Les 10 expos de la rentrée

ARTS | De l'humanisme aux performances de Yoko Ono, la saison expos traverse les temps et les genres. l'art se frotte à la technique et aux sciences, explore la figure humaine et, toujours, résiste à la bêtise et aux contrôles du pouvoir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Keichi Tahara / Biennale Hors Norme

Au début des années 1970, le photographe japonais Keichi Tahara (né en 1951 à Kyoto) s'installe à Paris dans un petit appartement sous les toits. Un peu isolé par sa méconnaissance du français, il y passe beaucoup de temps, photographiant alors le passage des nuages, les nuances de luminosité, les filets de buée, à travers une petite fenêtre. Il en ressortira l'une des séries les plus émouvantes du photographe, intitulée simplement Fenêtre. En Résonance avec la Biennale d'art contemporain, on peut la découvrir en partie à la galerie Vrais Rêves, qui en profite pour présenter beaucoup d'autres images de Tahara, dont quelques inédits récents.

Jusqu'au 3 novembre à la galerie Vrais Rêves


Le terme d'art brut a été inventé en 1945 par Jean Dubuffet pour désigner les créations d'individus exempts de toute formation ou culture artistique (souvent des personnes internées en hôpital psychiatrique, mais pas seulement)... Sa collection est conservée au Musée de l'art brut à Lausanne. Depuis, l'art brut ou art singulier a fait l'objet de multiples expositions et est revevenu en force à la mode, au point de flamber sur le marché de l'art et dans les galeries. La 6e Biennale Hors Normes résentera dans plusieurs lieux du Grand Lyon une multitude d'artistes internationaux appartenant à cette mouvance.

Du 3 au 18 octobre à l'Espace Baudelaire, au Centre Chorégraphique National, au Comoedia...

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Yoko Ono dans l'histoire de l'art

ARTS | Terme créé par Georges Macunias dans les années 1960, Fluxus est davantage une mouvance à géométrie variable qu'un groupe artistique constitué. Au milieu de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Yoko Ono dans l'histoire de l'art

Terme créé par Georges Macunias dans les années 1960, Fluxus est davantage une mouvance à géométrie variable qu'un groupe artistique constitué. Au milieu de noms comme ceux de Georges Brecht, Robert Filliou, Nam June Paik, Ben Vautier et beaucoup d'autres, celui de Yoko Ono y apparaît en bonne place, même si elle a toujours voulu s'en détacher. Avec ses events, ses performances, ses instructions, Yoko Ono a largement contribué à l'élaboration de l'esprit Fluxus pour qui, selon la belle formule de Robert Filliou, « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art ». Thierry Raspail, directeur du MAC, rappelle dans l'épais catalogue de l'exposition : « En un peu moins de sept ans, de 1955 à 1962, entre New York et Tokyo, Yoko Ono donne aux arts visuels une amplitude jusque-là inconnue. En faisant l'exercice de leur plasticité jusqu'à l'invisible, jusqu'au cri, au corps, en revendiquant le présent, l'inachevé et en invitant quiconque à s'associer, faire et interpréter ses partitions, c'est une nouvelle histoire de l'art qu'elle écrit. » En forçant un peu le trait, comme Thierry Raspail, on peut voir aussi dans

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Ono, en musique

MUSIQUES | À ceux qui ont toujours pensé que Yoko Ono était une sorcière – fans des Beatles en tête – Yoko Ono a toujours bien pris soin de répondre par l'affirmative en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mars 2016

Ono, en musique

À ceux qui ont toujours pensé que Yoko Ono était une sorcière – fans des Beatles en tête – Yoko Ono a toujours bien pris soin de répondre par l'affirmative en une série de bras d'honneur. À ceux pensant qu'en plus Yoko Ono est loin d'être une grande chanteuse, que son talent principal a toujours été de très bien s'entourer par la grâce d'une aura indéniable (Marianne Faithfull-style), l'artiste multicartes a toujours pris soin de répondre à peu près de la même façon. Ce Yes I'm a Witch Too, sequel comme on dit en anglais, de Yes I'm a Witch (2007), reboote avec la collaboration de prestigieux sidekicks branchés (Danny Tenaglia, Portugal The Man, Sparks, Miike Snow, Ebony Man, le fiston Sean), le catalogue onoien au diapason de l'ambiance rétrospective de son exposition auto-patrimoniale au MAC. Le résultat est inégal, parfois plaisant, parfois à se glisser des aiguilles sous les ongles (si vous êtes allergique à la voix de Yoko ET aux remixes ad nauseam, mettez un casque). Mais si la chose a un aspect anthologique, elle est tout aussi ontologique, manifestant une fois de plus l'incroyable intelligence, confinant effectivement à la s

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Mange ta soupe !

MIAM | Simple comme bonjour et déclinable à l’infini, préparée dans tous les coins du monde et ce depuis la nuit des temps, la soupe s'affiche tendance.

Lisa Dumoulin | Mercredi 2 mars 2016

Mange ta soupe !

Malgré les réticences — on en connaît plus d’un chez qui les « mange ta soupe ! » ont laissé des cicatrices — la soupe n’est pas prête de finir enterrée dans nos souvenirs d’enfance. Avec les tendances actuelles du goût, le retour du fait-maison, la mouvance do it yourself et le retour aux recettes du terroir, sans oublier le végétarisme qui gagne du terrain à mesure que le fonctionnement de l’industrie agro-alimentaire est révélé, force est de constater que la soupe cumule les bons points : facile à faire soi-même, saine et pleine de bons légumes. Croûton sur le potage, c’est aussi un plat économique ; ce qui, crise oblige, n’est pas négligeable. C’est dans cet esprit que navigue l’association Disco Soupe. Inspiré de son homonyme berlinois Schnippel Disko, “le projet est né de l’habitude des étudiants allemands de faire de la récup’ à la fin des marchés pour ensuite faire la popote à plusieurs et dans la bonne humeur” explique Hayate, bénévole de l’association. “Notre but premier est de sensibiliser au gaspillage alimentaire. Mais sans faire cul

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Rentrée expo 2016 : de l'invisible au visible

ARTS | Après une bonne Biennale, la saison se poursuit au gré d'un courant fluide qui nous conduira de projets singuliers en expositions monographiques consacrées à Yoko Ono, Paul-Armand-Gette, Anne & Patrick Poirier ou encore à... nous-mêmes !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée expo 2016 : de l'invisible au visible

Dans son livre L'Art à l'état gazeux, le philosophe Yves Michaud soulignait la dématérialisation et l'aspect diffus des œuvres d'art contemporain. Si l'on retrouvera bien à l'IAC les brouillards colorés d'Ann Veronica Janssens (dans le cadre de l’exposition Collections privées du 11 mars au 8 mai), la saison sera plutôt marquée par l'état fluide ou liquide de la création artistique. Collectif de quarante-trois photographes, France Territoire Liquide propose ainsi des perspectives inédites sur le territoire français, brouillant les frontières entre art, documentaire et fiction. Une vingtaine d'entre eux exposeront à Lyon à partir du 12 mai dans différents lieux (Archipel, Regard Sud, Réverbère...). Pour atteindre ledit territoire, d'autres individus ont eux traversé mers et frontières, rêvant d'un "autre monde". Du 4 février au 29 mai, le CHRD consacrera une vaste exposition collective aux migrants et à leurs représentations dans l'art contemporain. On y (re)découvrira des œuvres de Kim Sooja, Barthélémy Toguo, Bruno Serralongue (exposé aussi au Bleu du Ciel cette année), Karim Kal... Féru de

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La photographe féministe Shadi Ghadirian à l'honneur de la BM de la Part-Dieu

ARTS | La Bibliothèque de la Part-Dieu présente la première rétrospective française consacrée à la photographe iranienne Shadi Ghadirian. Des images sur la condition féminine et le monde d'aujourd'hui qui interpellent avec cocasserie et efficacité notre regard. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 octobre 2015

La photographe féministe Shadi Ghadirian à l'honneur de la BM de la Part-Dieu

Œuvres frontales, esthétiques et souvent minimalistes, on croirait les photographies de Shadi Ghadirian inspirées par une certaine histoire de la peinture. Or, ce sont les premières photographies de studio du XIXe siècle et plus globalement la photographie historique qui fascinent l'artiste iranienne (née à Téhéran en 1974) et inspirent ses mises en scène, particulièrement efficaces. Sa toute première série, Qajar, reprend même les tons sépias, les décors et les vêtements des portraits de studio de la dynastie éponyme, qui a régné en Iran de 1785 à 1925. Shadi Ghadirian y ajoute des objets contemporains anachroniques : une canette de soda, un téléphone, un VTT, un aspirateur... «Dans mon imaginaire, cette géographie temporelle est sens dessus dessous. Pour moi, une femme, une femme iranienne, une femme comme moi, est à la croisée de toutes ces frontières inconnues qui séparent la tradition de la modernité» écrit l'artiste. En quelques mots, elle résume aussi ce qui fera l'une des dimensions essentielles de ses séries suivantes : cette capacité à nouer ensemble l'autobiographie, le statut des hommes et des femmes en Iran, celui des

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Le label PAN en sons et images

MUSIQUES | Bâtissant depuis sept ans de vertigineuses passerelles entre la musique de club et l'expérimentation, le label allemand PAN crée l'actualité à double titre : avec un focus sur sa non moins remarquable identité visuelle à la MLIS et un mix au Sonic de son fondateur, Bill Kouligas.

Benjamin Mialot | Mardi 6 octobre 2015

Le label PAN en sons et images

En sa qualité de mastermind visuel de Factory Records, le label anglais d'où déferla la new wave au tournant des années 80, Peter Saville fut celui qui éleva le design discographique au rang d'art – le négatif de la radiographie d'un pulsar du Unknown Pleasures de Joy Division, le chérubin psychédélique du Technique de New Order, le treillage orange and teal avant l'heure de l'album éponyme de Orchestral Manoeuvres in the Dark, tout ça, c'est lui. Il fut aussi celui qui se piqua d'en déclarer la chute en désuétude dans les colonnes du Guardian : «Record sleeves are a dead art.» C'était en 2013, mais ce qu'ignorait Saville, c'est que depuis cinq ans, un jeune graphiste grec perpétuait son approche, mélange d'interprétation personnelle, de fouille documentaire et de recherche linéaire : Bill Kouligas qui, depuis Berlin, explore à la tête du label PAN les confins historiques et sensoriels des musiques électroniques et expérimentales et couche ses découvertes sur des pochettes – pour les plus fameuses à mi-chemin du spirographe avant-gardiste

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La rentrée musique côté électro

MUSIQUES | Pour faire un point complet sur l'actu des dancefloors, il nous aurait fallu bloquer un bon tiers de ce dossier de rentrée. À vous, donc, de le compléter via vos canaux habituels. De toute façon, c'est bien simple : il y aura cette saison encore plein de trucs bien, partout, tout le temps.

Benjamin Mialot | Mardi 22 septembre 2015

La rentrée musique côté électro

On prend quasiment les mêmes et on recommence. Avec la dissolution de Haste, une place s'est libérée au Transbordeur. Good news, ce sont les sapeurs techno de CLFT qui la récupèrent. Une fois par trimestre, ils présenteront deux artistes de leur très pointu et très offensif roster ; démarrage le 9 octobre avec les Britanniques Lee Holman et Biny, passage à la vitesse supérieure le 11 décembre avec deux autres British, Fundamental Interaction et l'ami de longue date Ben Gibson. Leurs âmes sœurs de Papa Maman, non contentes de renforcer leur présence à La Plateforme (voir page 19), continuent pour leur part d'essaimer dans la ville – après un premier essai au Petit Salon, leurs prochaines "MTR", le 2 octobre au Sucre et le 9 au Kao, permettront de constater que le genre est parfois plus spartiate et viscéral ailleurs qu'à Berlin et Londres avec l'Ukrainien Stanislav Tolkachev, le Finlandais Samuli Kemppi et l'Espagnol Oscar Mulero. Quant à leurs colocataires de l'Atelier Sumo (le QG

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BAC à fables

ARTS | Réunissant une soixantaine d’artistes, la 12e Biennale d’art contemporain, "Entre-temps… Brusquement et ensuite", tentera de nous raconter des histoires autrement, à travers une multitude de formes nouvelles de «récits visuels». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 mai 2013

BAC à fables

Qu'est-ce, en quelques mots, qu'une psychothérapie ? C’est réécrire une histoire qui vous colle à la psyché et aux émotions, c’est remettre un peu de jeu dans des significations figées, c’est rouvrir par les mots nos rapports aux choses (à "la chose" aussi), aux autres, à soi-même. L’espèce humaine, au-delà de sa biologie, est tissée d’histoires (grandes et petites), de dits et de non-dits ; le «parlêtre» comme le désignait Lacan est parlé et regardé avant de pouvoir parler et voir. Ce n’est donc pas une mince affaire que se coltinent écrivains et artistes que de réinventer des formes (langagières ou plastiques) de narration. Cela touche immédiatement au fond, à la texture, à l’existence d’un bonhomme ou d’une "bonne femme". Ca vous rend un peu plus libre ou différent, ça ouvre quantité d’idées et parfois fiche un peu le vertige. L’art, en bidouillant des formes de récit, vous donne à trembler dans l’être, individuel ou collectif (politique), jamais bien éloignés l’un de l’autre. De Poussin à Koons L’histoire de l’art occidental est largement dédiée

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