Arts de la fugue

Panorama Expositions | De manière originale, l'année artistique 2019 s'ouvrira avec un double déplacement des arts plastiques : vers la musique et... vers le Brésil !

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Photo : Farida Hamak, Mer morte, Jordanie


Récemment nommée à la tête du Musée d'Art Contemporain de Lyon, Isabelle Bertolotti lancera le 8 mars (et jusqu'au 7 juillet) un nouvel ensemble d'expositions sous le signe de la musique. Une thématique qui lui permettra, d'une part, de s'inscrire dans l'histoire longue du MAC qui a toujours été très sensible aux croisements entre création plastique contemporaine et création musicale, via des figures comme La Monte Young, Laurie Anderson, Yoko Ono, David Tudor, Morton Feldman et d'autres (dont des œuvres collectionnées par le MAC seront présentées en mars). Et, d'autre part, de laisser une large place à la jeune création, à laquelle Isabelle Bertolotti a toujours été très attentive.

On pourra ainsi découvrir les peintures sur de multiples supports du jeune brésilien Maxwell Alexandre, inspirées à la fois de sa pratique du roller en ville et des formes de composition et de l'univers esthétique du rap. Le jeune plasticien français Tal Isaac Hadad s'intéresse quant à lui aux dimensions thérapeutiques, sociales et artistiques de la musique et du son, et il présentera au MAC des œuvres et des performances sonores, souvent en interaction avec le public.

Jusqu'au Jourdain

C'est à un Brésil moins urbain et bien davantage anthropologique et végétal que nous invitera la nouvelle exposition monographique de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, du 17 février au 28 avril. L'artiste d'origine catalane, installé au Brésil, Daniel Steegman Mangrané, passionné de longue date par les forêts tropicales (et par les phasmes notamment), proposera un parcours original métamorphosant les espaces du musée pour mieux brouiller les frontières entre l'humain et la nature.

À la recherche de nouveaux talents, le centre d'art La Salle de Bains consacrera une exposition en trois temps (à partir du 17 janvier) à Camila Oliveira Fairclough (née en 1979 à Rio et vivant actuellement à Paris), peintre et plasticienne détournant les signes et les images du monde d'aujourd'hui...

Et si ni la musique, ni le Brésil ne vous tentent, d'autres destinations seront possibles cette année : un tour du monde entier (et à différentes époques) avec les fabuleuses coiffes de la donation d'Antoine de Galbert (au Musée des Confluences à partir du 8 juin), la poésie abstraite en photographie (avec le globe-trotter Bernard Plossu et trois autres photographes, au Réverbère du 25 janvier au 20 avril), la vallée du Jourdain à travers les magnifiques images de Farida Hamak (du 15 janvier au 9 mars à la galerie Regard Sud).

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L'œil écoute au Musée d'Art Contemporain

Art Contemporain | Si ce n'est en fanfare, c'est en tout cas en musique qu'Isabelle Bertolotti débute sa nouvelle programmation au Musée d'Art Contemporain, avec un ensemble d'expositions consacré aux liens entre sons et arts plastiques.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 mars 2019

L'œil écoute au Musée d'Art Contemporain

« Sans la musique, la vie serait une erreur » disait Nietzsche. Prendre la musique, et plus largement le son, comme thématique pour ses premières expositions à la tête du MAC, est une idée plutôt revigorante de la part d'Isabelle Bertolotti. Ça bruisse, ça tinte, ça "drone", ça chante, ça pianote à tous les étages du musée, et toute cette rumeur donne une vitalité et une énergie de bon aloi pour le nouveau virage pris par le musée... Au premier étage, c'est l’œuvre de David Tudor (1926-1996) Rainforest V (Variation 2), récemment acquise, qui est mise en avant. En 1965, ce compositeur américain proche de John Cage tente d'attribuer une voix aux... objets ! Après plusieurs tentatives décevantes, c'est auprès de l'armée américaine qu'il trouve le matériel adéquat pour sonoriser divers objets et utiliser le tout pour la pièce chorégraphique de Merce Cunningham, Rainforest. Ce projet, David Tudor l'a retravaillé toute sa vie ou

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Cinq expos à voir en février

Bons Plans | Vues ou pressenties comme intéressantes, voici notre sélection des cinq expositions à découvrir en février dans les musées et les galeries de la ville.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 6 février 2019

Cinq expos à voir en février

Fragments photo du réel Le Réverbère présente quatre photographes qui s'approchent au plus près du réel, afin d'y puiser leur propre vision du monde et de sa structure poétique... C'est, par exemple, le réel et son double chez Serge Clément qui joue de reflets et de répétitions de motifs, le réel et son trouble avec le regard poétique de Bernard Plossu, le réel et sa structure géométrique chez Baudoin Lotin. Ou encore le réel et ses épiphanies chez Julien Magre, retenant fugacement dans ses images ce qui est voué à s'absenter, disparaître. La poésie abstraite du réel Au Réverbère ​jusqu'au 20 avril La géométrie délicate de Léon Tutundjian La Fondation Bullukian consacre à Léon Tutundjian (1905-1968) une

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Sur les traces lumineuses de Farida Hamak

Galerie Regard Sud | Ancienne photographe de guerre au Liban et en Syrie dans les années 1980, Farida Hamak poursuit aujourd'hui un travail artistique très différent, beaucoup (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 octobre 2016

Sur les traces lumineuses de Farida Hamak

Ancienne photographe de guerre au Liban et en Syrie dans les années 1980, Farida Hamak poursuit aujourd'hui un travail artistique très différent, beaucoup plus "plasticien". Les images qu'elle expose à la galerie Regard Sud (jusqu'au 29 octobre) ont été prises à Bou Saada en Algérie. Cette région, prisée autrefois par les peintres orientalistes et, plus récemment, par de nombreux cinéastes, est baignée d'une lumière crue, intense, quasi surréelle... L'ombre y a presque disparu ou s'y réduit à une mince raie ou un discret triangle traversant ses images. Des images qui, souvent, glissent vers une certaine abstraction avec des corps enveloppés de blanc se dissolvant dans l'espace, et des lignes d'horizon ou des lignes de batisses séparant à la surface des images des "aplats" de couleurs... Les traces qu'explore Farida Hamak sont de très belles traces de lumière.

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Au détour du Jourdain

ARTS | Farida Hamak

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Au détour du Jourdain

«Né dans les montagnes libanaises, le Jourdain arrose le Liban, la Syrie, Israël, la Palestine et la Jordanie avant de finir sa route dans la mer Morte. Depuis la guerre des Six-Jours, en 1967, la vallée du nord est devenue zone militaire. Pour pénétrer dans leurs vergers, qu'un couvre-feu vide tous les soirs à 17 heures, les fermiers doivent montrer des laissez-passer...», explique la photographe franco-algérienne Farida Hamak, née en 1950. Elle expose à la galerie Regard Sud (du 18 septembre au 31 octobre) des paysages, des détails, des points de vue incongrus sur la vallée du Jourdain, lieu à la fois envoûtant et profondément marqué par l'histoire.

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