Un belvédère sur l'art contemporain

Biennale d'Art Contemporain | L’exposition internationale de la 15e Biennale d’Art Contemporain sera consacrée au thème du paysage. Un thème revu et corrigé par une cinquantaine d'artistes méconnus, de toutes générations, qui se confronteront notamment à l’immensité des anciennes usines Fagor-Brandt.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 avril 2019

Photo : Hobson’s Choice par Nina Chanel Abney, 2018 © Jack Shainman gallery


La 15e Biennale d'Art Contemporain est la biennale de tous les changements : dirigée par Isabelle Bertolotti qui succède au créateur de l'événement Thierry Raspail, avec un commissariat invité composé de sept jeunes individus (le collectif qui dirige le Palais de Tokyo à Paris, grand centre d'art contemporain capable du meilleur comme du pire), et un déménagement du site central de la Sucrière et ses 6000 m² vers la friche industrielle des anciennes usines Fagor-Brandt et ses… 29 000 m² ! Les 55 artistes conviés ont donc tout intérêt à ranger leurs miniatures pour des réalisations de plus grande envergure s'ils veulent exister. Parmi eux, aucune star, seulement quelques noms connus des mordus d'art contemporain (Gustav Metzger, Abraham Poincheval, Yona Lee…), beaucoup de jeunes artistes internationaux, un tiers de Français. Tout (et c'est bien là l'intérêt d'une biennale) sera donc à découvrir ou presque, jusqu'aux œuvres elles-mêmes, créées pour 90 % d'entre elles pour l'occasion, et produites en collaboration avec des artisans et des entreprises de la région.

En relations

Le titre de l'exposition principale de la Biennale (se déroulant aux Usines Fagor-Brandt, rue du Président Carnot en extérieur, et au Musée d'Art Contemporain), Là où les eaux se mêlent, est une citation de l'écrivain Raymond Carver, et se veut une déclinaison, en métamorphose permanente, de la thématique du paysage. Un paysage tout à la fois écologique, social, cosmique, et qui est moins conçu comme une représentation à contempler que comme un ensemble de relations à vivre, expérimenter, transformer. On pourra y marcher sur des nuages (Abraham Poincheval), y dissoudre les frontières entre le public et le privé (Yona Lee), sampler des images sur les façades des bâtiments d'exposition (Nina Chanel Abney), performer l'architecture (Malin Bülow), faire se métamorphoser en temps réel d'étranges sculptures (Isabelle Andriessen)…

Au-delà de l'exposition internationale concoctée par l'équipe du Palais de Tokyo, la Biennale, comme le souhaite Isabelle Bertolotti, sera une « manifestation à l'échelle de la métropole et même de la région », avec un fourmillement d'événements associés (Veduta, La Jeune création internationale, des expositions associées, Résonance). Le "paysage" annoncé est dense, il ne nous reste plus qu'à le parcourir cet automne.

15e Biennale d'Art Contemporain, Là où les eaux se mêlent
En divers lieux du 18 septembre 2019 au 5 janvier 2020

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Abraham Poincheval sur un nuage

Biennale d'Art Contemporain | Parmi les 56 artistes invités de la Biennale 2019, l'inénarrable Abraham Poincheval est sans doute l'un des plus singuliers et fantasques ! Mais il est aussi représentatif d'une Biennale qui cherche à traverser les frontières entre les règnes, les matériaux, les identités...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Abraham Poincheval sur un nuage

Il a couvé des œufs au Palais de Tokyo, vécu pendant plusieurs jours dans la peau d'un ours empaillé au Musée de la Chasse et dans une bouteille géante sur une place de Villeurbanne. Il a creusé des tunnels, traversé à pied la France en ligne droite, et la Bretagne en armure. Il a fait la vigie haut perché à la gare de Lyon à Paris et s'est envoyé lui-même dans un colis en carton à l'adresse d'un critique d'art... Abraham Poincheval présente cette fois-ci à la Biennale de Lyon une vidéo retraçant sa marche aérienne sur la crête de nuages au Gabon ! Rencontre avec cet artiste-performeur qui traverse les frontières et les idées. Marcher sur les nuages, un rêve d'enfant ? Abraham Poincheval : Toutes mes performances sont des réalisations de rêves d'enfants, et elles sont aussi des rêves que chacun d'entre nous, adultes, portons.

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Une Biennale en mode XXL

Biennale d'Art Contemporain | Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Une Biennale en mode XXL

Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de l'ouverture, quand nous parcourons cet ancien site industriel (les usines Fagor dont l'activité de production de machines à laver s'est brutalement interrompue en 2015), nous découvrons un lieu aux multiples stigmates, ceux des différentes époques de sa mutation : le paysage industriel, les tags, la réfection minimaliste pour y accueillir des événements culturels. Le parcours du visiteur, au travers des œuvres de 56 artistes (une sélection paradoxalement plus restreinte qu'à l'accoutumée lors d'une biennale), totalisera 1, 4 kilomètres de marche. Et la découverte sera totale, car la quasi intégralité des œuvres exposées seront des créations, réalisées en tenant compte de l'histoire du lieu, des métamorphoses du quartier et du tissu associatif et technologique de la région (les productions ont souvent été réalisées avec des entreprises locales). Singulier pluriel Aux

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Beauté, matin, midi et soir

Colloque | Faire se croiser arts, sciences et soins, telle est l'ambition roborative de l'association L’Invitation à la beauté. Elle propose cette semaine deux journées de rencontres et de spectacles autour de ce thème.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 janvier 2019

Beauté, matin, midi et soir

De la catharsis (purification) grecque à l’art-thérapie contemporaine, les liens entre création et santé ont depuis longtemps été défrichés en tous sens, et même parfois en sens contraires... L'association L'Invitation à la beauté, co-présidée par le neurologue toulonnais Pierre Lemarquis et par la psychologue lyonnaise Laure Mayoud, relance le débat et les investigations transdisciplinaires sur les fonctions préventives et curatives de « la rencontre avec la beauté ». Le terme de "beauté", bien sûr, ne va pas sans poser quelques (lourds) problèmes esthétiques et philosophiques, et le concept clef de Pierre Lemarquis « d'empathie esthétique » demeure à nos yeux un peu fruste : la confrontation à une œuvre (tableau, musique, pièce de danse...) induit en l'humain une certaine activité cérébrale d'obédience mimétique (via notamment les fameux neurones miroirs), ainsi que la sécrétion de substances chimiques plutôt sympathiques (dopamine, sérotonine, endorphines...). Dit autrement, le cerveau du spectateur fonctionne, et ce plutôt dans le bon sen

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L'IAC vous emmène aux frontières du réel

ARTS | Il y a 25 siècles, à Athènes, d'après Pline, deux grands peintres s'affrontèrent dans un concours. Zeuxis peignit des grappes de raisin tellement réalistes que (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 février 2015

L'IAC vous emmène aux frontières du réel

Il y a 25 siècles, à Athènes, d'après Pline, deux grands peintres s'affrontèrent dans un concours. Zeuxis peignit des grappes de raisin tellement réalistes que des oiseaux essayèrent de les picorer. Il pensait avoir gagné quand son rival Parrhasios l'invita à découvrir son propre tableau. Zeuxis tenta alors d'écarter ce qu'il croyait être un rideau cachant la peinture. Il fut en fait lui-même leurré et battu : le tableau n'était autre que le rideau qu'il voulait écarter ! Au-delà de ce challenge en trompe-l’œil et en virtuosité technique, cette histoire nous enseigne aussi sur notre désir de voir dans et au-delà des images : d'autres images, du sens, une narration, une représentation "vraie" de la "réalité", etc. La modernité, depuis au moins Manet, rabroue et frustre ce désir : il n'y a rien à voir d'autre que la peinture elle-même, voire sa seule matérialité. Et Steven Parrino aura beau casser, en 2003, des monochromes noirs, il n'y verra rien derrière, montrant seulement la violence de son geste et sa colère contre une certaine abstraction trop formaliste... Dans la salle inaugurale de RIDEAUX / blinds, Marie de Brugerolle réinterroge en que

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Manège de cristal

ARTS | Mais pourquoi diable vous inciter à aller au Musée d’art contemporain alors que deux des trois artistes exposés en ce moment y proposent des œuvres sans grand intérêt ? Pour découvrir un drôle d’énergumène, Gustav Metzger, incorruptible défenseur d’un art autodestructif et auto-créatif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 21 février 2013

Manège de cristal

Latifa Echakhch (née au Maroc en 1974) détient un curriculum vitae dont rêvent bien des étudiants en écoles d’art : son diplôme à peine en poche, la jeune femme a multiplié les expositions collectives (dont la Biennale de Lyon en 2009) et personnelles, rejoint la très branchée galerie parisienne Kamel Mennour (à l'instar de Huang Yong Ping, exposé comme elle au Musée d'Art Contemporain depuis le 15 février) et vient d’être nommée comme lauréate potentielle du prestigieux Prix Marcel Duchamp ! C’est donc peu dire qu’on attendait beaucoup d'elle. On aurait pu se laisser aller aux charmes de l’intéressée et de son discours quand, patatras, pris d’un réflexe professionnel, on se mit à comparer les paroles aux actes. "À côté" du récit de l’histoire complexe des soldats marocains qui combattirent aux côtés de Franco pendant la Guerre civile espagnole, on vit quelques pierres et quelques cartes éparpillées sur le sol ; "à côté" d’une jolie fable sur une île où des oiseaux rares sont protégés, on découvrit des cerfs-volants bricolés accrochés aux cimaises du lieu. Latifa Echakhch a une sensibilité évidente pour l’histoire, les croisements du passé et du présent, les écho

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