Le Vinatier en photos : Quelques images de la folie

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Photo : Carte postale du Vinatier, début 20e siècle © DR


« On juge du degré de civilisation d'une société à la façon dont elle traite ses fous » proclamait le détonnant psychiatre Lucien Bonnafé (1912-2003). On pourra donc se rendre à la Ferme du Vinatier pour vérifier, en images, de l'évolution ou de l'involution de notre degré de civilisation.

À l'occasion des 140 ans de l'hôpital psychiatrique, ouvert en 1876 à Bron, le centre culturel propose de retracer l'histoire du lieu et de ses occupants, à travers des photographies, des cartes postales, des plans d'architectes... Pour les Journées du Patrimoine (les 17 et 18 septembre), vous pourrez aussi, en plus de l'exposition, visiter l'ensemble du site avec un guide.

Un parcours conseillé tant le Vinatier est un espace étonnant (avec sa chapelle, ses traces de lieu d'élevage et de cultures...) et en constante transformation : de l'idée d'autarcie agricole du 19e siècle aux bâtiments contemporains inaugurés il y a tout juste deux ans...

À la Ferme du Vinatier du 7 au 23 septembre


1876-2016 : le Vinatier en photos

Photographie
La Ferme du Vinatier Centre hospitalier Le Vinatier, 95 boulevard Pinel Bron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

Continuer à lire

Brasserie Georges : une visite aux petits oignons

Brasserie Georges | 180 ans au compteur et une santé de fer : la brasserie Georges ouvre ses portes au public ce week-end.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Brasserie Georges : une visite aux petits oignons

Fut un temps béni où Louis Pradel n'avait posé ni la verrue de béton qu'est Perrache (1976), ni l'autoroute (1972) sur le cours Verdun. Mais cette situation peu amène ne change rien à la fréquentation de la Brasserie Georges, qui depuis quelques années voit même défiler devant sa façade de 42 mètres de long, des co-voitureurs en pagaille se donnant là rendez-vous. L'époque change mais l'institution demeure. Seul établissement à encore brasser sa bière intramuros, la Brasserie Georges, ouverte sept jours sur sept, affiche une moyenne annuelle de mille convives journaliers qui ingurgitent 100 000 litres de ce breuvage houblonné, parfaitement épongé par la fameuse choucroute. À Georges déployé Au-delà de la nourriture, le plaisir de s'attabler à la Brasserie Georges est aussi celui de se fondre dans les banquettes en moleskine rouge dans cette salle qui défie l'architecture (700 m² sans aucun pilier mais soutenue par d'immenses poutres en sapin venues de la C

Continuer à lire

Une architecture de la cruauté ?

ARTS | Espace interrogé et interrogeant, les chambres d’isolement des hôpitaux psychiatriques font l’objet d’une exposition à la Ferme du Vinatier. Une exposition composée d’un documentaire vidéo signé Natalie Giloux et de photographies de Marie-Noëlle Décoret. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 19 octobre 2012

Une architecture de la cruauté ?

«Je me rends compte que je me suis habitué à l’horreur de cette architecture, une architecture de la cruauté» dit un psychiatre. Cette expression est si surprenante et résonne tellement avec les écrits d’Antonin Artaud qu’elle est pour nous un titre tout trouvé. Mais, attention, avec un point d’interrogation ! Car ces propos de psychiatre sont extraits d’un documentaire vidéo sur les "chambres d’isolement" qui entremêle les propos (de patients et soignants) les plus hétérogènes, parfois les plus opposés… «J’ai vécu la chambre d’isolement comme un traumatisme», dit un patient en larmes, «j’ai eu l’impression qu’on voulait me faire du mal… Je regardais le plafond, je raisonnais en boucle fermée, ça m’a fait délirer». Et d’autres patients de contredire, ou d’atténuer : «ça fait chuter la fièvre de la folie», «ça m’a aidé à me calmer», «j’ai vécu ça comme une punition au début, puis comme une sorte de repos et d’apaisement». Censée protéger un service psychiatrique (et/ou le malade contre lui-même) d’un patient en crise, ou utilisée parfois pour des raisons thérapeutiques, la chambre d’isolement fait débat, aussi bien par

Continuer à lire