Marc Dailly, de la hache au pinceau

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 janvier 2016

Photo : Marc Dailly


Wendy, Jack et leur fils Danny vont passer l'hiver à garder l'hôtel Overlook dans le Montana. Là, des fantômes, des réminiscences et la folie emporteront le trio jusqu'à la schize, à coups de hache du crâne de Jack à une porte de salle de bain...
Vous aurez reconnu la trame du Shining de Stanley Kubrick, son premier grand film sur la famille. Un film qui a beaucoup marqué le peintre Marc Dailly qui, troquant la hache pour un plus pacifique pinceau, s'attache beaucoup à métamorphoser les scènes d'intérieur familial en tableaux inquiétants, parfois quasi surréalistes.

Né à Genève en 1978, formé aux arts graphiques à l'Ecole Emile Cohl de Lyon, Marc Dailly quitte très vite les rivages sérieux de l'art pour laisser libre cours à l'huile et à son imagination : « J'ai peur de trop contrôler ma peinture, je préfère laisser libre cours à mon inconscient qui saura vraisemblablement bien mieux que moi raconter des histoires » écrit-il sur son site Internet. Sur ses toiles, les espaces prennent des courbures étranges, des nymphes dénudées traversent les cloisons, les proportions entre les figures s'affolent, l'obscurité épaisse évoque des angoisses abyssales...
Admirateur des Préraphaélites, de Velázquez ou de la Figuration picturale contemporaine, l'artiste peint avec talent des énigmes défiant la réalité et l'absence, ou la difficulté des relations humaines. Il présente à Lyon une vingtaine de toiles récentes. JED

Marc Dailly
À la galerie Le Soleil sur la Place jusqu'au 2 février


Marc Dailly

Peintures
Galerie Le Soleil sur la Place 4 rue Antoine de Saint-Exupéry Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Montluc, prison ouverte

Histoire | Dix ans que la prison Montluc est devenue un mémorial. Pour l’occasion, ce lieu témoin des horreurs du nazisme s’habille de l’imagination et du talent de jeunes artistes de l’école voisine Émile Cohl. Dialogue régénérant.

Nadja Pobel | Jeudi 24 septembre 2020

Montluc, prison ouverte

[Mise à jour : en raison de la crise sanitaire, le Mémorial de la prison de Montluc est fermé jusqu'à nouvel ordre. L'évolution de la situation est à suivre sur leur site.] Les lieux de mémoire ont un sens topographique qu’il ne faut pas négliger, comme Pierre Nora l'a démontré au fil des trois tomes qu’il a pilotés et qui portent précisément ce titre de Lieux de mémoire. Un lieu, on peut y retourner. Il le faut même, pour encore et toujours s’imprégner de ce que d’autres avant nous y ont vécu, pour savoir d’où nous venons et d’où nous parlons. Probablement que nous sommes un peu de cette prison Montluc, ouverte en 1921, qui fut notamment au service de Vichy de juin 1940 à janvier 1943. Les gosses d’Izieu y ont été parqués avant d’être envoyés à Drancy puis Auschwitz. Puis ce fut une prison militaire allemande dans laquelle transitèrent près de 10 000 personnes, dont 60% furent déportés et près de 10% fusillés ou exécutés. L’histoire franco-algérienne est aussi incrustée dans ces murs. La maison d’arrêt a fermé en 2009. Raconter en images

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"The Shining" de Kubrick au Pathé

Horreur | Nouveauté de cette saison, Les Vendredis de l’horreur programmés par les circuits Pathé créent un rendez-vous pour frissonner en fin de semaine (en même temps, (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Nouveauté de cette saison, Les Vendredis de l’horreur programmés par les circuits Pathé créent un rendez-vous pour frissonner en fin de semaine (en même temps, le titre est explicite). Pour commencer en beauté, après L'Exorciste en août — et aussi rendre hommage à son compositeur défunt Krzysztof Penderecki disparu en mars dernier ? —, c’est The Shining (1979) de Stanley Kubrick qui a été choisi. Comble du raffinement, cette adaptation contestée par Stephen King est diffusée dans ses deux versions en V.O. à le vendredi 18 septembre à 21h au Pathé Bellecour et en V.F. à Pathé Vaise le même jour à 20h45. Lorsque l’on sait que celle-ci a été supervisée par Michel Deville avec les voix, notamment, de Jean-Louis Trintignant, Med Hondo et Jacques François, on n’hésite pas.

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Fresque animée

CONNAITRE | Il est le seul non Lyonnais de l’histoire. Le Chartrain Laurent Lhuillery, maire adjoint du chef-lieu d’Eure-et-Loir et responsable de la (...)

Nadja Pobel | Jeudi 28 novembre 2013

Fresque animée

Il est le seul non Lyonnais de l’histoire. Le Chartrain Laurent Lhuillery, maire adjoint du chef-lieu d’Eure-et-Loir et responsable de la manifestation Chartres en lumières, s’est pourtant entouré d’une équipe 100% gones pour lancer Dessine-moi... des lumières avec les élèves de la très réputée école d’arts visuels Emile Cohl et les jeunes artistes numériques de Theoriz Crew, qui avaient déjà permis aux spectateurs de jouer à Pac Man sur la façade d'un immeuble de la place Sainte-Anne en 2011 ou d’interagir avec celle de l'Alliance française sur la place Bahadourian l’an dernier. Ce projet original d'éclairage du mur des Lyonnais, oeuvre logiquement invisible dès la nuit tombée (à l’exception du mur des Canuts, illuminé de manière pérenne par la Direction de l’éclairage public depuis sa restauration en mai dernier), verra les éminentes personnalités représentées (le créateur de Guignol Laurent Mourguet, Antoine de Saint-Exupéry, les Frères Lumière, Tony Garnier, Louise Labbé...) tour à tour prendre vie tandis que les autres seront plongés dans l’obscurité. Non content de constituer une première pour la Fête des Lumières, ce projet sera aussi un hommage

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Room 237

ECRANS | De Rodney Ascher (ÉU, 1h42) documentaire

Christophe Chabert | Samedi 15 juin 2013

Room 237

Peu de cinéastes ont suscité autant d’exégèses que Stanley Kubrick, et Shining est — avec 2001 — son plus grand remue-méninges. Ce documentaire part ainsi à la rencontre d’une poignée de mordus ayant disséqué le film jusqu’à son moindre photogramme, traquant faux raccords et indices pour en donner des interprétations parfois attendues — le génocide indien — parfois audacieuses — la Shoah — parfois parfaitement farfelues — le type qui y voit des images subliminales partout. Amusant au début, lassant à la longue, notamment à cause du choix d’Ascher d’illustrer ces théories par des images tirées non seulement de Shining et d’autres films de Kubrick, mais aussi d’une pléiade de classiques détournés façon La Classe américaine, Room 237 pose surtout question au cinéphile averti. Les intervenants s’appuient à de nombreuses reprises sur des scènes de la version améric

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Shining éclairé

ECRANS | En ouverture de la rétrospective Kubrick à l’Institut Lumière, un événement inratable : la version longue de "Shining", inédite en France sur grand écran, avec une demi-heure supplémentaire où l’on trouve de nouvelles clés pour appréhender ce monument. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 1 avril 2011

Shining éclairé

Ce fut longtemps un secret que même les cinéphiles ignoraient : il y avait deux versions de "Shining". Celle que l’on a vue en Europe, d’une durée de 115 minutes ; et celle qui a toujours été exploitée aux États-Unis, plus longue de trente minutes. Plusieurs explications ont été données quant à cette différence : Kubrick, déçu par les premiers résultats du film, aurait choisi d’en couper une demi-heure pour le reste du monde, espérant sauver sa carrière commerciale. Plus noble, il aurait affirmé que les Européens n’avaient pas besoin qu’on leur tienne la main et aurait supprimé tout ce qui explicitait trop ouvertement le passé des personnages. Cinéma vs télévision La comparaison entre les deux versions ne permet pas de trancher le débat, tant les coupes peuvent se justifier tantôt par un souci d’efficacité, tantôt par une volonté d’opacifier le récit. Ainsi de la séquence où un médecin interroge Wendy (Shelley Duvall) pour comprendre les raisons du malaise de son fils Danny. On n’y apprend rien qu’on ne devinait déjà dans la version courte,

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Chambres avec télévision

ECRANS | Projection unique à l'Institut Lumière ce samedi du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, Shining, où le cinéaste transforme le roman de Stephen King en grand zapping halluciné. CC

Christophe Chabert | Mercredi 1 octobre 2008

Chambres avec télévision

Quand Kubrick décide d’adapter The Shining, Stephen King est une valeur en hausse chez les cinéastes américains. Depuis que De Palma a brillamment transposé son premier roman (Carrie), on fait la queue pour se livrer à l’exercice du film d’horreur tiré d’un best seller du maître. Hooper, Romero, Cronenberg, Carpenter s’y colleront pour des films qui ne sont pas forcément leurs meilleurs. C’est aussi ce qu’on a dit de Shining dans la carrière de Stanley Kubrick, en partie à cause du mépris dans lequel on a longtemps tenu le cinéma d’horreur ou, moins grossier, pour son côté exercice de style. Les saillies de King envers le film, affirmant qu’il s’agissait de la pire adaptation jamais faite d’un de ses bouquins, n’a pas arrangé les choses. Au fil du temps, les images créées par Kubrick dans Shining sont devenues mythiques (l’ascenseur déversant des flots de sang, l’enfant roulant dans les couloirs sur son vélo à roulettes, Nicholson grimaçant dans le labyrinthe végétal enneigé…) contribuant à sa réputation de «film le plus terrifiant de l’histoire du cinéma». Horreur à la chaîneDe fait, le film est une splendeur visuelle, d’une maîtrise qui arrive encore à étonner même de

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