Bruno Serralongue : paroles et images

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Photo : Calais le 26 janvier 2016 © Bruno Serralongue


Calais, Notre-Dame-Des-Landes, Florange... En France et à l'étranger, le photographe Bruno Serralongue documente les luttes et les conflits politiques en tentant de se dégager des procédés médiatiques habituels... Il parlera de son travail lors d'une conférence à la Bibliothèque de la Part-Dieu, ce mardi 29 novembre à 18h30, et exposera de nouvelles images au Bleu du Ciel du 2 décembre au 4 février 2017.

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Notre-Dame-des-Landes, la zone à défendre vue par Bruno Serralongue

Le Bleu du Ciel | Renouvelant la photographie documentaire, Bruno Serralongue présente au Bleu du Ciel son tout dernier travail, autour de la communauté de la Zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Notre-Dame-des-Landes, la zone à défendre vue par Bruno Serralongue

Bruno Serralongue (né en 1968) a engagé, depuis le milieu des années 1990, une profonde réflexion sur la construction (dispositifs concrets et formels, transmission médiatique, etc.) des événements politiques contemporains : qu'il s'agisse d'une manifestation de sans-papiers à Paris, d'un sommet international sur le climat en Afrique du Sud, ou d'une assemblée de la diaspora tibétaine... Ce qui intéresse particulièrement l'artiste-photographe ce sont les formations d'une foule, d'un collectif, d'une communauté. Il en scrute les invariants, les artifices, les normes, ou au contraire les à côtés, les singularités et les lignes de fuite. Au Bleu du Ciel, il présente une exposition inédite qui résulte de deux années vécues auprès des "naturalistes" ayant investi une zone à défendre à Notre-Dame-des-Landes. Les images, patientes et minutieuses, de Bruno Serralongue évoquent et retracent la vie d'une communauté de bénévoles, de militants et de scientifiques qui, tout à la fois, cultivent la terre afin de vivre s

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Dérive du regard

ARTS | Expo / Rendre compte de la réalité tout en refusant l'esthétisme et les normes de la société du spectacle : tel est le défi que s'est lancé le photographe Bruno Serralongue qui, patiemment, construit une œuvre subversive. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 25 avril 2007

Dérive du regard

Regarder les images du photographe Bruno Serralongue (né en 1968), c'est forcément, dans un premier temps, être déçu. Tant nous sommes habitués à pénétrer dans une galerie pour y découvrir des formes maîtrisées, un style, une subjectivité artistique palpable à la surface des œuvres... Serralongue refuse tout cela, sans pour autant tomber dans l'image systématiquement pauvre et déceptive, neutre voire faussement ratée, qui est encore une façon de se forger un style. Le photographe s'intéresse tout particulièrement aux modes de production de l'information, à ses circuits de diffusion et aux normes souterraines qui la régissent : «J'opère une sorte de ré-appropriation de l'information, parce qu'il n'y a aucune raison qu'elle soit aux mains des professionnels. L'information appartient à tous ceux qui souhaitent se l'accaparer, la maîtriser, même si c'est plus difficile à titre individuel», déclarait-il dans une interview en 1999. Héritier des situationnistes, Serralongue refuse l'image spectacle formatée tout comme la photo-souvenir amateur. Il oscille entre ces deux écueils pour montrer autre chose que ce qu'exigent les attachés de presse ou les rédacteurs en chef : le hors champ des

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