Zoo : le graffiti lyonnais prend de la hauteur

Street Art | Ce samedi sera marqué par l’inauguration de ZOO, projet pilote d’un événement graffiti ambitieux qui abrite sous ses 600m2, 40 artistes et une scénographie imprégnée des codes de la rue.

Sarah Fouassier | Mardi 29 mai 2018

Photo : Zoo © Philippe Reichsrath


En deux mois, le 61 de la rue de Créqui a muté. Hier centre de formation de la Croix-Rouge, aujourd'hui lieu de convergence de nombreux ambassadeurs du graffiti français tels que Brusk ou Resoner, l'immeuble entier a été réhabilité pour accueillir l'exposition ZOO ainsi que public, professionnels et entreprises en ses trois étages. Derrière ce projet colossal, deux amis de longue date, Antoine Roblot et Philippe Reichsrath qui constatent depuis dix ans l'absence d'un événement ou festival ambitieux diffusant le graffiti et la culture urbaine auprès du grand public à Lyon.

Sensibiliser le grand public

Proches des artistes qu'ils connaissent bien, et sensibles à leurs intérêts, les organisateurs ont imaginé l'exposition non pas à même les murs comme on a pu beaucoup le voir du côté de la Taverne Gutenberg ou chez Superposition, empêchant tout processus de vente, mais sur de grandes plaques amovibles sur lesquelles les graffeurs sont venus apposer des toiles aux identités reconnaissables. Les amateurs n'auront pas de mal à deviner qui se cache derrière le spray. ZOO se veut détaché de tout élitisme (les artistes ont des styles abordables), et ambitionne de sensibiliser un public connaissant peu le milieu du graffiti en instiguant un autre regard sur ce dernier qui s'éloigne de plus en plus de l'illégalité et joue le jeu exigeant du marché de l'art.

La jeune scène en vue

L'exposition s'amuse des ambivalences que le lieu impose. De l'appartement bourgeois à la décoration revisitée par les graffeurs, à la scénographie rappelant des éléments architecturaux de la rue, l'exposition avec sa référence animalière est instinctive et plurielle. Ses seuls points faibles seraient son manque de transdisciplinarité, on regrette la faible présence de la photographie - malgré un collage prometteur de Guillaume Ducreux -, du skate ou du hip-hop et l'omniprésence d'un graffiti figuratif, alors que de plus en plus d'artistes que l'on peut découvrir notamment du côté de la galerie Slika s'emparent d'un style davantage abstrait et aux compositions minimalistes. Cela n'empêche pas l'exposition de prendre de la hauteur et l'on salue l'exigence des organisateurs pour proposer un événement gratuit, complexe à financer et qualitatif, réunissant artistes confirmés et jeunes pousses comme Wenc, Agrume et Spinx.

ZOO sera le lieu de plusieurs événements et performances qui viendront ponctuer l'exposition pendant deux mois comme une grande vente de plantes, des sessions de tatouage avec les artistes du salon Baraka, ou encore un live painting de l'artiste californien Dytch66. Conscients de certains manquements, les organisateurs promettent déjà un événement venant les corriger. Exit les 600m2 de la rue de Créqui, la prochaine jungle urbaine se déploiera sur 4000m2, ce qui permettra d'accueillir des artistes venant d'univers plus expérimentaux ainsi que tous les acteurs de la culture street.

Zoo avec Brusk, Resoner, Rimp, Wenc, Agrume, Birdy Kids...
Au 61 rue de Créqui jusqu'au 29 juillet


ZOO : Brusk, Resoner, Kalouf, Aero, Wenc...

Cultures et art contemporain urbain, exposition collective
Zoo 61 rue de Créqui Lyon 6e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Villeurbanne : Zoo Art Show explore les fondamentaux du tag

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Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 5 septembre 2021

Villeurbanne : Zoo Art Show explore les fondamentaux du tag

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Vous sortez Lupin III sur 300 copies. Parce que c’est une figure iconique ou bien parce qu’il s’agit du premier anime où la 3D est enfin à la hauteur de ses ambitions ? Amel Lacombe : Eurozoom existe depuis vingt ans, et travaille sur l’animation japonaise depuis toujours. Nous avons fait découvrir en France de grands réalisateurs comme Mamoru Hosoda. Accompagner des films cultes et sur des personnages iconiques de la culture japonaise s’inscrit dans notre ADN, comme par exemple Akira que nous avons sorti cet été en 4K. Lupin III est un film d’une grande qualité, ce qui nous intéressait c’était à la fois de faire plaisir aux fans du personnage, aux fans d’animation mais aussi de faire venir en salles les familles, les enfants. C’est aussi ça notre travail, de ne pas laisser l’animation japonaise dans une case mais d’élargir son public, les choses ont évolué depuis vingt ans, il y a une démocratisation de la culture japonaise, nous l’avons constaté avec par exemple Your Name

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Au moment où nous finalisons ce journal, l’artiste chinois DALeast achève une peinture murale monumentale sur la façade de la Halle Debourg. La marque (RED) a invité DALeast, Faith 47, FAILE, Add Fuel et Brusk à participer à l'action Paint red save lives. Ces jours-ci à Washington, Berlin, New York, Londres, Paris, Le Cap et donc Lyon des artistes urbains peignent afin de sensibiliser le public à la lutte contre le sida, à l’occasion de la conférence de reconstitution du Fonds mondial qui se déroulera entre Rhône et Saône le 10 octobre prochain. À l’image de l’initiative de (RED), le volatile de DALeast est colossal, stupéfiant. L’artiste avec ses centaines de bombes aérosols a œuvré durant plusieurs jours pour composer un oiseau aux ailes déployées. Trait après trait, il a pris forme sous les yeux interloqués des passants, qui se voient ravis d’accueillir une nouvelle fresque aussi importante que celle d’Inti

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Quatre fresques géantes vont bientôt embellir la ville

Street Art | Quatre artistes sont invités par (RED) à composer autant de fresques géantes dans la ville, en amont de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui se tiendra à Lyon le 10 octobre. Sont annoncés : Faith 47, DALeast, Add Fuel et FAILE.

Sarah Fouassier | Jeudi 26 septembre 2019

Quatre fresques géantes vont bientôt embellir la ville

Au moins quatre immenses fresques viendront embellir la ville à l’occasion de la conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui se tiendra à Lyon, le 10 octobre prochain. En amont de cette conférence, les figures du street art que sont la Sud-Africaine Faith 47, le Chinois DALeast, le Portugais Add Fuel et le duo new-yorkais FAILE composeront ces fresques dans divers lieux de la ville, invités par (RED). Faith 47 peindra le bâtiment F de l'hôpital de la Croix-Rousse, Add Fuel sera sur les berges du Rhône en face du 50 quai Charles de Gaulle, FAILE habillera le parking des berges sous le pont Morand du côté du quai Jean Moulin, tandis que la peinture de DALeast campera sur la façade de la halle Debourg, où a eu lieu en mai dernier le festival de street art

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Souffre-douleur : "L'Insensible"

Drame | Placé à l’orphelinat, Denis, 16 ans, est soudain récupéré par sa mère qui veut profiter de son “talent“. Insensible à la douleur, Denis est en effet contraint de se précipiter contre des voitures afin de faire condamner comme chauffards les conducteurs au terme d’un procès truqué.

Vincent Raymond | Mardi 10 septembre 2019

Souffre-douleur :

Les noms de ses représentants les plus indociles se trouvent souvent à la page des faits divers par volonté du pouvoir — tels Kirill Serebrennikov ou Oleh Stensov — pourtant, le cinéma russe continue de produire des réalisateurs d’importance, à l’image d'Andrey Zvyagintsev ou d’Ivan I. Tverdovsky. Auteur du déjà stupéfiant (et réussi) Zoologie, dont l’héroïne se voyait gratifiée d’un appendice caudal, le cinéaste emprunte à nouveau ici les chemins d’un proto-fantastique ultra réaliste pour saisir les aberrations de son pays. De même convoque-t-il un personnage principal atypique dont une particularité lui vaut d’être traité

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Attention, histoires vraies !

Documentaire | En juillet 2013, Bilal Berreni (alias Zoo Project), dessinateur et street artiste, mourrait assassiné à l’âge de 23 ans. Pour lui rendre hommage, ses (...)

Aliénor Vinçotte | Mardi 20 mars 2018

Attention, histoires vraies !

En juillet 2013, Bilal Berreni (alias Zoo Project), dessinateur et street artiste, mourrait assassiné à l’âge de 23 ans. Pour lui rendre hommage, ses œuvres seront exposées pendant la durée du festival Histoires vraies [.doc], au cinéma de la Duchère. Peu de temps avant sa disparition, il avait effectué un long voyage artistique de plusieurs mois jusqu’aux extrémités de la Sibérie, aux côtés du réalisateur Antoine Page. Un trajet — ponctué de rencontres et des dessins de Zoo Project — dont un aperçu de 1h45 est donné dans C’est assez bien d’être fou (2013), road movie qui sera présenté en avant-première par son auteur. Également en avant-première, Blue, un documentaire de Disney plongeant le spectateur dans le monde fascinant des océans, sera projeté sur le grand écran. Plus terre-à-terre,

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One, two... street art ! on compte sur les kids

Street Art | Initier les enfants à cet art manuel, coloré et funky, en voilà une bonne idée. Ceux qui ont vu les kids s’éclater avec les bombes lors des ateliers au Trublyon Festival en septembre savent de quoi on parle. Les autres, vous allez le découvrir.

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

One, two... street art ! on compte sur les kids

Que celui qui n’a jamais rêvé de dessiner sur les murs de sa chambre d’enfant jette le premier feutre ! Organisée par l’association Little Beaux Arts avec l’aide du Musée en Herbe (le premier musée pour enfant en France, spécialiste de la médiation culturelle pour kids), l’exposition One, two... street art ! souhaite initier et sensibiliser le jeune public, dès trois ans, au street art. Avec un parcours pédagogique et ludique, accompagné d’un livret-jeu et ponctué d’activités. L’idée est de leur faire découvrir l’art et la discipline, en commençant par... le commencement. Les bases sont solides, notamment grâce aux artistes, galeries et collectionneurs privés qui ont apporté leurs pierres à l’édifice pour présenter des œuvres historiques et fondatrices. Banksy, Shepard Fairey, Villeglé, JonOne, Miss Tic, C215, Invader, Speedy Graphito, RERO, Cope2… Tous sont représentés afin de donner aux jeunes visiteurs un aperçu bien construit de ce mouvement artistique vivant et contemporain. Fluo kids On découvre ensuite une série d’œuvres inédites en très grand format et réalisées spécialement pour l'événement par une dizaine d’artistes français : C

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"Zoologie" : le diable au corps, par la queue

ECRANS | Quinquagénaire renfermée vivant avec sa bigote de mère, Natacha est régulièrement prise pour cible par ses collègues du parc zoologique, qui lui infligent moult (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 mars 2017

Quinquagénaire renfermée vivant avec sa bigote de mère, Natacha est régulièrement prise pour cible par ses collègues du parc zoologique, qui lui infligent moult mauvaises blagues et vexations. Lorsqu’un jour une queue lui pousse, sa vie change… Conte néo-kafkaïen aussi trouble et troublant que Freaks, Zoologie s’adapte avec brio au visage de la Russie contemporaine, dressant au passage une caricature acérée de ses habitants : les consœurs de Natacha y sont de monstrueuses matrones étouffées par leur triple menton, exsudant leur vulgarité par tous les pores de leur face luisante de maquillage. La population vit recluse dans une crédulité crasse et une superstition entretenues par un prêtre timoré, soutenues par un bouche à oreille plus contagieux qu’une épidémie de fièvre aphteuse. Ivan Tverdovsky, lui, n’hésite pas à moquer les tabous rétrogrades ; à transformer une femme a priori négligeable car négligée en objet de désir, voire à la fétichiser au prix d’une métamorp

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Sexe sans issue

TNP | Ils veulent tout embrasser et le font bien. Il est parfois des écritures viscérales, débordantes, qui si elles ne submergent ou n'assomment pas le lecteur, (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 février 2017

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Ils veulent tout embrasser et le font bien. Il est parfois des écritures viscérales, débordantes, qui si elles ne submergent ou n'assomment pas le lecteur, font preuve d'un bel équilibre. En 2007, Riad Gahmi, élève comédien à la précieuse école de la Comédie de Saint-Étienne, a rencontré Philippe Vincent, alors intervenant. Depuis, ils font route commune, comme avec Un arabe dans mon miroir en 2011, pièce tout en pudeur et justesse sur les rapports violents entre Occident et Orient au travers des drames et attentats de ces soixantes dernières années. Au TNP, du 7 au 11 mars, tous deux présentent les toutes premières représentations de Gonzoo, s'inspirant d'un fait réel : l'employée de l'année d'une entreprise chinoise se voit offrir une nuit avec un acteur de X. Interrogeant d'une manière différente cet éternel rapport à l'argent et aux pouvoirs, l'auteur et le metteur en scène s'appuient sur la façon très subject

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Décollage en douceur

MUSIQUES | Passionné de disco et de pop 70’s et 80’s, Aeroplane insuffle dans sa musique une subtilité mélodique et un groove qui la distingue instantanément du lot. Rencontre avec un DJ-producteur singulier, qui refuse de céder à la « pression du dancefloor ». Propos recueillis par Damien Grimbert

Benjamin Mialot | Lundi 25 février 2013

Décollage en douceur

Quel est votre background culturel ?Aeroplane : Je viens de la région de Charleroi, en Belgique. J’ai passé la plupart de ma vie là-bas. J’ai grandi dans une famille d’Italiens, dans laquelle on écoutait évidemment beaucoup de musique italienne. Quand j’ai été en âge de comprendre la musique, en 1986, 1987, une bonne partie était produite par tous les mecs qui avaient fait de l’italo-disco les cinq années d’avant. Donc ça sonnait très électronique, c’était une espèce de pop très sucrée, très "over-the-top" dans les harmonies, mais produite de manière électronique avec des DX7 [synthétiseurs – NDLR], des boîtes à rythmes… Et je pense qu’encore aujourd’hui, c’est un des musiques qui m’influence le plus. Étant donné votre passion pour la musique des années 70 et 80, vous n’avez pas parfois la tentation de ne passer que des vieux disques ?C’est un peu difficile, parce le public d’Aeroplane se divise vraiment en deux parties. Il y des gens qui comprennent les références que je fais aux années 80, les synthés analogiques, le temps que je passe à essayer de faire en sorte que ça évoque vraiment cette période… Et puis il y a

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Benjamin Gibbard

MUSIQUES | Former Lives (City Slang/Pias)

Stéphane Duchêne | Vendredi 30 novembre 2012

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Benjamin Gibbard, chanteur et leader de Death Cab For Cutie, c'est un peu notre assistant d'anglais, le type qui articule bien ses phrases, le type normal qui ressemble au voisin de palier mais dont toutes les filles et certains garçons sont amoureux au lycée – alors que pourtant il n'a pas vraiment un physique à tout casser.     Le truc c'est que là, notre pauvre assistant d'anglais, celui qui a toujours si bien parlé d'amour et offert tant de « c'est notre chanson » à des milliers de couples sur les campus des facs américaines, s'est fait larguer comme une vieille tong trois fois dans les huit dernières années (c'est notre passage Closer mais il se justifiera dans quelques lignes). Dont une par Zooey « Paul » Deschanel – oui, il paraît qu'elle est un peu zinzin, en tout cas elle en a l'air et on l'imagine tout à fait tomber d'un train en pyjama ; cha

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The W(izz)ard

MUSIQUES | Qui est vraiment M(atthew Stephen) Ward ? À force de le voir acoquiné avec ce qui se fait de mieux en matière de fille/chanteuse/actrice (Zooey Deschanel (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 15 mars 2012

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Qui est vraiment M(atthew Stephen) Ward ? À force de le voir acoquiné avec ce qui se fait de mieux en matière de fille/chanteuse/actrice (Zooey Deschanel au sein de She & Him), de super musiciens rassemblés façons Avengers – au sein des bien nommés Monster of Folk ou du beaucoup plus nébuleux projet Arizona Amp & Alternator –, ou de jouer les musiciens de complément, on en viendrait presque à oublier que Ward trimballe une œuvre en solo conséquente et parsemée de classiques tels que Post-War ou Hold Time.Laquelle devrait se prolonger de la plus belle des manières avec la sortie, le 10 avril, d'A Wasteland Companion, dont les échos sont comme du miel à nos oreilles. Dans les mains de M. Ward, la musi

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Une vie toute neuve

ECRANS | D’Ounie Lecomte (Corée du Sud-Fr, 1h32) avec Saeron Kim, Do yeon Par…

Christophe Chabert | Lundi 4 janvier 2010

Une vie toute neuve

Produit par le grand Lee Chang-dong, ce premier film à forte teneur autobiographique n’a pas retenu la leçon de l’ancien ministre de la Culture sud-coréen : prendre toujours le spectateur à contre-pied d’une séquence à l’autre. "Une vie toute neuve" fonctionne sur le principe inverse : tout y est désespérément prévisible. Ounie Lecomte ayant une peur panique de la note fausse, elle se contente de déployer scolairement le programme de son film. Une petite fille est abandonnée par son père dans un orphelinat ; d’abord mutique et rebelle à cette nouvelle vie temporaire — en attente d’une adoption occidentale — elle va se trouver une amie, puis se faire une raison. Comme le film n’est pas particulièrement bien filmé, plutôt avare en émotions et peu soutenu par des idées de cinéma elles-mêmes guère audacieuses (on ne voit jamais le visage du père), l’affaire se regarde avec un ennui distingué, mais profond. CC

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Gigantic

ECRANS | De Matt Aselton (ÉU, 1h37) avec Paul Dano, Zooey Deschanel…

Christophe Chabert | Lundi 21 décembre 2009

Gigantic

Sur le papier, "Gigantic" a tout du petit film sympathique, avec son charmant duo d’acteurs (Dano et Deschanel), son ton de comédie mélancolique, ses apartés bizarres… Mais, probablement par peur de raconter linéairement une histoire il est vrai conventionnelle (un vendeur de lits déprimé tente d’adopter un bébé chinois et tombe amoureux d’une fille à papa un peu artiste et un peu cinglée), Aselton laisse dériver son scénario au gré de fantaisies inexplicables, cherchant le détail absurde et le clin d’œil complice au détriment de l’élémentaire lisibilité de son récit. En gros, ça part dans tous les sens, notamment lors des apparitions de Zach Galifianakis (oui, celui de "Very bad trip") en SDF menaçant. Incarnation de l’esprit torturé du héros ? Ou vraie mauvaise conscience urbaine rôdant comme un spectre autour de ces petits-bourgeois avec des petits problèmes ? "Gigantic" ne prend pas la peine d’élucider la question, et on a le sentiment que tout cela n’a pas grande importance, dans un film qui confond légèreté et inconséquence. CC

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(500 jours) ensemble

ECRANS | De Marc Webb (ÉU, 1h36) avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel…

Dorotée Aznar | Lundi 28 septembre 2009

(500 jours) ensemble

Pendant que personne ne faisait attention, un sous-genre a éclos dans le moelleux giron de la comédie romantique américaine : le boy meets girl jukebox, où l’on se séduit en écoutant de la musique top tendance (enfin, pas tout le temps). Après les battles d’Ipod d’Une nuit à New York, voici donc les états d’âme façon clips éthérés de (500 jours) ensemble. Tom rencontre Summer dans un ascenseur. Elle lui chante un passage de ‘There is a light that never goes out’ des Smiths, il en tombe instantanément amoureux (normal). Quand il pense à elle, ‘She’s like the wind’ de Patrick Swayze lui vient en tête. Puis leur passion s’exalte au son de Regina Spektor, des Black Lips, de Lee Hazlewood. Mais après avoir fait écouter ‘Quelqu’un m’a dit’ de Carla Bruni (comme par hasard…) à Summer dans sa voiture, Tom sent l’amour de sa vie lui échapper… Toujours à deux doigts de tomber dans la compilation filmée, Marc Webb prend soin de créer des personnages attachants, bien aidé en cela par le couple cinématographique formé par Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt. Mais il ne peut malheureusement empêcher son film de verser dans la pose, dans la conscience aigue de son caractè

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