Les 5 expos à voir en mai

Art | Cinq expos qu'il faut voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 mai 2017

Photo : Carole Benzaken, By Night (Mine), 2005


1. Vagabondages, au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au 17 septembre

Chaque année, le Musée Dini présente une exposition thématique rassemblant plusieurs artistes contemporains de la région. Cette nouvelle édition est consacrée aux '"vagabondages", errances tant physiques dans le paysage que psychiques dans l'imaginaire ou le rêve... On y découvre de très belles œuvres signées Marc Desgrandchamps, Jacques Truphémus, Jacques Monory, Max Schoendorff, Djamel Tatah, Carole Benzaken...

2. Pierre de Maria, Figuratif de l'imaginaire à la galerie Michel Descours jusqu'au 17 juin

Marqué par la Première guerre mondiale, critique vis-à-vis du progrès industriel et technologique, proche des surréalistes, le peintre Pierre De Maria (1896-1984) a développé une œuvre atypique et méconnue, entremêlant dans ses figures fantastiques : machines, animaux et formes humaines... La galerie Descours lui consacre une petite rétrospective passionnante.

3. Meris Angioletti et Flora Moscovici, Adagio à La BF15 jusqu'au 27 mai

Pour prolonger la très belle exposition monographique Ann Veronica Janssens à l'Institut d'Art Contemporain (jusqu'au 7 mai), nous vous conseillons de vous rendre à La BF15. Les artistes Meris Angioletti et Flora Moscovici s'appuient sur la qualité de la lumière du centre d'art. La première déploie une sorte de partition plastique entremêlant plans colorés, textes et pièce sonore (Thema de Berio) ; la seconde crée un environnement pictural sur les cimaises de la BF15, partant du gris du sol jusqu'à l'incandescence de la lumière solaire.

4. Confidences pour confidences à l'URDLA jusqu'au 13 mai

L'Agence du doute (collectif artistique) et l'artiste lyonnaise Laurence Cathala s'emparent d'une nouvelle de l'écrivain Stefan Zweig, Le Bouquiniste Mendel, pour en donner une relecture plurivoque et éclatée à l'URDLA, en fragments de textes et en "images"... Des images piochées notamment parmi les collections d'estampes de l'URDLA et signées par des artistes comme Rémy Jacquier, Alex Chevalier, Jean-Luc Parant, Georges Adilon, Sarah Tritz...

5. Fantin-Latour, À fleur de peau au Musée de Grenoble jusqu'au 18 juin

Peintre au trait puissant et moderne, mais moins connu que ses amis impressionnistes, Henri Fantin-Latour (1836-1904) fait l'objet d'une grande rétrospective dans sa ville natale, Grenoble. On y découvre ses superbes compositions florales ou ses représentations plus mythologiques et imaginaires des dernières années de sa carrière. Mais encore et surtout ses scènes d'intérieur intimistes où l'espace suggéré plus que représenté se resserre autour de quelques personnages à la présence aussi austère qu'intense.


Ann Veronica Janssens

Mars
Institut d'Art Contemporain 11 rue Docteur Dolard Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Vagabondage

Un été contemporain, exposition collective d'artistes rhônalpins (peinture, photographie...) autour des nocturnes, du voyage, des paysages, soit ce qui transforme notre relation au temps, à l'étrangeté, à la singularité.
Musée Paul-Dini 2 place Faubert Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pierre de Maria

Figuratif de l'imaginaire, peinture
Galerie Michel Descours 44 rue Auguste Comte Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Meris Angioletti + Flora Moscovici

Adagio
La BF15 11 quai de la Pêcherie Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Ann Veronica Janssens : ouvrir l'œil à l'IAC

Art Contemporain | À travers un parcours simple et ouvert à tous, Ann Veronica Janssens propose de multiples expériences artistiques désorientant et élargissant nos perceptions visuelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Ann Veronica Janssens : ouvrir l'œil à l'IAC

Traverser un frêle rideau de vapeur d'eau, contourner une surface bleue pailletée comme jetée sur le sol du musée, regarder au ralenti des particules blanches et cotonneuses s'échappant d'un vaporisateur... Telles sont quelques-unes des nombreuses expériences visuelles, et plus largement perceptives, que propose l'artiste d'origine britannique Ann Veronica Janssens (née en 1956 et vivant actuellement à Bruxelles) à l'Institut d'Art Contemporain. Depuis la fin des années 1970, Ann Veronica Janssens réalise principalement des œuvres in situ à partir de matériaux très simples (bois, verre, béton...) qui provoquent chez le spectateur des sensations physiques directes, en relation avec l'architecture du lieu. Pour son exposition monographique à Villeurbanne, l'artiste explique s'être focalisée en particulier sur des œuvres, récentes ou anciennes, « où il y a peu de choses préhensibles, et beaucoup d'idées de mouvement, de transformation.. » L'impalpable (la lumière et son spectre de couleurs, la

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Pierre De Maria : vie et œuvre des machines

Peinture | La galerie Descours consacre une exposition monographique au peintre méconnu Pierre De Maria, et à son univers atypique peuplé de "monstres" mi-organiques mi-mécaniques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 11 avril 2017

Pierre De Maria : vie et œuvre des machines

Fils unique issu d'une famille très fortunée, Pierre De Maria (1896-1984) coule une enfance tranquille à Paris. Les De Maria possèdent l'une des rares industries produisant des appareils d'optique pour la photographie et la cinématographie. À dix-huit ans, la fleur au fusil, il s'engage dans l'armée et est envoyé au front comme artilleur. Il traversera la Première guerre mondiale sans blessure, mais non sans trauma psychique : « Je me suis engagé en 1914 par goût du spectacle rare. Celui-ci fut long et atroce mais j’ai appris l’amour des paysages calcinés, des monstres de fer et d’acier crachant du feu » déclare-t-il dans un entretien en 1980. Le monde industriel, la guerre et ses machines à tuer marqueront durablement Pierre De Maria et trouveront bientôt une place essentielle dans son œuvre picturale. À l'ombre des surréalistes Au retour du front, Pierre De Maria travaille comme peintre décorateur, retrouve sa vie de dandy, se lie d'amitié avec Henri-Pierre Roché, l'auteur du roman Jules et Jim. Il fré

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Des gares en transformation : Grenoble

Patrimoine | Après 32 mois de travaux, la gare de Grenoble a retrouvé clarté et praticité le 14 février dernier. Au pied des montagnes, flanquée de son indispensable gare routière flambant neuve pour partir à l'assaut des cols, découverte de cette gare – pardon ce pôle d'échanges multimodal - si fréquentée.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Des gares en transformation : Grenoble

Elle a été filmée par Arnaud Desplechin quand Nora (Emmanuelle Devos) débarquait à Grenoble pour aller voir son père mourant au CHU. Dans le sompteux Rois et reine, le cinéaste parvient alors à donner un peu d'âme à une gare pourtant encore bien fade, lors de ce tournage en 2003. Quatorze années et 34, 5 M€ investis plus tard (entre l’État, la Région, le Département, Grenoble-Alpes Métropole, le Syndicat mixte des transports en commun, la Ville et les branches Gares et connexion et Réseau de la SNCF), la voilà nettement plus fréquentable avec son parvis piéton refait, de nouveaux accès côté Europole, le prolongement du souterrain sud... et des parcs à vélos toujours plus grands (2000 emplacements au total pour un coût de 2€/jour, 12€/mois ou 49€/an) pour cette cité qui n'a nul besoin de se doter de vélos en libre-service tant la métropole avait anticipé ce besoin bien avant. Agrandie pour les JO de 1968, cette gare gagne désormais en lumière afin d’accueillir ses 50 000 voyageurs par jour. Quant à la ligne Lyon-Grenoble, qualifiée parfois de "malade" (retards, vétusté...) selon un audit de la SNCF datant de 2011 et améliorée depuis,

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Des expos qui feront bouger les lignes

Expositions | Qu'elle prenne pour origine un souffle indistinct ou au contraire une limpidité idéale, l'image artistique tente de faire bouger nos perceptions, nos émotions et nos manières de penser. Et va parfois, pour cela, jusqu'à "s'encanailler" avec la littérature, le cinéma et le design.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 janvier 2017

Des expos qui feront bouger les lignes

« Le rêve sait à sa façon que l'image est chaos » écrit le psychanalyste Pierre Fédida dans un article au titre évocateur : Le souffle indistinct de l'image. Rêves et œuvres artistiques, selon Fédida, auraient pour origine fluctuante et floue une sorte d'haleine, de brume d'images mouvantes, charriant quelques fantômes et réminiscences ancestrales... C'est dans cette "ambiance", sous ce point de vue, que l'on peut appréhender les tableaux si singuliers du jeune peintre lyonnais Frantz Metzger que la galerie Anne-Marie et Roland Pallade présentera pour la deuxième fois, du 19 janvier au 11 mars. Les corps de ses personnages y semblent composés autant de chair que d'air brumeux, et revisitent avec force et trouble quelques scènes classiques : annonciation, mythe de Diane et Actéon, descente de la croix... Dans un tout autre genre (installations, environnements...), l'artiste belge Ann Veronica Janssens (née en 1956) travaille elle aussi à partir de matériaux informels comme la lumière, le son, ou ses fameux brouillards col

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Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

IAC | En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle de lieu de recherche : le Laboratoire espace cerveau. L'idée est de réunir des scientifiques (des sciences dures aux sciences humaines en passant par la philosophie, voire par des savoirs un peu borderline comme la télépathie ou l'hypnose) et des artistes pour réfléchir, au regard des découvertes et recherches les plus récentes, sur les liens entre espace, temps, corps et cerveau. Expositions et journées de réflexion se déclinent en "stations" et la prochaine (la "station (1)0" les 4 et 5 novembre à l'IAC) ouvre un nouveau cycle autour de l'idée de monde cosmomorphe : soit une expérience étendue de l'environnement, entre infiniment grand et infiniment petit. Ces deux journées d'étude (entrée libre sur réservation) réuniront notamment les philosophes Didier Debaise

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La Belle Époque en couleurs

ARTS | Le Musée Paul Dini se penche sur le vrai-faux mouvement postimpressionniste, regroupant une multitude d'artistes ayant notamment expérimenté de nouvelles manières de rendre la lumière à travers la couleur. Avec pour têtes d'affiche : Paul Signac, Pierre Bonnard, Maurice Denis... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 1 décembre 2015

La Belle Époque en couleurs

En 1886 se déroulait la dernière exposition impressionniste. En 1907, Pablo Picasso peignait Les Demoiselles d'Avignon, considéré comme le premier tableau cubiste. Quand on ne s’embarrasse pas trop de détails, on passe en général rapidement d'un courant à l'autre pour décrire les débuts de la modernité picturale. Avec un Cézanne qui fait le grand écart entre les deux, et quelques figures plus difficilement classables comme Van Gogh ou Toulouse-Lautrec. Le Musée Paul Dini nous propose un double "zoom avant" sur la période 1886-1914, nous invitant à redécouvrir à la fois la multitude de groupes de cette époque et quelques peintres régionaux en particulier. Les critiques et historiens anglo-saxons ont inventé le terme de "postimpressionnisme" pour tout mettre dans le même sac : néo-impressionisme, synthétisme, nabis, symbolisme, fauvisme... Pratique, mais cela ne correspond à aucun mouvement réel, constitué, homogène (ceci dit, l'Impressionnisme était déjà lui-même assez éclaté). Le plus petit dénominateur esthétique commun à tous ces artistes, c'est finalement un même désir d'expérimentation picturale inauguré par les impressionnistes et Manet, une même foi dan

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Ann Veronica Janssens

ARTS | Née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni), vivant actuellement à Bruxelles, Ann Veronica Janssens est connue notamment pour ses environnements de brumes colorées (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 10 juillet 2009

Ann Veronica Janssens

Née en 1956 à Folkestone (Royaume-Uni), vivant actuellement à Bruxelles, Ann Veronica Janssens est connue notamment pour ses environnements de brumes colorées où le visiteur vient à se perdre ou, en tout cas, à éprouver quelques nouvelles sensations (à Lyon lors de la Biennale d'art contemporain 2005, par exemple). De manière plus générale, l'artiste, à partir de matériaux pauvres, explore la diversité de nos perceptions et sensations, et leurs rapports à l'espace. À l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne (jusqu'au 16 août), Ann Veronica Janssens et Nathalie Ergino inaugurent la première étape d'un laboratoire artistique et scientifique, confrontant espace et cerveau.

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