Street Art en Colombie : couleurs, chaleur et revendications

Trublyon street art festival | Fervent défenseur d’un art chaleureux et engagé, le street art colombien est l’invité d’honneur du festival TrubLyon. L’occasion de se pencher sur des œuvres et des artistes nés d’une nouvelle scène dynamique, revendicatrice et fière de sa culture.

Corentin Fraisse | Mardi 29 août 2017

Photo : © DR


Longtemps considéré comme vandale, comme partout ailleurs, le street art colombien fait peau neuve. En quelques années, cet art est devenu l'un des attraits touristiques majeurs de Medellin et surtout de sa capitale Bogota. Il suffit de voir le nombre de touristes déambuler autour des fresques urbaines de la Candelaria, Teusaquillo, Barrio Santa Fe, Calle 26 ou Avenida El Dorado… Les graffs et pochoirs ont transformé la capitale colombienne en immense galerie à ciel ouvert, riche en couleurs et en œuvres d'une technique irréprochable.

Les jeunes artistes colombiens partagent une culture de la couleur naturelle, instinctive, aussi chaude que le climat, dans des compositions que les regards européens trouveraient sans doute kitsch voire criardes. Le street art transpire de ce que les Colombiens vivent au quotidien : chaleureux, il respire la positivité et la culture de l'alegria, la joie de vivre. S'il n'y a pas un seul street art colombien, il y a un graffiti typique, notamment à Bogota, très empreint de revendications, presque punk dans l'iconographie et l'imagerie : fusils tirant des cœurs au lieu de balles, le mot "paix" éclatant sur de nombreuses façades... En Colombie, le street art est partout et souvent inspiré par plus d'un demi-siècle d'une guerre fratricide, mais rêve aussi d'un pays enfin pacifié : le 15 août dernier, le président colombien Juan Manuel Santos assistait à un dernier dépôt d'armes des FARC, officialisant ainsi la fin du conflit avec les guérilleros.

le seul fait de peindre dans la rue est un acte politique

L'art urbain explose en Colombie depuis de nombreuses années déjà. Au point d'être promu dans certains lieux dédiés de la capitale par Gustavo Petro, l'ex maire de gauche (2012-2015) et ex guérillero du M-19 dissout en 1990. En prolongement de l'accord avec les FARC ratifié en décembre 2016, les créations des street artistes traduisent le criant espoir d'une majorité de colombiens : celui de voir enfin leur pays sortir d'une guerre complexe, ayant entraîné plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et quelques 7 millions de déplacés. Toxicómano, jeune colombien connu pour ses peintures de visages aux lignes déstructurées, est persuadé que « le seul fait de peindre dans la rue est un acte politique » et qu'il se doit d'aborder « les thèmes importants » : il n'hésite pas à bomber des slogans engagés comme "No somos falsos, somos positivos", en référence au scandale des falsos positivos.

La Colombie sait surtout célébrer son héritage. Ainsi, la fresque intitulée El beso de los invisibles, plus grand témoignage street art de la ville, près du Centre International et réalisée par le collectif Vertigo, représente un portrait de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature en 1982. Au détour d'une rue, on admire l'hommage à Jaime Garzon (assassiné en 1999) et aux victimes de l'Union Patriotique Hasta aquí las sonrisas, país de mierda, peint par Fonso, Sátiro, Rio et Ghore et plus tard restauré par le jeune collectif Bicromo.

La jeune génération de street artistes colombiens sait tirer profit de son héritage culturel, en continuant de délivrer des productions revendicatrices et chaleureuses. C'est ce que résume parfaitement Cart'1, artiste français, organisateur de nombreux événements street art et directeur du festival TrubLyon, qui ne cesse de tisser des liens entre France et Colombie :

« En 2012, quand je m'y suis installé, j'ai découvert une jeune scène dynamique, encore aux balbutiements dans les villes où j'étais. En allant peindre avec ces jeunes locaux, j'ai fait connaissance avec cette scène joyeuse, soudée, et immensément ouverte qui contribue à faire de la Colombie un paradis du street art. »


TrubLyon

Festival de street art
Collège Maurice Scève 8 rue Louis Thévenet Lyon 4e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cocotte, une admirable cuisine de bistrot

Restaurant | L’adresse de la rentrée, c’est ce bistrot excentré cours d’Herbouville, mené par une petite troupe italiano-parisienne : Cocotte.

Adrien Simon | Mardi 3 septembre 2019

Cocotte, une admirable cuisine de bistrot

La rentrée serait un nouveau prétexte pour les bonnes résolutions. Comme si la nouvelle année et ses promesses intenables ne suffisaient pas. Les prescripteurs en bien-être recommandent encore simplicité et moins d’excès. Ne cédez pas : quelques bonnes adresses ont mûri dans la canicule estivale. Parmi celles-ci, Cocotte, ses plats simples (tout de même) mais bistrot (donc pas healthy), ses breuvages natures, mais vineux. Une éclaircie pour ceux et celles qui vivaient mal le retour dans le bruit et la pollution. Et pour faire oublier les détroussages de bords de mer : ici la formule déjeuner est à 18€ ; elle les vaut. À l’origine de la bonne nouvelle ? Vertigo, qui ouvrit à la fin des années 2000 deux adresses dans le Marais, désormais bien connues des amateurs de vins naturels et de néobistroterie : Jaja et Glou. Le groupe (qui possède sept restos : ce n’est pas non plus une multinationale) mène aussi la brasserie parigote Grand Cœur en collab' avec le chef italo-argentin Mauro Colagreco, dont le res

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Coup de barre : "Yuli"

Biopic | Né dans une famille cubaine modeste, Carlos Acosta manifeste dès sa plus tendre enfance un talent inné pour la danse, qu’il pratique dans les rues. Forcé par son père à suivre des cours classiques, il devient le premier danseur étoile noir du Royal Ballet de Londres…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juillet 2019

Coup de barre :

Qui dit film sur un danseur ou une danseuse, dit forcément vocation contrariée par une autorité maltraitante. Soit un père (Billy Elliot), soit un double maléfique ou un maître de ballet pervers manipulateur (Black Swann), soit un État totalitaire (Noureev, pour citer le dernier en date). Même la prof de danse de la série Fame réclamait qu’on la paie en monnaie de sueur, c’est dire. Autrement, dit, la danse est une école de souffrance pour masochistes et ceux qui aiment à contempler ses pratiquants, rien moins que des sadiques. D’accord, on grossit un peu le trait, mais que dire d’autre de ce biopic si conventionnel ? Oui, Carlos aura été “le premier“, il a bénéficié du concours d’un père opiniâtre et vivait dans un pays fermé. Il a connu la gloire et est revenu chez lui pour transmettre son savoir à de futurs Carlos. Puis il a créé un ballet à partir de son existence, prouvant comme Guitry que son père avec raison. On a connu Paul Laverty plus inspiré, en général quand il écrit pour Loach ; là, il semble avoir é

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Festival Lumière : en dixième vitesse

Festival Lumière | Vous qui entrez dans cette semaine, renoncez à toute vie sociale : à partir du samedi 13 (ou du vendredi 12 si vous effectuez l’inauguration du village), (...)

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Festival Lumière : en dixième vitesse

Vous qui entrez dans cette semaine, renoncez à toute vie sociale : à partir du samedi 13 (ou du vendredi 12 si vous effectuez l’inauguration du village), le Festival Lumière va mobiliser l’ensemble de vos forces vives. Mais vous serez payé en retour grâce à des projections et des rencontres mémorables. Sans dérouler le programme, dont l’épaisseur remplacerait avantageusement un annuaire, on insistera ici sur quelques incontournables. La masterclass avec Liv Ullmann dimanche 14 à 15h30 à la Comédie Odéon, que vous pourrez faire suivre par une vision profitable du Persona (1966) de Bergman au Comœdia à 20h, où la comédienne norvégienne irradie l’écran par son mutisme tantôt fragile, tantôt menaçant. L’un de ses plus grands rôles, dans un film essentiel du patrimoine mondial cinématographique. Le même jour à 19h, c’est un trio de luxe qui présentera Délicatessen au Zola : Jeunet et Caro, ainsi que

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Pacte à la guatémaltèque : "Las Marimbas del infierno"

DOCU-FICTION | de Julio Hernández Cordón (Fr-Mex-Guat, 1h14) avec Don Alfonso, El Blacko, Victor Hugo Monterroso…

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Pacte à la guatémaltèque :

Guatemala, 2010. Sa musique ne faisant plus recette, un joueur de marimba est mis en cheville par son filleul magouilleur avec un métalleux de renom. L'idée ? La fusion entre hard satanique et percussions traditionnelles. Séduisant sur le papier, son projet se heurte à divers obstacles… Long fut le chemin entre le tournage et la sortie française pour ce film empruntant à la réalité ses protagonistes et son contexte tourmenté. Celui d’un pays en rupture, où la modernité et la crise économique condamnent le folklore à une représentation caricaturale pour touristes ; où les bandes rançonnent tranquillement les particuliers. Victime des uns et des autres, Don Alfonso avait ému Julio Hernández Cordón, au point de lui inspirer ce film doux-amer, aussi tragi-comique que crépusculaire sur les soubresauts créatifs du Guatemala. Le musicien est aujourd’hui le héros, et le héraut de cette cause, aux côtés de deux autres sacrés personnages : un toubib ex-sata

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Guache : « L’art urbain est un miroir des villes qui l’accueillent »

Street Art | Oscar Gonzàlez Guache est l’un des artistes phares de la nouvelle scène street art en Colombie. Il puise dans les racines de la culture sud-américaine et y apporte un souffle de modernité. Rencontre avec cet artiste mis à l’honneur au TrubLyon Festival.

Corentin Fraisse | Mardi 29 août 2017

Guache : « L’art urbain est un miroir des villes qui l’accueillent »

Comment avez-vous commencé le graff ? Guache : J’ai commencé à peindre mes images dans la rue de manière régulière en 2003. Avant ça, j’avais déjà peint pour soutenir des causes sociales. Je viens de l’école de design graphique et j’ai toujours aimé les travaux d’impression, particulièrement la sérigraphie. Au début des années 2000, j’éditais des fanzines et peu à peu, a germé l’idée de produire mon travail de manière autonome : j’ai exploré les techniques de reproduction de l’image avant de m’arrêter sur le dessin au pochoir. Là, j’ai rencontré plusieurs graffeurs et j’ai commencé à peindre avec eux. Quelles sont vos techniques et supports préférés ? Je combine peinture acrylique et spray. J’utilise des outils de design graphique pour mes compositions, photomontages, projections… Mais j’aime constamment explorer de nouvelles techniques pour mes réalisations murales. Quels artistes vous ont inspiré ? De nombreux artistes m’ont inspiré, aussi bien dans le street art que dans le muralisme traditionnel, dans la gravure et la sérigraphie. J’aime

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Le Lyon Street Food festival revient

Street Food | Le Lyon Street Food festival #2 revient début septembre aux Subsistances

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 juillet 2017

Le Lyon Street Food festival revient

Le Lyon Street Food festival revient les 8, 9 et 10 septembre aux Subsistances après le succès de la première édition. Cette année les invités sont Hong Kong, la Colombie dans le cadre de l’année France-Colombie mais aussi Puebla au Mexique, dont la gastronomie est classée au patrimoine de l’Unesco (c’est le seul pays avec la France). Des chefs et cuisiniers de tous horizons viennent donc préparer des plats “de rue”, aux côtés de nos chefs lyonnais tels Les Apothicaires, Mathieu Viannay, Christian Têtedoie, Mamasan, Joseph Viola ou encore le grand Régis Marcon. Nouveauté cette année, le “sugar hangar” dédié aux pâtisseries et mets sucrés, la “cocktail factory” avec des spécialistes de la mixologie (L’Antiquaire, le Black Forest Society, le Groom, la Vermuteria) et aussi un BBQ corner et des food trucks. Mai

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La Terre et l’Ombre

ECRANS | De César Acevedo (Col, 1h37) avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

La Terre et l’Ombre

Heureusement que le métal fin ne s’oxyde pas ! Sans quoi, la Caméra d’or reçue par César Acevedo pour son premier film en mai dernier sur la Croisette aurait terni avant que son œuvre n’arrive sur les écrans. Cela dit, le délai observé par La Terre et l’Ombre entre son sacre et sa sortie respecte son apparente discrétion et son rythme lent. Une lenteur insistante aussi esthétisée que l’image est composée, avec un luxe de symétries et de clairs-obscurs. Cette gravité contemplative en vient à déranger, tant elle semble s’énivrer de sa propre beauté tragique, allant jusqu’à détourner l’attention du spectateur des vrais sujets : l’agonie du fils du vieux héros et ce que le film révèle des conditions de vie infâmes des journaliers colombiens. Non qu’il faille, par principe, assigner une forme crasseuse et tremblotante à un drame social, mais opter pour un maniérisme très cosmétique n’est sans doute pas l’alternative la plus heureuse. VR

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Gravity de retour en IMAX

ECRANS | Pour tous ceux qui ne l’auraient pas encore vu, et pour tous ceux qui voudront le revoir dans les conditions voulues par son cinéaste Alfonso Cuarón, (...)

Christophe Chabert | Mercredi 13 novembre 2013

Gravity de retour en IMAX

Pour tous ceux qui ne l’auraient pas encore vu, et pour tous ceux qui voudront le revoir dans les conditions voulues par son cinéaste Alfonso Cuarón, Gravity ressort pour une semaine en IMAX au Pathé Carré-de-Soie de Vaulx-en-Velin, avec notamment une seule et unique projection en VO ce lundi 18 novembre à 19h10. Dans cette version, le spectacle est encore plus immersif et la beauté de la mise en scène, notamment le magnifique travail d'Emmanuel Lubezki, qui a cherché à redonner une texture proche de l'argentique à l'image numérique, toujours plus frappante.

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Cuarón, enfin en orbite

ECRANS | Le triomphe de Gravity sonne pour Alfonso Cuarón les cloches d’une renommée tardive, après pas mal de rendez-vous manqués. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Cuarón, enfin en orbite

Alors que des cinéastes comme Fincher, P. T. Anderson ou Guillermo Del Toro sont depuis longtemps installés au sommet du cinéma contemporain, Alfonso Cuarón restait, jusqu’à Gravity, un outsider. Pourtant, il a débuté avant tous ces cinéastes-là et, à 52 ans, affiche plus de vingt années d’activité derrière la caméra. Son premier film, tourné en 1991 dans son Mexique natal, Solo con tu pareja, est remarqué par la presse mais est devenu quasiment introuvable — en DVD, seul l’excellent éditeur américain Criterion en propose une version. Quatre ans plus tard, le voilà déjà à Hollywood pour y réaliser l’adaptation d’un classique de la littérature enfantine, La Petite Princesse, qui fera l’admiration de Tim Burton mais qui s’avèrera un échec à sa sortie. Puis il signe pour une transposition contemporaine du roman de Dickens, De grandes espérances, sans doute son moins bon film, handicapé par un casting raté réunissant un fade Ethan Hawke et une peu crédible Gwyneth Paltrow. On sent que

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Gravity

ECRANS | En propulsant le spectateur en apesanteur aux côtés d’une femme perdue dans l’immensité sidérale, Alfonso Cuarón ne réussit pas seulement une révolution technique, mais donne aussi une définition nouvelle de ce qu’est un film d’auteur. Et marque une date dans l’Histoire du cinéma. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 16 octobre 2013

Gravity

Le silence, la Terre, et un panoramique excessivement lent, comme si la caméra elle-même flottait dans l’espace. On distingue ensuite une silhouette lointaine dans un scaphandre, tournant autour d’une station spatiale arrimée au satellite Hubble, en cours de réparation. Mission de routine pour ces astronautes américains ; l’un, Matt Kowalsky, chevronné et effectuant sa dernière sortie — un Georges Clooney égal à lui-même, c’est-à-dire dans un professionnalisme hawksien et une décontraction absolue — l’autre, Ryan Stone, passant pour la première fois du laboratoire aux travaux pratiques dans l’immensité spatiale — Sandra Bullock, fabuleuse, transmuée par un rôle qui la pousse vers une gamme complète d’émotions. D’ailleurs, durant cette introduction déjà furieusement immersive, le dialogue, remarquablement écrit, cherche une simplicité que l’on retrouvera dans la ligne claire de son récit et relève du badinage ordinaire ; Stone supporte mal le tangage lié à l’apesanteur, Kowalsky raconte des histoires sur sa jeunesse et sa femme, un troisième astronaute s’amuse à faire des pirouettes et Houston — Ed Harris, une voix

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Vidéo-clubs : les derniers des Mohicans

ACTUS | En pleine explosion dans les années 80, incontournables dans les années 90, les vidéo clubs ont connu un lent déclin dans les années 2000. À Lyon, certains résistent, d’autres se résignent, d’autres s’adaptent. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 27 septembre 2013

Vidéo-clubs : les derniers des Mohicans

Alors que le festival Lumière s’apprête à remettre son prix à Quentin Tarantino, il n’est pas inutile de rappeler la légende qui entoure ses jeunes années : employé dans un vidéo club, il y a ingurgité tout ce qui allait constituer sa cinéphilie délirante, avant d’alimenter son cinéma jusqu’à la transformer en philosophie personnelle et en discours politique. Un autre cinéaste a immortalisé le vidéo-club comme lieu alternatif, à la fois commerce de proximité et temple d’une érudition débridée et sans chapelle : Kevin Smith, dont le premier film Clerks se déroulait à moitié dans un vidéo club tenu par un gérant débonnaire et volontiers critique envers ses clients. Dans les années 80, époque glorieuse de la VHS et du magnétoscope dans tous les foyers, les vidéo clubs explosent partout en France ; dans les années 90, ils s’installent pépère dans le paysage, certaines chaînes devenant même des acteurs majeurs du secteur, proposant bornes automatiques et forfaits imbattables. L’apparition du DVD au tournant du siècle aurait dû logiquement donner un coup d’accélérateur au secteur ; mais ce sont plutôt les coups

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Les Fils de l'homme

ECRANS | ALFONSO CUARÓN Universal vidéo

| Dimanche 6 mai 2007

Les Fils de l'homme

Vous êtes prévenus : tant que vous n'aurez pas vu ce film majeur d'Alfonso Cuaron, on risque fort de vous bassiner encore longtemps avec... Laminé par une promo pathétique à sa sortie en salles, Les Fils de l'homme sort maintenant en DVD dans une belle édition qui rend justice via ses nombreux boni au travail impressionnant mené sur le fond et sur la forme par le cinéaste mexicain. Les Fils de l'homme, c'est une fable de SF qui imagine un futur terriblement proche où l'humanité est stérile depuis 18 ans, plongeant le monde dans le repli nationaliste, la guerre civile et le désespoir. Un monsieur tout-le-monde blasé et cynique (Clive Owen, le meilleur acteur britannique depuis Sean Connery) va devoir escorter une jeune noire qui, miracle ! se retrouve enceinte. Cuaron filme tout ça avec une série de plans-séquences dont trois d'entre eux sont juste époustouflants. Si l'influence revendiquée par le metteur en scène est La Bataille d'Alger, c'est aussi (et c'est en cela que le film est incroyablement contemporain) l'esthétique des jeux vidéo qui est la source formelle des Fils de l'homme. Comme dans les grands jeux d'act

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