Mauvaise Foi : une généreuse et glorieuse conquête

Illustration | En ce début de printemps, les Halles du Faubourg rouvrent leurs portent et accueillent le collectif d’illustrateurs Mauvaise Foi pour Théogonie. De cette thématique éclôt une exposition à la puissance symbolique et aux identités hétéroclites.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

Photo : © Hugo Charpentier


Mauvaise Foi édite depuis 2012 une revue graphique collective, Laurence 666, où illustrateurs et designers sont invités à composer une bande dessinée. En 2016, le cinquième volume a remporté le Prix de la Bande Dessinée Alternative : récompense méritée, qui découle d'un travail acharné.

Chloé Fournier, Manuel Lieffroy, Remi Mattei et Hugo Charpentier composent ce collectif d'illustrateurs, né sur les bancs de l'École Émile-Cohl. Pour cette exposition aux Halles du Faubourg, la bande s'empare d'une thématique mythologique où chaque illustrateur raconte le surgissement d'un univers visionnaire. La toile qui initie ce parcours, signée Hugo Charpentier, donne le ton de par sa générosité visuelle. Une idée d'âge d'or, d'abondance tirée du foutoir de la vie découle de cette toile aux techniques, personnages et situations mixtes.

Un hymne à la symbolique mythologique

À sa suite, Rémi Mattei conjugue l'absurdité de son esthétique à la BD muette qui a fait sa renommée. Détourner et déconstruire : ici, les codes du conte pour enfants sont éclatés tout en gardant une réflexivité qui interroge un monde où les apparences du pouvoir sont trompeuses. Le troisième pan du parcours se déploie harmonieusement dans un hymne à la bande dessinée, dont Manuel Lieffroy a le secret. Le bédéiste du crew fournit un récit à la beauté et à l'humour immédiats, avec des images et des textes généreux impeccablement mis en valeur grâce à la scénographie.

De cette corne d'abondance, le travail de Chloé Fournier clôturant ce parcours ne se soustrait point. Son crayonné tout en subtilité se saisit de la transmission et de la puissance féminine, ancrées à la fois dans la réalité et dans la symbolique de la mythologie grecque. Le poing levé et en force, des muses se déchargent des turpitudes du monde, autant qu'elles les empoignent.

Mauvaise Foi, Théogonie
Aux Halles du Faubourg jusqu'au 26 avril


Mauvaise Foi

Théogonie, illustration, broderie, bande dessinée, peinture
Les Halles du Faubourg 10 Impasse des Chalets Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Mauvaise Foi, trophées et vanités

Illustration | Si vous avez raté le vernissage et le diseur de bonne aventure, vous avez l'occasion de vous rattraper jusqu'au 16 décembre dans leur galerie pour admirer (...)

Sarah Fouassier | Mardi 24 octobre 2017

Mauvaise Foi, trophées et vanités

Si vous avez raté le vernissage et le diseur de bonne aventure, vous avez l'occasion de vous rattraper jusqu'au 16 décembre dans leur galerie pour admirer le travail du collectif Mauvaise Foi avec une exposition au thème superstitieux. Roulette russe, scènes de fin de monde, muses ensorcelantes et autres totems et trophées sont impeccablement dessinés par les quatre complices Chloé Fournier, Rémy Mattei, Hugo Charpentier et Manuel Lieffroy. La foudre et le talent ont bel et bien frappé au 29 rue des Capucins ! Notre cœur a justement jeté son dévolu sur les trophées et broderies de Chloé Fournier qui ont ravi notre soif d'illustrations exécutées sur supports multiples. Ces morceaux de vanités peints sur bois ou brodés sur des empiècements de tissus nous donnent envie de nous en emparer comme des talismans capables de nous éloigner du mauvais œil. Superstitieux et malchanceux, gardez vos gris-gris à portée de main lors de votre visite... Baraka, à voir jusqu'au 16 décembre du lundi au vendredi de 13h à 18h et sur rendez-vous (contact@mauvaisefoi-editions.com) Mauvaise Foi, 29 rue des Capucins

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Mauvaise Foi, à la chasse aux Fauves

CONNAITRE | Jean-Christophe Menu a eu du flair, une nouvelle fois : le dessinateur et co-fondateur de L'Association avait sur un stand du festival (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 10 février 2016

Mauvaise Foi, à la chasse aux Fauves

Jean-Christophe Menu a eu du flair, une nouvelle fois : le dessinateur et co-fondateur de L'Association avait sur un stand du festival d'Angoulême l'an dernier acheté un exemplaire du n°5 de Laurence 666, revue - ou objet - graphique collectif à couverture (sérigraphiée à la main) complètement anachronique et imaginatif, histoire d'encourager la bande de jeunes fougueux ayant lancé quelques années plus tôt ce concept tiré au début à 50 exemplaires sur une imprimante de bureau. La semaine dernière, le bel objet que Menu s'était arrogé a obtenu un Fauve au même festival : celui de la meilleure bande dessinée alternative. Et c'est amplement mérité, tant ce cadavre exquis d'un nouveau genre est d'une beauté formelle aboutie et d'une inventivité foutraque. Chaque numéro est thématisé, celui primé explorait le Moyen Âge via le siège d'un château-fort. Si les intermèdes en couleurs sont concoctés par les cinq membres de Mauvaise Foi, le siège en lui-même est dessiné en noir et blanc et confié aux auteurs invités qui suivent la trame initiale mais laissent libre cours à leur imagination. La libido de la factrice Pour le numéro 6

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Dictionnaire de la mauvaise foi musicale Chiflet&Cie

MUSIQUES | Josselin Bordat et Basile Farkas (Chiflet & Cie)

Stéphane Duchêne | Vendredi 27 novembre 2009

Dictionnaire de la mauvaise foi musicale
Chiflet&Cie

Tout livre sur la musique de jeunes débutant par une citation de Jacques Attali, visiblement aussi mélomane qu’un carton de lait, mérite de faire parler de lui. Surtout quand ledit livre s’attaque aux deux mamelles de la critique rock (qu'elle soit amateur ou, dans certaines affections très rares, professionnelle) : l’amour de la musique et celui de la mauvaise foi. Armé d’un (faux) cynisme de compétition, le livre désosse les codes et autres tics du vocabulaire musical, ainsi que les travers et compromissions de l’industrie discographique et de ses (nombreux) tartuffes (à peu près tout le monde). On saura donc enfin dans comment utiliser le terme «éponyme» sans se tromper (comme pour la queue à la Poste, il y a un sens à respecter) ou ce qu’est un album «séminal». Plus généraliste mais infiniment plus vachard et concis que l’anglo-saxon 'Dictionnaire snob du rock', le 'Dictionnaire de la mauvaise foi musicale' se contente parfois d’un mot, d’un calembour assumé pour faire son office («Hanson : Mmbof»). Démontrant surtout que la musique moderne n’est pas une affaire très sérieuse («Toute la grande musique a déjà été écrite par tous ces gars en perruque», disait Zappa, et il

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