Moon à la galerie Roger Tator

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 juin 2017

Photo : © DR


Quatre années de recherche pour concevoir un... luminaire ! Oui, mais par n'importe lequel : l'objet réalisé par le designer Oscar Lhermitte est une réplique très précise de la lune, à une échelle de 1/20 millions. Le moindre de ses cratères s'y retrouve et un anneau de lumière LED tourne autour du globe, éclairant constamment la face exacte de la lune et recréant les phases lunaires vues de la terre.

Bref, il s'agit d'une véritable petite lune perso à placer sur votre commode ou votre table de chevet, produite à 500 exemplaires. L'exposition organisée par la galerie Rogert Tator (Moon jusqu'au 21 juillet) présente plusieurs étapes des recherches d'Oscar Lhermitte (des globes de différentes matières et de différentes couleurs), une vidéo retraçant la réalisation de l'objet et tous les mécanismes et pièces électroniques qui se logent à l'intérieur...

La lune devient ici le lieu de rencontre des rêveurs et des bricoleurs.


Oscar Lhermitte & Studio Kudu

Moon
Galerie Roger Tator 36 rue d'Anvers Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Black Moon, un rare Louis Malle projeté au Bellecombe

Météorites | Tourné dans la foulée de Lacombe Lucien, Black Moon (1975) est l’ultime long-métrage que Louis Malle va signer en France avant de s’exiler aux États-Unis (...)

Vincent Raymond | Jeudi 8 octobre 2020

Black Moon, un rare Louis Malle projeté au Bellecombe

Tourné dans la foulée de Lacombe Lucien, Black Moon (1975) est l’ultime long-métrage que Louis Malle va signer en France avant de s’exiler aux États-Unis pour quelques années — au reste, on n’y cause plus français, ni plus beaucoup d’ailleurs dans cette variation sur Alice au pays des merveilles automnale qui rappelle par son ambiance onirique semi-cauchemardesque La Dernière fugue que signera Chabrol deux ans plus tard. Superbement photographiée par le génial Sven Nykvist, cette rêverie située à la campagne et pendant une campagne militaire (de guerre entre hommes et femmes) envoûte par son charme abstrait et ses échos psychanalytiques. Météorites le sort de l’éclipse où il se cachait pour le proposer en une conjonction spéciale au cinéma Bellecombe (Lyon 6e) le vendredi 9 octobre à 19h. À voir !

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Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

Musique Contemporaine | Nouveau festival dédié aux musiques contemporaines, Superspectives entremêle musiques savantes et musiques populaires dans un cadre idyllique sur la colline de Fourvière.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Avec le nouveau festival Superspectives, la musique contemporaine au pluriel

L'étiquette "musique contemporaine" effraie, aujourd'hui encore, beaucoup (trop) de monde, et François Mardirossian (pianiste) et Camille Rhonat (professeur de philosophie) en sont conscients. Les deux anciens camardes de lycée ont mis cette année en sourdine leurs activités professionnelles pour lancer un festival de musique contemporaine qui ferait mentir les idées reçues et décloisonnerait le genre. « Pour nous, entonne le duo, la musique contemporaine n'est pas seulement la musique classique contemporaine, mais aussi bien le jazz, les musiques du monde, l'électro... Par goût personnel, nous avons voulu mettre en avant, pour cette première édition, les compositeurs issus du courant minimaliste, les œuvres et les héritiers de John Cage, Steve Reich, Philip Glass, Moondog... ». Dont acte : une nuit blanche minimaliste aura lieu le samedi 6 juillet de 20h30 à 8h du matin (!), Stefan Lakatos et Bengt Tribukait rendront hommage, la veille, à Mo

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Moondog : le Dernier Viking

Nuits de Fourvière | À la suite des grands hommages fourvièrien consacrés à des figures mythiques de la musique contemporaine (Beatles, Waits, Wyatt...), les Nuits se penchent cette année sur l'un des musiciens les plus énigmatiques et influents du XXe siècle : Moondog, aka le Viking de la VI avenue.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 juin 2016

Moondog : le Dernier Viking

Quand une légende commence, elle est souvent précédée de beaucoup d'autres. Or, quand Louis Hardin plus connu — même si c'est beaucoup dire — sous le nom de Moondog, naît en 1916, la légende familiale est déjà en marche et elle pourrait s'arrêter là. Son grand-cousin n'est autre que l'outlaw américain John Wesley Hardin, qui donnera son titre et une chanson à un album de Bob Dylan et passa 17 ans en prison pour meurtre à la fin du 19e siècle, avant d'être assassiné à El Paso. C'est dans cette culture parfois un peu schizophrène de l'ouest américain que baigne Louis, entre Kansas, Wyoming et Idaho : son père, pasteur épiscopalien, lui fait rencontrer un jour Yellow Calf : un chef indien arapaho qui l'initie au tambour en peau de buffle lors d'une danse du soleil. C'est probablement là que le rythme entre sous la peau du jeune garçon s'initiant ensuite à la batterie. À 16 ans, un accident digne d'un western — un bâton de dynamite trouvé sur une voie ferrée lui explose au visage — lui coûte la vue et le jeune homme navigue entre autodidactisme et institutions pour aveugle. De fait, toute sa vie sera ainsi positivement tiraillée entre underground et académisme : installé à

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Moondog : en coulisse avec l'ensemble Minisym

Nuits de Fourvière | À Nantes où il répétait en ce mois de mai, il apparaît bien vite que l'ensemble Minisym (créé pour ressusciter Moondog) est le point d'appui principal (...)

Nadja Pobel | Mardi 7 juin 2016

Moondog : en coulisse avec l'ensemble Minisym

À Nantes où il répétait en ce mois de mai, il apparaît bien vite que l'ensemble Minisym (créé pour ressusciter Moondog) est le point d'appui principal de la soirée hommage concoctée par les Nuits de Fourvière. Amaury Cornut, 28 ans, le piano indien face à lui, écoute les sonorités métissées, classiques et mélodieuses, baroque et pop de ses quatre camarades et imagine comment cela va s'organiser dans la première partie du concert avec la voix de Stephan Eicher (ami et collaborateur de la légende), l’orchestre de l'Opéra de Lyon et le duo Dominique Ponty-Lakatos (piano / trimba). Avec rigueur, les Minisym s'attellent, à l'aide de partitions et des quelques enregistrements fidèles, à retranscrire la musique de Moondog sans la lester d'ornements inutiles, s'appuyan

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Moonwalkers

ECRANS | de Antoine Bardou-Jacquet (Bel/GB, 1h47) avec Ron Perlman, Rupert Grint, Robert Sheehan…

Vincent Raymond | Mercredi 2 mars 2016

Moonwalkers

Les films s’inspirant de la vie de célébrités se réfèrent, en général, à ce qu’elles ont accompli... Sauf dans le cas de Kubrick. Le réalisateur de 2001 ayant choisi de se reclure dans le mystère créatif perfectionniste et silencieux, un mythomane usurpa son identité ; cela donna Appelez-moi Kubrick de Brian W. Cook. Quant au “documenteur” de Karel, Opération Lune, il découla d’une rumeur selon laquelle la Nasa aurait commandé à Stanley le tournage d’un faux alunissage. Cette dernière légende est ici à nouveau exploitée, incluse dans une comédie d’espionnage assaisonnée façon Guy Ritchie — c’est-à-dire comme enrichie en psychotropes. L’europudding en résultant appartient à la catégorie des semi-spoofs adroits : ces parodies un peu coupables dont il convient de ne pas abuser. VR

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TOPS of the pop

MUSIQUES | «Un simple disque de pop», voilà à quoi la bible des tendances musicales Pitchfork, numéro 1 sur la prescription (et la mauvaise foi), réduit le dernier (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 juin 2015

TOPS of the pop

«Un simple disque de pop», voilà à quoi la bible des tendances musicales Pitchfork, numéro 1 sur la prescription (et la mauvaise foi), réduit le dernier album en date de TOPS, quatuor de Montréal hiberné en pleine nostalgie eighties. Même s'il s'agit là d'un compliment déguisé, les choses sont un peu plus complexes que cela. Car TOPS se tient sur un fil où camperait une pop croisant, sur le quasi parodique Outside, aussi bien Julee "Twin Peaks" Cruise que Tom "Top Gun" Cruise faisant le sexe avec Kelly Mc Gillis sur fond de Take My Breath Away (le fameux Love Theme du film, signé Giorgio Moroder et minaudé par Berlin). Ici, les synthés irradient comme la photographie en mode Tequila Sunrise de Tony Scott dans ledit film justement, mais ils enveloppent comme une atmosphère à la David Lynch. De fait, le terme "dream pop", souvent utilisé pour qualifier ce genre d'exercice planant à la rythmique léthargique, semble avoir été inventé pour TOPS. Mais là encore, c'est un rien réducteur, car les compositions en forme de perles (ou de bulles) des Canadiens, si elles peuvent à l'occasion

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Les soirées du 6 au 12 mai

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : la release party du numéro 100 du magazine "Hétéroclite" au Lavoir, Tolouse Low Trax au Terminal et la label night Moonrise Hill Material au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 5 mai 2015

Les soirées du 6 au 12 mai

07. 05 Hétéroclite fête son n° 100 Pour une fois, débutons cette sélection par un peu de copinage. Nos amis d'Hétéroclite, «mensuel gay et lesbien mais pas que» qui depuis bientôt dix ans réussit le pari de décrypter et défendre la culture LGBT tout en s'affranchissant de ses clichés, fête leur centième numéro. En ces temps de désaveu du papier et de la pensée, ce n'est pas un mince exploit. Ils le fêteront dignement au Lavoir Public avec une résurrection de Pressing, le talk-show théâtral itinérant qui précéda le lieu et, surtout, un mix de la plantureuse et érudite Rihanna Foutre, l'égérie du magazine. On y sera.

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Moon Duo : objectif Lune

MUSIQUES | Après le transcendant et transcendantal "Circles", Moon Duo s'est mis un peu à l'ombre pour accoucher de "Shadow of the Sun" et développer plus avant la face noire de son essence psychédélique. Et quand on dit essence, c'est à tous les sens du terme. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 7 avril 2015

Moon Duo : objectif Lune

C'est Sacred Bones, leur label, qui l'affirme officiellement : le dernier album de Moon Duo, Shadow of the Sun contient «des rythmes dansants, des riffs répétitifs, des boogies de camionneur cosmiques et même un joli moment d’extase.» Inutile de dire que pour rivaliser avec le précédent album du duo, qui en est à son troisième, il fallait au moins ça : des boogies de camionneur cosmiques. Cela étant posé, on en déconseille fortement l'écoute au volant. Car les deux psychédéliciens que sont Ripley Johnson et Sanae Yamada sont deux psychotropes vivants n'en formant qu'un, plus puissant. Et ce d'autant plus qu'on en prolonge l'usage ou augmente les doses, ce qui est le cas à chacune de leur nouvelle production. Dream Machine De fait, et en cela la référence routière est loin d'être vaine, Shadow of The Sun développe un peu plus loin que ne le faisait Circles (tournant autour de la figure du poète transcendental Ralph Waldo Emerson) une espèce de routine confinant à l'hypnose, effectivement semblable à la sensation d'avaler des kilomètres, de la bande blanche et les effets stroboscopiques de lampadaires semblables à

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Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

ECRANS | Moins flamboyante que l’an dernier, la rentrée cinéma 2014 demandera aux spectateurs de sortir des sentiers battus pour aller découvrir des films audacieux et une nouvelle génération de cinéastes prometteurs. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Vent de jeunesse sur la rentrée cinéma

Si l’extraordinaire Leviathan ne lui avait ravi in extremis la place de chouchou de la rentrée cinéma, nul doute qu’elle aurait échu à Céline Sciamma et son très stimulant Bande de filles (sortie le 22 octobre). Troisième film de la réalisatrice déjà remarquée pour son beau Tomboy, il suit le parcours de Meriem, adolescente black banlieusarde qui refuse la fatalité d’une scolarité plombée et se lie d’amitié avec une «bande de filles» pour faire les quatre-cents coups, et en donner quelques-uns au passage, afin d’affirmer sa virilité dans un monde où, quel que soit son sexe, la loi du plus fort s’impose à tous. Cette éducation par la rue et le combat n’est pas sans rappeler les deux derniers films de Jacques Audiard ; Un prophète en particulier, puisque Sciamma cherche elle aussi à filmer l’éclosion dans un même mouvement d’une héroïne et d’une actrice — formidable Karidja Touré. S’il y a bien une com

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Seconde(s) chance(s) : les reprises ciné de l'été

ECRANS | Comme dans les années 80, la saison estivale est devenue le moment privilégié pour exposer des classiques dans les salles. La moisson 2014 est belle du côté du Comœdia, avec notamment un thriller génial de John Frankenheimer et les aventures américaines d’Agnès Varda. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 15 juillet 2014

Seconde(s) chance(s) : les reprises ciné de l'été

Premier événement de cet été de classiques au Comœdia : l’exhumation d’une perle rare du thriller américain, un film matrice et pionnier de John Frankenheimer, Seconds, L’Opération diabolique (à partir du 23 juillet) où un banquier âgé et déprimé par la monotonie de son existence accepte la proposition d’une mystérieuse organisation : changer de visage et démarrer ainsi une nouvelle vie. Le visage en question est celui de Rock Hudson, et voilà notre homme propulsé dans une communauté constituée uniquement d’autres «reborns» menant la vie facile, jusqu’à ce qu’il se rende compte du prix à payer pour cette opération effectivement diabolique. Dans un noir et blanc spectaculaire signé par le vétéran James Wong Howe — qui fut le directeur photo de John Ford — Frankenheimer signait un objet culte, le premier film casse-tête de l’histoire du cinéma. Tourné en 1965, c’est aussi un prototype parfait et précoce du cinéma conspirationniste et parano qui allait envahir Hollywood cinq ans plus tard. Terres étrangères Devenu invisible depuis sa sortie en 1970, Moonwalk One (à partir du 30 juillet) de Theo Tamecke r

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Bon trip

CONNAITRE | Si vous lisez ne serait-ce qu'un tant soit peut régulièrement les papiers que nous consacrons au neuvième art, il ne vous aura pas échappé que nous sommes (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 31 janvier 2013

Bon trip

Si vous lisez ne serait-ce qu'un tant soit peut régulièrement les papiers que nous consacrons au neuvième art, il ne vous aura pas échappé que nous sommes d'éternels mécontents, toujours à nous lamenter sur la faible représentation des auteurs étrangers dans les séances de dédicace organisées par nos librairies et festivals. Non sans mauvaise foi, la Belgique, la Suisse et le Québec ne satisfaisant pas à nos critères d'exotisme. Cette semaine, nous n'en ferons rien. Parce que Expérience reçoit les jumeaux brésiliens Fábio Moon et Gabriel Bá, auteurs en 2010 d'un Daytripper si époustouflant que le voir revenir bredouille du Festival International de la BD d'Angoulême nous serait aussi douloureux que la perte d'un animal de compagnie. De mort, il en est d'ailleurs question dans cette œuvre entièrement réalisée à quatre mains, en l'occurrence de celle du dénommé Bràs de Oliva Domingos. Ou plutôt de celles, le récit s'attachant à narrer la vie de ce journaliste nécrologique par le prisme de moments où il aurait pu la perdre. Le procédé, aussi audacieux que les faits qui l'alimentent sont ordinaires (coup de foudre, accident, paternité...), confère à l'ensemble les airs d'un

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La Chute du mur

MUSIQUES | Duo mixte de San Francisco, qui cite Emerson autant qu'Alan Vega, Moon Duo avance en cercle dans le seul but de franchir le mur du son. Et y parvient. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 19 octobre 2012

La Chute du mur

Le mur du son. Les hommes ont un truc avec ça depuis les premiers pionniers de l'aviation moderne. Récemment, le monde entier l'a vu, l'Autrichien Felix Baumgartner l'a même franchi «à pieds» en se jetant d'un tremplin stratosphérique. De leur côté, nombre de musiciens et/ou producteurs ont cherché à l'enfoncer d'un coup d'épaules ou en s'élevant eux-mêmes à la force de leur inspiration, de Phil Spector, inventeur du "Wall of Sound" – et qui en est d'ailleurs tombé avec moins de grâce que le stratosnaute – à My Bloody Valentine, du Velvet Underground à The Seeds, ou aujourd'hui des Black Angels aux Raveonettes. Tombés du nid Wooden Shjips, «Ripley» Johnson, forcément barbu comme patriarche, et Sanae Yamada jouent dans cette cour-là mais y disposent sitars et préceptes issus de la pensée du gourou des transcendantalistes Ralph Waldo Emerson (auquel on doit le titre de leur album). Ici, le mur du son se traverse en passe-muraille somnambule – comme sur le single Sleepwalker. Cercles

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Moonrise kingdom

ECRANS | Poussant son art si singulier de la mise en scène jusqu'à des sommets de raffinement stylistique, Wes Anderson ose aussi envoyer encore plus loin son ambition d'auteur, en peignant à hauteur d'enfant le sentiment tellurique de l'élan amoureux. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 16 mai 2012

Moonrise kingdom

Revoici Wes Anderson, sa griffe de cinéaste intacte, dès les premiers plans de Moonrise kingdom. Sa caméra explore frontalement une grande demeure comme s'il visitait une maison de poupée dont il découperait l'espace en une multitude de petits tableaux peuplés de personnages formidablement dessinés. Au milieu, une jeune fille aux yeux noircis au charbon, cousine pas si lointaine de Marion Tenenbaum, braque une paire de jumelles vers nous, spectateurs. Ce n'est pas un détail : d'observateurs de ce petit théâtre, nous voilà observés par cette gamine énigmatique, dont on devine déjà qu'elle a un train d'avance sur les événements à venir. L’art de la fugue Par ailleurs, la bande-son se charge, via un opportun tourne-disque, de nous faire un petit cours autour d'une suite de Benjamin Britten. Où l'on apprend que le compositeur, après avoir posé la mélodie avec l'orchestre au complet, la rejoue façon fugue en groupant les instruments selon leur famille. Là encore, rien d'anecdotique de la part d'Anderson. Cet instant de pédagogie vaut règle du jeu du film à venir, où il est question d'enfance (qui n'est pas un jeu), de fugue (qui n'est pas musicale)

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Vintage pur jus d'Orange

MUSIQUES | Que ce soit dans son esthétique visuelle ou dans ses choix musicaux, il existe à Lyon un label musical qui défend une certaine idée du vintage lorgnant vers un âge d'or perdu de la pop : Echo Orange. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 janvier 2012

Vintage pur jus d'Orange

De la pop très 60's d'A-Song aux accents yéyé des Rebels of Tijuana, de l'univers 100% 70's de Fireball F.C. au girl group à l'ancienne Monkberry Moon Orchestra, on se croirait échappé d'une capsule spatiale qui nous aurait déposé à une autre époque, sur la planète des songs. Ou au bar de feu le Sergent Pop-Penny Lane-Plastic People puisqu'on pouvait y croiser jadis la plupart de ces gens, qui pour certains ont fait partie d'un groupe aujourd'hui disparu et devenu mythique pour une poignée de popeux lyonnais : les Rams, d'ailleurs présents sur la compile du label, Orange Juice. «Si Echo Orange existe et ces groupes existent aujourd'hui c'est aussi un peu grâce aux Rams, confirme Maxime Jacquard, directeur artistique d'Echo Orange. C'est un groupe que j'ai découvert il y a dix ans et qui m'a complètement bluffé à la fois par son talent et sa démarche esthétique." Amplis à lampe et fétichisme Pour Maxime Jacquard, ce parti-pris vintage «est une manière pour les musiciens de retrouver certaines valeurs musicales perdues. Au sein du label, il y a le fantasme de retrouver le son d'une certaine époque : un son chaud qui

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Ha Ha Ha

ECRANS | De Hong Sang-Soo (Corée du Sud, 1h56) avec Kim Sang-kyung, Moon So-ri…

Christophe Chabert | Mercredi 9 mars 2011

Ha Ha Ha

Deux amis, l’un réalisateur, l’autre critique de cinéma, se retrouvent pour se pinter la gueule en se racontant à tour de rôle leur histoire, sans se rendre compte qu’au cœur de l’une et de l’autre se trouve la même femme, une guide touristique particulièrement instable. Hong Sang-soo, cinéaste prolifique et parfois chiant comme la mort, souvent qualifié de Rohmer coréen, est ici plus proche d’un Woody Allen : son film, sans doute son meilleur à ce jour, est à la fois conceptuel (les scènes au présent sont réduites à des photogrammes en noir et blanc) et formidablement incarné par la fine fleur des acteurs sud-coréens. Si la réalisation est d’une paresse insigne (des plans-séquences agités par des zooms hideux), l’écriture est remarquable et se déploie avec un appétit vorace pour les ruptures en tout genre et les séquences entre deux eaux, maintenant jusqu’au bout et avec malice le quiproquo de départ. CC

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