Art bien urbain

Street Art & Tatouage | Art vivant par excellence, le street art a conquis les murs des galeries mais ne s’arrête pas là : des festivals s'implantent et des liens se tissent avec d’autres disciplines.

Lisa Dumoulin | Mardi 8 janvier 2019

Photo : Mani © DR


Côté expos, c'est chez Superposition que ça se passe, avec le premier solo show de Mani, équilibriste du noir et blanc mêlant fresques murales, dessin et animations, intitulé La mécanique du vide : prometteur (du 31 janvier au 2 mars). Mais aussi avec l'exposition Inking Board du projet Skate Station, deuxième édition de ce rendez-vous mixant les univers du tatouage et du skate : seize tatoueurs lyonnais (dont Pandido, Mathias Bugo, Gladys to meet you...) sont invités à encrer deux skateboards en bois brut, comme ils le feraient sur le bras d'une personne (du 11 au 26 janvier).

Côté visites, on guette l'incontournable balade dans les pentes organisée par Nomade Land et Flo 81 le 19 janvier, mais aussi une nouvelle visite insolite sur le street art à la Croix-Rousse, proposée par Les Visites des Filles le 12 janvier.

Côté festivals, il ne faudra pas manquer la première édition de Peinture Fraîche qui se tiendra du 3 au 12 mai à la Halle Debourg (co-organisé par Le Petit Bulletin et Troi3) avec une programmation internationale : sont déjà annoncés Inti, Jace, Alex Face et Fin Dac et une quarantaine d'autres noms seront dévoilés en février. Ainsi que la (déjà!) cinquième édition de l'Urban Art Jungle qui se déroulera du 14 au 16 juin.

Et pour les passionnés de tatouage, The Ink Factory revient pour une nouvelle édition du 12 au 14 avril à la Sucrière conviant près de 140 tatoueurs (dont Alice Patulacci, Nobu Isobe, Mariette, Pavel Kaloyanov...) pour une convention mêlant concerts, shows et expositions.


Peinture fraîche

Festival international de street art avec Alex Face, Fin Dac, Bordalo II, Da Cruz, GLeo, Inti, Jace, Satr, Softwix...
Halle Debourg Impasse des Chalets Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le label Blanc Manioc s'invite au Sucre

Clubbing | Un samedi aux couleurs africaines se profile au Sucre, sous la férule du label lyonnais Blanc Manioc et du festival d'Abidjan, Maquis Electroniq.

Sébastien Broquet | Jeudi 9 septembre 2021

Le label Blanc Manioc s'invite au Sucre

Drôle d'aventure que celle menée par Dom Peter, batteur du combo dub lyonnais High Tone depuis le mitan des nineties, ayant écumé les salles d'ici et de presque partout ailleurs au fil de tournées incessantes, de concerts dévastateurs et d'albums ayant marqué l'histoire du genre en Europe — surtout les premiers. Lors d'une pause entre deux tours, constatant la baisse d'intensité de la scène dub, la difficulté à se renouveler au sein d'un groupe — Antonin Chaplin, le clavier, a lui quitté la bande après de longues années —, il a décidé de ne pas abandonner, mais de se consacrer en parallèle à un autre projet, très personnel, puisant aux sources de son amour pour les musiques africaines. C'est ainsi que Midnight Ravers est né, superbe projet afro-électro, puis Blanc Manioc avec le dessinateur Emmanuel Prost, label 100% numérique dédié aux découvertes faites au cours de ses visites sur le continent africain, centrées autour de l'effervescente et diversifiée scène électronique locale. Et tout s'est enchaîné, avec la co-création d'un festival à Abidjan, Maquis Electroniq, sur lequel un autre duo lyonnais a

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Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Street Art | Peinture Fraîche sera de retour à la Halle Debourg du 1er au 31 octobre 2021, pour une troisième édition sous le signe des nouvelles technologies, de l’écologie, des regards féminins et de l’abstraction. Les premiers noms viennent d’être dévoilés.

Sarah Fouassier | Mardi 29 juin 2021

Peinture Fraîche, acte 3 : les premiers noms

Le lieu du festival reste inchangé, mais la programmation sera, elle, entièrement renouvelée : vingt artistes locaux se joindront à vingt artistes internationaux et nationaux pour repeindre les murs de la Halle Debourg. La réalisation de chacune des œuvres sera filmée puis timlapsée — c’est-à-dire accélérée, afin de montrer au public, en quelques secondes, les conditions de réalisation. Ainsi seront dévoilées toutes les étapes du processus de production d’une œuvre. Ces vidéos seront visibles sur nos téléphones à l’aide de la réalité augmentée. Parmi les premiers noms révélés, on retrouve le Belge Ceepil et ses animaux en bandes qui paraissent comme emprisonnés dans une condition dont ils ne maîtrisent pas la destinée. L’Espagnol Angel Toren fera vivre au public une véritable expérience optique et numérique. Ses peintures murales mêlent tradition et innovation en jouant sur les lettrages, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Le Suisse Ygrek installera l’une de ses créations typographiques sur fil de fer qu’il expérimente depuis 2012, tandis que le Danois Dais

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AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

Art Contemporain | Treize artistes issus du continent africain, ou inspiré par lui, ont pris leurs quartiers chez Manifesta, galerie hybride qui a invité la foire parisienne AKAA. Une exposition réussie qui bouleverse quelques idées reçues.

Sarah Fouassier | Lundi 17 mai 2021

AKAA : à l’avant-garde de l’art contemporain africain

La première fois qu’on a poussé la porte de Manifesta, on a été comme subjugués par ce lieu hybride composé de différents espaces qui ressemblent tour à tour à un bureau ultra design, à un appartement aux lignes résolument contemporaines et à une galerie décidée à rendre accessible la création contemporaine au public et aux entreprises. Une visite qui donne le vertige et qui mérite une explication de texte. En imaginant Manifesta, Céline Melon et Marie Ruby souhaitaient sortir des carcans d’une galerie classique. Elles ont par conséquent composé un lieu de rencontre entre le public et des institutions, foires et galeries peut enclines à exposer en "province" pour les plus Parisiens ou en "région" pour les moins snobs. La fracture entre nous et la capitale est réelle dans bien des domaines et l’art contemporain n’y échappe pas. Alors quand une foire parisienne décide de venir à nous avec dans ses bagages des artistes et œuvres visibles pour la première fois en France, on ne se fait pas prier pour s’y rendre. AKAA c’est quoi ? AKAA, pour Also Know As Africa, est une foire d’a

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Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Littérature | Après nous avoir expliqué en quoi consisterait son édition 2021, en ligne, la Fête du Livre de Bron livre les détails de sa programmation, adulte et jeunesse, et donne rendez-vous du 10 au 28 mars, du mercredi au dimanche, sur son site Internet.

Stéphane Duchêne | Lundi 1 mars 2021

Fête du Livre de Bron : une programmation invincible et bien visible

Une cinquantaine d'invités, un événement on line (et non on hippodrome, comme d'usage) étalé sur trois semaines, telle est la formule choisie de l'édition 2021 de La Fête du livre de Bron placée sous le signe de L'invincible été camusien qui ferait ici, davantage que de thème, office de devise de résistance, de vaccin contre la fatalité. Et si rien ne remplacera dans les cœurs des lecteurs une version "en présentiel", selon la formule désormais consacrée, on pourra quand même se contenter d'une jolie programmation tout à la fois resserrée (le nombre d'auteurs : réduit) et rallongée (dans la durée : trois semaines au lieu de cinq jours). Programmation qui, il faut le préciser, s'inspire plus que largement de celle imaginée pour l'édition en bugne à bugne envisagée dans un premier temps. Au programme donc, et comme nous l'expliquait il y a peu Yann Nicol, directeur de l'événement : des rendez-vous récurrents chaque week-end (entendre « s

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De Lascaux à Lasco

Street Art | Scientifique le jour, street artiste la nuit, Lasco peint le passé sur les murs du présent. Inspiré par l’art pariétal du Paléolithique, il sort de la grotte les trésors d’il y a des milliers d’années pour les emmener dans la rue. Rencontre.

Manon Ruffel | Mardi 10 novembre 2020

De Lascaux à Lasco

D’où vient cette passion de la préhistoire et de l’art pariétal ? C’est l’addition de plusieurs choses. Enfant, j’ai aimé découvrir cette période préhistorique à l’école, comme beaucoup d’autres. J’ai fait une formation scientifique, mais je vivais à côté d’une école d’art lyonnaise, donc j’ai fréquenté pas mal d’artistes. Mes études et mon métier [NdlR : en recherche scientifique] m’ont permis de découvrir des grottes ornées et non-ornées. Avoir la chance de voir ces dessins de 20 ou 30 000 ans, ça m’a ému. Le street art préhistorique m’est apparu il y a quatre ans presque comme une évidence. Pour moi, le côté scientifique et artistique font sens ensemble. Je suis conscient qu’il n’y a pas la même charge émotionnelle quand on voit mon dessin et quand on est dans une grotte de 20 000 ans, mais je trouvais intéressant de vulgariser l’art pariétal, à la fois sur le plan artistique et scientifique. Justement, il y a dans votre travail et sur vos réseaux un aspect pédagogique. Est-ce important pour vous de transmettre, de vulgariser l’art pariétal à travers le street art ?

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Le Festival Peinture Fraiche prolongé d'une semaine

Street Art | Initialement prévu jusqu’au 25 octobre et malgré une édition chamboulée par les dernières annonces gouvernementales, le festival Peinture Fraîche est prolongé d'une (...)

Manon Ruffel | Mardi 20 octobre 2020

Le Festival Peinture Fraiche prolongé d'une semaine

Initialement prévu jusqu’au 25 octobre et malgré une édition chamboulée par les dernières annonces gouvernementales, le festival Peinture Fraîche est prolongé d'une semaine. L’occasion pour les retardataires de découvrir pendant encore quelques jours les cinquante street artistes français et internationaux qui ont investi la Halle Debourg, cet ancien entrepôt de fret-triage du 7e arrondissement transformé en parcours de street art pour l’occasion. Vous pourrez donc déambuler à travers les différentes expositions d’œuvres dont plusieurs prennent vie grâce à l’application de réalité augmentée, et vous prêter aux jeux des ateliers interactifs et autres murs d’expression libre jusqu’au dimanche 1er novembre.

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VinylesMania : Vinyle, Vidi, Vici au Musée de l'Imprimerie

Graphisme | Au long d'une exposition sacrément futée et fureteuse, le Musée de l'Imprimerie et de la Communication Graphique célèbre le retour aussi triomphal et paradoxal du vinyle ces dernières années, remonte à sa genèse et en explore les singularités. À voir les oreilles grandes ouvertes. Et prolongée jusqu'au 29 août.

Stéphane Duchêne | Mercredi 21 octobre 2020

VinylesMania : Vinyle, Vidi, Vici au Musée de l'Imprimerie

On pourrait appeler "paradoxe du vinyle" le fait qu'un objet symbole du matérialisme moderne ayant connu une extinction de masse se mette à revivre sur le marché alors même que la dématérialisation a triomphé de tous les supports. On a longtemps pensé que le CD, cette invention sonore si révolutionnaire et si pratique, avait définitivement supplanté le disque vinyle. Puis la dématérialisation a fait son œuvre avec l'arrivée du téléchargement (ah, cette époque où il fallait une journée pour télécharger un fichier mp3), puis des plateformes de streaming, et l'industrie du disque a plongé, ringardisant définitivement la forme évoluée du disque. Au final, c'est le dinosaure vinyle qu'on a ressorti des glaces de l'oubli et du grenier de papy pour repeupler les rayons des disquaires et les salons domestiques. Tout cela parce que la dématérialisation, grande pourvoyeuse de nostalgie et de paradoxal désir de possession, a fait du 33t répudié un fétiche, un totem d'appartenance à une caste de (plus ou moins) passionnés. Et si l'on veut comprendre (ou pas) pourquoi, il faut se rendre à l'exposition

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Peinture Fraîche fait fusionner créativité et technologies

Street Art | Cette deuxième édition de Peinture Fraîche (co-organisé par Le Petit Bulletin) tient ses promesses : nouvelles technologies, profusion d’œuvres sur divers supports et parcours renouvelé sont au rendez-vous. Une visite inédite qui convoque la réalité augmentée et ravira les amateurs de street art.

Sarah Fouassier | Mercredi 7 octobre 2020

Peinture Fraîche fait fusionner créativité et technologies

Il en fallait du courage et de la volonté pour maintenir cette seconde édition du festival Peinture Fraîche. Malgré les quelques modifications et annulations occasionnées par la crise sanitaire, la grande célébration du street art a bien lieu jusqu’au 25 octobre. En tant que premier événement culturel d’envergure de cette rentrée, l’équipe a donné le ton dès les premières heures avec une inauguration masquée et distanciée en présence des partenaires, de la presse et des élus locaux. Cette épreuve du feu a rassuré les organisateurs quant à la capacité de chacun à respecter les règles du nouveau monde : on ne se colle pas au voisin, on boit et on mange assis, on se désinfecte les mains à l’entrée et on ne porte pas le masque sous le nez mais bien au-dessus. Des règles peu réjouissantes, mais auxquelles le secteur culturel doit se plier s’il veut survivre. Une survie qui ne se fera pas sans le public qui se montre plutôt timide sur l’ensemble des manifestations culturelles. Alors, lorsqu’un événement se maintient il est important, voire militant de s’y rendre ! Au prix de 5€ la visite d

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Cheyne, 40 années exposées à la Bibliothèque de la Part-Dieu

Exposition | Une exposition à la bibliothèque de la Part-Dieu se penche sur l'éditeur de poésie Cheyne.

Nadja Pobel | Mercredi 14 octobre 2020

Cheyne, 40 années exposées à la Bibliothèque de la Part-Dieu

De l’espace : la bibliothèque de la Part-Dieu en accorde à Cheyne, la maison d’édition installée au grand air (voir ci-dessus) en développant son exposition anniversaire. Il n’est pas question que d’un catalogue, mais avant tout d’un métier complet que Martine Mellinette et Jean-François Manier ont embrassé en 1978 quand ils créent les éditions dont les trois premiers ouvrages sortent en 1980. « À cette époque, rappelle le co-fondateur dans une vidéo, de petites maisons d'éditions se lançaient hors de Paris : Actes Sud, Verdier… » avec chacune un credo. Pour Cheyne, ce sera la poésie – la Ville de Lyon, en créant son Prix Kowalski en 1984, lui confiera l’édition annuelle du lauréat jusqu’en 2001. Tout cela est rappelé au fil d’une chronologie, de textes inscrits sur des planches en bois. La part belle est faite aux auteurs (Mariette Navarro, Franck Pavloff...) mais aussi à la matière du papier, aux lettres typographiques, au façonnage et à la diffusion. Se tisse-là un « éloge de la lenteur », à mille lieues de « la littérature fast food » et « des pouvoirs grandissants des gestio

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Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Food | Reconversion, réflexion, cuisson et le tout avec raison : Guillaume Wohlbang et Juliette Plailly fondent le traiteur d'aujourd'hui, zéro déchet et circuit court, avec les Dames de la Cantine. Jusqu'au 25 octobre à Peinture Fraîche.

Adrien Simon | Jeudi 8 octobre 2020

Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Le changement c’était maintenant : d’aucuns en cuisine n’ont pas attendu la promesse d’un monde d’après pour effectuer leur mue. Il y a bien sûr cette lame de fond bio-healthy-locale, mais pas que ! Nouveaux chevaux de bataille : l’anti-gaspi et le zéro déchet. Un questionnement qui touche notamment la livraison de repas, les gros du secteur ayant été enjoints par le ministère de l’Écologie à se pencher sur ses détritus. Mais aussi la haute-gastronomie : ainsi l’exemple de Mauro Colagreco qui a engagé son resto triple étoilé de la Côte sur la voie du plastic free. La vue de plages souillées au Mexique l’aurait sensibilisé sur cette question. Entre les industriels et les étoilés, il y a de petites structures qui prennent le sujet à bras le corps. Tenez, par exemple, Les Dames de la Cantine (dont Le Petit Bulletin est actionnaire minoritaire), en charge de la restauration durant les trois semaines du festival Peinture Fraîche. Les Dames en question sont en quelque sorte un produit de la précédente édition du festival : déjà sollicitées pour susten

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Theo Haggaï ou la solidarité sans faille

Street Art | Il est hypersensible, intuitif, utopiste (mais les pieds sur terre), indigné par les injustices, en colère. Son remède ? Dessiner, traiter de sujets graves en s’amusant (ou l’inverse) et délivrer un message de solidarité. Portrait.

Julie Hainaut | Jeudi 8 octobre 2020

Theo Haggaï ou la solidarité sans faille

Il ne se considère pas comme un street artist, mais comme un touche-à-tout, un artiste multidisciplinaire qui dessine partout, quand ça lui chante, peu importe le support. « J’ai du mal avec le terme de ‘’street art’’ parce que je passe plus de temps chez moi que dehors, à créer, penser, imaginer. Je m’adapte à toutes les surfaces. Il faut juste que ça m’amuse et que ça ait un sens » explique Théo Haggaï. Il traite de sujets qu’ils considèrent « normaux » et qui devraient révolter « absolument tout le monde » : le racisme, l’homophobie, le réchauffement de la planète, la guerre, l’exil… « Je suis constamment en colère. Il me paraît normal de s’indigner contre les discriminations. Quand je vois des gens s’opposer ou tempérer une cause, ça me tord le bide. » Alors il dessine. Des personnages (non genrés) qui essaient de sauver la terre par tous les moyens, d’autres qui pleurent la mort de Georges Floyd, d’autres qui, exilés de leur terre, cherchent la liberté (en vain). Des mains qui s’empoignent, aussi, preuve de la nécessité de la solidarité. Les traits sont simples, minimalistes, fins, ronds, profonds, dram

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Emmanuel Venet : le fou et l'artisan

Psychiatrie | « Sur une vie entière, environ un tiers de la population a souffert, souffre ou souffrira d'une pathologie psychiatrique » souligne, dans son (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

Emmanuel Venet : le fou et l'artisan

« Sur une vie entière, environ un tiers de la population a souffert, souffre ou souffrira d'une pathologie psychiatrique » souligne, dans son Manifeste pour une psychiatrie artisanale (Verdier) tout juste paru, le psychiatre et écrivain lyonnais Emmanuel Venet. Pourtant, on constate une chute libre du nombre de lits en psychiatrie. Les structures de proximité ferment ou fusionnent, les services d'urgence multiplient les grèves... A contrario, les établissements spécialisés du privé ont le vent en poupe, réservés à certains types de pathologies et surtout à une clientèle relativement aisée. L'état des lieux d'Emmanuel Venet est amer et se double d'un inquiétant changement de paradigme thérapeutique : l'approche humaniste et individualisée de la psychiatrie est remplacée par un traitement à court terme et superficiel des symptômes, une volonté thérapeutique qui vise davantage à (ré)adapter les patients au monde socio-professionnel, plutôt qu'à libérer leur créativité psychique. « Face à ce rouleau compresseur, il est temps de rappeler que l'ex

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Peinture Fraîche déplacé en octobre

Street Art | Peinture Fraîche maintient la majeure partie de sa programmation et déplace ses dates à octobre.

Sébastien Broquet | Mardi 12 mai 2020

Peinture Fraîche déplacé en octobre

Le festival de street art Peinture Fraîche, qui devait se dérouler initialement en mai et a été reporté suite à la pandémie de Covid-19, a fixé ses nouvelles dates : ce sera du vendredi 2 au dimanche 25 octobre 2020, toujours au même endroit, la Halle Debourg dans le 7e arrondissement de Lyon. Le programme est en cours d'ajustement, mais la présence de toutes les principales têtes d'affiche est confirmée : ainsi, il sera possible d'admirer sur place les œuvres de Adam Fujita, Ben Eine, Alber, Bond Truluv, Astro, Soda, The Blind et El Pez. De même, tous les artistes locaux ont confirmé leur présence lors de cette seconde édition du festival née sous l'égide d'une collaboration réunissant l'association Troi3 et Le Petit Bulletin. Pour en savoir plus sur la programmation de cette seconde édition de Peinture Fraîche, c'est par ici.

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Peinture Fraîche à l'avant-garde du street art

Festival | Peinture Fraîche a dévoilé sa programmation et son ambition de métamorphoser la Halle Debourg sous l’impulsion des nouvelles technologies. Un parti pris qui installe Lyon à l’avant-garde du street art.

Sarah Fouassier | Mardi 18 février 2020

Peinture Fraîche à l'avant-garde du street art

Lyon n'a jamais fait figure de ville novatrice en matière de street art. C'est ce que Peinture Fraîche s'évertue à changer depuis sa première édition. Si le lieu où se déroulera le festival se révèle inchangé, son contenu connaîtra des évolutions puisque la totalité de la programmation artistique est renouvelée. Seuls les artistes locaux invités lors de la première édition seront à nouveau conviés à montrer et à vendre leurs œuvres dans l’espace d’exposition. Ce qui favorise l’émergence d’un marché de l’art urbain lyonnais et la professionnalisation des artistes. Une initiative bienvenue dans un milieu où la rémunération de peintures dans l’espace public est rare. Qui seront les têtes d’affiche de cette édition 2020, et qu’espérer de ce Peinture Fraîche 2.0 ? Les nouvelles technologies seront sans aucun doute les invités d’honneur de ce festival puisque 80% des fresques seront animées grâce à la réalité augmentée, offrant aux visiteurs une double visite et une double lecture des pièces. L’usa

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123klan, premier nom pour Peinture Fraîche

Street Art | La programmation du festival de street art Peinture Fraîche sera annoncée le mardi 18 février. Mais un premier nom se dévoile déja, et il va provoquer l'impatience de tous les amateurs de graffiti oldschool et de graphisme : 123klan.

Sarah Fouassier | Mardi 11 février 2020

123klan, premier nom pour Peinture Fraîche

Klor et Scien, l'inséparable duo derrière le crew 123klan fera prochainement escale à Lyon. Le couple originaire de Dunkerque aura un emplacement de choix lors du festival Peinture Fraîche qui aura lieu du 1er au 17 mai. 123klan a changé la face du graffiti ainsi que l’usage des premiers iMac et du logiciel Illustrator à la fin des années 90. C’est grâce à l’utilisation du dessin vectoriel que le couple de vandales a inventé un nouveau style de graffiti et une toute nouvelle esthétique. Avec 123klan, la culture urbaine naissante a rencontré la technologie et le graffiti a fusionné avec le design graphique. Grâce à eux, l’esthétique B-Boy de la vieille école s’est vectorisée, et les lignes et blocs de couleurs sont devenus tranchants. Fatale graffiti Grâce au dessin vectoriel, le style 123klan se décline sur tous les supports (murs, stickers, posters, vêtements), pourvu qu’ils soient apparents

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Requiem pour un film : "Chanson Douce"

Drame | Un couple de trentenaires parisiens épanouis recherche la perle rare pour s’occuper de leurs deux enfants afin que la mère puisse reprendre son activité professionnelle. Leur choix s’arrête sur Louise, une quinquagénaire en tout point parfaite. Plus que parfaite, même. En apparence…

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Requiem pour un film :

De l’éternel gouffre séparant un livre de son adaptation cinématographique… Sous la plume de Leïla Slimani, Chanson douce fut un roman d’une épouvantable précision, menant avec une limpidité rigoureuse et clinique vers le dénouement macabre annoncé dès ses premières pages. Ni “objet“ littéraire surstylisé (bien que couronné par le Prix Goncourt), ni polar des familles, cette œuvre profonde et captivante rendait compte d’un faisceau de vérités sociologiques contemporaines — notamment que la précarité peut conduire de la déréliction à la névrose, l’inconsciente arrogance des privilégiés servant alors de catalyseur à une effroyable tragédie. Sur le papier, il y avait tout pour construire un thriller et faire vibrer l’écran. La distribution elle-même était prometteuse — mais ne l’était-elle pas trop ? Le rendez-vous s’avère manqué. Parce que Karin Viard est trop prévisible dans le rôle d’une nounou désaxée, que Leïla Bekhti et Antoine Reinartz se révèlent

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Des émotions au cube

Kids | Balbutiantes en prologue d'un spectacle des Nuits de Fourvière donné à la Renaissance en 2018, Les Géométries du dialogue se sont depuis amplifiées et reviennent à Oullins. C'est un bijou d'invention et d'artisanat accessible dès 6 ans.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

Des émotions au cube

Juste une boîte noire posée sur leur tête et voici que Justine Macadoux et Coralie Maniez inventent tout un monde, celui d'une jeune fille étriquée dans son identité qui va découvrir le champs des possibles. Les Géométries du dialogue ont la concision de leur titre emprunté aux mathématiques et la souplesse qu'engendre le théâtre, la rencontre. Ainsi Niki va-t-il entamer un lien avec une amie qui aura tous les âges de la vie, peut-être même plusieurs genres. Sans parole, ce spectacle est une ode à la créativité. Les deux comédiennes interagissent en utilisant cinq faces de leur cube. Parfois elles dessinent simplement des traits basiques à la craie ou se servent d'un gros pinceau de peinture. La matière se dilue à l'aide d'une éponge humide et laisse apparaître d'autres paysages plus nets ou, au contraire, certains se floutent, comme pris dans le brouillard. C'est ainsi que les deux jeunes femmes peuvent donner à leurs personnages une multitude d'émotions très palpables ou alors les faire se balader sur un bord de mer reproduit sur les panneaux qui encadrent leurs visages. Parfois même elles utilisent des collages sous

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Reso signe une fresque rue Moncey

Street Art | Le festival de street art Peinture Fraîche continue de retentir dans la ville avec notamment l'ouverture d'une boutique éphémère (au 25 rue Burdeau jusqu'au (...)

Sarah Fouassier | Mardi 24 septembre 2019

Reso signe une fresque rue Moncey

Le festival de street art Peinture Fraîche continue de retentir dans la ville avec notamment l'ouverture d'une boutique éphémère (au 25 rue Burdeau jusqu'au 12 octobre) et la commande d'une fresque par la mairie du 3e arrondissement. Peintes par le graffeur toulousain Reso, deux peintures murales se font face sous le porche de la rue Moncey. L'inauguration de l’œuvre a marqué l'amorce du chantier de réhabilitation de la place Ballanche. En amont de sa composition, Reso a dialogué avec les habitants dans l'objectif de produire une peinture à l'image du quartier : animée et cosmopolite.

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Groove métissé au Ninkasi

Sono Mondiale | L'afro-électro de Blanc Manioc, le maloya de Ti'Kaniki et un DJ set caliente de l'irremplaçable James Stewart : le Ninkasi donne dans l'efficace pour son premier festival.

Sébastien Broquet | Mardi 10 septembre 2019

Groove métissé au Ninkasi

On ne dira jamais assez tout le bien que James Stewart fait depuis plusieurs années aux esgourdes lyonnaises : ce DJ à l'ancienne, 100% vinyle, peu préoccupé par la linéarité mais bien plus par le plaisir de partager ses découvertes chinées dans les meilleures boutiques l'œil rivé à un dancefloor qu'il accompagne sans rien lui imposer au fil d'un set où l'échange prime, a fini par quitter Le Sucre où il a cornaqué moults samedis soirs de ses soirées Black Atlantic Club (en référence à Paul Gilroy), désormais déplacées au Ninkasi du côté de Gerland et en quelques spots épars - l'on attend avec impatience la venue prochaine dans ce cadre de The Scorpios à l'Opéra Underground. Kabar Bref, James Stewart, nouveau résident des lieux, ne pouvait manquer d'être à l'affiche de ce premier Festival Ninkasi, rejoint par d'autres transfuges venus eux du Sirius où ces adeptes du maloya animaient un dimanche par mois le bateau de leur kabar : Ti'Kaniki. L'affiche à elle seule comblerait tous les amateurs locaux de sono mondiale, mais Fabien Hyvernaud, fûté programmateur du spot qui a eu la finesse de donner une seconde maison à ces agita

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Superposition investit un fort artistique éphémère

Street Art | L'association Superposition quitte les abords de Perrache pour investir provisoirement un fort à la Croix-Rousse.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 16 juillet 2019

Superposition investit un fort artistique éphémère

Un bâtiment servant de foyer à Notre Dame des Sans Abris vendu par l’État à un promoteur immobilier pour un projet d'hôtel de luxe... Voilà une violence symbolique qui laisse bouche bée. Telle est pourtant l'histoire bien concrète du Fort Saint-Laurent, ancienne bâtisse militaire puis religieuse puis étatique, qui domine Lyon et le Rhône depuis les pentes de la Croix-Rousse et la place Bellevue. Avant la construction de l'hôtel, le bâtiment a été prêté à Superposition, association qui vise « à promouvoir les arts urbains et les artistes émergents, et à valoriser le patrimoine lyonnais » selon les mots de Maïlys Febvre, chargée de communication. Après un espace investi dans le quartier Perrache, et plusieurs événements dans la ville, c'est donc au Fort Saint-Laurent que s'installe (pour une dizaine de mois au minimum) Superposition avec une vingtaine d'artistes résidents, disposant là chacun d'un bel atelier. Cet été, seule la vaste terrasse de 460 m² sera ouverte au public avec un bar improvisé et de premières œuvres à découvri

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Peinture Fraîche, un succès

Street Art | Après dix jours intenses, la première édition du festival Peinture Fraîche s'est achevé ce dimanche. Bilan.

La rédaction | Mardi 14 mai 2019

Peinture Fraîche, un succès

La Halle Debourg a fermé ses portes, ce dimanche soir. Après avoir reçu la visite de 37 615 festivaliers, venus admirer les œuvres peintes par 68 artistes au cours de ces dix jours de Peinture Fraîche. Une première édition pour ce festival de street art concocté en joint-venture entre l'association Troi3 et Le Petit Bulletin, placée sous l'égide du directeur artistique Cart'1, qui s'achève sur un succès au vu de l'affluence. C'est un public transgénérationnel et conquis qui s'est déplacé en nombre, dont 500 ont bénéficié d'une visite avec l'un des quatre médiateurs formés (27 retraités, 50 étudiants en architecture, l'association Singa ou encore près de 300 scolaires). Du mur d'expression libre, où 3000 sprays ont été vendus, squatté en permanence par les artistes en herbe comme par leurs parents, aux divers ateliers (la sérigraphie, Lor-K, la réalité virtuelle, etc.), l'affluence ne s'est jamais démentie, occasionnan

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Kid Kreol & Boogie, artistes d'une île pas si proche

Street Art | Véritables artistes visuels, Kid Kreol & Boogie travaillent ensemble depuis onze ans à la création d’un imaginaire longtemps annexé par les dominants. L’histoire douloureuse de l’île de La Réunion se mue en des éclats poétiques où les voyages, les connaissances historiques et anthropologiques s’alimentent : l’expérience personnelle habite un récit universel.

Sarah Fouassier | Vendredi 26 avril 2019

Kid Kreol & Boogie, artistes d'une île pas si proche

Vous vous êtes rencontrés à l’École des Beaux-Arts de La Réunion, quel était le regard porté sur votre travail de graffiti dans cette institution ? Kid Kreol : Quand on s’est rencontré, on avait déjà quelques années de graffiti dans les pattes. Arrivés aux Beaux-Arts, ça s’est plutôt mal passé, les professeurs ne comprenaient pas ce qu’était le graffiti. Quand on disait graffiti, on parlait de Warhol, Basquiat ou Keith Haring, du coup c’était assez brutal car on nous disait que notre boulot c’était de la merde. Ça nous a beaucoup servi, on a passé quatre ans à peindre ensemble et à déconstruire notre univers. La culture réunionnaise étant plutôt orale et sacrée, comment les anciennes générations perçoivent votre retranscription de celle-ci ? Boogie : On a un peu de tout comme réaction, aussi bien des réactions positives, que des gens disant que ce qu’on fait, c’est le diable, le démon. Après, ce sont justes des interprétations… L’idée de notre travail c’est vraiment de faire apparaître un imaginaire dans l’espace public, donc c’est gagné quand les gens le voient et le ressentent. Kid Kreol : On tou

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La Roumanie c'est ici

SCENES | Dans le cadre de l’année France-Roumanie, les Célestins accueillent deux spectacles au Point du Jour. OMG (du 2 au 4 avril), en bi-frontal, aborde (...)

Nadja Pobel | Mardi 2 avril 2019

La Roumanie c'est ici

Dans le cadre de l’année France-Roumanie, les Célestins accueillent deux spectacles au Point du Jour. OMG (du 2 au 4 avril), en bi-frontal, aborde la question de l'identité via le corps retrouvé sans vie d'une femme portant une burqa ; dans Artist's talk (du 5 au 7 avril), Gianina Carbunariu questionne la parole des artistes après avoir interrogé dans un spectacle précédant estampillé Avignon 2014, celle des politiciens. Une auto-critique toujours bienvenue ! Et surtout, au cours de cette semaine, l'occasion de vérifier que le théâtre roumain a la même pertinence que son cinéma.

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Véronique de Viguerie, Yemen la guerre qu'on nous cache

L'Œuvre de la semaine | Rares sont les images de la tragédie humanitaire qui se déroule au Yémen, aussi rares que le sont là-bas l'eau, la nourriture, les médicaments et le pétrole. Au (...)

Sarah Fouassier | Mardi 19 mars 2019

Véronique de Viguerie, Yemen la guerre qu'on nous cache

Rares sont les images de la tragédie humanitaire qui se déroule au Yémen, aussi rares que le sont là-bas l'eau, la nourriture, les médicaments et le pétrole. Au nord, la population subit les frappes de la coalition menée par l'Arabie Saoudite, des bombardements qui pourraient être perpétrés avec des armes achetées à la France. « On meurt de tout au Yémen » rapportait Véronique de Viguerie à France Info le 3 octobre dernier. La photojournaliste venait de remporter le prix prestigieux de Visa pour l'Image, ainsi que le Visa d'or humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Pendant un an, Viguerie et sa consœur journaliste Manon Quérouil-Bruneel ont tenté d'accéder au nord pour couvrir « une guerre que l'on nous cache », dont le poids des chiffres est lourd : 15 000 morts civils, 60 000 blessés, trois millions de déplacés et un enfant qui meurt toutes les dix minutes. Les journalistes ne sont pas les bienvenus dans cette partie du globe. L'intégralité du reportage de Véronique de

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Bordalo II et Skeleton of Colores invités à Peinture Fraîche

Street Art | Bordalo II, Satr, Gleo, Marcela, Miss Me, Skeleton of Colores... la crème de la crème des street artistes du monde entier se donne rendez-vous à Peinture Fraîche, du 3 au 12 mai prochain.

Lisa Dumoulin | Mardi 12 février 2019

Bordalo II et Skeleton of Colores invités à Peinture Fraîche

On vous en a déjà parlé ici, Le Petit Bulletin co-organise avec Cart'1 et l'association Troi3 le festival Peinture Fraîche qui se déroulera du 3 au 12 mai à la Halle Debourg, un ancien entrepôt du 7e arrondissement de Lyon. Nous avions annoncé dès septembre la venue de quatre artistes d'envergure : Inti, Jace, Fin Dac et Alex Face. Voici aujourd'hui l'intégralité des artistes invités. Le portugais Bordalo II est l'une des superstars de cette édition aux côtés de la chinoise Satr. La Colombienne Gleo, la Brésilienne Marcela Ondasdamar, la Canadienne Miss Me et l'Américain Skeleton of Colores viendront représenter l'Amérique latine et du Nord. Côté Europe, direction l'Est : serons accueillis par le festival le Slovaque Suck et les Roumains Ocu et Kero, et un autre compatriote de Fernando Pessoa : Hazul. Parmi les invi

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Bordalo II : « changer le monde et y prendre part est plus important que tout le reste »

Street Art | Invité au festival Peinture Fraîche, l’artiste portugais Bordalo II fait voyager son bestiaire constitué de déchets pour dénoncer la surconsommation. Ses sculptures gigantesques représentent des animaux à l’aide de son bourreau de matériau : le plastique. Faisant de lui un artiste à part dans le milieu du street art, puisqu'engagé dans une cause qu'il semble défendre plus que ses propres œuvres.

Sarah Fouassier | Mercredi 13 février 2019

Bordalo II : « changer le monde et y prendre part est plus important que tout le reste »

Vous avez fait les beaux-arts à Lisbonne, comment s’est faite la transition entre les Beaux-Arts et le street art ? Bordalo II : Le temps que j’ai passé dans l’espace public m’a appris à être à l’aise avec le fait d’avoir de la visibilité rapidement, j’ai ensuite pris conscience du potentiel de faire quelque chose que les gens vont voir et interpréter, c’est comme être une publicité mais avec de meilleures intentions. Le street art ou l’art urbain est très important, car il permet d’avoir une visibilité et accès au public. Quand vous avez de la visibilité, c’est nécessaire d’avoir un message, sinon c’est juste superficiel et pas pertinent. Votre grand-père était peintre, que vous a-t-il enseigné que l’on peut retrouver dans votre travail aujourd’hui ? Dans mon enfance, j’ai passé beaucoup de temps avec mon grand-père, Real Bordalo, qui était un peintre. Il a été une grande inspiration en tant que précepteur : la plupart des choses que j’ai apprises grâce à lui, et les valeurs qu’il m’a transmises se reflètent sur mon travail. Hormis ses aq

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Street art : cuvée d’automne

Street Art | Après les murs de la ville et ceux des galeries d'art, le street art s'invite cet automne sur les pavés, au centre commercial et au stade !

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Street art : cuvée d’automne

Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain. Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l’association My Presqu’île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant. Autre projet ambitieux : la réunion d’une trentaine d’artistes lyonnais et internationaux sur les murs d’un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l’emménagement prochain d’une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie ép

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Ironie d’Iran : "Pig"

Comédie | de Mani Haghighi (Irn, avec avert. 1h48) avec Hasan Ma'juni, Leila Hatami, Leili Rashidi…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Ironie d’Iran :

Réalisateur iranien en panne de tournage et condamné à la pub, Hassan Kassami en a gros sur l’ego : un tueur en série s’attaque à ses prestigieux confrères, les décapitant après les avoir occis. Hassan en viendrait presque à provoquer le dément pour être rassuré sur son statut… Cas de conscience, Trois visages, La Permission et maintenant Pig… L’année qui s’achève aura décidément été particulièrement faste du côté du cinéma iranien qui, pour des raisons aisément compréhensibles, se trouve plutôt cantonné dans des formats réalistes — qu’il s’agisse de fictions ou de documentaires. La proposition de

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L’expo One Shot est prolongée

Street Art | One Shot, l’exposition de street art organisée par Superposition au Centre Commercial Confluence, est prolongée jusqu’au 9 décembre.

Lisa Dumoulin | Samedi 17 novembre 2018

L’expo One Shot est prolongée

La crème des artistes lyonnais s’y sont donnés rendez-vous : Agrume, Bambi, Idys, Alexandre Beretta, Don Mateo, Bur, Florent Espana, Quetzilla, Parvati, Sphinx, Theo Haggaï, Laho, Lena Macka, Masta, Loodz, le génial Monsieur Zero (photo), le Rennais Tarek et les Montréalais Le Monstr et LSNRONE sont à observer sur 200 mètres carrés de fresques murales. Installée dans un magasin vide de 2000 mètres carrés du Centre Commercial Confluence, une “coque” vide en phase de transition avant l’emménagement d’une nouvelle enseigne, l’exposition était sensée l’occuper seulement un mois et s’arrêter le 17 novembre - elle est prolongée jusqu’au 9 décembre ! L’occasion d’un accrochage élargi avec de nouveaux artistes exposés : Giulia Zanvit, Élodie Latchimy Bayle, Azed, Koey, Shab, Morne et Nicolas Cessieux rejoignent les rangs. Ce week-end est également organisée une “closing party” qui ne ferme donc rien du tout mais est l’occasion de profiter de visites guidées, d’ateliers de sérigraphie et de la mise en vente du livre de l’exposition fraîchement imprimé. Un vide-dressing et des DJ sets sont ég

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Attention, Peinture Fraîche !

Street Art | Le pôle événémentiel du Petit Bulletin est fier de vous présenter son nouveau projet monté en collaboration étroite avec le directeur artistique Cart'1 et l'association Troi3 : Peinture Fraîche, un festival international de street art qui se déroulera en mai prochain dans une friche industrielle du 7e arrondissement de Lyon.

La rédaction | Mardi 11 septembre 2018

Attention, Peinture Fraîche !

C'est l'histoire d'une rencontre. D'une connexion entre Le Petit Bulletin et Cart'1, street artist dans la place depuis la fin des eighties qui portait en lui l'envie de lancer dans sa ville (Lyon, donc) un festival d'ampleur dédié à sa discipline artistique. On lui doit déjà un festival en Colombie, où il a vécu un temps, dans la cité de Barranquilla : le KillArt Festival, quatre éditions à ce jour. Il a aussi concocté deux événements remarqués par ici, Wall Drawings en 2016 avec le Musée d'Art Contemporain puis Trublyon en 2017. Peinture Fraîche prend donc aujourd'hui la suite de ces deux rendez-vous. Rappel des faits : en 2016, les artistes de l’exposition Wall Drawings au MAC (Seth, Jace, Kid Kréol & Boogie, Wenna, Teck….) avaient pu performer sur l’ancien collège Maurice Scève (Lyon 4e), devant 3500 personnes en une seule journée. En 2017, profitant des liens de Cart’1 avec la Colombie, quatre street artistes de ce pays avaient été conviés : Guache, Yurica, Omar Alonzo et Joyce, en compagnie de c

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Une manif à point nommée

Théâtre | Journées du Patrimoine, ouverture de saison : la double actualité est parfaite pour (ré)accueillir Happy manif qui se décline selon le lieu où il est (...)

Nadja Pobel | Lundi 10 septembre 2018

Une manif à point nommée

Journées du Patrimoine, ouverture de saison : la double actualité est parfaite pour (ré)accueillir Happy manif qui se décline selon le lieu où il est présenté. La version "Spitz got rythm" (déjà présentée il y a moins d'un an dans le cadre du festival Micro-mondes) revient comme un rappel pour des spectateurs invités à participer sans quoi rien n'advient. Le chorégraphe David Rolland fait ainsi déambuler deux groupes dans les coulisses, les allées ou le toit du TNG. Casque vissé sur les oreilles, chacun exécute les demandes du chef de bande et, en dansant sur des tubes 80's ou en jouant de la air guitar, c'est l'histoire des murs qui nous est révélée. Ancienne salle des fêtes, école, mairie, caisse d'assurance maladie et théâtre : voilà sur quoi est assis ce centre dramatique national. Il s'inscrit in fine dans la droite ligne de ces services publics. Souvent drôle, ce spectacle léger permet aussi à chacun de faire l'expérience de l'acteur en se retrouvant confronté à l'autre bataillon au cours de la déambulation. Qu'est-ce qu'être en représentation ? En collectif ? Ce diplômé en pharmacie, qui fut l'interpr

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GerMANIA, un opéra sur les décombres de la guerre

Opéra | Après le succès en 2014 de Cœur de chien, le premier opéra d'Alexander Raskatov, l'Opéra de Lyon a commandé un nouvel opus au compositeur russe, GerMANIA, dont la création mondiale à eu lieu à Lyon le 19 mai dernier.

Yannick Mur | Mardi 29 mai 2018

GerMANIA, un opéra sur les décombres de la guerre

C'est Raskatov lui-même qui a élaboré le livret, d'après deux pièces du dramaturge allemand Heiner Müller. Transportant le spectateur de la bataille de Stalingrad au bunker d'Hitler, l'opéra se poursuit dans l'après-guerre. Les scènes mettent en présence autant des personnages historique tels que Staline, Goebbels ou Gagarine, que des anonymes, victimes broyées par la guerre et ses conséquences. La mise en scène de John Fulljames peu paraître simple, mais elle révèle au fil de la représentation une foule de détails qui donne une profondeur supplémentaire au sujet. Les trente-sept personnages de l'opéra évoluent sur un décor tournant, évoquant des débris de pierres, de tissus ou même de corps humains. Les décombres sont matériels, mais les dégâts psychologiques ne sont pas oubliés. Donnant aux hommes de pouvoir un coté ridicule, Fulljames montre de manière brute à quel point la guerre déshumanise l'Humain, lui ôte ses repères culturels pour le renvoyer à ses besoins vitaux d'animal, telle la nourriture ou le sexe. Une partition exigeante Pour illustrer ce « sombre espace », derniers mots du livret,

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Sous les cheveux de Cate Blanchett : "Manifesto"

Snobby arty | de Julian Rosefeldt (All, 1h38) avec Cate Blanchett, Ruby Bustamante, Ralf Tempel…

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Sous les cheveux de Cate Blanchett :

Art véhiculaire par excellence, le cinéma reflète et diffuse bien fraternellement les œuvres créées dans d’autres disciplines. Mais toutes les propositions conceptuelles ne supportent pas de manière égale l’inscription dans le cadre cinématographique : la plupart nécessitent un minimum de transposition, d’adaptation au langage audiovisuel. Certaines demeurent cependant hermétiques ou absconses au grand public, pouvant même susciter un violent rejet de sa part lorsqu’elles dissimulent leur véritable propos derrière un paravent commercial — souvenons-nous du déconcertant Zidane, un portrait du XXIe siècle (2006) de Gordon et Parreno, qui avait plus à voir avec l’entomologie abstraite qu’avec l’hagiographie sportive. Manifesto se présente partiellement masqué, avançant un double concept : une mise en images libre de quelques grands écrits théoriques ayant structuré la pensée politique ou artistique humaine ET l’interprétation/déclamation desdits textes par la même comédienne incarnant treize personnages (disons, stéréotyp

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Il y a comme un loup… : "Les Bonnes Manières"

drame fantastico-lesbien | de Juliana Rojas & Marco Dutra (Br-Fr, int. -12 ans, 2h15) avec Isabél Zuaa, Marjorie Estiano, Miguel Lobo…

Vincent Raymond | Mardi 20 mars 2018

Il y a comme un loup… :

Clara, infirmière des favelas de São Paulo, est recrutée par Ana, jeune bourgeoise célibataire pour l’accompagner durant la fin de sa grossesse. Le terme s’approchant, les deux femmes que tout oppose en font de même et Clara découvre qu’Ana est enceinte d’un loup-garou… On aurait a priori toutes les raisons de souscrire à ce projet désirant embrasser d’une large gueule dentue des thématiques aussi diverses que l’inégalité sociale, l’esthétique gore et l’érotisme. Faisant fi des carcans, Les Bonnes Manières se plaît à entrechoquer les formes et les faire se succéder à bon escient dans sa première partie, celle de la gestation — phase tellement féminine qu’elle se révèle ici totalement dépourvue de présence masculine. Cette dernière est même représentée comme une menace, une autorité agressive ou rejetante ; bref une entité dispensable dont Clara et Ana parviennent aisément à s’abstraire en entamant leur idylle. La seconde partie, plus réaliste et cependant plus métaphorique, se trouve plombée par un désir de fantastique certes exaucé par la démoc

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In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Street Art | La galerie Superposition de la rue Longue a déménagé dans le deuxième arrondissement, place Gensoul, à deux pas de Perrache et a ouvert Sitio. État des lieux.

Lisa Dumoulin | Mardi 27 février 2018

In situ : Sitio, le nouveau spot de Superposition

Depuis le 1er février, entre la gare Perrache et la péniche du Sonic, l'agitation règne... Juste avant de traverser le pont, un petit square occupe la place Gensoul, faisant écran entre les quais et la rue. Au n°3 a ouvert Sitio, le nouveau lieu de Superposition qui a quitté la rue Longue et sa galerie (en partie) en plein air. Sans difficulté, on constate qu’ils ont gagné au change : Sitio s’étend sur 230m2, un grand espace (quasiment) de plain-pied, divisé par de belles arches en pierre. Coté rue, une salle d’exposition baignée de lumière avec canapés et tables design. Qui dit grand espace ouvert, dit peu de murs donc peu d’espace d’accrochage. Les œuvres s’intègrent au décor et semblent vivre leur vie parmi le reste. Des cadres mais aussi un mur à peindre. La priorité est donnée aux artistes locaux : c’est Poter et ses couleurs vives qui inaugure joyeusement le lieu. Un habitué, il a déjà peint sur les rideaux de fer de la rue Longue. L’équipe de Sitio cherche encore des surfaces dans le quartier afin de proposer un parcours artistique à ciel ouvert. Laho prendra la suite en a

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Agrume : la science des rêves

Street Art | Habitué des rues lyonnaises, Agrume est invité par Superposition à retapisser la rue Longue et exposer sur les murs de la galerie. Plongée dans l’univers poétique et onirique d’un drôle de fruit.

Lisa Dumoulin | Mardi 17 octobre 2017

Agrume : la science des rêves

À l’heure où les feuilles des arbres se colorent de teintes rousses, les Japonais s’adonnent à la coutume du momijigari : l’observation de la beauté de ce phénomène naturel nommé kōyō. Sous nos latitudes, Agrume nous invite aussi à la contemplation avec une exposition de saison dont le titre respire la nostalgie qui nous rend gentiment visite aux premières fraîcheurs de l’automne : Souvenirs d’été. Douce mélancolie pour la belle saison, l’accrochage, certes réduit, donne à voir deux séries de linogravures, l’une en noir et blanc, comme de coutume avec Agrume, et l’autre en couleurs, toutes réalisées pendant l’été écoulé. La sieste sous l’oranger, Avant l’orage, Rencontre avec la lune : l’atmosphère poétique et onirique du street artiste et ses personnages mystérieux - corps humains et visages soleils, nuages, lunes, fleurs... - nous content une balade romantique entre réminiscences de rêves et de souvenirs, comme une pluie d’été rafraîchissante et moite à la fois. Fruit bipolaire doux-amer, Agrume sonde nos profondeurs avec un regard presque enfantin, entre naïveté et sagesse. Songe d'une

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Attention aux coulures !

Street Art | Côté street art, c'est une explosion et pas seulement de couleurs ces derniers mois dans la ville. Voici un trait de cette effervescence : à vous de lever le nez pour dénicher le reste.

Lisa Dumoulin | Mardi 12 septembre 2017

Attention aux coulures !

Je me laisse guider Le street art invite à l'errance : la ville est autant sujet que l'œuvre, qui se niche dans ses recoins, se créant son propre écrin dans un contexte mouvant, à l'opposé du musée où la scénographie est pensée pour l'artiste. Initier des virées pour pister les graffeurs sur leur terrain est l'idée futée de Nomade Land et de la galerie Superposition, décidément hyperactive. Flo81, gérant de la boutique spécialisée 81Store, guide ces visites en compagnie d’un artiste invité. Nomade Land mène depuis 2015 ces balades d’un autre genre, zoomant sur les transformations urbaines, la ville en mouvement, main dans la main avec des architectes, des sociologues ou des artistes. Ici, l’art urbain est observé pour ce qu’il révèle de la cité. La balade se déroule dans les pentes, lieu d'expression et d'observation privilégié permettant d'avoir un aperçu dense de la scène actuelle et se clôture par un arrêt à la galerie Superposition, rue Longue, avec l'artiste exposant : le 23 septembre, Wenc partagera son regard avant de présenter ses oeuvres et celles de sa tribu autour des

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Leïla Slimani : littérature nourricière

Assises internationales du roman | Le Prix Goncourt parfait. Leïla Slimani, qui a obtenu avec Chanson douce la précieuse distinction l'automne dernier, signe un roman aux confins d'une (...)

Nadja Pobel | Mardi 23 mai 2017

Leïla Slimani : littérature nourricière

Le Prix Goncourt parfait. Leïla Slimani, qui a obtenu avec Chanson douce la précieuse distinction l'automne dernier, signe un roman aux confins d'une littérature grand public et d'une autre pour les connaisseurs, souvent opposées, à tort. Avec des phrases courtes, des premières lignes qui anéantissent tout suspense (une nourrice vient de tuer les deux enfants qu'elle gardait), la jeune auteur de 35 ans chemine à rebours dans la vie ordinaire d'un couple parisien. Il est producteur de musique, elle veut reprendre son travail d'avocate après la naissance d'Adam. Ils trouveront la perle rare, Louise. Et puisqu'elle sait tout faire avec plaisir (coiffer Mila, cuisiner, aller au parc...), elle, l'employée, sera même du voyage en Grèce, avec ses patrons ; sachant tout de cette famille qui ne sait rien d'elle. Chaque soir elle quitte les beaux quartiers du 10e arrondissement pour retrouver une vie moins reluisante. C'est la grande force de ce livre : ne pas être qu'un fait divers, mais un roman social, celui d'une véritable lutte des classes qui, à force de violence – même sourde comme ici – finit par exploser et engendrer la mort. Impl

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Extra Austra à l'Épicerie Moderne

Electro Pop | Austra, incarnation collective du talent de Katie Stelmanis, fait une halte mercredi 12 avril à l'Épicerie Moderne, à peine trois mois après la sortie d'un magistral album, Future Politics.

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Extra Austra à l'Épicerie Moderne

Katie Stelmanis a ce petit quelque chose de glacé, de piquant et d'addictif, qui nous rappelle une chanteuse/productrice du début des années 90... Mais elle vient de Toronto, au Canada. Pas d'Islande. Ça reste peu tropical, géographiquement. Mais celle qui se planque derrière un presque-groupe sous le nom d'Austra, accessoirement son second prénom, nous rappelle un peu, beaucoup, passionnément la Björk de Debut, en 1993... Mêmes arrangements soignés mêlant l'héritage pop et les rythmiques électroniques, au service d'une voix cristalline chez l'ancienne Sugarcubes, beaucoup plus ample chez la Canadienne. On pense aussi à Zola Jesus, inexorablement (la reverbe sur la voix, sans aucun doute). À Siouxsie et Cocteau Twins, pour le côté dark qui parfois s'en échappe. Voire à Kate Bush, qui a bercé son enfance. Surtout, l'on sent une confiance inébranlable dans cette voix travaillée depuis l'enfance, depuis ses dix ans, au sein du Chœur d'enfants de l'Opéra canadien. Elle apprend alors en parallèle le piano. Studieuse et sage, Katie se consacre entièrement à l'apprentissage de la musique classique. Car la f

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Urban Art Jungle : peintures fraîches

Street Art | Après avoir réuni 2000 personnes en septembre dernier, l’Urban Art Jungle en remet une couche ce week-end et investit les 2000 m2 de La Commune dans (...)

Louis Beaufort | Samedi 18 février 2017

Urban Art Jungle : peintures fraîches

Après avoir réuni 2000 personnes en septembre dernier, l’Urban Art Jungle en remet une couche ce week-end et investit les 2000 m2 de La Commune dans le 7e arrondissement. Pour cette seconde édition, l’équipe de Superposition présente comme elle le fait régulièrement avec sa galerie in situ / ex situ plusieurs artistes inspirés par les mystères de la jungle urbaine. Il sera question de live painting bien sûr, mais également d’exposition de photos, d’ateliers participatifs et, nouveauté cette année, de deux nuits placées sous le signe de l’électro-disco-techno-acid-house, avec les Sheitan Brothers en clôture du premier soir et le collectif Chalet Perché pour le second. Mais c’est évidemment du côté de la vingtaine d'artistes de street art que notre attention sera tournée durant ces trois jours de festival. L’occasion de découvrir l’installation géante en papier maché d’Idys Pasteup, réputée pour ses sculptures surréalistes aux couleurs pop, les lettrages édulcorés et ludiques de Monsieur Zero et les illustrations naïves d’

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Leïla Slimani, le prix Goncourt à L'Astragale

Littérature | Mercredi 9 novembre, la librairie l'Astragale reçoit Leïla Slimani, récompensée jeudi dernier par le prix Goncourt pour son deuxième roman Une chanson (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 8 novembre 2016

Leïla Slimani, le prix Goncourt à L'Astragale

Mercredi 9 novembre, la librairie l'Astragale reçoit Leïla Slimani, récompensée jeudi dernier par le prix Goncourt pour son deuxième roman Une chanson douce paru chez Gallimard. Elle y raconte la relation complexe entre une nounou en apparence parfaite, ses employeurs, un couple de parisiens bobos et bien sûr leurs deux enfants, qu'elle assassine - pas de spoiler, c'est l'incipit du livre. Tout le roman consistera à expliquer ce geste, sur fond de lutte des classes, avec une plume juste et précise. Rendez-vous mercredi à 19h à la librairie.

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Antonin Iommi-Amunategui : « Boire du vin naturel, c'est changer la société un verre après l'autre »

Sous les pavés, la vigne | Instigateur des salons Rue89 des vins naturels à Paris et Lyon, blogueur engagé sur No Wine is Innocent, auteur du séminal Manifeste du Vin Naturel (aux éditions de l'Épure), co-fondateur du crew Nouriturfu visant à provoquer la jouissance des palais, organisateur des iconoclastes Nuits des Vins Nus, Antonin Iommi-Amunategui nous expose sa concrète utopie.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 novembre 2016

Antonin Iommi-Amunategui : « Boire du vin naturel, c'est changer la société un verre après l'autre »

Un an après la parution de ton Manifeste pour le vin naturel, quelles évolutions vois-tu ? Antonin Iommi-Amunategui : Le vin naturel grignote chaque jour du terrain : on ne le trouve plus seulement dans les bars à vin urbains, mais jusque dans les supermarchés — à tout le moins des vins qui se prétendent naturels — et les guides ou revues tradi du vin. Il est là et on ne le délogera plus. Reste à savoir s'il va enfin acquérir une existence officielle, et le cas échéant, selon quels critères. On voit aussi arriver la récupération : pour la première fois, une grande surface proposait du vin naturel dans sa foire de septembre. Oui, en réalité, ce n'était pas tout à fait la première fois. Mais c'est la première fois que c'était présenté de manière aussi claire. Alors évidemment, attention, il ne s'agissait que de pseudo-vin naturel ; des vins qui jouent avec les codes de ce mouvement pour s'en approprier l'image et, éventuellement, la niche commerciale. Le vin naturel, c'est encore quelque chose de très flou pour la plupart des consommateurs. Du coup, c'est facile pour un industriel pinardier de se g

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"Une Histoire birmane" au cinéma Opéra

ECRANS | Le collectif Enjeux sur image, qui se fait une spécialité de débusquer les films orphelins de salles — malgré l’efflorescence d’écrans dont Lyon se targue, ces (...)

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Le collectif Enjeux sur image, qui se fait une spécialité de débusquer les films orphelins de salles — malgré l’efflorescence d’écrans dont Lyon se targue, ces malheureux sont plus nombreux que l’on croit —, des œuvres de recherche ou en écho avec les problématiques géopolitiques, consacre cette soirée à une république d’Asie du Sud-Est souvent mise à l’index par la communauté internationale pour son non-respect des droits de l’Homme. Avec Une Histoire birmane (2014), Alain Mazars nous entraîne en effet dans le passé et le présent de ce pays. Et la projection se poursuivra par une discussion en compagnie de Romanic Nereau, opérateur son de ce documentaire. Au Cinéma Opéra le jeudi 6 octobre à 20h

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"Jeunesse" : C’est Conrad qu’on rate

ECRANS | de Julien Samani (Fr, Por, 1h23) avec Kévin Azaïs, Jean-François Stévenin, Samir Guesmi…

Vincent Raymond | Mardi 6 septembre 2016

À force, les cinéastes devraient savoir que transposer un roman de Joseph Conrad dans le monde contemporain n’est pas sans risque : Welles s’y était cassé les dents et Coppola a failli y perdre la raison (avant d’accoucher, il est vrai, d’un chef-d’œuvre monstre). Peu superstitieux, Julien Samani s’est jeté à l’eau en portant à l’écran Jeunesse, un récit partiellement autobiographique, qui devient hélas une chronique initiatique aussi vague que démodée. Comment croire qu’en 2016, un jeune gars puisse traîner sur un port dans l’espoir d’embarquer sur un cargo pour aller faire fortune en Afrique ? Comment admettre qu’un matelot novice devienne en l’espace de deux séquences et un regard distrait sur son manuel, un sous-officier expérimenté ? Pour faire “authentique”, sans doute, Samani ranime des figures légendaires : le vieux capitaine, loup de mer roublard et éthylique (campé par un Stévenin en mode Haddock) et son lieutenant, incapable de se dépar

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Interzone : sur la route de Homs

Oriental Rock | De Noir Désir, aucun doute, c'est le chemin suivi par l'ancien guitariste du groupe bordelais qui nous chatouille les esgourdes, bien plus qu'une virée (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 1 juin 2016

Interzone : sur la route de Homs

De Noir Désir, aucun doute, c'est le chemin suivi par l'ancien guitariste du groupe bordelais qui nous chatouille les esgourdes, bien plus qu'une virée convenue à Détroit. Serge Teyssot-Gay, c'est de lui dont on cause, a rencontré Khaled Al Jaramani à Damas, en Syrie, lors d'une tournée en 2002 : aussitôt les deux ont décidé de marier leurs cordes, celles de la guitare électrique avec celles du oud. Baptisé Interzone, le projet abouti dès 2005 à un premier album éponyme assez hallucinant : écoutez par exemple Vitalité, dérive de Tostaky flirtant avec la transe orientale... C'est encore là, la rencontre furtive et intense entre deux mondes, celui du groupe le plus populaire de France tout juste séparé et d'un virtuose syrien, également partie prenante de Bab Assalam. L'évolution de cette aventure est encore plus passionnante : le dialogue instaur

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Virée en Corée

Sono Mondiale | Le virtuose de la guitare et maître ès jazz & musiques improvisées qu'est Nguyên Lê avait nommé son opus inaugural, en 1994, Million Waves, d'après une ancienne (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mai 2016

Virée en Corée

Le virtuose de la guitare et maître ès jazz & musiques improvisées qu'est Nguyên Lê avait nommé son opus inaugural, en 1994, Million Waves, d'après une ancienne musique de Cour de Séoul qui l'avait inspiré pour ce disque. Cet adepte d'un jazz rock virant parfois pesant retrouve pour ce cycle au musée des Confluences les effluves de la Corée, qu'il dit être « la plus groovy qui soit en Asie de l'Est », pour un projet en compagnie du groupe Baraji. Le guitariste vietnamien et ses ambassadeurs des musiques traditionnelles donneront un concert commun samedi soir, explorant les sons pluriels de ce pays, fort peu connus dans nos contrées. Musiques de Cour (aak, tangak, hyangak) et musiques traditionnelles seront réinterprétées par l'ensemble venu de Corée en collaboration avec Nguyên Lê (les deux donnant également une masterclass commune la veille). Intrigante prestation que les curieux ne manqueront pas. Dans le cadre du même programme, une conférence de Alexandre Guillermoz plongera dans les arcanes du chamanisme en Corée du Sud avant la projection du film Un Kut à Séoul, relatant un rituel filmé en 1991 à Séoul. Enfin, la pause déj

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Le Trésor

ECRANS | Touchant à tous les registres sans faire de tapage, Corneliu Porumboiu compose, film après film, une peinture méticuleuse de la société roumaine contemporaine et s’impose comme le plus important cinéaste actuel de son pays. Nouvelle perle à sa filmographie, “Le Trésor” le confirme.

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Le Trésor

Qu’est-ce qu’un trésor ? À cette question, chacune et chacun possède au moins deux réponses. L’une sentimentale, se référant à un objet matériel ou immatériel dénué de toute valeur marchande ; l’autre, absolue, désignant un bien universellement reconnu comme précieux, source de richesse potentielle pour son détenteur. Il est rare dans notre monde matérialiste que les deux définitions se superposent ou que l’une parvienne à se substituer à l’autre, à moins que l’on ait conservé une âme innocente. C’est le cas de Corneliu Porumboiu, qui malgré sa lucidité d’adulte, sait encore décocher des regards en direction d’un naturel merveilleux. Avoir un tel sens de l’absurdité et faire preuve d’autant de poésie relève du prodige. De l'ironie à la pelle Chaque époque connaît sa quête du Graal, plus ou moins ludique ou comique. Ce film en est une, qui renvoie à un temps et à un imaginaire révolus — celui des romans peuplés de pirates dissimulateurs, ou de ces contes que le héros Costi lit le soir à son fils. Seulement, en étant transposée de nos jours à l’échelle d’un jardin, l’aventure se trouve comme vidée de sa substance héroïque, de son éclat, d’une forme de danger

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Les Espiègles

ECRANS | De Janis Cimermanis (Let, 0h45) animation

Vincent Raymond | Mercredi 10 février 2016

Les Espiègles

Visible dès 3 ans, cette nouvelle récolte de courts métrages animés issus des studios lettons AB, signés par l’auteur de SOS Brigade de secours !, est très axée sur les questions de nature — l’espièglerie étant l’arme pacifique dont les animaux se servent pour se prémunir des attaques ou de la désinvolture humaine. Réalisés en stop motion à partir de pâte à modeler et de poupées dont les fibres diverses hurlent leur origine synthétique et les colorants non biologiques, ces petits films bariolés se révèlent toujours aussi plaisants à découvrir. VR

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Les Chevaliers blancs

ECRANS | S’inspirant de l’affaire de l’Arche de Zoé, Joachim Lafosse confie à un Vincent Lindon vibrant un rôle d’humanitaire exalté prêt à tout pour exfiltrer des orphelins africains. L’année 2016 pourrait bien être aussi faste que la précédente pour le comédien récompensé à Cannes avec "La Loi du marché".

Vincent Raymond | Mardi 19 janvier 2016

Les Chevaliers blancs

Qu’il situe ses histoires dans le cadre intime d’une famille en train de se disloquer (Nue Propriété, À perdre la raison) ou, comme ici, au sein d’un groupe gagné par le doute et miné par les tensions, Joachim Lafosse suit film après film des shémas psychologiques comparables : il décrit des relations excessives, où un dominateur abusif exerce une subjugation dévastatrice sur son entourage. Cette figure charismatique n’est pas toujours ab initio animée d’intentions malveillantes : le personnage que joue Lindon dans Les Chevaliers blancs est mu par une mission humanitaire qu’il considère comme supérieure à toute autre considération, toute contingence, y compris la sécurité des membres de son équipe. La poursuite orgueilleuse de son idéal va le faire glisser dans une spirale perverse. Hors de tout manichéisme, Lafosse ne réduit pas ce mentor déviant aux seuls effets de sa malignité : sans chercher à l’exonérer, il le montre dévoré par de sincères souffrances ; pareil au Drogo du Désert des Tartares, écrasé par la chaleur, l’attente, l’impatience — plus éprouvé et manipulé en s

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Un grand Godot est arrivé aux Célestins

SCENES | Parfois, une très grande mise en scène fait entendre un classique comme pour la première fois. C’est le cas de ce ’"Godot" par Jean-Pierre Vincent. Un travail humble et de haute précision au service d’une œuvre-monstre. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 2 octobre 2015

Un grand Godot est arrivé aux Célestins

Ils attendent Godot qui ne viendra pas. Fermer le ban ? Non, évidemment pas ! Jean-Pierre Vincent, du haut de sa longue carrière de metteur en scène et de directeur du must de la scène française (TNS, Comédie-Française, Amandiers-Nanterre), a la sagesse d’écouter Beckett nous parler. L’auteur irlandais, qui écrivait là sa première pièce en langue française, est réputé avoir tant semé de didascalies dans cette pièce que la marge de l’homme de plateau est réduite à sa portion congrue. Plutôt que d’y voir une obligation castratrice, Vincent a trouvé dans un respect qui ne vire jamais à la déférence sa plus grande liberté. Et rend à Beckett une part de drôlerie souvent absente dans les autres adaptations. Oui, on rit avec Vladimir et Estragon. Egarés dans la «tourbière», ils n’ont plus la notion du temps. «Tu dis que nous sommes venus hier soir – Je peux me tromper.» Sans jamais dater ou situer son action, Beckett, qui publie ce texte en 1948, dit en creux à quel point la Seconde Guerre mondiale et Hiroshima ont anéanti la sensation même d’être au monde. Ne reste alors qu'à se raccrocher aux sensations

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