Moteur ! à l'URDLA

Art Contemporain | Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara garent leur voiture à l'URDLA, et déploient toute une exposition consacrée au déplacement, à la trace, au paysage...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 4 juin 2019

Photo : © URDLA


202 432 kilomètres, c'est ce qu'affiche au compteur une Ford Escort de 1997 lorsqu'elle échoue au contrôle technique. Le véhicule appartient aux artistes Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara et, plutôt que de le réparer, ils décident de le transformer en micro-espace d'exposition, stationné actuellement à l'URDLA. Au sein de l'habitacle, ils présentent des moulages de mains gantées et une sorte de paysage en 3D entremêlant différentes ères terrestres... L'exposition se déploie ensuite dans les locaux du centre d'art villeurbannais où les deux artistes poursuivent l'exploration d'une thématique aux confins du déplacement automobile, du paysage, du souvenir, de l'empreinte (empreinte concrète des traces des véhicules, empreinte mémorielle, empreinte plastique, etc.). Le duo présente une dizaine d'agencements d'images composés de leurs propres œuvres (dessins, gravures, petites installations...) et d'estampes issues du fonds de l'URDLA.

Montages

Le parcours (littéral et métaphorique) de l'exposition nous entraîne ainsi sur des voies aussi différentes qu'intéressantes, conceptuellement et plastiquement. Comme cette route d'Odile Maarek qui va à l'horizon en se soulevant et se volatilisant en particules de matière noire. Ou ce très bel ensemble dédié à la représentation d'une trajectoire : celle d'une boule encrée sur la surface d'un papier, de mouvements tourbillonnaires enregistrés par Rémy Jacquier, des déplacements d'un robot lunaire reconstitués par Laura Ben Haïba. Ou encore un triptyque abstrait réunissant les volutes d'Ernesto Ballesteros, les jeux entre transparence et opacité de Kacem Noua, le plâtre sillonné de fines lignes noires réalisé par Rémi De Chiara... L'exposition est tout à la fois l'occasion de découvrir l'univers artistique de Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara, et de revoir des œuvres de l'URDLA sous un autre angle, à travers un nouveau montage quasi cinématographique.

202 432 kilomètres
À l'URDLA ​jusqu'au 13 juillet


202 432 kilomètres

Ernesto Ballesteros + Gilles Balmet + Xavier Barbey + Jacques Barry + Laura Ben Haïba...
URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Bons Plans | Notre sélection d’octobre est comme à l’accoutumée hétéroclite, tant en ce qui concerne les lieux que les genres artistiques, mais fait ce mois-ci la part belle aux jeunes artistes.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 11 octobre 2021

Cinq expos à voir en octobre à Lyon

Simon Lazarus La galerie Kommet inaugure son nouvel espace d’exposition dans le quartier de la Guillotière en y invitant Simon Lazarus. Venant du graffiti et de l’univers du design graphique, l’artiste s’intéresse ici aux rapports que nous entretenons avec les technologies récentes, les nouveaux matériaux, les utopies architecturales. Il présente un ensemble d’œuvres aux formes variées qui dialoguent les unes avec les autres, dont une impressionnante architecture imaginaire, entre cathédrale, ruine industrielle et grille abstraite… Simon Lazarus, T/IMBER ! À la galerie Kommet jusqu’au 20 novembre Silène Audibert, Handan Figen et Jeanne Held Pendant une quinzaine de jours seulement, vous pourrez découvrir à l’Orangerie les travaux de trois jeunes artistes vivant à Lyon, mais peu exposées dans cette ville. Toutes les trois expérimentent des formes nouvelles et singulières, que ce soit à travers le dessin et l’influence de la nature (chez Silène Audibert), l’aquarelle et le hasard (

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L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

musée Paul Dini | Le Musée Paul Dini présente les œuvres d'une quinzaine d'artistes régionaux, présents dans ses collections, sous le signe de l'abstraction. Un genre pictural toujours aussi vivant et pluriel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 19 avril 2016

L'abstraction fait bonne figure au musée Paul Dini

Kandinsky, aujourd'hui reconnu comme le pionnier de l'abstraction, se serait dit-on affranchi de la figuration vers 1910 en découvrant la beauté de l'une de ses toiles rangée à l'envers ! Le musée de Grenoble consacrera bientôt une exposition à Kandinsky (sur ses années parisiennes en fin de sa carrière, plus précisément, à partir du 29 octobre). En attendant, on pourra aller voir les œuvres de certains des héritiers régionaux de l'artiste russe au musée Paul Dini. Depuis le début du 20e siècle, l'abstraction n'a cessé d'essaimer courants et contre-courants : Expressionnisme abstrait, Art informel, Abstraction lyrique, Abstraction géométrique, Minimalisme, etc.. Si l'exposition du musée de Villefranche-sur-Saône n'a nulle vocation historique ni exhaustive, on y trouve représentés un grand nombre des déclinaisons de l’abstraction à travers des œuvres relativement récentes d'artistes en majorité lyonnais. La rapidité de l'escrime L'accrochage, très aéré et très réussi, profite de l’espace et de la luminosité de l'Espace Cornil (une ancienne usine) pour rapprocher des œuvres de factures parfois très différentes, souvent de grand format. Une imposante

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ARTS | Connus ou méconnus, des artistes contemporains de toutes nationalités viennent régulièrement travailler sur les presses de l’URDLA. Le centre international (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 22 juin 2013

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Connus ou méconnus, des artistes contemporains de toutes nationalités viennent régulièrement travailler sur les presses de l’URDLA. Le centre international estampe et livre conserve dans ses archives un exemplaire des œuvres ainsi réalisées et a constitué depuis plusieurs dizaines d’années un fond important. L’exposition collective Venez voir mes estampes curieuses revisite cette collection sous l’angle de la curiosité. Curiosité des techniques utilisées, des supports, du rendu visuel ou bien encore du contenu des travaux lui-même. L’accrochage très ouvert passe allégrement du futile au ludique, de l’érotisme au jeu de mots, de l’effet 3D au cadavre exquis composés à plusieurs mains… Sans compter bien des artistes qui se compliquent la tâche en essayant de rendre par l’estampe leurs univers esthétiques habituels : Charlemagne Palestine compose ainsi un ours avec des "miettes" de peluche, Alison Knowles tente de retrouver la matière de ses feuilles de papier "germinés" (par des graines de toutes sortes)… Nous retiendrons de ce cheminement cocasse et agréable les eaux fortes érotiques de Nathalie Namias, as

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Inspirez, regardez, expirez

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Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 29 novembre 2012

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Né en 1952, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, Kacem Noua développe une œuvre aussi discrète qu’obstinée. Obstinée, voire obsédée par les métamorphoses lentes des formes, de la matière picturale, de ses effets d’optique possibles. On se souvient notamment de son exposition au Musée d’Art Contemporain en 2003, avec ces étranges figures géométriques (dessinant une sorte de topologie personnelle et utopique) comme flottant sur les cimaises : rubans entrelacés, quasi-sphères, fenêtres baroques… Déjà, le passage de la «2D» à la «3D» était présent avec des jeux d’illusions, des trompe-l’œil et des abîmes ouverts au regard du spectateur. Aujourd’hui, travaillant toujours sur un support en contreplaqué, ce passage s’effectue moins au sein de l’univers de la géométrie que dans celui de la matière picturale elle-même, du monde clos de la peinture (au sens où il ne renvoie à rien de réel, à aucune représentation ou signe extérieur). Par touches et transpositions successives, le peintre crée ce qu’il appelle des «exercices de musculation oculaire», soit des blocs ou des masses picturales parmi lesquels l’œil erre, glisse, bifurque, se perd… Certaines œuvres évoquent

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Faire bouger les lignes

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Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 30 avril 2008

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Expo / Rémy Jacquier est, si l’on nous passe l’expression, un drôle de zèbre. Pas seulement parce que ses œuvres comportent nombre de zébrures, ratures, ou autres tremblements browniens crayonnés ou gravés. Mais aussi et surtout parce que sa démarche artistique mêle paradoxalement le plus grand sérieux (rigueur, complexité, références culturelles…) et des aspects totalement loufoques. Né en 1972 à Chambéry, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Étienne et vivant actuellement à Nantes, ville des surréalistes, Rémy Jacquier est un jeune descendant de Fluxus ou des règles arbitraires de l’Oulipo. Il fabrique par exemple des instruments à vent totalement délirants avec lesquels il exécute des performances, ou bien loge et observe un bourdon dans la maquette d’un pavillon… L’URDLA présente la quasi totalité de son œuvre gravée ainsi que trois étranges maquettes noires de bâtiments industriels. Des bâtiments indéterminés et quasi autistes, ne comportant aucune fenêtre et dont les escaliers semblent s’enrouler sur eux-mêmes. Parmi ses estampes on découvre des eaux fortes au trait emberlificoté et sismique traduisant le roulis d’un train emprunté par l’artiste, de grandes partitio

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