Exposition curieuses en approche

Dans les galeries | On l'oublie trop souvent, mais les petits lieux artistiques (galeries, centres d'art...) présentent souvent des exposition de grande qualité, et, qui plus est, gratuites ! Voici notre sélection thématique de la rentrée en cinq entrées.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Photo : Chritian Lhopital © Galerie Descours / Sylvie Bonnot © Bleu du ciel / Rainier Lericolais © URDLA


Photos plein les yeux

Le festival Lyon septembre de la photographie revient avec un drôle de nom, 9PH, et propose plusieurs expositions alléchantes sur le thème de la frontière : Valérie Jouve avec un travail à Jéricho à la Galerie Besson, Sylvie Bonnot et Danila Tkachenko autour de la Russie au Bleu du Ciel, Chloé Serre aux limites entre la chorégraphie et la photographie à la BF15...

Par ailleurs, le Réverbère expose cinq photographes (William Klein, Denis Roche...) autour de livres photo récemment publiés (jusqu'au 29 décembre), la Galerie Lumière des images de tournage d'Ingmar Bergman (jusqu'au 4 novembre), la galerie Vrais-Rêves les utopies architecturales de Philippe Calandre (jusqu'au 10 novembre). Et petite piqûre de rappel : l'accrochage plongé dans la pénombre de l'Abat Jour (jusqu'au 17 novembre) des photographies d'Arnaud Brihay, artiste voyageur et poète visuel, est superbe !


Variétés prestigieuses

Comme régulièrement, la galerie Descours nous propose cet automne une Varia (du 18 octobre au 26 janvier) avec des œuvres de plusieurs artistes du 17e Siècle à nos jours. Parmi eux, on sera heureux de retrouver Christian Lhopital et ses dessins étrangement inquiétants, de découvrir une œuvre de jeunesse de Dali, et des oeuvres de Fred Deux, Raoul Ubac, Jean Raine...

Autre "varia-variation" artistique beaucoup plus inattendue : celle organisée dans une ancienne piscine municipale par la ville de Sainte-Foy-lès-Lyon autour de la figure de Don Quichotte (du 28 septembre au 21 octobre), avec une liste d'artistes annoncée assez impressionnante : Gérard Garouste, Pierre Buraglio, Vincent Bioulès, Jean Le Gac, Ben, Hervé Di Rosa, Claude Viallat... !


Pillages inventifs

"Plunder" en anglais signifie piller. Et tel est le titre programmatique de l'exposition à Villeurbanne du plasticien et musicien Rainier Lericolais, né en 1970 à Chateauroux. Ultracultivé (de culture et de contre-culture, musicale notamment), cet artiste pille, sample, entrelace les médiums, joue de l'idée de palimpseste en musiques, dessins, collages... Et réalise des œuvres graphiques et des objets aux formes et aux rendus très élégants et séduisants. L'URDLA lui consacre une exposition personnelle des plus prometteuses, du 29 septembre au 30 novembre.


Cinq jeunes filles en fleur

Fruit d'une inédite collaboration entre l'École Nationale des Beaux-Arts de Lyon et la galerie Regard Sud, Le sable se retire (du 8 novembre au 29 décembre) réunit cinq artistes, diplômées il y a peu de l'ENSBA (Ruth Cornelisse, Charlotte Denamur, Emma Marion, Amandine Mohamed-Delaporte, Nina Patin). Comme le titre de l'exposition l'indique, il sera question ici, à travers des médiums hétérogènes (photographie, dessin, objets...), de la fragilité de la matière et des choses, d'effacement, d'oscillation entre le réel et l'imaginaire.


Utopies de Jan Kopp

Après des travaux de rénovation, la Fondation Bullukian rouvre ses portes avec une exposition monographique consacrée à l'Allemand Jan Kopp (du 24 octobre au 5 janvier). Artiste littéralement inclassable, né en 1970 à Francfort, Jan Kopp cherche avant tout à décloisonner à la fois les frontières mentales et physiques des spectateurs, ainsi que les disciplines artistiques. À Lyon, il présentera un travail autour des utopies personnelles ou collectives, architecturales et industrielles. Le tout en lien bien sûr avec les enjeux de notre époque.


Jan Kopp

La patience du Tapajos
Fondation Bullukian 26 place Bellecour Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Cinq expos à voir en juin

Bons Plans | Notre sélection de cinq expositions à découvrir en galeries ou en musées ce mois-ci. D'un improbable portrait de Bashung au photo-reportage de guerre, en passant par l'univers fantasmatique de Christian Lhopital.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 juin 2019

Cinq expos à voir en juin

Les vies dansées du dessin L’artiste lyonnais Christian Lhopital expose à la galerie Descours ses nouvelles séries de dessins. Séries fascinantes d’inventivité visuelle, d’hallucinations joyeuses ou sombres, d’errances plastiques libres… C’est à une véritable danse du regard que nous invite Christian Lhopital, dont on ressort émerveillé et bouleversés ! À la galerie Michel Descours jusqu’au 22 juin Bernard Pras, bricoleur génial d'images Les images pour Bernard Pras c'est du solide ! Pour composer ses portraits (de Van Gogh, Guignol, Louis XIV...) ou ses reproductions de tableaux célèbres (Manet, Magritte...), l'artiste utilise toutes sortes de matériaux de récupération (de rouleaux de papier toilette à des jouets) et compose des installations : celles-ci, vues sous un certain angle et à une certaine distance, sont tout simplement bluffantes de réalisme ! À ne pas rater notamment : un portrait de Bashung composé avec des voitures miniature

Continuer à lire

Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Dessin | La galerie Michel Descours expose les dernières séries de dessins de Christian Lhopital. Où l’on est à nouveau fasciné par son inventivité graphique et les émotions fortes qu’elle procure.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 avril 2019

Les vies dansées du dessin de Christian Lhopital

Sur une scène improbable, faite d’un peu de graphite et de peinture, un personnage à la tête sans traits se penche un peu de profil, plie les jambes, tend les bras vers l’arrière… On dirait un danseur exécutant un solo (titre du dessin et de la série dont il est issu, datant de 2018) au beau milieu d’un déchaînement d’éléments plastiques : volutes de pastel, petites taches de couleur-lumière, cercles-astres de différentes circonférences et de différents tons, coulures floutées, lignes tremblotantes… Qui entraîne l’autre ? Est-ce le danseur (l’artiste ?) qui fait se mouvoir en spirales le dessin, ou bien est-ce le mouvement du dessin qui donne son rythme et son mouvement au personnage (à l’artiste) ? Qu’importe, la scène semble, de toute façon, plonger dans une fantasmagorie imaginaire hors de tout repère rationnel, reculer vers un passé et un réel dont les souvenirs sinuent en lignes courbes et en éclats. Le souvenir, la trace, l’œuvre sont chez Christian Lhopital toujours multiples, équivoques, vivants. Vies du r

Continuer à lire

Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Dessin | Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 novembre 2018

Les cinémas intérieurs de Robert Malaval et Christian Lhopital

Parmi l'accrochage collectif de la galerie Descours, le cinéma s'arroge discrètement une place intrigante. À travers, d'abord, l'artiste lyonnais Christian Lhopital qui présente plusieurs œuvres issues de sa série dite des Rotations ou Cinématiques, où ses personnages et ses motifs sont dédoublés comme sur des photogrammes d'une pellicule de film. « Ce qui m'intéresse ici, précisait l'artiste dans nos colonnes, c'est le "presque pareil", la copie et la variation, les similitudes et les petites différences. Il se passe beaucoup de choses entre deux personnages, dans les interstices, dans les failles... Ce dédoublement infini a un rapport avec ce que je pourrais appeler mon cinéma intérieur. » De cinéma intérieur, il est aussi littéralement question dans le dessin de Robert Malaval (1937-1980), Le Cinéma, de 1962. Une coupe de profil d'un visage humain nous montre une amusante séance de projection où un public d'homoncules prend place dans le ce

Continuer à lire

Cinq expos à voir en novembre

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 novembre 2018

Cinq expos à voir en novembre

Dark Matters Attention, l'exposition Dark Matters s'annonce aussi brève (une petite semaine) que passionnante ! Sur le motif du noir, elle nous propose de traverser cinq siècles d'histoire de l'art et réunit de nombreux artistes : de Rembrandt à Tapiès, d'Odilon Redon à Jim Dine, d'Olivier Debré à Baptiste Fompeyrine... Elle est présentée par Céline Moine et Laurent Giros, du 24 novembre au 1er décembre, dans un nouveau lieu situé 3 rue Pleney dans le 1er arrondissement de Lyon (entrée libre du mercredi au samedi de 14h à 19h). Victor Soren Du noir, il est aussi fortement question dans l'exposition de Victor Soren, présentée à la récente galerie Ories. Entre univers fantastique et graphisme approchant celui de la BD parfois, Victor Soren transpose dans toute leur étrangeté et toute leur potentialité angoissante de nos cauchemars et nos peurs d'enfant. Un grand frisson en noir e

Continuer à lire

Valérie Jouve, poète des sens

Photographie | Depuis son exposition au Bleu du Ciel en 2016, Valérie Jouve a changé ses procédés d'expositions. Chacune est l'occasion pour elle de rebattre les cartes, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 octobre 2018

Valérie Jouve, poète des sens

Depuis son exposition au Bleu du Ciel en 2016, Valérie Jouve a changé ses procédés d'expositions. Chacune est l'occasion pour elle de rebattre les cartes, de casser la chronologie et l'homogénéité de ses séries de photographies. Elle s'y permet même de coller certaines images directement sur le mur, ou encore d'en superposer plusieurs. On y perçoit l'idée d'un montage à la Walter Benjamin. Et surtout, contre toute idée préconçue, la célèbre photographe s'y avère plus poète des sens et des émotions, que documentariste de la marche (de travers) du monde. Certes, elle photographie les femmes de Palestine, les usagers du quartier de la Défense, les citadins des grandes villes, mais chaque image est, plutôt qu'un document, la trace d'une rencontre humaine. Après le Bleu du Ciel, le Musée de Saint-Étienne, son exposition (jusqu'au 3 novembre) à la galerie Françoise Besson est très réussie.

Continuer à lire

Sylvie, fille du froid

Photographie | Sylvie Bonnot aime les contrées nordiques et n'a pas froid aux yeux, traversant du regard des paysages réels, et aussi le médium photographique et ses supports. Son exposition au Bleu du Ciel est fort réussie.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 octobre 2018

Sylvie, fille du froid

Il y a quelques années, nous découvrions Sylvie Bonnot (née en 1982) cheminant au pied du Spitzberg, en Islande, à Hokkaido au nord du Japon, en Irlande... Bref parmi des contrées où la présence humaine est réduite et le climat assez frisquet. La jeune photographe ramenait de ses périples des images de paysages somptueuses, reprises ensuite en séries thématiques (les îles, les pierres, etc.). Depuis, son travail a évolué et l'artiste « altère l'image, introduit le geste du corps ». Les photographies sont par exemple mises en volumes (par différentes techniques de pliage), ou bien Sylvie Bonnot (à partir d'une recette secrète) en décolle la gélatine pour transposer ses images sur d'autres supports. Comme Sylvie, l'image ici voyage : de support en support, de 2D en 3D, de petits formats en très grands formats, de papier en tissu... Le feu du mouvement Au Bleu du Ciel, Sylvie Bonnot présente Le Baïkal intérieur, soit un ensemble d'images et de volumes émanant d'un périple en train (le fameux Transsibérien) d'Ouest et Est de la Sibérie. On y dé

Continuer à lire

Arnaud Brihay livre des passages

Photographie | L'Abat-Jour présente la belle série Passager d'Arnaud Brihay. Un photographe de l'entre-deux, et de la suggestion poétique et visuelle.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 10 septembre 2018

Arnaud Brihay livre des passages

L’œuvre d'Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique, vivant à Lyon depuis une vingtaine d'années) vibre de ses usages fréquents de la saturation (de lumières, de couleurs) et du flou. Saturations et flou qui nimbent ses photographies d'une étrangeté tour à tour attirante ou inquiétante. Ses déserts d'Arabie Saoudite, par exemple, sont écrasants de chaleur orangée, et ses errances en Irlande se retrouvent comme engluées dans une matière lumineuse fondante... Les "saturations" du photographe peuvent relever encore de l'ordre de la matière (terre, sable, herbes...), de formes géométriques accumulées, de feuillages et de ramages particulièrement denses... L’œil ici hallucine la réalité, c'est-à-dire la tord, l'épuise, la métamorphose, l'arrache au réel et l'y confronte en même temps. Dans des chambres d'hôtel, des cabines d'avion, des taxis, dans des rues ou des couloirs, Arnaud Brihay capte ainsi des fragrances, des éclats, des énigmes. Déplacements Au-delà de quelques tâtonnements artistiques et facilités stylistiques, vite oubliés, Arnaud Brihay prend des risques plastiques et réussit souvent à tout emporter p

Continuer à lire

Cinq expos photo à voir en septembre

Bons Plans | Septembre sera un mois particulièrement photographique à Lyon, avec notamment la nouvelle édition du Festival 9 PH dans plusieurs galeries. Notre sélection est, ce mois-ci, 100 % photo.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Cinq expos photo à voir en septembre

Un "Passager" nommé Arnaud Brihay Avions, chambres d'hôtels, forêts, no man's land, rétroviseurs d'automobiles... Tout est occasion pour le globe-trotteur Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique et résidant à Lyon) de petites ou de grandes fulgurances sensuelles et poétiques, parfois même inquiétantes. Entre son regard subjectif et le monde réel, ses images tissent un entre-deux tramé d'effets de flou, de saturation, de reflets et d'échos formels. À L'Abat-Jour du 8 septembre au 17 novembre Une passagère nommée Sylvie Bonnot En 2014, Sylvie Bonnot a traversé la Russie en train, empruntant notamment le fameux Transibérien. Elle en a ramené beaucoup d'images : certaines représentant assez directement des paysages et des personnes rencontrées lors de son périple, et d'autres qu'elle a retravaillées à sa façon, en atelier, pour les disposer sur des volumes, sur une surface de soie, ou sur des plaques gravées... Sa Russie, oscillant entre grandeur et frayeur, est donc aussi un voyage matériel de l'image photographique elle

Continuer à lire

Quatre expos ouvertes en août

Regarder | Tout n'est pas fermé en août : voici quatre expos à voir avant la rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 août 2018

Quatre expos ouvertes en août

L'inclassable Impossible de définir ou de classer Erik Dietman (1937-2002), artiste aussi nomade géographiquement qu'esthétiquement. Dietman a eu des amitiés avec des artistes de Fluxus et du nouveau réalisme, des admirations pour Marcel Duchamp ou Kurt Schwitters, mais il est resté libre et farouche, de ses premières peintures réalisées les yeux bandées à ses dernières sculptures ou installations. Le musée revient sur cet électron libre à travers une cinquantaine d'œuvres. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 septembre La contemporaine Le Bleu du Ciel réunit rien moins que dix-sept artistes dont les images (photographies et vidéos principalement) interrogent les normes, les conflits et les points de fuite du monde contemporain. Parmi eux : Bertrand Stofleth, Julien Guinand, Guillaume Robert, Aurélie Pétrel, Karim Kal.... Au Bleu du Ciel jusqu'au 1er septembre

Continuer à lire

Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Une œuvre commentée... | Parmi les séries de dessins exposées par Christian Lhopital, nous avons choisi ici d'explorer plus avant l'une des plus troublantes : Faces et ses personnages fantomatiques flottant parmi les limbes d'une mémoire fragmentaire.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Une œuvre commentée de Christian Lhopital

Le travail de Christian Lhopital relève sur bien des plans du palimpseste : l'image se dessine sur et à partir d'autres images (triviales ou artistiques), par décantation, précipité quasiment chimique, condensation... Les séries Fixe face seule (2010-2012), Fixe face silence (2013-2014) et Faces (2015), sont, à ce titre, assez emblématiques. Découpant des images (de personnalités célèbres du monde politique ou culturel) qui ont accroché son regard dans des journaux, mais sans les recadrer, Christian Lhopital les enduit de peinture blanchâtre en conservant seulement les yeux de la figure retravaillés au crayon. Pour Faces, l'artiste applique ensuite de l'aquarelle et évoque ainsi quelques formes qui apparaissent comme fondues, dissoutes. « Le dessin révèle alors, nous confie Christian Lhopital, un personnage fantomatique. Le personnage de départ ne disparaît pas complètement malgré l'enfouissement. » Il flotte dans des limbes, entre mémoire et oubli, présence et absence, et darde vers nous son regard inquiétant et déses

Continuer à lire

Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Galerie Domi Nostrae | Christian Lhopital expose ses nouvelles œuvres : des dessins essentiellement, qui nous entraînent dans un monde halluciné de personnages et d'objets traversés de bizarrerie et de sentiments ambigus. L'artiste nous confie ici sa manière de travailler et ce qui constitue son "cinéma intérieur".

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 22 novembre 2016

Les dessins hallucinés de Christian Lhopital

Que présentez-vous à la galerie Domi Nostrae ? Christian Lhopital : Plusieurs séries de dessins réalisées entre 2013 et 2016. Une série, pour moi, est constituée par un même type de support, un même matériau, et naît à partir d'une pensée (à partir de bribes de textes ou de paroles entendues, à la radio notamment), ou à partir d'une image... Je travaille toujours en même temps sur plusieurs cycles de dessins. Ces derniers s'enfouissent, s'empilent les uns sur les autres à l'atelier et j'aime, ensuite, avoir la surprise de les redécouvrir et de les retravailler. D'où viennent ces images ? De sources très différentes : de croquis réalisés sur des carnets, d'images prises dans des journaux, des magazines, des arrêts sur image du Net, voire d'images publicitaires dans la rue ou le métro… c'est peut-être mon côté pop art ! J'ai beaucoup d'images dans ma tête et il s'agit avant tout de les décanter. Quelque chose doit, à partir de cette masse d'images, se densifier et s'amalgamer. J'essaye dans mes dessins à la fois de saisir quelque chose de très dense et d'y insuffler beaucoup de légèreté.

Continuer à lire

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

Hors des sentiers battus | Parcourez ces chemins de traverse en suivant de sobres hashtags ; et découvrez des artistes singuliers, parfois exposés dans des lieux inattendus : un couvent, un théâtre ou un hôpital psychiatrique...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Notre cabinet de curiosités : sélection d'expositions singulières

#Effacement « Dans l’acte de peindre, il y aura comme dans l’acte d’écrire, une série de soustractions, de gommages. La nécessité de nettoyer la toile... la nécessité de nettoyer la toile pour empêcher les clichés de prendre. » affirmait le philosophe Gilles Deleuze. Depuis ses débuts, l'artiste lyonnais Jean-Luc Blanchet répond parfaitement à cette conception de la peinture : il crée par effacement, par soustraction de matière, par libération d'images fantômes sous-jacentes à nos représentations habituelles... Il présente dans sa galerie deux nouvelles séries : des "ectoplasmes" d’œuvres d'art connues (signées Rembrandt, Warhol, Manet...) et des photographies effacées à l'acétone. À noter : Après Jean-Luc Blanchet, la galerie Domi Nostrae présentera des œuvres récentes d'un autre artiste lyonnais aimant lui-aussi les fantômes et l'évanescence, Christian Lhopital (du 5 novembre au 17

Continuer à lire

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

musée Paul Dini | Le Musée Paul Dini présente les œuvres d'une quinzaine d'artistes régionaux, présents dans ses collections, sous le signe de l'abstraction. Un genre pictural toujours aussi vivant et pluriel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

Kandinsky, aujourd'hui reconnu comme le pionnier de l'abstraction, se serait dit-on affranchi de la figuration vers 1910 en découvrant la beauté de l'une de ses toiles rangée à l'envers ! Le musée de Grenoble consacrera bientôt une exposition à Kandinsky (sur ses années parisiennes en fin de sa carrière, plus précisément, à partir du 29 octobre). En attendant, on pourra aller voir les œuvres de certains des héritiers régionaux de l'artiste russe au musée Paul Dini. Depuis le début du 20e siècle, l'abstraction n'a cessé d'essaimer courants et contre-courants : Expressionnisme abstrait, Art informel, Abstraction lyrique, Abstraction géométrique, Minimalisme, etc.. Si l'exposition du musée de Villefranche-sur-Saône n'a nulle vocation historique ni exhaustive, on y trouve représentés un grand nombre des déclinaisons de l’abstraction à travers des œuvres relativement récentes d'artistes en majorité lyonnais. La rapidité de l'escrime L'accrochage, très aéré et très réussi, profite de l’espace et de la luminosité de l'Espace Cornil (une ancienne usine) pour rapprocher des œuvres de factures parfois très différentes, souvent de grand format. Une imposante

Continuer à lire

Christian Lhopital en Drôme

ARTS | L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 mars 2016

Christian Lhopital en Drôme

L'artiste lyonnais Christian Lhopital expose (jusqu'au 17 avril) un ensemble de dessins et de sculptures au Centre d'Art Contemporain de Saint-Restitut. On y retrouvera son univers mi-onirique mi-humoristique peuplé d'étranges figures anthropomorphes, d'animaux, de fleurs et de quelques inquiétants ectoplasmes... Ce sera aussi l'occasion de découvrir nombre d’œuvres récentes de l'artiste qui n'avait pas exposé dans la région depuis 2013 au Musée de Saint-Étienne.

Continuer à lire

La Polyphonie des images de Valérie Jouve

ARTS | Quelques mois après sa rétrospective à Paris, la photographe Valérie Jouve présente une exposition inédite au Bleu du Ciel. Ses images singulières et "musicales" invitent à la rencontre avec l'autre : autre sujet, autre lieu, autre vie. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 10 février 2016

La Polyphonie des images de Valérie Jouve

Dans la grande salle du Bleu du Ciel, Valérie Jouve surprend d'emblée le visiteur par un accrochage osé et déjouant les attentes. De grands tirages sont directement collés sur les cimaises. Des "images-fenêtres" s'ouvrent sur d'autres "images-fenêtres" ; d'autres se superposent et l'on passe, sans transition, de grands à de très petits formats. La présence de la matière n'a jamais été aussi frappante dans les images de l'artiste : un grand mur lépreux happe littéralement le regard, des troncs d'arbres imposent leurs masses compactes et énigmatiques, une épaisse fumée blanche s'échappe sur la partie gauche d'un tirage... L'espace d'exposition est ainsi fortement texturé, mobilisant notre sensibilité. Sa géométrie a été comme reconfigurée en une sorte de kaléidoscope d'images qui se font écho, se frottent l'une à l'autre par contraste ou rupture soudaine de continuité... « Rien n'est figé dans mon travail et dans mes accrochages, nous confie Valérie Jouve. J'ai peur des images figées. Pour moi ce sont toujours des fenêtres ouvertes, polysémiques ». En dépit de sa formation initiale en sciences humaines, l'artiste évite d'assigner à ses images

Continuer à lire

Jeudi, jour de vernissages

ARTS | Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 janvier 2016

Jeudi, jour de vernissages

Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries de photographies de Géraldine Lay au Réverbère, une exposition collective consacrée aux Vies silencieuses (avec Eric Dessert, Alexandre Hollan...) à la galerie Pome Turbil ; et une multitude d'artistes chez Anne-Marie et Roland Pallade (Robert Combas, Peter Klasen, Jacques Monory, Roland Topor...). A quelques encablures de la rue Burdeau, la BF15 inaugure elle aussi sa nouvelle expo, comme Le Bleu du Ciel avec des œuvres récentes de Valérie Jouve.

Continuer à lire

Dialoguer avec la photographe Valérie Jouve

ARTS | Avant son exposition au Bleu du Ciel dès le 29 janvier, la photographe et cinéaste Valérie Jouve viendra parler de son parcours à la Bibliothèque (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 janvier 2016

Dialoguer avec la photographe Valérie Jouve

Avant son exposition au Bleu du Ciel dès le 29 janvier, la photographe et cinéaste Valérie Jouve viendra parler de son parcours à la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu ce vendredi 22 janvier, à 18h30 (entrée libre). Une rencontre conseillée tant l'artiste s'exprime avec précision sur son oeuvre en constante évolution, où chaque image (fixe ou en mouvement) nous confronte avec beaucoup de poésie et de sensibilité à l'altérité, qu'elle soit celle d'un individu ou d'un paysage.

Continuer à lire

Christian Lhopital et ses fantômes

CONNAITRE | L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 septembre 2014

Christian Lhopital et ses fantômes

L'artiste lyonnais Christian Lhopital (né en 1953) a connu dernièrement une actualité intense : Biennale d'art contemporain de Lyon en 2012, exposition au Musée d'art moderne de Saint-Etienne en 2013 et dans diverses galeries (dont Domi Nostrae, qui le représente à Lyon)... Nous nous en sommes réjouis dans ces colonnes, tant ses dessins, notamment, à mi-chemin entre l'humour et l'inquiétant, nous touchent. Il publie cette année un livre centré sur une partie peut-être moins connue de son travail : sa série Fixe face seule, composée à partir de coupures de journaux, ses grands dessins muraux éphémères à la poudre de graphite, ses "sculptures" réalisées à partir de peluches trempées dans de la peinture blanche puis mises en scène... Le livre en restitue une riche documentation photographique, accompagnée d'un texte de la critique d'art Marie de Brugerolle. Un texte qui rappelle notamment les références importantes des œuvres de l'artiste : Samuel Beckett, Lewis Caroll, Francis Picabia, Mike Kelley, Georges Bataille... Et qui se conclue joyeusement sur cette idée clef : «Les petits personnages qui peuplent les œuvres de Lhopital sont des ind

Continuer à lire

Mine de rien

ARTS | A l’occasion de deux expositions (Laurence Cathala à la Fondation Bullukian et "Le Dessin en couleurs" à la galerie Descours), nous avons voulu nous pencher sur le dessin. Le sujet est très à la mode, voire tarte à la crème. Aussi, pour lui redonner sa singularité, avons-nous donné la parole à plusieurs artistes lyonnais. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 avril 2013

Mine de rien

Dans une lettre datée du 8 septembre 1888, Vincent Van Gogh écrit : «Qu’est-ce que dessiner, comment y arrive-t-on ? C’est l’action de se frayer un passage à travers un mur de fer invisible qui semble se trouver entre ce que l’on sent et ce que l’on peut. Comment doit-on traverser ce mur ? Car il ne sert à rien d’y frapper fort. On doit miner le mur et le traverser à la mine, lentement et avec patience». Quand Christian Lhopital parle de la «légèreté du dessin», opposé au poids de la peinture, peut-être est-ce aussi pour ne pas frapper trop fort, asséner, aliéner. Même quand l’artiste lyonnais crée concrètement sur des murs, il préfère le crayon au pinceau, le jeu sur l’opposition de quelques valeurs plutôt que sur toutes les couleurs. «Un dessin ne doit jamais être lourd ou besogneux. Au fil du temps, l’habileté de la pratique nourrit cette entière liberté, cette puissance de possibilités de ce qui se passe sur l’espace blanc de la feuille de papier. Plus je dessine, plus je suis libre» dit-il. «Bing image à peine presque jamais une seconde temps sidéral bleu et blanc au vent »

Continuer à lire

Creuser la tête

ARTS | La Galerie Domi Nostrae fête ses 25 ans d’acquisitions et d’expositions, commencées dans le lieu de vie de Christine et Fabrice Treppoz, poursuivies dans un appartement adjacent. À cette occasion, les galeristes reviennent sur leur parcours, placé pour l'essentiel sous le signe du portrait. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 31 janvier 2013

Creuser la tête

À deux pas de la Préfecture, depuis 25 ans, dans deux appartements voisins, Christine et Fabrice Treppoz collectionnent et exposent quantité de visages. Peints, dessinés, photographiés, sculptés. «Les œuvres où domine la présence sidérante de la face humaine sont les plus nombreuses. Soleil noir, cou coupé, chaque figure conjugue l’humain, l’animal et le monstrueux pour donner naissance à une image qui vous saisit et vous renvoie à votre propre (in)humanité» écrit Fabrice Treppoz dans le catalogue de l’exposition Soleil noir, qui revient sur cette histoire. À deux pas des identités fichées, anthropométriques, calibrées, normées, se déploient donc des identités déchirées, fêlées, métamorphosées, défigurées, en devenir constant et indéfini. «Visage, quelle horreur, il est naturellement lunaire, avec ses pores, ses méplats, ses mats, ses brillants, ses blancheurs et ses trous : il n’y a pas besoin d’en faire un gros plan pour le rendre inhumain, il est gros plan naturellement, et naturellement inhumain, monstrueuse cagoule» assenaient Gilles Deleuze et Félix Guattari dans Mille Plateaux. Masques Qu'on s

Continuer à lire

Figurer, défigurer, transfigurer

ARTS | Panorama / Après une Biennale d'art contemporain assez exceptionnelle, la saison expos se poursuit avec une grande rétrospective attendue consacrée à Robert Combas et une multitude d'expositions plus discrètes et curieuses dans les galeries. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 21 décembre 2011

Figurer, défigurer, transfigurer

Après Warhol, Keith Haring et Ben, Le Musée d'Art Contemporain ouvre grand ses trois étages (du 24 février au 15 juillet) à l'un des héros de la Figuration Libre (aux côtés de Hervé Di Rosa, François Boisrond...) Robert Combas né en 1957 à Lyon où il passa sa crise d’œdipe avant de rejoindre Sète en 1961. C'est la première grande rétrospective consacrée à cet artiste ultra prolifique avec quelque 300 œuvres ressemblant à autant de jungles visuelles. Le parcours d'exposition sera rythmé en musique par une playlist rock concoctée par Combas et, au dernier étage du musée, l'artiste sera présent pendant deux mois pour créer de nouvelles œuvres sur place, jouer de la musique ou inviter d'autres artistes... En février aussi, à la galerie Pallade (du 2 février au 24 mars) et à la galerie Confluence(s) de l'IUFM (du 3 février au 23 mars), c'est une grande figure de la Figuration Narrative cette fois, Jacques Monory, qui viendra à Lyon présenter des œuvres récentes ou historiques. Proches de l'objectivité photographique, ses toiles à forte dominante bleue, représentent généralement des scènes de meurtres, de violence ou de rues, aussi frappantes qu'én

Continuer à lire

La fièvre du dessin

ARTS | Expo / Christian Lhopital expose ses dessins au Musée d’art contemporain et à la galerie Domi Nostrae (derniers jours). Un univers tout en tremblements, diablement émouvant. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 6 novembre 2008

La fièvre du dessin

Avec ses coulures, ses taches et ses traits chancelants, avec ses petits monstres acéphales, ses figures de rêves ou de cauchemars, Christian Lhopital refait surface. Il refait s’émouvoir, vaciller et se perdre le regard. La surface de ses dessins s’avère, elle, toujours double : entremêlant l’apparition évanescente de tout un «bestiaire» hétérogène (humain, animal, monstrueux…), et des préoccupations d’ordre purement plastiques, avec des histoires de matières, d’espaces, de mouvements, de rythmes, de lignes… «Essayer encore. Rater encore. Rater mieux encore. Ou mieux plus mal. Rater plus mal encore. Encore plus mal encore», écrit Beckett. Mots qui résonnent particulièrement bien avec l’œuvre de Lhopital balbutiant ses efforts à la limite de l’épuisement, ses ratages réussis, ses réussites ratées, ses dérapages au bord du vide et de l’angoisse. «Il y a parfois dans mes dessins une répétition des motifs jusqu’à l’épuisement, la maladresse, le déséquilibre. Je m’intéresse aussi à ce fil qui se déroule en dessinant les figures, ce trait sinueux qui se dévide, éventuellement jusqu’à l’effondrement de la ligne sur elle-m

Continuer à lire