La jeune garde artistique donne "Rendez-vous" à l'IAC

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Photo : Vue de l'exposition, oeuvres de Johann Rivat


Très réussie, la nouvelle édition de Rendez-vous, rassemblant une vingtaine de jeunes artistes internationaux, porte cette année un nom bien paradoxal. Plusieurs d'entre eux, en effet, lèvent le poing, grondent de colère, entonnent des chants de révolte ou d'énergie collective.

«L'être humain se dresse, non pas contre le monde ou contre la nature, mais contre la fausseté, contre le mensonge, contre ce qui est caché, contre un vivre ensemble de plus en plus injuste» écrit Johann Rivat (né en 1981). Le peintre grenoblois s'inspire dans ses tableaux de scènes de révoltes urbaines ou des mouvements de contestation récents. Une sorte de nouveau romantisme brûle sur ses toiles, éclate en couleurs phosphorescentes parmi les fumées de gaz lacrymogènes, isole parfois un individu face au hors champ du pouvoir. L'ennemi est peu visible, l'objet du combat demeure inconnu, l'histoire ici est représentée avec une grande force plastique dans son "moment négatif", dans l'urgence du "non", la béance du cri...

Ce cri se fait beaucoup plus mélodieux dans les vidéos de Lola Gonzalez (née en 1988 à Angoulême), et le "non" s'entremêle au "oui", à l'affirmation du groupe et à la possibilité du commun. Les dispositifs de l'artiste sont souvent très simples : elle filme par exemple un groupe d'amis à la campagne qui entonne des chansons folk et existentialistes, livre quelques mots et pensées personnels, puis danse une sorte de transe imaginaire autour d'un grand feu de joie. Ailleurs les mêmes protagonistes affirment leurs droits minimaux à la poésie ou à l'action prosaïque face à un juge sourd et aveugle.

Dans une interview, Lola Gonzalez dit chercher dans son travail à

transmettre une énergie et une envie d'être généreux dans les formes qu'on propose et que ce soit par la parole ou par l'image... Créer comme ça un regroupement de pensées de plein d'individus qui représenteraient quelque part une énergie dans une génération actuelle.»

Une énergie pour le moins contagieuse et stimulante.

Jean-Emmanuel Denave

Rendez-vous 2015
À l'Institut d'Art Contemporain à Villeurbanne jusqu'au 8 novembre


Rendez-vous 15

Jeune création internationale
Institut d'Art Contemporain 11 rue Docteur Dolard Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Politique Culturelle | Villeurbanne a été sélectionnée par le ministère de la Culture pour être capitale française de la culture en 2022.

Sébastien Broquet | Mardi 30 mars 2021

Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Le résultat a été dévoilé ce mardi midi par le ministère de la Culture : c'est la Ville de Villeurbanne qui a été choisie pour être capitale française de la culture en 2022. En concurrence avec Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul de la Réunion, Sète et la communauté de communes du Val Briard, la cité du maire Cédric Van Styvendael a emporté la mise et disposera donc de 1 million d’euros pour développer son projet, fortement axé sur la jeunesse, avec par exemple la création d'un festival dans le parc de la Feyssine entièrement conçu par des jeunes. Le maire a rapidement réagit via un communiqué : « nous venons d’apprendre que Villeurbanne vient d’être désignée capitale française de la culture pour l’année 2022. Nous accueillons ce titre avec une grande joie et une grande fierté. C’est la récompense d’un travail engagé il y a maintenant cinq mois avec tous les acteurs culturels villeurbannais. L’engouement partagé par tous ces acteurs aura été communicatif et aura convaincu le jury de faire de Villeurbanne la première capitale française de la culture. Nous remercions le jury qui a eu l'audace

Continuer à lire

Traces : histoires de migrations

Biennale | Il était une fois un bailleur social lyonnais, Aralis, qui voulait rendre visible les enjeux de l’immigration. Vingt ans plus tard, la Biennale Traces a considérablement grandi et propose 150 temps forts sur toute la région pendant deux mois. Dont trois jours dédiés à Carte de Séjour et Rachid Taha.

Nadja Pobel | Mercredi 7 octobre 2020

Traces : histoires de migrations

Le programme est dense. Impossible à résumer, tant cette Biennale Traces est au carrefour de différentes composantes : l’approche culturelle et artistique, les sciences sociales et les actions militantes. Pour raconter quoi ? Des histoires d’immigration, de migrations. « Au départ, il était question de la mémoire des immigrés venus participer à la reconstruction industrielle de la France, ils étaient un peu oubliés. Puis le terme a glissé et le discours public s’est mis à parler des "migrants" vers 2015, 2016 » analyse Marina Chauliac, « avec un léger précédent au moment du Printemps arabe où la figure du migrant devient médiatique » complète Philippe Hanus. « Désormais les gens passent, traversent et surtout ce n’est plus une migration de travail. L’enjeu est la place qu’on leur fait, où on les héberge » poursuivent ces deux chercheurs, elle en anthropologie, lui en Histoire — qui sont aussi membres du bureau de l'association Traces. Ces gars de Rillieux Cette Biennale n’a pas vocation à enchaîner les colloques. « La

Continuer à lire

Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Élections Municipales 2020 | Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. (...)

Vincent Raymond | Vendredi 17 juillet 2020

Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. Loin d’être anodines, leur distribution et leur ordre protocolaire font un peu office de “discours de politique générale“ bis, traduisant les priorités d’un nouvel exécutif. Ainsi, sur les 21 adjointes et adjoints nommés peut-on observer qu’au premier rang des préoccupations de Cédric Van Styvendael figurent la transition écologique (normal puisque sa liste a bénéficié pour le second tour de l’appoint non négligeable des Verts de Béatrice Vessiller), du développement économique, de la ville inclusive, de la végétalisation, loin de devant la sécurité (8e rang) et surtout devant la culture, 14e délégation. Enrichie des universités et de la vie étudiante, celle-ci échoit à

Continuer à lire

À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

À Villeurbanne : la culture, point par point

Cultivant sa singularité politique depuis plus d’un siècle dans l’agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l’équipe sortante. L’actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s’installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l’avenue Henri-Barbusse. D’un côté, la liste “Villeurbanne c’est vous !” menée par l’ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l’adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l’autre,

Continuer à lire

40e festival du film court, premier service

Court-métrage | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

Continuer à lire

La femme à la caméra : "Camille"

Biopic | Jeune photographe fascinée par l’Afrique, Camille Lepage part en indépendante couvrir les remous en Centrafrique qui déboucheront sur la guerre civile. Sans couverture, elle va plus loin que les photo-reporters de guerre professionnels. Au risque de se perdre…

Vincent Raymond | Mardi 15 octobre 2019

La femme à la caméra :

C’est un double, voire un triple film que Boris Lojkine signe ici. D’abord, évidemment, un portrait de Camille Lepage (1988-2014) au cours des derniers mois de son intense existence. Le biopic d’une journaliste investie par la nécessité d’éveiller les consciences occidentales à l’imminence du drame centrafricain, mais aussi d’une jeune femme piégée par sa trop grande proximité avec son sujet. Une proximité affective se retrouvant dans sa pratique photographique, puisqu’elle cadre physiquement au plus près des événements et des gens, mais qui dénote également un manque de recul dans son approche. Ce qui conduit à l’insoluble question éthique de la photographie de guerre : celui (ou celle) qui la réalise peut-il/doit-il rester neutre lorsqu’il témoigne d’une situation ? À côté de confrères expérimentés accrédités par les grands quotidiens, se conduisant en expats hautains et désabusés pouvant partir le lendemain pour un théâtre d’opération à l’autre bout du monde, Camille possède une connaissance du terrain qui

Continuer à lire

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Court-Métrage | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

Continuer à lire

39e Festival du Film Court, acte 1

Court-Métrage | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

Continuer à lire

Dolto se relève... à 7h du mat'

Psychanalyse | Trente ans après sa disparition, Caroline Eliacheff publie une courte biographie de Françoise Dolto. Un livre aussi simple que roboratif qu'elle viendra présenter à la Villa Gillet.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 octobre 2018

Dolto se relève... à 7h du mat'

Dans les années 1960-1970, Françoise Dolto (1908-1988) a connu un succès médiatique exceptionnel pour une psychanalyste. Et ce, notamment à travers des émissions radio où elle répondait aux interrogations concrètes des auditeurs à propos de leurs enfants. Depuis, elle a largement et étrangement disparu des radars : médiatiques, universitaires, bibliographiques... Amie proche de sa fille Catherine Dolto, la psychanalyste Caroline Eliacheff ressuscite Dolto en une petite biographie passionnante et originale. L'auteur a en effet choisi de raconter la vie et l'œuvre de Dolto à partir d'une journée imaginaire de la psychanalyste, de 7h du matin à 23h le soir. En seize heures et deux-cent trente pages, tout est dit avec simplicité et bienveillance : la personnalité de Dolto, les grands axes de sa pensée, sa manière de travailler auprès de ses patients et de ses collègues, ses tribulations médiatiques, la mise en place en 1979 d'une première et fameuse

Continuer à lire

Une saison à la Villa

Villa Gillet | Toujours aussi éclectique dans ses choix littéraires et scientifiques et exigeante dans ses thématiques, la Villa Gillet inaugure une saison de rencontres qui s'annonce aussi dense que passionnante.

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

Une saison à la Villa

Entre sciences humaines, sciences tout court et bien sûr littérature, c'est à un automne bien chargé que nous invite la Villa Gillet pour ses rencontres de saison – comprendre, hors Assises Internationales du Roman et La Chose Publique. Cela avait débuté avec un prolongement haïtien du Festival America et se poursuit dès ce mercredi 3 octobre avec le premier volet de rencontres intitulées Le Temps de... On commence donc avec Le Temps du temps à l'Institution des Chartreux le 9 octobre où les toujours passionnants physicien et historien Étienne Klein et Patrick Boucheron, qu'on ne présente plus, se demanderont, en compagnie de la femme rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la revue Tenov'a, ce qu'est le temps et si simplement nous en avons la moindre idée. Le cycle se poursuivra le 9 novembre au Grand Amphi de l'Université Lyon 2 avec les écrivains Philippe Sands (Retour à Lemberg, Albin Michel) et Javier Cercas (Le Monarque des Ombres, Actes Sud) pour Le Temps de la Mémoire sur les liens qu'entretienne

Continuer à lire

Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

The Green Escape | Après trente années vouées au culte de la country music, l’incontournable festival de Craponne-sur-Arzon change de nom sans perdre son âme, avec cette année le groupe Status Quo en tête d’affiche.

Niko Rodamel | Mardi 19 juin 2018

Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

Drapé d’une identité visuelle renouvelée, l’immuable Country Rendez-Vous devient The Green Escape. Avec une recette gagnante qui déplace chaque année près de vingt mille visiteurs, cette année encore le festival affiche (en in) une playlist d’artistes aussi riche qu’internationale, mais aussi (en off) une belle brochette de concerts et d’animations qui mettront le bourg en ébullition dès le 25 juillet. Car si la country, avec ses singulières danses en ligne et son barnum santiags-Stentson US-friendly, tarde à se défaire d’une réputation un brin ringarde, les musiques de l’Amérique profonde rassemblent en Europe un public toujours aussi nombreux puisque intergénérationnel. Que les amateurs et les habitués du festival se rassurent donc, la country music demeure au centre d’une programmation qui lorgne forcément aussi un peu sur le blues, le rock et la folk. L’échappée verte Après l’iconique Emmylou Harris qui l’an passé était venue souffler les trente bougies du festoche, Status Quo, les papys toujours fringants du rock britannique, sont les têtes d’affiche de la trente et unième édition (le 29 juillet sur la grande scène). Formé en 1962 dans la banlieue sud

Continuer à lire

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

Continuer à lire

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

Continuer à lire

La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

Continuer à lire

Lola Gonzalez au MAC, la communauté désœuvrée

Vidéo | Lola Gonzalez présente son nouveau court-métrage, fruit d'une courte résidence au Musée d'Art Contemporain.. L'idée du collectif y prend littéralement l'eau, mais parvient, vaille que vaille, à surnager.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 juin 2017

Lola Gonzalez au MAC, la communauté désœuvrée

Étonnant succès d'une artiste a priori discrète, formée à Lyon, et dont les œuvres n'ont rien de flamboyant. Depuis, au moins, la Biennale d'Art Contemporain de 2015, Lola Gonzalez empile : presse nationale, expositions et résidences internationales, et galerie parisienne prestigieuse ! Ses vidéos présentées à la Biennale oscillaient entre composition précise et apparente improvisation, recherche collective d'un possible avenir commun et déambulation désabusées ou festives de jeunes trentenaires à la campagne. Les films n'ont aucune qualité esthétique particulière (voire restent un peu bancals), mais nous y captons immédiatement un "air du temps", des questions et des angoisses sourdes (d'une génération donnée, mais pas seulement), la mise en scène d'une communauté autant en déshérence qu'en quête de nouveaux fondements. « Depuis sept ou huit ans, confie l'artiste, je travaille avec un groupe d'amis. Nous nous réunissons trois ou quatre fois par an dans une maison en Charente pour réaliser un film sur la question du collectif. Tous mes films sont en lien les un

Continuer à lire

Santiags et sans reproche

Festival Country Rendez-Vous | Pour la trentième année, l’Amérique profonde débarque à Craponne-sur-Arzon lors de l’incontournable festival Country Rendez-vous, avec en guise de cadeau d’anniversaire la légende vivante Emmylou Harris, pour un concert unique en France.

Niko Rodamel | Mardi 20 juin 2017

Santiags et sans reproche

Plantons le décor… Haute-Loire, Craponne-sur-Arzon, mille mètres d’altitude et un peu plus de deux mille habitants. Son église, son donjon, son camping, sa piscine intercommunale, son cinéma à cinq euros le plein tarif, son ramassage scolaire, sa fête de la pomme de terre, sa radio locale, la TNT presque partout et bientôt la 4G… Comme son nom ne la prédestinait pas vraiment, la petite commune de Craponne-sur-Arzon voit chaque année sa population exploser le temps d’un week-end à l’occasion d’un festival qui approche chaque année des vingt mille aficionados, entre in exigeant (près de dix mille entrées payantes lors des précédentes éditions) et un off qui propose stages de danse country mais aussi de guitare, violon, chant et banjo. Entre Forez et Velay, l’écrin vert sapin donne au cadre au festival Country Rendez-vous des allures d’Appalaches ! La nature fait bien les choses… Et au milieu coule l’Arzon La tête d’affiche de cette édition-anniversaire est incontestablement l’immense Emmylou Harris, auteur-compositeur-interprète que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître et qui p

Continuer à lire

Arac, 25 ans d’âge

Cinéma | Depuis 1991, Rhône-Alpes cinéma se pose en productrice des films produits sur son territoire. Naviguant entre échecs et beaux succès critiques ou publics, cette activité joue sur la santé économique de la région et son prestige extérieur. 25 ans après, alors que la fusion avec l'Auvergne vient de s’opérer, quels bilans retenir de cette entreprise soutenant l’audiovisuel local ?

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

Continuer à lire

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

CONNAITRE | Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 29 novembre 2016

Anne Maurel sur les traces de Giacometti

Déjà journal bimestriel, revue pluridisciplinaire semestrielle, Hippocampe devient aussi éditeur avec la publication ce mois-ci de Je descends la rue de Siam (carnets sonores et photographiques) du créateur sonore Jean-Guy Coulange, et Avec ce qu'il resterait à dire (sur une figurine d'Alberto Giacometti) de Anne Maurel. Cette dernière se lance dans une sorte de fiction-documentaire sur une minuscule sculpture de Giacometti, représentant une femme aimée. « L'émotion ressentie à la vue de la figurine sous sa vitrine est revenue m'envahir, comme si elle me mettait en cause, moi et le sentiment de l'espace devant moi. Dans la distance me séparant d'un autre corps, il y avait comme un élan interrompu. » dit Anne Maurel, dont l'écriture tente de prolonger cet élan avec des mots. Pour lancer sa nouvelle activité d'éditeur et cet ouvrage, Hippocampe organise une soirée avec Anne Maurel à la galerie Michel Descours le mercredi 30 novembre à 19 heures.

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

37e festival du film court de Villeurbanne | Si la fusion Auvergne/Rhône-Alpes a porté le mastodonte clermontois au top des rendez-vous régionaux dédiés aux courts-métrages, celui du Zola conserve (malgré un budget trop modeste) l’avantage de l’antériorité, de la convivialité et de la curiosité.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

Continuer à lire

Le temple laïc de Villeurbanne

Patrimoine | Inclus dans un projet architectural ambitieux et au service de la population la plus défavorisée, l’hôtel de ville de Villeurbanne, entre les Gratte-ciel et le TNP, est une véritable cathédrale profane.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Le temple laïc de Villeurbanne

À l’orée des années 1920, le site actuel des Gratte-ciel n’est qu’une prairie et c’est ici que par la volonté du maire médecin et hygiéniste, Lazare Goujon, se hissent de nouveaux bâtiments destinés à accueillir les ouvriers de la ville industrielle de Villeurbanne. Jusque-là, ils étaient au mieux logés dans le pré-carré de leur patron paternaliste (ce qui incitait les hommes à rester sobres et à ne pas se disperser pour mieux travailler) ou, au pire, dans des taudis. L’édile, lui-même fils d’un père manœuvre dans les usines métallurgiques de Schneider, croit en l’ascension sociale de ses administrés et leur concocte, avec les architectes Robert Giroud et Môrice Leroux, des bâtiments confortables disposant (fait rare à l’époque pour les cols bleus) du tout-à-l’égout, de l’eau courante et de l’électricité. Même s’il n’y a pas encore de douche (mais un robinet), les toilettes ne sont plus sur le palier. Pour parfaire cet ensemble, le Palais du travail dispose de lieux de réunion pour les syndicats, d’une piscine souterraine (toujours en service et destinée à l’époque à l’épanouissement corporel plus qu’au loisir) et d’un théâtre (le TNP actuel). Et aussi, d’une mairie. L

Continuer à lire

Autoportraits (bis), de Giordano à Molinier à la galerie Descours

ARTS | En parallèle de l'exposition du Musée des Beaux-Arts, la galerie Descours présente un accrochage, « de Giordano à Molinier », consacré lui-aussi à (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

Autoportraits (bis), de Giordano à Molinier à la galerie Descours

En parallèle de l'exposition du Musée des Beaux-Arts, la galerie Descours présente un accrochage, « de Giordano à Molinier », consacré lui-aussi à l'autoportrait. On y découvre beaucoup d'artistes lyonnais du 18e et du 19e siècles et nombre d’œuvres intéressantes datant d'une période plus récente. Une petite gravure d'Egon Schiele, un dessin rapidement exécuté de James Ensor, une encre de Jean Cocteau, une esquisse de Pierre Tal Coat, une composition surréaliste de Pierre de Maria, une photographie provocatrice de Pierre Molinier... Emilie Charmy (1878-1974) étale ses charmes dans un grand nu de 1947 et expérimente le flou et l'amalgame de matières picturales dans deux autres autoportraits. Dans un amusant et très ironique Hommage à Freud, Michel Journiac (1935-1995) s'est grimé en son père et en sa mère aux côtés de leurs propres portraits. L'artiste qui en 1969 avait fait du boudin avec son propre sang a souvent utilisé son corps comme matériau de création, afin de le désaliéner de ses représentations sociales et de ses identités imposées. Ici, l'identification aux parents au sens freudien du terme est à la fois décrite et décriée dans un grand écla

Continuer à lire

À Villeurbanne : lire, pour grandir

CONNAITRE | Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

À Villeurbanne : lire, pour grandir

Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de cette manifestation qui irrigue les espaces publics de la ville et met à l’honneur cette année Claire Cantais. L’auteur-illustratrice a notamment publié (avec Delphine Beauvois) On n’est pas des poupées, sorte de Deuxième sexe à l’intention des enfants dès 4 ans. Où comment faire passer les premières notions de féminisme via la littérature jeunesse. Présente durant ce long week-end, Claire Cantais a aussi effectué, depuis octobre, un travail de terrain dans les écoles de la ville et répondu à cette volonté sans cesse renouvelée de la Fête du Livre de ne pas être seulement un festival sur un temps court. Transmettre le goût de lire Outre la traditionnelle librairie et les séances de dédicaces dans la salle Raphaël de Barros, Alice Zeniter, prix du livre Inter pour Sombre dimanche en 2013 et surtout auteur d’un formidable polar paru en septembre, Juste avant l’oubli, sera présente pour accompagner son spectacle musical Un ours, of course, ou comment

Continuer à lire

À Vaulx Jazz comme des images

ECRANS | Chaque édition d’À Vaulx Jazz donne l’occasion de rappeler combien fécondes peuvent être les noces entre ce genre musical et le cinéma, combien intacte demeure leur complicité.

Vincent Raymond | Mardi 8 mars 2016

À Vaulx Jazz comme des images

L’un et l’autre nés à la fin du XIXe siècle, ces deux vecteurs d’expression populaire ont prospéré en marge dans les rues ou les foires, avant de se tailler leur place parmi les disciplines artistiques considérées comme ”nobles“. On en arrive même à un formidable paradoxe aujourd’hui, où tout film pourvu d’une bande originale jazzy se trouve d’emblée doté d’une aura de raffinement vintage, voire d’un brevet d’intellectualisme woodyallenien ! Parfaites girouettes, les mentalités ont une stabilité comparable aux gouvernements de la IVe République… Quatuor de choc Justement, parmi les quatre films retenus dans la programmation de cette année figure un classique de cette époque : Rendez-vous de juillet (1949). Signé par Jacques Becker, le Howard Hawks français, ce film aspire l’air ambiant autant qu’il s’en inspire — en particulier celui des caveaux jazz ayant fleuri après la Libération à Paris. Révélant les comédiens Maurice Ronet et Nicole Courcel, il a aussi le flair de capter les notes du jeune Claude Luter et de ses “Lorientais”. Revendiquant en musique des goûts éclectiques (« de Duke Ellington

Continuer à lire

Ciné O'Clock : my Zola is rich

ECRANS | Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Ciné O'Clock : my Zola is rich

Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, le flegmatique Ciné O’Clock a poussé en silence, pour devenir au bout de deux décennies un must, à la programmation de plus en plus aiguisée. Remettant à l’affiche quelques productions marquantes de l’année (dont le documentaire Amy d’Asif Kapadia, prélude idéal au blind test musical le plus déluré du Commonwealth finement ouvragé par DJ Stéphane, ou Loin de la foule déchaînée, version Thomas Vinterberg), il accueille désormais un volume enviable d’avant-premières et d’inédits. Après Moon de Duncan Jones en 2014 ou Shaun le mouton en 2015, place en ouverture à The Lady in the Van de Nicholas Hytner (La Folie du roi George) avec l’increvable Maggie Smith, et en clôture, à Brooklyn (sélectionné pour l’Oscar) pour ne citer que ces échantillons. Au-delà de l’actualité, Ciné O’Clock effectue un précieux travail sur le patrimoine : en étroite

Continuer à lire

L'institut Lumière se remet au sport

ECRANS | Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, (...)

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

L'institut Lumière se remet au sport

Séparément, chacun exerce sur le public une attraction confinant à la fascination : que dire alors d’une rencontre entre sport, littérature et cinéma ? Elle se révèle forcément fusionnelle et des plus fécondes à l’écran, tant celui-ci transcende le mouvement, magnifie l’exploit, héroïse les sportifs dans leurs souffrances… Pour la troisième année, l’Institut Lumière mouille le maillot en consacrant un festival à l’art d’accommoder intelligence et muscles, en images ou en mots. Piochant dans le vaste corpus des œuvres dédiées au sport, la programmation mêle projections, débats, rencontres, colloque, hommages (l’immense cycliste Raymond Poulidor et le motard Giacomo Agostini seront célébrés), et quelques avant-premières (Free to run, de Pierre Morath - en sa présence - consacré au jogging, et Good Luck Algeria de Farid Bentoumi, présenté par ce dernier et Sami Bouajila). Sport parmi les plus cinégéniques, la boxe aura les honneurs d’une nuit, avec la projection des quatre premiers volets de la saga Rocky (au moment où Creed vient d’arriver dans les salles),

Continuer à lire

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

ECRANS | ​Lancé à l’aube des années 1980 à Gerland puis installé dans la foulée au Zola de Villeurbanne, le Festival du Film Court a connu de nombreuses métamorphoses. Mais il demeure, à 36 ans, un phare précieux pour révéler les nouvelles générations. Et transmettre le témoin…

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

Continuer à lire

À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

ARTS | Neuf artistes se sont emparés de la revue de Georges Bataille "Documents" pour réaliser des œuvres qui en conservent peu ou prou l'esprit. Une exposition expérimentale et très ouverte à découvrir à l'URDLA.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 octobre 2015

À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

En 1929, quelques dissidents du surréalisme et ethnologues fondent la revue Documents, sous la direction de l'écrivain Georges Bataille. Pendant deux ans et quinze numéros, elle accueillera les interventions de Michel Leiris, de Marcel Griaude, de l'historien de l'art Carl Einstein et de beaucoup d'autres. Pourquoi ce nom choisi par Bataille ? Parce qu'un document n'a a priori guère de valeur esthétique et que la revue s'opposait à un certain formalisme moderniste en vogue dans les années 1920 (et qui le reste ici ou là aujourd'hui). Elle s'opposait aussi à l'imaginaire et aux rêves chers à André Breton. «En ce sens écrit Denis Hollier, Documents n'est pas une revue surréaliste. C'est une revue agressivement réaliste... Documents ne veut ni l'imagination ni le possible. La photographie y prend la place du rêve. Et si la métaphore est la figure la plus active de la transposition surréaliste, le document en constitue la figure antagoniste, agressivement anti-métaphorique. Avec lui l'impossible, c'est-à-dire le réel, chasse le possible.» Il est amusant alors de découvrir à l'URDLA, centre d'art défendant souvent des artistes su

Continuer à lire

Rentrée cinéma : du côté des festivals

ECRANS | Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : du côté des festivals

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s’achèvera en effet avec l’ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais. Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d’avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l’agglomération, l’incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nou

Continuer à lire

Rendez-vous à Atlit

ECRANS | De Shirel Amitaï (Fr-Isr, 1h31) avec Géraldine Nakache, Judith Chemla, Yaël Abecassis…

Christophe Chabert | Mardi 20 janvier 2015

Rendez-vous à Atlit

Trois sœurs se retrouvent dans leur grande demeure familiale en Israël après le décès de leurs parents. Vendra ? Vendra pas ? Le caractère des filles, tout comme leur mode de vie — l’une vit une existence bourgeoise à Paris, l’autre est du genre bohème, la troisième est restée sur le sol israélien — fait tanguer la réponse entre grandes embrassades et gros coups de gueule. Plus Rendez-vous à Atlit avance, plus on a la sensation d’assister à une version franco-israëlienne des horribles Petits mouchoirs : même construction dramatique lâche où le conflit de départ est sans cesse renversé dans un sens ou dans l’autre, même petite musique sentimentale où les personnages n’existent que par des émotions dont le spectateur doit attester la véracité à l’écran… Flirtant constamment avec l’insignifiance, le film de Shirel Amitaï finit même par y tomber quand les parents reviennent hanter la maison autour d’un compteur d’électricité cassé ou d’une petite tasse de thé. Ramener le fantastique à la hauteur réaliste d’un téléfilm allemand, c’est une form

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

ECRANS | Chat de Philippe Lasry. Simiocratie de Nicolas Pleskof. Les Heures blanches de Karim Bensalah. Rhino full throttle d’Erik Schmitt. La Part de l’ombre d’Olivier Smolders.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique chef-d’œuvre dont on se prend à rêver qu’il ira décrocher le Grand Prix samedi lors de la cérémonie de palmarès… Chat de Philippe Lasry n’en est pas un, de chef-d’œuvre, mais il est fortement recommandable. Son dispositif minimaliste — tout se déroule sur la scène d’un théâtre dans une institution pour handicapés mentaux — est assez séduisant : l’éducatrice incarnée par Corinne Masiero — meilleure ici que dans la plupart des longs dans lesquels elle s’est égarée depuis Louise Wimmer — demande à une jeune fille de raconter un souvenir qui lui inspire de la tristesse. Elle choisit le moment où elle a dû déménager et où ses parents ont décidé de donner son chat à un voisin. Puis l’éducatrice désigne d’autres participants à l’atelier pour monter sur scène et rejouer ce moment. Tandis que l’exercice s’enlise, l’ensemble du groupe se lance dans un moment de défoulement qui la renvoie à son propre passé douloureux. Explosion dont on ne sait si elle est de l’ordre de la cruauté ou de l’amusement spontané,

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

ECRANS | "Ocze Masz" de Kacper Lisowski. "Poisson" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux. "Tant qu’il nous reste des fusils à pompe" de Caroline Poggi et Jonathan Vinel. "Café de la plage" de Xavier Champagnac, Prune Saunier et Gilles Gaston-Dreyfus.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l’expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l’Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d’une tuerie façon Columbine. D’ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n’est qu’un vain exercice de style d’un petit malin cherchant à choquer pour choquer. Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu’on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d’un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C’est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l’absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d’abord de refourguer le ga

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

ECRANS | "Nectar" de Lucile Hadzihalilovic. "Shadow" de Lorenzo Recio. "La Petite casserole d’Anatole" d’Éric Montchaud.

Christophe Chabert | Mercredi 19 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son empreinte particulière, une certaine cohérence pour trier, parmi le millier de films reçus, ce qui constituera sa vitrine annuelle. Au fil des éditions, Villeurbanne dessine un goût pour le court où s’exprime une réelle maîtrise du cinéma, dans la manière de raconter une histoire ou de la mettre en scène visuellement à l’écran. Sur les 37 films présentés, quasiment aucun n’est pris en faute de goût, à l’exception, mais c’est presque inévitable, notamment dans le court français, du dialogue, pas toujours très crédible, et de la direction d’acteurs, parfois hasardeuse. Cette cohérence a son revers : le binge watching de la compétition entraîne assez vite une accoutumance à ce cinéma bien fait, bien produit, bien écrit et bien réalisé, qui laisse peu de place à l’imprévu et se contente souvent de traiter un sujet de façon assez conventionnelle. Ce sont, du coup, les œuvres les plus aventureuses qui tirent la couverture à elles, celles qui n’ont pas peur d’expérimenter et de déranger, refusant les récits bouclés ou bous

Continuer à lire

Une belle brochette de courts…

CONNAITRE | Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Une belle brochette de courts…

Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. En plus de ses sections parallèles, c’est bien sûr sa compétition qui fera l’événement cette semaine, avec l’arrivée du jury et le palmarès samedi soir. Sur les trente-sept films présentés, une bonne douzaine vaut largement le déplacement, et on en parlera quotidiennement sur notre site web… Mais l’un d’entre eux est de ces chefs-d’œuvre qui éclipsent tous les autres. Il s’appelle La Part de l’ombre et est signé par Olivier Smolders, fabuleux cinéaste belge qui a construit une œuvre singulière puisqu’à l’exception d’un long resté hélas confidentiel, il n’a tourné que des courts. Son nouveau film se propose d’éclaircir, à partir d’une multitude de sources, l’énigme du photographe hongrois Oskar Benedek, dont la carrière sulfureuse et avant-gardiste a été interrompue par sa disparition mystérieuse en 1944. Smolders y trouve un nouveau prétexte pour explorer les puissances de l’image et son rapport à la mort, ici conçue comme un effacement progressif du vivant. Une œuvre-choc et hantée, dont on n

Continuer à lire

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

CONNAITRE | Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant le thème "Soyons fous !" pour sa quinzième édition, la précieuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (qui se déploie dans toute la ville du 9 au 13 avril) promet de faire croire en l’impossible, à l’image de son invité d’honneur, Gilbert Legrand, sculpteur et plasticien qui imagine des personnages-objets aussi amusants que bien pensés : une hache devient un canard grognon, un pinceau un hérisson, une paire de ciseaux un couple enlacé... Compilées chez Sarbacane, ces créations sont à voir, au naturel ou en photo, à la MLIS durant un mois (jusqu’au 26 avril). L’artiste a aussi passé du temps à travailler avec les habitants du quartier de Cyprian-Les Brosses, la Fête du livre jeunesse étant tout sauf un saupoudrage tous azimuts. Au contraire, c'est tout au long de l'année qu'elle se construit avec les Villeurbannais, sous l'égide de son vaillant directeur et fondateur

Continuer à lire

Berlinale 2014, jour 3. Vraies et fausses valeurs

ECRANS | Nymphomaniac volume 1 (version longue) de Lars von Trier. Kreuzweg de Dietrich Brüggemann. Historia de miedo de Benjain Naishtat. A long way down de Pascal Chaumeil.

Christophe Chabert | Lundi 10 février 2014

Berlinale 2014, jour 3. Vraies et fausses valeurs

Dans un festival de cinéma, jes journées se suivent et ne se ressemblent pas. Après un samedi fracassant, ce dimanche fut des plus décevants, avec un retour en force de l’auteurisme frelaté qui, jusqu’ici, était resté gentiment à la porte. Le meilleur film du jour, et de très très loin, n’était pas une surprise du tout, puisqu’il s’agissait de la version longue de Nymphomaniac volume 1. Soit le montage voulu par Lars von Trier, avec la totalité des plans de sexe explicite et la durée imaginée par l’auteur. Niveau cul, disons-le, s’il y a là plus de bites en érection et de coïts en insert que dans la version courte, on reste loin du porno annoncé. En revanche, le rythme de cette version est très différent de celle sortie en salles, et cela ne fait désormais plus aucun doute : Nymphomaniac est une des œuvres cinématographiques les plus importantes de ces dernières années. La mise en scène gagne en ampleur, en beauté, en profondeur, gardant tout ce qui faisait déjà la force de la version courte — l’humour insolent, la logorrhée figurative, les morceaux de bravoure comme le chapitre sur Mrs H. / Uma Thurman — en y ajoutant une dimension imp

Continuer à lire

Nymphomaniac volume 2

ECRANS | Fin du diptyque de Lars von Trier, qui propulse très haut sa logique de feuilleton philosophique en complexifiant dispositif, enjeux, références et discours, avec d’incroyables audaces jusqu’à un ultime et sublime vertige. On ose : chef-d’œuvre ! Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 23 janvier 2014

Nymphomaniac volume 2

5+3. Cette addition, qui lançait la vie sexuelle de Joe dans le premier volume de Nymphomaniac, est aussi la répartition choisie par Lars von Trier entre les chapitres de chaque partie. 5 pour le coït vaginal et le volume 1 ; 3 pour la sodomie et le volume 2 qui, de facto, fait un peu plus mal que le précédent… Après nous avoir laissé sur un climax diabolique, où la nymphomane hurlait : «Je ne sens plus rien !», von Trier reprend les choses là où elles en étaient : dans la chambre de Seligman, qui ne va pas tarder à expliquer les raisons de sa chaste attitude face au(x) récit(s) de débauche de Joe-Gainsbourg ; et dans celle de Joe-Martin et de Jerome, premier amant, grand amour idéalisé, compagnon et père de son enfant. Mais avant d’embrayer sur un nouveau chapitre et un nouvel épisode entre fantasme (romanesque) et fantasme (sexuel), le voilà qui digresse déjà en flashback sur Joe-enfant et son premier orgasme, où lui apparaissent deux icônes qu’elle prend pour des visions de la vierge Marie, mais que

Continuer à lire

Festival des Arcs : partie 1

ECRANS | Les Sorcières de Zugarramurdi. Nymphomaniac volume 1. Ida. Tonnerre.

Christophe Chabert | Vendredi 20 décembre 2013

Festival des Arcs : partie 1

Le festival du cinéma européen des Arcs — et les Journées DIRE, on va expliquer tout ça assez vite — fait irrésistiblement penser à un film (européen) récent, L’Enfant d’en haut d’Ursula Meier. La station vit sur quatre niveaux d’altitude, de Bourg Saint-Maurice aux Arcs 2000, et il s’agit de faire la navette — littéralement, ce qui, un jour de neige, fout autant le vertige que d’assister à sa première projection de Gravity — entre les différents sites. Et plus on monte, plus c’est la profession — exploitants, distributeurs, presse — qui s’accapare les lieux, tandis que le public reste majoritairement en bas — ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas droit à d’excellents films, bien au contraire. Le festival se répartit ainsi en trois grandes sections : la compétition, composée de films inédits ; les avants-premières et les séances spéciales, qui mettent en avant quelques événements à venir dans l’actualité cinématographique — comme les derniers Nicole Garcia et Patrice Leconte, ou le biopic d’Andrzej Wajda sur Lech Walesa… ; et enfin un panorama, cette année consacrée au cinéma de l’ex-yougoslavie, avec beaucoup de très bonnes choses comme la première pal

Continuer à lire

Nymphomaniac, volume 1

ECRANS | Censuré ? Remonté ? Qu’importe les nombreuses anecdotes et vicissitudes qui entourent le dernier film de Lars von Trier. Avec cette confession en huit chapitres d’une nymphomane — dont voici les cinq premiers —, le cinéaste est toujours aussi provocateur, mais dans une tonalité légère, drôle et ludique qui lui va plutôt bien. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 décembre 2013

Nymphomaniac, volume 1

On avait laissé Lars von Trier sur la fulgurante dernière image de Melancholia, parvenu au bout de sa dépression et affirmant que le meilleur moyen d’apaiser ses tourments, c’était encore de voir le monde voler en éclats. Au début de Nymphomaniac, après avoir plongé longuement le spectateur dans le noir et une suite de bruits anxiogènes, il révèle le corps de Joe — Charlotte Gainsbourg, réduite dans ce premier volet au statut de narratrice des exploits de son alter ego adolescente, la troublante Stacy Martin — dans une ruelle sombre, ensanglantée et amochée. Passe par là un brave bougre nommé Selligman — Stellan Skarsgard — qui la recueille chez lui et lui demande ce qui s’est passé. «Ça va être une longue histoire» dit-elle, après avoir affirmé qu’elle était une «nymphomane»… En fait, l’histoire tient en deux films décomposés en huit chapitres comme autant de récits obéissant à des règles esthétiques propres, utilisant une panoplie d’artifices — ralentis, split screen, retours en arrière — et changeant sans cesse de formats — pellicule e

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Au terme de sa compétition, le festival du film court de Villeurbanne semble dessiner un boulevard pour le génial The Mass of men, qui a survolé la journée d’hier, malgré quelques belles révélations. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

Continuer à lire

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

ECRANS | À mi-parcours de sa compétition européenne, nos favoris au 34e festival du film court de Villeurbanne restent solidement en tête, malgré de jolies découvertes et un nouvel OVNI filmique de l’insaisissable Christophe Loizillon. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 22 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se confirmer même si, après quatre programmes visionnés, il ne fait pas de doute que nos chouchous découverts dans d’autres festivals continuent tranquillement la course en tête : Avant que de tout perdre et L’Amour bègue — The Mass of men et Solitudes seront présentés aujourd’hui. Animations Commençons par ce qui fâche : on se demande, année après année, pourquoi le festival programme autant de films d’animations dans sa compétition. On n’a rien contre le genre en soi, mais il paraît évident que les films retenus ont l’air maigrichons face aux mastodontes de la fiction en prises de vue réelles. Exemple extrême : Snejinka (Flocon), dessin animé russe au-delà du naïf, avec son exotisme africain de pacotille façon sous-Kirikou. Ou enc

Continuer à lire

Le court des choses

ECRANS | La compétition du 34e festival du film court de Villeurbanne s’annonce passionnante, et plus que jamais ouverte sur le monde — et ses affres —, vu par des cinéastes en quête d’audace et d’efficacité. La preuve en quelques films majeurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 14 novembre 2013

Le court des choses

Depuis que le festival du film court de Villeurbanne a fusionné ses compétitions francophone et européenne, cette épine dorsale de sa programmation a trouvé une nouvelle ampleur. Ce qui frappe cependant pour cette 34e édition, c’est que les films eux-mêmes semblent traverser les frontières, et il n’est pas rare de voir un cinéaste français tourner en Angleterre ou en Afrique du Sud… Une mondialisation qui se retrouve aussi dans les sujets abordés, où l’immigration et les conséquences de la crise économique forment le background de nombreuses fictions. Cette façon de prendre le pouls d’une époque n’a vraiment rien d’inattendu et serait même anecdotique si les films ne cherchaient pas avant tout de nouvelles formes pour traiter leur sujet. C’est particulièrement frappant dans The Mass of men de Gabriel Gauchet, un véritable chef-d’œuvre qui fait déjà figure de favori pour le palmarès final. Gauchet met d’abord en scène un fait divers sanglant, un massacre au pistolet à clous dans un Pôle emploi britannique, qu’il regarde à travers les images froides des caméras de survei

Continuer à lire

Des Grecs et une Parmentier

ECRANS | C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça (...)

Christophe Chabert | Mercredi 6 novembre 2013

Des Grecs et une Parmentier

C’est le début cette semaine de l’incontournable Festival du film court de Villeurbanne au Zola, qui s’annonce cette année comme un excellent cru. On dit ça car on a déjà jeté un œil à certains films de sa compétition européenne, et il y a de sacrés morceaux de cinéma là-dedans. On y reviendra en détail la semaine prochaine — le festival continue jusqu’au 24 novembre — mais il ne faudrait pas négliger les belles séances de cette semaine, à commencer par la carte blanche proposée à Julie-Marie Parmentier (vendredi 15 novembre à 21h), marraine et membre du jury de cette 34e édition, qui a fait de grands écarts de programmation, entre un court muet de Chaplin (Charlot boxeur) et un autre, absolument rarissime, de Takeshi Kitano, One fine day. Surtout, elle y a adjoint un court long métrage (64 minutes) de son amie Isild Le Besco, Demi-tarif. À l’époque, ce film hors norme et hors format avait trouvé un défenseur de choix en la personne du regretté Chris Marker, qui avait vu dans cette dérive de trois enfants livrés à eux-mêmes un souffle nouveau pour le cinéma français — confirmé par Le Besco ensuite dans ses deux a

Continuer à lire

Gravité sur la rentrée ciné

ECRANS | Après un été en demi-teinte, les quatre prochains mois devraient confirmer le cru exceptionnel de cette année 2013. Avec les locomotives cannoises et une pléiade d’auteurs dont on trépigne de découvrir les nouveaux opus, la rentrée est en effet salement musclée. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 août 2013

Gravité sur la rentrée ciné

Après le marteau-piqueur estival qui faisait résonner semaine après semaine le même air connu fait de blockbusters, d’animation pour gamins décérébrés, de films d’auteur qu’on ne savait pas où mettre ailleurs et de comédies françaises dont tout le monde se fout, le cinéma reprend ses droits comme à chaque rentrée, avec des œuvres plus audacieuses et moins routinières. C’est évidemment le cas des deux gagnants du dernier Cannes, en l’occurrence La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (9 octobre) et Inside Llewin Davis des frères Coen (6 novembre). Rien de commun toutefois entre le roman naturaliste sur les amours adolescentes déployé magistralement, trois heures durant, par Kechiche, et le vagabondage d’un folkeux dépressif et poissard dans l’Amérique des années 60 raconté en mode faussement mineur et vraiment métaphysique par les Coen. Rien, sinon une envie de pousser les murs du cinéma, en faisant imploser les limites de la durée d’un côté, et celles des structures scénaristiques de l’autre. En cela, ce sont les deux grands films insoumis de cette rentrée.

Continuer à lire

Maisons pleines

ARTS | Il n’y a pas que des Gratte-ciels à Villeurbanne. Le célèbre quartier, devenu logo de la ville, cache un habitat fait aussi de maisons. Ouvrières ou bourgeoises, ces demeures racontent la vie des habitants (ou inversement) dans une épatante exposition au Rize. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 7 mars 2013

Maisons pleines

Habiter une maison neuve ? Un rêve pour 74 % des français selon une enquête Ipsos affichée au Rize. Être propriétaire d’une maison ? Un souhait pour 89 % de nos concitoyens. Si le précédent Président de la République a tout fait pour exaucer ce désir de possession en le considérant comme une évidence, le Rize montre une autre toute autre réalité de la propriété. Car derrière ces chiffres, l’exposition Des maisons à Villeurbanne se bâtit, comme souvent dans ce lieu dédié aux «mémoires, cultures, échanges», sur la parole des habitants. Patrons versus élus Suivant une trame plus ou moins chronologique et au gré de neuf petites reproductions colorées, l'expo montre clairement que ce mode de logement (qui concerne aujourd’hui seulement 7% des Villeurbannais) a un sens profond. Car tout dans cette ville est corollaire à l’industrialisation. Ainsi, les patrons se sont emparés très tôt (dans les années 1880) du logement individuel pour mieux encadrer voire contrôler leurs ouvriers via un habitat imitant la hiérarchie de l’entreprise - logement c

Continuer à lire

Le court, mort ou vif

ECRANS | Pour sa 33e édition, l’excellent Festival du film court de Villeurbanne va faire, contre vents et marées, le panorama d’un genre en perpétuelle mutation et en pleine expansion. Avec déjà un gros coup de cœur dans sa compétition :«American Football»… Texte : Christophe Chabert

Christophe Chabert | Dimanche 11 novembre 2012

Le court, mort ou vif

L’an dernier, c’était le big bang du passage au numérique qui avait bousculé le festival du film court de Villeurbanne. Il avait donc assisté à un déluge de films pour sa présélection, sans pour autant voir la qualité moyenne augmenter — au contraire, foi de Laurent Hugues, vaillant directeur et membre du comité de sélection. On pouvait penser que cette révolution (solaire) passée, le festival allait retrouver son rythme de croisière et profiter de l’aubaine nouvelle née d’une technologie qui a quand même beaucoup d’avantages (à commencer par une plus simple "circulation" des copies, et une facilité pour sous-titrer les œuvres non francophones). Patatras ! Voilà qu’à l’âge du Christ au tombeau, la manifestation, comme beaucoup d’autres festivals de cinéma rhodaniens, se retrouve amputée de sa subvention allouée par le Conseil Général. La vie n’est décidément pas un long fleuve tranquille pour Villeurbanne, mais plutôt que de jouer les veuves siciliennes, le festival a décidé d’aller de l’avant en fusionnant une fois pour toutes ses deux compétitions, francophones et européennes, donnant naissance à six programmes mélangeant les films indifféremment de leur provenance géo

Continuer à lire

«Un piédestal pour les acteurs»

ECRANS | Rencontre avec Morgan Simon, auteur et réalisateur d’"American football", un premier court d’une grande maîtrise et d’une belle intelligence qui renouvelle habilement le genre classique du "boy meets girl" à la française. Tourné à Lyon, le film a l’honneur de faire l’ouverture et d’être en compétition au festival. Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 9 novembre 2012

«Un piédestal pour les acteurs»

American football est votre premier court…Morgan Simon : Pas tout à fait. C’est le premier avec un vrai budget. J’ai fait la FEMIS à Paris, en section scénario, j’ai tourné des films avec l’école et à côté, dans toutes sortes de formats. Disons que c’est le premier court professionnel. Le film est un boy meets girl classique mais inscrit dans un milieu inédit, celui du hardcore, avec des personnages très originaux… Qu’est-ce qui est venu en premier ?J’écoutais beaucoup ce genre de musique, bien avant de m’intéresser au cinéma, et j’ai eu envie d’en parler, de la fascination pour ce milieu, pour les tatouages. Le film était censé mélanger un côté très cinéma français et un côté plus film indépendant américain, de part ce milieu décalé. Le scénario n’était pas centré sur l’histoire d’amour au début, mais le personnage de la fille est devenu de plus en plus important ; j’ai fait le choix d’aller dans cette direction. Je trouvais intéressant de parler de ce milieu par le biais de la comédie sentimentale, plutôt que de faire un film frontal sur le sujet. On pense

Continuer à lire

Invites à l'envie

CONNAITRE | Spectacle de rue, de théâtre, de danse, de mimes et de marionnettes, musique, bienvenue au festival «pas pareil» qui, dans les rues de Villeurbanne et pour la modique somme de rien, opère chaque année, un retour à ces festivités d'antan où l'on montrait des ours à la foule pendant qu'un acrobate cracheur de feu tentait de prendre le dessus sur un joueur de flûte. On exagère à peine. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Jeudi 14 juin 2012

Invites à l'envie

Commençons par la (super)star : Didier Super et sa désormais célèbre – bien que non encore joué à Broadway, sans doute pour d'obscures histoires de contrats – comédie musicale, sobrement intitulée Didier Super La Comédie Musicale! (Et si Didier Super était la réincarnation du Christ ?). Où il est question de milliardaire dépressif, de témoins de Jéhovah, d'un président de la République déprimé et de cascades en BMX. Quelque chose nous dit que la proximité géographique entre le Nordiste et la compagnie belge Les Royales Marionnettes n'est pas pour rien dans la foutraquerie annoncée du spectacle Et ta sœur ? : où un, entre autres, vice-champion de lancer de crotte de nez affronte sa sœur spécialiste du perçage de tympans. Guère moins fantaisiste, L'Éléphant vert, avec son «théâtre d'intervention déambulatoire» mettant en scène, dans Le Meilleur Ami de l'homme, des Homme-chiens. Corps Migrateurs Il y a aussi des noms étranges, comme La Clique sur la Mer et son Orphéon sur la Ville, un sextet, qui nous promet des valses felliniennes. Des noms plus

Continuer à lire

Pas de Stanley Brouwn

ARTS | L’exposition consacrée à Stanley Brouwn prévue du 6 juin au 19 août à l’Institut d'art contemporain est annulée sur décision de l’artiste. L’équipe de l’IAC est déjà (...)

Dorotée Aznar | Mardi 5 juin 2012

Pas de Stanley Brouwn

L’exposition consacrée à Stanley Brouwn prévue du 6 juin au 19 août à l’Institut d'art contemporain est annulée sur décision de l’artiste. L’équipe de l’IAC est déjà en train de mettre en place une exposition de remplacement qui pourrait ne pas être étrangère au travail de Stanley Brouwn. L’Institut d'art contemporain communiquera très prochainement sur sa prochaine actualité (www.i-ac.eu).

Continuer à lire

À brut pourpoint

SCENES | Même menacé d’expulsion – après résiliation du bail par les propriétaires des locaux le 31 décembre 2011, l’association Théâtre et Compagnie de l’Iris occupe les (...)

Nadja Pobel | Jeudi 24 mai 2012

À brut pourpoint

Même menacé d’expulsion – après résiliation du bail par les propriétaires des locaux le 31 décembre 2011, l’association Théâtre et Compagnie de l’Iris occupe les murs «à titre précaire» -, le Théâtre de l’Iris poursuit inlassablement son travail de défrichage du théâtre contemporain. Pour la douzième année consécutive, le festival Brut de fabrique (jusqu’au samedi 2 juin) permet de découvrir le travail d’amateurs (issus d’ateliers de centres sociaux ou en collèges), d’apprentis (élèves de l’école nationale de musique, danse et art dramatique de Villeurbanne) ou de professionnels (comme Sylvain Bolle-Rédat). Chaque soir, c’est une double ration qui est au menu, à 19 heures puis à 21 heures, avec des textes contemporains (Alessandro Baricco pour Transatlantique Atlas) ou classiques (Feydeau avec Couples d’enfer) pour la modique somme 8€, un tarif inchangé depuis des lustres ! Outre le théâtre, le festival s’ouvre également à la musique avec des déclinaisons poético-musicale comme Le Désir de l’humain, concert-spectacle d’après les c

Continuer à lire

Podcast / Entretien avec Christophe Berdaguer (Berdaguer & Péjus)

ARTS | Le duo français Berdaguer & Péjus investit l’IAC de Villeurbanne jusqu’au 13 Mai 2012 avec ‘Insula’.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 avril 2012

Podcast / Entretien avec Christophe Berdaguer (Berdaguer & Péjus)

Date de première diffusion:  3 Avril 2012Emission n°104 Durée: 30’58 minInvité: Christophe Berdaguer, artisteContenu: Le duo français Berdaguer & Péjus investit l’IAC de Villeurbanne jusqu’au 13 Mai 2012 avec ‘Insula’. L’exposition se nourrit de références à l’architecture, aux utopies du XVIIème siècle et aux neuroleptiques. Christophe Berdaguer décrypte pour nous ses influences. Chroniques: Mamy Faire se perd sur la banquise de l’exposition de Berdaguer et Péjus à l’IAC; Quentin Maussang poursuit ses bonnes pages de l’histoire de l’art avec ‘Sfumato’. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine  Liens utiles :  Le site des artistes Berdaguer & Péjus et la section qui leur est consacrée dans Documents d’artistes

Continuer à lire