Cinq expos photo à voir en septembre

Bons Plans | Septembre sera un mois particulièrement photographique à Lyon, avec notamment la nouvelle édition du Festival 9 PH dans plusieurs galeries. Notre sélection est, ce mois-ci, 100 % photo.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Un "Passager" nommé Arnaud Brihay

Avions, chambres d'hôtels, forêts, no man's land, rétroviseurs d'automobiles... Tout est occasion pour le globe-trotteur Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique et résidant à Lyon) de petites ou de grandes fulgurances sensuelles et poétiques, parfois même inquiétantes. Entre son regard subjectif et le monde réel, ses images tissent un entre-deux tramé d'effets de flou, de saturation, de reflets et d'échos formels.

À L'Abat-Jour du 8 septembre au 17 novembre


Une passagère nommée Sylvie Bonnot

En 2014, Sylvie Bonnot a traversé la Russie en train, empruntant notamment le fameux Transibérien. Elle en a ramené beaucoup d'images : certaines représentant assez directement des paysages et des personnes rencontrées lors de son périple, et d'autres qu'elle a retravaillées à sa façon, en atelier, pour les disposer sur des volumes, sur une surface de soie, ou sur des plaques gravées... Sa Russie, oscillant entre grandeur et frayeur, est donc aussi un voyage matériel de l'image photographique elle-même.

Le Baïkal intérieur
Au Bleu du Ciel (Festival 9PH) du 14 septembre au 10 novembre


Images dé-livrées

Cinq des photographes du Réverbère ont sorti récemment un livre : belle occasion pour la galerie de rendre hommage aux éditeurs et au support livresque. C'est à partir de ces cinq ouvrages que l'exposition a été conçue, et elle réunira des images de William Klein, Denis Roche, Géraldine Lay, Beatrix Von Conta et Philippe Pétremant.

Honneur aux éditeurs !
Au Réverbère du 8 septembre au 29 décembre


Valérie Jouve

Il ne faudrait pas croire, avec Valérie Jouve, que le réel (la nature, les hommes, les villes...) se donne à voir avec évidence et non sans résistance, sans une certaine opacité farouche. Dans ses images, la photographe se risque à cette opacité des choses, et, avec franchise et délicatesse, tente d'en extraire tous les sucs poétiques, la moelle existentielle. On peut les (re)découvrir ce mois-ci à la fois au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne, et à la Galerie Besson à Lyon.

Formes de vie
Au MAMC de Saint-Étienne jusqu'au 16 septembre

Les femmes de Jéricho
À la Galerie Françoise Besson (Festival 9PH) du 14 septembre au 3 novembre


Marine Lanier

Née en 1981 à Valence, vivant entre Crest et Lyon, Marine Lanier ancre ses images dans un territoire local qu'elle connaît parfaitement, pour mieux en transcender des caractères non pittoresques, sauvages, telluriques. Aidée parfois pour cela par ses lectures de Conrad, de Thoreau et de London, ou par les films d'Herzog. Pour son exposition à Vénissieux, elle a suivi pendant plusieurs années deux adolescents évoluant sur un plateau. Ses images entremêlent les métamorphoses du paysage à celles de l'identité juvénile.

Le soleil des loups
À l'Espace Arts Plastiques Madeleine-Lambert à Vénissieux (Festival 9PH) du 19 septembre au 3 novembre


Arnaud Brihay

Photographie
L'Abat-jour 33 rue René Leynaud Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Danila Tkachenko + Sylvie Bonnot

Dans les plaines d'Asie centrale, photographie
Le Bleu du Ciel 12 rue des Fantasques Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Beatrix von Conta + William Klein + Géraldine Lay + Denis Roche + Philippe Pétremant

Honneur aux éditeurs, photographie
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Galerie Françoise Besson 10 rue de Crimée Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Marine Lanier

Le soleil des loups, photographie
Espace Arts Plastiques Madeleine-Lambert 12 rue Eugène-Peloux Vénissieux
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Le club des cinq au Réverbère

Photographie | Cinq des photographes défendus par la galerie Le Réverbère ont fait paraître récemment un livre : Beatrix Von Conta, Denis Roche (1937-2015), Géraldine Lay, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 novembre 2018

Le club des cinq au Réverbère

Cinq des photographes défendus par la galerie Le Réverbère ont fait paraître récemment un livre : Beatrix Von Conta, Denis Roche (1937-2015), Géraldine Lay, Philippe Pétremant, William Klein. William Klein, rappelons-le, a d'ailleurs non seulement secoué les codes de la photographie avec ses images coups de poing prises parmi le flux spontané des rues, mais il a fait aussi éclater le cadre habituel des ouvrages de photographies, et ce dès 1956 avec la publication de son journal photographique New York. L'occasion était donc idoine pour le Réverbère de « rendre hommage aux éditeurs » et aux ouvrages de photographie, d'autant plus que la galerie est connue plus largement pour son goût pour le livre et la littérature (deux de ses photographes sont aussi des écrivains : Denis Roche et Alain Fleischer). L'accroch

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Valérie Jouve, poète des sens

Photographie | Depuis son exposition au Bleu du Ciel en 2016, Valérie Jouve a changé ses procédés d'expositions. Chacune est l'occasion pour elle de rebattre les cartes, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 octobre 2018

Valérie Jouve, poète des sens

Depuis son exposition au Bleu du Ciel en 2016, Valérie Jouve a changé ses procédés d'expositions. Chacune est l'occasion pour elle de rebattre les cartes, de casser la chronologie et l'homogénéité de ses séries de photographies. Elle s'y permet même de coller certaines images directement sur le mur, ou encore d'en superposer plusieurs. On y perçoit l'idée d'un montage à la Walter Benjamin. Et surtout, contre toute idée préconçue, la célèbre photographe s'y avère plus poète des sens et des émotions, que documentariste de la marche (de travers) du monde. Certes, elle photographie les femmes de Palestine, les usagers du quartier de la Défense, les citadins des grandes villes, mais chaque image est, plutôt qu'un document, la trace d'une rencontre humaine. Après le Bleu du Ciel, le Musée de Saint-Étienne, son exposition (jusqu'au 3 novembre) à la galerie Françoise Besson est très réussie.

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Sylvie, fille du froid

Photographie | Sylvie Bonnot aime les contrées nordiques et n'a pas froid aux yeux, traversant du regard des paysages réels, et aussi le médium photographique et ses supports. Son exposition au Bleu du Ciel est fort réussie.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 octobre 2018

Sylvie, fille du froid

Il y a quelques années, nous découvrions Sylvie Bonnot (née en 1982) cheminant au pied du Spitzberg, en Islande, à Hokkaido au nord du Japon, en Irlande... Bref parmi des contrées où la présence humaine est réduite et le climat assez frisquet. La jeune photographe ramenait de ses périples des images de paysages somptueuses, reprises ensuite en séries thématiques (les îles, les pierres, etc.). Depuis, son travail a évolué et l'artiste « altère l'image, introduit le geste du corps ». Les photographies sont par exemple mises en volumes (par différentes techniques de pliage), ou bien Sylvie Bonnot (à partir d'une recette secrète) en décolle la gélatine pour transposer ses images sur d'autres supports. Comme Sylvie, l'image ici voyage : de support en support, de 2D en 3D, de petits formats en très grands formats, de papier en tissu... Le feu du mouvement Au Bleu du Ciel, Sylvie Bonnot présente Le Baïkal intérieur, soit un ensemble d'images et de volumes émanant d'un périple en train (le fameux Transsibérien) d'Ouest et Est de la Sibérie. On y dé

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Cinq expos à voir en octobre

Bons Plans | On les a vues, ou bien on pressent de très bonnes ondes... Voici notre sélection, non exhaustive, de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 octobre 2018

Cinq expos à voir en octobre

Les 40 ans de l'Institut d'Art Contemporain Pas de crise de la quarantaine à l'IAC, mais une prometteuse programmation d'anniversaire avec, surtout, une exposition monographique consacrée à l'artiste allemande Katinka Bock (née en 1976 à Francfort-sur-le-Main), sculptrice jouant avec finesse de matériaux bruts (terre, pierre, cuivre, végétaux...) et de gestes simples et lisibles (plier, tomber, enrouler, frotter...). Et, parallèlement, l'IAC présente une partie de ses collections à l'IAC lui-même, et aussi à l'URDLA et d'autres lieux villeurbannais. À Villeurbanne du 5 octobre au 20 janvier 2019 Les Nouveaux Sauvages Expo événement très attendue, dont on vous a déjà largement rebattu les oreilles ici, Les Nouveaux Sauvages investissent temporairement une friche industrielle pour exposer une flopée d'artistes de toutes provenances (photographie, street art,

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Exposition curieuses en approche

Dans les galeries | On l'oublie trop souvent, mais les petits lieux artistiques (galeries, centres d'art...) présentent souvent des exposition de grande qualité, et, qui plus est, gratuites ! Voici notre sélection thématique de la rentrée en cinq entrées.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Exposition curieuses en approche

Photos plein les yeux Le festival Lyon septembre de la photographie revient avec un drôle de nom, 9PH, et propose plusieurs expositions alléchantes sur le thème de la frontière : Valérie Jouve avec un travail à Jéricho à la Galerie Besson, Sylvie Bonnot et Danila Tkachenko autour de la Russie au Bleu du Ciel, Chloé Serre aux limites entre la chorégraphie et la photographie à la BF15... Par ailleurs, le Réverbère expose cinq photographes (William Klein, Denis Roche...) autour de livres photo récemment publiés (jusqu'au 29 décembre), la Galerie Lumière des images de tournage d'Ingmar Bergman (jusqu'au 4 novembre), la galerie Vrais-Rêves les utopies architecturales de Philippe Calandre (jusqu'au 10 novembre). Et petite piqûre de rappel : l'accrochage plongé dans la pénombre de l'Abat Jour (jusqu'au 17 novembre) des photographies d'Arnaud Brihay, artiste voyageur et poète visuel, est superbe ! Variétés prestigieuses Comme régulièrement, la galerie Descours nous propose cet automne une Varia (du 18 octobre au 26 janvier)

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Arnaud Brihay livre des passages

Photographie | L'Abat-Jour présente la belle série Passager d'Arnaud Brihay. Un photographe de l'entre-deux, et de la suggestion poétique et visuelle.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

Arnaud Brihay livre des passages

L’œuvre d'Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique, vivant à Lyon depuis une vingtaine d'années) vibre de ses usages fréquents de la saturation (de lumières, de couleurs) et du flou. Saturations et flou qui nimbent ses photographies d'une étrangeté tour à tour attirante ou inquiétante. Ses déserts d'Arabie Saoudite, par exemple, sont écrasants de chaleur orangée, et ses errances en Irlande se retrouvent comme engluées dans une matière lumineuse fondante... Les "saturations" du photographe peuvent relever encore de l'ordre de la matière (terre, sable, herbes...), de formes géométriques accumulées, de feuillages et de ramages particulièrement denses... L’œil ici hallucine la réalité, c'est-à-dire la tord, l'épuise, la métamorphose, l'arrache au réel et l'y confronte en même temps. Dans des chambres d'hôtel, des cabines d'avion, des taxis, dans des rues ou des couloirs, Arnaud Brihay capte ainsi des fragrances, des éclats, des énigmes. Déplacements Au-delà de quelques tâtonnements artistiques et facilités stylistiques, vite oubliés, Arnaud Brihay prend des risques plastiques et réussit souvent à tout emporter p

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Une rue vernie

Vernissages | Toutes, ou presque, les galeries de la rue Burdeau inaugurent leurs nouvelles expositions ce samedi 8 septembre, dès le début d'après-midi et jusqu'à 20h30. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Une rue vernie

Toutes, ou presque, les galeries de la rue Burdeau inaugurent leurs nouvelles expositions ce samedi 8 septembre, dès le début d'après-midi et jusqu'à 20h30. Avec des menus appétissants : une exposition photo collective au Réverbère (William Klein, Denis Roche...), une autre expo collective autour du dessin à la galerie Pallade (avec Ivan Messac, Nicolas Rubinstein...), un dialogue plastique entre le peintre Jean-Pierre Schneider et le sculpteur Olivier Giroud chez Pome Turbil... À deux pas de la rue Burdeau, l'Abat Jour vernit aussi une expo prometteuse avec les photographies d'Arnaud Brihay.

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Quatre expos ouvertes en août

Regarder | Tout n'est pas fermé en août : voici quatre expos à voir avant la rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 août 2018

Quatre expos ouvertes en août

L'inclassable Impossible de définir ou de classer Erik Dietman (1937-2002), artiste aussi nomade géographiquement qu'esthétiquement. Dietman a eu des amitiés avec des artistes de Fluxus et du nouveau réalisme, des admirations pour Marcel Duchamp ou Kurt Schwitters, mais il est resté libre et farouche, de ses premières peintures réalisées les yeux bandées à ses dernières sculptures ou installations. Le musée revient sur cet électron libre à travers une cinquantaine d'œuvres. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 septembre La contemporaine Le Bleu du Ciel réunit rien moins que dix-sept artistes dont les images (photographies et vidéos principalement) interrogent les normes, les conflits et les points de fuite du monde contemporain. Parmi eux : Bertrand Stofleth, Julien Guinand, Guillaume Robert, Aurélie Pétrel, Karim Kal.... Au Bleu du Ciel jusqu'au 1er septembre

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Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Le Reverbère | L'exposition en hommage à Denis Roche au Réverbère est l'occasion de revenir sur une œuvre photographique importante, ouvrant l'image à une multiplicité de dimensions. L'une d'elles n'étant rien moins que la trace de la fabrique, jamais définitive, d'un sujet humain.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Poète et écrivain d'avant-garde, éditeur au Seuil, photographe et théoricien de la photographie, Denis Roche (1937-2015) était un artiste complexe et ses œuvres prenaient des directions multiples, au gré de ses doutes et de ses avancées artistiques... Ses photographies, notamment, relèvent tour à tour de la spontanéité et de la simplicité, ou au contraire du dispositif mûrement réfléchi. De l'autoportrait pris dans des circonstances contingentes, aux images aux formes très travaillées... On a beaucoup insisté, et Denis Roche lui-même, sur le rapport essentiel du photographe au temps, à la mort... Gilles Mora (dans sa monographie consacrée à Denis Roche, Les Preuves du temps) dit ne pouvoir trouver comme lien entre les images de Denis Roche que « leur temporalité exorbitante ». Une angoisse existentielle qui, bien sûr, trouve dans le médium photographique la surface la plus à même de l'apaiser, mais aussi de la décupler et de la creuser indéfiniment.

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Troubles photographiques

Tout ce qu'il faut voir | Lyon fourmille cet automne d'événements liés à l'image fixe : le retour du festival Lyon septembre de la photographie, une nouvelle édition de la foire Photo Docks Art Fair, de nombreuses expositions dans des galeries... Mise au point sur ce médium qui révèle moins notre rapport au réel qu'il ne le trouble profondément.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Troubles photographiques

Au 19e siècle, l'apparition de la photographie a fichu une trouille bleue aux peintres pensant qu'elle allait les dépouiller de leur job de représentation du monde, que l'appareil allait broyer la palette et l'automatisme de la machine la main humaine... Aujourd'hui, la photographie, au sens un peu classique du tirage sur papier, apparaît presque désuète, incongrue au regard des images qui défilent, immatérielles ou presque, sur nos écrans de portables, d'ordinateurs, de télévisions... Quel est ce curieux rectangle de papier qui ose parfois encore nous apparaître en noir et blanc, qui hante les cimaises des galeries ou les vieux albums de nos aïeux ? Par un drôle de paradoxe, ce médium que l'on craignait jadis pour sa "modernité" est devenu une forme de résistance à la dite modernité des images en flux continus : sur cette mince surface matérielle, viennent se déposer un peu de temps et de lumière, se découper une portion d'espace et de réel. À l'heure de "l'accélération" (Hartmut Rosa), du "visuel" (Serge Daney), de la "vites

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La Polyphonie des images de Valérie Jouve

ARTS | Quelques mois après sa rétrospective à Paris, la photographe Valérie Jouve présente une exposition inédite au Bleu du Ciel. Ses images singulières et "musicales" invitent à la rencontre avec l'autre : autre sujet, autre lieu, autre vie. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

La Polyphonie des images de Valérie Jouve

Dans la grande salle du Bleu du Ciel, Valérie Jouve surprend d'emblée le visiteur par un accrochage osé et déjouant les attentes. De grands tirages sont directement collés sur les cimaises. Des "images-fenêtres" s'ouvrent sur d'autres "images-fenêtres" ; d'autres se superposent et l'on passe, sans transition, de grands à de très petits formats. La présence de la matière n'a jamais été aussi frappante dans les images de l'artiste : un grand mur lépreux happe littéralement le regard, des troncs d'arbres imposent leurs masses compactes et énigmatiques, une épaisse fumée blanche s'échappe sur la partie gauche d'un tirage... L'espace d'exposition est ainsi fortement texturé, mobilisant notre sensibilité. Sa géométrie a été comme reconfigurée en une sorte de kaléidoscope d'images qui se font écho, se frottent l'une à l'autre par contraste ou rupture soudaine de continuité... « Rien n'est figé dans mon travail et dans mes accrochages, nous confie Valérie Jouve. J'ai peur des images figées. Pour moi ce sont toujours des fenêtres ouvertes, polysémiques ». En dépit de sa formation initiale en sciences humaines, l'artiste évite d'assigner à ses images

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Jeudi, jour de vernissages

ARTS | Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 janvier 2016

Jeudi, jour de vernissages

Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries de photographies de Géraldine Lay au Réverbère, une exposition collective consacrée aux Vies silencieuses (avec Eric Dessert, Alexandre Hollan...) à la galerie Pome Turbil ; et une multitude d'artistes chez Anne-Marie et Roland Pallade (Robert Combas, Peter Klasen, Jacques Monory, Roland Topor...). A quelques encablures de la rue Burdeau, la BF15 inaugure elle aussi sa nouvelle expo, comme Le Bleu du Ciel avec des œuvres récentes de Valérie Jouve.

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Dialoguer avec la photographe Valérie Jouve

ARTS | Avant son exposition au Bleu du Ciel dès le 29 janvier, la photographe et cinéaste Valérie Jouve viendra parler de son parcours à la Bibliothèque (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 janvier 2016

Dialoguer avec la photographe Valérie Jouve

Avant son exposition au Bleu du Ciel dès le 29 janvier, la photographe et cinéaste Valérie Jouve viendra parler de son parcours à la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu ce vendredi 22 janvier, à 18h30 (entrée libre). Une rencontre conseillée tant l'artiste s'exprime avec précision sur son oeuvre en constante évolution, où chaque image (fixe ou en mouvement) nous confronte avec beaucoup de poésie et de sensibilité à l'altérité, qu'elle soit celle d'un individu ou d'un paysage.

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Le Réverbère sort ses réserves

ARTS | La galerie photo Le Réverbère réunit six de ses artistes pour une exposition consacrée à des œuvres récentes, décalées ou rarement montrées. Simple et efficace. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

Le Réverbère sort ses réserves

Au rez-de-chaussée du Réverbère règne un certain esprit de liberté et de simplicité. La Lyonnaise Arièle Bonzon nous accueille avec des vues de désert, dont un très bel arbre esseulé dépliant ses rameaux au-dessus d'une dune... Un peu plus loin, Lionel Fourneaux associe librement des dessins enfantins (griboullis, oiseaux, empreinte de main...) à des photographies. Un procédé déjà souvent utilisé mais qui, là encore, révèle tout son potentiel de décalage et de poésie. «Ces dialogues obéissent à une seule loi, celle de l’attraction personnelle, elles ne s’imposent donc à personne, mais peuvent toucher ceux qui n’ont pas oublié cette dimension du jeu et du plaisir propre aux premières années de la vie. La proximité de mes enfants, leurs sentiments mêlés au spectacle de la bizarrerie du monde m’aident à recouvrer cet état d’innocence, de fraîcheur – disons cela – et de rêverie volontiers naïve, mais verticale qui m’autorisent à fabriquer ces images métisses» écrit le photographe. À ses côtés, Jean-Claude Palisse poursuit son tr

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Collections passions

ARTS | Expositions / Des collectionneurs privés s’invitent dans les musées et les galeries, proposant trois expositions très réussies au Musée des Beaux-Arts, au Réverbère et à la galerie Henri Chartier. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2011

Collections passions

Collections, piège à cons ? Il est toujours tentant de caricaturer le collectionneur (ou la collectionneuse) comme un type plein aux as qui sort de son 4X4 une baudruche de Jeff Koons ou une vache coupée en deux baignant dans le formol de Damien Hirst pour décorer son salon et épater ses amis imbibés de champagne… Certes, cela doit bien exister. Mais le collectionneur peut être aussi «petit» ou obsessionnel, ou tout simplement passionné et éclairé… Antoine de Galbert a été galeriste à Grenoble pendant une dizaine d’années et a créé en 2004 la fondation privée parisienne La Maison rouge qui présente souvent de très bonnes et très originales expositions d’art contemporain. Sa collection est elle aussi assez singulière. «Ma collection est constituée, pour l’essentiel, d’œuvres d’artistes vivant aujourd’hui, mais le voyage mental et visuel que j’effectue depuis de longues années se situe dans le culte de l’objet et la trace de l’homme, et non dans l’Histoire de l’art et ses classifications qui m’ennuient» déclare-t-il. «Je m’attache, consciemment ou non, à bâtir des ponts transversaux entre les choses. Je regarde avec le même plaisir une œuvre ancienne, un objet primitif, une vidéo

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Klein + 10 collectionneurs

ARTS | Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 septembre 2011

Klein + 10 collectionneurs

Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des révolutionnaires des codes de l’édition photographique, du cadre et de l’équilibre des images, l’artiste de l’énergie brute et de la violence du quotidien… Pour ses 30 ans, la galerie le Réverbère ouvre ses cimaises à l’artiste et propose à dix collectionneurs de présenter chacun cinq images de Klein. Un bel événement complété par une rétrospective des films de fiction et documentaires de William Klein à l’Institut Lumière jusqu’au 25 septembre. Jusqu’au 31 décembre, au Réverbère.

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THE FRENCH

ECRANS | William Klein Arte Vidéo

Dorotée Aznar | Jeudi 19 juin 2008

THE FRENCH

Ils ont donc été jeunes ! McEnroe, Lendl et même Ice Borg avec une gueule d’ange de Suédois qu’on ne soupçonnait pas sous son éternel bandeau. Les shorts sont courts, les corps gringalets, mais la science du jeu est là. Nous sommes à Roland Garros en 1981. La France vient de basculer à gauche, mais la planète-tennis s’en fiche. Le centre des préoccupations est le ciel qui arrose régulièrement cette quinzaine ocre. William Klein filme les premiers échauffements, les inquiétudes de Jean-Paul Loth, alors directeur technique national face à l’entorse de l’enfant prodige Noah. La caméra est partout et surtout là où elle ne pourrait plus aller aujourd’hui sauf dérogation spéciale mise en scène par France Télévision : dans les vestiaires, en salle de massage, dans les tribunes où l’on croise Lino Ventura. Les conférences de presse, souvent trop lisses, sont absentes. Les machines à écrire crépitent, les journalistes dictant leurs articles par téléphone tentent de couvrir la voix de leurs collègues. Borg va s’emparer de son 6e et dernier Roland Garros, le 4e consécutif en effleurant magistralement les lignes de ses passings croisés et décroisés. Il est toujours une star, les fans s’égosill

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