Yoko Ono dans l'histoire de l'art

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Photo : © DR


Terme créé par Georges Macunias dans les années 1960, Fluxus est davantage une mouvance à géométrie variable qu'un groupe artistique constitué. Au milieu de noms comme ceux de Georges Brecht, Robert Filliou, Nam June Paik, Ben Vautier et beaucoup d'autres, celui de Yoko Ono y apparaît en bonne place, même si elle a toujours voulu s'en détacher.

Avec ses events, ses performances, ses instructions, Yoko Ono a largement contribué à l'élaboration de l'esprit Fluxus pour qui, selon la belle formule de Robert Filliou, « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art ». Thierry Raspail, directeur du MAC, rappelle dans l'épais catalogue de l'exposition : « En un peu moins de sept ans, de 1955 à 1962, entre New York et Tokyo, Yoko Ono donne aux arts visuels une amplitude jusque-là inconnue. En faisant l'exercice de leur plasticité jusqu'à l'invisible, jusqu'au cri, au corps, en revendiquant le présent, l'inachevé et en invitant quiconque à s'associer, faire et interpréter ses partitions, c'est une nouvelle histoire de l'art qu'elle écrit. »

En forçant un peu le trait, comme Thierry Raspail, on peut voir aussi dans l'œuvre de Yoko Ono des éléments précurseurs de l'art conceptuel des années 1960 (avec un versant beaucoup plus poétique que ses hérauts Joseph Kosuth ou Lawrence Weiner), ou même de l'art relationnel des années 1990 où l'artiste tente de réinventer les relations humaines et leurs stratifications. JED


Yoko Ono, Lumière de l'aube

Première rétrospective en France des plus de 60 ans de création de l'artiste : installations, performances, instructions, films, musique, écriture...
Musée d'Art Contemporain Cité Internationale, 81 quai Charles de Gaulle Lyon 6e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Fluxus, l’adresse qui met l’âme en place

Concept Store | La boutique XXS du 6e arrondissement s’est métamorphosée en lieu de vie XXL en Presqu’île. Joie.

Julie Hainaut | Mardi 26 novembre 2019

Fluxus, l’adresse qui met l’âme en place

« Fluxus, lieu non pareil » dit l’enseigne. On n’aurait pas dit mieux. Ce resto-café-galerie-boutique-atelier imaginé par Anne-Laure et Vincent Bourgeois a ce petit supplément d’âme qui séduit d’entrée. Des plafonds hauts, des murs en pierre, une verrière derrière laquelle se niche l’atelier-boutique, des tableaux qui varient au gré des expos, des tables en bois où boulotter le paradis, un accueil simple et efficace, une atmosphère inspirante… Fluxus stimule (et porte donc bien son nom : en latin, fluxus désigne le flux, le mouvement) et cumule les bons points. En cuisine, Vincent (ex-Bistro B et formé à l’Institut Paul Bocuse) et Alexandre (passé notamment par Fourvière Hôtel et Ravigote) envoient des assiettes parfaites et sans chichi. Leur credo ? « Une cuisine instinctive et spontanée, de saison et réalisée à partir de produits frais, bio et locaux, privilégiant au

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Ono, en musique

MUSIQUES | À ceux qui ont toujours pensé que Yoko Ono était une sorcière – fans des Beatles en tête – Yoko Ono a toujours bien pris soin de répondre par l'affirmative en (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mars 2016

Ono, en musique

À ceux qui ont toujours pensé que Yoko Ono était une sorcière – fans des Beatles en tête – Yoko Ono a toujours bien pris soin de répondre par l'affirmative en une série de bras d'honneur. À ceux pensant qu'en plus Yoko Ono est loin d'être une grande chanteuse, que son talent principal a toujours été de très bien s'entourer par la grâce d'une aura indéniable (Marianne Faithfull-style), l'artiste multicartes a toujours pris soin de répondre à peu près de la même façon. Ce Yes I'm a Witch Too, sequel comme on dit en anglais, de Yes I'm a Witch (2007), reboote avec la collaboration de prestigieux sidekicks branchés (Danny Tenaglia, Portugal The Man, Sparks, Miike Snow, Ebony Man, le fiston Sean), le catalogue onoien au diapason de l'ambiance rétrospective de son exposition auto-patrimoniale au MAC. Le résultat est inégal, parfois plaisant, parfois à se glisser des aiguilles sous les ongles (si vous êtes allergique à la voix de Yoko ET aux remixes ad nauseam, mettez un casque). Mais si la chose a un aspect anthologique, elle est tout aussi ontologique, manifestant une fois de plus l'incroyable intelligence, confinant effectivement à la s

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Au Musée d'Art Contemporain : Ecce Ono

ARTS | "Lumière de l'aube", grande rétrospective consacrée à l’œuvre de Yoko Ono, consiste en une multitude d'incitations à imaginer, créer et résister au cynisme actuel. Et pourrait se résumer à cette phrase de René Char : « Développez votre étrangeté légitime. »

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 mars 2016

Au Musée d'Art Contemporain : Ecce Ono

Yoko Ono adhère sans doute à la théorie de l'effet papillon. Un battement d'ailes de la pensée, un petit geste intempestif et libre pourraient provoquer ailleurs, plus tard, des tsunamis, voire une révolution des consciences et des rapports humains. En 1966, l'année de sa rencontre avec John Lennon, elle écrivait : « Si les gens prenaient l'habitude d'esquisser une culbute toutes les deux rues en se rendant à leur bureau, d'ôter leur pantalon avant de se battre... Si les hommes politiques avant de discuter de quoi que ce soit passaient une journée à regarder l'eau d'une fontaine danser dans le parc le plus proche, les affaires du monde ralentiraient sans doute un peu mais peut-être pourrions-nous avoir la paix. » Depuis le début des années 1950, l'artiste du "Yes" et du "Imagine" (ses mots fétiches) voue une confiance inébranlable aux puissances de l'imagination et aux effets de subversion de la création. Alors même que l’Expressionnisme abstrait américain (Pollock, De Kooning, Rothko...) bat son plein à cette époque, Yoko Ono troque la profondeur de l’œuvre plastique pour un art où l'objet, la performance ou "l'instruction écrite" seraient non plus une fin ma

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Mange ta soupe !

MIAM | Simple comme bonjour et déclinable à l’infini, préparée dans tous les coins du monde et ce depuis la nuit des temps, la soupe s'affiche tendance.

Lisa Dumoulin | Mercredi 2 mars 2016

Mange ta soupe !

Malgré les réticences — on en connaît plus d’un chez qui les « mange ta soupe ! » ont laissé des cicatrices — la soupe n’est pas prête de finir enterrée dans nos souvenirs d’enfance. Avec les tendances actuelles du goût, le retour du fait-maison, la mouvance do it yourself et le retour aux recettes du terroir, sans oublier le végétarisme qui gagne du terrain à mesure que le fonctionnement de l’industrie agro-alimentaire est révélé, force est de constater que la soupe cumule les bons points : facile à faire soi-même, saine et pleine de bons légumes. Croûton sur le potage, c’est aussi un plat économique ; ce qui, crise oblige, n’est pas négligeable. C’est dans cet esprit que navigue l’association Disco Soupe. Inspiré de son homonyme berlinois Schnippel Disko, “le projet est né de l’habitude des étudiants allemands de faire de la récup’ à la fin des marchés pour ensuite faire la popote à plusieurs et dans la bonne humeur” explique Hayate, bénévole de l’association. “Notre but premier est de sensibiliser au gaspillage alimentaire. Mais sans faire cul

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Rentrée expo 2016 : de l'invisible au visible

ARTS | Après une bonne Biennale, la saison se poursuit au gré d'un courant fluide qui nous conduira de projets singuliers en expositions monographiques consacrées à Yoko Ono, Paul-Armand-Gette, Anne & Patrick Poirier ou encore à... nous-mêmes !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée expo 2016 : de l'invisible au visible

Dans son livre L'Art à l'état gazeux, le philosophe Yves Michaud soulignait la dématérialisation et l'aspect diffus des œuvres d'art contemporain. Si l'on retrouvera bien à l'IAC les brouillards colorés d'Ann Veronica Janssens (dans le cadre de l’exposition Collections privées du 11 mars au 8 mai), la saison sera plutôt marquée par l'état fluide ou liquide de la création artistique. Collectif de quarante-trois photographes, France Territoire Liquide propose ainsi des perspectives inédites sur le territoire français, brouillant les frontières entre art, documentaire et fiction. Une vingtaine d'entre eux exposeront à Lyon à partir du 12 mai dans différents lieux (Archipel, Regard Sud, Réverbère...). Pour atteindre ledit territoire, d'autres individus ont eux traversé mers et frontières, rêvant d'un "autre monde". Du 4 février au 29 mai, le CHRD consacrera une vaste exposition collective aux migrants et à leurs représentations dans l'art contemporain. On y (re)découvrira des œuvres de Kim Sooja, Barthélémy Toguo, Bruno Serralongue (exposé aussi au Bleu du Ciel cette année), Karim Kal... Féru de

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Les 10 expos de la rentrée

ARTS | De l'humanisme aux performances de Yoko Ono, la saison expos traverse les temps et les genres. l'art se frotte à la technique et aux sciences, explore la figure humaine et, toujours, résiste à la bêtise et aux contrôles du pouvoir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

Les 10 expos de la rentrée

Keichi Tahara / Biennale Hors Norme Au début des années 1970, le photographe japonais Keichi Tahara (né en 1951 à Kyoto) s'installe à Paris dans un petit appartement sous les toits. Un peu isolé par sa méconnaissance du français, il y passe beaucoup de temps, photographiant alors le passage des nuages, les nuances de luminosité, les filets de buée, à travers une petite fenêtre. Il en ressortira l'une des séries les plus émouvantes du photographe, intitulée simplement Fenêtre. En Résonance avec la Biennale d’art contemporain, on peut la découvrir en partie à la galerie Vrais Rêves, qui en profite pour présenter beaucoup d'autres images de Tahara, dont quelques inédits récents. Jusqu'au 3 novembre à la galerie Vrais Rêves Le terme d'art brut a été inventé en 1945 par Jean Dubuffet pour désigner les créations d’individus exempts de toute formation ou culture artistique (souvent des personnes internées en hôpital psychiatrique, mais pas seulement)... Sa collection est conservée au Musée de l'art brut à Lausanne. Depuis, l'art brut ou art singulier a fait l'objet de multiples expositions et est revevenu en force à la mode, au point de

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BAC à fables

ARTS | Réunissant une soixantaine d’artistes, la 12e Biennale d’art contemporain, "Entre-temps… Brusquement et ensuite", tentera de nous raconter des histoires autrement, à travers une multitude de formes nouvelles de «récits visuels». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 mai 2013

BAC à fables

Qu'est-ce, en quelques mots, qu'une psychothérapie ? C’est réécrire une histoire qui vous colle à la psyché et aux émotions, c’est remettre un peu de jeu dans des significations figées, c’est rouvrir par les mots nos rapports aux choses (à "la chose" aussi), aux autres, à soi-même. L’espèce humaine, au-delà de sa biologie, est tissée d’histoires (grandes et petites), de dits et de non-dits ; le «parlêtre» comme le désignait Lacan est parlé et regardé avant de pouvoir parler et voir. Ce n’est donc pas une mince affaire que se coltinent écrivains et artistes que de réinventer des formes (langagières ou plastiques) de narration. Cela touche immédiatement au fond, à la texture, à l’existence d’un bonhomme ou d’une "bonne femme". Ca vous rend un peu plus libre ou différent, ça ouvre quantité d’idées et parfois fiche un peu le vertige. L’art, en bidouillant des formes de récit, vous donne à trembler dans l’être, individuel ou collectif (politique), jamais bien éloignés l’un de l’autre. De Poussin à Koons L’histoire de l’art occidental est largement dédiée

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Fluxus, un état d'esprit

ARTS | Mouvement / Ben est régulièrement cité parmi les artistes appartenant à la mouvance Fluxus. Les autres, innombrables, se nomment : Nam June Paik, Georges (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 mars 2010

Fluxus, un état d'esprit

Mouvement / Ben est régulièrement cité parmi les artistes appartenant à la mouvance Fluxus. Les autres, innombrables, se nomment : Nam June Paik, Georges Brecht, Robert Filliou, Yoko Ono, Daniel Spoerri, Henry Flint, Wolf Vostell... On y compte même un ex-président de la Lituanie, de 1990 à 1992, Vytautas Landsbergis ! Mais plutôt que groupe constitué et bien défini, Fluxus est, comme son nom l'indique («flux», «courant» en latin), une nébuleuse pluridisciplinaire, un état d'esprit, un champ d'action et de déréliction, sous l'influence de Dada, John Cage et de la philosophie Zen. L'appellation, incontrôlée, est inventée en 1961 par l'artiste Georges Maciunas à New York, et se diffuse très vite en Allemagne de l'Ouest, à Nice en France (où Ben organise avec Maciunas un concert fluxus en 1963, et crée la même année son Théâtre Total), aux Pays-Bas, au Japon... Le "Manifeste Fluxus" donne la tonalité générale et élastique de ce non-groupe : «L'art Fluxus réprouve la distinction entre l'art et le non art, il réprouve le critère d'indispensabilité de l'artiste tout comme l'exclusivité, l'individualité, l'ambition, toute prétention au sens, la rareté, l'inspiration, la complexité, la pro

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