Les 5 expos à voir en avril

Sélection | Avec le printemps arrivent cinq expositions placées sous le signe du voyage, qu'il soit exploration intérieure ou à travers le monde, migration forcée ou échange fructueux, et même parfois tout à la fois.

Lisa Dumoulin | Mercredi 4 avril 2018

Photo : © Laho


Laho, Serpentine

Illustratrice protéiforme, Laho dessine, créé des affiches et des céramiques, édite des objets en papier ou en tissu… Ses dessins ultra colorés proposent une plongée onirique dans des univers peuplés de créatures transgenres. Pour cette exposition Serpentine, elle évoque un mouvement ondulé, un chemin sinueux, où l'on glisse d'un songe à l'autre, guidé par les traces du reptile, l'œil grand ouvert.

À la galerie Superposition du 19 avril au 24 mai


Giuliana Racco, Little Interpreters

Artiste canadienne d'origine italienne, Giuliana Racco étudie les méthodes d'apprentissage des langues destinées à des apprenants allophones, plus particulièrement réfugiés et migrants. Elle mène des enquêtes, réalise des vidéos ou créé des manuels de langue. Cette première exposition personnelle en France représente la troisième étape de son projet, et a été l'occasion d'accompagner des groupes d'apprenants en langue française sur le territoire.

Au CAP Saint-Fons du 7 avril au 26 mai


Arzu Başaran, Still There

Peintre stambouliote, Arzu Başaran se nourrit de l'histoire de son pays « et de la nécessité d'initier un travail de mémoire dans une culture amnésique » selon ses propres mots. La déportation et le génocide des Arméniens de 1915 constituent le noyau de l'exposition, mais aussi la guerre civile en Syrie et le conflit Kurde en Turquie « en d'autres lieux et d'autres temps, la persécution est toujours la même. » À partir de photographies et témoignages, l'artiste ensuite dessine, tâche, noircit. Et surtout transmet.

À la galerie Regard Sud du 5 avril au 2 juin


Conversations Montréal I Lyon

Un projet d'expositions transatlantique en deux temps, d'abord à Lyon puis à Montréal, autour de deux territoires historiquement liés par de nombreuses coopérations. Initié par des commissaires des deux villes, ces conversations proposant une pluralité de médiums et un éventail d'artistes à différentes étapes de leur carrière offrent une occasion inouïe de prendre la mesure de l'art en-train-de-se-faire de part et d'autre de nos frontières.

À la BF15, Néon, Bikini, la Galerie Tator et la Factatory (ainsi que Moly-Sabata à Sablons) du 5 avril au 31 mai


Hugo Pratt, lignes d'horizons

Last but not least, un voyage immersif au coeur des territoires chers au dessinateur Hugo Pratt : le Grand Océan (Océanie), les Amazonies, les Peuples du Soleil (Amérique précolombienne, île de Pâques), l'Afrique des Masques et des guerriers, le temps des Indiens d'Amérique, le Grand Nord (canadien). Une exploration rythmée par des agrandissements des planches originales, gigantesques cases de bande-dessinée d'où s'échappent les objets ethnographiques.

Au Musée des Confluences du 7 avril au 24 mars 2019


Laho

Serpentine, illustration
SITIO 3 place Gensoul Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Giuliana Racco

Little Interpreters
Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons Espace Léon Blum - Rue de la Rochette Saint-Fons
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Arzu Başaran

Still there
Galerie Regard Sud 1-3 rue des Pierres Plantées Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Hugo Pratt

Lignes d'horizons
Musée des Confluences 86 Quai Perrache Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Quand Laho et Gol3m fusionnent

L'œuvre de la semaine | Nous aurions pu trouver un thème plus léger pour inaugurer cette nouvelle saison, mais la collaboration entre les peintres Laho et Gol3m, exposés à (...)

Sarah Fouassier | Mardi 10 septembre 2019

Quand Laho et Gol3m fusionnent

Nous aurions pu trouver un thème plus léger pour inaugurer cette nouvelle saison, mais la collaboration entre les peintres Laho et Gol3m, exposés à Chromatique, nous a orienté vers une problématique sociétale : celle des violences subies par les femmes et les hommes homosexuels. Pour ce travail en commun, Laho et Gol3m ont peint à quatre mains les murs de la salle principale de Chromatique. De leurs recherches sur l’histoire de cette violence découle un défilé de créatures ayant subi l’oppression, et par conséquent, la violence des flammes et des lames. Chacun et chacune dévoile sous son costume la volonté de lutter contre l’imagerie monstrueuse dans laquelle la société les a emprisonnés. Les univers des deux artistes se marient de façon instinctive : l'onirisme acidulé de Laho consent à embrasser la chimère graphique de Gol3m. De ce mariage sorcier, l’on en ressort avec le souhait que le sortilège ne se neutralise point. Laho & Gol3m, Le diable au corps

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Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

ECRANS | Importé de Montréal, le Kino est un mouvement cinématographique participatif et créatif ayant trouvé du répondant à Lyon. Chaque mois, il attire près d’une centaine de sympathisants à l’Aquarium Ciné-Café… lequel ne compte que 70 places. Mieux vaut ne pas arriver en retard, au risque de rester sur le trottoir…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

Bientôt vingt ans que le Kino a vu le jour à Montréal. Favorisé par l’essor des “petites caméras“, ce mouvement réunissant des techniciens, artistes et créateurs audiovisuels répond au besoin d’expérimenter et obéit à une philosophie collectiviste et optimiste, pouvant se résumant à cette joyeuse maxime : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ». Tous les mois, les participants se réunissent au cours de soirée “cabaret“, durant lesquelles ils projettent leur œuvres respectives, réalisées avec ou sans contrainte (de durée, de thème). Une “démo“ permanente des talents de toutes et tous, créant une saine dynamique de groupe, et incitant chacune à travailler avec chacun. Lancée en octobre dernier à l’initiative de deux transfuges de Montréal, la cellule lyonnaise a immédiatement connu le succès : « le modèle est mûr », analyse Nayan Ducruet, l’un des animateurs du groupe, qui programme déjà chaque mois une dizaine de courts métrages de moins de 3 minutes. En avril, la thématique Super-héros avait permis de couronner le film

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Les rêveries psychédéliques de Laho

Illustration | Des couleurs éclatantes, une richesse narrative digne des rêves les plus farfelus et des motifs mystérieux : bienvenue dans l'univers onirique de Laho.

Lisa Dumoulin | Mardi 15 mai 2018

Les rêveries psychédéliques de Laho

Une explosion de couleurs éclabousse les yeux. C’est vif et joyeux. Puis le regard se perd dans les motifs des illustrations. L’omniprésence du serpent, de formes sinueuses, de chemins alambiqués, donne son nom à l’exposition : Serpentine. Des mers agitées sur lesquelles flottent des escaliers en apesanteur, des monts et des volcans, des antres mystérieuses forment les paysages peuplés par des corps nus, des tétons et des fesses, des yeux et des mains, des personnages masqués. Et toujours cette saturation de couleurs acides. Carnet de rêves Laho nourrit ses dessins de ses rêves et cela saute aux yeux. La psyché est reine dans ces décors oniriques penchés sur des identités complexes, inspirés par la sexualité, le désir, le plaisir, mais pas seulement. La couleur est reine aussi, structure le dessin et raconte des histoires au scénario brouillé, laissant libre cours aux multiples interprétations que chaque regard voudra construire. Une main tendue à entrer dans l’image avec la liberté d’y projeter ce que notre conscient ou notre inconscient nous laissera prendre, déposer et relier. Au-delà de son univers on

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Milo Manara : « La liberté était l’étoile Polaire d’Hugo Pratt »

Bande Dessinée | Disciple, compagnon de route et de travail, mais surtout ami d’Hugo Pratt, l’immense Milo Manara évoque celui dont il fit sous les initiales HP un héros de bande dessinée.

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Milo Manara : « La liberté était l’étoile Polaire d’Hugo Pratt »

Dans quelles circonstances votre rencontre avec Hugo Pratt s’est-elle effectuée ? Milo Manara : À l’époque, je ne lisais pas de bandes dessinées, car il n’y en avait pas pour les adultes. Et puis j’ai découvert La Ballade de la Mer salée en 1967 dans Sgt. Kirk, la revue que publiait Florenzo Ivaldi. Deux ans plus tard, alors que je venais de débuter professionnellement la bande dessinée — je faisais de petits fumetti érotiques de qualité… très mauvaise (rires) —, j’ai appris dans la presse qu’il y avait un festival à Lucques. C’était un peu l’équivalent d’Angoulême, mais en plus petit, avec deux ou trois tables. J’y suis allé et je me suis présenté à Hugo Pratt. Comme je venais de la même région que lui, il s’est trouvé tout à fait à l’aise, car il pouvait me parler avec son argot vénitien. Et moi, je l’adorais : je l’ai toujours appelé Maestro, jamais Hugo. On a commencé à voyager dans toute l’Europe. Il habitait soit à Venise, soit à Milan soit à Saint-Germain-en-Laye. Comme il avait trente mille livres et que j’avais un camping-car, on en transportait

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Hugo Pratt, lignes d’horizons : planches de salut(s)

L'exposition | Arpenteur du globe, défricheur de la “littérature dessinée”, Hugo Pratt (1927-1995) a été toute sa vie à la confluence des arts et de l’aventure. Il est aujourd’hui au Musée des Confluences.

Vincent Raymond | Mardi 17 avril 2018

Hugo Pratt, lignes d’horizons : planches de salut(s)

Depuis quelques jours, les voyageurs transitant par Perrache ne peuvent manquer sa silhouette reconnaissable entre mille, répliquée par vitrophanie sur les parois de la passerelle enjambant la gare. De trois-quarts dos, tourné vers l’immensité d’un ailleurs — des ailleurs —, Corto Maltese, l’incitation au voyage faite homme, n’est-il pas en ce lieu à sa place ? Il lorgne également la Confluence et son musée pluriel, où son créateur lui aussi a trouvé un asile virtuel et temporaire unissant les innombrables facettes de son existence diffractée. Une existence gouvernée par l’appel du large, de l’autre, de l’inconnu ; et le besoin de ressentir l’aventure pour en distiller les mystères. La route est droite, mais la planche est forte D’entrée, l’exposition met les voiles — au sens propre. Des toiles marines et cinématographiques accueillent en effet le visiteur, rappelant que la jeunesse d’Hugo Pratt fut vénitienne et baignée d’images autant que de mots. « Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises »… Malaxe de Bashung prend ici tout son sens : on

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In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Street Art | La galerie Superposition de la rue Longue a déménagé dans le deuxième arrondissement, place Gensoul, à deux pas de Perrache et a ouvert Sitio. État des lieux.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 février 2018

In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Depuis le 1er février, entre la gare Perrache et la péniche du Sonic, l'agitation règne... Juste avant de traverser le pont, un petit square occupe la place Gensoul, faisant écran entre les quais et la rue. Au n°3 a ouvert Sitio, le nouveau lieu de Superposition qui a quitté la rue Longue et sa galerie (en partie) en plein air. Sans difficulté, on constate qu’ils ont gagné au change : Sitio s’étend sur 230m2, un grand espace (quasiment) de plain-pied, divisé par de belles arches en pierre. Coté rue, une salle d’exposition baignée de lumière avec canapés et tables design. Qui dit grand espace ouvert, dit peu de murs donc peu d’espace d’accrochage. Les œuvres s’intègrent au décor et semblent vivre leur vie parmi le reste. Des cadres mais aussi un mur à peindre. La priorité est donnée aux artistes locaux : c’est Poter et ses couleurs vives qui inaugure joyeusement le lieu. Un habitué, il a déjà peint sur les rideaux de fer de la rue Longue. L’équipe de Sitio cherche encore des surfaces dans le quartier afin de proposer un parcours artistique à ciel ouvert. Laho prendra la suite en a

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Les expos à voir en 2018

Panorama Expositions | En ce premier semestre, plusieurs expositions initieront de nouveaux horizons de pensée. D’Est en Ouest, du Sud au Nord, la traversée mondiale de l’art se voudra engagée dans la découverte. Qu’il s’agisse de personnalités aussi célèbres que Warhol, Luther King ou Hugo Pratt dont on pensait presque tout connaître, ou d’artistes moins éminents, chacune de ces expositions nous incitera à questionner nos certitudes.

Sarah Fouassier | Mercredi 10 janvier 2018

Les expos à voir en 2018

Le génie publicitaire de Warhol Warhol, avant de devenir l’artiste totem du pop art, était un formidable communicant ayant débuté sa carrière dans la presse en tant que dessinateur publicitaire. Le Musée de l’Imprimerie et de la Communication Graphique va accueillir une formidable collection privée, celle du Québécois Paul Maréchal, sur le thème des imprimés éphémères. L’occasion de se souvenir que c’est l’objet publicitaire qui a amené le maître de la Factory vers les Beaux-Arts, et notamment vers la peinture, dans laquelle il infusa bon nombre des codes de la communication graphique. Une collection qui s’agrandit perpétuellement, et qui regroupe un important fond d’affiches, brochures publicitaires, cartes postales, cartons d’invitations, étiquettes de vin, ainsi que des accessoires tels que des sacs de shopping ou des vêtements. On espère aussi y voir des pochettes d’albums, pas forcément celle du Velvet Underground, mais toutes les autres, puisque plus d’une centaine de covers ont été dessinées par l’artiste notamment pour Aretha Franklin, les Rol

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Canales et Pellejero rhabillent Corto Maltese pour l'hiver

CONNAITRE | Les héros de BD ne meurent jamais, mais ils ne sont pas tous égaux devant les affres du temps. Pour un Spirou plus vert (enfin, rouge) que jamais depuis (...)

Benjamin Mialot | Mardi 17 novembre 2015

Canales et Pellejero rhabillent Corto Maltese pour l'hiver

Les héros de BD ne meurent jamais, mais ils ne sont pas tous égaux devant les affres du temps. Pour un Spirou plus vert (enfin, rouge) que jamais depuis sa reprise par Yoann et Vehlmann, combien de personnages emblématiques du 9e art gagnés par la sénilité, d'Asterix (never forget le très franchouillard Le Ciel lui tombe sur la tête) à Lucky Luke (un temps confié à Laurent Gerra) ? Tout juste reparti à l'aventure après plus de vingt ans de mouillage, Corto Maltese, le romantique marin d'ascendance gitane créé par Hugo Pratt à la fin des années 60 n'a pour sa part rien perdu de sa virilité flegmatique. Les bienfaits du climat méditerranéen, sans doute : Sous le soleil de minuit, le treizième tome de ses périples sur fond d'ésotérisme et de piraterie a été confié aux Espagnols Juan Díaz Canales (scénariste du polar anthropomorphique à succès Blacksad) et Ruben Pellejero (dessinateur, notamment, de la fresque post-communarde Secrets). À moins que ce ne soit le froid qui le conserve, les auteurs l'envoyant dans un Yukon assoiffé d'or délivrer une lettre signée de la main de Jack London. De là, Canales et Pellejero ont

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Kevin spécial

MUSIQUES | De Montréal, la semaine passée avec l'apocalyptique orchestre du Mont Zion, à Of Montreal cette semaine, il y a bien plus d'un pas. Un monde pour ainsi (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 18 février 2014

Kevin spécial

De Montréal, la semaine passée avec l'apocalyptique orchestre du Mont Zion, à Of Montreal cette semaine, il y a bien plus d'un pas. Un monde pour ainsi dire. Une distance géographique – Kevin Barnes vient d'Atlanta, en Georgie – mais plus encore esthétique. Quant à l'état d'esprit, on en reparlera le jour où l'on verra les membres de Silver Mt Zion débarquer sur scène en tenue d'Adam sur un immaculé bourrin, à la manière d'un empereur romain.  Non, ce n'est pas une nouveauté, Kevin Barnes fuit un peu de la soupière et ça s'est souvent vu. C'est aussi probablement pourquoi il a produit des albums aussi géniaux et/ou abscons. Eh bien figurons-nous qu'il s'est calmé – pour autant que la chose fut possible –, au point de sortir l'an dernier un album – le douzième ! – "normal", Lousy with Sylvianbriar, mais génial. Mais normal. Mais génial.  Car Kevin Barnes est suffisamment fort pour livrer un disque empreint de classicisme psychédélique 60's, pur exercice de style quasi post-moderniste, d'hommage, de pastiche, et parvenir à en faire l'une des œuvres les plus enth

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