Voir l'invisible aux Archives municipales de Lyon

Technologie | À partir d’un thème a priori technique, les Archives municipales ont construit une expo très accessible qui raconte comment depuis plus d’un siècle, la radiographie a changé la manière de soigner le corps.

Nadja Pobel | Mardi 7 novembre 2017

Photo : © DR


Dans cette bonne cité des Gaules qui fut pionnière en matière d'enseignement de médecine (avec l'implantation de l'école de santé des armées, l'école de médecine…) et qui est administrée désormais par un médecin-chirurgien, rien d'étonnant à ce que l'histoire de la radiologie soit présentée. Après l'invention des rayons X en 1895, cette technique va faire des progrès spectaculaires au cours du XXe siècle et sera tout particulièrement une aide précieuse lors du premier conflit mondial qui occupe une large part du parcours.
C'est presque une salle des merveilles qui introduit cette déambulation avec une bobine de Rochefort (pour stocker et transporter l'électricité), les plaques des Frères Lumière ou encore le gelativo-bromure d'argent nécessaire à ces examens. Toutes ces trouvailles vont prioritairement bénéficier aux Poilus, pris en charge à l'arrière du front comme en témoigne un album de radios de 1914 posé à coté d'énormes obus. Les blessures sont nouvelles, les photos de l'intérieur des corps très éclairantes.

Gueules (un peu moins) cassées

Le milieu politique et scientifique a bien conscience de la nécessité de développer ces connaissances-là. Les "Petite Curie", voiturettes – dont une est ici reproduite en carton – vont, à l'initiative de Marie Curie, sillonner les lignes de combat afin que les manipulateurs et radiologues prodiguent les premiers soins. Le Lyonnais Justin Godard sous-secrétaire d'État au service de santé en fin de conflit va ardemment soutenir ce projet.

En évoquant ensuite la naissance du scanner en 1971, la révolution qu'a constitué l'apparition du numérique et même le synchrotron qui permet de travailler sur des échelles infiniment petites, cette exposition se boucle avec fluidité, à mille lieues déjà de la création de la radio. Il fallait trois minutes en 1896 pour une radio du bassin, un centième de seconde suffit en 2017. Et cette découverte irradie au-delà de la médecine puisque les disciplines artistique et archéologique (datation, reconstitution) l'utilisent désormais.

Rayons X, une autre image de la grande guerre
Aux Archives municipales de Lyon jusqu'au 23 décembre



Archives municipales de Lyon 1 place des Archives Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Louis Faivre d’Arcier : « mettre en avant la modification très profonde du rôle de Confluence dans la ville »

Entretien | Déjà quinze ans que la première pierre du vaste chantier Confluence a été déposée. Les Archives Municipales de Lyon et la SPL Lyon Confluence consacrent, à partir du 18 avril jusqu’au 20 octobre une exposition sur la transformation du quartier, avec une programmation culturelle dense. Autre temps fort pour le service municipal, la réédition du plan scénographique de Lyon d’ici la fin de l’année. Nous avons rencontré le directeur des archives municipales de Lyon, Louis Faivre d’Arcier.

La rédaction | Mardi 3 avril 2018

Louis Faivre d’Arcier : « mettre en avant la modification très profonde du rôle de Confluence dans la ville »

D’où est née l’idée de cette exposition ? Louis Faivre d’Arcier : Nous avons décidé de réaliser cette exposition pour plusieurs raisons ; la première, c’est le fait que les Archives y soit installées, on ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe autour de nous. Nous sommes la première installation dans la mise en place de Confluence. La deuxième raison, c’est que notre service s’intéresse à la fois aux archives qui concernent la population (l’état civil…) et aussi à ce qui concerne la ville et l’environnement. À partir de cette année, nous lançons un cycle d’expositions où nous parlerons d’urbanisme et d’architecture. Il y avait pour nous une certaine logique à commencer ce cycle par la Confluence. Cette exposition représente pour notre service, et notre coopération avec la SPL, près d’un an de travail. Le premier temps fut celui de la réflexion et de la maturation du projet et le second celui de la fabrication du chantier. Comment reliez-vous cette exposition à l’Histoire et aux mouvements du quartier ? Est-ce uniquement un

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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Éclaircies

ARTS | Joël Collado est votre idole ? Ses bulletins météo vous sont plus indispensables que toute autre info ? Filez aux Archives municipales constater que le climat est une préoccupation de vos ancêtres depuis la nuit des temps et que cela n’a rien de superflu. Bien au contraire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 11 octobre 2012

Éclaircies

Et si la météo était aussi une affaire politique à laquelle nos édiles prêtent une grande attention ? Les Archives Municipales de Lyon ouvrent une boîte de Pandore qui recèle bien plus qu’une simple analyse de relevés atmosphériques. Au fil des descriptions du climat national et lyonnais du Moyen-Âge à nos jours, il apparaît bien vite que la capitale des Gaules a, en permanence, connu des "fluctuations" météorologiques. Ce terme pas encore péjoratif désigne la nature même du climat : rude (alternance de gelées et de canicules). Les dirigeants de la ville ont donc dû lutter avec véhémence contre cette fatalité pour endiguer pénuries et maladies. Une inondation ou une sécheresse bloquent le transport des grains par voie fluviale (la voie terrestre est très peu développée encore), les moulins ne sont plus approvisionnés. Le manque de farine entraîne une spéculation et fait la part belle aux accapareurs. Les édiles ne sont, dès lors, plus à l’abri d’émeutes urbaines ou de l’exil massif des contributeurs fiscaux vers des terres moins hostiles; il est urgent de réagir. C’est ainsi que naissent par exemple les greniers d’abondance, institution publique constamm

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Admis !

ARTS | Archives municipales / Sous sa verrière, les archives municipales attirent toujours l’attention sur des lieux que l’on frôle tous les jours mais que l’on (...)

Nadja Pobel | Jeudi 10 novembre 2011

Admis !

Archives municipales / Sous sa verrière, les archives municipales attirent toujours l’attention sur des lieux que l’on frôle tous les jours mais que l’on connait mal. Jusqu’au 25 février, les universités se mettent à nu. Passé, présent, avenir ; tout y est. Demain, la fac catho investira les anciens bâtiments rénovés de feue la prison de Perrache, le pôle universitaire de Lyon quittera ses locaux de la caserne Sergent Blandan pour voisiner l’hôpital Saint-Luc Saint-Joseph. Mais c’est surtout sur le passé que se penche la majeure partie de l’exposition. Aussi grande soit la ville de Lyon, elle est une des dernières métropoles à se doter d'une université (1896). Depuis le Moyen-Âge, les enseignements dispensés par la Cathédrale et par la Ville se faisaient concurrence. Néanmoins naissent de nombreux débats, notamment au XVIIIe siècle lorsque les intellectuels se réunissent au Palais des arts (actuel Palais Saint-Pierre). Plus imagée est la partie centrale de l’exposition qui regroupe des archives de chacune des trois universités (herbiers et musée dentaire de Lyon 1, sculptures du Musée des Moulages de Lyon 2…). Des conférences complètent ce panorama et une autre exposition, au Mu

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