Les 5 expos à voir cet été

ARTS | Non, tout ne ferme pas au 1er juillet : les galeries sont encore actives, et les musées vous accueillent durant toutes les vacances. Voici nos cinq expos à voir cet été, que vous soyez adeptes de photographie, d'art contemporain ou de visite pour toute la famille.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 2 juillet 2017

Photo : © DR


1/ Lumière ! Le cinéma inventé au Musée des Confluences jusqu'au 25 février 2018

Inventeurs hors du commun (ils ont cosigné à peu près 240 brevets !), Auguste et Louis Lumière ont non seulement mis au point le cinématographe, mais aussi l'autochrome couleur, le photorama, les prémices du cinéma en relief... L'exposition du Musée des Confluences retrace, à travers une très agréable scénographie, cette saga de l'image en mouvement, qui est aussi une saga collective, familiale, industrielle et lyonnaise.

2/ Maria Loboda et Charwei Tsai à l'Institut d'Art Contemporain à Villeurbanne jusqu'au 13 août

L'IAC ouvre ses espaces à deux artistes dont l'univers poétique et esthétique est aussi un univers fort énigmatique. La polonaise Maria Loboda propose un parcours entre architecture et archéologie imaginaires ; et la taïwanaise Charwei Tsai des vidéos, des aquarelles et des installations flirtant avec la pensée bouddhiste. Deux œuvres dont nous vous conseillons vivement la découverte.

3/ De la marche à la démarche au Réverbère jusqu'au 29 juillet

La galerie Le Réverbère réunit quatre photographes aux semelles de vent, pour qui la marche à pied est une manière de se mettre au diapason du monde et/ou à la portée des rencontres de hasard... Bernard Plossu, Beatrix Von Conta, Philippe Herbet et Frédéric Bellay sillonnent avec talent les paysages urbains comme ceux des campagnes, en France ou à l'étranger...

4/ Jaume Plensa au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne jusqu'au 17 septembre

Fascinés, soufflés, impressionnés... Tels sont les mouvements et les sentiments qui nous ont traversé en découvrant les immenses visages effilés sculptés par l'artiste espagnol Jaume Plensa. Lou, Laura Asia, Wilsis, Mar et Julia sont cinq visages féminins aux yeux fermés, cinq têtes en fonte de fer de plus de quatre mètres de hauteur et pesant chacune près de trois tonnes, dont l'apparence change en fonction de notre point de vue.

5/ Rexistance au Bleu du Ciel jusqu'au 23 septembre

Pour fêter ses quinze ans d'existence, le collectif de photographes reporters Item (basé à Lyon) s'expose au Bleu du Ciel sous le signe du combat politique et de la résistance... Lanceurs d'alerte, militants anti-FN, zadistes, travailleurs sociaux, salariés, ou simples citoyens engagés sont les "héros" ordinaires ou extraordinaires d'un pays (la France) qui s'invente des possibles.


Lumière ! Le cinéma inventé


Musée des Confluences 86 Quai Perrache Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Charwei Tsai + Maria Loboda + Jef Geys

Water Moon + La Fête, la musique, la noce + Le tour de France 1969 d'Eddy Merckx, Les Plantes médicinales
Institut d'Art Contemporain 11 rue Docteur Dolard Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


De la marche à la démarche

Exposition collective
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Cinq expos à voir cet été à Lyon

De la nature, au Musée Dini Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d’autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube…. Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu’au dimanche 20 septembre Picasso, l'expo événément Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivis

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Cinq expos à voir en mars

Bons Plans | Utopies, expériences sonores, souffles peints, voyages photographiques : sous le signe de la diversité des sens, voici cinq bonnes expos à découvrir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2020

Cinq expos à voir en mars

Retour vers le futur Fabien Giraud et Raphaël Siboni présentent à l'IAC une exposition protéiforme des plus étranges. On y déambule parmi des objets recouverts de sel, des flaques d'eau, des projections de films durant vingt-quatre heures, des fragments de masques, des tubes métalliques qui tournent sur eux-mêmes, des immortels dormant sur le sol du musée... Il y est question de la naissance d'un enfant virtuel, de subversion du capitalisme, de nouvelles formes d'échange, et d'un laps de temps utopique s'étirant de 1894 à 7231 ! Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Infantia À l'Institut d'Art Contemporain jusqu'au dimanche 3 mai Origines du monde Pendant huit ans, le photographe brésilien Sebastiao Salgado a parcouru les endroits les plus reculés et les plus préservés de la planète, dont il présente à La Sucrière

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Fondus au monde

Photographie | Le Réverbère réunit quatre photographes qui ont le voyage dans le sang de leur création : Thomas Chable, Serge Clément, Jacques Damez et Bernard Plossu.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2020

Fondus au monde

Il est cinq heures du matin à New York, à Dakar, Mumbai, Istanbul, Bangkok... Aux pays des ombres, la vie doucement s'éveille : au pied d'un pont, en bordure de plage, à l'intérieur d'une voiture, ou au reflet d'une vitrine... Et, dans cette montée timide de la lumière, le photographe canadien Serge Clément capte le lent remuement de silhouettes sombres à l'orée du jour. L'accrochage, au Réverbère, de ses images prises aux quatre coins du monde, toujours à la même heure, nous saisit par sa dominante de noirs, cette sorte de brume sombre et flottante d'humanité, parmi laquelle, peu à peu, les images comme les corps se dessinent, se précisent. Ce fondu des formes, cet entre-deux du flou et du réel nous renvoie à l'image d'un autre photographe, Bernard Plossu, métamorphosant un car touristique à Rome en présence fantomatique. Comme si chez l'un et chez l'autre de ces photographes voyageurs, le

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Véronique de Viguerie, Yemen la guerre qu'on nous cache

L'Œuvre de la semaine | Rares sont les images de la tragédie humanitaire qui se déroule au Yémen, aussi rares que le sont là-bas l'eau, la nourriture, les médicaments et le pétrole. Au (...)

Sarah Fouassier | Mardi 19 mars 2019

Véronique de Viguerie, Yemen la guerre qu'on nous cache

Rares sont les images de la tragédie humanitaire qui se déroule au Yémen, aussi rares que le sont là-bas l'eau, la nourriture, les médicaments et le pétrole. Au nord, la population subit les frappes de la coalition menée par l'Arabie Saoudite, des bombardements qui pourraient être perpétrés avec des armes achetées à la France. « On meurt de tout au Yémen » rapportait Véronique de Viguerie à France Info le 3 octobre dernier. La photojournaliste venait de remporter le prix prestigieux de Visa pour l'Image, ainsi que le Visa d'or humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Pendant un an, Viguerie et sa consœur journaliste Manon Quérouil-Bruneel ont tenté d'accéder au nord pour couvrir « une guerre que l'on nous cache », dont le poids des chiffres est lourd : 15 000 morts civils, 60 000 blessés, trois millions de déplacés et un enfant qui meurt toutes les dix minutes. Les journalistes ne sont pas les bienvenus dans cette partie du globe. L'intégralité du reportage de Véronique de

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Éclairs de lucidité au Reverbère

Photographie | Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu présentent au Réverbère leurs éclats photographiques, visions fugaces ou fulgurantes de leurs rencontres avec le réel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 février 2019

Éclairs de lucidité au Reverbère

En exposant quatre photographes aux styles différents (Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu), aux formats allant de la quasi miniature au grand format, et utilisant aussi bien le noir et blanc que la couleur, Le Réverbère s'est donné beaucoup de liberté pour son nouvel accrochage. L'improvisation, le jazz, la poésie sont d'ailleurs convoqués dans le texte accompagnant l'exposition. D'une plume lyrique, Jacques Damez écrit encore que ces quatre photographes « font se confronter les plans, les surfaces, les valeurs, les couleurs, les miroitements, les échos, les contrastes, le temps et la lumière pour, dans l’éclair de leurs états d’âme, foudroyer leur sujet. Ils mettent à vif le réel, ils ne lui laissent pas d’échappatoire. » Ce serait donc à force de volonté d'approcher, au plus près, de la peau du "réel", que ces quatre artistes trouveraient leur univers poétique et formel, parfois jusqu'à l'abstraction (le Canadien Serge Clément et ses jeux de reflets, de résonances et de doubles, notamment). Espaces transitionnels On découvre ainsi le rée

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Collectif Item au Bleu du Ciel : résiste !

Photographie | Pour capter d'où s'expriment les résistances aujourd'hui, direction le Bleu du Ciel où s'exposent les images conjointes de We Report et du Collectif Item.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Collectif Item au Bleu du Ciel : résiste !

Faire de la philosophie ou créer une œuvre d'art, c'est résister à la bêtise, disait en substance Gilles Deleuze. « Résister à l'irrésistible » écrivait encore le poète Michel Deguy ! « On ne résiste qu’à ce à quoi l’on craint de ne pouvoir résister » poursuivait Françoise Proust, philosophe du concept de résistance... Dès fin du 20e siècle, les luttes et les expressions de la résistance - au pouvoir, à l'intolérable, aux inégalités... - ont pris des formes multiples, nouvelles. Parfois même, insoupçonnées et microscopiques à la manière d'un Bartleby qui, dans le récit de Melville, « préférerait mieux ne pas ». Les photographes reporters du collectif lyonnais Item (qui fête ses 15 ans) se sont acoquinés avec We Report pour interroger cette idée de la résistance contemporaine. Luttes... invisibles ? « Rexistance est née d’une volonté commune de travailler ensemble autour d’une thématique qui traverse les préoccupati

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Reportage de Jérémy Suyker sur la création à Téhéran

Septembre de la photographie | Le photographe Jérémy Suyker revient de Téhéran avec une série d'images sur les difficultés et la richesse de la créativité sous la censure du régime. L'insolence y est un mode de la liberté.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 septembre 2016

Reportage de Jérémy Suyker sur la création à Téhéran

« Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'occupation allemande », écrivait, provocateur, Jean-Paul Sartre en 1944... L'Iran n'est pas un pays occupé, certes, mais la censure y pèse de son poids qui n'est pas de plume, sur la création artistique. Le ministère de la Guidance islamique (équivalent du ministère de la Culture) soumet toute pièce de théâtre à son autorisation préalable, interdit aux chanteuses d'enregistrer un disque, hommes et femmes ne peuvent pas se toucher entre eux sur scène... Malgré cela, la vie créative bouillonne toujours à Téhéran, jouant avec les limites du permis, bricolant des systèmes D, contournant la censure. C'est ce que montre le projet photographique de Jérémy Suyker, exposé à l'Atelier Item et publié

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6Mois : décadrer le temps, recadrer l'image

Revue | Il existe des manières différentes de regarder le monde, sans le prisme d'une actualité speedée devenant insipide (primaires de la droite, de la gauche, des (...)

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

6Mois : décadrer le temps, recadrer l'image

Il existe des manières différentes de regarder le monde, sans le prisme d'une actualité speedée devenant insipide (primaires de la droite, de la gauche, des verts, des bleus, des jaunes...). C'est ce que propose la revue XXI depuis 2008, comme sa petite sœur 6Mois née en 2011. Le bruit ambiant est laissé pour mort et cette rédaction (la même pour les deux titres) se concentre sur ce qui survit au brouhaha, explorant les grandes lames de fond du monde. Jeudi 15 septembre à la librairie Ouvrir l’œil (1er arr.), la journaliste Marion Quillard viendra présenter le dernier numéro tout juste paru de 6Mois, où il est question notamment de l'Iran au travers de trois récits imagés « car ce pays va compter dans les années à venir, de plus en plus de touristes le visitent, des accords sur le nucléaire ont été récemment signés... » dit-elle. Elle sera accompagnée du photographe Jeremy Suyker, fin connaisseur de cette région, qui avait précédemment publié ses clichés dans la revue et qui expose actuellement à l'Atelier Item (Les Ins

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Morgan Fache : «La rue, c'est toute leur vie»

ARTS | Rencontre avec Morgan Fache, photo-reporter du collectif Item qui présente l'exposition Dann'somin : sous le soleil de l'exclusion. Habitant La Réunion, il s'est penché sur le sort des sans-abris locaux, ces hommes et femmes qui «ont pris la route». Parmi tous ces visages, se détache celui de Guerrier.

Valentine Martin | Mercredi 1 juillet 2015

Morgan Fache : «La rue, c'est toute leur vie»

Vous traîniez depuis plusieurs jours à la boutique de solidarité de la fondation abbé Pierre avant de tomber sur Guerrier. Que cherchiez-vous exactement ? Morgan Fache : Je ne sais pas trop en fait. Ce qui était sûr, c'est que je voulais aborder La Réunion sous un autre angle, la montrer différemment de ce qu'on a l'habitude de voir. Rencontrer Guerrier a été une chance car sans lui je n'aurais jamais pu accéder au monde des marginalisés, de ceux qui ont "pris la route". Je n'aurais jamais pu les approcher. En fait, c'est simple, sans Guerrier il n'y aurait pas eu d'exposition, je n'aurais pas pu travailler comme je l'ai fait. C'est pour ça que j'en ai fait le personnage principal de l'exposition. Je l'ai suivi dans son univers pendant deux ans. Au final, c'est lui qui m'a choisi, qui m'a aidé et m'a montré. C'était donc logique d'en faire mon "héros". Je repense a

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L'envers de la Réunion en photos

ARTS | Le photographe Morgan Fache a suivi pendant deux ans les déclassés de la Réunion. Un travail de terrain plein de bienveillance à découvrir à l'Atelier Item.

Valentine Martin | Mardi 16 juin 2015

L'envers de la Réunion en photos

Avant, Morgan Fache était travailleur social. «Mais ça, c'était avant», car il est aujourd'hui photoreporter. De sa première vie, il a toutefois gardé sa sensibilité et son attachement aux plus défavorisés. Dans sa nouvelle exposition, il s'est ainsi penché sur les laissés pour compte de l'île de La Réunion, où il vit depuis plusieurs années. Tout commence par sa rencontre avec Guerrier, un homme abîmé par l'existence et qui, comme beaucoup d'autres, "a pris le chemin", expression locale signifiant qu'il vit dans la rue. Ce dernier entraîne le photographe dans son univers, à la rencontre de déclassés, hommes ou femmes, qui tentent tant bien que mal de survivre dans ce paradis trompeur : à la Réunion, le taux de chômage est de 29%, soit trois fois plus élevé qu'en métropole. Fidèle à la volonté du collectif Item, dont il est membre, de travailler sur le long terme, Morgan Fache a suivi Guerrier et les siens (Valdo, Ludovic, Estrella...) pendant deux ans. Tout au long de l'accrochage, qui compte trente-huit clichés, leur quotidien s'offre ainsi au regard comme en continu, entre excès d'alcool, de violence, de drogue et élans de solidarité.

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Lumière 2014, jour 5 – Comédie érotique d’un après-midi d’automne

ECRANS | «Overlord» de Stuart Cooper, «Trains étroitement surveillés» de Jiri Menzel, «Andreï Roublev» d’Andreï Tarkovski.

Christophe Chabert | Samedi 18 octobre 2014

Lumière 2014, jour 5 – Comédie érotique d’un après-midi d’automne

Le festival Lumière entre dans sa dernière ligne droite, et même s’il reste deux jours de projections et encore pas mal de choses à découvrir, l’envie est grande de lever le pied et de se faire simplement plaisir. Autant dire que la nouvelle d’une projection surprise de Piège de cristal en présence de son mythique réalisateur John MacTiernan ce samedi à 20h45 à l’UGC Ciné Cité Confluence a fait l’effet d’une petite bombe. Non seulement parce que le film est génial, mais aussi parce que MacTiernan sort d’une année passée en prison, et qu’il est toujours bon d’aller lui témoigner sa gratitude de spectateur. On en reparle demain, bien entendu. D’ailleurs, pendant que la plupart des festivaliers saluaient la remise du Prix Lumière à Pedro Almodóvar, on s’est offert une «grande projection» — la seule de cette section — celle d’Andreï Roublev de Tarkovski. Pas vraiment un film de distraction, certes, même si on se disait en entrant que Lumière était quand même un festival à part. Quelle autre manifestation pourrait, un vendredi soir, remplir une salle de 350 places avec un film russe de 3 heures vieux de quarante-cinq ans ? Qui plus

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Bernard Plossu ou la photo vagabonde

ARTS | A l'occasion de deux expositions de Bernard Plossu à Lyon, évoquons ici son univers photographique de manière impressionniste : en des bribes de poésie, de biographie et de théorie mêlées. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2014

Bernard Plossu ou la photo vagabonde

Il est "10 : 10" sur l'autoroute. A travers un pare-brise invisible, le photographe Bernard Plossu a saisi cette symétrie temporelle sur le grand panneau d'information des réseaux routiers. On nous a beaucoup rebattu les oreilles (et les yeux) avec «l'instant décisif» de Cartier-Bresson, avec cette photographie censée être liée par essence à un laps de temps plein de signification ou de cocasserie. Ce n'est nullement inintéressant, mais réducteur. Sur cette image d'autoroute, exposée à l'ENS Lettres, la mesure du temps, quasi-absurde, est enveloppée de brouillard, de silence et de vide. La trop rationnelle et raide ligne droite de la chronologie se dérègle soudain parmi l'épaisseur et l'incertitude brumeuses de l'espace. Le temps météorologique, circulaire, cosmologique a eu raison du temps linéaire, calculé, rassurant. Aussi bien, l'abstraction vaporeuse y engloutit la figuration et le réalisme précis que l'on croyait si naturels au médium photographique. «Homme approximatif ou magnifique ou misérable / Dans le brouillard des chastes âges / Habitation à bon marché les yeux ambassadeurs de feu / Que chacun interroge et soigne dans la four

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

ARTS | La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 novembre 2010

Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (jusqu'au samedi 20 novembre), rassemblant une centaine d'images prises dans l'Ouest américain ou au Mexique de 1970 à 1985. La plupart sont des petits formats noir et blanc où l'on retrouve cette manière, si légère et touchante, d'appréhender les hasards de la vie, l'érotisme des femmes, l'incongruité d'un quartier urbain ou d'une bâtisse, la trivialité de la vie quotidienne, la beauté d'individus anonymes croisés l'instant d'un regard... On y découvre aussi un Bernard Plossu «paysagiste» et fasciné par le désert. Sur le sable ou le bitume, l'artiste poursuit sa route artistique singulière, pudique et émouvante.JED

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