Arrêt sur images

ARTS | Un retour sur la Grande guerre, des photos de Lyon en couleurs, d'autres en noir et blanc, des roses, et la ré-ouverture d'une exposition permanente complètement modernisée au musée de l’Imprimerie : coup d’œil sur les temps forts qui vont rythmer l’année à Gadagne, au CHRD & co.. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Photo : © Paul Nerson


La guerre en couleurs. Pas de vieux clichés colorisés, mais une exceptionnelle collection de soixante images prises par un Lyonnais sans histoire, Paul Nerson, qui durant la Seconde Guerre mondiale a photographié son épouse, aussi bien chez eux que dans les rues de la ville. Voilà le trésor, et l'éclairage inédit qu'il offre du quotidien pendant le conflit, que le CHRD proposera entre juin et septembre. Auparavant, après au terme de la très émouvante et très documentée expo sur le Débarquement (le 4 janvier), ce sont soixante-neuf dessins et un carnet de croquis qui seront présentés de mars à juin : ceux du déporté Arthur Goldschmidt, qui a réalisé des portraits de ses co-détenus lors de son internement au camp de Theresienstadt.

Le CHRD avait fait peau neuve fin 2012. Le 12 novembre, c'est le vieillissant musée de l'Imprimerie qui s'offre, pour ses cinquante ans, une totale refonte de son parcours permanent - en garnde partie déjà visible - et adjoint à son nom la particule "et de la communication graphique". Une large part des collections sera dédiée au XXe siècle, trop absent jusque-là, tandis que l'imprimerie, l'image et la typographie, autrefois traitées séparément, seront abordées de front de façon chronologique, de l'imprimerie coréenne au Macintosh. La prochaine exposition temporaire sera précisément consacrée à cette cure de jouvence ("Voir ! 50 ans de changements" du 13 novembre au 1er mars) et la suivante (du 9 avril au 12 juillet) ciblera les imprimés botaniques.

 

VOIR ! 50 ans de changements (13nov 2014-1er mars 2015)

En rose et noir

Un sujet qui ne doit rien au hasard : en juin 2015 Lyon accueillera le dix-septième Congrès mondial des sociétés des roses. L'événement rejaillira du coup sur la programmation de plusieurs musées, à l'instar de Gadagne, qui proposera, au lendemain de son expo sur le compagnonnage (jusqu'au 4 janvier), deux manifestations sur ce thème en mai-juin. Elles conclueront une saison plus calme que les précédentes, la directrice Maria-Anne Privat-Savigny ayant quitté le navire avant l'été - Xavier Fourneyron, directeur général adjoint à la culture de Lyon, n'assure qu'un intérim.

Des roses, il en sera aussi question aux Archives municipales au printemps dans le cadre d'un cycle d'expos photo qui commence le 8 octobre avec les magnifiques clichés noir et blanc de Philippe Schuller (des commerces lyonnais des années 80) et se poursuivra avec ceux d'Yves Neyrolles (février-avril). Ces images seront exposées dans le hall du bâtiment, l'espace principal devant entrer en rénovation dès la fin (le 20 décembre) de la très intéressante Lyon, l'italienne.

Un autre événement va se répercuter sur la programmation des musées : l'Année mondiale de la lumière, en 2015, qui sera évoquée dans l'exposition dite "printemps-été" du Planétarium. En automne-hiver, ce sont les travaux mixtes du plasticien Laurent Mulot et de l'astrophysicien Thierry Stolarczyk qui trouveront leur place à côté de l'exposition permanente inaugurée l'an dernier.

Les musées gallo-romains de Fourvière et Saint-Romain-en-Gal sont eux en stand by. Ils sont bien sûr ouverts, mais leur politique culturelle et leur programmation sont soumises à leur changement de tutelle au 1er janvier : l'un se retrouvera sous l'égide de la Métropole, et l'autre sous celle du "Nouveau Rhône.

Enfin, d'une guerre l'autre, le premier conflit mondial sera à l'honneur dans le conséquent réseau des bibliothèques municipales avec un dense programme de conférences, d'ateliers et d'expos. En point d'orgue, du 7 octobre au 10 janvier à la Part-Dieu : un parcours sur le quotidien de cette ville à l'arrière du front, entre foires, présence de troupes étrangères, usines de guerre et travail des femmes.

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Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Bibliothèques | Nicolas Galaud a pris son poste le 1er octobre à la tête du premier établissement culturel de la Ville de Lyon : le réseau des bibliothèques municipales. Fermées durant le premier confinement, elles sont désormais ouvertes. Et très fréquentées. Ce conservateur général des bibliothèques, passé par Reims, Brest et tout récemment Bordeaux, évoque cette situation particulière et son cap pour les prochaines années.

Nadja Pobel | Mercredi 14 avril 2021

Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Quel bilan tirer de la réouverture des bibliothèques municipales de Lyon depuis le 1er décembre ? Nicolas Galaud​ : La période actuelle est significative de la place qu’ont aujourd’hui les bibliothèques dans le paysage culturel. Je déplore bien sûr que les autres établissements culturels soient fermés et trouve incompréhensible que les musées soient portes closes, car il n’y a pas plus de risques sanitaires que dans les bibliothèques et nous les maitrisons. Il n’y a pas de clusters, alors que nous recevons 200 000 personnes par mois dans nos lieux. Les décisions gouvernementales répondent à d’autres logiques. Mais les bibliothèques sont partout le premier établissement culturel en terme de fréquentation, c’est l’une des principales portes d’entrée vers la culturel. Dans beaucoup de communes, c’est le seul établissement culturel existant. Les étudiants, les collégiens, les lycéens y trouvent aussi un espace de travail. Un des r

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Lyon : clique et collecte à la bibliothèque municipale

Covid-19 | Malgré une situation sanitaire « très inquiétante » selon Grégory Doucet, la Ville ne baisse pas les armes en matière de culture et va rendre les bibliothèques municipales accessibles à tous. Quant au 8 décembre… il sera un appel à lumignons.

Nadja Pobel | Lundi 16 novembre 2020

Lyon : clique et collecte à la bibliothèque municipale

Il est des différences qui ne sont pas anodines. La culture, totalement, scandaleusement, absente du discours de Jean Castex le jeudi 12 novembre, a été le premier sujet de Grégory Doucet lors de son troisième point presse du deuxième confinement, une fois le bilan sanitaire édicté. Si toutes les salles de spectacles sont fermées conformément aux décrets gouvernementaux, la bibliothèque municipale va rouvrir façon "clique et collecte" dans une opération baptisée "prêt à emporter". Le souhait du maire d’ouvrir spécifiquement aux étudiants avait été retoqué par la Préfecture au motif que ces derniers pouvaient aller (sur rendez-vous) à la BU. Cette fois-ci, les usagers n’auront pas accès aux salles mais pourront réserver « cinq à huit documents vraisemblablement » selon Nathalie Per

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Pendant le confinement, Grégory Doucet veut ouvrir les bibliothèques pour les étudiants

Covid-19 | Première conférence de presse de confinement pour Grégory Doucet. Le stationnement sera toujours payant et la bibliothèque pourrait peut-être être ouverte aux étudiants. La mairie en a fait la demande au Préfet. Détails.

La rédaction | Vendredi 30 octobre 2020

Pendant le confinement, Grégory Doucet veut ouvrir les bibliothèques pour les étudiants

Soumis aux injonctions gouvernementales, Grégory Doucet a précisé ce vendredi les mesures adaptées à la Ville de Lyon, mettant en avant les solidarités et la coopération. Concernant la culture, les lieux fermés au public seront bien ouverts aux artistes pour des répétitions, avec éventuellement des captations de leur pratique, pouvant être diffusées sur le Web. Les modalités restent à définir. La Bibliothèque Municipale fermée depuis ce vendredi 30 octobre pourrait faire l’objet d’une dérogation. « Avec d’autres maires de la Métropole, j’ai demandé au préfet une dérogation pour les ouvrir aux étudiants, car les universités sont désormais fermées et les bibliothèques universitaires ne sont pas ouvertes à toutes et tous, car leur fréquentation est sur rendez-vous pour respecter la distanciation physique » a déclaré Grégory Doucet. La réponse devrait être rendue dans quelques jours. Le stationnement ne sera pas rendu gratuit comme au printemps. Les mairies d’arrondissement seront ouvertes pour les services d’état civil et l'accès aux droits. Toutes seront fermées de 12h30 à 13h30. Les marchés couvert

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Au CHRD, résister aux clichés de l'étrange défaite de 1940

Histoire | Cette exposition — dont l’ouverture était prévue en juin — s’ouvre désormais sur un parcours dense qui explicite une défaite express.

Nadja Pobel | Jeudi 22 octobre 2020

Au CHRD, résister aux clichés de l'étrange défaite de 1940

Une étrange défaite ? Le CHRD et le commissaire Gilles Vergnon rajoutent un point d’interrogation à cette formule de l’historien Marc Bloch, en se demandant si ces six semaines (du 10 mai au 25 juin 1940) ne furent pas, surtout, une « étrange victoire » allemande. Scindée en trois axes (ocre pour les combats au front, bleu pour l’aspect politique et rouge pour les populations civiles), cette exposition foisonnante permet d’appréhender une époque surtout connue par des images — comme celles de la 7e compagnie où le soldat français est perçu comme inefficace et frivole. Bien sûr, elle va plus loin, une fois faites les présentations des militaires (vestimentairement et en nombre). Il est question des conséquences de cette guerre éclair et des presque dix millions de civils obligés de fuir leur domicile comme le documentent ces dessins d’enfants faits à l’école, chargés de couleurs et de douleurs. Jeux interdits, évoqué ici, en est aussi le reflet. Et de façon plus raide et aride sont présentés des carnets de soldats. 104 579 d’entre eux mourront au combat dont 58 00

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Au Musée des Confluences, la vie des objets avec Simonetta Greggio

Concours d'écriture | Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 14 octobre 2020

Au Musée des Confluences, la vie des objets avec Simonetta Greggio

Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle Pagano, Philippe Forest, Olivia Rosenthal — au cœur de fictions inédites pour la collection Récits d'objets du Musée des Confluences. Collection qui fait doublement sa rentrée en ce début d'automne avec des habits neufs — un nouvel éditeur : Cambourakis. D'abord parce que l'autrice italienne et francographe Simonetta Greggio et la Mauricienne Ananda Devi y publient L'Ourse qui danse et Fardo où la fiction s'empare respectivement d'une statuette inuit et d'une momie de femme péruvienne. Ensuite, via un concours d'écriture ouvert à tous en partenariat avec la BmL (et Le Petit Bulletin). L'idée : imaginer, dans l'esprit de la collection, une fiction autour d'un des trois objets exp

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Un nouveau site Web pour le CHRD

Histoire | Des ressources à foison, les visites des anciennes expos, un audio guide pour la permanente : à l’occasion de l’inauguration de 1940, une étrange (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2020

Un nouveau site Web pour le CHRD

Des ressources à foison, les visites des anciennes expos, un audio guide pour la permanente : à l’occasion de l’inauguration de 1940, une étrange défaite, le site du CHRD fait peau neuve. Et ça se voit ! Huit ans après la réouverture du lieu et sa décision de traiter Lyon dans la guerre et non la guerre elle-même, ce musée fondamental offre une série de conférences (sur Marc Bloch, la géopolitique des murs aujourd’hui, les réfugiés dans l’Europe de 1938…), des dossiers thématiques (les femmes dans la Résistance, l’arrestation de Jean Moulin…). Ce nouveau site permet de revenir dans le détail sur des notions peu diffusées et pourtant passionnantes, dont il avait été question en ce lieu : comment se nourrir ou s’habiller en temps de guerre ?

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Nicolas Galaud, nouveau directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon

Mercato | Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 18 juin 2020

Nicolas Galaud, nouveau directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon

Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles Eboli, bientôt retraité, qui était en poste depuis 2011 et « a fait un travail remarquable » selon Loïc Graber, l'adjoint à la culture. Nicolas Galaud dirige actuellement la bibliothèque de Bordeaux, depuis 2016, après avoir œuvré à Brest et à Reims. « C'est un très bon profil pour nos BM. Il saura succéder à Gilles Eboli » nous a déclaré l'adjoint à la culture. La date de nomination a été imposée par l'État, qui souhaitait que la décision soit prise le 22 juin au plus tard.

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Un été culturel lyonnais encadré

Tout l'Monde Dehors | Malgré des directives sanitaires évolutives, la Ville de Lyon tente de mettre presque tout le monde dehors avec 90 manifestations prévues et des bibliothèques ouvertes — c'est une première — tout l'été.

Nadja Pobel | Jeudi 11 juin 2020

Un été culturel lyonnais encadré

Rouvertes le 2 juin avec des horaires réduits et un système de mise en quarantaine de dix jours des documents rendus, les 16 bibliothèques municipales seront ouvertes exceptionnellement en août. Des rendez-vous de lecture seront organisés par les équipes dans les parcs et jardins de la ville, sur pré-inscription. Les six musées municipaux seront également ouverts et celui des Beaux-Arts proposera enfin son expo phare consacrée à Picasso (du 15 juillet au 3 janvier) qui aurait du être inaugurée mi-mars. La manifestation Tout l'monde dehors affichera 90 événements au compteur (contre 300 habituellement) avec des jauges maximales de 200 personnes (alors qu'elles allaient parfois jusqu'à 600) sur 800m2 minimum. Tous les projets retenus initialement verront leur subvention maintenue comme prévue, mais la programmation finale n'est pas encor

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Au CHRD, une génération à marche forcée

Histoire | Force vive de la nation et aussi catégorie d'âge la plus touchée par les conflits, la jeunesse est au centre de la nouvelle et passionnante exposition du CHRD. Voici comment la "Génération 40" a tenté d'exister.

Nadja Pobel | Mardi 20 novembre 2018

Au CHRD, une génération à marche forcée

« J’ai les jambes en capilotade parce que je suis allée au palais de la Foire pour recevoir les réfugiés (…) Beaucoup d'enfants sont séparés de leurs parents et ignorent où ils sont. Ils ont fui de la Belgique, du Luxembourg ou du nord de la France avec précipitation et sous le feu des mitrailleuses allemandes qui les harcelaient sans cesse... » Denise Domenach-Lallich a 16 ans en 1940. Son journal est le fil rouge du parcours de cette expo et résonne férocement avec la situation actuelle. Pourtant le CHRD n’en fait pas un étendard, pas plus que de l’original de la lettre de Guy Môquet (!) hideusement utilisée par Nicolas Sarkozy à des fins électorales. Ici, rien ne se marchande et tout se transmet. Comme la voix de cette même jeune femme qui a témoigné au cours d'une des dernières collectes opérées, car le temps fuit comme le précise Marion Vivier, co-commissaire. Cette mise à disposition du récit sans l’exhiber est l'ADN même de ce CHRD rénové en 2012. Et comme un trait d’union entre ce qui se dit de façon permanente à l’étage et ce qui chaque année se décline temporairement, la première photo exposée, juste après les kakemono d’une jeunesse en joi

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Ce qui vous attend dans les musées côté Histoire

Histoire | Les musées patrimoniaux s’attachent cette saison à mettre en avant leurs collections ou passent leur tour pour se refaire une santé économique. Ce qui sera proposé promet d’être savamment pensé.

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Ce qui vous attend dans les musées côté Histoire

Le CHRD n’en finit plus de rendre palpable la Seconde Guerre mondiale. Comment on s’habille, Comment on se nourrit, les Dessins faits à Terezin aussi et, dès la mi-novembre, focus sur la Génération 40, ces jeunes de 13 à 21 ans qui ont traversé le conflit, les fameux J3 des coupons de ravitaillement. Avec pour fil rouge le journal intime de Denise Domenach-Lallich, 15 ans en 39, il sera question, jusqu’au 26 mai, de l’exode, des chantiers de la jeunesse, du STO… dans ce lieu qui est – on ne le répétera jamais assez – indispensable surtout en période des replis nationalistes européens. La première guerre sera exposée elle à la Bibliothèque Municipale de la Part-Dieu, avec Gagner la paix du 2 octobre au 5 janvier. À Gada

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Louis Faivre d’Arcier : « mettre en avant la modification très profonde du rôle de Confluence dans la ville »

Entretien | Déjà quinze ans que la première pierre du vaste chantier Confluence a été déposée. Les Archives Municipales de Lyon et la SPL Lyon Confluence consacrent, à partir du 18 avril jusqu’au 20 octobre une exposition sur la transformation du quartier, avec une programmation culturelle dense. Autre temps fort pour le service municipal, la réédition du plan scénographique de Lyon d’ici la fin de l’année. Nous avons rencontré le directeur des archives municipales de Lyon, Louis Faivre d’Arcier.

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Louis Faivre d’Arcier : « mettre en avant la modification très profonde du rôle de Confluence dans la ville »

D’où est née l’idée de cette exposition ? Louis Faivre d’Arcier : Nous avons décidé de réaliser cette exposition pour plusieurs raisons ; la première, c’est le fait que les Archives y soit installées, on ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe autour de nous. Nous sommes la première installation dans la mise en place de Confluence. La deuxième raison, c’est que notre service s’intéresse à la fois aux archives qui concernent la population (l’état civil…) et aussi à ce qui concerne la ville et l’environnement. À partir de cette année, nous lançons un cycle d’expositions où nous parlerons d’urbanisme et d’architecture. Il y avait pour nous une certaine logique à commencer ce cycle par la Confluence. Cette exposition représente pour notre service, et notre coopération avec la SPL, près d’un an de travail. Le premier temps fut celui de la réflexion et de la maturation du projet et le second celui de la fabrication du chantier. Comment reliez-vous cette exposition à l’Histoire et aux mouvements du quartier ? Est-ce uniquement un

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Faire avec les jours sans

Exposition | Au CHRD, retour sur l'exposition Les Jours sans. L’alimentation en temps de guerre, prolongée jusqu'en février : assurément l'occasion d'une visite en famille.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Faire avec les jours sans

Alors que grand-père raconte le souvenir douloureux des tickets de rationnement post Seconde Guerre mondiale et les innombrables privations pendant le conflit, les enfants en profitent pour soupirer « j'aime paaas » en regardant d'un œil dégoûté leurs assiettes... En ces périodes de fête, il est de bon ton de rappeler aux marmots que l'opulence n'a pas toujours été de mise par ici. Prolongée jusqu'au 25 février, la formidable exposition du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation arrive à point nommé. Narrant avec une grande intelligence ce quotidien où la nourriture se faisait rare, le CHRD a mis au point un super programme familial. On pense notamment à la visite ludique de l'expo où les enfants (à partir de 7 ans) découvrent au travers de jeux et autres manipulations le quotidien des familles françaises durant cette période (les 5 janvier et 16 février). Mais aussi à l'atelier-visite où, armé d'un ticket de rationnement, l'enfant doit faire le tour des commerçants pour no

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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Voir l'invisible aux Archives municipales de Lyon

Technologie | À partir d’un thème a priori technique, les Archives municipales ont construit une expo très accessible qui raconte comment depuis plus d’un siècle, la radiographie a changé la manière de soigner le corps.

Nadja Pobel | Mardi 7 novembre 2017

Voir l'invisible aux Archives municipales de Lyon

Dans cette bonne cité des Gaules qui fut pionnière en matière d’enseignement de médecine (avec l’implantation de l’école de santé des armées, l’école de médecine…) et qui est administrée désormais par un médecin-chirurgien, rien d’étonnant à ce que l’histoire de la radiologie soit présentée. Après l’invention des rayons X en 1895, cette technique va faire des progrès spectaculaires au cours du XXe siècle et sera tout particulièrement une aide précieuse lors du premier conflit mondial qui occupe une large part du parcours. C’est presque une salle des merveilles qui introduit cette déambulation avec une bobine de Rochefort (pour stocker et transporter l’électricité), les plaques des Frères Lumière ou encore le gelativo-bromure d’argent nécessaire à ces examens. Toutes ces trouvailles vont prioritairement bénéficier aux Poilus, pris en charge à l’arrière du front comme en témoigne un album de radios de 1914 posé à coté d’énormes obus. Les blessures sont nouvelles, les photos de l’intérieur des corps très éclairantes. Gueules (un peu moins) cassées Le milieu politique et scientifique a bien conscience de la nécessité de développer ces connaiss

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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La bibliothèque, ce pilier de la démocratie que Lyon chérit

Politique Culturelle | Mission de service fondamentale, la bibliothèque municipale de Lyon est au cœur de la politique de la Ville. À l'heure où Grenoble choisit d'en fermer, Lyon en (ré)ouvre trois, à commencer par Gerland depuis le 28 mars. Gilles Éboli, directeur de la BML, fait le point.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

La bibliothèque, ce pilier de la démocratie que Lyon chérit

La fréquentation de la bibliothèque est stable voire en léger recul (2, 8 millions de visiteurs en 2015, 2, 5 aujourd'hui). Quelle analyse en faites-vous ? Gilles Éboli : L'action de la ville de Lyon en matière de lecture publique est vraiment à souligner. On ouvre trois bibliothèques : réouverture de Gerland en mars, de celle du 6e – Clémence Hortet le 6 juin, puis première ouverture de Lacassagne fin septembre. On crée quinze postes. On met 15M€. C'est vraiment un projet énorme, et ce n'est pas le seul. Si on a eu moins de fréquentation, c'est qu'on a dû fermer des bibliothèques pour en rouvrir des nouvelles. On a un potentiel énorme de public. 16% des Lyonnais sont des abonnés de la BML. Pour la France, c'est un chiffre qui se situe dans la moyenne. Le chiffre des inscrits ne rend pas compte de l'activité - la bibliothèque n'est plus un stock de documents que l'on vient emprunter, c'est un espace de vie, un endroit où les citoyens peuvent se retrouver gratuitement. On n'est pas obligé de s'inscrire. Notre fréquentation a plus de sens. Et elle va augmenter avec la réouverture de Gerland, celle du 6e

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Les jours sans : pallier le manque

CHRD | Le CHRD ne pouvait pas trouver titre plus juste pour son exposition sur l’alimentation, pendant brillant à celle consacrée en 2013 à la mode en temps de guerre : Les Jours sans. Vivre, survivre, sans rien ou presque... tel a été le long combat des Français dans une société qui a tout rationné et s'est inventé des ersatz.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

Les jours sans : pallier le manque

Plus qu'à ses traités et ses armes de combat, une guerre se mesure parfois à l'aune de petits bouts de papiers découpés, de quelques légumes revenus du Moyen-Âge et du besoin criant d'une bicyclette. Tout cela figure dans Les Jours sans, illustrant une vie contingentée de 1940 à 1949. Dans ce lieu-même où Klaus Barbie pratiqua la torture, les panneaux de cette nouvelle exposition sont revêtus de rose et de vert pastel, couleurs des tickets de rationnement visibles d'emblée dans toute leur spectaculaire complexité. Faire la queue, comme il est montré à l'étage supérieur en introduction, a été le lot quatre heures par jour des ménagères. Derrière cette nécessité, c'est tout un pan de la hiérarchie de la société qui se déploie : la création d'un secrétariat d'État au ravitaillement le 13 août 1940 pour contrôler le circuit du producteur au consommateur, la mise en place de ces tickets le 23 septembre et la catégorisation - E (enfant), J (jeune), A (adulte), T (travailleurs de force), C (travailleur agricole), V (personne âgée). Les difficultés d’acheminement et d'évaluation de production poussent à une rationalisation extrême et cruelle : les crémiers d

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Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Marionnettes | À Gadagne, réouverture du début du parcours du musée des marionnettes, qui fait de ces pantins un art résolument vivant et contemporain.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Et après tout, pourquoi pas ? Cesser un temps (pour des raisons de restrictions budgétaires certainement) le rythme effréné des expositions temporaires, de la course au nombre record de visiteurs. Revenir aux fondamentaux, loin de l'événementiel. Le musée Gadagne ouvre en ce début avril trois de ses six salles consacrées à la marionnette. Depuis 1950, outre sa fonction d'être un lieu d'Histoire de la ville, ce somptueux bâtiment Renaissance héberge plus de 2000 marionnettes, costumes, décors.... Musée international de la marionnette, musée des marionnettes du monde, c'est désormais un musée des arts de la marionnette. Derrière ce changement de nom, il y a une idée claire : la marionnette vit. Et tant pis pour le paradoxe qui consiste à l'enfermer dans un musée. Elle sort désormais des cages de verre qui l’enserrent encore jusqu'en avril 2019 dans les autres parties de cette déambulation. Ce cœur qui bat Deux petits couloirs et trois salles exiguës plongées dans un bleu Klein marquent le changement radical d'approche : la mar

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La marionnette sur tous les fronts

Marionnettes | À Gadagne, au TNG, au Théâtre de Guignol, la marionnette est partout à Lyon. Revue de détail avec des projets aboutis ou en cours.

Nadja Pobel | Mardi 14 mars 2017

La marionnette sur tous les fronts

Depuis que la compagnie des Zonzons avait annoncé son départ du théâtre de Guignol, faute de proposition suffisamment solide de leur point de vue en provenance de la mairie, le devenir de cette salle était en suspens. Et surtout Georges Képénékian, 1er adjoint du maire de Lyon, en charge de la culture, se devait de faire contre-feu. C'est fait depuis ce mardi 14 mars où il a souhaité donner « un second souffle » à la marionnette. Rien de bien nouveau in fine sinon la réaffirmation que le TNG (qui présente beaucoup de spectacles avec des marionnettes "modernes") et le musée Gadagne allaient travailler en bonne intelligence, sans moyens supplémentaires dédiés. Ainsi, le musée Gadagne soigne ses collections. Outre le fait qu'il expose l'histoire de la ville de Lyon, il accueille ce qui fut de 1950 jusqu'aux travaux de 1999-2009 le Musée international de la marionnette, devenu le Musée des marionnettes du monde il y a huit ans et qui, dès l

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Le sport et le nazisme : des crampons pleins de boue

CHRD | Tous derniers jours – jusqu'au dimanche 29 janvier - pour aller voir (et lire !) au CHRD l'exposition, réalisée par le Mémorial de la Shoah, consacrée (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 janvier 2017

Le sport et le nazisme : des crampons pleins de boue

Tous derniers jours – jusqu'au dimanche 29 janvier - pour aller voir (et lire !) au CHRD l'exposition, réalisée par le Mémorial de la Shoah, consacrée au Sport européen à l'épreuve du nazisme. Hitler, pour installer son parti en Allemagne, a pris exemple sur Mussolini (que l'on voit ici à ski dans les années 30) : modeler des hommes forts et non plus malingres, bâtir des stades partout (ça crée de l'emploi) et même, du côté des Transalpins, inventer une course cycliste (le Giro) pour relier toutes les provinces et tisser une unité nationale indispensable, renforcée par les clubs et leurs adhérents ainsi prompts à recevoir des discours propagandistes à peine masqués. C'est ainsi qu'Hitler exclura insidieusement les Juifs des compétitions, avant de vouloir les supprimer à grande échelle. Passionnant, ce parcours est malgré tout âpre, plus propice à être consulté dans un livre qu'invitant à la déambulation. Au sous-sol, cette décennie (des JO de Berlin 36 à ceux de Londres en 48) est étayée par l'évocation, objets à l'appui, de grands sportifs de l'époque comme le footballeur André Roder. Et cette expo de démontrer, si besoin e

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Suivez le conteur

KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

Suivez le conteur

En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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Une année au musée : permanence culture

Musées patrimoniaux | Poison, alimentation, imprimerie, typographie, études de quartier : les musées dits "patrimoniaux" et les bibliothèques se mettent en quatre pour agrandir le champs de vos connaissances. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Une année au musée : permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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Les expos de l'Euro 2016

ARTS | À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme (...)

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Les expos de l'Euro 2016

À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme religion et co-pilotée par le journaliste phare de L’Équipe Vincent Duluc. Suivront une vision de la Démocratie par le foot à la BM de la Part-Dieu (24 mai au 3 septembre) puis les années sombres des JO de Berlin 1936 à ceux de Londres en 48 au CHRD (22 juin au 29 janvier).

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"Scoop": quatre siècles de journaux au Musée de l'Imprimerie

ARTS | Le 18 septembre dernier, L’Equipe a adopté le format tabloïd. D'apparence anodin, ce changement a fait l'effet d'un petit tremblement de terre (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Le 18 septembre dernier, L’Equipe a adopté le format tabloïd. D'apparence anodin, ce changement a fait l'effet d'un petit tremblement de terre éditorial, prouvant au passage que la presse papier peut encore créer l’événement. Et le quotidien sportif de trouver sa place, en toute logique, au terme du parcours que le Musée de l'imprimerie consacre à l'histoire graphique de la presse française. Quand paraît, en 1605, le premier journal d’information, il est de très grande taille et noirci d’encre, dans des polices minuscules. Nonobstant, dès 1827, l'intégration de la publicité dans un "mur graphique" en dernière page, ce modèle perdurera jusqu’à l’avènement de la photo au début du XXe siècle, grâce à l'invention du bélinographe, qui permit de télétransmettre des clichés. Expérimenté pour l’Exposition universelle de Lyon en 1914, c’est au sortir du premier conflit mondial qu'il sera vraiment utilisé, bouleversant la composition des journaux. Ainsi, par exemple, de Paris Soir qui mit en Une de son édition du 10 octobre 1934 une photo du corps sans vie d’Alexandre de Yougoslavie, non sans se vanter qu’il ait fa

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«La bibliothèque, un lieu de vie» - Interview de Gilles Eboli

ACTUS | En cette rentrée littéraire, impossible de ne pas évoquer la Bibliothèque municipale, paradis de la lecture et premier lieu public lyonnais en termes de fréquentation. Son directeur, Gilles Eboli, revient pour nous sur ses nombreuses mutations en cours. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 30 septembre 2015

«La bibliothèque, un lieu de vie» - Interview de Gilles Eboli

Que représente la Bibliothèque municipale de Lyon en nombre d’abonnés et en fréquentation ? Gilles Eboli : C’est la première bibliothèque municipale en France hors Paris. 2, 8 millions de personnes franchissent chaque année la porte d’une de nos quinze antennes et nous avons 105 000 abonnés. Ces chiffres sont depuis des années en hausse régulière, sans que ce soit une explosion, mais c’est à souligner quand on nous parle ici et là d’effondrement du livre. Jusqu’à maintenant, il y avait l’usage savant et érudit – la consultation sur place – et l’usage de lecture publique – l'emprunts de document. Mais depuis la fin des années 90 s’est développé l’usage dit des "séjourneurs", qui consiste à rester à la bibliothèque car elle est perçue comme un lieu de vie, de sociabilité, de lien. Revendiquer ce qui, à un moment, a pu être vécu par certains comme quelque chose d’anormal – rester à la bibliothèque – est au cœur de notre projet d’établissement. Vous proposez depuis le 1er septembre une nouvelle offre tarifaire unique englobant tous les supports. Comment a-t-elle été conçue ? Au départ, il y a une volonté

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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La vie en Agfacolor

ARTS | Il photographiait simplement (mais en couleurs) sa bien–aimée en 1943-45 dans les rues de Lyon. Sans le savoir, Paul-Émile Nerson a constitué un véritable trésor, confié récemment au CHRD. Balade dans une expo petite par la taille mais grande par son exclusivité.

Nadja Pobel | Mardi 16 juin 2015

La vie en Agfacolor

En 2008, la bibliothèque historique de la ville de Paris exposait les photos couleurs d’André Zucca, prises pour le magazine allemand de propagande nazie Signal. Une polémique avait alors enflé - certains commentateurs reprochant à l'institution de montrer la capitale endeuillée sous un ciel bleu et peuplé de passants vacant à leurs occupations comme si de rien n’était. Nous ne referons pas le débat ici mais il est certain que Lyon en couleurs ne se heurtera pas à cette controverse. Car la quarantaine de tirages exposés (sur une centaine de diapos existantes) est le fait d’un simple amateur qui, par son métier d'artisan dans la fabrication de matériel photographique, a pu disposer d'une denrée plus que rare : des pellicules couleurs Agfacolor, utilisées pour la première fois pour les JO de 1936 à Berlin. Amoureux, le jeune homme a photographié sa bien-aimée Suzanne Perné (dont le petit-fils a retrouvé ce trésor tout récemment) dans l’espace public, un acte alors strictement interdit par une ordonnance allemande datant de la fin 1942. À bicyclette Que montrent ces clichés ? Une ville (notamment le jardin des Chartreux et

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L'école des loisirs : 50 ans de jeunesse

ARTS | La bibliothèque de la Part-Dieu consacre une exposition à l’Ecole des loisirs à l'occasion de ses 50 ans. Un bel hommage à un éditeur indépendant resté vaillant et à ses auteurs-illustrateurs, artistes à part entière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 21 avril 2015

L'école des loisirs : 50 ans de jeunesse

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Gadagne retrouve sa tête

ACTUS | Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 février 2015

Gadagne retrouve sa tête

Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) n’avaient plus de directeur (sinon en intérim). Ce ne sera bientôt plus le cas, avec l'arrivée en mai à leur tête de Xavier de la Selle, actuel directeur du très dynamique Rize (centre de mémoire et société) de Villeurbanne. Il dirigera par ailleurs deux autres musées municipaux – le musée de l’Imprimerie et de la communication graphique ainsi que le musée Malartre consacré à l’automobile –   conformément au rapprochement avait annoncé par la Ville de Lyon dès cet automne. Si les musées Gadagne (sis dans un exceptionnel bâtiment Renaissance) et le Musée de l’imprimerie (dont la collection permanente a été totalement repensée cet automne et étendue au champ de la communication graphique) sont connus des Lyonnais, le musée Malartre l’est moins. Et pour cause : ce qui fut le premier musée automobile de France est situé à Rochetaillée-sur-Saône et est devenu propriété de la Ville de Lyon en 1972, suite au rachat de l’entière collection, du parc et des murs. L’adjoint à la culture et premier adjoint de la Ville de

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L'Imprimerie se met à la page

ARTS | Le Musée de l'Imprimerie fête son demi-siècle en remettant au goût du jour non seulement sa muséographie, mais aussi son objet d'étude. De la belle ouvrage. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 25 novembre 2014

L'Imprimerie se met à la page

Au milieu du XVe siècle, quand Johannes Gutenberg met au point les outils permettant la reproduction et, conséquemment, la diffusion de textes à grande échelle (caractères mobiles, presse à bras et encre d'impression), les élites de l'époque ne manquent pas de faire valoir leur crainte à l'idée que cette invention fasse aussi le lit de la sédition et de la bêtise – par précaution, quelques imprimeurs subiront le funeste sort d'ordinaire réservé aux sorciers. Cinq siècles et une seconde révolution du livre plus tard, numérique celle-ci, la situation est pire que prévue, les intégrismes et les approximations proliférant comme le chiendent dans un champ de patates non traité au sarrasin. Comment en est-on arrivé là ? C'est désormais tout l'enjeu du Musée de l'Imprimerie de l'expliquer, fort d'une nouvelle particule ("et de la Communication"), de collections rajeunies et d'une muséographie rénovée. Auparavant en effet, le XXe siècle était le grand absent de cette institution fondée en 1964 par l'imprimeur Maurice Audin – et dirigée depuis 2002 par l'historien d'origine écossaise Alan Marshall. Il en est aujourd'hui le pivot, concluant sur une note d'euphorie (esso

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A la mode comme à la guerre

ARTS | En rendant aux femmes leur place majeure dans le conflit de 39-45, le CHRD propose avec "Pour vous, mesdames !" une exposition aussi passionnante qu’originale, où l'habillement raconte la douleur de la guerre et les petites combines pour continuer à vivre sous l’Occupation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2013

A la mode comme à la guerre

Depuis longtemps, le CHRD s’échine à montrer que la Deuxième Guerre mondiale ne s’aborde pas seulement par son histoire militaire et les terribles rafles, déportations et exterminations causées par le régime nazi (par ailleurs extrêmement bien relatées dans l’exposition permanente). Une démarche notamment liée à la disparition progressive des témoins de cette époque, qui rend de plus en plus nécessaire le recours à d'autres vecteurs concrets pour la transmettre. En introduction de l'exposition temporaire Pour vous, mesdames!, Isabelle Doré-Rivé, la directrice du musée, explique ainsi que la mode était autant un moyen d’exister qu'un acte de résistance : «Les restrictions concernant le vêtement, écrit-elle dans le catalogue, richement illustré, sont plus m

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Entrait ici (et là) Jean Moulin

CONNAITRE | Encore Jean Moulin ? Oui, toujours Jean Moulin ! Puisque l’histoire de ceux qui défièrent l'occupant nazi ne sera jamais trop racontée, le Centre d’Histoire (...)

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Entrait ici (et là) Jean Moulin

Encore Jean Moulin ? Oui, toujours Jean Moulin ! Puisque l’histoire de ceux qui défièrent l'occupant nazi ne sera jamais trop racontée, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, rouvert en novembre dernier avec une scénographie totalement renouvelée, a eu la bonne idée de commémorer le 70e anniversaire de l’arrestation (le 21 juin 1943) de ce résistant emblématique. Les enfants d’aujourd’hui n'étant pas ceux d’hier, le CHRD propose des visites de son exposition permanente pour les petits dès 7 ans et un forum citoyen sur ceux qui ont dit non (le 19 juin) pour les gones de 9 à 13 ans. En parallèle, le musée s’est allié aux mémoriaux de la maison du Docteur Dugoujon de Caluire, où Jean Moulin fut arrêté, et à la prison de Montluc, où il passa quelques nuits avant d’être emmené à Paris pour être déporté. Ces deux lieux méconnus, bien qu'ouverts au public depuis 2010 et 2011, organisent des visites guidées remettant en perspective l’Histoire à l'endroit même où elle s’est écrite. Deux conférences émailleront également ces commémorations, dont une donnée

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Ami public n°1

CONNAITRE | Lieu public le plus fréquenté de la ville, la bibliothèque de Lyon abrite une immense richesse documentaire, mise à la disposition de tous quasiment gratuitement. À l’occasion de la manifestation jeune public RéCréation et des quarante ans du site de la Part-Dieu, entretien avec son heureux directeur, Gilles Eboli, pour parler de l’actualité et de l’avenir de la BmL. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Ami public n°1

Comment se porte la bibliothèque, en cette époque où tablettes et téléphones rendent la culture de plus en plus immédiatement et personellement accessible ?Giles Eboli : On peut effectivement se demander comment se portent les bibliothèques physiquement quand Google Books a 22 millions de volumes. À Lyon, elles se portent bien. Tous nos indicateurs sont positifs, avec parfois de véritables explosions pour tout ce qui a trait au numérique, des accès à notre site aux Guichets du savoir. Pour ce qui est de la fréquentation physique, de l’emprunt ou de la présence dans les locaux, tous les chiffres sont aussi à la hausse. Ce n’est pas une explosion mais une progression très solide. On aurait pourtant pu s’attendre à une baisse de fréquentation...Le slogan de notre projet est "la bibliothèque plus que jamais". Nos collègues anglo-saxons ont du faire face au phénomène des deserted libraries, une sorte d’angoisse millénariste. La nôtre était que plus personne ne vienne chez nous. Cela ne se produit pas à Lyon car la Ville mène depuis les ann

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Cité de la Ré-Création

ARTS | Toucher, jouer, manipuler. L'art ne s'appréhende pas uniquement avec les yeux. C'est ce que démontre la manifestation dédiée aux petits (mais aussi aux grands) Ré-Création, à découvrir dans toutes les bibliothèques de Lyon, et notamment à la Part-Dieu.

Nadja Pobel | Jeudi 2 mai 2013

Cité de la Ré-Création

Lorsque Gilles Eboli, directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, émet l'idée d'organiser une exposition jeune public à la bibliothèque de la Part-Dieu, Violaine Kanmacher, responsable du secteur jeunesse de cette médiathèque et coordonnatrice des quinze autres bibliothèques d’arrondissement, met la barre plus haut avec Ré-Création, un festival de quatre mois disséminé dans tous ces lieux. Au programme : des concerts, de très nombreux ateliers de création vidéo avec l'école de graphisme Émile Cohl ou encore des visites des coulisses de lieux partenaires comme la Maison de la danse, l'Opéra ou le Théâtre Nouvelle Génération, la commissaire ayant voulu faire de la BmL de la Part-Dieu «un lieu central pour présenter la richesse des autres salles» et mettre en place une véritable cité de la création avec la complicité d'un très grand nombre d'artistes. Point commun de toutes les installations : «elles posent la question de la place du corps alors qu'on ne pense qu'à la tête dans une bibliothèque». Tout est en effet interactif et invite le visiteur à participe

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Entre deux eaux

ARTS | Raconter le Rhône et la Saône, c’est embrasser Lyon dans son ensemble : son développement industriel et commercial, sa culture, ses fondements religieux et même son avenir. Dans une exposition parfois trop à l’étroit dans leurs murs, les musées Gadagne invitent à la navigation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 26 avril 2013

Entre deux eaux

Au commencement était la Saône. Lugdunum, bâti sur la colline de Fourvière, s’est étendu sur ses contrebas jusqu'à toucher la rivière. Pourtant, du XIIe au XVIIe siècle, la ville se nommera Lyon-sur-Rhône. C’est dire à quel point la cité des Gaules fut tiraillée par ses deux bras aqueux mythifiés et fantasmés : la Saône est représentée comme une lascive femme et le Rhône comme un homme viril et indomptable dans les lithographies de Guillaume et Nicolas Coustou (XVIIIe siècle), tandis que l'historien Jacques Rossiaud poursuit cette personnification en n’hésitant pas à rappeler la métaphore du Confluent vu comme une fourche liquide en forme de sexe féminin. En attendant que ce prolixe médiéviste ne livre un catalogue complet sur le sujet à la rentrée de septembre, l’exposition Lyon, la rivière et le fleuve permet d’appréhender, notamment via des gravures et des tableaux, les ravages et les peurs générées par ces eaux que les habitants croyaient surnaturelles, au point d’imaginer un circuit interne et souterrain du fleuve (!), jus

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L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

L'art est un jeu d'enfant

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions. Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés». Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieus

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La guerre expliquée aux enfants

CONNAITRE | Ce n’est a priori pas le genre d’endroit qui paraît susceptible d’accueillir des enfants et pourtant le CHRD, tout juste ré-ouvert après une modification en (...)

Nadja Pobel | Mercredi 19 décembre 2012

La guerre expliquée aux enfants

Ce n’est a priori pas le genre d’endroit qui paraît susceptible d’accueillir des enfants et pourtant le CHRD, tout juste ré-ouvert après une modification en profondeur de son exposition permanente (voir notre n° 690), est aussi un lieu pour les gones. Dès huit ans (et jusqu’à 14), ils peuvent venir (avec un adulte obligatoirement, ce n’est pas un atelier !) découvrir ce qu’était leur ville dans les années sombres de la Deuxième Guerre mondiale, Lyon dans la guerre étant l’axe de cette nouvelle installation. L’équipe du musée prend soin de se mettre à hauteur des enfants en parlant du quotidien des Lyonnais «car plus les enfants sont jeunes, plus il faut s’appuyer sur le concret» confie une médiatrice. Les nombreux objets présentés - qui sont la grande force de cette exposition -, attirent ainsi particulièrement les regards des plus jeunes, à l'image des masques à gaz que portaient les écoliers de l'époque. Ces visites, plus interactives encore que celle réservées aux adultes, se dérouleront jeudi 27 décembre à 14h30 et jeudi  3 janvier à 10h30. Nadja Po

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Entrez dans l'Histoire

ARTS | «Lyon, le 21 décembre 1943. Ma chère petite fille, une même lettre de douleurs parviendra à ma chère Maman et mon cher Papa, ainsi qu’à ma Petite Sœur, soyez (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 novembre 2012

Entrez dans l'Histoire

«Lyon, le 21 décembre 1943. Ma chère petite fille, une même lettre de douleurs parviendra à ma chère Maman et mon cher Papa, ainsi qu’à ma Petite Sœur, soyez courageux car ce soir j’aurai payé de ma vie le peu de sacrifices que j’ai donné pour la France. Embrasse bien ta mère et Roger pour moi. Préviens toute ta famille, ma dernière pensée sera pour toi et mes parents. Quelques larmes tombent sur ma lettre, elles sont le dernier cadeau que je puisse t’offrir pour nos 39 mois de mariage. Pauvre chérie tu es bien jeune et ta peine sera cruelle. Je te demande d’avoir une pensée pour moi dans tes prières. Dieu ne m’a pas abandonné jusqu’ici et dans quelques instants je pourrai entendre la messe et communier. Je t’aime et je t’embrasse de tout mon cœur et sois heureuse et refais ta vie. Pense bien à notre petite Georgette et à toute la famille de Savoie. Embrasse-les. Je t’aime. VIVE LA FRANCE». Résistant arrêté, Henri Mazuir a, comme de nombreux prisonniers, eu la possibilité grâce à un aumônier d’écrire une dernière lettre (ici au crayon à papier) à sa famille quelques heures avant d’être exécuté. De sa cellule de Montluc, il s’apprêtait à payer le prix fort pour a

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Résister aujourd’hui

ARTS | Si la mission première du CHRD est de rendre vivace la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, le lieu s’est attaché depuis vingt ans à nous ouvrir les yeux (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 novembre 2012

Résister aujourd’hui

Si la mission première du CHRD est de rendre vivace la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, le lieu s’est attaché depuis vingt ans à nous ouvrir les yeux sur les résistances et les conflits plus récents dans des expositions temporaires très fortes. La preuve en trois souvenirs, avant qu’en octobre prochain ne soit présentée une exposition sur la mode pendant l’Occupation, ou comment s’habiller en temps de guerre. Chili, une mémoire en route (2002) Quand le CHRD se penche sur le Chili de Pinochet, il défriche un pays qui s’est jusqu’alors obstiné à tout oublier. Pinochet est encore vivant et c’est le travail photographique de Patrick Zachmann qui permet de révéler ce pays mortifère qui cache ses blessures. Un cimetière de croix en bois surgit comme un mirage, des graffitis de militaires, des déserts, des traces effacées et des lieux de désolation ont fait place aux lieux de tortures ou d’exécution, une ancienne prison est devenue un hôtel... Autant de signes expliquant comment, loin de l’Europe, l’Amérique du sud tente de faire son deuil. Prisonniers de guerre (2008) Des matricules, des jouets fabriqués par un soldat pour son enfant, des port

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Éclaircies

ARTS | Joël Collado est votre idole ? Ses bulletins météo vous sont plus indispensables que toute autre info ? Filez aux Archives municipales constater que le climat est une préoccupation de vos ancêtres depuis la nuit des temps et que cela n’a rien de superflu. Bien au contraire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 11 octobre 2012

Éclaircies

Et si la météo était aussi une affaire politique à laquelle nos édiles prêtent une grande attention ? Les Archives Municipales de Lyon ouvrent une boîte de Pandore qui recèle bien plus qu’une simple analyse de relevés atmosphériques. Au fil des descriptions du climat national et lyonnais du Moyen-Âge à nos jours, il apparaît bien vite que la capitale des Gaules a, en permanence, connu des "fluctuations" météorologiques. Ce terme pas encore péjoratif désigne la nature même du climat : rude (alternance de gelées et de canicules). Les dirigeants de la ville ont donc dû lutter avec véhémence contre cette fatalité pour endiguer pénuries et maladies. Une inondation ou une sécheresse bloquent le transport des grains par voie fluviale (la voie terrestre est très peu développée encore), les moulins ne sont plus approvisionnés. Le manque de farine entraîne une spéculation et fait la part belle aux accapareurs. Les édiles ne sont, dès lors, plus à l’abri d’émeutes urbaines ou de l’exil massif des contributeurs fiscaux vers des terres moins hostiles; il est urgent de réagir. C’est ainsi que naissent par exemple les greniers d’abondance, institution publique constamm

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Le 7e pour un champion

ARTS | Top, je réunis un port, 2 kilomètres de berges, des pôles universitaires, je suis terre d’accueil des population italienne, grecque, arménienne, espagnole depuis le XIXe siècle et plus récemment des Maghrébins, Asiatiques du sud-est, Turcs ou Africains sud-sahéliens… je suis, je suis… le 7e arrondissement de Lyon auquel les Archives de Lyon consacrent une instructive exposition. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 29 mars 2012

Le 7e pour un champion

Deuxième arrondissement en termes de population, premier en superficie, le 7e fête ses cent ans avec jovialité et des manifestations tout au long de l’année. Aux Archives municipales, sur des panneaux didactiques se développent les atouts et l’histoire de cette résultante de la partition du 3e arrondissement, actée le 8 mars 1912 (le 7e ne prendra son visage actuel qu’en 1959 avec le détachement du 8e). Mais loin de n’être que des affiches explicatives rébarbatives, ces installations sont très richement illustrées, notamment par des extraits de reproductions d’une fresque (prochainement installée sous les arches de la gare Jean Macé) réalisée par des diplômés de l’école Émile Cohl. Par ailleurs, l’exposition foisonne d’images, de plans et de cartes postales glanées dans les archives de la ville ou données par des habitants. Se dévoile alors un siècle d’une extraordinaire mutation urbaine. Les cent à la suite Dès 1914, le 7e accueille un événement majeur : l’exposition internationale pour laquelle Tony Garnier construit les Halles (qui serviront ensuite de marché aux bestiaux et d’abattoirs) et le stade de G

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Hey Papillot !

ARTS | Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Hey Papillot !

Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, incontournables en Rhône-Alpes, sont une denrée bien localisée. La légende veut qu’au XVIIIe siècle, rue du Bât d’Argent (Lyon 1er), un apprenti-confiseur ait enveloppé un mot doux autour d’un chocolat qu’il vendait pour dire tout son amour à la demoiselle qu’il convoitait et à qui il n’osait pas parler. Pris en flagrant délit, le jeune homme fut renvoyé mais le patron, Monsieur Papillot, a gardé l’idée. Si la fable est incertaine car, dès 1607, on emploie le mot de "papillote" pour signifier que l’on enroule une mèche de cheveux à friser, puis pour désigner un papier dans lequel on enferme des légumes ou des poissons, l’histoire de cette sucrerie est bien en marche. Les chocolatiers Révillon ou Voisin se font une spécialité de ces confiseries. La blague ou le mot d’auteur qui l’entoure est une tradition de Noël autant que le chocolat (ou moins souvent la pâte de fruit) qui y est associé. Avec ses éternels bouts en frange et parfois un pétard, la papillote est un chocolat bien à part. La production, toujours très locale, se fait

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Aux fourneaux

ARTS | Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Aux fourneaux

Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne Privat-Savigny, «il y avait de quoi remplir 2000 m² !». Si l’on se sent donc parfois à l’étroit dans ces murs et obliger de zapper rapidement entre les différentes étapes cette saga lyonnaise, il n’en demeure pas moins que c’est avec un appétit aiguisé que l’on découvre cette exposition qui se devait d’être montée par le musée dédié à l’histoire de la Ville. Une première salle raconte notamment les produits qui ont fait la gloire de la cuisine lyonnaise et notamment… les pâtes ! Il y avait neuf fabricants de pâtes mi-XIXe siècle dont Rivoire & Carret installé à Vaise. L’entreprise en révolutionne la fabrication et concurrence sérieusement les Italiens en utilisant une semoule de blé dur séchant rapidement ; les pâtes peuvent désormais être vendues chez l’épicier en paquet. Grands chefs et bouchons se font face dans la salle principale qui présente aussi des menus imprimés sur soie des grands repas de Présidents de la République en visite dans la capitale des Gaules. Enfin, il est montré que Lyon n’a pas exclusivement bâti sa répu

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La gastronomie à toutes les sauces

ARTS | Érigée au rang de quasi religion à Lyon, la gastronomie est enfin disséquée dans l’exposition «Gourmandises !» du musée Gadagne. Retour sur l’histoire de ce mythe "made in" gone, zoom sur le menu de l’expo et décryptage de ce bonbon ô combien d’actualité et local : la papillote. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

La gastronomie à toutes les sauces

«Capitale mondiale de la gastronomie». L’appellation claque comme un trophée. Cette petite phrase sésame a été prononcée par le critique gastronomique Curnonsky (pseudonyme de Maurice Edmond Saillant) en 1934 au sortir de Chez Vettard (cuisinier de feu le Café Neuf place Bellecour) et est devenue le titre même d’un de ses ouvrages. Pourtant la réputation de la nourriture lyonnaise n’est alors pas nouvelle. Rabelais s’est inspiré de cette cuisine pour écrire Gargantua et Pantagruel ; Stendhal prétendait ne connaître qu’une chose que l’on fasse bien à Lyon : «On y mange admirablement bien et, selon moi, mieux qu’à Paris». Il faut dire que Lyon est au bon endroit : sur l’axe fluvial nord-sud par lequel transite des produits lors des foires du Moyen-Âge et qui en font un centre d’approvisionnement et de consommation. Parallèlement, les métiers de bouches se développent donnant parfois leur nom aux rues (rue de la Fromagerie, de la Poulaillerie). Lyon bénéficie aussi des spécialités locales alentours d’excellente qualité : les volailles de Bresse (seule AOC au monde pour le poulet), les poissons et grenouilles de la Dombes et des lacs savoyards, les fruits

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Admis !

ARTS | Archives municipales / Sous sa verrière, les archives municipales attirent toujours l’attention sur des lieux que l’on frôle tous les jours mais que l’on (...)

Nadja Pobel | Jeudi 10 novembre 2011

Admis !

Archives municipales / Sous sa verrière, les archives municipales attirent toujours l’attention sur des lieux que l’on frôle tous les jours mais que l’on connait mal. Jusqu’au 25 février, les universités se mettent à nu. Passé, présent, avenir ; tout y est. Demain, la fac catho investira les anciens bâtiments rénovés de feue la prison de Perrache, le pôle universitaire de Lyon quittera ses locaux de la caserne Sergent Blandan pour voisiner l’hôpital Saint-Luc Saint-Joseph. Mais c’est surtout sur le passé que se penche la majeure partie de l’exposition. Aussi grande soit la ville de Lyon, elle est une des dernières métropoles à se doter d'une université (1896). Depuis le Moyen-Âge, les enseignements dispensés par la Cathédrale et par la Ville se faisaient concurrence. Néanmoins naissent de nombreux débats, notamment au XVIIIe siècle lorsque les intellectuels se réunissent au Palais des arts (actuel Palais Saint-Pierre). Plus imagée est la partie centrale de l’exposition qui regroupe des archives de chacune des trois universités (herbiers et musée dentaire de Lyon 1, sculptures du Musée des Moulages de Lyon 2…). Des conférences complètent ce panorama et une autre exposition, au Mu

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Un an de réflexion

CONNAITRE | Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 12 mai 2011

Un an de réflexion

Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. Il prendra ses fonctions début juin 2011. Conservateur général des bibliothèques, ancien président de l’Association des bibliothécaires de France et ancien membre des conseils d’administration de la BNF et du Centre national du Livre, Gilles Eboli a assuré les fonctions de directeur de la Cité du Livre d’Aix-en-Provence et de la bibliothèque Méjanes de 1998 à 2008 puis celles de directeur de la bibliothèque municipale de Marseille de 2008 à 2010.

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Le goût de Gadagne

ARTS | Conservatrice des Musées Gadagne depuis janvier, Maria-Anne Privat-Savigny expose ses projets pour ce lieu double (musée de l'histoire de la Ville de Lyon et des marionnettes du monde) situé dans un somptueux palais Renaissance du 5e arrondissement, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 février 2011

Le goût de Gadagne

Petit Bulletin : Vous dirigiez jusqu'à l'an dernier le Musée des tissus de Lyon. Qu'est-ce qui vous a menée au Musée Gadagne ?Maria-Anne Privat-Savigny : J'ai été attirée par le désir de Georges Képénékian, adjoint à la culture du maire de Lyon, de replacer ce musée dans la cité, de lui donner un vrai rôle. C'est un enjeu qui est, certes, assez propre à un musée d’histoire mais qui reste extrêmement intéressant. Vous dites vouloir faire de ce double musée un lieu que l'on puisse «goûter» de différentes manières. Pouvez-vous nous expliquer ce terme ?La manière de visiter les musées depuis plusieurs années s'est extrêmement diversifiée et je trouve que le support histoire et marionnettes est assez propice à ce genre d'évolution. Traditionnellement, on déambule dans un musée en lisant des cartels et parfois un audio-guide, mais il y a mille autres manières de découvrir une collection. Je crois notamment beaucoup au spectacle vivant, au théâtre et à la danse. On parle beaucoup de multimedia mais il y a des choses beaucoup plus classiques et traditionnelles à développer pour s'approprier cette histoire, pour l'expérimenter. Par exemple, pour évoquer Louise

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Grands Scarabées

MUSIQUES | Conférence / Pour la première d'une nouvelle série de conférences musicales à la Bibliothèque de la Part-Dieu, un ancien Marquis de Sade vient analyser l'œuvre des Beatles. Improbable ? Non, indispensable. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 janvier 2011

Grands Scarabées

Comme le disait si bien John Lennon, «Before Elvis, there was nothing». On pourrait tout à fait dire la même chose des Beatles. Lesquels ont, en matière de musique moderne, pop, tout inventé. Ou au moins ouvert la porte pour que tout le soit. Si Elvis a été l'Ancien Testament du rock, les Beatles eux, en furent le Nouveau. Pas étonnant que Lennon, toujours lui, et toujours versé dans le mysticisme, ait déclaré, peut-être moins par provocation que comme une démonstration : «Nous sommes plus célèbres que le Christ», avant de tout mettre en œuvre pour lui ressembler physiquement et jusque dans une sortie tragique où il rencontra son propre Judas. Aujourd'hui encore, les Beatles sont une religion, dont on n'a pas fini de procéder à l'exégèse à coups de livres, de rééditions, de ventes de tickets de caisse d'épicerie ayant appartenu à la tante du jardinier de Ringo, de titres exhumés ressuscités ou momifiés et de conférences savantes. Ce qui nous amène à celle que propose la Bibliothèque de la Part-Dieu, intitulée «Les Beatles, Musique mythique» et animée par un certain Gilles Rettel. Son nom ne dira sans doute pas grand-chose à grand-monde, mais il fut en son temps, sous le pseudonyme

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