Alexandre Hollan : Là où le temps dort...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mars 2017

Photo : © Alexandre Hollan



Alexandre Hollan

Les arbres et les vies silencieuses, photographie
Galerie Pome Turbil 48 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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A travers les branches

ARTS | La galerie Pome Turbil présente des œuvres récentes d'Alexandre Hollan. Un artiste qui, à partir de seulement quelques arbres et récipients, réinterroge notre rapport au monde. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 février 2015

A travers les branches

On regarde, mais on voit si peu. On parle, mais les mots restent à la surface des choses. On raisonne et l'on passe à côté de l'essentiel. Ils sont quelques-uns, artistes (Cézanne), poètes (Yves Bonnefoy), philosophes (Martin Heidegger) à nous indiquer que "notre réalité" cache, éloigne, distord le réel, l'être. Et que nos "outils" les plus fondamentaux (le regard, le langage, la raison) trop souvent nous aveuglent et nous fourvoient. Afin de déjouer les pièges de la représentation et de ses codes réducteurs, beaucoup d'artistes se sont tournés vers l'abstraction, notamment en France dans les années 1960. En prenant en compte les "avancées" d'un Bram Van Velde ou d'un Mark Rothko, tenté parfois lui-même par l'abstraction, Alexandre Hollan a cependant toujours su qu'il avait besoin d'images : «Sans images, c'est trop abstrait. Ces images se forment dans la nature : arbres, fruits, chemins, maisons... Elles habitent les brumes, les collines, la lu

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Questions sur le monde

CONNAITRE | Alors qu'on l'imaginerait bien à Stockholm pour le prix Nobel de littérature, Yves Bonnefoy sera à Lyon le 5 mars pour recevoir le prix Kowalski de la ville (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 23 février 2012

Questions sur le monde

Alors qu'on l'imaginerait bien à Stockholm pour le prix Nobel de littérature, Yves Bonnefoy sera à Lyon le 5 mars pour recevoir le prix Kowalski de la ville pour son dernier recueil de poèmes, L'Heure présente. / Extrait : «Chambre après chambre et lui dans la dernière / Et le doute qui cesse. C'est comme si, / De ton errance aux pieds ensanglantés / Tu avais recousu l'irréparable. / Et ta vie enfouit son front sur cette épaule, / Et qu'importe s'il est trop tard et si tu meurs». Le comédien Yannick Laurent lira des extraits de cette œuvre en présence d'Yves Bonnefoy. Un poète capital pour qui la poésie (il parle là de celle de Rimbaud mais on peut généraliser) «se doit d'être, non un jeu sur les mots mais une question sur le monde». Cet événement s'inscrit dans le cadre du Printemps des poètes (du lundi 5 au dimanche 11 mars à Lyon et son agglomération) qui mettra en avant cette part essentielle et trop rare de la littérature, dans des cafés, théâtres et autres espaces publics. Une thématique, les «Enfances», sera déclinée par bien des invités prestigieux comme le Lyonnais Charles Juliet, le Martiniquais Patrick Ch

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Yves Bonnefoy primé

CONNAITRE | Et une distinction de plus ! Mais ce n’est jamais trop pour ce grand poète contemporain qu’est Yves Bonnefoy. À 88 ans, il est fraichement lauréat depuis (...)

Nadja Pobel | Vendredi 9 décembre 2011

Yves Bonnefoy primé

Et une distinction de plus ! Mais ce n’est jamais trop pour ce grand poète contemporain qu’est Yves Bonnefoy. À 88 ans, il est fraichement lauréat depuis le 7 décembre dernier du prix de poésie de la ville de Lyon, le prix Roger Kowalski, pour son recueil L'Heure présente (Mercure de France). Quand il n’écrit pas ses textes les plus reconnus comme Du mouvement et de l'immobilité de Douve (1953) ou La Longue chaîne de l'ancre (2008), il publie des essais critiques ou des traductions de Shakespeare notamment. Son prix lui sera remis lors du lancement national du Printemps des poètes qui, cette année, se fera depuis Lyon, en mars prochain.

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Yves Bonnefoy

CONNAITRE | «Car la poésie, c'est rechercher le contact avec ce que la vie a d'immédiat dans des rapports avec d'autres êtres qui en deviennent de l'absolu, et cette (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 3 février 2011

Yves Bonnefoy

«Car la poésie, c'est rechercher le contact avec ce que la vie a d'immédiat dans des rapports avec d'autres êtres qui en deviennent de l'absolu, et cette expérience ne peut se faire qu'en délivrant la parole des systèmes conceptuels qui substituent à cette plénitude possible leurs représentations abstraites», dit Yves Bonnefoy dans "L'Inachevable", suite d'entretiens passionnants récemment publiée chez Albin Michel. Une quête toujours relancée, toujours remise en question, du superbe recueil "Du mouvement et de l'immobilité de Douve" (1953) au beaucoup plus récent "Raturer outre" (2010). Le poète est aussi un formidable essayiste, critique d'art (avec des textes clefs sur Poussin, Giacometti...), traducteur (Shakespeare au premier chef), passeur de Rimbaud (on ne saurait trop vous conseiller son livre "Notre besoin de Rimbaud") ou de Baudelaire. Un contemporain essentiel qui, à 87 ans, délivre à l'oral comme à l'écrit une pensée toujours aussi intense et singulière. Sa venue à Lyon pour un échange avec le poète Jean-Pierre Siméon n'est donc rien moins qu'un événement. JED

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Bonnefoy, la référence

CONNAITRE | Rencontre / Yves Bonnefoy est, au même titre que beaucoup des artistes qu'il a fréquentés (André Breton, Raoul Ubac, Pierre Leyris, Alberto Giacometti), une (...)

| Mercredi 13 décembre 2006

Bonnefoy, la référence

Rencontre / Yves Bonnefoy est, au même titre que beaucoup des artistes qu'il a fréquentés (André Breton, Raoul Ubac, Pierre Leyris, Alberto Giacometti), une des figures de l'histoire littéraire, artistique et intellectuelle du XXe siècle. C'est dans l'immédiate après-guerre qu'il publie son premier recueil de poèmes, intitulé Du mouvement et de l'immobilité de Douve. Suivront des livres comme Hier régnant désert ou Dans le leurre du seuil qui sont tous marqués par la fameuse «quête de présence» qui anime son art poétique : «Aussi peu le poème aura-t-il réussi à être le dévoilement de la présence, autant il a été en son commencement, et demeure - c'est là sa qualité négative, mais qu'il ne faut pas méconnaître - le dégel des mots, la dispersion des notions qui figent le monde, en bref un état naissant de la plénitude impossible : et s'il ne peut s'y tenir, il en dit au moins l'espérance». Mais l'influence de Bonnefoy ne s'arrête pas à la sphère poétique. Elle s'étend en effet à l'ensemble du panorama artistique, puisque il est aussi un essayiste de talent qui aborde la peinture ou la littérature avec érudition et singularité. Ses ouvrages sur Giacometti, Baudelaire, Aléchinsky ou Le

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