Coup d'oeil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l'expo permanente – d'une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d'un autre monde. Représentation du migrant dans l'art contemporain. Il ne s'agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d'émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l'exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux.

Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s'est faite tour à tour critique et patriotique, à l'avant comme l'arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de la ville, Gadagne est la vitrine de l'actualité municipale, il y sera aussi question cette saison, après les roses et leur congrès mondial, de football (avril-septembre), à l'occasion de la tenue de l'Euro 2016 et de l'inauguration du Stade Lumière. Passée par Amsterdam, Bâle et Brême, l'expo sera ici personnalisée, sous l'œil du journaliste lyonnais Vincent Duluc (L'Équipe), via la place de l'OL dans la cité ou la construction de Gerland – de quoi, on s'en réjouit, atténuer l'image de simple hache de guerre d'ultras du ballon rond.

Prendre du recul

Heureuse information aussi que ce succès bien mérité du Musée des Confluences. Sa direction espérait atteindre les 500 000 visiteurs après un an d'existence, en décembre ; le chiffre a été dépassé en juin ! Pour sa première rentrée, outre la réorganisation de sa salle "société", jusqu'ici plutôt nébuleuse, elle annonce plus de cinq expositions, à commencer par L'Art et la machine (voir XX), mais aussi un plongeon dans le néolithique par le prisme des Eyzies-de-Tayac (Signes de richesse, de décembre à avril), un voyage immersif dans l'Antarctique pour poursuivre la découverte du Pôle sud, Ma terre première sur la terre comme matériau de construction (mars à juin) et un projet sur les chaussures vues comme des marqueurs sociaux. Et bien sûr la renversante Chambre des merveilles (initialement prévue jusqu'à l'été dernier et que certains voudraient pérenne) qui restera jusqu'au 10 avril avant de filer à Montréal.

S'il est moins neuf que celui des Confluences, le Musée de l'imprimerie s'est offert un beau lifting à l'automne en embrassant l'histoire de la communication graphique. Cette dernière sera mise à l'honneur de Scoop (octobre à janvier) qui retracera l'histoire de la mise en page des journaux, des colonnes noircies de mini caractères aux tabloïds – et promet de saines réflexions quant à l'identité d'un média papier à l'heure du règne numérique.

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Woody Guthrie : Lui, the people

Story | En point d'orgue de son festival Images de sons, du 11 au 20 juin, le Musée des Confluences propose une soirée hommage à Woody Guthrie, peut-être la plus grande figure de la musique folk américaine – ce à quoi souscrirait son plus grand fan, le Prix Nobel Bob Dylan. Retour, en compagnie de sa fille Nora Guthrie, présidente de la fondation Woody Guthrie, sur la trajectoire aussi belle que terrible d'un chanteur, peintre et écrivain, communiste et humaniste, pourfendeur des injustices et inégalités de toutes sortes et pionniers de bien des luttes (anti-racisme, féminisme, écologie...). Un artiste aussi immense que modeste qui n'eut de sa vie qu'une seule vocation : chanter, et donc parler, pour le peuple.

Stéphane Duchêne | Jeudi 10 juin 2021

Woody Guthrie : Lui, the people

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Voici la nouvelle ayant gagné le concours "Récits d'objets"

Musée des Confluences | Pas moins de 78 candidats ont participé au concours "Récits d'objets" organisé par le Musée des Confluences sur le modèle des livres publiés dans la collection du même nom. Le jury composé de bibliothécaires de la BmL, de responsables du Musée, de la conseillère éditoriale de récits d'objets et de Stéphane Duchêne, membre de la rédaction du Petit Bulletin, a désigné la nouvelle signée Maxime Dejob : "Vie et œuvre de Désiré Solé".

Stéphane Duchêne | Jeudi 28 janvier 2021

Voici la nouvelle ayant gagné le concours

Vie et œuvre de Désiré Solé Paru initialement dans Les Annales de la littérature de fantasy, novembre 1987 Le petit Désiré naît en 1867 au cœur du pays d'Issoire dans la ferme familiale. Ses deux parents dont les prénoms ne nous sont pas parvenus sont paysans. Ils meurent du choléra en 1872 laissant Désiré orphelin. Le bambin est recueilli par une voisine, religieuse. Elle lui enseigne le latin et le grec ancien. On sait qu'il se passionne très jeune pour la littérature courtoise : quelques ouvrages trouvés dans la bibliothèque secrète de la préceptrice. À quinze ans il quitte définitivement l'Auvergne et se rend à Paris. Désireux de continuer sa formation intellectuelle il passe ses journées au Collège de France et tente d'obtenir une bourse universitaire qu'on lui refuse. Il travaille donc quelque temps comme manutentionnaire aux halles centrales. Rapidement il souhaite fuir cette vie de misère et il prend la décision de partir pour les États-Unis. Il accoste à New York en 1885. On ne sait pas grand-chose de cette époque. Les sources les plus sérieuses parlent d

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Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Littérature | Le mardi 26 janvier, le Musée des Confluences dévoilera les lauréats du concours de nouvelles "Récits d'objets". À cette occasion, le Musée invite l'autrice mauricienne Ananda Devi à venir évoquer sa contribution à la collection du même nom : "Fardo", récit très court mais d'une puissance inouïe inspiré par la tombe féminine de Koban et la momie de femme Ychsma. Ananda Devi revient pour nous sur ce projet qui résonne fortement avec les grands thèmes d'une œuvre entamée en 1977 : le corps de la femme, la violence, le poids de la tradition et l'évolution folle de notre société de consommation. Et le silence des oubliés.

Stéphane Duchêne | Jeudi 21 janvier 2021

Ananda Devi : « pour certaines personnes, il n'y a pas de mémoire »

Vous en parlez dans le livre mais pouvez-vous nous expliquer plus avant comment l'on vous a approchée pour ce projet et comment les choses se sont déroulées dans la découverte et le choix des "objets" ? Et peut-être quelles ont été les hésitations dont vous parlez dans Fardo ? Ananda Devi : J'avais été invitée à un festival littéraire à Vienne et j'y ai recontré Adélaïde Fabre [conseillère éditoriale de la collection "Récits d'objets" co-éditée par le Musée des Confluences et Cambourakis] qui m'a parlé de cette collection et proposé ce projet. On m'a envoyé quelques livres de la collection pour que je vois en détail comment ça se passait, quel genre de texte on attendait de moi. J'ai vu qu'on était vraiment libre sur la forme. Ça pouvait être une fiction, un texte de réflexion et c'est ce qui m'a intéressé. J'ai ensuite visité le musée pour y trouver un objet. C'était assez réjouissant mais il y avait l

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Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

Lyon | On pourrait vous la faire courte en recopiant trois phrases du communiqué de presse de la Métropole annonçant en quoi consiste la grande "rébellion" de Bruno Bernard contre la décision du gouvernement de laisser les lieux de culture fermés. On a préféré laisser un peu de suspens et vous conter dans le détail la surréaliste conférence de presse qui s'est déroulée mardi 16 décembre au musée Lugdunum.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 décembre 2020

Musée des Confluences : Bruno Bernard, droit dans le fémur

On allait voir. Le combat était annoncé et la potion magique bouillait déjà dans la marmite de la petite capitale provinciale. Après la tournée des médias pendant le week-end — Le Progrès à défaut d'Uderzo —, Bruno Bernard allait passer en mode Gaulois réfractaire. Et ouvrir le Musée des Confluences et Lugdunum dès samedi ? Engager la baston avec le centurion Jean Castex ? Oui. Enfin... pourquoi pas. Déjà, il fallait mettre les services — culturel et juridique, on imagine — au boulot lundi pour trouver comment, puisque comme l'a dit lui-même le président de la Métropole avant le conseil

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Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Lyon | Face à l'annonce brutale faite par Jean Castex jeudi 10 décembre, intimant aux lieux culturels de rester fermés alors que beaucoup avaient préparé activement leur réouverture pour ce mardi 15 décembre, les élus EELV de Lyon et socialiste de Villeurbanne, emmenés par le président de la Métropole Bruno Bernard, lancent la fronde. Ce dernier se dit même prêt à ouvrir sans accord gouvernemental le Musée des Confluences dès samedi. Bluff ?

Sébastien Broquet | Lundi 14 décembre 2020

Lieux culturels : Bruno Bernard entame un bras de fer avec Castex

Il y a une ironie certaine à découvrir Bruno Bernard se faire soudainement le champion de la "libération" des lieux de culture, quitte à prendre la tête d'une fronde locale et à vouloir ouvrir dès samedi deux musées dont sa collectivité a la charge — le Musée des Confluences et Lugdunum — sans l'autorisation de l'État. Verra-t-on un président de Métropole faire face à la police nationale et à la préfecture pour maintenir ses musées ouverts ? La question peut se poser : il faudra bien assumer le coup d'éclat médiatique du week-end. Et l'ironie, donc, veut que le meneur de la fronde soit celui qui s'est le plus totalement désintéressé des questions culturelles jusqu'ici. Bruno Bernard, alors candidat EELV, n'a pas eu un mot pour ce secteur durant sa campagne et n'avait pas de programme culturel à mettre en application. Une fois élu, il a nommé vice-président en charge de ce portefeuille son allié socialiste,

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Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Politique | Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. (...)

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Fanny Dubot, présidente du Musée des Confluences

Fanny Dubot, toute nouvelle maire EELV du 7e arrondissement, a été élue le 18 septembre dernier présidente du Musée des Confluences, établissement public. La jeune femme succède à Myriam Picot, comme elle ex-maire du 7e, mais surtout ancienne vice-présidente de la Métropole en charge du volet culturel. Ce qui paraissait plus... logique, et dénote le manque de ressources au sein d'EELV en ce qui concerne la culture : après avoir refilé les deux délégations concernées à la Ville et la Métropole à leurs alliés Nathalie Perrin-Gilbert et Cédric Van Styvendael, les Verts se tournent donc vers des élus locaux n'ayant montré aucune appétence pour ce secteur pourtant en crise ouverte. Fanny Dubot, déjà critiquée dans son arrondisseme

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Au CHRD, résister aux clichés de l'étrange défaite de 1940

Histoire | Cette exposition — dont l’ouverture était prévue en juin — s’ouvre désormais sur un parcours dense qui explicite une défaite express.

Nadja Pobel | Jeudi 22 octobre 2020

Au CHRD, résister aux clichés de l'étrange défaite de 1940

Une étrange défaite ? Le CHRD et le commissaire Gilles Vergnon rajoutent un point d’interrogation à cette formule de l’historien Marc Bloch, en se demandant si ces six semaines (du 10 mai au 25 juin 1940) ne furent pas, surtout, une « étrange victoire » allemande. Scindée en trois axes (ocre pour les combats au front, bleu pour l’aspect politique et rouge pour les populations civiles), cette exposition foisonnante permet d’appréhender une époque surtout connue par des images — comme celles de la 7e compagnie où le soldat français est perçu comme inefficace et frivole. Bien sûr, elle va plus loin, une fois faites les présentations des militaires (vestimentairement et en nombre). Il est question des conséquences de cette guerre éclair et des presque dix millions de civils obligés de fuir leur domicile comme le documentent ces dessins d’enfants faits à l’école, chargés de couleurs et de douleurs. Jeux interdits, évoqué ici, en est aussi le reflet. Et de façon plus raide et aride sont présentés des carnets de soldats. 104 579 d’entre eux mourront au combat dont 58 00

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Un nouveau site Web pour le CHRD

Histoire | Des ressources à foison, les visites des anciennes expos, un audio guide pour la permanente : à l’occasion de l’inauguration de 1940, une étrange (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2020

Un nouveau site Web pour le CHRD

Des ressources à foison, les visites des anciennes expos, un audio guide pour la permanente : à l’occasion de l’inauguration de 1940, une étrange défaite, le site du CHRD fait peau neuve. Et ça se voit ! Huit ans après la réouverture du lieu et sa décision de traiter Lyon dans la guerre et non la guerre elle-même, ce musée fondamental offre une série de conférences (sur Marc Bloch, la géopolitique des murs aujourd’hui, les réfugiés dans l’Europe de 1938…), des dossiers thématiques (les femmes dans la Résistance, l’arrestation de Jean Moulin…). Ce nouveau site permet de revenir dans le détail sur des notions peu diffusées et pourtant passionnantes, dont il avait été question en ce lieu : comment se nourrir ou s’habiller en temps de guerre ?

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Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

ARTS | L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 29 mai 2020

Retour le 2 juin pour le Musée des Confluences

L'intégralité des expositions — qu'elles soient temporaires ou permanentes — du Musée des Confluences sera de nouveau accessible au public dès ce mardi 2 juin, à 11h. Bien entendu, les règles sanitaires et de distanciation sociale seront appliquées : consultez ici les adaptations prises par le musée. L'exposition Le monde en tête, la donation Antoine de Galbert est prolongée jusqu’au 23 août. Traces du vivant ouverte en février est à découvrir jusqu’au 6 décembre 2020. Les expositions qui devaient ouvrir avant l’été sont reportées au mois d’octobre prochain. Enfin, le musée travaille à de nouveaux formats pour l'été : en plein-air, dans les jardins du musée mais aussi à la rentrée de septembre dans les écoles.

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Mini-monstres, super-héros

Musée des Confluences | Les bestioles qui grattent et piquent sont au cœur d'une exposition destinée en priorité aux enfants de 7 à 12 ans. Tables à leur portée, textes à déchiffrer comme un jeu : il sauront tout sur ces insectes pénibles avec un objectif affiché : mieux les connaître, moins les repousser pour mieux les dompter et maîtriser leur prolifération. Instructif et pédagogique.

Nadja Pobel | Mercredi 10 juillet 2019

Mini-monstres, super-héros

À hauteur d'enfants ne signifie pas que l'expo n'est pas accessible à ceux qui ne sont pas la dans tranche d'âge visée, mais les adultes de plus d'1, 65 m devront se pencher pour passer sous le corps cartonné d'une grosse bestiole et admirer une galerie de photos de "mini-montres". Autour de ce corps, se déploient quatre alcôves, bréviaires de sept insectes abordés dans cette expo : acarien, tique, pou, mouche, moustique, punaise de lit, puce. De même que pour lire certains cartels, les enfants doivent dégager les poils (des cordes) d'un insecte grossi des millions de fois ou attraper une loupe pour repérer les mots sur une table recouverte de traits en tous sens et découvrir ainsi ce que ces bêtes font sur notre corps. Mini-monstres se veut ludique mais le Musée des Confluences, fidèle à son ADN, expose aussi les outils des scientifiques et dresse leur histoire : une série de microscopes du plus ancien (en 1670 qui grossissait 250 fois le réel) au plus contemporain et numérique. Autre constante du musée : s'ouvrir à tous les continents. Ici, il est montré comment ces insectes sont parfois considérés comme des dieux ou des êtres maléfiques, comment

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Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Ethnologie | Dans une scénographie sombre, millimétrée par la lumière et somptueuse, le Musée des Confluences présente une première partie du legs que lui fait un couple de collectionneurs. Approche sensitive d'un art peu montré : celui du Nigéria.

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Preuve de sa formidable popularité, le Musée des Confluences (le premier fréquenté sur le territoire hors de Paris) va acquérir prochainement plusieurs centaines de coiffes réunies par Antoine de Galbert (exposition dès le 6 juin) et recevra à terme le legs intégral de la collection d'Yves et Ewa Develon. Pour l'instant, quarante objets ont été donnés qui, ajoutés à vingt prêts, offrent une plongée au cœur d'une terre artistique encore peu connue par les Français - ce fut une zone coloniale britannique : le Nigéria. Ce psychologue embauché dans les années 60 dans un cabinet d’ingénieurs-conseils en Côte d'Ivoire se prend d'amour pour ces objets, qu'il glane sur place ou en Europe. Il partagera sa passion avec Ewa (rencontrée et épousée en 1979), architecte polonaise, beaucoup plus effacée que lui dans ce parcours où toutefois c'est par ses recherches documentaires qu'ils sont contextualisés, sans être jamais datés précisément - tous ont été fabriqués à la fin XIXe et début XXe. Figuratif Dans les années 70, au Nigéria, les pratiques religieuses traditionnelles déclinent, favorisant la dispersion des objets d'

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Au CHRD, une génération à marche forcée

Histoire | Force vive de la nation et aussi catégorie d'âge la plus touchée par les conflits, la jeunesse est au centre de la nouvelle et passionnante exposition du CHRD. Voici comment la "Génération 40" a tenté d'exister.

Nadja Pobel | Mardi 20 novembre 2018

Au CHRD, une génération à marche forcée

« J’ai les jambes en capilotade parce que je suis allée au palais de la Foire pour recevoir les réfugiés (…) Beaucoup d'enfants sont séparés de leurs parents et ignorent où ils sont. Ils ont fui de la Belgique, du Luxembourg ou du nord de la France avec précipitation et sous le feu des mitrailleuses allemandes qui les harcelaient sans cesse... » Denise Domenach-Lallich a 16 ans en 1940. Son journal est le fil rouge du parcours de cette expo et résonne férocement avec la situation actuelle. Pourtant le CHRD n’en fait pas un étendard, pas plus que de l’original de la lettre de Guy Môquet (!) hideusement utilisée par Nicolas Sarkozy à des fins électorales. Ici, rien ne se marchande et tout se transmet. Comme la voix de cette même jeune femme qui a témoigné au cours d'une des dernières collectes opérées, car le temps fuit comme le précise Marion Vivier, co-commissaire. Cette mise à disposition du récit sans l’exhiber est l'ADN même de ce CHRD rénové en 2012. Et comme un trait d’union entre ce qui se dit de façon permanente à l’étage et ce qui chaque année se décline temporairement, la première photo exposée, juste après les kakemono d’une jeunesse en joi

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Ce qui vous attend dans les musées côté Histoire

Histoire | Les musées patrimoniaux s’attachent cette saison à mettre en avant leurs collections ou passent leur tour pour se refaire une santé économique. Ce qui sera proposé promet d’être savamment pensé.

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Ce qui vous attend dans les musées côté Histoire

Le CHRD n’en finit plus de rendre palpable la Seconde Guerre mondiale. Comment on s’habille, Comment on se nourrit, les Dessins faits à Terezin aussi et, dès la mi-novembre, focus sur la Génération 40, ces jeunes de 13 à 21 ans qui ont traversé le conflit, les fameux J3 des coupons de ravitaillement. Avec pour fil rouge le journal intime de Denise Domenach-Lallich, 15 ans en 39, il sera question, jusqu’au 26 mai, de l’exode, des chantiers de la jeunesse, du STO… dans ce lieu qui est – on ne le répétera jamais assez – indispensable surtout en période des replis nationalistes européens. La première guerre sera exposée elle à la Bibliothèque Municipale de la Part-Dieu, avec Gagner la paix du 2 octobre au 5 janvier. À Gada

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Faire avec les jours sans

Exposition | Au CHRD, retour sur l'exposition Les Jours sans. L’alimentation en temps de guerre, prolongée jusqu'en février : assurément l'occasion d'une visite en famille.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Faire avec les jours sans

Alors que grand-père raconte le souvenir douloureux des tickets de rationnement post Seconde Guerre mondiale et les innombrables privations pendant le conflit, les enfants en profitent pour soupirer « j'aime paaas » en regardant d'un œil dégoûté leurs assiettes... En ces périodes de fête, il est de bon ton de rappeler aux marmots que l'opulence n'a pas toujours été de mise par ici. Prolongée jusqu'au 25 février, la formidable exposition du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation arrive à point nommé. Narrant avec une grande intelligence ce quotidien où la nourriture se faisait rare, le CHRD a mis au point un super programme familial. On pense notamment à la visite ludique de l'expo où les enfants (à partir de 7 ans) découvrent au travers de jeux et autres manipulations le quotidien des familles françaises durant cette période (les 5 janvier et 16 février). Mais aussi à l'atelier-visite où, armé d'un ticket de rationnement, l'enfant doit faire le tour des commerçants pour no

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Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Monument | Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

Andy Warhol au musée de l’imprimerie et de la communication graphique

Le plus célèbre artiste du pop art n’en a pas fini avec son quart d’heure de gloire. En mars prochain, dès le 23 (et jusqu’au 16 septembre) c’est le musée de l’imprimerie et de la communication graphique qui accueille une partie de son œuvre que l’on connaît moins : ses travaux d’illustrateur, de publicitaire et d’éditeur. Au-delà de ses célèbres reproductions, il a réalisé beaucoup de campagnes publicitaires et politiques, de flyers et cartons d’invitations à des gala pour ses amis… en provenance directe de Montréal, les œuvres sont issues de la collection de Paul Maréchal. On le remercie.

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Les jours sans : pallier le manque

CHRD | Le CHRD ne pouvait pas trouver titre plus juste pour son exposition sur l’alimentation, pendant brillant à celle consacrée en 2013 à la mode en temps de guerre : Les Jours sans. Vivre, survivre, sans rien ou presque... tel a été le long combat des Français dans une société qui a tout rationné et s'est inventé des ersatz.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

Les jours sans : pallier le manque

Plus qu'à ses traités et ses armes de combat, une guerre se mesure parfois à l'aune de petits bouts de papiers découpés, de quelques légumes revenus du Moyen-Âge et du besoin criant d'une bicyclette. Tout cela figure dans Les Jours sans, illustrant une vie contingentée de 1940 à 1949. Dans ce lieu-même où Klaus Barbie pratiqua la torture, les panneaux de cette nouvelle exposition sont revêtus de rose et de vert pastel, couleurs des tickets de rationnement visibles d'emblée dans toute leur spectaculaire complexité. Faire la queue, comme il est montré à l'étage supérieur en introduction, a été le lot quatre heures par jour des ménagères. Derrière cette nécessité, c'est tout un pan de la hiérarchie de la société qui se déploie : la création d'un secrétariat d'État au ravitaillement le 13 août 1940 pour contrôler le circuit du producteur au consommateur, la mise en place de ces tickets le 23 septembre et la catégorisation - E (enfant), J (jeune), A (adulte), T (travailleurs de force), C (travailleur agricole), V (personne âgée). Les difficultés d’acheminement et d'évaluation de production poussent à une rationalisation extrême et cruelle : les crémiers d

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Venenum : un parcours savamment dosé

Laboratoire de Curiosités | Après un parcours guidé dans l'histoire du poison, Venenum lâche le visiteur en pleine nature dans une deuxième partie foisonnante et intrigante, entre sciences naturelles et médecine. De quoi faire le tour complet d'un sujet vipérin.

Nadja Pobel | Mardi 2 mai 2017

Venenum : un parcours savamment dosé

C'est sous le signe d'une installation énigmatique, plongée dans la pénombre, que commence le parcours : une pomme nimbée d'effets lumineux mouvants. Il y a là déjà le symbole du poison, son vecteur de transmission (une femme ! la sorcière) et la beauté pure. Car oui, le poison, tel qu'il est présenté ici et représenté dans l'imaginaire collectif, est beau. En croisant différents scientifiques et domaines d'études (l'Histoire, les sciences naturelles, les beaux-arts, les sciences du vivant, la physique, la chimie, la médecine), jamais cette exposition ne se révèle nébuleuse ou inaccessible, bien qu'il faille plusieurs heures pour vraiment en découvrir tous les recoins et aplanir le mystère. D'emblée, c'est une plaque décorative en argile figurant Thésée et Égée qui illustre le poison utilisé pour la conquête du pouvoir. Et voilà que surgit la figure de l'empoisonneuse, développée à l'époque moderne avec Lucrèce Borgia (voir la famille italienne en médaillon) ou plus encore au XXe avec une flopée de journaux (Le Petit Journal, Détective...) livrant des récits sur Hélène Jégado, Marie Besnard ou Violette Nozière, que Claude Chabrol portera à

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Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Marionnettes | À Gadagne, réouverture du début du parcours du musée des marionnettes, qui fait de ces pantins un art résolument vivant et contemporain.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Et après tout, pourquoi pas ? Cesser un temps (pour des raisons de restrictions budgétaires certainement) le rythme effréné des expositions temporaires, de la course au nombre record de visiteurs. Revenir aux fondamentaux, loin de l'événementiel. Le musée Gadagne ouvre en ce début avril trois de ses six salles consacrées à la marionnette. Depuis 1950, outre sa fonction d'être un lieu d'Histoire de la ville, ce somptueux bâtiment Renaissance héberge plus de 2000 marionnettes, costumes, décors.... Musée international de la marionnette, musée des marionnettes du monde, c'est désormais un musée des arts de la marionnette. Derrière ce changement de nom, il y a une idée claire : la marionnette vit. Et tant pis pour le paradoxe qui consiste à l'enfermer dans un musée. Elle sort désormais des cages de verre qui l’enserrent encore jusqu'en avril 2019 dans les autres parties de cette déambulation. Ce cœur qui bat Deux petits couloirs et trois salles exiguës plongées dans un bleu Klein marquent le changement radical d'approche : la mar

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Stagiaires en herbe

Ateliers | Les vacances d'avril approchent dangereusement. Que diable les enfants vont-ils pouvoir faire de leurs dix doigts ? Petite sélection primesautière d'ateliers et autres stages frais et décontractés.

Antoine Allègre | Mardi 28 mars 2017

Stagiaires en herbe

Voyager Et s'ils partaient à la découverte d'une culture qui leur est étrangère ? L'Institut Chine Education (Lyon 3e) a prévu le coup en organisant des stages découverte pendant les vacances pour les 4-15 ans. Ils y apprendront les bases de la langue et de l'art pictural typique. Ils pourront également écouter des contes qui émerveillent les enfants de l'Empire du Milieu depuis des centaines d'années, pratiquer de la gymnastique qui détend ou encore fabriquer des raviolis. Attention, les jauges sont restreintes – se limitant entre 4 et 8 participants par session à 10€ l'heure, du lundi au vendredi. Plonger Autre type d'aventure, cette fois subaquatique du côté du Musée des Confluences qui a installé depuis le 11 mars dernier un container sur sa terrasse côté Nord. La programmation d'ateliers dans ce nouveau lieu sera en partie dédiée aux bambinos. En ce moment, les kids de 4 à 6 ans et les 7-10 ans embarquent à bord de l'Octopuss 2, une base scientifique à l'esthétique 70's qui a échoué à la Confluence. Une expérience drôle, intuitive et instructive pour les océanographes en culotte courte.

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La marionnette sur tous les fronts

Marionnettes | À Gadagne, au TNG, au Théâtre de Guignol, la marionnette est partout à Lyon. Revue de détail avec des projets aboutis ou en cours.

Nadja Pobel | Mardi 14 mars 2017

La marionnette sur tous les fronts

Depuis que la compagnie des Zonzons avait annoncé son départ du théâtre de Guignol, faute de proposition suffisamment solide de leur point de vue en provenance de la mairie, le devenir de cette salle était en suspens. Et surtout Georges Képénékian, 1er adjoint du maire de Lyon, en charge de la culture, se devait de faire contre-feu. C'est fait depuis ce mardi 14 mars où il a souhaité donner « un second souffle » à la marionnette. Rien de bien nouveau in fine sinon la réaffirmation que le TNG (qui présente beaucoup de spectacles avec des marionnettes "modernes") et le musée Gadagne allaient travailler en bonne intelligence, sans moyens supplémentaires dédiés. Ainsi, le musée Gadagne soigne ses collections. Outre le fait qu'il expose l'histoire de la ville de Lyon, il accueille ce qui fut de 1950 jusqu'aux travaux de 1999-2009 le Musée international de la marionnette, devenu le Musée des marionnettes du monde il y a huit ans et qui, dès l

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Le sport et le nazisme : des crampons pleins de boue

CHRD | Tous derniers jours – jusqu'au dimanche 29 janvier - pour aller voir (et lire !) au CHRD l'exposition, réalisée par le Mémorial de la Shoah, consacrée (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 janvier 2017

Le sport et le nazisme : des crampons pleins de boue

Tous derniers jours – jusqu'au dimanche 29 janvier - pour aller voir (et lire !) au CHRD l'exposition, réalisée par le Mémorial de la Shoah, consacrée au Sport européen à l'épreuve du nazisme. Hitler, pour installer son parti en Allemagne, a pris exemple sur Mussolini (que l'on voit ici à ski dans les années 30) : modeler des hommes forts et non plus malingres, bâtir des stades partout (ça crée de l'emploi) et même, du côté des Transalpins, inventer une course cycliste (le Giro) pour relier toutes les provinces et tisser une unité nationale indispensable, renforcée par les clubs et leurs adhérents ainsi prompts à recevoir des discours propagandistes à peine masqués. C'est ainsi qu'Hitler exclura insidieusement les Juifs des compétitions, avant de vouloir les supprimer à grande échelle. Passionnant, ce parcours est malgré tout âpre, plus propice à être consulté dans un livre qu'invitant à la déambulation. Au sous-sol, cette décennie (des JO de Berlin 36 à ceux de Londres en 48) est étayée par l'évocation, objets à l'appui, de grands sportifs de l'époque comme le footballeur André Roder. Et cette expo de démontrer, si besoin e

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Suivez le conteur

KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

Suivez le conteur

En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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Le Département lâche le Musée des Confluences

Politique Culturelle | Le Département du Rhône, qui avait initié le projet du musée des Confluences passé depuis sous l'égide de la Métropole, a décidé d'interrompre son financement dès janvier prochain afin de se concentrer sur le territoire du "Nouveau Rhône".

Sébastien Broquet | Mardi 4 octobre 2016

Le Département lâche le Musée des Confluences

La nouvelle est arrivée à l'ancienne, comme ça, tout simplement : une lettre recommandée avec avis de réception. Dans la missive parvenue au courrier du musée des Confluences il y a une dizaine de jours, une nouvelle dont la direction se serait bien passé : la fin de la subvention jusqu'ici accordée par le Département du Rhône, et ce dès janvier 2017. Soit demain, à l'échelle d'une telle structure culturelle. Abrupte, l'annonce a surpris mais n'a pas non plus échaudé une équipe qui surfe sur son succès public : en 2015, le musée des Confluences était tout simplement le plus visité de France en dehors de Paris ; avec 8, 4% des visiteurs provenant du Département (hors métropole). Révélée par nos confrères du Progrès, la décision prise par Christophe Guilloteau, le président du Département étiqueté Les Républicains, de fermer les vannes a donc surpris, même si du côté du musée l'on dit bien comprendre le contexte général incitant aux économies et l'on indique que « l'on ne discute pas des choix politiques, ce n'est pas notre sujet ; les collectivités doivent baisser les subventions, on le sait. » C'est surtout la manière

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Où bosser tranquille ?

Spots inspirants | Bibliothèque : bondée. Café du coin : bruyant. Atelier de co-working : complet. Pas de panique : on a déniché les meilleurs lieux pour réviser votre dernier cours de macroéconomie et booster votre créativité.

Julie Hainaut | Mardi 4 octobre 2016

Où bosser tranquille ?

Au cinéma Non, on ne vous suggère pas de réviser votre cours de droit international dans une salle obscure devant le génial Buster Keaton (mais profitez d'une pause entre deux cours pour aller voir ses films, programmés dès le 9 octobre dans le cadre du Festival Lumière). On vous incite plutôt à tester les fauteuils moelleux de l’espace rencontre du Comœdia, situé à gauche de la billetterie. En accès libre, doté du wifi (code gratuit à demander au Bistrot, le restaurant du cinéma), ce coin — qui fait régulièrement l’objet d’expositions — est hyper calme en journée et en semaine (jusqu’à 19h30 environ). Dans un autre genre, le Hangar du Premier-Film de l’Institut Lumière

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Une année au musée : permanence culture

Musées patrimoniaux | Poison, alimentation, imprimerie, typographie, études de quartier : les musées dits "patrimoniaux" et les bibliothèques se mettent en quatre pour agrandir le champs de vos connaissances. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Une année au musée : permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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Musée des Confluences : de la terre à la hutte

ARTS | Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 mars 2016

Musée des Confluences : de la terre à la hutte

Nous marchons dessus sans la prendre en compte. Sous la première couche de notre terre, celle des pots de fleur nous dit-on, se cache un véritable matériau de construction que cette exposition (coréalisée avec la Cité des sciences et un laboratoire de l’ÉNS d’architecture de Grenoble) s’attache à disséquer. Si l’entrée en matière se fait par l’aspect artistique (des traces de terre séchée, devenues tableaux) via le beau travail de Daniel Duchert et une mosaïque de différentes couleurs de terre, c’est d’aspects plus prosaïques dont il est question ensuite afin de révéler comment avec un agglomérat de grain, d’eau et d’air, il est possible de bâtir des maisons en pisé, adobe, bauge et torchis, de la ferme de la Forêt à Courtes (dans l’Ain) aux maisons togolaises et indiennes représentées par de magnifiques maquettes. Passée cette phase de contemplation, il s’agit surtout d’expérimenter cette matière à travers des installations ludiques, didactiques et interactives pour montrer qu’un sac de terre n’est jamais plein, que l’eau permettant aux grains de se tenir entre eux peut aussi réduire à néant une édification, dès lors que le sol est trop secoué. Idé

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Le Musée des Confluences emporté par la foule

ACTUS | Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. (...)

Nadja Pobel | Mercredi 2 mars 2016

Le Musée des Confluences emporté par la foule

Quand fin décembre 2014 le musée des Confluences a enfin ouvert, sa directrice Hélène Lafont-Couturier visait 500 000 visiteurs dans l’année. Cette barre symbolique a été franchie en six mois. Le 9 février, le millionième curieux poussait les portes de ce nuage de verre, amenant Confluences à totaliser plus de monde que la somme de tous les autres musées municipaux (Gadagne, MAC, Beaux-Arts…) sur l’exercice 2015. Le chiffre le plus emblématique de l’engouement suscité par ce lieu dédié à l’Homme réside sans doute dans les 26 000 pass annuels délivrés, un moyen pour chacun des acquéreurs de revenir autant de fois qu’il le souhaite en échange de 30€ (pour les adultes). Pour savoir qui sont ces promeneurs, un observatoire des publics a été mis en place cet été et il révèle que 94% d’entre eux sont Français. Mais dans les 6% restants figurent pas moins de 180 nationalités (voisins en tête : Suisses, Italiens, Allemands, Anglais). Autre enseignement : les Hexagonaux viennent très majoritairement de Rhône-Alpes (77%) voire de Lyon (31%). Enfin, le temps passé au musée varie en moyenne entre deux et trois heures, signifiant que les visiteurs ne s’ennuient p

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Les expos de l'Euro 2016

ARTS | À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme (...)

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Les expos de l'Euro 2016

À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme religion et co-pilotée par le journaliste phare de L’Équipe Vincent Duluc. Suivront une vision de la Démocratie par le foot à la BM de la Part-Dieu (24 mai au 3 septembre) puis les années sombres des JO de Berlin 1936 à ceux de Londres en 48 au CHRD (22 juin au 29 janvier).

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Journées Grame, matins calmes

MUSIQUES | La France et la Corée célèbrent cette année le 130e anniversaire de leurs relations diplomatiques. Pour l'occasion, le Grame et le CNSMD vous invitent à une balade musicale inédite où les deux cultures s’emmêlent.

Pascale Clavel | Mardi 3 novembre 2015

Journées Grame, matins calmes

C'était l’occasion rêvée pour le Grame d’être au coeur de l'actualité, visible et investi. Son directeur, James Giroudon, a en effet scellé des liens durables avec la Corée depuis fort longtemps, donnant à entendre au public lyonnais à maintes reprises la grande diversité de sa musique. Cette saison, le pari est encore plus étonnant. On connaît du Grame son foisonnement d’idées novatrices, la richesse de ses rencontres, l'exigence de ses recherches sur des mondes insoupçonnés. Pour l’année de la Corée en France, il entend mettre en perspective la culture musicale traditionnelle et la création contemporaine des deux pays. Du 6 au 20 novembre, c’est un parcours quasi initiatique qui nous est ainsi proposé, en cinq rendez-vous dans trois lieux coutumiers de ce type de décloisonnement. Contrepoint C’est au TNG -Les Ateliers que tout commence, avec Un chemin de sable blanc de Marie-Hélène Bernard. Une oeuvre singulière pour chanteuse de pansori, percussions et création vidéo pensée comme une rêverie. Genre musical emblématique de la Corée, reconnu "Patrimoine mondia

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La vie en Agfacolor

ARTS | Il photographiait simplement (mais en couleurs) sa bien–aimée en 1943-45 dans les rues de Lyon. Sans le savoir, Paul-Émile Nerson a constitué un véritable trésor, confié récemment au CHRD. Balade dans une expo petite par la taille mais grande par son exclusivité.

Nadja Pobel | Mardi 16 juin 2015

La vie en Agfacolor

En 2008, la bibliothèque historique de la ville de Paris exposait les photos couleurs d’André Zucca, prises pour le magazine allemand de propagande nazie Signal. Une polémique avait alors enflé - certains commentateurs reprochant à l'institution de montrer la capitale endeuillée sous un ciel bleu et peuplé de passants vacant à leurs occupations comme si de rien n’était. Nous ne referons pas le débat ici mais il est certain que Lyon en couleurs ne se heurtera pas à cette controverse. Car la quarantaine de tirages exposés (sur une centaine de diapos existantes) est le fait d’un simple amateur qui, par son métier d'artisan dans la fabrication de matériel photographique, a pu disposer d'une denrée plus que rare : des pellicules couleurs Agfacolor, utilisées pour la première fois pour les JO de 1936 à Berlin. Amoureux, le jeune homme a photographié sa bien-aimée Suzanne Perné (dont le petit-fils a retrouvé ce trésor tout récemment) dans l’espace public, un acte alors strictement interdit par une ordonnance allemande datant de la fin 1942. À bicyclette Que montrent ces clichés ? Une ville (notamment le jardin des Chartreux et

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L'enfant fossile et autres racontars

CONNAITRE | Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

L'enfant fossile et autres racontars

Raconter l'homme. Tel est l'objet, vous le savez, du Musée des confluences. Tel est aussi celui, peut-être vous l'apprend-on, des Récits d'objets qu'il édite en partenariat avec Invenit, de courtes fictions nourries par les trésors que renferment ses réserves – de même que cette maison basée à Tourcoing invite depuis 2010 des écrivains à mettre des mots sur des chefs-d'oeuvre de la peinture. A ce jour, ils sont quatre à s'être prêté au jeu avec plus ou moins de succès : Valérie Rouzeau, qui a tiré d'un fragment de météorite des poèmes astronomiques confondant de mièvrerie ; Jean-Bernard Pouy, narrateur d'une amusante enquête picturale impliquant un téléphone S63 ; Emmanuelle Pagano, dont le récit familial au cœur de l'Italie fasciste est aussi délicatement brodé que le châle de soie de mer à son origine ; et enfin Philippe Forest. Son Enfant fossile est sans surprise l'ouvrage le plus accompli de cette singulière collection, l'auteur du Chat de Schrödinger y faisant une fois encore de cette blessure inguérissable que fut le décès de sa fille – dont le souvenir s'incarne ici, en écho à son tout premier roman, L'Enfant éternel, d

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Gadagne retrouve sa tête

ACTUS | Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 février 2015

Gadagne retrouve sa tête

Depuis le départ, juste avant l’été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) n’avaient plus de directeur (sinon en intérim). Ce ne sera bientôt plus le cas, avec l'arrivée en mai à leur tête de Xavier de la Selle, actuel directeur du très dynamique Rize (centre de mémoire et société) de Villeurbanne. Il dirigera par ailleurs deux autres musées municipaux – le musée de l’Imprimerie et de la communication graphique ainsi que le musée Malartre consacré à l’automobile –   conformément au rapprochement avait annoncé par la Ville de Lyon dès cet automne. Si les musées Gadagne (sis dans un exceptionnel bâtiment Renaissance) et le Musée de l’imprimerie (dont la collection permanente a été totalement repensée cet automne et étendue au champ de la communication graphique) sont connus des Lyonnais, le musée Malartre l’est moins. Et pour cause : ce qui fut le premier musée automobile de France est situé à Rochetaillée-sur-Saône et est devenu propriété de la Ville de Lyon en 1972, suite au rachat de l’entière collection, du parc et des murs. L’adjoint à la culture et premier adjoint de la Ville de

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Les chariots de glace

ARTS | À peine ouvert, le Musée des Confluences franchit la barre des 100 000 visiteurs et embraye sur sa troisième expo temporaire, consacrée à la conquête du Pôle Sud, racontée comme une haletante compétition sportive. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 3 février 2015

Les chariots de glace

Alors que se prolongent la très érudite mise en valeur des Trésors d’Emile Guimet et l'époustouflante Chambre des merveilles, le Musée des Confluences reçoit pour sa troisième exposition temporaire un projet qu’il a coproduit et déjà présenté à l’American Museum of Natural History de New York ainsi qu'au Royal BC Museum de Victoria (Canada) : un récit des folles équipées parallèles et concurrentes de Norvégiens et Britanniques en direction du Pôle Sud entre 1911 et 1912. Et pour une fois, on ne vous dira pas qui gagne à la fin. Déambulatoire et chronologique, avec de grandes maquettes réalisées à partir de précieuses photographies d’époque, le parcours est quasi immersif. On y voit d'abord les aventuriers se préparer comme des grands champions. Chacune des équipes élabore minutieusement son voyage, en bateau d’abord, pour rejoindre l’Antarctique, puis à pied avec un groupe plus réduit le long d'une marche sur près de 3000 km al

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À l’origine...

ARTS | Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² (...)

Nadja Pobel | Mardi 23 décembre 2014

À l’origine...

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’espace dédié aux expositions temporaires est plus important que celui accordé à leur voisine permanente (2800 m² contre 1900 m²). Il faut dire qu’avec pas moins de 2, 2 millions d’objets en sa possession, le Musée des confluences a de la ressource. Histoire d'en montrer un maximum dès l'ouverture, il a fait le choix, judicieux, de rendre hommage à celui qui a commencé cette collection, Emile Guimet, et à la manière dont étaient présentées ses trouvailles au XVIIIe siècle : dans des cabinets de curiosité, véritables "chambres des merveilles", ainsi que le souligne le titre de l’expo. Plus de 800 pièces sont ici présentées, dans un foisonnement dont le désordre n’est qu’apparent. Tout est au contraire parfaitement agencé, en un clin d'oeil aux premières classifications, si bien que l’ensemble forme quasiment un tableau pictural avec ses rosaces faites de poissons et ses alignements quasi-pointillistes de coccinelles épinglées. Contempler ces joyaux est une chose, voyager pour les découvrir puis les porter à la connaissance de ses congénères en est une autre qu’Emile Guimet (1836 - 1918) s’est ingénié à faire à Dresd

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Musée des confluences : la tête dans le Nuage

ARTS | Quatorze ans après avoir été esquissé par le Conseil général du Rhône et une semaine avant qu’il ne passe sous le contrôle de la Métropole naissante, le Musée des confluences ouvre enfin. Miracle : la pertinence de son propos et la qualité de ses collections étouffent les légitimes polémiques qui ont accompagné son édification. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 23 décembre 2014

Musée des confluences : la tête dans le Nuage

Raconter l’homme. L’ambition du Musée des confluences est conséquente et, après avoir entendu bien des discours et lu quantité de notes d’intention, une chose est certaine : le pari est réussi, tant la balade dans ses salles est non seulement instructive, mais aussi et surtout émouvante. Ce geste qui se déploie pour dire d’où nous venons, comment nous interagissons avec les éléments, comment nous mourrons, n’avait pourtant rien d’évident quand, en 1996, Michel Mercier, président du Conseil Général du Rhône, demanda à Jean-Jacques Pignard, en charge de la culture, de mener à bien une réflexion sur le devenir du musée Guimet. Dans le même temps, le maire de Lyon, Raymond Barre, lançait un comité de pilotage sur la création d’un musée des sciences, des techniques et des sociétés. Les scientifiques mobilisés étant bien souvent présents dans l’un et l’autre des cercles, il fut décidé de ne construire qu’une seule institution mêlant tous ces champs de connaissances. «Nous n'avons pas fait un musée pour le mammouth de Choulans ou la girafe Sophie précise ainsi Jean-Jacques Pignard, mais un musée sur l’homme et les mystères de l’homme. C’est presque un musée philo

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Confluence à la pointe

ARTS | Quinze ans après que le Conseil général du Rhône ait initié la création d’un lieu regroupant les sciences naturelles, les techniques et même les beaux-arts, voici qu’ouvre enfin le Musée des Confluences. Aperçu rapide de son contenu avant que nous y revenions plus largement dans notre édition du mercredi 24. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 18 décembre 2014

Confluence à la pointe

Ce samedi à 10h, le public pourra enfin découvrir de l’intérieur ce drôle de nuage à la pointe du Confluent, entre Rhône, Saône et autoroute. Une chose est certaine, le ravissement opère, les volumes d'une architecture conçue pour canaliser la lumière permettant même de défier la météo grise. Pour accéder aux étages, et donc aux expositions (les temporaires au niveau 1, les permanentes au niveau 2), il est possible d’emprunter un escalier, un escalator ou une rampe épousant le cristal, cet immense hall d’accueil de 12m sous plafond. Bien sûr le musée aura couté cher, très cher et certainement plus cher qu’il n’aurait du en raison des difficultés des constructeurs à édifier ce monument complexe (voir tous les détails dans cet article de nos confrères de Rue89Lyon). Mais les collections laissent bouche bée par leur richesse et leur présentation. Grâce au choix de confier à trois scénographes différents les quatre espaces permanents, c’est à chaque fois un univers très singulier qui s’offre au visiteur, invité à appréhender rien moins que notre histoire.

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Arrêt sur images

ARTS | Un retour sur la Grande guerre, des photos de Lyon en couleurs, d'autres en noir et blanc, des roses, et la ré-ouverture d'une exposition permanente complètement modernisée au musée de l’Imprimerie : coup d’œil sur les temps forts qui vont rythmer l’année à Gadagne, au CHRD & co.. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Arrêt sur images

La guerre en couleurs. Pas de vieux clichés colorisés, mais une exceptionnelle collection de soixante images prises par un Lyonnais sans histoire, Paul Nerson, qui durant la Seconde Guerre mondiale a photographié son épouse, aussi bien chez eux que dans les rues de la ville. Voilà le trésor, et l'éclairage inédit qu'il offre du quotidien pendant le conflit, que le CHRD proposera entre juin et septembre. Auparavant, après au terme de la très émouvante et très documentée expo sur le Débarquement (le 4 janvier), ce sont soixante-neuf dessins et un carnet de croquis qui seront présentés de mars à juin : ceux du déporté Arthur Goldschmidt, qui a réalisé des portraits de ses co-détenus lors de son internement au camp de Theresienstadt. Le CHRD avait fait peau neuve fin 2012. Le 12 novembre, c’est le vieillissant musée de l’Imprimerie qui s’offre, pour ses cinquante ans, une totale refonte de son parcours permanent - en garnde partie déjà visible - et adjoint à son nom la particule "et de la communication graphique". Une large part des collections sera dédiée

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Confluence, ouvre-toi !

ARTS | C’est désormais officiel : le musée des Confluences ouvrira ses portes le 20 décembre... avec six ans de retard. Voici un aperçu de ce qui vous attend dans ce nuage de verre, à commencer par un impressionnant squelette de camarasaurus. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Confluence, ouvre-toi !

Bien sûr il y a, à première vue, ce bâti de verre, qui se dresse en mouvements ondulatoires à la pointe du confluent du Rhône et de la Sâone, mais aussi au cœur d’un nœud autoroutier étouffant. Avec ce projet qui lui a été confié en 2001, l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au est restée fidèle jusqu'à son nom, jeu de mots élaboré à partir des termes ciel (himmel), bleu (blau) et construction (bau). Cette combinaison de trois unités architecturales, le nuage, le cristal (la grande salle d’accueil) et le socle, est leur première réalisation en France ; ils sont par ailleurs les auteurs du Akront Art Musuem dans l’Ohio ou du futur siège de la Banque Centrale Européenne à Francfort. En attendant de pouvoir marcher sur la terrasse, bienvenue dans l’antre de cet édifice qui ne sera pas seulement un muséum d’histoire naturelle, mais aussi un carrefour des sciences humaines et des techniques, décliné dans quatre espaces pensés par trois scénographes différents : "les origines", "les espèces", "les sociétés" et "les éternités". Plus qu’un museum Derrière une approche philosophique du monde se cachent plus de deux millions d’objets, i

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Soyez les premiers à visiter le Musée des confluences

ARTS | En amont de son inauguration, le Musée des confluences organise des visites test. Leur but : mettre les installations à l'épreuve, observer le comportement (...)

Benjamin Mialot | Lundi 25 août 2014

Soyez les premiers à visiter le Musée des confluences

En amont de son inauguration, le Musée des confluences organise des visites test. Leur but : mettre les installations à l'épreuve, observer le comportement des visiteurs et, bien sûr, recueillir de premiers avis critiques. On ne sait pour le moment à quelles dates elles se dérouleront, mais pour en être informé et y prendre part, il vous suffit de vous inscrire à cette adresse : http://www.museedesconfluences.fr/contacts/contact2.php

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A la mode comme à la guerre

ARTS | En rendant aux femmes leur place majeure dans le conflit de 39-45, le CHRD propose avec "Pour vous, mesdames !" une exposition aussi passionnante qu’originale, où l'habillement raconte la douleur de la guerre et les petites combines pour continuer à vivre sous l’Occupation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2013

A la mode comme à la guerre

Depuis longtemps, le CHRD s’échine à montrer que la Deuxième Guerre mondiale ne s’aborde pas seulement par son histoire militaire et les terribles rafles, déportations et exterminations causées par le régime nazi (par ailleurs extrêmement bien relatées dans l’exposition permanente). Une démarche notamment liée à la disparition progressive des témoins de cette époque, qui rend de plus en plus nécessaire le recours à d'autres vecteurs concrets pour la transmettre. En introduction de l'exposition temporaire Pour vous, mesdames!, Isabelle Doré-Rivé, la directrice du musée, explique ainsi que la mode était autant un moyen d’exister qu'un acte de résistance : «Les restrictions concernant le vêtement, écrit-elle dans le catalogue, richement illustré, sont plus m

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Entrait ici (et là) Jean Moulin

CONNAITRE | Encore Jean Moulin ? Oui, toujours Jean Moulin ! Puisque l’histoire de ceux qui défièrent l'occupant nazi ne sera jamais trop racontée, le Centre d’Histoire (...)

Nadja Pobel | Vendredi 3 mai 2013

Entrait ici (et là) Jean Moulin

Encore Jean Moulin ? Oui, toujours Jean Moulin ! Puisque l’histoire de ceux qui défièrent l'occupant nazi ne sera jamais trop racontée, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, rouvert en novembre dernier avec une scénographie totalement renouvelée, a eu la bonne idée de commémorer le 70e anniversaire de l’arrestation (le 21 juin 1943) de ce résistant emblématique. Les enfants d’aujourd’hui n'étant pas ceux d’hier, le CHRD propose des visites de son exposition permanente pour les petits dès 7 ans et un forum citoyen sur ceux qui ont dit non (le 19 juin) pour les gones de 9 à 13 ans. En parallèle, le musée s’est allié aux mémoriaux de la maison du Docteur Dugoujon de Caluire, où Jean Moulin fut arrêté, et à la prison de Montluc, où il passa quelques nuits avant d’être emmené à Paris pour être déporté. Ces deux lieux méconnus, bien qu'ouverts au public depuis 2010 et 2011, organisent des visites guidées remettant en perspective l’Histoire à l'endroit même où elle s’est écrite. Deux conférences émailleront également ces commémorations, dont une donnée

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Entre deux eaux

ARTS | Raconter le Rhône et la Saône, c’est embrasser Lyon dans son ensemble : son développement industriel et commercial, sa culture, ses fondements religieux et même son avenir. Dans une exposition parfois trop à l’étroit dans leurs murs, les musées Gadagne invitent à la navigation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 26 avril 2013

Entre deux eaux

Au commencement était la Saône. Lugdunum, bâti sur la colline de Fourvière, s’est étendu sur ses contrebas jusqu'à toucher la rivière. Pourtant, du XIIe au XVIIe siècle, la ville se nommera Lyon-sur-Rhône. C’est dire à quel point la cité des Gaules fut tiraillée par ses deux bras aqueux mythifiés et fantasmés : la Saône est représentée comme une lascive femme et le Rhône comme un homme viril et indomptable dans les lithographies de Guillaume et Nicolas Coustou (XVIIIe siècle), tandis que l'historien Jacques Rossiaud poursuit cette personnification en n’hésitant pas à rappeler la métaphore du Confluent vu comme une fourche liquide en forme de sexe féminin. En attendant que ce prolixe médiéviste ne livre un catalogue complet sur le sujet à la rentrée de septembre, l’exposition Lyon, la rivière et le fleuve permet d’appréhender, notamment via des gravures et des tableaux, les ravages et les peurs générées par ces eaux que les habitants croyaient surnaturelles, au point d’imaginer un circuit interne et souterrain du fleuve (!), jus

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L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

L'art est un jeu d'enfant

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions. Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés». Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieus

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La guerre expliquée aux enfants

CONNAITRE | Ce n’est a priori pas le genre d’endroit qui paraît susceptible d’accueillir des enfants et pourtant le CHRD, tout juste ré-ouvert après une modification en (...)

Nadja Pobel | Mercredi 19 décembre 2012

La guerre expliquée aux enfants

Ce n’est a priori pas le genre d’endroit qui paraît susceptible d’accueillir des enfants et pourtant le CHRD, tout juste ré-ouvert après une modification en profondeur de son exposition permanente (voir notre n° 690), est aussi un lieu pour les gones. Dès huit ans (et jusqu’à 14), ils peuvent venir (avec un adulte obligatoirement, ce n’est pas un atelier !) découvrir ce qu’était leur ville dans les années sombres de la Deuxième Guerre mondiale, Lyon dans la guerre étant l’axe de cette nouvelle installation. L’équipe du musée prend soin de se mettre à hauteur des enfants en parlant du quotidien des Lyonnais «car plus les enfants sont jeunes, plus il faut s’appuyer sur le concret» confie une médiatrice. Les nombreux objets présentés - qui sont la grande force de cette exposition -, attirent ainsi particulièrement les regards des plus jeunes, à l'image des masques à gaz que portaient les écoliers de l'époque. Ces visites, plus interactives encore que celle réservées aux adultes, se dérouleront jeudi 27 décembre à 14h30 et jeudi  3 janvier à 10h30. Nadja Po

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Entrez dans l'Histoire

ARTS | «Lyon, le 21 décembre 1943. Ma chère petite fille, une même lettre de douleurs parviendra à ma chère Maman et mon cher Papa, ainsi qu’à ma Petite Sœur, soyez (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 novembre 2012

Entrez dans l'Histoire

«Lyon, le 21 décembre 1943. Ma chère petite fille, une même lettre de douleurs parviendra à ma chère Maman et mon cher Papa, ainsi qu’à ma Petite Sœur, soyez courageux car ce soir j’aurai payé de ma vie le peu de sacrifices que j’ai donné pour la France. Embrasse bien ta mère et Roger pour moi. Préviens toute ta famille, ma dernière pensée sera pour toi et mes parents. Quelques larmes tombent sur ma lettre, elles sont le dernier cadeau que je puisse t’offrir pour nos 39 mois de mariage. Pauvre chérie tu es bien jeune et ta peine sera cruelle. Je te demande d’avoir une pensée pour moi dans tes prières. Dieu ne m’a pas abandonné jusqu’ici et dans quelques instants je pourrai entendre la messe et communier. Je t’aime et je t’embrasse de tout mon cœur et sois heureuse et refais ta vie. Pense bien à notre petite Georgette et à toute la famille de Savoie. Embrasse-les. Je t’aime. VIVE LA FRANCE». Résistant arrêté, Henri Mazuir a, comme de nombreux prisonniers, eu la possibilité grâce à un aumônier d’écrire une dernière lettre (ici au crayon à papier) à sa famille quelques heures avant d’être exécuté. De sa cellule de Montluc, il s’apprêtait à payer le prix fort pour a

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Résister aujourd’hui

ARTS | Si la mission première du CHRD est de rendre vivace la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, le lieu s’est attaché depuis vingt ans à nous ouvrir les yeux (...)

Nadja Pobel | Jeudi 22 novembre 2012

Résister aujourd’hui

Si la mission première du CHRD est de rendre vivace la mémoire de la Seconde Guerre mondiale, le lieu s’est attaché depuis vingt ans à nous ouvrir les yeux sur les résistances et les conflits plus récents dans des expositions temporaires très fortes. La preuve en trois souvenirs, avant qu’en octobre prochain ne soit présentée une exposition sur la mode pendant l’Occupation, ou comment s’habiller en temps de guerre. Chili, une mémoire en route (2002) Quand le CHRD se penche sur le Chili de Pinochet, il défriche un pays qui s’est jusqu’alors obstiné à tout oublier. Pinochet est encore vivant et c’est le travail photographique de Patrick Zachmann qui permet de révéler ce pays mortifère qui cache ses blessures. Un cimetière de croix en bois surgit comme un mirage, des graffitis de militaires, des déserts, des traces effacées et des lieux de désolation ont fait place aux lieux de tortures ou d’exécution, une ancienne prison est devenue un hôtel... Autant de signes expliquant comment, loin de l’Europe, l’Amérique du sud tente de faire son deuil. Prisonniers de guerre (2008) Des matricules, des jouets fabriqués par un soldat pour son enfant, des port

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