L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

musée Paul Dini | Le Musée Paul Dini présente les œuvres d'une quinzaine d'artistes régionaux, présents dans ses collections, sous le signe de l'abstraction. Un genre pictural toujours aussi vivant et pluriel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

Kandinsky, aujourd'hui reconnu comme le pionnier de l'abstraction, se serait dit-on affranchi de la figuration vers 1910 en découvrant la beauté de l'une de ses toiles rangée à l'envers ! Le musée de Grenoble consacrera bientôt une exposition à Kandinsky (sur ses années parisiennes en fin de sa carrière, plus précisément, à partir du 29 octobre). En attendant, on pourra aller voir les œuvres de certains des héritiers régionaux de l'artiste russe au musée Paul Dini.

Depuis le début du 20e siècle, l'abstraction n'a cessé d'essaimer courants et contre-courants : Expressionnisme abstrait, Art informel, Abstraction lyrique, Abstraction géométrique, Minimalisme, etc.. Si l'exposition du musée de Villefranche-sur-Saône n'a nulle vocation historique ni exhaustive, on y trouve représentés un grand nombre des déclinaisons de l'abstraction à travers des œuvres relativement récentes d'artistes en majorité lyonnais.

La rapidité de l'escrime

L'accrochage, très aéré et très réussi, profite de l'espace et de la luminosité de l'Espace Cornil (une ancienne usine) pour rapprocher des œuvres de factures parfois très différentes, souvent de grand format. Une imposante peinture gestuelle de Georges Adilon côtoie par exemple le beaucoup plus étudié et géométrique trompe-l'œil de Kacem Noua, non loin d'une petite série de paysages abstraits de Gordon Hart aux tons chauds et presque fluorescents !

On découvrira encore des œuvres de Jean Raine, de Stéphane Braconnier, de Christian Lhopital et trois toiles de Jean Degottex (1918-1988). Proche de l'Abstraction lyrique dans les années 1950 et 1960, l'artiste originaire de Sathonay-Camp est passé allègrement du geste au signe calligraphique, puis de l'écriture à la ligne. Son Art de l'épée (1958) allie la rapidité de l'escrime à l'évocation de l'écriture et deux autres tableaux verticaux surprennent par leurs qualités plastiques, dont cette grande ombre nébuleuse qui sourd d'une toile blanche au milieu de cercles concentriques.

Abstractions
Au Musée Paul-Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 18 septembre


Abstractions

Cycle "Un été contemporain" avec des artistes vivant ou travaillant dans la région
Musée Paul-Dini 2 place Faubert Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Moteur ! à l'URDLA

Art Contemporain | Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara garent leur voiture à l'URDLA, et déploient toute une exposition consacrée au déplacement, à la trace, au paysage...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 juin 2019

Moteur ! à l'URDLA

202 432 kilomètres, c'est ce qu'affiche au compteur une Ford Escort de 1997 lorsqu'elle échoue au contrôle technique. Le véhicule appartient aux artistes Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara et, plutôt que de le réparer, ils décident de le transformer en micro-espace d'exposition, stationné actuellement à l'URDLA. Au sein de l'habitacle, ils présentent des moulages de mains gantées et une sorte de paysage en 3D entremêlant différentes ères terrestres... L'exposition se déploie ensuite dans les locaux du centre d'art villeurbannais où les deux artistes poursuivent l'exploration d'une thématique aux confins du déplacement automobile, du paysage, du souvenir, de l'empreinte (empreinte concrète des traces des véhicules, empreinte mémorielle, empreinte plastique, etc.). Le duo présente une dizaine d'agencements d'images composés de leurs propres œuvres (dessins, gravures, petites installations...) et d'estampes issues du fonds de l'URDLA. Montages Le parcours (littéral et métaphorique) de l'exposition nous entraîne ainsi sur des voies aussi différentes qu'in

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Cinq expos à voir en juin

Bons Plans | Notre sélection de cinq expositions à découvrir en galeries ou en musées ce mois-ci. D'un improbable portrait de Bashung au photo-reportage de guerre, en passant par l'univers fantasmatique de Christian Lhopital.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 juin 2019

Cinq expos à voir en juin

Les vies dansées du dessin L’artiste lyonnais Christian Lhopital expose à la galerie Descours ses nouvelles séries de dessins. Séries fascinantes d’inventivité visuelle, d’hallucinations joyeuses ou sombres, d’errances plastiques libres… C’est à une véritable danse du regard que nous invite Christian Lhopital, dont on ressort émerveillé et bouleversés ! À la galerie Michel Descours jusqu’au 22 juin Bernard Pras, bricoleur génial d'images Les images pour Bernard Pras c'est du solide ! Pour composer ses portraits (de Van Gogh, Guignol, Louis XIV...) ou ses reproductions de tableaux célèbres (Manet, Magritte...), l'artiste utilise toutes sortes de matériaux de récupération (de rouleaux de papier toilette à des jouets) et compose des installations : celles-ci, vues sous un certain angle et à une certaine distance, sont tout simplement bluffantes de réalisme ! À ne pas rater notamment : un portrait de Bashung composé avec des voitures miniature

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Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Dessin | La galerie Michel Descours expose les dernières séries de dessins de Christian Lhopital. Où l’on est à nouveau fasciné par son inventivité graphique et les émotions fortes qu’elle procure.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 avril 2019

Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Sur une scène improbable, faite d’un peu de graphite et de peinture, un personnage à la tête sans traits se penche un peu de profil, plie les jambes, tend les bras vers l’arrière… On dirait un danseur exécutant un solo (titre du dessin et de la série dont il est issu, datant de 2018) au beau milieu d’un déchaînement d’éléments plastiques : volutes de pastel, petites taches de couleur-lumière, cercles-astres de différentes circonférences et de différents tons, coulures floutées, lignes tremblotantes… Qui entraîne l’autre ? Est-ce le danseur (l’artiste ?) qui fait se mouvoir en spirales le dessin, ou bien est-ce le mouvement du dessin qui donne son rythme et son mouvement au personnage (à l’artiste) ? Qu’importe, la scène semble, de toute façon, plonger dans une fantasmagorie imaginaire hors de tout repère rationnel, reculer vers un passé et un réel dont les souvenirs sinuent en lignes courbes et en éclats. Le souvenir, la trace, l’œuvre sont chez Christian Lhopital toujours multiples, équivoques, vivants. Vies du r

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Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Dessin | Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 novembre 2018

Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais Christian Lhopital qui présente plusieurs œuvres issues de sa série dite des Rotations ou Cinématiques, où ses personnages et ses motifs sont dédoublés comme sur des photogrammes d'une pellicule de film. « Ce qui m'intéresse ici, précisait l'artiste dans nos colonnes, c'est le "presque pareil", la copie et la variation, les similitudes et les petites différences. Il se passe beaucoup de choses entre deux personnages, dans les interstices, dans les failles... Ce dédoublement infini a un rapport avec ce que je pourrais appeler mon cinéma intérieur. » De cinéma intérieur, il est aussi littéralement question dans le dessin de Robert Malaval (1937-1980), Le Cinéma, de 1962. Une coupe de profil d'un visage humain nous montre une amusante séance de projection où un public d'homoncules prend place dans le ce

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Cinq expos à voir en novembre

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 novembre 2018

Cinq expos à voir en novembre

Dark Matters Attention, l'exposition Dark Matters s'annonce aussi brève (une petite semaine) que passionnante ! Sur le motif du noir, elle nous propose de traverser cinq siècles d'histoire de l'art et réunit de nombreux artistes : de Rembrandt à Tapiès, d'Odilon Redon à Jim Dine, d'Olivier Debré à Baptiste Fompeyrine... Elle est présentée par Céline Moine et Laurent Giros, du 24 novembre au 1er décembre, dans un nouveau lieu situé 3 rue Pleney dans le 1er arrondissement de Lyon (entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h). Victor Soren Du noir, il est aussi fortement question dans l'exposition de Victor Soren, présentée à la récente galerie Ories. Entre univers fantastique et graphisme approchant celui de la BD parfois, Victor Soren transpose dans toute leur étrangeté et toute leur potentialité angoissante de nos cauchemars et nos peurs d'enfant. Un grand frisson en noir e

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Exposition curieuses en approche

Dans les galeries | On l'oublie trop souvent, mais les petits lieux artistiques (galeries, centres d'art...) présentent souvent des exposition de grande qualité, et, qui plus est, gratuites ! Voici notre sélection thématique de la rentrée en cinq entrées.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Exposition curieuses en approche

Photos plein les yeux Le festival Lyon septembre de la photographie revient avec un drôle de nom, 9PH, et propose plusieurs expositions alléchantes sur le thème de la frontière : Valérie Jouve avec un travail à Jéricho à la Galerie Besson, Sylvie Bonnot et Danila Tkachenko autour de la Russie au Bleu du Ciel, Chloé Serre aux limites entre la chorégraphie et la photographie à la BF15... Par ailleurs, le Réverbère expose cinq photographes (William Klein, Denis Roche...) autour de livres photo récemment publiés (jusqu'au 29 décembre), la Galerie Lumière des images de tournage d'Ingmar Bergman (jusqu'au 4 novembre), la galerie Vrais-Rêves les utopies architecturales de Philippe Calandre (jusqu'au 10 novembre). Et petite piqûre de rappel : l'accrochage plongé dans la pénombre de l'Abat Jour (jusqu'au 17 novembre) des photographies d'Arnaud Brihay, artiste voyageur et poète visuel, est superbe ! Variétés prestigieuses Comme régulièrement, la galerie Descours nous propose cet automne une Varia (du 18 octobre au 26 janvier)

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Faire entrevoir le chaos

Peinture | La galerie Descours consacre une deuxième exposition monographique à Jean Raine, agrémentée d’un catalogue rétrospectif qui met en exergue l'acuité de l’œuvre de l’artiste belge.

Sarah Fouassier | Mardi 17 avril 2018

Faire entrevoir le chaos

« Je vis dans un état d’insatisfaction fondamentale. Quand j’écris des poèmes, l’image me manque ; quand je peins, c’est le mot qui me manque. Créer n’est pas un plaisir, c’est une nécessité profonde. » (Jean Raine, Le Temps du verbe - 1992). Faire coaliser le trait et le verbe de Jean Raine, voici l’une des réussites du catalogue qui accompagne l’exposition Jean Raine. De CoBrA à l’expressionnisme abstrait. Et il s’agit bien de coaliser, de faire une alliance de la toile et du mot dans le combat contre l'angoisse que l’artiste reconnaissait comme motrice d’une création pluridisciplinaire. Un artiste d'avant-garde Le parcours de Jean Raine, bien qu’il se soit amorcé de manière précoce, a été clairsemé d’empêchement, d’incompréhension. Très jeune, il fut en prise directe avec les surréalistes belges. À 16 ans, il participe aux discussions du groupe où il rencontre des artistes qui deviendront des amis tels que Louis Scutellaire et René Magritte. Sur les ruines de l’après-guerre, des artistes d’avant-garde se prêtent à rêver l’art comme un langage universel dégagé de tout élitisme, de toute rationalité dogmatique.

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Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Une œuvre commentée... | Parmi les séries de dessins exposées par Christian Lhopital, nous avons choisi ici d'explorer plus avant l'une des plus troublantes : Faces et ses personnages fantomatiques flottant parmi les limbes d'une mémoire fragmentaire.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Le travail de Christian Lhopital relève sur bien des plans du palimpseste : l'image se dessine sur et à partir d'autres images (triviales ou artistiques), par décantation, précipité quasiment chimique, condensation... Les séries Fixe face seule (2010-2012), Fixe face silence (2013-2014) et Faces (2015), sont, à ce titre, assez emblématiques. Découpant des images (de personnalités célèbres du monde politique ou culturel) qui ont accroché son regard dans des journaux, mais sans les recadrer, Christian Lhopital les enduit de peinture blanchâtre en conservant seulement les yeux de la figure retravaillés au crayon. Pour Faces, l'artiste applique ensuite de l'aquarelle et évoque ainsi quelques formes qui apparaissent comme fondues, dissoutes. « Le dessin révèle alors, nous confie Christian Lhopital, un personnage fantomatique. Le personnage de départ ne disparaît pas complètement malgré l'enfouissement. » Il flotte dans des limbes, entre mémoire et oubli, présence et absence, et darde vers nous son regard inquiétant et déses

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Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Galerie Domi Nostrae | Christian Lhopital expose ses nouvelles œuvres : des dessins essentiellement, qui nous entraînent dans un monde halluciné de personnages et d'objets traversés de bizarrerie et de sentiments ambigus. L'artiste nous confie ici sa manière de travailler et ce qui constitue son "cinéma intérieur".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Que présentez-vous à la galerie Domi Nostrae ? Christian Lhopital : Plusieurs séries de dessins réalisées entre 2013 et 2016. Une série, pour moi, est constituée par un même type de support, un même matériau, et naît à partir d'une pensée (à partir de bribes de textes ou de paroles entendues, à la radio notamment), ou à partir d'une image... Je travaille toujours en même temps sur plusieurs cycles de dessins. Ces derniers s'enfouissent, s'empilent les uns sur les autres à l'atelier et j'aime, ensuite, avoir la surprise de les redécouvrir et de les retravailler. D'où viennent ces images ? De sources très différentes : de croquis réalisés sur des carnets, d'images prises dans des journaux, des magazines, des arrêts sur image du Net, voire d'images publicitaires dans la rue ou le métro… c'est peut-être mon côté pop art ! J'ai beaucoup d'images dans ma tête et il s'agit avant tout de les décanter. Quelque chose doit, à partir de cette masse d'images, se densifier et s'amalgamer. J'essaye dans mes dessins à la fois de saisir quelque chose de très dense et d'y insuffler beaucoup de légèreté.

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Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

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Expositions : ce qui vous attend

De Kandinsky à Matisse | Jan Fabre, Henri Matisse, Vassily Kandinsky : tels seront les ténors de la saison artistique qui s'ouvre cet automne... Avec, en contrepoint, et pour faire crisser un peu les yeux et leur offrir des cheminements plastiques plus aventureux, quelques énergumènes singuliers : Félicien Rops en tête, ou encore Jason Dodge et Jean-Luc Parant.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Expositions : ce qui vous attend

Au Mac, la diversité Si le chorégraphe, performeur et plasticien belge Jan Fabre fera figure au Musée d'art contemporain de tête d'affiche avec une rétrospective centrée sur ses performances, deux autres événements lui feront "concurrence", voire de l'ombre : Wall drawings, une exposition internationale consacrée au street art, et Le bonheur de deviner peu à peu dévoilant des œuvres (signées Orlan, Ilya Kabakov, Cai Guo-Qiang...) qui, justement, ont pour caractéristique de ne se dévoiler au visiteur que "peu à peu", gardant une part de mystère... Dans le cadre de ce dernier événement, l'artiste-poète Jean-Luc Parant poursuivra son fascinant "work in progress" Éboulement, entassant dans le musée ses boules de différents formats, avec pour but final d'envahir totalement le MAC ! À partir du 10 mars, le musée enchaînera avec une exposition sur le groupe lyonnais Frigo et une autre sur la scène artistique de Los Angeles. Jan Fabre + Wall drawings + Le bonh

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Kandinsky à Grenoble

ARTS | Considéré comme l'un des pionniers de l'art abstrait, Vassily Kandinsky (1866 - 1944) fera l'objet d'une exposition au musée de Grenoble (du 29 octobre au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 avril 2016

Kandinsky à Grenoble

Considéré comme l'un des pionniers de l'art abstrait, Vassily Kandinsky (1866 - 1944) fera l'objet d'une exposition au musée de Grenoble (du 29 octobre au 29 janvier 2017) centrée sur ses années dites "parisiennes", de 1933 à 1944. Des années marquées par son intérêt accru pour les sciences et la spiritualité, et, plastiquement, par une synthèse entre son vocabulaire géométrique et des tracés plus aléatoires et ondulants.

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Christian Lhopital en Drôme

ARTS | L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 mars 2016

Christian Lhopital en Drôme

L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de Saint-Restitut. On y retrouvera son univers mi-onirique mi-humoristique peuplé d'étranges figures anthropomorphes, d'animaux, de fleurs et de quelques inquiétants ectoplasmes... Ce sera aussi l'occasion de découvrir nombre d’œuvres récentes de l'artiste qui n'avait pas exposé dans la région depuis 2013 au Musée de Saint-Étienne.

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Christian Lhopital et ses fantômes

CONNAITRE | L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 septembre 2014

Christian Lhopital et ses fantômes

L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au Musée d'art moderne de Saint-Etienne en 2013 et dans diverses galeries (dont Domi Nostrae, qui le représente à Lyon)... Nous nous en sommes réjouis dans ces colonnes, tant ses dessins, notamment, à mi-chemin entre l'humour et l'inquiétant, nous touchent. Il publie cette année un livre centré sur une partie peut-être moins connue de son travail : sa série Fixe face seule, composée à partir de coupures de journaux, ses grands dessins muraux éphémères à la poudre de graphite, ses "sculptures" réalisées à partir de peluches trempées dans de la peinture blanche puis mises en scène... Le livre en restitue une riche documentation photographique, accompagnée d'un texte de la critique d'art Marie de Brugerolle. Un texte qui rappelle notamment les références importantes des œuvres de l'artiste : Samuel Beckett, Lewis Caroll, Francis Picabia, Mike Kelley, Georges Bataille... Et qui se conclue joyeusement sur cette idée clef : «Les petits personnages qui peuplent les œuvres de Lhopital sont des ind

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Tenir au carreau

ARTS | Exposition en deux volets, l'un au Musée Dini, l'autre à la Fondation Bullukian, «Passages» rassemble une vingtaine d'artistes contemporains autour du thème et du motif important de la fenêtre. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 avril 2014

Tenir au carreau

De la théorisation de la perspective par Leon Battista Alberti (1404-1472) à Windows ou aux appareils photo de nos téléphones portables, il existe une ligne continue et cohérente, que l'on pourrait résumer par cette phrase fameuse d'Alberti : «Je trace d'abord sur la surface à peindre un quadrilatère de la grandeur que je veux, et qui est pour moi une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire». Cette idée de peinture ou de photographie comme fenêtre ouverte sur le monde, cette idée de "réalisme", est en fait une vision de ce monde, une certaine manière de l'appréhender selon des lois optiques et géométriques précises. Dès la Renaissance, Léonard de Vinci notait avec une belle clairvoyance critique : «La perspective est le frein et le gouvernail de la peinture». Quelques siècles plus tard, Cézanne fera de la Montagne Sainte-Victoire un «paysage avec ses déformations, ses empiétements, ses ambiguïtés, ses divergences, tel qu'on peut le voir avant de le regarder, avant que la coordination orthogonale de ses lieux soit faite» (Jean-François Lyotard). Fenêtre, miroir, éc

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Petits espaces, grandes expos

ARTS | Cet été, les petits centres d'art et galeries tiennent la dragée haute aux musées, avec notamment trois expositions exceptionnelles dans des domaines très différents : la photographie au Réverbère, l'art contemporain à la BF15 et la peinture à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 juillet 2013

Petits espaces, grandes expos

Le temps se suspend, le quotidien se fissure et laisse alors entrevoir  les lignes de fuite de la pensée et des sensations corporelles. Le regard d'une femme passe de l'autre côté du miroir d'un snack, vitrine constellée des reflets de la ville. Une jeune fille s'évade dans le sommeil et la rêverie au cœur même de ce qui nourrit peut-être cette rêverie  : un cinéma aux fauteuils rouges mangés d'ombre. Et dans un café de Saint-Pétersbourg, un couple esseulé, baigné dans une atmosphère picturale à la Edward Hopper, semble soudain coupé du monde. A travers un petit ensemble d'images, Géraldine Lay saisit les Failles ordinaires, étranges instants figés où les individus montrés semblent basculer "ailleurs" - un ailleurs intime où le proche paraît lointain, vertigineux. Ces images prennent place dans une exposition collective organisée par Le Réverbère et intitulée Désir de collection (jusqu'au 27 juillet), dans laquelle la galerie présente des ensembles de ses photographes (François Deladerrière, William Klein, Bernard Plossu, Denis Roche, Lionel Fourneaux...), ainsi qu'un florilège d'images d'anonyme

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Les vertiges de Jean Raine

ARTS | L'exposition "Jean Raine, revoir la question" rassemble des peintures et des dessins de l'artiste belge, de différentes périodes, et tente une première synthèse de son œuvre éclatée. Une excellente occasion de s'initier à son univers halluciné, puissant, urgent. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 30 juin 2013

Les vertiges de Jean Raine

Parmi les œuvres de Jean Raine présentées à la galerie Descours, on découvre notamment une acrylique sur papier intitulée Regard sur le chaos (1979). Au milieu de méandres colorés, sorte de magma marécageux, on y discerne des paires d'yeux jetant des regards hallucinés, des visages ou des masques disséminés, des cernes noirs ou bleutés entourant des figures tremblées... On y ressent aussi le geste de l'artiste, l'urgence de la création, une folie des formes. D'une certaine manière, cette peinture résume l'effort de Jean Raine, qui lutta tout au long de sa vie avec et contre les forces du chaos, son cheminement entre expressionnisme et surréalisme, son ouverture aux courants d'airs vertigineux de l'inconscient humain et de ses pulsions. «Mon œuvre picturale apparaîtra sans doute comme une tératologie complaisante à l’horreur, mais entre autres significations complexes qu’elle revêt, dans le dynamisme créateur de mon expression poétique, elle est, sur un plan mythique, une tentative de retrouver l’homme en germe dans une originelle animalité». Encres

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Mine de rien

ARTS | A l’occasion de deux expositions (Laurence Cathala à la Fondation Bullukian et "Le Dessin en couleurs" à la galerie Descours), nous avons voulu nous pencher sur le dessin. Le sujet est très à la mode, voire tarte à la crème. Aussi, pour lui redonner sa singularité, avons-nous donné la parole à plusieurs artistes lyonnais. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

Mine de rien

Dans une lettre datée du 8 septembre 1888, Vincent Van Gogh écrit : «Qu’est-ce que dessiner, comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur ? Car il ne sert à rien d’y frapper fort. On doit miner le mur et le traverser à la mine, lentement et avec patience». Quand Christian Lhopital parle de la «légèreté du dessin», opposé au poids de la peinture, peut-être est-ce aussi pour ne pas frapper trop fort, asséner, aliéner. Même quand l’artiste lyonnais crée concrètement sur des murs, il préfère le crayon au pinceau, le jeu sur l’opposition de quelques valeurs plutôt que sur toutes les couleurs. «Un dessin ne doit jamais être lourd ou besogneux. Au fil du temps, l’habileté de la pratique nourrit cette entière liberté, cette puissance de possibilités de ce qui se passe sur l’espace blanc de la feuille de papier. Plus je dessine, plus je suis libre» dit-il. «Bing image à peine presque jamais une seconde temps sidéral bleu et blanc au vent »

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Creuser la tête

ARTS | La Galerie Domi Nostrae fête ses 25 ans d’acquisitions et d’expositions, commencées dans le lieu de vie de Christine et Fabrice Treppoz, poursuivies dans un appartement adjacent. À cette occasion, les galeristes reviennent sur leur parcours, placé pour l'essentiel sous le signe du portrait. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 31 janvier 2013

Creuser la tête

À deux pas de la Préfecture, depuis 25 ans, dans deux appartements voisins, Christine et Fabrice Treppoz collectionnent et exposent quantité de visages. Peints, dessinés, photographiés, sculptés. «Les œuvres où domine la présence sidérante de la face humaine sont les plus nombreuses. Soleil noir, cou coupé, chaque figure conjugue l’humain, l’animal et le monstrueux pour donner naissance à une image qui vous saisit et vous renvoie à votre propre (in)humanité» écrit Fabrice Treppoz dans le catalogue de l’exposition Soleil noir, qui revient sur cette histoire. À deux pas des identités fichées, anthropométriques, calibrées, normées, se déploient donc des identités déchirées, fêlées, métamorphosées, défigurées, en devenir constant et indéfini. «Visage, quelle horreur, il est naturellement lunaire, avec ses pores, ses méplats, ses mats, ses brillants, ses blancheurs et ses trous : il n’y a pas besoin d’en faire un gros plan pour le rendre inhumain, il est gros plan naturellement, et naturellement inhumain, monstrueuse cagoule» assenaient Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille Plateaux. Masques Qu'on s

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Inspirez, regardez, expirez

ARTS | Né en 1952, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, Kacem Noua développe une œuvre aussi discrète qu’obstinée. Obstinée, voire obsédée par les métamorphoses lentes (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 29 novembre 2012

Inspirez, regardez, expirez

Né en 1952, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, Kacem Noua développe une œuvre aussi discrète qu’obstinée. Obstinée, voire obsédée par les métamorphoses lentes des formes, de la matière picturale, de ses effets d’optique possibles. On se souvient notamment de son exposition au Musée d’Art Contemporain en 2003, avec ces étranges figures géométriques (dessinant une sorte de topologie personnelle et utopique) comme flottant sur les cimaises : rubans entrelacés, quasi-sphères, fenêtres baroques… Déjà, le passage de la «2D» à la «3D» était présent avec des jeux d’illusions, des trompe-l’œil et des abîmes ouverts au regard du spectateur. Aujourd’hui, travaillant toujours sur un support en contreplaqué, ce passage s’effectue moins au sein de l’univers de la géométrie que dans celui de la matière picturale elle-même, du monde clos de la peinture (au sens où il ne renvoie à rien de réel, à aucune représentation ou signe extérieur). Par touches et transpositions successives, le peintre crée ce qu’il appelle des «exercices de musculation oculaire», soit des blocs ou des masses picturales parmi lesquels l’œil erre, glisse, bifurque, se perd… Certaines œuvres évoquent

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Vortex

ARTS | Pour son cinquième anniversaire, la galerie Henri Chartier expose des œuvres de l'artiste d'origine belge Jean Raine. Des pièces datant de 1955 à 1986, avec pour point d'orgue une acrylique monumentale, «Fin de comédie». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 22 janvier 2012

Vortex

Comment peignait Jean Raine (1927-1986) ? À même le sol et en slip, ce qui est plutôt bon signe pour un artiste... Né Jean-Philippe Robert Greenen en Belgique, Jean Raine participa comme poète et cinéaste au groupe COBRA, croisa les chemins du surréalisme en général et de Magritte en particulier, serra la pince d'André Breton et, à partir de 1968,  s'installa dans la région lyonnaise. Toute sa vie, Jean Raine but beaucoup d'alcools, jusqu'à en perdre un temps la perception des couleurs et se mettre alors à composer de grandes encres tremblées, fantomatiques, hallucinées... «Mon œuvre picturale apparaîtra sans doute comme une tératologie complaisante à l'horreur, mais entre autres significations complexes qu'elle revêt, dans le dynamisme créateur de mon expression poétique, elle est sur un plan mythique, une tentative de retrouver l'homme en germe dans une originelle animalité» déclarait Jean Raine. Car, oui, où que vous regardiez parmi ses petites ou grandes toiles, ses dessins ou ses huiles, ses œuvre monochromes ou multicolores, il y a toujours, plus ou moins apparent, au moins un visage humain... L'un des plus beaux et des plus «évidents» est un petit portrait datant

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Figurer, défigurer, transfigurer

ARTS | Panorama / Après une Biennale d'art contemporain assez exceptionnelle, la saison expos se poursuit avec une grande rétrospective attendue consacrée à Robert Combas et une multitude d'expositions plus discrètes et curieuses dans les galeries. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

Figurer, défigurer, transfigurer

Après Warhol, Keith Haring et Ben, Le Musée d'Art Contemporain ouvre grand ses trois étages (du 24 février au 15 juillet) à l'un des héros de la Figuration Libre (aux côtés de Hervé Di Rosa, François Boisrond...) Robert Combas né en 1957 à Lyon où il passa sa crise d’œdipe avant de rejoindre Sète en 1961. C'est la première grande rétrospective consacrée à cet artiste ultra prolifique avec quelque 300 œuvres ressemblant à autant de jungles visuelles. Le parcours d'exposition sera rythmé en musique par une playlist rock concoctée par Combas et, au dernier étage du musée, l'artiste sera présent pendant deux mois pour créer de nouvelles œuvres sur place, jouer de la musique ou inviter d'autres artistes... En février aussi, à la galerie Pallade (du 2 février au 24 mars) et à la galerie Confluence(s) de l'IUFM (du 3 février au 23 mars), c'est une grande figure de la Figuration Narrative cette fois, Jacques Monory, qui viendra à Lyon présenter des œuvres récentes ou historiques. Proches de l'objectivité photographique, ses toiles à forte dominante bleue, représentent généralement des scènes de meurtres, de violence ou de rues, aussi frappantes qu'én

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Georges Adilon, la vie des formes

ARTS | Portrait / Plusieurs lieux rendent hommage à l'artiste et architecte lyonnais Georges Adilon. L'occasion de découvrir les différentes facettes d'une œuvre à la fois simple, libre et émouvante. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 25 novembre 2010

Georges Adilon, la vie des formes

Dans un gymnase, sur une surface de papier de 52 mètres de long et 16, 56 mètres de large, Georges Adilon jette à pleins seaux quelque 800 kilos de peinture noire, l'étale, l'empâte, ou lui imprime la forme de larges tourbillons à l'aide d'un balai... Nous sommes en août 1984, l'artiste a 56 ans, et l'opération durera trois jours dont une première après-midi à dormir sur place. Orgueil ? Grandiloquence ? Volonté absurde de battre un record ? Bien au contraire. Adilon est un artiste modeste qui poursuit sur l'immensité blanche sa quête de la plus grande liberté possible (aux limites de l'impossible), conscient qu'un coup de pinceau jamais n'abolira le hasard, ni l'art tout court. Conscient aussi de s'inscrire au sein d'un flux pictural qui a déjà commencé et qui, de droit, n'a aucune raison de s'achever. Cette bourrasque de peinture noire aux différents reflets et densités, cette onde démente dépassant l'échelle humaine et ne représentant rien de précis, ne sera jamais exposée dans sa totalité mais par fragments. Le musée d'art contemporain en présente actuellement 1/6e sur trois pans de murs. Dans la même grande salle, on pourra découvrir d'autres œuvres d'Adilon de différentes épo

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Hommage à Georges Adilon

ARTS | Georges Adilon (1928-2009), architecte et artiste, débuta sa carrière comme peintre figuratif, côtoyant les artistes lyonnais Fusaro, Truphémus, Cottavoz... (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 septembre 2010

Hommage à Georges Adilon

Georges Adilon (1928-2009), architecte et artiste, débuta sa carrière comme peintre figuratif, côtoyant les artistes lyonnais Fusaro, Truphémus, Cottavoz... Son œuvre prend ensuite un tournant résolument abstrait avec des toiles composées de coulures noires et de traits mouvementés. La bataille y fait rage entre des bouffées d'angoisse et des explosions de joie, des fulgurances ou des sentiments plus intérieurs... La gestuelle aléatoire et l'émotion à fleur de peau marquent ses toiles, parfois monumentales, comme celle exécutée pour le Musée d'art contemporain en 1984 (52 mètres de long). Parallèlement, Georges Adilon pratique son métier d'architecte et débute notamment à partir de 1964 une réflexion avec le Père Marc Perrrot qui aboutira plus tard au très singulier externat du Lycée Sainte-Marie dans le 5e arrondissement. Plusieurs lieux d'art et d'architecture lui rendront hommage à travers des visites guidées, des débats, des projections et des expositions du 16 octobre au 15 janvier (expositions au CAUE du 20 oct. au 18 déc., à la Galerie des projets du 20 oct. au 24 déc., à la BF15 du 18 nov. au 15 janv., au Musée d'art contemporain du 19 nov. au 31 déc.)

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Jean Raine

ARTS | La galerie Henri Chartier consacre à nouveau une petite exposition (jusqu'au samedi 29 mai) à Jean Raine (1927-1986), cinéaste, poète et peintre proche du (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 avril 2010

Jean Raine

La galerie Henri Chartier consacre à nouveau une petite exposition (jusqu'au samedi 29 mai) à Jean Raine (1927-1986), cinéaste, poète et peintre proche du groupe Cobra et féru de surréalisme. Les œuvres présentées sont très belles et très diverses : une acrylique intitulée «Sous l'aile d'un moulin rose» entraîne dans un grand mouvement circulaire plusieurs formes indéfinies parmi lesquelles on devine une femme nue ; des encres nous plongent au sein de leurs méandres obscurs et tourmentés ; quelques dessins jouent avec les mots, des lettres et des signes abstraits... Une création mue par l'urgence, le hasard, l'angoisse, l'hallucination, toujours déconcertante et émouvante. JED

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Stéphane Braconnier Liaisons

ARTS | Non, la peinture abstraite n’est pas morte ! Inlassablement dans son atelier-laboratoire, le lyonnais Stéphane Braconnier (né en 1958) expérimente pigments, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 février 2009

Stéphane Braconnier Liaisons

Non, la peinture abstraite n’est pas morte ! Inlassablement dans son atelier-laboratoire, le lyonnais Stéphane Braconnier (né en 1958) expérimente pigments, matières, transparences et même parfois les volumes de ses toiles. Il présente actuellement à la Galerie Houg, et jusqu’au 7 mars, ses dernières œuvres, une série intitulée «Liaisons». Soient de très grandes toiles composées sur le modèle d’un diptyque, confrontant deux couleurs complémentaires accolées sans détour l’une à côté de l’autre. Peu à peu apparaissent aussi, par transparence, d’autres motifs géométriques, d’autres profondeurs, d’autres liaisons picturales et formelles, amoureuses ou mystérieuses…

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La fièvre du dessin

ARTS | Expo / Christian Lhopital expose ses dessins au Musée d’art contemporain et à la galerie Domi Nostrae (derniers jours). Un univers tout en tremblements, diablement émouvant. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 6 novembre 2008

La fièvre du dessin

Avec ses coulures, ses taches et ses traits chancelants, avec ses petits monstres acéphales, ses figures de rêves ou de cauchemars, Christian Lhopital refait surface. Il refait s’émouvoir, vaciller et se perdre le regard. La surface de ses dessins s’avère, elle, toujours double : entremêlant l’apparition évanescente de tout un «bestiaire» hétérogène (humain, animal, monstrueux…), et des préoccupations d’ordre purement plastiques, avec des histoires de matières, d’espaces, de mouvements, de rythmes, de lignes… «Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore. Ou mieux plus mal. Rater plus mal encore. Encore plus mal encore», écrit Beckett. Mots qui résonnent particulièrement bien avec l’œuvre de Lhopital balbutiant ses efforts à la limite de l’épuisement, ses ratages réussis, ses réussites ratées, ses dérapages au bord du vide et de l’angoisse. «Il y a parfois dans mes dessins une répétition des motifs jusqu’à l’épuisement, la maladresse, le déséquilibre. Je m’intéresse aussi à ce fil qui se déroule en dessinant les figures, ce trait sinueux qui se dévide, éventuellement jusqu’à l’effondrement de la ligne sur elle-m

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L'encre dans la peau

ARTS | Exposition / Une seule salle au Musée des Beaux-Arts consacrée à Jean Raine (1927-1986), mais quelle salle ! Cinq immenses encres sur papier ocre marouflées (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 27 mars 2008

L'encre dans la peau

Exposition / Une seule salle au Musée des Beaux-Arts consacrée à Jean Raine (1927-1986), mais quelle salle ! Cinq immenses encres sur papier ocre marouflées sur toile y sont accrochées ; soit cinq visions à la fois grotesques et effrayantes des entrailles de l'enfer ou de la folie du monde. D'innombrables créatures aux visages tremblant d'effroi, mi-fantômes mi-oiseaux, nous entourent, nous fixent de leurs grands yeux avides ou vides. C'est tout à la fois monstrueux et enfantin, comme une sarabande ou un carnaval de formes tourmentées, constituées de tâches et de giclées d'encre, de figures cauchemardesques tordues par des bourrasques de vent noir. Les œuvres datent des années 1960, époque où, après un coma de trois semaines, l'artiste a perdu la perception des couleurs (qu'il recouvrera peu à peu à partir de 1966-68)... Injustement méconnu, poète, cinéaste et artiste, Jean Raine participa au mouvement surréaliste belge emmené par Magritte, fut un proche d'Alechinsky et du mouvement Cobra, et fréquenta les derniers surréalistes français à la fin des années 1940... Adepte du dérèglement de tous les sens de Rimbaud, il dessine et peint dans l'urgence et la fièvre

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