Aux yeux des vivants

ARTS | Figure un peu plus qu'émergente des arts numériques lyonnais, directeur artistique du studio BK, qui a notamment "éclairé" la place des Terreaux le 8 décembre dernier, Arnaud Pottier est aussi à l'origine de l'installation "Golem", présentée au Mirage Festival. Un fascinant projet dans lequel, au croisement de la sculpture et du vidéomapping, du mythe et de l'inconscient, il donne vie à des statues. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 février 2015

Dans la mythologue juive, le golem est cette créature d'argile humanoïde à laquelle on peut donner et retirer la vie sur commande. Il suffit dans le premier cas de lui inscrire sur le front le mot hébreu Emet (qui signifie "vérité" et parfois "Dieu") puis, pour obtenir l'effet inverse, d'en effacer le premier "E", donnant ainsi Met (soit "mort"). Ce mythe remonte à la mystique du Talmud (où il est mentionné qu'Adam, le premier homme, a pu être un golem) mais la plus célèbre déclinaison en est sans doute celle de Prague, datant du XVIe siècle, où le rabbin Yeouda Loew engendra une telle créature pour protéger le ghetto juif, en proie aux pogroms.

Arnaud Pottier n'est à notre connaissance ni rabbin, ni versé dans le talmudisme ou même simplement mégalomane – ou alors il le cache bien. Il a pourtant décidé de donner vie non pas à des créatures de glaise mais à des statues ; là encore non pas en écrivant des mots magiques sur leur front, mais par une tout autre technique qui pourrait quelque part, pourquoi pas, s'y apparenter : le vidéomapping, soit, selon ses explications «la superposition d'un flux vidéo anamorphique, à base d'images 3D, 2D ou d'animations, sur une surface en volume».

«Pour donner l'illusion au cerveau que cet objet est en relief, précise-t-il, on va jouer avec les ombres et faire des déplacements de lumière impossibles qui vont donner une impression assez forte. Mais ce que je recherche avec le micromapping [la même technique appliquée à de petites surfaces, NdlR] et à travers Golem, c'est une approche plus intimiste et poétique, une sorte d'orfèvrerie qui privilégie le détail et la qualité de l'image à l'explosion d'effets du vidéomapping monumental [utilisé par exemple pour "animer" des bâtiments, NdlR].»

Sculpture augmentée

Golem est donc un projet de «sculpture augmentée» qui cherche par cette technique à donner la vie à une matière inerte, à «instiller de l'humain dans du non humain, ou du moins une représentation du non humain, avec des clignements d'oeil, des réactions de faciès.» A la croisée paradoxale du figé qui prend vie, se joue pourtant autre chose dont on ne peut faire l'économie et tenant au parcours artistique d'Arnaud Pottier, qui à travers sa pratique parvient aussi à combiner une autre dialectique : celle des arts "classiques" et des nouvelles technologies.

Au départ, Arnaud Pottier s'intéresse surtout aux premiers, débarquant à Lyon pour faire l'école préparatoire des Beaux-Arts avant d'entrer à Emile-Cohl, institution de l'enseignement graphique. Mais il ne cache pas, surtout pas à lui même, une sérieuse inclination pour toutes les formes de bidouillage d'ordinateur. L'évolution technologique aidant, ces deux marottes étaient irrémédiablement amenées à se rencontrer :

«Avec l'arrivée d'Internet et d'un certain nombre de logiciels, l'articulation entre numérique et art s'est faite un peu d'elle même. C'est donc assez naturellement que j'en suis venu à mêler ce que j'avais appris à l'école avec mes expériences numériques.»

De là, la genèse dans l'esprit d'un Arnaud Pottier encore étudiant, de Golem. Sans doute dans la fascination du choc des contraires : le geste classique – pour ne pas dire antique – et la technologie, la pierre et le numérique, l'esprit et la matière, le vivant et la machine, le familier et l'inconnu.

Inquiétante étrangeté

Autant de frictions qui n'en font qu'une et d'où émerge, au cœur de Golem, la notion assumée d'«inquiétante étrangeté». A savoir quelque chose comme «le malaise né d'une rupture dans la rationalité rassurante de la vie quotidienne.» Le concept est développé par Freud en 1919 mais lui est antérieur, puisque Ernst Jentsch évoque dès 1906 l'idée d'un doute suscité par un objet animé dont on interroge le caractère vivant, ou un objet sans vie dont on pressent la possible animation, avant qu'Ernst Hoffman ne fictionnalise la chose dans L'Homme au sable dont le héros tombe amoureux d'une femme qui se révèle être un automate.

C'est d'ailleurs à partir de ce livre que Freud développe sa théorie, à partir de l'idée d'une angoisse générée par le retour du même et de celle du refoulement d'une représentation qui métamorphoserait l'affect en angoisse – il prend notamment l'exemple, après en avoir fait l'expérience, d'un reflet de soi-même dans un miroir que l'on prendrait l'espace d'une seconde pour une autre personne.

Or c'est exactement l'effet que recherche ce projet qu'Arnaud Pottier développera plus avant en juin avec les statues de la Chapelle du Musée des Beaux-Arts :

«Golem crée chez le public un double effet de fascination et de répulsion, un dérangement, qui nous interroge sur notre rapport au vivant, sur ce qui différencie l'humain d'une matière inerte. Quand les gens ont cette réaction de rejet c'est que l'effet d'inquiétante étrangeté a fonctionné.»

On n'en est bien sûr pas aux scènes de panique devant une statue de glaise déambulant dans le ghetto de Prague comme dans l'adaptation cinématographique de 1920 de Paul Wegener et Carl Boese, mais on vous garantit que ce Golem-là crée un trouble inédit et bien vivant.

Arnaud Pottier - Golem
Du jeudi 26 février au dimanche 1er mars au pôle ALTNET, dans le cadre du Mirage Festival


Arnaud Pottier

"Golem", sculptures augmentées
Espace ALTNET 7, Place Louis Chazette Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Fête des Lumières, Jean-François Zurawik l’a porté haut

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Maintenue, ou annulée ? Le nouvel édile n'avait pas marqué un franc enthousiasme pour la Fête des Lumières lors de la campagne électorale. Mais c'est à un casse-tête beaucoup plus complexe que prévu qu'il doit se confronter : les appels à projets ont été lancés, les équipes travaillent, et pourtant rien ne peut être sûr ni confirmé pour cause de Covid. Grégory Doucet, conscient désormais de l'importance du rendez-vous, l'a répété : il veut la maintenir, cette Fête, début décembre. Il faudra pour cela que l'épidémie se calme, que les lieux choisis soient adaptés à des jauges à 5000 personnes que l'on pourra compter, les parcs seront sans doute privilégiés. Le maire a décidé de se laisser jusqu'à mi-novembre pour prendre une décision.

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Il fut un temps où la Fête des Lumières appartenait surtout aux Lyonnais, bien avant qu’ils ne fuient la ville pour louer à prix d’or leur appartement à des touristes gloutons. Tout n’était pas spectaculaire, aller à la Tête d’Or ne supposait pas de faire la queue contre des grilles à pas feutrés. Les projets d’arrondissement (voir ci-dessus) étaient un des atouts majeurs des festivités. Les attentats ont eu bon jeu de circonscrire envers et contre tout la Fête sur la Presqu’île et, in fine, de la rabougrir. Ce qu’il subsiste de cet esprit d’avant 2015 se trouve du côté des installations étudiantes installées dans le 5e arrondissement, au jardin Malraux et sur l’esplanade Saint-Pothin où 19 projets sur les 89 dossiers déposés vont être réalisés par des jeunes émanant d’écoles supérieures d’art, de design et d'architecture de France et d'Europe. Parmi eux, la Lumière consciente de Hyang Choi, Tulay Keskin et Sofia Hidouche qui posent sur un arbre une volée de gilets de sauvetages comme autant de corps en péril dans la Méditerr

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En apparence cousu de fil blanc — ou plutôt de ce noir épais tissant l’étoffe des drames —, ce portrait d’une femme entre deux âges, entre deux hommes, entre deux vies et finalement entre deux enfants, captive par son habileté à déjouer les clichés. Ina Weisse ne s’abandonne jamais à la facilité, ni à une démonstrativité superflue : il suffit de quelques plans, d’une poignées de mots et de regards pour mesurer les relations troubles entre Anna et son père… et comprendre l’origine probable de son exigence disproportionnée comme de son instabilité. Mais L’Audition est aussi un film sur le désir artistique maladif et la jalousie : accordant une attention toute maternelle à Alexander — avant d’être obsessionnelle —, Anna en néglige son propre fils Jonas, violoniste lui aussi. Un fils auquel, de surcroît, elle n’enseigne pas son art. La tension psychologique qui s’ensuit provoque des déflagrations inattendues, et une tragédie dont la morale perverse et pour le coup, peu morale, plairait certainement à Haneke ! Sans doute le rôle le plus troublant de Nina Hoss, et la confirmation que les maîtres(ses) de musique sont décidément des i

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Cachée : "Les Hirondelles de Kaboul"

Animation | De Zabou Breitman & Eléa Gobbé-Mévellec (Fr, 1h33) avec les voix de Simon Abkarian, Zita Hanrot, Swan Arlaud…

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Dans l’Afghanistan asservi par les Taliban, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang — hélas pas si lointaines — cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les Taliban et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour “sauver“ un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi mar

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Mirage Festival : vers un art numérique écologique

Art Numérique | Cette septième édition du Mirage Festival place l’humain face à ses propres incertitudes et contradictions en explorant les possibles, dans la perspective de créer un avenir moins effrayant et davantage clairvoyant. Focus sur deux œuvres réflexives qui font fusionner biologie et nouvelles technologies à l’initiative de deux femmes : Robertina Šebjanič et Anne Marie Maes.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

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L’art sauvera-t-il la planète ou du moins y prendra-t-il part ? Au moment même où nous prenons collectivement conscience que nous devons agir et vite, Mirage Festival invite dans son parcours d’exposition, à voir aux Subsistances, deux artistes dont les travaux plurimédias soulèvent des interrogations philosophiques. Dans ses recherches écologiques innovantes, l’artiste belge Anne Marie Maes s’empare de la problématique de la raréfaction des abeilles à sa manière : en associant technologie et organismes vivants. Elle a ainsi mis au point dans son labo bruxellois à ciel ouvert, une installation regroupant une ruche intelligente en peau microbienne, The Intelligent Guerilla Beehive, imaginée pour résister aux agressions extérieures, et une vidéo tournée en caméra infrarouge. L’artiste a filmé pendant un an les interactions entre les abeilles au sein d’une ruche, une intelligence collective en péril comme le sont les fonds marins que la Slovène Robertina Šebjanič a choisi d’étudier, motivée par cette question : « comment les océans ressentent-ils notre impact ? » À l’aide d’un drone sous-marin l’art

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Les Anookis plébiscités

Fête des Lumières | Perturbés par le vent et la manifestation des Gilets Jaunes, les Anookis n'en ont pas moins été les stars de cette édition de la Fête des Lumières. Ils remportent le Prix Lumière de la Ville de Lyon. Retour en images sur les primés.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

Les Anookis plébiscités

Prix Lumière : Les Anookis Les billes ont été dégonflées voire brûlées samedi lors des manifestations, ils étaient totalement out dimanche pour cause de vent mais les deux inuits de Moetu Batlle et David Passegand ont parfaitement su prendre possession de l'immense place Bellecour en version géante et statique et en film. Ils obtiennent ce prix décerné aux deux tiers par les téléspectateurs de France 3 et à un tiers par un jury de professionnels. Lumière(s) en soie : Prix Recylum Cette installation place Rambaud de Laurent Louyer (Creatmosphère) a obtenu la récompense Recylum avec ses 300 lanternes à énergie solaire concoctées en collaboration avec Les Petits Frères des Pauvres et des résidences seniors de la Ville de Lyon : une proposition douce et chaleureuse. Pigments de lumière : Prix du Club des partenaires Le travail 100% analogique de Carole Purnelle e

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À premières vues : on a fait le tour de la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Sans installations éblouissantes mais avec des contrats bien remplis à chaque endroit ou presque, la Fête des Lumières 2018 livre une édition "normale" dont le point d'orgue sera à n'en pas douter la place Bellecour alliée à Antonin Poncet : des Anooki et des vœux.

Nadja Pobel | Jeudi 6 décembre 2018

À premières vues : on a fait le tour de la Fête des Lumières

Hôtel de Ville Rien place des Terreaux, mais avec une installation parfaitement maîtrisée sur nappe d'électro douce, la cour de l'Hôtel de Ville vaut plus que le détour avec Tricolore de Ralf Lottig, habituellement aux manœuvres lumière de gros concerts (Phil Collins, Pink Floyd...) ou de cérémonies d'ouverture de JO (Athènes, Turin, Vancouver). Si ce n'est ce bleu-blanc-rouge trop cocardier annoncé dans le titre, il a parfaitement su envelopper cet espace sans le saturer, immerger les spectateurs dans les écraser. Cathédrale Saint-Jean Toujours attendue, surtout depuis les indépassables Ez3kiel en 2016, la cathédrale Saint-Jean est en proie à une boucle de six minutes 100% analogique (et pas numérique). Moins impressionnante qu'attendue au su de cette singularité, elle n'en reste pas une œuvre très originale qui végétalise la façade plus que jamais. Le mérite en revient au jeune duo Carole Purnelle et le Portugais Nuno Maya qui se faisait la main l'an dernier sur le collège Jean-Moulin. Le passage

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Quand la Fête des Lumières fait place à l'émergence

Fête des Lumières | En dépit des nuits d’hôtel (et pire, de Airbnb) qui flambent, des vins chauds au prix du carburant, entre les grandes places dédiées aux artistes confirmés, la Fête des Lumières est aussi un formidable laboratoire pour les jeunes talents. Souvent, c’est épatant. Rencontre avec ceux qui allument leur première flamme.

Nadja Pobel | Mardi 4 décembre 2018

Quand la Fête des Lumières fait place à l'émergence

Ils sont jeunes, parfois moins ; ils ne sont pas encore connus du milieu artistique, parfois plus ; ils ne feront peut-être pas de la création artistique en lumière un métier, mais parfois c'est déjà le cas. Une chose les réunit : ils expérimentent. Là où Christophe Martine déclinera à nouveaux ses luminéoles (rue de la République cette année), quand les Anooki (en 3D cette fois) reviennent égayer la ville (à Bellecour), eux vont défricher. « La Fête doit garder le leadership en matière de projets de recherches et développement au-delà des grandes œuvres » confie Jean-François Zurawik, directeur des événements pour la ville de Lyon. Cette ambition se construit depuis quinze ans avec les Grands Ateliers de L'Isle d'Abeau à Villefontaine. « Lieu de mutualisation dédié à l’expérimentation et la recherche pour la construction » comme le définit le coordinateur pédagogique Bruno Vincent, cet espace réunit aussi bien des architectes que des ingénieurs et des artistes et accueille, le temps de leur création, les quinze lauréats d'un appel à projet lancé à une soixantaine d'écoles d'art, design et architecture en Franc

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Ce qui va vous illuminer lors de la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Le retour des Anooki, le parc de la Tête d’Or réinvesti pendant que les Terreaux, en travaux, réduisent la voilure : la Fête des Lumières version 2018 a livré son programme. Plus interactif que jamais.

Nadja Pobel | Vendredi 9 novembre 2018

Ce qui va vous illuminer lors de la Fête des Lumières

C’est un Gérard Collomb rayonnant d’avoir retrouvé son fauteuil de maire cinq jours plus tôt qui a ouvert le bal de cette nouvelle édition de la Fête des Lumières, la vingtième de ce format long : autant que le nombre d’années passées par l'édile à la tête de la Ville. Après les attentats du Bataclan en 2015, le périmètre de la Fête avait été fortement restreint : tout sur la Presqu’île et Fourvière... Ce temps semble révolu. Retour à Tête d’Or Le grand parc rouvre ses portes à la Fête avec une installation-récit nous menant dans un monde apaisé et pailleté d’or. Réflexion sur la planète et son devenir, ce Présage conçu par Géraud Périole et Marie-Jeanne Gauthé, scénographe et designer vidéo de Jean-Michel Jarre, feux Johnny et Robert Hossein ou le Cirque du Soleil, nous effraie un peu... Bonne nouvelle : pour y aller, les berges du Rhône seront balisées depuis le Pont Morand et illuminées. Terreaux en pause Rien de spectaculaire aux Terreaux pour cause de réfection des colonnes de Buren. C’est une canopée qui permettra de traverser ce lieu auquel on pourra – entre autre – accéder

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Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

Clubbing | Afin de poursuivre votre visite digitalisée aux Subsistances, le Mirage propose trois soirées de DJ sets et concerts audiovisuels ultra pointus avec en tête d’affiche trois jeunes femmes originaires de trois continents différents.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

L’apogée musicale du festival aura sûrement lieu dès le soir de son inauguration, avec l’Égyptienne Nadah El Shazly dont l'album Ahwar ("marécage") fusionne musique traditionnelle égyptienne, jazz et expérimentations instrumentales. Au cœur du labyrinthe que compose ces huit titres, 22 musiciens ont apposé leur patte sur cet album élaboré en deux ans entre l’Égypte et le Canada. Le live sera précédé des sonorités expérimentales du duo Les Halles et c’est Stakhan, initiateur des soirées Tunnel Vision et animateur des émissions Planète Noire sur LYL radio qui clôturera cette première réunion. Vendredi soir, la nuit sera des plus sombres avec le dub industriel de l’Espagnole JASSS. Deux concerts audiovisuels s’inviteront également sur le plateau : celui de Juanita x Flares en préambule, puis Lucas Paris avec son projet AntiVolume où son et lumière forment un espace d’expérimentation techno et sensitif. Un autre ovni se posera sur les Subs : Black Zone Myth Chant dont le dernier album Feng Shen est signé sur les Édi

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Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Art numérique | Le Mirage Festival est de retour pour quatre jours dédiés à l’art et aux cultures numériques. Bien loin de l’image start-up ou geek que l’on colle au secteur, le festival honore l’innovation et les industries créatives dans toute leur diversité. Et cette année, ce sont les femmes qui donnent à voir les projets les plus stimulants.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Innover, pour un festival, n'est pas toujours évident, tant dans sa forme que dans ses parti-pris artistiques. Mais au Mirage Festival, l’innovation est une évidence et au cœur même de son identité. L’enjeu de cette sixième édition, à travers la question de la place des femmes dans la création numérique, est également de détricoter l’image plutôt masculine du secteur du numérique, et d’initier les filles à se lancer dans l’informatique. Ce secteur ne voit que 28% de filles dans ses écoles, et on ne pousse que trop peu les petites filles à jouer aux jeux vidéo, à programmer, coder ou à geeker. Le Mirage Festival veut participer à l’évolution de cette image, et comme chaque année de nombreuses familles viendront expérimenter et ce sont autant de filles qui se plongeront dans ces œuvres créées par des femmes, et qui sait, quelques vocations seront peut-être suscitées. La solide présence de femmes, artistes et intervenantes, peut s’expliquer par le caractère trans-disciplinaire du festival. On retrouve des créatifs travaillant dans les domaines du design, du graphisme, de la vidéo, de la scénographie, de la programmation, mais aussi des chercheu

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Premières images de la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Du jeudi 7 au dimanche 10 décembre, la fête des Lumières retrouvera sa durée initiale. Voici déjà un aperçu de quelques-uns des principaux spots. Où il apparait que la place Bellecour n'a jamais été si bien servie.

Nadja Pobel | Jeudi 7 décembre 2017

Premières images de la Fête des Lumières

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Daniel Knipper : le maître de la lumière

Fête des Lumières | Plus que jamais, et après l’édition tristement avortée de 2015, la Fête des Lumières est le reflet de Lyon, mettant en avant les marqueurs de la ville (Guignol dans le 5e, le cinéma aux Terreaux…). Daniel Knipper a collé des regards picturaux sur la colline de Fourvière et habillé la cathédrale Saint-Jean ; cette année, et durant tout le mois de décembre, il s’empare de l’Hôtel-Dieu. Découverte de ce maître de la lumière.

Nadja Pobel | Mardi 5 décembre 2017

Daniel Knipper : le maître de la lumière

En 2015, il n’en restait qu’un : Daniel Knipper. Quand tout a été annulé tant par décence que pour des raisons de sécurité, son installation a résisté. Ses Regards, les yeux familiers de Botticelli, Matisse, Warhol, de la Tour se sont tournés vers nous et s’y sont adjoints les prénoms de toutes les victimes des attentats parisiens, une longue litanie que nous avons regardé défiler hébétés. Daniel Knipper, plus de trente ans de métier, a commencé par être intermittent à l’école du TNS (Théâtre National de Strasbourg), où il se glisse dans les cours et embraye sur un festival naissant au début des années 80, Musica, via l’Atelier du Rhin de Colmar. Il crée déjà de la lumière, mais teste tout : le son, le jeu, la construction. Ensuite, il se spécialisera sur la lumière et la scénographie, à la manière d'un d’Éric Soyer sur les spectacles de Joël Pommerat. Daniel Knipper va lui aussi collaborer avec des artistes de théâtre, comme la compagnie du Talon Rouge ou le Théâtre Lumière, où déjà il imagine un rideau de scène évoquant Magritte et au sein duquel il est encore directeur technique. La colline a des yeux Mais une rencont

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Terre de flânerie, Bellecour retrouvée

Fête des lumières | Façades trop éloignées les unes des autres pour être le tableau d’une même création, bordée d’arbres… la majesté de la place Bellecour n’a jamais été un atout lors de (...)

Nadja Pobel | Mardi 5 décembre 2017

Terre de flânerie, Bellecour retrouvée

Façades trop éloignées les unes des autres pour être le tableau d’une même création, bordée d’arbres… la majesté de la place Bellecour n’a jamais été un atout lors de la Fête des Lumières, si bien que depuis des années les organisateurs s’appuyaient sur la grande roue pour en faire un réceptacle de film, avec des animations plus ou moins pyrotechniques et humaines autour. De quoi stagner une bonne demi-heure sur la place, le temps d’attendre et de voir cette boucle souvent longue, et bien souvent ne rien y voir de marquant alors que de grands noms s’y sont collés : en 2013, Joseph Couturier annonçait un gigantesque spectacle de marionnettes décevant, en 2014 Damien Fontaine rendait pompeusement hommage à Saint-Exupéry et l’an dernier Nathanaëlle Picot (programmée cette année aux Terreaux) installait "un songe forain" à l’intention louable (évoquer Burton, Fellini et Nino Rota) mais peu esthétique. Il faut remonter à la boule à neige de Jacques Rival en 2011 (programmé cette année sur la place des Jacobins avec Golden hours) pour trouver la simplicité, pourtant largement secouée par le vent. Mais la vraie bonne idée est pour ce

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L'immatériel rendu sensible au Mirage

Art Numérique | Après quatre éditions, le Mirage Festival, consacré aux créations numériques, a trouvé son rythme de croisière et sa place dans le paysage culturel lyonnais : celle d'un festival expérimental à la croisée des disciplines.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

L'immatériel rendu sensible au Mirage

Se réclamant de « l'art, de l'innovation et des cultures numériques », le Mirage Festival est à la fois fortement ancré dans la réalité (digitale) du monde contemporain, et traverse des métiers, des profils, des « territoires » très différents : l'ingénieur, le designer, l'artiste, le maker, le graphiste de studio... Comme nous le rappelle Jean-Emmanuel Rosnet, directeur artistique du festival, « Mirage a pour épicentre des soirées de performances et un parcours d'expositions, mais nous avons la particularité de travailler avec d'autres scènes que celle à proprement parler de l'art contemporain : avec des architectes, des développeurs informatiques, etc. » Ce parcours, cette année, se tiendra pour l'essentiel aux Subsistances (une dizaine d'installations), avec en parallèle quelques propositions grand public au Musée des Beaux-Arts et à la

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"La Mécanique de l'ombre" : Affaires intérieures

ECRANS | de Thomas Kruithof (Fr-Bel, 1h33) avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila…

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Solitaire, chômeur et buveur repenti, un comptable est recruté par un discret commanditaire pour retranscrire à la machine à écrire des écoutes téléphoniques enregistrées sur cassettes magnétiques. Sans le savoir, il va pénétrer dans les sordides coulisses de l’appareil d’État… Un thriller politique s’inscrivant dans le contexte de ces officines supposées gripper ou fluidifier les rouages de notre république, bénéficie forcément d’un regard bienveillant. Pas parce qu’il alimente la machine à fantasmes des complotistes — fonctionnant sans adjonction de carburant extérieur — mais parce qu’elles recèlent autant de mystères et d’interdits que les antichambres du pouvoir américaines, si largement rebattues. Comme un creuset où se fonderaient entre elles les affaires Rondot, Squarcini, Snowden et Takieddine, cette première réalisation de Thomas Kruithof est à la fois très concrète et pétrie de symboles (tel celui du puzzle, l’objet fétiche du héros ; une structure complexe rendue inopérante dès lors que la plus misérable pièce fait défaut). Esthétiquement composé en Scope, ce film à la lisière de l’enquête intérieure et de l’actualité rappelle aut

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François Cluzet : « Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant »

3 questions à... | La Mécanique de l’ombre est aussi l’occasion d’explorer celle du comédien en compagnie de François Cluzet. Cours magistral sur son métier qu’il résume ainsi : « Un acteur, c’est d’abord un corps dans une situation. »

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

François Cluzet : « Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant »

Comment ressent-on la question de la surveillance d’une manière générale lorsqu’on exerce un métier où l’on est constamment scruté ? François Cluzet : À dire vrai, je ne m’occupe pas trop d’être scruté ; c’est le problème des spectateurs. Nous, les acteurs, on est des exhibitionnistes ; il faut qu’on se se méfie du narcissisme, de l’ego hypertrophié. Le rôle de l’interprète, c’est uniquement d’être vivant — j’ai beaucoup réfléchi à cela parce que je suis passionné et que j’essaie de faire mon boulot le mieux possible. Alors, depuis très longtemps, je ne joue plus : j’essaie de vivre les situations sans ramener mon grain de sel. Bien sûr, elles sont vécues sur commandes, car reliées au script, mais finalement j’aime bien cette idée. Longtemps ça m’a fait peur, je pensais qu’il ne se passerait rien. Je me suis rendu compte que c’était le contraire. Je me sens proche de cet acteur américain à qui un metteur en scène avait demandé s’il pouvait jouer plus expressif, et qui avait répondu : « — Non, mais toi tu peux rapprocher un peu plus ta caméra. » (rires) Quelles sont les exigences d’un tel rôle ?

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Le ballet futuriste de Christopher Bauder et Robert Henke

Deep Web | S'il est bien une performance que l'on attend avec une immense impatience, c'est celle menée par Robert Henke et Christopher Bauder à l'Hôtel de Région. Ce (...)

Sébastien Broquet | Mardi 6 décembre 2016

Le ballet futuriste de Christopher Bauder et Robert Henke

S'il est bien une performance que l'on attend avec une immense impatience, c'est celle menée par Robert Henke et Christopher Bauder à l'Hôtel de Région. Ce devait être une création, avant l'annulation des festivités l'an dernier, c'est donc Berlin via le CTM Festival qui eut l'honneur de la première en février dernier ; avant le retour à Lyon de cet ingénieux tandem, pour leur seconde Fête des Lumières, après la présentation de Grid en 2013 (tous deux avaient déjà collaboré pour Atom, en 2007, pas vu à Lyon). Deep Web, ainsi est baptisée leur nouvelle idée, est une gigantesque installation complètement immersive utilisant douze lasers de précision et 175 sphères mobiles emplies d'un liquide absorbant la lumière, réunis au sein d'une structure interactive de 25 mètres de long. Voilà pour la fiche technique. Durant quinze minutes à chaque fois, les deux artistes vont mêler leurs médiums et leurs algorythmes, les figures géométriques ainsi composées en une sculpture de trois dimensions réagissant en direct aux mélopées électroniques de Henke, via un son surround.

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Un 8 décembre dessiné

CONNAITRE | Tony Bertrand et Tola Vologe ou la chute du pape... Depuis 18 mois, L'Épicerie Séquentielle publie la bande dessinée mensuelle Les Rues de Lyon et vous dit (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Un 8 décembre dessiné

Tony Bertrand et Tola Vologe ou la chute du pape... Depuis 18 mois, L'Épicerie Séquentielle publie la bande dessinée mensuelle Les Rues de Lyon et vous dit tout de la ville et de ses illustres habitants. C'est peu dire que cette revue de douze pages donne un coup de jeune à l'histoire du patrimoine de cette ville de plus en plus visitée par les touristes. Et voilà qu'il est question de revisiter la tradition du 8 décembre de l'an 177 à aujourd'hui, avec comme à chaque fois des artistes différents : c'est Rebecca Morse, dessinatrice de la revue jeunesse Alyssa alliée à la romancière Virginie Ollagnier qui retracent avec brio cette épopée si locale. Disponible en librairie pour 3€.

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Saint-Jean ou la prophétie d'Ez3kiel

ARTS | Avec son Lux tour il y a tout juste deux ans, Ez3kiel livrait au Transbordeur un de ces concerts qui vous laissent dans un état de béatitude, yeux et (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Saint-Jean ou la prophétie d'Ez3kiel

Avec son Lux tour il y a tout juste deux ans, Ez3kiel livrait au Transbordeur un de ces concerts qui vous laissent dans un état de béatitude, yeux et oreilles baignés de rock vaporeux et de lumières chiadées sans être maniérées. On n'avait alors pas imaginé les revoir à la Fête des Lumières, de surcroît sur l'un des sites les plus visités, le plus prestigieux et donc pas celui qui est le plus prétexte à innovations : la cathédrale Saint-Jean. C'est Yann Nguema, membre du groupe tourangeau, qui va déconstruire pierre par pierre, pixel par pixel, cet édifice récemment restauré et revenir aux fondements de son édification. À l'occasion de la dernière tournée du groupe, il avait inventé avec son complice Arnaud Doucet le "Magic-Screen" composé de 48 projecteurs Magicpanel disposés sur une grande matrice. Ici, l'histoire de la cathédrale va s'écrire avec des traits en noir et blanc, peu à peu coloriés et un laser pointera, comme un stylo, les pierres numérisées. Evolutions Place Saint-Jean, Lyon 5e Du 8 au 10 décembre de 20h à minuit Dans le cadre de la Fête

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Benedetto Bufalino : "faire du monde une chambre d'enfants"

Fête des Lumières | Il y a les mercenaires de la Fête des Lumières (TILT, Joseph Couturier…) ; et quelques outsiders qui (re)passent par là, cette année. Parmi eux Ez3kiel, Christophe Bauder et surtout Benedetto Bufalino. Celui qui avait transformé une cabine téléphonique en aquarium revient, en cette édition ultra-sécurisée et post black-out des attentats, éclairer un dancefloor grâce à une bétonnière à facettes.

Nadja Pobel | Mardi 6 décembre 2016

Benedetto Bufalino :

Ne jamais réduire un artiste à une œuvre. Tenter d'épaissir le trait. Mais indubitablement, réapparaît la cabine téléphonique / aquarium lorsqu'il est question de Benedetto Bufalino. En 2007, le Lyonnais n'est titulaire que depuis deux ans de son diplôme supérieur d'arts appliqués de la Martinière Terreaux et, après avoir imaginé des interventions sur le territoire du premier arrondissement (mettre des échafaudages pour tutoyer le sommet des arbres, poser des bandes de prairie entre les mini fontaines au sol de la place des Terreaux...), il répond avec son ami concepteur lumière Benoit Deseille à un appel à projet pour la Fête des Lumières, qui ne connaît pas alors l'affluence d'aujourd'hui. Se considérant plus comme un plasticien que comme un designer, aimant « jouer avec le réel, le décaler, le laisser divaguer », il s'empare d'un objet existant – quoique voué à disparaître, la cabine téléphonique, et la détourne de sa fonction en y logeant un aquarium. Cette « évasion urbaine » telle qu'il l'avait nommée sera l’une des a

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Une Fête des Lumières sous haute sécurité

ACTUS | Ainsi va l’époque : il faut se calfeutrer même dehors. Périmètre délimité et fermé, renfort de forces de sécurité, drone… Des moyens accrus pour une fête restreinte qui se déroulera du jeudi 8 au samedi 10 décembre, en Presqu’île et dans le Vieux Lyon.

Nadja Pobel | Vendredi 14 octobre 2016

Une Fête des Lumières sous haute sécurité

Trois jours au lieu de quatre habituellement, mise en éclairage de 20h à minuit (et non de 18h à minuit comme auparavant), périmètre plus que réduit : la Fête des Lumières 2016 aura bien lieu, mais adaptée à l’état d’urgence. En Presqu’île, elle se déroulera précisément entre les places des Terreaux et Bellecour et dans le Vieux Lyon, elle ira de Saint-Paul à Saint-Jean et jusqu’aux amphithéâtres gallo-romains. La programmation sera dévoilée après les vacances de la Toussaint mais elle reprendra ce qui était prévu (et annulé) en 2015. Augmenté de quelques installations qui devaient se dérouler hors de cette zone. L’accès à ce périmètre se fera par 42 points définis (et sans portique) où officieront notamment 200 agents de sécurité privés et la police nationale en renfort. Un dispositif "anti-bélier" est prévu avec une centaine de barrières Vauban notamment. Des chauffeurs prêts à évacuer toutes personnes qui auraient besoin de secours seront positionnés. Concernant les voitures, la circulation sera interdite sur la rive droite de la Saône entre le Pont Kitchner et Saint-Paul ainsi que sur la rive gauche. L’axe nord/sud du Rhône sera empruntable mais

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La Fête des Lumières en mode fan zone

Fête des Lumières | L'organisation de la Fête des Lumières 2016 se précise : dans une conversation avec les lecteurs de nos confrères de Salade Lyonnaise s'étant déroulée au Sofitel en (...)

Sébastien Broquet | Samedi 17 septembre 2016

La Fête des Lumières en mode fan zone

L'organisation de la Fête des Lumières 2016 se précise : dans une conversation avec les lecteurs de nos confrères de Salade Lyonnaise s'étant déroulée au Sofitel en cette fin de semaine, le maire Gérard Collomb a donné des précisions et indiqué que les animations seraient concentrées sur la Presqu'île et protégées par un dispositif d'accès et de sécurité semblable à celui utilisé pendant l'Euro de football avec les fan zones, en version élargie. Nous allons rassembler les animations de la Fête des Lumières en presqu'île avec un dispositif type "Fan Zone".#SaladeLyonnaise #FDL2016 — Gérard Collomb (@gerardcollomb) 16 septembre 2016 De son côté, le parti qui a peur de tout et de tous, réclame purement et simplement l'annulation par la voix de Christophe Boudot, président du groupe Front National au conseil régional Auv

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Pseudonym

ECRANS | de et avec Thierry Sebban (Fr, 1h14) avec Perrine Tourneux, Igor Skreblin, Simon Abkarian…

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

Pseudonym

Par quels mystères un tel polar borgne a-t-il pu jouir du soutien des producteurs Thomas Langmann (The Artist) et Gilles Podesta (Le Magasin des suicides) ? L’argument décati de ce court-métrage gonflé en long les a-t-il convaincus ? Espéraient-ils récolter du buzz sur la séquence de charcutage de lobe d’oreille à la disqueuse du comédien-réalisateur (aux tendances masochistes), entre autres joyeusetés gore, ou grâce aux chaloupements suggestifs de la sensuelle Perrine Tourneux ? S’ils ont cru à l’alibi d’une dénonciation du voyeurisme et/ou des Internets (argument passe-partout bien commode), dommage pour eux. VR

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L’art numérique n’est pas un Mirage

CONNAITRE | Festival - Durant toute la semaine, la création numérique (avec ses installations interactives, ses performances immersives et autres innovations artistiques futuristes) sera à l’honneur un peu partout en ville à l’occasion de la 4ème édition d’un Mirage Festival placé sous le signe de la Techno-Fiction.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

L’art numérique n’est pas un Mirage

Les technologies numériques sont garantes de notre accès au monde et de la manière dont nous l’appréhendons. Il revient donc aux formes d’arts qui en dépendent, les arts numériques, d’amener un peu de magie dans notre quotidien. C’est dans cette optique à la fois politique et ludique que l’équipe de Dolus & Dolus a pensé cette 4ème édition du Mirage Festival. En sélectionnant un panel d’artistes internationaux représentatifs de toutes les tendances des arts numériques, le festival entend réenchanter notre monde connecté avec un parcours d’exposition, des performances, des projections, des tables rondes, des workshops pour apprendre et des soirées pour s’amuser. L’ensemble se tiendra dans divers lieux de la ville (Subsistances, pentes de la Croix-Rousse, Musée des Beaux-arts, Lavoir Public, Sucre, Temple Protestant, Tuba, Transbordeur). Côté musique, Mirage mise sur la présence de la Suissesse Aisha Devi (alias Kate Wax), sur le collectif parisien ClekClekBoom et le label électro rétro-futuriste Viewlexx. Maxence Grugier Mirage Festival Partout dans Lyon du 2 au 6 mars

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Mirage Festival

MUSIQUES | Bel élan pour ce festival qui prend résolument un virage le menant vers les cultures numériques, quittant la sphère musiques électroniques de ses débuts, même si le (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Mirage Festival

Bel élan pour ce festival qui prend résolument un virage le menant vers les cultures numériques, quittant la sphère musiques électroniques de ses débuts, même si le hollandais I-F ou Aïsha Devi seront présents. On note surtout la présence de Olivier Ratsi (Anti VJ), Herman Kolgen au Grand Temple Protestant, Nicolas Maigret et son travail sur le hacking... Du 2 au 6 mars en divers lieux de la ville.

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Entretenir la flamme

CONNAITRE | Logiquement annulée pour cause d’attentats et de trauma national, la Fête des lumières a été remise aux calendes 2016. Reste l’œuvre de Daniel Knipper et un hommage aux victimes, le temps d'un retour à une tradition des lumignons qu'on espère plus que jamais empreinte de laïcité.

Nadja Pobel | Lundi 7 décembre 2015

Entretenir la flamme

Au Petit Bulletin, la raison qui nous pousse chaque année à accorder une large place à la Fête des Lumières est artistique. Point d'étude des taux de remplissage des hôtels locaux. Juste des créateurs et leur potentiel, souvent immense, à inventer des spectacles de haute tenue. Il n'en sera rien cette année. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Jeudi 19 novembre, moins de six jours après les attentats de Paris, au lendemain de l’assaut à Saint-Denis, toutes les instances de Lyon et la préfecture ont en effet dit «non». La Fête des Lumières 2015 n’aura pas lieu et sera reconduite à l’identique l’année prochaine. Parce que la décence et le recueillement sont plus appropriés à cette période sombre que des déambulations festives. Mais surtout parce qu'il était, selon Michel Delpuech, préfet de Rhône-Alpes et du Rhône, impossible d’assurer correctement la sécurité des trois millions de badauds attendus, en raison notamment de la COP 21 qui, se déroulant au même moment à Paris, monopolise les forces vives de la nation. Au-delà de la menace, la crainte étant grande que le moindre pétard déclenche des mouvements de foule. «Renoncer à

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Annulation de la Fête des Lumières

ACTUS | Sans surprise, à 11h30 ce matin, Gérard Collomb a annoncé l'annulation de la Fête des Lumières et appelé à faire du 8 décembre un jour d'hommage aux victimes des attentats. Explications.

Benjamin Mialot | Jeudi 19 novembre 2015

Annulation de la Fête des Lumières

«Notre pays vient de vivre une tragédie, la France a été attaqué dans ses modes de vie, sa culture, sa jeunesse.» C'est par ces mots que Gérard Collomb a ouvert cette conférence de presse, annoncée le matin même, aux côtes des forces publiques (ses adjoints, le préfet, son délégué à la défense et la sécurité, la direction départementale de la sécurité publique, etc.) et dans une ambiance mortifère. «Face à cette déclaration de guerre, nous souhaitons manifester l'esprit de résitance qui nous anime aujourd'hui mais nous devons aussi, en responsabilité, veiller à assurer la sécurité de nos concitoyens» a-t-il poursuivi. Après consultation avec le Premier Ministre et le ministre de l’Intérieur mardi soir au Sénat, il a pris la décision d'annuler cette Fête. «Les faits survenus hier à Saint-Denis confirme que la menace persiste» dit-il encore. Originellement prévue du samedi 5 au mardi 8 décembre prochain, la fête ne se tiendra donc pas. À la place, le maire fera du 8 un jour symbolique, incitant tous les Lyonnais à mettre les traditionnels lumignons à leur fenêtre. 200 000 seront distribués dans les écoles et chacun est appe

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Un programme comme neuf pour la Fête des Lumières

Fête des Lumières | Comme prévu l'année dernière, la Fête des Lumières 2016 (raccourcie d'un jour) reprend les projets avortés de 2015. Revue de détails.

Nadja Pobel | Jeudi 5 novembre 2015

Un programme comme neuf pour la Fête des Lumières

Balayée par les tragiques attentats de novembre 2015, la Fête des Lumières aura bien lieu, du jeudi 8 au samedi 10 décembre. Un jour de moins et une amplitude horaire réduite (de 20h – au lieu de 18h – à minuit) dans un périmètre très délimité et encadré (de Bellecour aux Terreaux et un morceau du 5e arrondissement). 40 œuvres sont au programme (contre 77 annoncées l'année dernière mais les installations majeures n'ont pas changées). Dont celles-ci : Cathédrale Saint-Jean - Évolution C'est là qu'officiera le groupe Ez3kiel, réputé pour ses scénographies éblouissantes, avec une écriture mariant traits en noir et blanc et surfaces coloriées. Un laser servira de stylet et indiquera certaines parties de ce monument emblématique de la Fête dont les 12 000 pierres ont été numérisées durant trois semaines pour que le rendu soit le plus fin possible. Théâtre

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Un Oeil sur... Arnaud Pottier

ARTS | Le Petit Bulletin en partenariat avec la Ville de Lyon vous présente Arnaud Pottier et son projet Golem au pôle ALTNET, dans le cadre du Mirage Festival - Journaliste : Stéphane Duchêne - Réalisation : La Brêche - crédit musique : Péthrol – Summer Rise

Benjamin Mialot | Mercredi 25 février 2015

Un Oeil sur... Arnaud Pottier

Ddirecteur artistique du studio BK, qui a notamment "éclairé" la place des Terreaux le 8 décembre dernier, Arnaud Pottier est aussi à l'origine de l'installation Golem, présentée au Mirage Festival. Un fascinant projet dans lequel, au croisement de la sculpture et du vidéomapping, du mythe et de l'inconscient, il donne vie à des statues. Rencontre avec un bidouilleur sensible plein d’avenir.

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Mirage Festival : la grand-messe numérique

CONNAITRE | En 2015, les voitures devaient voler, les chaussures s'auto-lacer et le port de la double cravate se généraliser. A la place, nous voilà équipés d'imprimantes 3D, de drones et de logiciels génératifs. A voir l'utilisation qui en est faite au festival d'arts numériques Mirage, dont la troisième édition investit cette semaine une dizaine de sites lyonnais, on n'y a pas perdu au change. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Mirage Festival : la grand-messe numérique

Entre Lyon et l'innovation, c'est une longue passion qui remonte au moins à l'invention du métier à tisser Jacquard (1801) et a connu une nouvelle concrétisation le 12 novembre dernier avec l'attribution, par la secrétaire d’État chargée du numérique Axelle Lemaire, du label French Tech, récompensant les efforts d'une municipalité en faveur de l'entrepreneuriat numérique, ce «levier de croissance» dont les champs d'application sont aussi vastes (éducation, robotique, santé...) que les horizons qu'il ouvre en matière de création artistique sont méconnus. A l'ombre des accélérateurs de start-ups, espaces de coworking et autres pôles d'entraide et d'émulation qui poussent à Lyon comme les champignons sur l'aérolithe de Tintin et L’Étoile mystérieuse, s'épanouissent en effet des créateurs détournant les avancées technologiqies à des fins de renouvellement des formats et modes de consommation de l'art. Et c'est pour leur offrir une visibilité que Simon Parlange et Jean-Emmanuel Rosnet organisent depuis trois ans le Mirage Festival.

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Les chants des machines

MUSIQUES | Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Les chants des machines

Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers pour les guitaristes obnubilés par leurs pédales d'effet – souffrant d'une sévère carence de charisme. D'une certaine manière, le Mirage Festival inverse ce rapport de subordination, investissant Le Sucre pour deux showcases conçus comme des soirées d'appel destinées à attirer l'attention sur les sections moins intelligibles du festival. Le compromis s'arrête là, Monkeytown et Crème Organization, les deux labels à l'honneur de ces soirées, comptant parmi les plus insaisissables du Vieux Continent. Le premier, tanière de Modeselektor, par la polissonnerie – qu'on pourrait ici orthographier avec un y – avec laquelle ses pensionnaires, en l'occurrence Bambounou et le solaire Benjamin Damage, se jouent des codes de la techno. Le second, fondé à Amsterdam voilà tout juste quinze ans par DJ TLR, par sa propension des siens (y compris les petits derniers, Marquis Hawkes et Innershades), émulée depuis par L.I.E.S., à avilir la h

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The Cut

ECRANS | Fatih Akin passe à côté de son évocation du génocide arménien, transformée en mélodrame académique sans souffle ni ampleur, comme si le cinéaste avait été paralysé par l’enjeu. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 13 janvier 2015

The Cut

Devant les premières séquences de The Cut, avec sa reconstitution si proprette qu’elle paraît totalement factice et ses images désespérément mièvres de bonheur familial édifiant avec un Tahar Rahim peu crédible en forgeron arménien murmurant des paroles sucrées à sa femme et ses filles, on se pince un peu. Est-ce bien Fatih Akin, le cinéaste rock’n’roll de Head on ou celui, à l’humanisme rugueux de De l’autre côté, derrière la caméra ? Cette introduction semble au contraire singer un cinéma hollywoodien impersonnel qui s’emparerait d’un grand sujet : le calvaire de Nazareth qui, en 1915, va vivre le génocide organisé par les Turcs contre les Arméniens. Séparé de sa famille, condamné avec d’autres camarades d’infortune à des travaux forcés pour construire une route, il assiste, impuissant, à leur massacre et sera le seul rescapé de cette tuerie. Les images ont beau chercher à tout prix à glacer le sang du spectateur, quelque chose ne prend pas, une ét

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Premières images de la Fête des Lumières

CONNAITRE | Du cinéma souterrain de Perrache au vivarium fluorescent du Parc de la Tête d'or en passant par le planétarium à ciel ouvert de la place Antonin Poncet, découvrez en avant-première quelques-uns des projets les plus attendus de la Fête des Lumières. Benjamin Mialot & Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Vendredi 5 décembre 2014

Premières images de la Fête des Lumières

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Des lumières plein la vue

ACTUS | Avec des spectacles à part entière sur les places centrales que sont les Terreaux et Bellecour, la Fête des Lumière 2014 mettra du vendredi 5 au lundi 8 décembre le paquet sur la Presqu’île. Sans oublier un parc de la Tête d'Or évanescent et les contours avec une colline de Fourvière, qui sera illuminée par les passants. Morceaux choisis. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 6 novembre 2014

Des lumières plein la vue

Difficile chaque année d’éclairer la place Bellecour. La faute à sa grandeur (elle est l'une des plus imposantes d’Europe) et à la disposition de ses façades, loin des yeux des passants et de surcroit cachées par endroit par des arbres. L’an dernier, un véritable spectacle avait été spécialement créé pour elle, Pierrot le fou. Un essai transformé et réédité cette année avec une histoire autour du Petit Prince à l’occasion des 70 ans de la mort de Saint-Exupéry. Une boucle de 17 minutes sera lancée toutes les demi-heures avec des projections d’animations sur le centre de la grande roue, des copies d’avions du pilote-écrivain qui traverseront le ciel… Aux manettes de cette production, on trouve Damien Fontaine, qui l’an dernier avait illuminé la place des Terreaux.   La place des Terreaux sera cette année confiée à Cité Création de Gilbert Coudène. En 2013, il avait été à l’origine d’un des temps fort de la manifestation au Mur des Lyonnais, sur lequel les Frèr

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La tête dans les mirages

CONNAITRE | Après une première édition en forme de prise de température, le Mirage Festival prend de l'ampleur. Plus qu'un instantané, c'est de fait un véritable panorama de la création numérique contemporaine qu'il propose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

La tête dans les mirages

En latin, dolus désigne une supercherie. C'est exactement ce à quoi s'est livré le collectif du même nom (redoublé) lors de la dernière Fête des Lumières : plutôt que de proposer un éclairage inédit du bâti à sa disposition, il a érigé sur la place Colbert un immersif tunnel de diodes dont les variations d'intensité figuraient autant de respirations. Autrement dit une installation autonome et qui aurait été à sa place, c'est le cas de le dire, sur n'importe quel autre bout de trottoir de la ville.Non respect du cahier des charges ? On préfère y voir l'affirmation d'une authentique passion pour les arts numériques : là où la plupart des événements se targuant de les promouvoir ne les utilisent en fin de compte qu'à des fins décoratives, Dolus & Dolus les valorise dans toute leur capacité à redéfinir notre environnement. Notamment dans le cadre du Mirage Festival, créé en 2013 et renouvelé cette année dans une version augmentée. Un festival pour les unir tous Ce sont en effet pas moins de douze lieux qu'investira l'événement, et à peu près deux fois plus de fenêtres sur l'avenir qu'ouvriront les développeurs, musiciens et plasticiens (et

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Fête des Lumières : la fresque des Lyonnais récompensée

CONNAITRE | Après la foule, l'heure des récompenses ! Lundi soir, au moment où s'éteignait la Fête des Lumières 2013, trois prix ont été décernés, dont le Prix des partenaires, (...)

Nadja Pobel | Mercredi 11 décembre 2013

Fête des Lumières : la fresque des Lyonnais récompensée

Après la foule, l'heure des récompenses ! Lundi soir, au moment où s'éteignait la Fête des Lumières 2013, trois prix ont été décernés, dont le Prix des partenaires, qui a couronné notre chouchou : la Fresque des Lyonnais, animée par CitéCréation, l’école Emile Cohl et ECohlCité. Cette installation a failli également remporter (à quatre voix près !) le trophée du public, basé sur un vote des internautes exprimé sur le site de France 3 Région. Il est malheureusement revenu à Damien Fontaine pour son éclairage sans grande trouvaille de la place des Terreaux. Enfin, le trophée Recylum a couronné la très froide et très prétentieuse installation de Jean-Charles de Castelbajac et Mr Nô dans la cour de l'Hôtel de Ville, Lost paradise. Si cela n'avait tenu qu'à la rédaction du PB, nous aurions pour notr

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Nelson Mandela à la Fête des Lumières

CONNAITRE | La Ville de Lyon associera le souvenir de Nelson Mandela à la Fête des Lumières et plus particulièrement aux Lumignons du cœur. Un message sera à cet effet (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 6 décembre 2013

Nelson Mandela à la Fête des Lumières

La Ville de Lyon associera le souvenir de Nelson Mandela à la Fête des Lumières et plus particulièrement aux Lumignons du cœur. Un message sera à cet effet projeté par les Inooks, dont les petits personnages firent de la gare Saint-Paul leur terrain de jeu l'an passé, sur le théâtre des Célestins durant ces 4 nuits, à partir de 18h.

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Carte interactive de la Fête des Lumières 2013

CONNAITRE | Comme chaque année, vous craignez de n'avoir ni le temps, ni la place, ni la volonté de tout voir de la Fête des Lumières ? Alors cette carte, qui pointe les douze installations que nous estimons immanquables et les deux sites d'où seront tirés des feux d'artifice, est faite pour vous. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 4 décembre 2013

Carte interactive de la Fête des Lumières 2013

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Nouvelle galerie

CONNAITRE | La Fête des Lumières, c'est d'abord une question d'image. Ce n'est pas Gérard Collomb qui nous contredira. Mais c'est aussi une question de son. La plupart (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 28 novembre 2013

Nouvelle galerie

La Fête des Lumières, c'est d'abord une question d'image. Ce n'est pas Gérard Collomb qui nous contredira. Mais c'est aussi une question de son. La plupart des créateurs invités à présenter Lyon sous un nouvel éclairage ont malheureusement tendance à l'oublier, se contentant de diffuser dans des enceintes de médiocre qualité des musiques sommairement illustratives. Pas le styliste Jean-Charles de Castelbajac, qui a confié la mise en son de son «paradis perdu» à l'implacable Mr Nô – sorte de Gesaffelstein à capuche et d'ascendance auvergnate. Pas le designer berlinois Christopher Bauder, qui tapissera l'Hôtel de région de figures géométriques avec le concours du Concert de L'Hostel Dieu. Et surtout pas Dolus & Dolus, collectif à cinq têtes (deux porteurs de projet et trois artistes numériques) qui présentera cette année l'installation la plus immersive : le LumiNon, une galerie d'une quinzaine de mètres au sein de laquelle, cernés de strates de bois de trois mètres de haut, les badauds seront invités à déambuler aux rythmes des variations d'intensité de centaines de LEDs – mises bout à bout, elles couvriraient une distance de près d'un kilomètre – et d'une musique mi-

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Fresque animée

CONNAITRE | Il est le seul non Lyonnais de l’histoire. Le Chartrain Laurent Lhuillery, maire adjoint du chef-lieu d’Eure-et-Loir et responsable de la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 28 novembre 2013

Fresque animée

Il est le seul non Lyonnais de l’histoire. Le Chartrain Laurent Lhuillery, maire adjoint du chef-lieu d’Eure-et-Loir et responsable de la manifestation Chartres en lumières, s’est pourtant entouré d’une équipe 100% gones pour lancer Dessine-moi... des lumières avec les élèves de la très réputée école d’arts visuels Emile Cohl et les jeunes artistes numériques de Theoriz Crew, qui avaient déjà permis aux spectateurs de jouer à Pac Man sur la façade d'un immeuble de la place Sainte-Anne en 2011 ou d’interagir avec celle de l'Alliance française sur la place Bahadourian l’an dernier. Ce projet original d'éclairage du mur des Lyonnais, oeuvre logiquement invisible dès la nuit tombée (à l’exception du mur des Canuts, illuminé de manière pérenne par la Direction de l’éclairage public depuis sa restauration en mai dernier), verra les éminentes personnalités représentées (le créateur de Guignol Laurent Mourguet, Antoine de Saint-Exupéry, les Frères Lumière, Tony Garnier, Louise Labbé...) tour à tour prendre vie tandis que les autres seront plongés dans l’obscurité. Non content de constituer une première pour la Fête des Lumières, ce projet sera aussi un hommage

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Éclairage maison

CONNAITRE | Si la Fête des Lumières (du 6 au 9 décembre) fait appel aux plus grands créateurs lumière de France et d'Europe, elle permet aussi à de talentueux Lyonnais de faire leurs preuves. Exemples avec les projets de Cité Création, de Dolus & Dolus et, surtout, de la Direction de l’éclairage public de la Ville.

Nadja Pobel | Jeudi 28 novembre 2013

Éclairage maison

Et si la plus belle réussite de la Fête des lumières était du fait de la Ville ? On ne parle pas là de l’organisation, du budget alloué ou des enjeux politiques qui sous-tendent ce rendez-vous majeur pour l’édile, mais de la force de frappe des fonctionnaires, ceux de la Direction de l’éclairage public qui, logiquement, ont été les premiers maîtres d’œuvres, dès la préfiguration en 1998 de la manifestation, fête religieuse puis laïque devenue un événement. Chaque année, à l’heure d'en tirer un bilan, leur travail est bien souvent celui qui reste le plus en mémoire. Derrière ce collectif d’agents publics se cache depuis neuf ans la signature de Jérôme Donna, architecte d’intérieur de formation et développeur lumière par passion, mettant notamment en valeur des lieux patrimoniaux. Connaissant parfaitement le terrain, puisqu’il le foule quotidiennement avec ses collègues, il est à même d’explorer des lieux compliqués à éclairer ou de défricher des sites encore jamais mis en lumière. Ainsi en fut-il des grandes serres du Parc de la Tête d’Or, colorées en 2002, ou de la cour de l’Hôtel de ville, illuminée pour la première fois en 2008 et transformée en grand salon de réceptio

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Des lumières et un tunnel

CONNAITRE | Contre toute attente, l’événement 2013 de la Fête des Lumières se tiendra peut-être bien dans un tunnel ! Celui sous la Croix-Rousse, réservé aux modes de transport doux. Mais comme ce dispositif sera pérenne, passons plutôt en revue les nouveautés et immanquables de cette édition qui se tiendra du vendredi 6 au lundi 9 décembre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 24 octobre 2013

Des lumières et un tunnel

Il y a tant de lumières à Lyon que même Gérard Collomb s’emmêle. En présentant à l’Institut Lumière la prochaine édition de la Fête des Lumières, l’édile s’est en effet réjouit d’annoncer cet événement annuel dans la salle «qui il y a quelques jours encore accueillait le festival des Lumières». Les frères au célèbre patronyme confondus avec des lumignons ! À ce moment-là, cela faisait déjà 1h30 que l’adjoint à la culture et aux grands événements de la ville, Georges Kénépékian, et ses équipes égrenaient le contenu de ce moment incontournable de la vie lyonnaise. Cette année, la Fête se tiendra du vendredi 6 au lundi 9 décembre. Les axes nord-sud seront exploités dans leur totalité, voyant revenir l’illumination du Parc de la Tête d’Or, volontairement laissé de côté l’an dernier pour concentrer les efforts et la fréquentation sur la Confluence alors flambant neuve. Le parc permettra à Lyon de concrétiser ses relations avec la Chine, puisque ce sont des lanternes de la ville de Xi’an qui seront disséminées dans les arbres et sur les pelouses. Stars, gigantisme et classiques

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Les Lumières 2012 en images (2/2)

CONNAITRE | Ça y est, la Fête des Lumières bat son plein et la ville est aussi encombrée que les poumons d'un asthmatique souffrant d'une bronchite aiguë. Pas de quoi nous décourager d'y refaire un tour pour vous en ramener une seconde série d'instantanés.

Benjamin Mialot | Samedi 8 décembre 2012

Les Lumières 2012 en images (2/2)

Photographies : Nadja PobelMusique : Portishead - Roads Par ordre d'apparition : Lucion Media - Les Nids, volières virtuelles, montée de la Grande côte (Lyon 1er) Philippe Morvan - Ring[z], Amphithéâtre des 3 Gaules (Lyon 1er) Expérimentations étudiantes, place Sathonay (Lyon 1er) Doriane Roche et Mahé Chemelle - Bon débarras !, montée de l'Amphithéâtre (Lyon 1er) David Lesort et Arnaud Giroud - Flamingos, Jardin des plantes (Lyon 1er) Labo #6, quartier Grolée (Lyon 2

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Les Lumières 2012 en images (1/2)

CONNAITRE | Les habitués le savent : les festivités n'ont beau démarrer que le 6, les derniers réglages du 5 permettent de découvrir, en toute quiétude, une bonne partie des installations qui embelliront la ville quatre jours durant. Et, dans notre cas, de vous offrir un avant-goût de ce qui vous attend en images et en musique.

Benjamin Mialot | Jeudi 6 décembre 2012

Les Lumières 2012 en images (1/2)

Photographies : Benjamin MialotMusique : Rone - La Grande Ourse (Infiné) Par ordre d'apparition : Tilt - Light In, place Louis Pradel (Lyon 1er) Skertzò - Highlights, place des Terreaux (Lyon 1er) Annelore Parot - Kokeshi de soie, cour de l'Hôtel de ville (Lyon 1er) Agatha Ruiz de la Prada - Corazón, place de la Bourse (Lyon 1er) Roman-Tyca, rue de la République (Lyon 2e) Bibi - Le Roi des dragons, place de la République (Lyon 2e) Sébastien Lefèvre - Oriflammes, pont Lafayette (Lyon 3e)

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Du flux à Confluence

CONNAITRE | La Fête des Lumières dessine la cartographie sans cesse renouvelée de la capitale des Gaules. Cette année, pour la première fois, les festivités s’installent à la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 29 novembre 2012

Du flux à Confluence

La Fête des Lumières dessine la cartographie sans cesse renouvelée de la capitale des Gaules. Cette année, pour la première fois, les festivités s’installent à la Confluence du Rhône et de la Saône (et délaissent d’ailleurs du même coup le parc de la Tête d’Or et la Cité internationale). Et pour s’y rendre, quoi de mieux que de confier à la Direction de l’éclairage public de la Ville de Lyon le soin de nous faire traverser Perrache par un tunnel habituellement peu agréable et délesté pour l’occasion de la circulation des voitures ? Ces agents publics créent chaque année d’éblouissantes installations. Dans la cour du Musée des Beaux-Arts il y a deux ans, notamment, ou encore et surtout l’an dernier montée de la Grande Côte, où des dessins d’enfants nous racontaient une histoire en s’éclairant tour à tour. Cette immersion dans un conte, pourtant simple et sans esbroufe technique, constituait rien moins que l'une des plus belles trouvailles de l'histoire de l'événement. Cette année, des poissons volants accompagneront les visiteurs entre la place Carnot et la place des Archives, le temps d'une traversée aquatique qui les mènera jusqu'à la darse nautique à la rencont

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Élysée-les

CONNAITRE | L’amitié franco-allemande en lumière, comment ça s’éclaire ? Voilà la problématique dont se sont emparés une trentaine de jeunes de part et d’autre du Rhin. Le (...)

Nadja Pobel | Mercredi 28 novembre 2012

Élysée-les

L’amitié franco-allemande en lumière, comment ça s’éclaire ? Voilà la problématique dont se sont emparés une trentaine de jeunes de part et d’autre du Rhin. Le traité de l’Élysée signé par Adenauer et de Gaulle en 1963 mettait un majestueux point final aux pires déchirures du milieu du siècle. Avant que ne commence un an de festivités commémoratives pour célébrer les cinquante ans de ce rapprochement, des étudiants en licence conception et management en éclairage (à l’IAE de Lyon 3), en architecture (à Leipzig) et en ingénierie de la lumière (à Berlin) se sont réunis pour illuminer ce fait politique. Des boutiques promises au luxe mais désertées par les promeneurs de la rue Grolée (2e arrondissement), ils font leur terrain de jeu : une apparition/disparition d’oiseaux par la grâce de projecteurs et d’un papier huilé, un dialogue entre lignes verticales (rappelant la physionomie du drapeau français) et horizontales (comme celles de l'étendard germanique) et une toile lumineuse où les fils des deux pays s’entrelacent évoqueront ces relations bi-nationales. Et puis, dans la vitrine des anciens locaux de radio Scoop, un hommage sera rendu au symbol

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