The Ink Factory, premier acte

Tatouage | Rendez-vous tatouage de l’année, la première édition de The Ink Factory prendra place à la Sucrière le temps d’un week-end avec des tatoueurs venus du monde entier pour célébrer cet art autour d’expositions, concerts, performances et pâtisseries par Sébastien Bouillet en personne !

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Photo : © Alix Ge


Lyon semble avoir trouvé un événement tattoo à la hauteur de la qualité du travail de ses tatoueurs. Né du constat d'un manque évident d'un salon qualitatif, Téodor Milev, patron de la boutique 681 Tattoo, s'est mis en tête de rassembler ses nombreux copains tatoueurs sous un même toit. Son leitmotiv ? Mettre en avant Lyon, son patrimoine et ses artistes.

140 tatoueurs feront le déplacement jusqu'à la Confluence, et pas moins de vingt nationalités seront représentées. On a déjà repéré quelques noms qui feront saliver les connaisseurs et qui susciteront la curiosité des profanes. En ce qui nous concerne, on fera un tour sur les stands de Tin-Tin, le tatoueur français incontournable, organisateur du hautement qualitatif Mondial de Paris, mais aussi du côté d'Alix Ge, la réalisatrice du visuel de Ink Factory qui excelle dans le style tradi-japonais.

Les Japonais seront d'ailleurs représentés par deux hommes de renom. Pour les plus téméraires, allez voir Horishige et découvrez son style Irezumi et la technique ancestrale au tebori. Les novateurs apprécieront le travail de Horiei qui revisite le tatouage japonais tout en réalisant ses motifs conformément aux traditions ancestrales. Encore un peu de tradition, mais cette fois du côté de la Thaïlande, avec le travail de Matthieu Duquenois qui utilise la technique du Sak Yan qui sera à ne pas manquer. À suivre également de très près : l'Espagnol Robert Hernandez, pionnier du style dark réaliste, le Grec Kostas et l'Australien Coen Mitchell.

Du côté des Lyonnais, on apprécie la présence de la talentueuse Pas de Veine (Viva Dolor), mais aussi de Pandido (Merci Bonsoir), Quentin Aldhui (Hello Darkness), David F (Artribal). Et bien sûr celle de Jean-Luc Navette, curateur de la partie concerts sur ce salon (Manu Lanvin et Beaten Brats), qui aura son stand avec les éditions Noire Méduse et exposera des posters et instruments de musique. Pour prolonger le côté expo, Pascal Bagot montrera ses clichés du Tatouage japonais des années 1950 à Tokyo.

Le plus dur maintenant sera de réussir à obtenir un rendez-vous pour se faire piquer.

The Ink Factory
À la Sucrière ​du 13 au 15 avril


The Ink Factory

Tattoo art exhibition : tatouages, expositions, concerts, performances et food
La Sucrière Les Docks, 49-50 quai Rambaud Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

681 Tattoos, dans la peau

Tatouage | Le tatoueur Teodor Milev utilise la peau comme support d’expression artistique. Son truc ? L’hyper-réalisme, qu’il pratique dans sa boutique 681 Tattoos.

Julie Hainaut | Mardi 3 avril 2018

681 Tattoos, dans la peau

Un portrait de Savador Dali, un animal, une tête de mort, un clown, une rose, de l’architecture… Peu importe le motif, le style de Teodor Milev reste toujours le même depuis vingt ans. « Je travaille beaucoup sur des grandes surfaces et sur des thèmes toujours très réels. » Quand un futur tatoué lui décrit ce qu’il souhaite, il le conseille, mais donne aussi son avis. Cash, paf, sans filtre. Ça passe ou ça casse, mais ça a le mérite d’être franc. « Je suis très carré, il peut m’arriver de renvoyer quelqu’un parce que j’estime qu’il est en train de commettre une erreur, comme marquer le nom de son fiancé par exemple, ou que le dessin ne me plaît pas. Je ne juge pas mais si cela ne correspond pas à ma "patte", je refuse, tout simplement. » Le premier rendez-vous consiste à discuter du choix du tatouage et de l’endroit où il prendra place – l’as du tattoo déconseille les phalanges, pourtant grande tendance du moment, et plus globalement tous les endroits où « la peau plisse ». Le créatif préfère l’idée à la photo, histoire de « laisser

Continuer à lire

Jean-Luc Navette : rencard avec la nuit noire

Illustration | 22h05 un mardi à Lyon cinquième, Vieux Lyon. Jean-Luc Navette y a pris ses quartiers depuis 15 ans. Viva dolor, son lieu de travail, sa chapelle n’est pas le lieu du rendez-vous. C’est devant l’église Saint-Paul sous sa tour-lanterne que je retrouve l’illustrateur. Silhouette svelte noire, face poivre et sel embrumée par la fumée. L’homme est pressé. Dans quelques jours, une soirée lui est dédiée au Marché Gare, les invités d’honneur seront le blues et son dernier livre : Nocturnes.

Sarah Fouassier | Mardi 19 septembre 2017

Jean-Luc Navette : rencard avec la nuit noire

À quelques pas de Saint-Paul, coule la Saône. 22h05. Au bord de l’eau, à l’abri d’un saule pleureur et sous le regard bienveillant de la lune presque pleine, Jean-Luc Navette me raconte l’histoire de Nocturnes, son deuxième ouvrage édité chez Noire Méduse, à qui il reste fidèle. Ce recueil d’illustrations relève d’une expérience très personnelle entre l’illustrateur et des thèmes liés au passage « du jour et de la nuit, de la vie à la mort, de la lumière à l’ombre ». Nocturnes s’imprègne de conversations que son narrateur entretient avec les affres inconnues de l’inspiration. Son premier ouvrage, Dernier été du vieux monde, s’interrogeait davantage sur le processus de fabrication d’une image, parfois tortueux. Dans cet antre, les histoires d’amour chaotiques, d‘amants qui s’écrivent, se manquent, se déchirent y étaient nombreuses. Dans Nocturnes, nous sommes au cœur de l’expérience de son écriture personnelle. Le rock et le blues se mêlent à une noirceur ésotérique, spirite. Dans un jeu de masques sur la scène de cet absurde théâtre de la vie matérialisée en 184 pages, Jean-Luc Navette n

Continuer à lire

Les soirées du 16 au 22 septembre

MUSIQUES | 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le lancement du magazine Kiblind au Sucre, celui de la revue Bad to the Bone au Sonic et la Blast Live Party de la Triperie.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Les soirées du 16 au 22 septembre

16.09 Lancement Kiblind n°54 Après nos collègues d'Hétéroclite, c'est au tour de nos copains du trimestriel culturo-graphique Kiblind de tester une nouvelle formule éditoriale – logo, maquette, baseline, le lifting est intégral –, avec la sortie de leur 54e numéro (qui a pour thème le coloriage). Une fois n'est pas coutume, c'est au Sucre, gratuitement et en bonne compagnie – sur les murs, les dessinateurs "dévisagistes" Ruppert & Mulot, auteurs de la couverture dudit numéro ; derrière les platines, la dance machine sans frontières King Doudou et le toiletteur disco Sacha Mambo – que sera présentée la chose.

Continuer à lire

Jean-Luc Navette, sauvé des eaux

ARTS | Il y a trois semaines de cela, nous vous présentions en Une de notre numéro 785 de jeunes tatoueurs se revendiquant d'une certaine tradition lyonnaise. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Jean-Luc Navette, sauvé des eaux

Il y a trois semaines de cela, nous vous présentions en Une de notre numéro 785 de jeunes tatoueurs se revendiquant d'une certaine tradition lyonnaise. Aujourd'hui, c'est un vétéran de la chose que nous rappelons à votre souvenir : Jean-Luc Navette, taulier du studio Viva Dolor, dont nous avions retracé le parcours dans notre numéro 732 à l'occasion d'une exposition que lui consacrait la librairie Datta. Cette fois, c'est au tour de la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne de faire une place à son travail d'illustrateur – sa vocation première –, remarquable de méticulosité et autant inspiré par les pans les plus sombres et boueux de l'imagerie americana que par les gravures encyclopédiques. Titrée en accord avec le noir lyrisme qui sourd de ses affiches de concert, dessins journalistiques et autres sérigraphies (Sauver mes yeux des larmes), l'exposition est visible du 28 février au samedi 25 avril et son vernissage, double culture oblige – Navette poursuivant par ailleurs une "carrière" de bluesman exalt

Continuer à lire

Jean-Luc Navette, seul au Vieux Monde

ARTS | Du fond de son atelier du Vieux-Lyon, Jean-Luc Navette noircit peaux et pages depuis plus d'une décennie. A l'occasion de la mini-exposition que lui consacre la galerie Datta, portrait de cet activiste du trait qui, à l'instar d'un Pierre Soulages plus passionné par le rock'n'roll que par l'art roman, fait surgir la lumière des ténèbres. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 7 novembre 2013

Jean-Luc Navette, seul au Vieux Monde

Le tatouage est-il encore un vecteur d'affranchissement des normes sociales ? A voir la façon dont cet art ancestral (à la fin du siècle dernier, des dessins thérapeutiques ont été repérés sur le corps momifié d'un homme ayant vécu autour de l'an 3500 av. J.-C) s'est diffusé dans toutes les couches de la société, du plus sordide des plateaux de tournage de films pornographiques aux podiums des défilés de haute couture, on peut raisonnablement en douter. Rien qu'un France, d'après un sondage de l'IFOP, une personne sur dix arborerait aujourd'hui une décoration corporelle, tandis que le nombre de salons proposant des injections d'encre sous-cutanée a été démultiplié par dix (de 400 à plus de 4000) durant les vingt dernières années. Et chaque groupe social a ses motifs : figures géométriques pour les hipsters, frises d'inspiration tribale pour les sportifs, maquillage permanent pour les phobiques du vieillissement... Bref, il n'y a guère plus que chez les criminels et les tribus primitives, autrement dit chez les marginaux et les oubliés de la société de consommation, que le tatouage semble encore être un signe ident

Continuer à lire