieusement de leurs prérogatives. N’ont-ils pas conscience que leur mission est inepte et

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Paumé dans la Grosse Pomme : "Nobody's Watching"

American dream | de Julia Solomonoff (Arg-Col-Br-É-U-Fr, 1h41) avec Guillermo Pfening, Elena Roger, Rafael Ferro…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Paumé dans la Grosse Pomme :

Comédien dans une série télé, Nico a plaqué l’Argentine du jour au lendemain pour tenter de percer à New York. Et ainsi s’éloigner d’une relation amoureuse toxique avec son producteur. Mais aujourd’hui, créchant à droite et à gauche, il galère en accumulant les petits jobs au noir… Ce portrait doux-amer d’un personnage à la poursuite d’une chimère (réussir à New York !) n’est pas exempt de charme ; il en faut pour masquer la vérité d’une situation rongée au fil des saisons par la précarité, les désenchantements et la nécessité d’avaler des concessions. En définitive, Nico exerce davantage ses talents de comédien lorsqu’il doit simuler pour ses proches une situation florissante — ou, à tout le moins, prometteuse. Nobody’s Watching, “personne ne regarde“ se révèle autant un constat qu’une mise en garde à son attention : qu’il soit devant la caméra de la supérette où il subtilise de quoi manger ou en concurrence avec d’autres comédiens, Nico semble invisible dans cette grande cité. Tout semble lui contester sa place, voir son identité — tel ce responsable d

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Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Biographie | L'ancien rédacteur en chef d'Interview conte ses souvenirs au sein d'une rythmée biographie d'Andy Warhol tout juste traduite : Holy Terror.

Sébastien Broquet | Mardi 27 mars 2018

Andy Warhol : sa philosophie de A à W

Quelle gageure d'écrire une biographie d'Andy Warhol, lui qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes et travestir la réalité selon son bon vouloir, inventant ses propres superstars. C'est le pari réussi par Bob Colacello, dont l'ouvrage Holy Terror est traduit aux éditions Séguier. L'ancien rédacteur en chef d'Interview, la revue glamour et people lancée par le maître du pop art, raconte tout : son admiration pour son patron, au centre de toutes les attentions, comme les turpitudes subies par lui ou les proches fréquentant la Factory. Andrew Warhola de son vrai nom était un rien tyrannique, cachottier - peu savaient que c'était un fils d'immigrés pauvres venus de Carpates, en Transylvanie. C'est une immersion au plus proche de l'underground new-yorkais des années 70 jusqu'à la mort de Drella en 1987, et ce n'est pas le moins intéressant dans ce livre nerveux où l'on se prend parfois à fulminer contre cet artiste par trop agaçant, dépourvu de conversation (il aimait demander si la personne qu'il venait de croiser était riche, ou dessina un papillon pour l'offrir à Greta Garbo à qu

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Pacte à la guatémaltèque : "Las Marimbas del infierno"

DOCU-FICTION | de Julio Hernández Cordón (Fr-Mex-Guat, 1h14) avec Don Alfonso, El Blacko, Victor Hugo Monterroso…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Pacte à la guatémaltèque :

Guatemala, 2010. Sa musique ne faisant plus recette, un joueur de marimba est mis en cheville par son filleul magouilleur avec un métalleux de renom. L'idée ? La fusion entre hard satanique et percussions traditionnelles. Séduisant sur le papier, son projet se heurte à divers obstacles… Long fut le chemin entre le tournage et la sortie française pour ce film empruntant à la réalité ses protagonistes et son contexte tourmenté. Celui d’un pays en rupture, où la modernité et la crise économique condamnent le folklore à une représentation caricaturale pour touristes ; où les bandes rançonnent tranquillement les particuliers. Victime des uns et des autres, Don Alfonso avait ému Julio Hernández Cordón, au point de lui inspirer ce film doux-amer, aussi tragi-comique que crépusculaire sur les soubresauts créatifs du Guatemala. Le musicien est aujourd’hui le héros, et le héraut de cette cause, aux côtés de deux autres sacrés personnages : un toubib ex-sata

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À l’ombre du deuil : "Soleil battant"

ECRANS | de Clara & Laura Laperrousaz (Fr, 1h35) avec Ana Girardot, Clément Roussier, Agathe Bonitzer…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

À l’ombre du deuil :

Un couple et ses deux petites jumelles arrive dans sa résidence au Portugal pour un séjour estival. Très vite, des tensions apparaissent entre les parents et le spectre d’un drame ressurgit : quelques années plus tôt, leur fille aînée a été victime d’un accident fatal en ces lieux… Au vu de l’argument et de la dédicace finale, on devine que les sœurs cinéastes ont puisé dans une histoire vraisemblablement très proche de la leur pour composer ce long-métrage entrant de surcroît en étroite résonance avec un court précédent, Retenir les ciels (2013). Nul ne les blâmera d’user de l’art, en l’occurrence du cinéma, comme d’un médium cathartique. Esthétique, l’image l’est assurément : les plans à la composition picturale tirent parti des paysages, du moindre crépuscule rougeoyant, des nuits profondes. Quant au soleil du titre, s’il ne fait pas forcément ressentir sa morsure brûlante, ses effets sur les corps et les nerfs sont palpables : les gamines infusent dans un mélange de torpeur, d’éclats de voix et de silences. Elles ne sont pas longues a découvrir le se

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Dans le bain de Klossowski

Littérature | Après Marguerite Duras, John Baldessari ou Pier Paolo Pasolini, la revue Initiales explore (en images, textes et archives) la figure de Pierre Klossowski. Un neuvième numéro passionnant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 mai 2017

Dans le bain de Klossowski

« Comment ne pas s'étonner qu'il ait pu y avoir jamais, en quelque auteur, par je ne sais quelle coïncidence privilégiée, tant d'innocence et tant de perversité, tant de sévérité et tant d'inconvenance, une imagination si ingénue et un esprit si savant, pour donner lieu à ce mélange d'austérité érotique et de débauche théologique ? » écrivait Maurice Blanchot à propos de Pierre Klossowski (1905-2001). Frère du peintre Balthus, Pierre Klossowski a écrit des essais, des récits (Les Lois de l'hospitalité, Le Bain de Diane, Le Baphomet...), a traduit L'Énéide de Virgile (traduction rééditée récemment par la maison d'édition lyonnaise Trente-trois morceaux), a composé de grands dessins au trait volontairement maladroit et aux contenus érotiques. Comme le résume brillamment Emmanuel Tibloux (directeur d'Initiales et de l'École Nationale des Beaux-Arts de Lyon), Klossowski fut une figure triple

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"Pierrot le Fou" : Puisqu’il vous dit qu’il s’appelle Ferdinand !

ECRANS | La récente disparition du chef-opérateur Raoul Coutard, deux ans après celle du vénérable compositeur Antoine Duhamel, poursuit l’inexorable dépeuplement de (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 novembre 2016

La récente disparition du chef-opérateur Raoul Coutard, deux ans après celle du vénérable compositeur Antoine Duhamel, poursuit l’inexorable dépeuplement de l’affiche de Pierrot le Fou. Un paradoxe pour ce film dont l’une des incommensurables particularités est d’arracher au néant primitif pour son générique de début les noms de sa distribution, lettre après lettre et dans l’ordre alphabétique. Fantaisiste, bohème, contestataire et désinvolte, comme seuls peuvent se le permettre les fils de famille, Godard s’offre ici sa dernière récréation digeste, son ultime moment d’enfance véritable et de poésie colorée. Son regard est encore celui d’un bébé admiratif des dinosaures (ici, Sam Fuller), d’un homme amoureux de son actrice et ex-épouse (ici, Anna Karina). L’appel de la politique se fait plus pressant, mais l’heure n’est pas encore à la dialectique maoïste : il manifeste une ironie distante (OAS est maquillé en OASIS), succombe aux charmes de l’aventure comme à la tentation de la comédie musicale : trois ans avant Mai-68, et deux avant La Chinoise, JLG se défend de s’i

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BD Webtrip : “Chers correspondants…“

BD Webtrip | Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

BD Webtrip : “Chers correspondants…“

Sous l’égide des Entretiens Jacques-Cartier — qui favorisent les brassages d’idées entre le Canada et la France — deux festivals majeurs de bande dessinée ont noué depuis cinq ans de fructueuses relations : le festival de la BD francophone de Québec et le LyonBD festival. Ce jumelage fraternel a donné naissance à des résidence d’artistes, des invitations mutuelles, ainsi qu’à d’intenses sessions de réflexions sur les métiers de l’illustration et les particularismes vécus de chaque côté de l’Atlantique. Mais également à des projets éditoriaux dont le dernier en date, Correspondances, sort de presse. Il compile six mois d’échanges entre quatre auteurs de la Belle Province et quatre ressortissants de l’Hexagone ; six mois de découvertes réciproques, de comparaisons et d’interrogations amusées. L’anodin flirte avec l’intime de la création, la description sociétale voisine avec la sociologie fine d’une profession, et la variété des styles proposés garantit une lecture captivante. La genèse de cet album sera dévoilée durant la première partie d’une journée d’étude à l’École Bellecour (10h30 à 12h), l’après

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Femmes minimales

ARTS | Paul Raguenes a réuni au sein de sa galerie trois artistes féminines, héritières peu ou prou du minimalisme au sens large. Et autant d'univers éthérés à découvrir... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 janvier 2015

Femmes minimales

«Less is more» lâchait en une célèbre formule l'architecte Mies van der Rohe. «Moins c'est plus», donc, selon les minimalistes... A tel point qu'à la galerie Snap, on ne sait plus trop ce qui relève de l’œuvre, des lieux ou du hasard, tant les gestes artistiques se révèlent souvent discrets, jouant même sur l'idée de trace et d'absence ! Deux blocs de polystyrène se font face par exemple, creusés seulement de l'empreinte d'un os humain. «Ces pièces font partie d'une série en cours, explique Nadia Guerroui, et forment comme une archéologie du futur. Ces empreintes de clavicule et de fémur évoquent une époque fictive où les derniers os humains auraient disparu.» A proximité, la jeune artiste belge expose dans un coin de mur Beam Split, petite sculpture de papiers de couleur formant une sorte d'arc-en-ciel. Ailleurs, c'est un simple filet de pêche créé à partir d'un fil iridescent qui descend d'un plafond, à peine visible. «Je l'ai réalisé à la main comme une écriture cursive... C'est une sorte de référence à un objet insaisissable qui permet paradoxalement d'attraper d'autres objets, d'autres choses.» Mais où e

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Elle est l'autre

ARTS | Laurence Demaison expose plusieurs séries photographiques à la galerie Domi Nostrae. Un travail passionnant et sans concession sur la (dé)construction de l'identité. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 janvier 2015

Elle est l'autre

Sous l'un de ses portraits gravés, Gérard de Nerval (1808-1855) a écrit à la main : «Je suis l'autre». Etrange formule qui résonne avec celle de Rimbaud, postérieure et plus ouverte encore avec son pronom indéfini : «Je est un autre». Dangereuse formule sans doute aussi, pour un poète qui vécut à plusieurs reprises les souffrances de la folie. Car la folie affronte, entre autre, deux sortes de drames diamétralement opposés : l'impossibilité de se réunir en une identité cohérente, corps et psyché éclatant en morceaux incohérents ; la cristallisation aliénante en l'identité étouffante d'un autre, à une image fixe et fascinante. Ce double écueil de la folie est paradoxalement l'un des ressorts de la création artistique, cherchant à (re)faire et défaire les identités. Depuis le début des années 1990, la photographe Laurence Demaison se consacre quasi exclusivement à l'autoportrait. Un genre qui, avec elle, ne tire pas vers le sublime, mais tout au contraire vers une interrogation, angoissée et angoissante, sur l'identité. La sienne propre et, à travers elle, la nôtre. «Utiliser ma carcasse détestée comme sujet, a pu déclarer l'artiste, aurait é

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Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

MUSIQUES | Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : (...)

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

Muse, David Guetta, Cerrone et Alt-J à Musilac

Premiers noms pour l'édition 2015 de Musilac (10, 11 et 12 juillet, toujours à Aix-les-Bains), et c'est du lourd (vous le prenez comme bon vous semble) : Muse, qu'on ne présente plus, David Guetta, qu'on présente encore moins, Cerrone (notre Moroder à nous, en quelque sorte) et surtout nos chouchous d'Alt-J, fers de lance de cette pop arty et néanmoins charnelle dont l'Angleterre est féconde depuis le début du siècle.

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Erró, artiste monstre

ARTS | Le Musée d'art contemporain consacre une grande rétrospective au peintre d'origine islandaise Erró. Un glouton d'images, un génie du montage et un témoin kaléidoscopique de son temps. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 novembre 2014

Erró, artiste monstre

Parmi les 550 œuvres de la rétrospective Erró (une goutte d'eau extraite d'un océan comptant aujourd'hui quelque 12 000 opus), prenons le tableau Foodscape de 1964, premier des grands tableaux-paysages (dits Scapes) composés par Erro à partir de collages d'images. Sur deux mètres de hauteur et trois de large, le regard s'y perd littéralement parmi une folle prolifération d'aliments et d'emballages, étagés en perspective infinie. Pas la moindre parcelle de vide sur cette toile, pas le moindre espace de "respiration optique", mais une saturation étouffante de bouffe et de couleurs, de signes et de marques. «J'éprouve, déclarait Erró, un vif plaisir devant la quantité. Cela me rappelle quand en Islande, les bateaux rentraient au port regorgeant de harengs». L'artiste aurait-il une certaine peur du vide, dont il se défendrait alors par une boulimie iconographique et picturale, une potomanie de flux d'images et d'accumulation visuelle ? On pourrait du coup s'amuser à établir toute une psychopathologie sauvage de l'artiste se déclinant en angoisse du vide ainsi qu'en difficulté à établir des limites entre l'autre et soi, en difficulté même à

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Erró : «Je suis un témoin de mon époque»

ARTS | En amont de la rétrospective que lui consacre le MAC, Erró nous a reçu dans son atelier. L'occasion d'évoquer avec lui ses influences et sa méthode. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 novembre 2014

Erró : «Je suis un témoin de mon époque»

Influences Mes premières influences sont des dessins médiévaux illustrant les grandes sagas islandaises. La bande dessinée m'a ensuite beaucoup intéressée, avec sa ligne de contours extérieurs et ses aplats. Aujourd'hui elle m'intéresse moins que celle des années 1950 et 1960. Je ne lis jamais les textes et le bon dessin a un peu disparu de la BD actuelle. La BD française par exemple, est très intellectuelle et je trouve les comics américains beaucoup plus vivants.  Procédés Je constitue des stocks d'images très variées (d'un coucher de soleil au portrait photo d'un dictateur, par exemple), provenant de bandes dessinées, de photographies, de coupures de journaux, etc. Je réalise ensuite des collages que je projette, sous formes de reproductions diapositives, sur de grandes toiles pour composer mes tableaux. Tous mes tableaux, depuis un certain temps, sont réalisés à partir de collages. Je réalise quinze à vingt collages par jour, sans jugement, sans hiérarc

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Nus comme des vers

ARTS | Le photographe lyonnais Jacques Damez présente au Réverbère la suite récente de son travail sur le nu féminin, ainsi que d'autres séries d'images. Une œuvre qui fait de la photographie tout à la fois un acte de réflexion, un acte d'émotion et un acte poétique. Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 octobre 2014

Nus comme des vers

Comment est née la série Tombée des nues... ?Jacques Damez : Le nom du projet et les premières photographies datent de 1991. Il est né d'une réflexion plus ancienne encore avec les séries Contraintes par corps et La 25e heure, où je m'interrogeais sur l'autoportrait, "l'autocorps", l'auto-réflexion... C'est aussi un questionnement sur ce phénomène essentiel : je ne comprends le monde qu'à travers mon espace physique, cet espace imposé avec lequel il me faut composer... Après tous ces cercles concentriques autour de mon propre corps, j'ai voulu me confronter au corps de l'autre et à cette question encore plus complexe, celle du nu qui excède celle du corps. Avec Tombée des nues..., je m'interroge sur la peau, sa surface, son abstraction, ses évocations... Comment se déroulent les prises de vue ?Dès le départ, j'ai pris la décision de ne pas "piloter" mes modèles. Je ne demande ni attitude ni pose. C'est l'une des raisons pour lesquelles la série continue : chaque sujet agit différemment avec son corps selon son histoire, selo

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Danse, transe, errances

ARTS | L'installation faite de bric et de broc (d'objets récupérés surtout) est devenue un langage à part entière dans le domaine de l'art contemporain. Comme Sarah (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 octobre 2014

Danse, transe, errances

L'installation faite de bric et de broc (d'objets récupérés surtout) est devenue un langage à part entière dans le domaine de l'art contemporain. Comme Sarah Tritz, comme Paul Wallach et beaucoup d'autres, le jeune Tom Castinel (né en 1984 et vivant actuellement à Lyon) entremêle sculptures, assemblages d'objets, dessins, peintures, mais aussi photographies et vidéos dans ses propositions plastiques. A Saint-Fons, son exposition est organisée comme un «ballet» en deux actes, avec prologue et entracte, imprégnée dans son ensemble par l'idée de danse, de rythme, de musique entraînante (on entend dans tous les espaces du centre d'art une bande son techno). L'artiste fait quelques clins d’œil à certains ballets célèbres (Le Sacre du printemps, Giselle...), danse lui-même dans une vidéo au milieu d'une salle vide, montre dans une autre vidéo deux mains se mouvant autour d'une forme imaginaire. Dans un registre plus archaïque, de petites colonnes ou totems rythment le parcours du visiteur et l'artiste fait référence aux rites et aux danses tribales : étrange petit autel composé d'objets et de tableaux abstraits, masques sculptés... On découvre aussi une bell

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Céline au bain

ARTS | Céline Duval présente à Vénissieux une mise en espace de fonds retravaillés de l'amateur d'art Jules Maciet. Une invitation à redécouvrir ce que les images sont, physiquement et significativement. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 octobre 2014

Céline au bain

Depuis la photographie, depuis le cinéma, depuis Internet, nous serions entrés dans l'ère d'une société, voire d'une civilisation de l'image. On le répète à l'envi, ça semble aller de soi, on s'en émeut vaguement lors de dîners avinés, on y voit comme une évidence en se cognant aux passants fascinés par leurs iPhone, comme un danger pour nos enfants risquant l'analphabétisme ou le passage à l'acte violent... Mais, est-ce qu'en évoquant ces poncifs, on ne dirait pas en fait n'importe quoi ? Marie-José Mondzain pose l'hypothèse, dans Le Commerce des regards, que « pour la première fois peut-être l'image court un grave danger et menace de disparaître sous l'empire des visibilités. Il y a de moins en moins d'images». L'image s'éteint, le regard s'étiole. L'écran s'allume, l’œil clignote. L'actuel est moins tissé d'images que baigné de visibilités : notre société est celle de la luminosité et de la luminescence, de l'écran et de la surface, du sigle et du logo, de la vitesse et du flux, de la surexposition (des feux de la rampe à la vidéo-surveillance) et de la phosphorescence. Aujourd'hui, ce que nous

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Œuvres à expérimenter

ARTS | «Vous pouvez, si vous le désirez, regarder, écouter, prendre conscience de vos sensations et de ce que ces œuvres évoquent pour vous» lit-on à l'entrée de la (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 septembre 2014

Œuvres à expérimenter

«Vous pouvez, si vous le désirez, regarder, écouter, prendre conscience de vos sensations et de ce que ces œuvres évoquent pour vous» lit-on à l'entrée de la nouvelle exposition de l'Institut d'Art Contemporain. Cette invitation nous semble presque étrange, tant elle est pour nous habituelle et très souvent défendue dans ces colonnes. Reste que, pour beaucoup, l'art contemporain est une sorte de discours à décrypter, imposant un fastidieux travail à la Champollion. Saluons donc cette idée de l'IAC de mettre en avant la relation intime entre le visiteur et quelques-unes des œuvres de ses importantes collections, ici présentées par thématiques, par médiums ou bien par salles monographiques. Parmi ces dernières, on a pris particulièrement plaisir à (re)découvrir les œuvres poétiques de l'Italienne Liliana Moro ou les dessins en spirales dans l’espace de Michel François. La photographie est aussi très présente  avec de belles et étranges images signées Patrick Faigenbaum ou Jacques Damez, des travaux sur l'identité de Cindy Sherman ou sur la perception du corps de John Coplans...

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Poursuivre, dit-elle

CONNAITRE | Pour son 3e opus, la revue "Initiales" replonge dans l'univers cinématographique et littéraire de Marguerite Duras. Et invite dans ses pages nombre d'artistes et d'écrivains qui s'en inspirent. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 19 janvier 2014

Poursuivre, dit-elle

«Il y a une bêtise de Duras qui traverse son génie propre» écrit Thomas Clerc à propos de l'homophobie de Marguerite Duras. On ne retracera pas ici le trajet connu de cette écrivain et cinéaste qui en a toujours un peu trop fait, jusqu'à en exaspérer certains ou à interviewer Michel Platini en sachant à peine ce qu'était un ballon de foot. Car ce qui importe, au fond, c'est que l'auteur du "je", de l'oralité, du corps et des pulsions, du désir féminin, a créé des failles géniales, dont les répliques sismiques se ressentent encore aujourd'hui. Il suffit pour s'en convaincre de rouvrir Le Ravissement de Lol V. Stein. Ou bien d'effectuer la petite expérience suivante : si vous êtes, comme nous, accablés par l'apathie des dernières productions de vos cinéastes favoris, visionnez le DVD de Détruire, dit-elle (1969) de Marguerite Duras. Ca tranche, ça intrigue, ça interroge pour le moins. Sur l'écran comme sur le papier, Duras fait bouger les lignes.  Un pas de côté Elle provoque et inspire j

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Les trois font la Peyre

SCENES | Il ose tout, et c’est hilarant car très mal-pensant. Avec une ironie mordante, Florent Peyre ne fait pas dans la demi-mesure et sera l’artiste à ne pas (...)

Nadja Pobel | Mercredi 18 septembre 2013

Les trois font la Peyre

Il ose tout, et c’est hilarant car très mal-pensant. Avec une ironie mordante, Florent Peyre ne fait pas dans la demi-mesure et sera l’artiste à ne pas manquer au festival de l’Espace Gerson. Il n’y a d'ailleurs qu’à lire l’intitulé de ses sketches pour avoir une idée de son ton : À 34 ans, il est père de seize enfants, Un handicapé est allé voir Intouchables, Le Boom des cosmétiques pour enfants… Comme Monsieur Fraize (qui l’an dernier nous avait presque fait mourir de rire lors de ce même événement), Florent Peyre s'est fait connaître grâce au surpuissant tremplin télévisuel On ne demande qu'à en rire. Nicole Ferroni, qui ouvre ces trois jours, est passée par la même case. Seul le troisième larron, Willy Rovelli, n’a pas été noté par le jury de Laurent Ruquier. Il a cependant trusté tous les autres médias (France Inter, Europe 1, France 4, Canal + et même Gulli, où il présentera  en 2014 L’Ecole des fans). En première partie de ces trois comiques déjà établis, chaque soir, une triplette de jeunes talents tentera de s'attirer les faveurs de l'un des trois aréopages con

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Le café-théâtre veille au grain

SCENES | Une nouvelle salle l'an passé, un nouveau festival cette saison : bien que tous ses acteurs ne s'y retrouvent pas, le secteur du rire confirme sa vitalité. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 8 septembre 2013

Le café-théâtre veille au grain

L'an passé, à cette période, le milieu du café-théâtre était en passe d'être bousculé par l'ouverture de la Comédie-Odéon. Cette rentrée, plus calme, est l'occasion d'en tirer un premier bilan. Il fait d'état d'une seule victime : le Complexe du Rire qui, à une poignée de lointaines reprises près (comme le solo sportif de Yoann Metay, du 19 mars au 5 avril), ne propose quasiment plus que de l'impro et des comédies mineures dont on doute que la Semaine de l'humour (du 5 au 20 octobre), ce dispositif visant, un peu comme Balises, à promouvoir et éclaircir les nombreuses programmations du secteur, suffira à nous les rendre amusantes. D'autant que l'Espace Gerson s'en est désolidarisé pour mieux «faire son festival» (du 26 au 28 septembre à la salle Rameau, où se produiront d'ailleurs le toujours frondeur Christophe Alevêque le 10 octobre et la pétillante Bérengère Krief le 21 décembre). On en reparlera le moment venu, pas seulement parce

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Jeune & jolie

ECRANS | Avec ce portrait d’une adolescente qui découvre le désir et brave les interdits, François Ozon prouve sa maîtrise actuelle de la mise en scène, mais ne parvient jamais à dépasser le regard moralisateur qu’il porte sur son héroïne. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 10 juillet 2013

Jeune & jolie

Jeune & jolie : un titre qui est autant une référence au magazine pour adolescentes qu’une mise au point de la part de François Ozon. Il ferme ainsi sa longue parenthèse d’actrices vieillissantes et revient à la jeunesse érotisée de ses premières œuvres, courtes ou longues. L’introduction tient lieu d’énorme clin d’œil : sur une plage déserte, Isabelle, seize ans — prometteuse Marine Vacth, sorte de Lætitia Casta en moins voluptueuse — retire le haut de son maillot de bain, se pensant à l’abri des regards. En fait, la scène est vue depuis les jumelles de son petit frère et en deux plans, trois mouvements,  Ozon s’offre un digest de son premier âge de cinéaste : la plage comme lieu de fantasmes, ses alentours comme repaire des désirs troubles. Clin d’œil donc, mais trompe-l’œil aussi : ce voyeurisme-là n’est qu’une fausse piste et même si par la suite tous les regards se tourneront vers Isabelle pour percer son inexpliquée conversion à la prostitution, Ozon ne cherche jamais à créer de suspens malsain autour de ses activités : au contraire, c’est l’évidence

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Sotte en hauteur

SCENES | On connaissait la vraie-fausse nunuche façon Anne Roumanoff. On connaissait aussi la garçonne forte en gueule type Florence Foresti. Christine Berrou invente une troisième voie pour l'humour au féminin. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Dimanche 17 mars 2013

Sotte en hauteur

Sur la fin de De l'importance de prendre de la hauteur, le one-woman-show qu'elle donne depuis un peu plus de deux semaines et jusqu'à la fin du mois au Boui-Boui, Christine Berrou fait étalage du pouvoir d'intimidation en sa possession en faisant mine de chercher un cobaye dans le public. Silence époumonant, sourires crispés, postures compassées : l'effet est saisissant. Il l'est d'autant plus qu'il ne tient pas simplement à la nature ambivalente de la relation artiste-public et à quelque crainte ancestrale du regard de l'autre. Il tient aussi au fait que, durant l'heure précédant l'expérience, cette journaliste reconvertie dans le stand-up a fait montre d'un sens de l'interactivité et d'un don pour la répartie cinglante assez phénoménaux. Le soir de notre présence, un bavard d'un certain âge et un trentenaire à l'air rigide, sans cesse pris à partie sous les sobriquets respectifs de Père Fouras et Hitler, l'auront constaté à leurs dépens. It-girl next door Le hic, c'est que dès qu'elle interrompt cet impitoyable et néanmoins bienv

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Revue des revues

ARTS | Malgré leur mort clinique annoncée, les revues d’art bougent encore. Mieux, à Lyon, "Initiales" vient de naître à l’Ecole des Beaux-Arts. Et d’autres, guère plus anciennes (Hippocampe, Specimen, Rodéo), nous donnent rendez-vous pour une rencontre avec leurs responsables à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 7 février 2013

Revue des revues

Désuet le papier ? Enterrées les revues ? Passée de mode la critique d’art prenant son temps et son souffle ? A Lyon, en l’espace de quelques mois et à contre-courant de toutes les idioties proférées sur le tout numérique, trois revues d’art de qualité ont vu le jour. Et c’est loin d’être l’affaire de "vieux cons" hors de l’époque et ne sachant pas manier une souris… Gwilherm Perthuis, qui n’a pas passé la barre de la trentaine, a fondé il y a quelques années la belle revue semestrielle et pluridisciplinaire Hippocampe (arts, littérature, sciences humaines), dont nous avons déjà fait l’éloge dans ces colonnes et qui sortira ces jours-ci un nouvel opus consacré au Liban. Non content de cela, l’agitateur d’idées a lancé en octobre dernier un mensuel du même nom : quatre grandes pages débordant de textes où l’on peut lire de longues critiques d’expositions, des chroniques de spectacles, de livres ou de disques. Dans un premier édito tonitruant, il écrit : «De plus en plus de médias publient des papiers généraux sur des expositions qui n’ont pas encore ouvert leurs portes et sur lesquelles ils proposent simplement quelques arguments tirés des dossiers de presse. Les mag

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Les pitres et jeunes acteurs

SCENES | Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 4 janvier 2013

Les pitres et jeunes acteurs

Les demi-saisons café-théâtrales se suivent et ne se ressemblent pas : là où le premier semestre de l'année 2012 se résumait à des prolongations et des big names, celui qui débute ces jours fait la part belle aux concepts inédits et aux futurs grands. Au Comédie-Odéon par exemple, deux rendez-vous réguliers peuvent valoir le détour. D'un côté La Revue de presse, sorte de Petit rapporteur

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Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

ARTS | Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini.

Dorotée Aznar | Mercredi 11 avril 2012

Podcast / Entretien avec Gyan Panchal

Date de première diffusion:  10 Avril 2012Emission n°105 Durée: 31’45 minInvité: Gyan Panchal, artisteContenu: Le sculpteur Gyan Panchal expose jusqu’au 28 Avril 2012 à Lyon dans la vitrine Bikini. Ce lieu d’art, aussi petit dans ses dimensions que grand dans sa programmation, nous propose une nouvelle fois de découvrir un artiste d’envergure. Entretien. Chroniques: Gwilherm Perthuis présente ‘Conversations’ de Manuel Fandat; Solenne Livolsi nous parle du photographe Malgache Pierrot Men. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles : Le site de la galerie Frank Elbaz, galerie de Gyan Panchal

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Circonvolutions

SCENES | Entre cirque, danse, théâtre et musique, le nouveau spectacle de Zimmermann & De Perrot fait chavirer les identités et tourner les têtes avec humour, poésie et virtuosité Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 24 février 2012

Circonvolutions

«L'appel que nous venons d'entendre, c'est plutôt à l'humanité tout entière qu'il s'adresse. Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité c'est nous, que ça nous plaise ou non. Profitons-en, avant qu'il soit trop tard. Représentons dignement pour une fois l'engeance où le malheur nous a fourrés», dit Vladimir dans En attendant Godot de Beckett. Une tirade qui pourrait fort bien résumer les enjeux de la nouvelle pièce de l'inclassable duo suisse Zimmermann & De Perrot. Hans was Heiri (soit bonnet blanc et blanc bonnet) s'ouvre sur l'avancée hors de la pénombre de quelques individus-pantins munis de différents cadres en bois. Soit sept personnages en quête de hauteur, et une future micro-société miroir de la nôtre. «On s'est interrogé pour cette pièce sur l'intimité, le groupe, l'appartenance ou non au groupe, l'individualité. Sur la façon dont on est rassurés quand on appartient à une société, une famille. Ce sentiment peut aussi entrer en contradiction avec ce qu'on veut et peut faire soi-même, avec l'idée de solitude aussi. On a réfléchi sur le fait d'être dedans ou hors d'un groupe, sur la solitude au sein d'une foule...», nous confient

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Le Réverbère sort ses réserves

ARTS | La galerie photo Le Réverbère réunit six de ses artistes pour une exposition consacrée à des œuvres récentes, décalées ou rarement montrées. Simple et efficace. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

Le Réverbère sort ses réserves

Au rez-de-chaussée du Réverbère règne un certain esprit de liberté et de simplicité. La Lyonnaise Arièle Bonzon nous accueille avec des vues de désert, dont un très bel arbre esseulé dépliant ses rameaux au-dessus d'une dune... Un peu plus loin, Lionel Fourneaux associe librement des dessins enfantins (griboullis, oiseaux, empreinte de main...) à des photographies. Un procédé déjà souvent utilisé mais qui, là encore, révèle tout son potentiel de décalage et de poésie. «Ces dialogues obéissent à une seule loi, celle de l’attraction personnelle, elles ne s’imposent donc à personne, mais peuvent toucher ceux qui n’ont pas oublié cette dimension du jeu et du plaisir propre aux premières années de la vie. La proximité de mes enfants, leurs sentiments mêlés au spectacle de la bizarrerie du monde m’aident à recouvrer cet état d’innocence, de fraîcheur – disons cela – et de rêverie volontiers naïve, mais verticale qui m’autorisent à fabriquer ces images métisses» écrit le photographe. À ses côtés, Jean-Claude Palisse poursuit son tr

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Chroniques d'un chantier

ARTS | Le projet urbain Lyon Confluence est l'un des plus importants depuis belle lurette à Lyon et ne pouvait au départ qu'être excitant... Concrètement, un grand (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 janvier 2012

Chroniques d'un chantier

Le projet urbain Lyon Confluence est l'un des plus importants depuis belle lurette à Lyon et ne pouvait au départ qu'être excitant... Concrètement, un grand nombre de bâtiments ont vu le jour signés souvent par des architectes prestigieux. Et là, intuitivement et d'un strict point de vue esthétique, on ne peut que déchanter, tant les architectures semblent ne pas tenir compte les unes des autres, et tant certaines semblent déjà prématurément vieillies et un peu lourdes (le fameux "cube orange" se présentant comme un grand tissu déchiré un peu grunge de Jakob et MacFarlane). Il suffit de descendre au terminus du tramway pour ressentir la pesanteur des lieux, pris que nous sommes alors dans l'étau menaçant et sinistre du prochain pôle de loisir à "tribord" et par l'énorme Conseil Régional signé Christian de Portzamparc à "bâbord"... Il n'y a plus qu'à espérer que les usagers, les habitants, les salariés des lieux s’approprieront ces mastodontes et insuffleront quelque vie au quartier... C'est l'objet du troisième volume du photographe (et galeriste) Jacques Damez et de l'écrivain François Salvaing consacré à La Confluence. Depuis 2006, Jacques Damez a e

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Regardez-les !

SCENES | Toutes les paillettes se sont évaporées dans les feux d’artifices (somptueux) du 8 décembre. Les théâtres doivent donc trouver d’autres moyens pour vous séduire. Et à l’Iris comme aux Célestins, on ne lésine pas sur un travail appliqué. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2011

Regardez-les !

Avant même que les spectateurs n’aient pris place dans la salle, les Célestins sont devenus un gymnase. Voire une salle de concours athlétique. Échauffement, musique électro façon quart-temps de basket. Ne manque plus que les pom pom girls pour accompagner les pyramides humaines des acrobates de Tanger. En dix minutes ils font étalage de leur indéniable talent athlétique. Fort heureusement, assez vite, Martin Zimmermann rattrape par le col son spectacle Chouf Ouchouf ("Regarde, regarde encore") créé avec son éternel acolyte Dimiti de Perrot. De magnifiques scènes de précision et d’équilibre trouvent un peu de la grâce qui caractérise ce duo et dont manquent indéniablement les Marocains pour qui tout geste se déploie en force. La suite de cette heure est à l’avenant : des numéros contrôlés par les Suisses avec parfois des parenthèses que l’on sent insufflées par les acrobates comme ces scènes assez déstabilisantes car d’une totale véracité : un souk ou un pas de danse esquissée par une femme voilée avec un partenaire masculin à califourchon sur ses épaules. Une sacrée audace et même une transgression qui, le temps d’un instant, rappelle que

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La Guerre est déclarée

ECRANS | De et avec Valérie Donzelli (Fr, 1h40) avec Jérémie Elkaïm, Frédéric Pierrot…

Christophe Chabert | Mercredi 24 août 2011

La Guerre est déclarée

Le premier film de Valérie Donzelli, La Reine des pommes, avait été couronné par nos soins "pire film de 2010" et comparé à un Ed Wood du cinéma d’auteur à la française. Comment expliquer que La Guerre est déclarée, sa deuxième réalisation, soit aujourd’hui un des événements de la rentrée, salué par des torrents d’applaudissements et de larmes à chaque projection depuis Cannes ? On y trouve pourtant des défauts rappelant le foirage précédent : un dialogue chanté musicalement désastreux, des affèteries de style et de dialogue, Jérémie Elkaïm (moins mauvais qu’à l’accoutumé, certes), des balourdises allégoriques (lui Roméo, elle Juliette, leur fils Adam), une reconstitution d’époque jamais assumée (le film se déroule au début de la guerre en Irak, d’où le titre), des scènes de fête hors sujet… Et pourtant, quelque chose résiste à cet auteurisme étouffant : le sujet, poignant et renforcé par sa dimension autobiographique, où un couple doit faire face au cancer qui menace leur enfant. Donzelli trouve la bonne distance entre émotion brute et pure observation, à l’image des deux personnages qui tentent de résister à leur douleur de parents pour faire bloc av

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La Horde

ECRANS | Fantasme de geek devenu réalité, le premier film de Yannick Dahan et Benjamin Rocher n’est pas la profession de foi attendue du cinéma de genre à la française, mais une série B (et parfois Z) hargneuse, suintant à grosses gouttes l’envie d’un cinéma différent. François Cau

Dorotée Aznar | Vendredi 5 février 2010

La Horde

Héraut par excellence d’un public souhaitant voir les acteurs français sortir de leurs huis clos intimes dans des deux pièces / cuisine pour régler leurs problèmes au fusil à pompe, Yannick Dahan, via ses pamphlets critiques dans l’émission Opération frisson ou dans les revues Mad Movies et Positif, a donc endossé, contraint et forcé, le statut de sauveur potentiel du cinéma de genre national. Une responsabilité pour le moins monumentale, La Horde étant depuis sa mise en branle attendu comme le messie, LA locomotive à même de relancer l’intérêt du public de notre beau pays et convaincre le landernau du 7e art de la légitimité de telles initiatives. Une pression accentuée par la décision, courageuse pour ne pas dire kamikaze, du distributeur de sortir le film sur 200 copies… Soyons francs, La Horde est un authentique film de sales gosses désireux d’en remontrer aux bien-pensants, un pet délicieusement odorant sur la toile cirée d’un cinéma français ripoliné jusqu’à l’abstraction. Un film en colère, avec tout ce que ça peut impliquer d’écarts bordéliques. Enculé of the dead Le montage qui éclaboussera les écrans est la deuxième

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Belle collec'

ARTS | Expo / Les galeristes Jacques Damez et Catherine Dérioz exposent leur collection personnelle au Réverbère. Un régal pour les amateurs de photographie. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 11 avril 2007

Belle collec'

«Notre collection personnelle n'est pas une simple accumulation d'œuvres et de signatures. Ce n'est pas non plus une succession de coups de cœur plus ou moins compulsifs et désordonnés, ni la conséquence de décisions trop raisonnées et sans appel, vouées à un seul courant de la photographie. C'est une quête sans cesse renouvelée de nouveaux temps, semeurs de trouble esthétiques et éthiques...», écrit Jacques Damez. Bien malin donc serait celui capable de déceler, au regard des très nombreuses images exposées, une quelconque ligne artistique dominante. Tout au plus remarque-t-on l'absence de photographies clinquantes ou à la mode, et un certain goût pour les images ouvrant dans leur propre «espace» d'autres cadres, d'autres fenêtres, d'autres surfaces réfléchissantes, d'autres abîmes optiques. La plupart des artistes font partie de la galerie, mais on découvrira aussi quelques grandes figures de l'histoire de la photographie (Raoul Haussmann, Bill Brandt), des compagnons de route (Bernard Plossu) ou d'anciens photographes de la galerie (Bernard Descamps). Troubler, bousculer le regard François Truffaut et Orson Welles, saisis en noir et blanc par Xavier Lambours, nous accueillent

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À même la peau

ARTS | Expo / Le photographe Jacques Damez plonge son objectif dans le corps nu et mystérieux des femmes. Une traversée à la fois charnelle et métaphysique. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 13 juin 2007

À même la peau

Une femme nue accroupie entourant ses jambes pliées de ses bras, et dont on ne voit que le menton et la bouche entrouverte ; une autre, en face, dans la même pose mais plus estompée et floue... Un superbe paysage de peau flottant, indécis, entre lumière et obscurité. Un dos à la texture âpre et grisâtre, bosselé de muscles et de vertèbres, sans commencement ni fin... D'emblée, l'exposition de Jacques Damez éclate le regard aux quatre coins du corps féminin, le colle au plus près de la peau, de ses accidents et de ses innombrables textures. Regard désorienté, fragmenté, enveloppé, qui se perd parmi les noirs opaques ou les dégradés de gris et les chairs à l'heure du loup. Les formats des images noir et blanc varient sans cesse, de même que le grain et la qualité du papier. Il y a des seins ou des fesses qui semblent sortir du cadre, des parties confuses et d'autres d'une grande netteté et précision. On croit pouvoir se raccrocher à un ou deux visages, pensant y reconnaître le genre coutumier du portrait, mais la figure sociale ou psychologique s'efface ici au profit d'une face nue, silencieuse, évanescente.... «La tête baissée sur le viseur 6*6, les yeux fixés sur le dépoli, je p

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Descentes dans l'arène

SCENES | Performances & cirque / Y'a pas de sot métier : c'est ce que doit se dire Steven Cohen lorsqu'il exécute certaines de ses performances un godemiché fiché dans (...)

| Mercredi 12 septembre 2007

Descentes dans l'arène

Performances & cirque / Y'a pas de sot métier : c'est ce que doit se dire Steven Cohen lorsqu'il exécute certaines de ses performances un godemiché fiché dans l'anus. Ce sud-africain, figure de proue (de poupe aussi, il est vrai) de la performance «politico-body-genders», sera aux Subsistances en janvier pour une nouvelle création. Auparavant, les Subs organisent trois jours de performances (les 27, 28, 29 septembre) avec les chorégraphes Alice Chauchat & Frédéric Gies, l'hurluberlu espagnol Oskar Gomez Mata et le jeune David Bobée, ancien assistant du metteur en scène Éric Lacascade. Il y aura aussi beaucoup de nouveau cirque cet hiver (forcément) aux Subsistances avec les retours de Zimmermann et De Perrot, artistes burlesques et kafkaïens capables du pire comme du meilleur (leur inoubliable première pièce Gopf) ; du jongleur tous terrains Philippe Ménard qui cette fois-ci fera valser des balles... en glace ; et de la contorsionniste québécoise Angela Laurier avec sa création Déversoir, aboutissement d'une longue exploration de son propre roman familial. En parlant de roman familial, vous savez peut-être que les psychanalystes aiment Fellini qui lui même aimait les clowns... Alor

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Le temps de la photo

ARTS | Expos / Belle exposition à la Bibliothèque de la Part-Dieu où quatre photographes du Réverbère présentent des travaux récents. Parmi eux : Julien Guinand ou le temps suspendu, et Arielle Bonzon ou le temps accéléré, urgent. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mercredi 28 novembre 2007

Le temps de la photo

Certains s'y emploient avec des tomates, Julien Guinand, lui, réalise des concentrés de temps. Cela s'appelle aussi des photographies, même si la peinture hante ses images. Temps concassé, broyé à la manière de pigments, puis lissé en lumières étales tirant vers le gris et en couleurs mates comme celles du silence. Suspens, stase, apnée. En une dizaine de grands formats, Guinand aimante notre regard sur des choses qui a priori ne nous passionnent guère : un moteur de voiture sur une chaîne de montage, des tireurs à la carabine dans leur stand, un poulain anesthésié couché dans un renfoncement sombre... Mais la densité de ses images anesthésie justement le regard, envoûte, méduse. Du lierre envahit un coin de forêt et ce paysage devient un monochrome vert enveloppant, un espace fantomatique où l'on prend plaisir à se perdre. Même si la mort rôde parmi les feuillages, tout comme elle rôde dans les autres photographies où le temps, en quelque sorte, meurt (temps mort disent les sportifs). Le poulain s'endort. Les tireurs s'évadent dans un lieu mental dont ils détiennent seuls le secret. La mort ou le vide aiguisent ici la vie, la sculptent, la mettent sous tension, la pétrifient et

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