Béton, cette arme

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Photo : © DR



Sacré Béton !

"De la haine à l'amour"
Musée Urbain Tony Garnier 4 rue des Serpollières Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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La Halle Tony Garnier ne sera pas cédée aux ogres du divertissement

Patrimoine | Grégory Doucet l'a confirmé : la Halle Tony Garnier restera dans le giron de la Ville de Lyon. Une nouvelle direction est en cours de recrutement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 octobre 2020

La Halle Tony Garnier ne sera pas cédée aux ogres du divertissement

Aucune surprise : c'était annoncé dès la campagne électorale, et Nathalie Perrin-Gilbert l'avait répété dans nos colonnes en juin dernier : pas question de céder la Halle Tony Garnier au privé. Ce lieu emblématique de la ville, considéré par son toujours président Jean-Yves Sécheresse comme le « navire amiral des musiques actuelles à Lyon », restera donc bien dans le giron municipal comme l'a annoncé Grégory Doucet lors du conseil municipal du lundi 28 septembre. C'était l'un des dossiers très chauds pointés par son adjointe à la Culture et le maire savait qu'il ne fallait pas tergiverser plus longtemps : ce dossier traîne depuis de longs mois et Thierry Téodori, son directeur historique, avait déjà repoussé son départ à la retraite pour assurer la transition. Le calendrier est fixé : l'annonce pour le recrutement d'une nouvelle directrice ou directeur sera publiée dans quelques jours dans la presse nationale. Le choix sera fait au plus tard début décembre pour une

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Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

Musée Urbain Tony Garnier | Dans le quartier des États-Unis, le patrimoine de la cité ouvrière est de plus en plus en proie aux squatteurs. Le musée urbain Tony Garnier alerte et Grand Lyon Habitat se défend.

Nadja Pobel | Mercredi 22 juillet 2020

Cité Tony Garnier : patrimoine squatté

« Ça fait 43 ans que j'habite ici et y'a jamais eu ça » nous dit une résidente de la Cité des États-Unis. Comprendre : l' agression qui s'est terminée dans le sang le 28 juin et une autre du même acabit une dizaine de jours plus tard. Bien sûr, ce quartier du 8e arrondissement lyonnais n'est pas le Bronx et aucun mort n'est à déclarer. Cependant, le Musée Urbain Tony Garnier a reçu des lettres de doléances de ses voisins qui dénoncent une « insécurité totale », des « allers et venues toutes les nuits », du « tapage nocturne » et menacent de bloquer le paiement de leurs loyers. L'ensemble de plus de 1500 logements, repartis en douze îlots, construits dans les années 30 d'après les plans de Tony Garnier, connaît une phase massive de rénovation. Et donc une non-relocation des appartements laissés vacants. Grand Lyon Habitat — qui

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Dent de lait au Parc de la Tête d'Or

Les débuts de Tony Garnier | C’est le résultat de sa première commande publique. En 1904 à Lyon, Victor Augagneur est maire et médecin comme, un peu plus tard, son homologue (...)

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Dent de lait au Parc de la Tête d'Or

C’est le résultat de sa première commande publique. En 1904 à Lyon, Victor Augagneur est maire et médecin comme, un peu plus tard, son homologue Lazare Goujon à Villeurbanne ; et comme lui il est porté sur l’hygiénisme. Il faut à tout prix lutter contre les maladies qui ravagent les populations pauvres vivant dans des taudis. Avant que les quartiers des Gratte-Ciel ou des États-Unis ne voient le jour au début des années 30, c’est une vacherie municipale qui est édifiée au cœur du parc de la Tête d’Or. Le bâtiment existe toujours à côté de la Plaine africaine, comme le rappelle Catherine Chambon — directrice du MUTG — dans l’article qu’elle consacre à ce lieu au sein du livre de l’exposition, mais plus personne ne le regarde. Déjà, on retrouve ce décroché de pignons à redents, des "pas-de-moineaux", qui sera une des marques de fabrique de l’architecte. Ici, ils sont le socle de pots de plantes, pour damer un peu le pion au béton-roi. Quarante vaches sont abritées dans cette mai

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Tony Garnier, sa vie, nos œuvres

Architecture | Il y a un prétexte – les 150 ans de sa naissance – mais sans doute n’en est-il pas besoin pour célébrer au travers de trois expositions l’apport de l’architecte Tony Garnier à la ville de Lyon, dans trois lieux différents. Balade.

Nadja Pobel | Mardi 17 décembre 2019

Tony Garnier, sa vie, nos œuvres

Au vu de l’exposition au Musée Urbain qui porte son nom depuis dix-sept ans, Tony Garnier était « dans l’air du temps », un air essentiellement initié par Édouard Herriot dont il est beaucoup question aux Archives Municipales pour la bien-nommée déambulation L’Architecte et le maire. Ces deux parcours s’entrecroisent, se dupliquent même parfois – les originaux des documents étant logiquement présents aux Archives et ses fac-similés, commentés, du côté du Musée. La fondation Renaud dans un Fort de Vaise rénové s’attache elle à la prolifique production de toiles de Tony Garnier. Ce qui transparait au premier coup d’œil est la qualité de la production graphique de cet homme né à Lyon en 1869 d’une mère tisseuse et d’un père qui déjà peignait – le MUTG expose d’entrée ses Géraniums, hortensias et capucines. Le travail de Tony Garnier se regarde en détails. Tout y est d’une précision étonnante : ses tracés bien sûr (reden

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Des habitats à explorer

Journées du Patrimoine | Si au niveau national le thème des Journées Européennes du Patrimoine est "Arts et divertissement", la Métropole de Lyon l’axe sur l’habitat. Cap, ce week-end (samedi 21 et dimanche 22), sur ce qui a fait l’habitat social du XXe siècle, dont celui pensé par Tony Garnier, né il y a tout juste 150 ans.

Nadja Pobel | Mardi 17 septembre 2019

Des habitats à explorer

Les États-Unis (Lyon) Dans les années 1920, l’architecte lyonnais Tony Garnier a bâti 1492 logements dans un no man’s land. Révolution lors de l’inauguration en 1934 : le long de cette grande percée entre la Guillotière et Vénissieux, les appartements sont dotés de WC et de douches, un confort sans commune mesure avec les baraques environnantes. La visite (commentée) de l’appartement témoin dans son jus est le meilleur moyen de réaliser ce que furent ces progrès. Lors de ces Journées du Patrimoine, il sera possible de se rendre dans un autre appartement meublé XXIe siècle par Grand Lyon Habitat qui gère cet ensemble, une façon de voir à quoi aboutira la réhabilitation de 250 logements sur quatre ans lancée dès janvier. Pour les 1242 autres, aucun financement n’est encore prévu. Le + : Un mur peint cartographiant les réalisations de Tony Garnier sera inauguré le jeudi 19 septembre à 18h. Visites des appartements témoins des années 30 à 12h30, 15h30, 17h30, 18h et 18h30 et témoin d'aujourd'hui à 11h, 14h, 15h, 16h15 et 17h Réservati

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La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

Politique Culturelle | Ça va bouger du côté de la Halle Tony Garnier : la ville envisage d'en changer le mode de gestion à l'occasion du départ dans deux ans de son directeur, Thierry Téodori, et du renouvellement de la convention liant les deux parties à la fin de cette année. Comme pour la Salle Rameau, se pose aussi la question de l'intérêt de gros entrepreneurs du divertissement pour Lyon.

Sébastien Broquet | Mardi 17 avril 2018

La Halle Tony Garnier se cherche une nouvelle voie

À Lyon, point de Zénith, mais une Halle Tony Garnier devenue passage obligé des grosses tournées internationales dans l'agglomération. 115 représentations en 2017, pour 584 188 spectateurs payants et 5M€ de chiffre d'affaire : l'établissement public rapporte entre 200 000 et 400 000 euros chaque année à la Ville de Lyon, à laquelle les bénéfices sont reversés. Voilà un équipement culturel qui rapporte, ce qui n'est pas si courant... Et dont le directeur, Thierry Téodori, veille à respecter l'écosystème local en fermant ses portes en juillet et août, de manière à ne pas concurrencer les festivals (en premier lieu Nuits de Fourvière et Jazz à Vienne) ou en ouvrant ses portes au Festival Lumière. Du côté de la Ville, on parle même d'un « vaisseau amiral » chapeautant l'ensemble des salles du cru, du Kraspek Myzik au Transbordeur. Alors, tout va bien ? Oui, mais pas tout à fait, serait-on tenté de répondre. Téodori sur le départ Déjà, Thierry Téodori se prépare pour la retraite, dans deux ans. Se pose d'ores et déjà la question de sa succession, et remplacer celui qui est une figure incontestable et sans cesse consulté

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Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

Politique Culturelle | En mars dernier, la direction du Musée Urbain Tony Garnier s'alertait de sa situation économique critique et, en l'état, estimait sa fermeture imminente. La Ville de Lyon était dos au mur. Elle vient de réagir et augmente, comme promis il y a dix-mois, sa dotation.

Nadja Pobel | Vendredi 13 avril 2018

Sauvetage in extremis du Musée Urbain Tony Garnier

La Ville de Lyon a fait savoir aujourd'hui qu'en plus des 75 000€ déjà attribués annuellement (montant inchangé depuis une dizaine d'années), elle attribuera 15 000€ supplémentaires au musée. S'ajoutent les 20 000€ et le loyer gratuit concédés par le Grand Lyon Habitat, ainsi que les 30 000€ de la Région. La Ville avance qu'elle pourra aussi, « sur des projets spécifiques, apporter un financement complémentaire comme cela s’est fait en 2017 pour la scénographie de l’exposition temporaire » et que par ailleurs « Grand Lyon Habitat va augmenter sa contribution pour des prestations spécifiques liées à la rénovation des murs peints du Musée Urbain. » Enfin, la DRAC maintient sa participation (7000 € annonce la ville, mais en réalité la DRAC verse 9000€ depuis deux ans) et permet au Musée de se positionner sur l’appel à projets "Patrimoine 20e siècle" afin d’obtenir un financement supplémentaire. Soulagement Du côté du musée, ces annonces sont accueillies avec soulagement mais sa directrice, Catherine Chambon, reste prudente car cette augmentation sera mise au vote du Conseil municipal en juillet

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L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

ARTS | Menacé d'une déplorable fermeture imminente faute de moyens suffisants, le musée urbain Tony Garnier continue néanmoins de proposer des expositions aussi accessibles qu’utiles et intelligemment menées. Celle sur l’habitat des français, des taudis aux Habitations à Bon Marché, ne déroge pas à cette règle.

Nadja Pobel | Mardi 20 mars 2018

L’Habitat habité au Musée Tony Garnier

Après dix-huit mois consacrés au confort moderne puis au béton (et à toutes ces incidences sur la massification de l’habitat), le Musée Urbain Tony Garnier poursuit son remarquable travail pour mieux comprendre comment le XXe siècle s’est adapté en France à un changement civilisationnel fondamental - la bascule du monde rural vers le monde urbain – et comment cette population, de plus en plus dense, a pu être logée. Si quelques panneaux explicatifs éclairent des points précis (le rôle fondamental de l’Église, celui du patronat qui a abrité pour mieux les contrôler les ouvriers…), cette exposition est avant tout immersive. Il s’agit de ressentir comment on vivait au début du siècle, avec la reproduction d’une pièce de vie sous les toits quasiment dans ses dimensions originelles. Avec une collecte réalisée auprès des Lyonnais, voici un lit, des édredons peut-être vus chez vos ancêtres, une fenêtre type ré

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Gerland : au stade du changement

Patrimoine | Monument historique, le stade de Gerland est en pleine mutation. Dans les dix ans qui viennent, cette œuvre de Tony Garnier va devoir se reconfigurer à la taille de son nouveau locataire : le LOU rugby. Et si le ballon ovale ne vous inspire pas, visitez les travées de cette enceinte.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Gerland : au stade du changement

Il en a fallu du temps pour édifier ce stade ! Commandé par la Ville en même temps que les abattoirs (l’actuelle Halle) pour l’exposition internationale de 1914, les travaux commencés en 1913 cessent rapidement pour cause de Grande Guerre. Il ne sera inauguré qu’en 1926, terminé à l’aide des prisonniers de guerre allemands. Inspiré des grandes formes de l’architecture antique, le stade est composé de quatre grandes arches sur chacune de ses quatre faces en forme d’arc de triomphe. Il s’insère dans un site comprenant, comme sous l’Antiquité, des pistes d’athlétisme et de courses cyclistes, des terrains de tennis, un stade nautique et un institut d’éducation physique — nous, en période "hygiéniste". Good gone D’une capacité initiale de 3000 places, le stade, au gré des divers aménagements (un toit sur les tribunes notamment pour le mondial de foot en 98), a atteint 43 000 sièges, et a eu comme locataire de 1950 à décembre 2015 l’OL. À compter de janvier prochain, c’est le LOU rugby, accédant au Top 14, qui occupera cette pelouse. Des travaux d’adaptation sont prévus dans les dix prochaines années pour atteindre une jauge oscillant entre 15 000 et 24 000 place

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Le béton, l’autre matière grise

ARTS | Autour d’un sujet peu glamour, le béton, invention clé des Trente Glorieuses, le musée Tony Garnier a élaboré une remarquable exposition qui fait confiance à l’intelligence de ses visiteurs.

Nadja Pobel | Mardi 13 octobre 2015

Le béton, l’autre matière grise

Au cœur d'un quartier des années 1930 si typique de l’habitat moderne, le musée Tony Garnier dresse au fil des années un très solide état des lieux de la fabrique de l’urbanisme. Sa précédente exposition sur le confort moderne se penchait sur l’apparition de la consommation de masse. Exit cet aspect social pour évoquer la construction même des immeubles, question technique qu'il a le mérite de traiter frontalement. Sacré béton explique pour commencer que l'apparition de ce matériau remonte à l’ère romaine, bloc extrait du chantier de l’Antiquaille à l'appui. Heureuse et simple manière de relier Lyon à son histoire doublement millénaire et de tracer une ligne entre deux arrondissements, les 5e et 8e, qui ont manifestement plus de choses en commun qu’on ne le croit. L’évolution de son utilisation se lit ensuite sur une tablette à activer soi-même. Lieux de plaisance au XIXe siècle (Tête d’Or, Hyde Park, Central Park…), ponts dans l’après-guerre mais aussi, bien sûr, bâtiments publics et privés

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La Halle Tony Garnier a 100 ans

MUSIQUES | C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 2 octobre 2014

La Halle Tony Garnier a 100 ans

C'était en 1914, souvenez-vous (mais si, faites un effort) : sur une commande du maire Edouard Herriot, Tony Garnier mettait la touche finale à la fameuse halle qui porte aujourd'hui son nom, censée abriter abattoirs et marché aux bestiaux. La Première Guerre mondiale en décida temporairement autrement. Réquisitionnée, elle  casernes et usine d'armement avant de retrouver sa fonction. Devenu à terme une salle de spectacles, l'endroit fête donc ses cent ans. Et c'est nous qui sommes bien contents. Déjà parce que la Halle en profitera, comme vous le savez, pour "investir" toutes les salles qui comptent à Lyon (Breton au Marché Gare le 21 novembre, Deltron 3030 au Transbordeur le 27, Owen Pallett à l’Épicerie Moderne le 6 décembre...). Mais aussi parce que la fête se prolongera en 2015 avec l'accueil de belles pointures parmi lesquelles le duo blues-rock The Black Keys (7 mars), les vieilles gloires du nu-metal System of a Down (14 mars, date unique en France qu'on espère plus calme que celle de 2005), Ennio Morricone (18

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Retour vers le futur

ARTS | Au cœur de la cité Tony Garnier, le musée du même nom propose une délicate et précieuse immersion dans les balbutiements de la société de consommation, lorsque le culte de l’objet répondait à un besoin urgent d’hygiénisme et d’allègement des corvées. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 18 mars 2014

Retour vers le futur

Suce-poussière, thermoplasme électrique, frigidaire… Le confort moderne esquissé dans l’entre-deux-guerres renvoie tout d’abord à un vocabulaire au charme désuet - il désigne ici respectivement un aspirateur, une sorte de bouillotte guérisseuse et un frigo. Dans un espace à deux étages, anciennement un commerce de «nouveautés» du quartier, le musée urbain Tony Garnier présente un nombre importants de pièces d’époque mais évite l'écueil de la surabondance. Au contraire : entre panneaux d’informations, objets en vitrine et photos, il laisse place à la déambulation et à l’immersion. Comment c’était avant ? Le XXe siècle naissant voit se mettre en application les préceptes d’hygiénisme pensés au siècle précédent. Le confort ne peut plus être réservé aux seuls riches, le travailleur y a droit aussi, comme le souligne dès 1904 un des fondateurs du mouvement HLM, Émile Cheysson. Dans les usines, les femmes ont remplacé les hommes partis au front, leur temps de ménagère doit donc être rationnalisé et leurs gestes sériés. Cuisine intégrée, grille-pain, mini-laveuse, cocotte-minute, aspirateur, moulin-légumes, fer à repasser, fer à friser… font dans cette optiq

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Quand Lyon fait la belle

ARTS | Les musées Gadagne éclairent avec pertinence l’Exposition internationale urbaine de 1914, démonstration des avancées hygiénistes de Lyon à la face du monde, avant que l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand ne balaye temporairement les velléités d’Édouard Herriot. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 24 janvier 2014

Quand Lyon fait la belle

À force d’auto-célébration muséale à quelques mois des élections, il n’y aurait qu’un pas à franchir pour accuser la mairie de se faire mousser sur le dos de ses institutions. Pourtant, à bien y regarder, toutes ces initiatives ne se valent pas. Si Lyon l’internationale (aux Archives récemment) n’était, malgré un catalogue solidement documenté, qu’un exposé hagiographique des grandes œuvres de la cité, ce qui se joue à Gadagne est autrement plus consistant et passionnant : en racontant comment l’exposition internationale de 1914 a vu le jour, c’est en effet toute la politique hygiéniste du maire Edouard Herriot et son influence sur Paris qui sont déroulées. Refusant alors que se tienne une troisième exposition universelle dans la ville, apanage de la chambre de commerce, l’édile souhaitait un événement au rayonnement mondial dont il serait le commanditaire, obtenant de l’Etat sa bénédiction et son aide financière. Au gré des différentes salles, c’est donc non seulement toute la complexité de l’organisation dudit événement (la construction des pavillons dans un quartier encore déserté, celui de Gerland, l’enrayement de la grève de la CGT…) et ses enjeux politiq

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Les Queens of the Stone Age à Lyon

MUSIQUES | Attention, événement : Josh Homme et ses Queens of the Stone Age (autrement dit l'un des groupes de rock les plus influents du XXIe siècle) se produiront à (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Les Queens of the Stone Age à Lyon

Attention, événement : Josh Homme et ses Queens of the Stone Age (autrement dit l'un des groupes de rock les plus influents du XXIe siècle) se produiront à la Halle Tony Garnier le 12 novembre prochain. Mise en vente des places le 21 juin - ça c'est de la Fête de la musique - à 10h. Soyez au taquet, il n'y en aura pas pour tout le monde.

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Stade classé

CONNAITRE | Grand ordonnateur de l’architecture lyonnaise dans la première moitié du XXe siècle, Tony Garnier, outre les Abattoirs de la Mouche (actuelle Halle de (...)

Nadja Pobel | Lundi 9 juillet 2012

Stade classé

Grand ordonnateur de l’architecture lyonnaise dans la première moitié du XXe siècle, Tony Garnier, outre les Abattoirs de la Mouche (actuelle Halle de concert et salons du nom de son créateur), de l’hôpital Grange-Blanche et du quartier des États-Unis, a également piloté le projet du stade de Gerland de 1913 à 1926. Cette enceinte n’était pas initialement prévue dans la Cité industrielle qu’il avait dessinée, mais il en reçoit néanmoins la commande la mairie. La Première Guerre mondiale contraint à suspendre les travaux et le chantier reprend en 1919 avec l’aide des prisonniers allemands de guerre ! Faute de modèle de stades contemporains, Garnier s’inspire librement des formes du cirque antique : le site comprend de grandes arches sur chacune de ses quatre faces. Inscrit depuis 1967 au titre des monuments historiques, le stade a été rénové à l’occasion du Mondial de football en 1998 (construction d’un toit sur la totalité des tribunes notamment), et peut désormais accueillir 43 000 spectateurs et supporteurs de l’Olympique lyonnais, club en résidence depuis 1950. Lors des visites du stade, le guide mène même aux vestiaires de septuples champions de Franc

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Les États-Unis – Lyon - 1934

CONNAITRE | Au premier abord : une balade à ciel ouvert au milieu des îlots construits par Tony Garnier et des fresques géantes initiées par les habitants afin de redorer (...)

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Les États-Unis – Lyon - 1934

Au premier abord : une balade à ciel ouvert au milieu des îlots construits par Tony Garnier et des fresques géantes initiées par les habitants afin de redorer le blason de leur quartier dans les années 90. Les balcons sont aujourd’hui des bow-windows, ils ont été fermés par des fenêtres alors qu’ils étaient à l'origine conçus comme des aérations (dans une optique d’hygiène). Quant aux jardins, ils sont ouverts à tous, en réponse à la politique haussmannienne des jardins clos de l’entre-soi. Dans un second temps, découvrir l’appartement témoin avec la distribution des pièces faite à partir de la pièce centrale (et surtout pas d’alcôves privées de lumière). Des ascenseurs ont été ajoutés récemment et les caves ne servent plus à stocker le charbon de chauffage mais des effets personnels. En 1934, c’est une révolution urbaine qui s’incarne dans ce quartier de part et d'autre du boulevard industriel qui ne deviendra "le quartier des États-Unis" que quelques années plus tard, en hommage aux Américains. Tram T4 – États-Unis

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Archi vivante

CONNAITRE | À Lyon ou aux portes de la ville, cinq sites majeurs de l'architecture moderne, regroupés sous la mention Utopies réalisées, s'offrent au visiteur curieux. En route pour une découverte estivale des quartiers des États-Unis, des Gratte-ciel, des Étoiles, du couvent de la Tourette et de la cité Le Corbusier de Firminy. Des lieux sont toujours habités (logement social ou édifice religieux). Car ce qui a prévalu à leur construction vaut toujours : mieux vivre ensemble.

Nadja Pobel | Jeudi 5 juillet 2012

Archi vivante

Mieux vivre ensemble. Tant pis si l'expression a des airs de tarte à la crème resservie à chaque élection. Au début du vingtième siècle, les ouvriers vivent dans des logements insalubres et la France a l’un des plus forts taux de mortalité au monde. Soucieux de la santé de leurs administrés et surtout des moins aisés, des maires téméraires comme Lazare Goujon à Villeurbanne et Édouard Herriot à Lyon font alors fait appel à des architectes inventifs pour que tous vivent mieux ensemble. En 1934, les Gratte-ciel (Villeurbanne) et le quartier des États-Unis (actuellement dans le 8e arrondissement de Lyon) sont inaugurés. À Lyon, Tony Garnier a travaillé sur l'espace intérieur et extérieur et construit des îlots entourés de verdure. À Villeurbanne, l'ensemble dessiné par Morice Leroux et Robert Giroud est plus imposant, mais l'accent est également mis sur la praticité des immeubles : où que l'on soit logé, il est possible d'accéder à un commerce du rez-de-chaussée sans mettre le nez dehors, se protégeant ainsi du froid. Et surtout, audace rare : la construction du règlement urbain (réseaux d'assainissement, de gaz, d'électricité) se fait en même temps que les immeu

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Métal hurlant

MUSIQUES | Musique / Parfois, entre la positive attitude de Lorie et les «coin-coin» de Brian Placebo, la Halle Tony Garnier se purge un peu les écoutilles en (...)

| Mercredi 13 décembre 2006

Métal hurlant

Musique / Parfois, entre la positive attitude de Lorie et les «coin-coin» de Brian Placebo, la Halle Tony Garnier se purge un peu les écoutilles en programmant du metal. Cette semaine, ce sont les monuments Trust et Tool qui viennent, coup sur coup, rappeler le temps où la Halle résonnait de cris de cochons. En plein n'importe quoi pré-présidentielles, les papys de Trust ont jugé utile de venir rebrailler un bon coup leur Anti-social. Et montrer que 26 ans plus tard, il y a toujours une ou deux raisons de perdre son sang froid. Mais si l'énergie et les convictions sont toujours là, les motivations ont changé : moins de coups de pompe dans le cul de la maréchaussée, davantage d'incitation au vote (tout le monde vieillit). Leur live, Soulagez-vous dans les urnes, s'il sonne parfois comme du Johnny, n'en agite pas moins la menace du Sarkoland, une sorte de Disneyland où le petit Nicolas serait à la fois un Mickey et complètement Dingo. Dans un autre genre, Tool a contribué depuis 1990 à polir le metal. Une touche de rock progressif à la King Crimson, un doigt (devinez lequel) de Pearl Jam, il n'en faut pas plus à Maynard James Kennan & Co pour scotcher des wagons de fans à leur metal

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