Biennale 2017 : Good vibrations !

Art Contemporain | Sur le papier déjà, la prochaine Biennale d'art contemporain émet de bonnes vibrations tant du côté de sa thématique (l’œuvre d'art conçue comme ouverte et en devenir), que de ses promesses en expériences sensibles.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Photo : Hans Haacke, Sky Line, 1967 © Hans Haacke / VGAlexandre Calder, 31 janvier, 1950, ©Lisa Hofmann - ©Adagp


Fluide, atmosphérique, sensible, décloisonnée, musicale... Telles seront les tonalités majeures de la 14e Biennale de Lyon consacrée aux "mondes flottants", et deuxième volet d'une trilogie autour du thème du "moderne". Cette modernité, Emma Lavigne, commissaire invitée, la conçoit comme liquide (en se référant au sociologue Zygmunt Bauman) avec « ses flux, sa vitesse qui à la fois connectent les gens et les déconnectent entre eux. »

Aucun angélisme de sa part quant au règne dominant et potentiellement aliénant du réseau et du flux, mais une réelle volonté de rouvrir les enjeux d'une autre conception de la modernité : non plus celle d'un art replié sur lui-même et son formalisme, mais celle (développée par exemple par Luciano Berio, James Joyce ou Lucio Fontana) d'une œuvre ouverte et en constant devenir...

Directrice du Centre Pompidou-Metz depuis 2014, conservatrice à la Cité de la Musique de 2000 à 2008, Emma Lavigne a déjà conçu une multitude d'expositions décloisonnant les frontières entre l'art, la danse, la musique, voire... les jardins ! Comment une forme se transforme, comment une forme s'hybride et ne se referme jamais sur elle-même : tel sera le fil rouge de cette Biennale.

Pas de mur pour le son

Dans trois lieux (la Sucrière, le Musée d'art contemporain et un espace encore indéterminé sur la Presqu'île), le spectateur sera invité à une sorte d'errance sensorielle et perceptive à travers six îlots thématiques : "Flux et reflux" (avec des artistes comme Jochen Gerz, Marcel Broodthaers, Laurie Anderson), "Océan de sons" (David Tudor, Gildo Meireles, Doug Aitken...), "Circulation infinie" (Alberto Burri, Damian Ortega...), "Archipel de la sensation" (Lygia Pape, Julien Creuzet...), "Corps électriques" et "Cosmogonies intérieures".

Chaque îlot présentera bien sûr nombre d'œuvres récentes d'artistes contemporains, mais sera aussi introduit par des œuvres phares du 20e siècle empruntées aux collections du Centre Pompidou, du Musée de Grenoble et du MAC de Lyon et signées par exemple Alexandre Calder, Lucio Fontana, Georges Brecht, Hans Haacke.

La musique et les "paysages sonores" prédomineront parmi les œuvres présentées, tant elle est capable de traverser les frontières et les espaces. Et rarement Biennale ne se sera annoncée sous d'aussi bons auspices : à la fois stimulante intellectuellement, et prometteuse en expériences sensorielles !

14e Biennale d'art contemporain : Mondes flottants
Du 20 septembre au 7 janvier 2018 à Lyon

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter