L'école des loisirs : 50 ans de jeunesse

ARTS | La bibliothèque de la Part-Dieu consacre une exposition à l’Ecole des loisirs à l'occasion de ses 50 ans. Un bel hommage à un éditeur indépendant resté vaillant et à ses auteurs-illustrateurs, artistes à part entière. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 21 avril 2015

Photo : BML


On est d'abord frappé par la qualité des dessins, gouaches et autres collages, encadrés comme des tableaux et dont la diversité s'exprime jusque dans les croquis et ratures qui les ont précédés. Claude Ponti, Nadja et son fameux Chien bleu, Kitti Crowther, Claude Boujon… Autant d'artistes dont le travail prend une ampleur inédite, le long d'un espace déambulatoire qui agrandit judicieusement l'exposition.

C'est pour qu'un jour ces talents puissent être lus que L'École des loisirs fut fondée en 1965, à la suite des Éditions de l'école, créées pour leur part en 1922 et majoritairement scolaires. Ainsi que le montre une chronologie illustrée, l'aventure débuta par des traductions d'auteurs étrangers, en tête Sendak et ses Maximonstres et Ungerer et ses 3 brigands...

La lecture n'est alors plus uniquement le corollaire de l'enseignement. Elle devient un plaisir relevant de la sphère privée. Rapidement, des clubs de lecture (titoumax, bébémax) relaient cette nouvelle pratique et une librairie dédiée, Chantelivre, ouvre dans les locaux historiques, rue de Sèvres à Paris.

Le bal d'anniversaire

Avec 6000 titres dont 5000 originaux, le catalogue de l'Écoles des loisirs, qui s'est enrichi au fil du temps de collections dédiées au théâtre, au roman et à la BD, est d'une densité précieuse.

Mais si un livre est avant tout le rendu de créateurs – notamment les auteurs, auxquels la politique éditoriale de la maison donne la priorité – dont on imagine le travail artisanal grâce à la reconstitution d'un bureau, il est aussi l'aboutissement d'une chaîne de métiers plus ou moins manuels. L'exposition y consacre une salle qui suscitera peut-être des vocations chez ses jeunes visiteurs, entre deux visionnages d'extraits d'adaptation cinématographique de ces classiques.

Jean Fabre, premier directeur de cette maison qui résista à un incendie en 1990 (trois millions d'ouvrages partis en fumée) et à une polémique absurde, à la suite de la sortie (en 2004) de Jean a deux mamans d'Ophélie Texier, se considérait comme «un chercheur de galets pour que l'enfant fasse des ricochets» ; de cette aventure fondamentale qu'est la transmission du goût de la lecture, l'exposition conçue par la BM est l'un des plus beaux rebonds.

L'Incroyabilicieux anniversaire !
A la bibliothèque municipale de la Part-Dieu jusqu'au 29 août


L'incroyabilicieux anniversaire !

50 ans de création à l'École des loisirs
Bibliothèque de la Part-Dieu 30 boulevard Vivier Merle Lyon 3e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Bibliothèques | Nicolas Galaud a pris son poste le 1er octobre à la tête du premier établissement culturel de la Ville de Lyon : le réseau des bibliothèques municipales. Fermées durant le premier confinement, elles sont désormais ouvertes. Et très fréquentées. Ce conservateur général des bibliothèques, passé par Reims, Brest et tout récemment Bordeaux, évoque cette situation particulière et son cap pour les prochaines années.

Nadja Pobel | Mercredi 14 avril 2021

Nicolas Galaud : « un des rares mérites de la crise : la prise de conscience de ce à quoi servent les bibliothèques »

Quel bilan tirer de la réouverture des bibliothèques municipales de Lyon depuis le 1er décembre ? Nicolas Galaud​ : La période actuelle est significative de la place qu’ont aujourd’hui les bibliothèques dans le paysage culturel. Je déplore bien sûr que les autres établissements culturels soient fermés et trouve incompréhensible que les musées soient portes closes, car il n’y a pas plus de risques sanitaires que dans les bibliothèques et nous les maitrisons. Il n’y a pas de clusters, alors que nous recevons 200 000 personnes par mois dans nos lieux. Les décisions gouvernementales répondent à d’autres logiques. Mais les bibliothèques sont partout le premier établissement culturel en terme de fréquentation, c’est l’une des principales portes d’entrée vers la culturel. Dans beaucoup de communes, c’est le seul établissement culturel existant. Les étudiants, les collégiens, les lycéens y trouvent aussi un espace de travail. Un des r

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Au Musée des Confluences, la vie des objets avec Simonetta Greggio

Concours d'écriture | Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 14 octobre 2020

Au Musée des Confluences, la vie des objets avec Simonetta Greggio

Un téléphone, un châle de soie de mer, un fossile, un fragment de météorite, ce sont autant d'objets investis par des écrivains — J.B. Pouy, Emmanuelle Pagano, Philippe Forest, Olivia Rosenthal — au cœur de fictions inédites pour la collection Récits d'objets du Musée des Confluences. Collection qui fait doublement sa rentrée en ce début d'automne avec des habits neufs — un nouvel éditeur : Cambourakis. D'abord parce que l'autrice italienne et francographe Simonetta Greggio et la Mauricienne Ananda Devi y publient L'Ourse qui danse et Fardo où la fiction s'empare respectivement d'une statuette inuit et d'une momie de femme péruvienne. Ensuite, via un concours d'écriture ouvert à tous en partenariat avec la BmL (et Le Petit Bulletin). L'idée : imaginer, dans l'esprit de la collection, une fiction autour d'un des trois objets exp

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Nicolas Galaud, nouveau directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon

Mercato | Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 18 juin 2020

Nicolas Galaud, nouveau directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon

Nicolas Galaud sera le futur directeur de la Bibliothèque Municipale de Lyon et prendra ses fonctions le 1er octobre prochain, succédant ainsi à Gilles Eboli, bientôt retraité, qui était en poste depuis 2011 et « a fait un travail remarquable » selon Loïc Graber, l'adjoint à la culture. Nicolas Galaud dirige actuellement la bibliothèque de Bordeaux, depuis 2016, après avoir œuvré à Brest et à Reims. « C'est un très bon profil pour nos BM. Il saura succéder à Gilles Eboli » nous a déclaré l'adjoint à la culture. La date de nomination a été imposée par l'État, qui souhaitait que la décision soit prise le 22 juin au plus tard.

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La bibliothèque, ce pilier de la démocratie que Lyon chérit

Politique Culturelle | Mission de service fondamentale, la bibliothèque municipale de Lyon est au cœur de la politique de la Ville. À l'heure où Grenoble choisit d'en fermer, Lyon en (ré)ouvre trois, à commencer par Gerland depuis le 28 mars. Gilles Éboli, directeur de la BML, fait le point.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

La bibliothèque, ce pilier de la démocratie que Lyon chérit

La fréquentation de la bibliothèque est stable voire en léger recul (2, 8 millions de visiteurs en 2015, 2, 5 aujourd'hui). Quelle analyse en faites-vous ? Gilles Éboli : L'action de la ville de Lyon en matière de lecture publique est vraiment à souligner. On ouvre trois bibliothèques : réouverture de Gerland en mars, de celle du 6e – Clémence Hortet le 6 juin, puis première ouverture de Lacassagne fin septembre. On crée quinze postes. On met 15M€. C'est vraiment un projet énorme, et ce n'est pas le seul. Si on a eu moins de fréquentation, c'est qu'on a dû fermer des bibliothèques pour en rouvrir des nouvelles. On a un potentiel énorme de public. 16% des Lyonnais sont des abonnés de la BML. Pour la France, c'est un chiffre qui se situe dans la moyenne. Le chiffre des inscrits ne rend pas compte de l'activité - la bibliothèque n'est plus un stock de documents que l'on vient emprunter, c'est un espace de vie, un endroit où les citoyens peuvent se retrouver gratuitement. On n'est pas obligé de s'inscrire. Notre fréquentation a plus de sens. Et elle va augmenter avec la réouverture de Gerland, celle du 6e

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«La bibliothèque, un lieu de vie» - Interview de Gilles Eboli

ACTUS | En cette rentrée littéraire, impossible de ne pas évoquer la Bibliothèque municipale, paradis de la lecture et premier lieu public lyonnais en termes de fréquentation. Son directeur, Gilles Eboli, revient pour nous sur ses nombreuses mutations en cours. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 30 septembre 2015

«La bibliothèque, un lieu de vie» - Interview de Gilles Eboli

Que représente la Bibliothèque municipale de Lyon en nombre d’abonnés et en fréquentation ? Gilles Eboli : C’est la première bibliothèque municipale en France hors Paris. 2, 8 millions de personnes franchissent chaque année la porte d’une de nos quinze antennes et nous avons 105 000 abonnés. Ces chiffres sont depuis des années en hausse régulière, sans que ce soit une explosion, mais c’est à souligner quand on nous parle ici et là d’effondrement du livre. Jusqu’à maintenant, il y avait l’usage savant et érudit – la consultation sur place – et l’usage de lecture publique – l'emprunts de document. Mais depuis la fin des années 90 s’est développé l’usage dit des "séjourneurs", qui consiste à rester à la bibliothèque car elle est perçue comme un lieu de vie, de sociabilité, de lien. Revendiquer ce qui, à un moment, a pu être vécu par certains comme quelque chose d’anormal – rester à la bibliothèque – est au cœur de notre projet d’établissement. Vous proposez depuis le 1er septembre une nouvelle offre tarifaire unique englobant tous les supports. Comment a-t-elle été conçue ? Au départ, il y a une volonté

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Ami public n°1

CONNAITRE | Lieu public le plus fréquenté de la ville, la bibliothèque de Lyon abrite une immense richesse documentaire, mise à la disposition de tous quasiment gratuitement. À l’occasion de la manifestation jeune public RéCréation et des quarante ans du site de la Part-Dieu, entretien avec son heureux directeur, Gilles Eboli, pour parler de l’actualité et de l’avenir de la BmL. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Ami public n°1

Comment se porte la bibliothèque, en cette époque où tablettes et téléphones rendent la culture de plus en plus immédiatement et personellement accessible ?Giles Eboli : On peut effectivement se demander comment se portent les bibliothèques physiquement quand Google Books a 22 millions de volumes. À Lyon, elles se portent bien. Tous nos indicateurs sont positifs, avec parfois de véritables explosions pour tout ce qui a trait au numérique, des accès à notre site aux Guichets du savoir. Pour ce qui est de la fréquentation physique, de l’emprunt ou de la présence dans les locaux, tous les chiffres sont aussi à la hausse. Ce n’est pas une explosion mais une progression très solide. On aurait pourtant pu s’attendre à une baisse de fréquentation...Le slogan de notre projet est "la bibliothèque plus que jamais". Nos collègues anglo-saxons ont du faire face au phénomène des deserted libraries, une sorte d’angoisse millénariste. La nôtre était que plus personne ne vienne chez nous. Cela ne se produit pas à Lyon car la Ville mène depuis les ann

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Cité de la Ré-Création

ARTS | Toucher, jouer, manipuler. L'art ne s'appréhende pas uniquement avec les yeux. C'est ce que démontre la manifestation dédiée aux petits (mais aussi aux grands) Ré-Création, à découvrir dans toutes les bibliothèques de Lyon, et notamment à la Part-Dieu.

Nadja Pobel | Jeudi 2 mai 2013

Cité de la Ré-Création

Lorsque Gilles Eboli, directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon, émet l'idée d'organiser une exposition jeune public à la bibliothèque de la Part-Dieu, Violaine Kanmacher, responsable du secteur jeunesse de cette médiathèque et coordonnatrice des quinze autres bibliothèques d’arrondissement, met la barre plus haut avec Ré-Création, un festival de quatre mois disséminé dans tous ces lieux. Au programme : des concerts, de très nombreux ateliers de création vidéo avec l'école de graphisme Émile Cohl ou encore des visites des coulisses de lieux partenaires comme la Maison de la danse, l'Opéra ou le Théâtre Nouvelle Génération, la commissaire ayant voulu faire de la BmL de la Part-Dieu «un lieu central pour présenter la richesse des autres salles» et mettre en place une véritable cité de la création avec la complicité d'un très grand nombre d'artistes. Point commun de toutes les installations : «elles posent la question de la place du corps alors qu'on ne pense qu'à la tête dans une bibliothèque». Tout est en effet interactif et invite le visiteur à participe

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Un an de réflexion

CONNAITRE | Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 12 mai 2011

Un an de réflexion

Près d'un an après le départ de Patrick Bazin, Gilles Eboli vient d’être nommé par la Ville de Lyon au poste de Directeur de la Bibliothèque municipale de Lyon. Il prendra ses fonctions début juin 2011. Conservateur général des bibliothèques, ancien président de l’Association des bibliothécaires de France et ancien membre des conseils d’administration de la BNF et du Centre national du Livre, Gilles Eboli a assuré les fonctions de directeur de la Cité du Livre d’Aix-en-Provence et de la bibliothèque Méjanes de 1998 à 2008 puis celles de directeur de la bibliothèque municipale de Marseille de 2008 à 2010.

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Le graver dans la tête, le corps

ARTS | Expo / La Bibliothèque municipale présente une très belle exposition d'estampes où Picasso, Brauner, Miro et Matisse composent et décomposent avec la figure humaine... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 17 février 2010

Le graver dans la tête, le corps

La Bibliothèque Nationale de France possède quelque neuf millions d'estampes et de photographies ! La Bibliothèque municipale de Lyon pouvait donc bien lui en emprunter une cinquantaine et, tant qu'à faire, pas des plus inintéressantes, avec des œuvres signées Pablo Picasso (1881-1973), Victor Brauner (1903-1966), Joan Miro (1893-1983) et Henri Matisse (1869-1954) ! C'est Miro qui nous accueille dans la première salle de la galerie de la Bibliothèque avec plusieurs lithographies composées de couleurs pures (vert, bleu, rouge, jaune) et aux traits noirs et épais. L'artiste laisse libre cours à son univers fait d'astres simplifiés, de tourbillons en spirales, de bonshommes naïfs et attachants... Picasso et Matisse prennent le relais dans une salle où leurs portraits féminins et leurs femmes nues se côtoient, se comparent, se rapprochent ou s'éloignent, sous le regard notamment d'une grande «Françoise au nœud dans les cheveux», très belle lithographie de Picasso datant de 1946. On trouvera aussi dans cette salle un petit chef-d'œuvre de Matisse, son «Nu assis jambes croisées 1», une linogravure de 1941. Un corps féminin, réduit à sa plus grande simplicité formelle, s'éclaire d'un minc

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