Le club des cinq au Réverbère

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 novembre 2018

Photo : © Denis Roche


Cinq des photographes défendus par la galerie Le Réverbère ont fait paraître récemment un livre : Beatrix Von Conta, Denis Roche (1937-2015), Géraldine Lay, Philippe Pétremant, William Klein. William Klein, rappelons-le, a d'ailleurs non seulement secoué les codes de la photographie avec ses images coups de poing prises parmi le flux spontané des rues, mais il a fait aussi éclater le cadre habituel des ouvrages de photographies, et ce dès 1956 avec la publication de son journal photographique New York.

L'occasion était donc idoine pour le Réverbère de « rendre hommage aux éditeurs » et aux ouvrages de photographie, d'autant plus que la galerie est connue plus largement pour son goût pour le livre et la littérature (deux de ses photographes sont aussi des écrivains : Denis Roche et Alain Fleischer). L'accrochage ménage concrètement à chaque artiste un espace propre, et au rez-de-chaussée, on retiendra les beaux ensembles consacrés à William Klein et aux paysages de Beatrix Von Conta.

Mais le clou de l'exposition se situe sur la mezzanine de la galerie avec une quinzaine d'images de Denis Roche qui synthétisent subtilement la diversité de son œuvre : des nus, des mises en abyme de l'acte photographique, des autoportraits, des jeux de reflets et de miroirs. Et une image superbe et peu connue, prise dans un hôtel à Saragosse en 1986, où l'érotisme se glisse étonnamment dans l'abstraction poétique de la composition.

Honneur aux éditeurs !
Au Réverbère jusqu'au 29 décembre


Beatrix von Conta + William Klein + Géraldine Lay + Denis Roche + Philippe Pétremant

Honneur aux éditeurs, photographie
Galerie Le Réverbère 38 rue Burdeau Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Au Réverbère, le pas au-delà

Photographie | Avec sobriété, voire humilité, l'exposition Par-delà le paysage réunit six photographes sur la thématique, toujours revisitée et toujours émouvante, du paysage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 novembre 2019

Au Réverbère, le pas au-delà

Par-delà le paysage titre la nouvelle exposition collective de la galerie photo Le Réverbère. On pressent dès lors qu’il faudrait franchir le pas, aller au-delà d’une ligne d’horizon toujours éloignée et attirante, pousser le paysage à ses confins, si ce n’est lui faire rendre gorge… Et pourtant concrètement, sur les cimaises de la galerie, il n’y a que ça, des paysages. Corses avec François Deladerrière qui, même sur l’île de beauté, décale comme habituellement son regard, trébuche sur de drôles de roches découpées par une route, ou s’alanguit sur un sapin qui a rendu l’âme. Poétiques et presque abstraits avec Pierre Canaguier qui nous élève parmi les lignes blanches d’avions dans le ciel ou les taches poignantes de nuées, quand ce n’est pas dans la transparence d’une cage de foot quasi abandonnée et à travers laquelle on perçoit son unique gardien, un bosquet esseulé. En face de Canaguier,

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Cinq expos à voir en octobre

Bons Plans | On les a vues, ou bien on pressent de très bonnes ondes... Voici notre sélection, non exhaustive, de cinq expositions à voir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 octobre 2018

Cinq expos à voir en octobre

Les 40 ans de l'Institut d'Art Contemporain Pas de crise de la quarantaine à l'IAC, mais une prometteuse programmation d'anniversaire avec, surtout, une exposition monographique consacrée à l'artiste allemande Katinka Bock (née en 1976 à Francfort-sur-le-Main), sculptrice jouant avec finesse de matériaux bruts (terre, pierre, cuivre, végétaux...) et de gestes simples et lisibles (plier, tomber, enrouler, frotter...). Et, parallèlement, l'IAC présente une partie de ses collections à l'IAC lui-même, et aussi à l'URDLA et d'autres lieux villeurbannais. À Villeurbanne du 5 octobre au 20 janvier 2019 Les Nouveaux Sauvages Expo événement très attendue, dont on vous a déjà largement rebattu les oreilles ici, Les Nouveaux Sauvages investissent temporairement une friche industrielle pour exposer une flopée d'artistes de toutes provenances (photographie, street art,

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Cinq expos photo à voir en septembre

Bons Plans | Septembre sera un mois particulièrement photographique à Lyon, avec notamment la nouvelle édition du Festival 9 PH dans plusieurs galeries. Notre sélection est, ce mois-ci, 100 % photo.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Cinq expos photo à voir en septembre

Un "Passager" nommé Arnaud Brihay Avions, chambres d'hôtels, forêts, no man's land, rétroviseurs d'automobiles... Tout est occasion pour le globe-trotteur Arnaud Brihay (né en 1972 en Belgique et résidant à Lyon) de petites ou de grandes fulgurances sensuelles et poétiques, parfois même inquiétantes. Entre son regard subjectif et le monde réel, ses images tissent un entre-deux tramé d'effets de flou, de saturation, de reflets et d'échos formels. À L'Abat-Jour du 8 septembre au 17 novembre Une passagère nommée Sylvie Bonnot En 2014, Sylvie Bonnot a traversé la Russie en train, empruntant notamment le fameux Transibérien. Elle en a ramené beaucoup d'images : certaines représentant assez directement des paysages et des personnes rencontrées lors de son périple, et d'autres qu'elle a retravaillées à sa façon, en atelier, pour les disposer sur des volumes, sur une surface de soie, ou sur des plaques gravées... Sa Russie, oscillant entre grandeur et frayeur, est donc aussi un voyage matériel de l'image photographique elle

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Une rue vernie

Vernissages | Toutes, ou presque, les galeries de la rue Burdeau inaugurent leurs nouvelles expositions ce samedi 8 septembre, dès le début d'après-midi et jusqu'à 20h30. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 3 septembre 2018

Une rue vernie

Toutes, ou presque, les galeries de la rue Burdeau inaugurent leurs nouvelles expositions ce samedi 8 septembre, dès le début d'après-midi et jusqu'à 20h30. Avec des menus appétissants : une exposition photo collective au Réverbère (William Klein, Denis Roche...), une autre expo collective autour du dessin à la galerie Pallade (avec Ivan Messac, Nicolas Rubinstein...), un dialogue plastique entre le peintre Jean-Pierre Schneider et le sculpteur Olivier Giroud chez Pome Turbil... À deux pas de la rue Burdeau, l'Abat Jour vernit aussi une expo prometteuse avec les photographies d'Arnaud Brihay.

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Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Le Reverbère | L'exposition en hommage à Denis Roche au Réverbère est l'occasion de revenir sur une œuvre photographique importante, ouvrant l'image à une multiplicité de dimensions. L'une d'elles n'étant rien moins que la trace de la fabrique, jamais définitive, d'un sujet humain.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Hommage à Denis Roche : photographies d'identités

Poète et écrivain d'avant-garde, éditeur au Seuil, photographe et théoricien de la photographie, Denis Roche (1937-2015) était un artiste complexe et ses œuvres prenaient des directions multiples, au gré de ses doutes et de ses avancées artistiques... Ses photographies, notamment, relèvent tour à tour de la spontanéité et de la simplicité, ou au contraire du dispositif mûrement réfléchi. De l'autoportrait pris dans des circonstances contingentes, aux images aux formes très travaillées... On a beaucoup insisté, et Denis Roche lui-même, sur le rapport essentiel du photographe au temps, à la mort... Gilles Mora (dans sa monographie consacrée à Denis Roche, Les Preuves du temps) dit ne pouvoir trouver comme lien entre les images de Denis Roche que « leur temporalité exorbitante ». Une angoisse existentielle qui, bien sûr, trouve dans le médium photographique la surface la plus à même de l'apaiser, mais aussi de la décupler et de la creuser indéfiniment.

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Troubles photographiques

Tout ce qu'il faut voir | Lyon fourmille cet automne d'événements liés à l'image fixe : le retour du festival Lyon septembre de la photographie, une nouvelle édition de la foire Photo Docks Art Fair, de nombreuses expositions dans des galeries... Mise au point sur ce médium qui révèle moins notre rapport au réel qu'il ne le trouble profondément.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 septembre 2016

Troubles photographiques

Au 19e siècle, l'apparition de la photographie a fichu une trouille bleue aux peintres pensant qu'elle allait les dépouiller de leur job de représentation du monde, que l'appareil allait broyer la palette et l'automatisme de la machine la main humaine... Aujourd'hui, la photographie, au sens un peu classique du tirage sur papier, apparaît presque désuète, incongrue au regard des images qui défilent, immatérielles ou presque, sur nos écrans de portables, d'ordinateurs, de télévisions... Quel est ce curieux rectangle de papier qui ose parfois encore nous apparaître en noir et blanc, qui hante les cimaises des galeries ou les vieux albums de nos aïeux ? Par un drôle de paradoxe, ce médium que l'on craignait jadis pour sa "modernité" est devenu une forme de résistance à la dite modernité des images en flux continus : sur cette mince surface matérielle, viennent se déposer un peu de temps et de lumière, se découper une portion d'espace et de réel. À l'heure de "l'accélération" (Hartmut Rosa), du "visuel" (Serge Daney), de la "vites

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Les fictions ordinaires de Géraldine Lay

ARTS | La photographe Géraldine Lay présente à Lyon plusieurs années de travail consacrées à capter au Royaume-Uni une certaine qualité de la lumière et des scènes de la vie quotidienne, invitant aux dérives de l'imagination.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 2 février 2016

Les fictions ordinaires de Géraldine Lay

« Ma manière de travailler est très libre, instinctive, attentive aux rencontres, aux lumières, j’avance au fil des allées et venues, de mes lectures sur planche-contact, de la juxtaposition des images. Il s’agit là de confronter l’intime au public, l’immobile au flux, d’observer les décors intérieurs et extérieurs et ainsi de poser autrement la question de la fiction. » écrit la photographe Géraldine Lay. Née en 1972, diplômée de l'Ecole Nationale de la Photographie d'Arles en 1997, vivant toujours en Arles et travaillant dans l'édition, l'artiste expose pour la première fois en solo au Réverbère. Elle y présente des images récentes prises au Royaume-Uni, de 2009 à 2015. « Je suis d'abord allée à Glasgow en 2009 sans attente particulière, confie Géraldine Lay, et ça été un coup de foudre ! J'y suis retourné plusieurs fois et j'ai élargi ensuite mes séjours à d'autres villes ayant connu la crise industrielle : Manchester, Cardiff, Bristol... À ma pratique habituelle de la photographie de rue, j'ai ajouté l'idée de me rendre chez des gens et de les photographier dans leurs intérieurs. » L'accrochage à la galerie mélange les villes, le

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Jeudi, jour de vernissages

ARTS | Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 janvier 2016

Jeudi, jour de vernissages

Ce jeudi 28 janvier, la plupart des galeries de la rue Burdeau inaugurent en choeur leurs expositions (à 18h). On pourra découvrir les nouvelles séries de photographies de Géraldine Lay au Réverbère, une exposition collective consacrée aux Vies silencieuses (avec Eric Dessert, Alexandre Hollan...) à la galerie Pome Turbil ; et une multitude d'artistes chez Anne-Marie et Roland Pallade (Robert Combas, Peter Klasen, Jacques Monory, Roland Topor...). A quelques encablures de la rue Burdeau, la BF15 inaugure elle aussi sa nouvelle expo, comme Le Bleu du Ciel avec des œuvres récentes de Valérie Jouve.

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Format paysage

ARTS | Le paysage n'existe nulle part à l'état de nature. Et ce pour deux raisons : il est une manière de voir ladite nature éminemment culturelle et subjective ; et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 27 mai 2014

Format paysage

Le paysage n'existe nulle part à l'état de nature. Et ce pour deux raisons : il est une manière de voir ladite nature éminemment culturelle et subjective ; et il est aujourd'hui concrètement presque toujours livré aux constructions et aux interventions humaines (plus ou moins visibles). C'est cette double perspective, la découpe paysagère par l'oeil et la main des hommes, qui court à travers l'oeuvre photographique de Beatrix von Conta depuis ses débuts. Récemment, l'artiste a découvert la Gaspésie au Québec, son «premier voyage dans le nouveau monde et un grand coup de coeur». Cette péninsule de la taille de la Belgique lui ouvre grand ses ciels et ses espaces démesurés, relance son intérêt pour ces paysages investis par l'homme. Dans ses images, extrêmement composées et précises, les routes, les landes, les strates géologiques, les failles, les horizons tracent leurs lignes aiguës, cisèlent la matière, dessinent les terres, les cieux et les eaux...  «J'ai la sensation, écrit l'artiste, que le réel est recouvert d'une peau d'images d'une fragilité incroyable. Et qu'en photographiant ce

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Petits espaces, grandes expos

ARTS | Cet été, les petits centres d'art et galeries tiennent la dragée haute aux musées, avec notamment trois expositions exceptionnelles dans des domaines très différents : la photographie au Réverbère, l'art contemporain à la BF15 et la peinture à la galerie Descours. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 juillet 2013

Petits espaces, grandes expos

Le temps se suspend, le quotidien se fissure et laisse alors entrevoir  les lignes de fuite de la pensée et des sensations corporelles. Le regard d'une femme passe de l'autre côté du miroir d'un snack, vitrine constellée des reflets de la ville. Une jeune fille s'évade dans le sommeil et la rêverie au cœur même de ce qui nourrit peut-être cette rêverie  : un cinéma aux fauteuils rouges mangés d'ombre. Et dans un café de Saint-Pétersbourg, un couple esseulé, baigné dans une atmosphère picturale à la Edward Hopper, semble soudain coupé du monde. A travers un petit ensemble d'images, Géraldine Lay saisit les Failles ordinaires, étranges instants figés où les individus montrés semblent basculer "ailleurs" - un ailleurs intime où le proche paraît lointain, vertigineux. Ces images prennent place dans une exposition collective organisée par Le Réverbère et intitulée Désir de collection (jusqu'au 27 juillet), dans laquelle la galerie présente des ensembles de ses photographes (François Deladerrière, William Klein, Bernard Plossu, Denis Roche, Lionel Fourneaux...), ainsi qu'un florilège d'images d'anonyme

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Le Réverbère sort ses réserves

ARTS | La galerie photo Le Réverbère réunit six de ses artistes pour une exposition consacrée à des œuvres récentes, décalées ou rarement montrées. Simple et efficace. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 26 janvier 2012

Le Réverbère sort ses réserves

Au rez-de-chaussée du Réverbère règne un certain esprit de liberté et de simplicité. La Lyonnaise Arièle Bonzon nous accueille avec des vues de désert, dont un très bel arbre esseulé dépliant ses rameaux au-dessus d'une dune... Un peu plus loin, Lionel Fourneaux associe librement des dessins enfantins (griboullis, oiseaux, empreinte de main...) à des photographies. Un procédé déjà souvent utilisé mais qui, là encore, révèle tout son potentiel de décalage et de poésie. «Ces dialogues obéissent à une seule loi, celle de l’attraction personnelle, elles ne s’imposent donc à personne, mais peuvent toucher ceux qui n’ont pas oublié cette dimension du jeu et du plaisir propre aux premières années de la vie. La proximité de mes enfants, leurs sentiments mêlés au spectacle de la bizarrerie du monde m’aident à recouvrer cet état d’innocence, de fraîcheur – disons cela – et de rêverie volontiers naïve, mais verticale qui m’autorisent à fabriquer ces images métisses» écrit le photographe. À ses côtés, Jean-Claude Palisse poursuit son tr

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Collections passions

ARTS | Expositions / Des collectionneurs privés s’invitent dans les musées et les galeries, proposant trois expositions très réussies au Musée des Beaux-Arts, au Réverbère et à la galerie Henri Chartier. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 30 septembre 2011

Collections passions

Collections, piège à cons ? Il est toujours tentant de caricaturer le collectionneur (ou la collectionneuse) comme un type plein aux as qui sort de son 4X4 une baudruche de Jeff Koons ou une vache coupée en deux baignant dans le formol de Damien Hirst pour décorer son salon et épater ses amis imbibés de champagne… Certes, cela doit bien exister. Mais le collectionneur peut être aussi «petit» ou obsessionnel, ou tout simplement passionné et éclairé… Antoine de Galbert a été galeriste à Grenoble pendant une dizaine d’années et a créé en 2004 la fondation privée parisienne La Maison rouge qui présente souvent de très bonnes et très originales expositions d’art contemporain. Sa collection est elle aussi assez singulière. «Ma collection est constituée, pour l’essentiel, d’œuvres d’artistes vivant aujourd’hui, mais le voyage mental et visuel que j’effectue depuis de longues années se situe dans le culte de l’objet et la trace de l’homme, et non dans l’Histoire de l’art et ses classifications qui m’ennuient» déclare-t-il. «Je m’attache, consciemment ou non, à bâtir des ponts transversaux entre les choses. Je regarde avec le même plaisir une œuvre ancienne, un objet primitif, une vidéo

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Klein + 10 collectionneurs

ARTS | Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 septembre 2011

Klein + 10 collectionneurs

Il est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie moderne, l’un des pionniers de la «photographie de rue» américaine, l’un des révolutionnaires des codes de l’édition photographique, du cadre et de l’équilibre des images, l’artiste de l’énergie brute et de la violence du quotidien… Pour ses 30 ans, la galerie le Réverbère ouvre ses cimaises à l’artiste et propose à dix collectionneurs de présenter chacun cinq images de Klein. Un bel événement complété par une rétrospective des films de fiction et documentaires de William Klein à l’Institut Lumière jusqu’au 25 septembre. Jusqu’au 31 décembre, au Réverbère.

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À l’insu de notre plein gré

ARTS | Expo / Un type chauve aux lunettes noires assis à une terrasse de café à Rome, une grappe d’adolescents s’ennuyant dans les rues d’Helsinki et «composant» (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 mars 2009

À l’insu de notre plein gré

Expo / Un type chauve aux lunettes noires assis à une terrasse de café à Rome, une grappe d’adolescents s’ennuyant dans les rues d’Helsinki et «composant» entre eux de drôles de lignes de tension, quelques salariés fumant une cigarette dans la pénombre de Stockholm… En France ou à l’étranger, Géraldine Lay saisit la solitude, les malaises légers, l’attente résignée, ces petits moments de la vie quotidienne où les corps et les regards flottent, hésitent, s’inquiètent d’on ne sait quoi, semblent traversés d’affects inconnus à eux-mêmes… Contrairement aux apparences, la photographe ne met rien en scène, mais observe patiemment, partage avec ses sujets une sorte de confiance silencieuse. On remarque aussi son goût pour les lumières rasantes, les fins de journées, les horizons bouchés et vaguement angoissants. Elle expose avec son compagnon François Deladerrière, né lui-aussi en 1972. Chez Deladerrière, la présence humaine disparaît totalement au profit de paysages verdoyants ou de bâtiments esseulés et désaffectés. Ce sont des forges dans les Pyrénées, un bâtiment industriel en Sibérie, voire un escalier désert de boîte de nuit. Travaillant à la chambre, le photographe présente des ima

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THE FRENCH

ECRANS | William Klein Arte Vidéo

Dorotée Aznar | Jeudi 19 juin 2008

THE FRENCH

Ils ont donc été jeunes ! McEnroe, Lendl et même Ice Borg avec une gueule d’ange de Suédois qu’on ne soupçonnait pas sous son éternel bandeau. Les shorts sont courts, les corps gringalets, mais la science du jeu est là. Nous sommes à Roland Garros en 1981. La France vient de basculer à gauche, mais la planète-tennis s’en fiche. Le centre des préoccupations est le ciel qui arrose régulièrement cette quinzaine ocre. William Klein filme les premiers échauffements, les inquiétudes de Jean-Paul Loth, alors directeur technique national face à l’entorse de l’enfant prodige Noah. La caméra est partout et surtout là où elle ne pourrait plus aller aujourd’hui sauf dérogation spéciale mise en scène par France Télévision : dans les vestiaires, en salle de massage, dans les tribunes où l’on croise Lino Ventura. Les conférences de presse, souvent trop lisses, sont absentes. Les machines à écrire crépitent, les journalistes dictant leurs articles par téléphone tentent de couvrir la voix de leurs collègues. Borg va s’emparer de son 6e et dernier Roland Garros, le 4e consécutif en effleurant magistralement les lignes de ses passings croisés et décroisés. Il est toujours une star, les fans s’égosill

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