Cinq expos à voir en septembre

Bons Plans | De l'art brut, une friche industrielle, des galeries et deux musées qui s'accouplent : voici cinq expositions à découvrir en cette rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 9 septembre 2019

Le Palais de Tokyo investit une friche lyonnaise pour la Biennale

L'événement artistique du mois, c'est l'ouverture de la nouvelle Biennale d'Art Contemporain, dont l'exposition internationale principale se tiendra aux (immenses) usines Fagor et au Musée d'Art Contemporain. L'équipe du Palais de Tokyo de Paris y présente cinquante-cinq artistes de tous horizons (esthétiques et géographiques), autour de la thématique du paysage. Peu d'entre eux sont connus et 90 % des œuvres exposées seront des créations. Une biennale pleine de surprises, donc !

15e Biennale d'art contemporain, Là où les eaux se mêlent
À Fagor-Brandt du 18 septembre au 5 janvier 2020


De l'art brut dans toute la ville

L'art brut a le vent en poupe dans les musées, les galeries, les foires d'art contemporain. Mais, à Lyon, cela fait maintenant seize ans, que la Biennale Hors Normes défend cet art atypique, singulier, hors des circuits habituels. Sa huitième édition se déroulera dans de nombreux lieux du Grand Lyon avec pas moins de… trois cents artistes !

Biennale Hors Normes
À partir du 12 septembre et jusqu'au 27 octobre


Daniel Clarke

C'est la sixième exposition de Daniel Clarke à la galerie Françoise Besson ! Mais on aura plaisir, encore, à découvrir les toutes dernières œuvres de cet artiste né en 1971 à New York et qui vit en France. Peintre des du bonheur comme de l'inquiétante étrangeté de la vie quotidienne, Daniel Clarke a voulu donner un nouveau souffle à sa carrière en explorant la spontanéité et les possibilités du pastel et de l'aquarelle.

Daniel Clarke
À la galerie Françoise Besson ​du 5 septembre au 12 octobre


Une multitude d'expériences sensorielles

Lâchez toute pensée rationnelle pour vous laisser aller à « penser en formes et en couleurs » au Musée des Beaux-Arts. Cette formidable exposition pioche dans les collections du MBA et dans celles du Musée d'Art Contemporain, et propose une multitude d'expériences sensorielles : la couleur lumière, la couleur vibratoire, la couleur violente, la couleur paysage… Avec des œuvres d'artistes connus (Soulages, Dubuffet, Poliakoff, Fontana…) et d'autres tout aussi intéressantes, d'artistes méconnus (Fred Deux, Etienne-Martin, Philippe Droguet…).

Penser en formes et en couleurs
Au Musée des Beaux-Arts ​jusqu'au 5 janvier 2020


Il peint volontiers sur des portes de 2CV

Depuis presque soixante ans, Pierre Buraglio traverse courants et mouvements artistiques en toute singularité, renversant les codes de la peinture et de la représentation. Il utilise aussi bien des châssis dénudés que des fenêtres glanées dans des chantiers, et peint volontiers sur des portes de 2CV, des cartes postales, des pages de journaux... Parallèlement, l'artiste musarde dans les musées et dessine d'après Seurat, Courbet, Munch, Monet, Rodin... Son œuvre inclassable fait l'objet d'une grande rétrospective à Saint-Étienne qui vaut le détour. Et l'artiste sera à Lyon à la galerie Michel Descours pour une rencontre samedi 7 septembre à 17h.

Buraglio, Bas voltage
Au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne-Métropole jusqu'au 22 septembre


15e Biennale d'art contemporain


Anciennes usines Fagor-Brandt 65 avenue Challemel-Lacour Lyon 7e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Daniel Clarke

Loaded. Peinture
Galerie Françoise Besson 10 rue de Crimée Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Penser en formes et en couleurs

Dialogue entre les collections MBA et Mac Lyon
Musée des Beaux-Arts 20 place des Terreaux Lyon 1er
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pierre Buraglio

Pour l'exposition rétrospective Bas-Voltage 1960-2019. Dialogue avec l'artiste et Aurélie Voltz, directrice du MAMC de Saint-Étienne
Librairie des Arts - Michel Descours 31 Rue Auguste Comte Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La première expo commune du Musée des Beaux-Arts et du MAC

Art Contemporain | Le Musée des Beaux-Arts et le Musée d'Art Contemporain nous invitent à une expérience artistique tout en sensations et en perceptions. Une exposition particulièrement réussie.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 septembre 2019

La première expo commune du Musée des Beaux-Arts et du MAC

Première initiative du Pôle des Musées d’Art de Lyon, l’exposition Penser en formes et en couleurs emprunte son titre à un aphorisme de Georges Braque. L’expression ne manque pas de sel philosophique (formes et couleurs relèvent-elles seulement de la perception, ou sont-elles une forme de pensée à part entière ?), et l’accrochage ne tente pas d’y répondre théoriquement, mais propose une expérience, intense, en entremêlant des œuvres des collections du Musée des Beaux-arts et des collections du Musée d’Art Contemporain. Les trois commissaires d’exposition ont fait éclater tous les repères chronologiques et proposent un parcours qui avance à coups de thématiques matérielles : couleurs isolées, couleurs-vibrations, couleurs-paysages, différents états du gris… On découvre dans une dizaine de salles les métamorphoses les plus osées et les variations les plus extrêmes des matériaux plastiques les plus simples. Images cochonnes L’un des temps forts de l’exposition est aussi l’un de ses temps les plus violents : celui de la salle consacrée au lien couleur-sang. Les nombreuses Croûtes (1989-1991) de

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Cinq expos à voir cet été

Bons Plans | Notre sélection subjective de cinq belles expositions à découvrir tout l'été, dans les musées de Lyon et de la région...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Cinq expos à voir cet été

Des coiffes qui décoiffent A la suite d'une donation du collectionneur Antoine de Galbert, le Musée des Confluences présente quelque 350 coiffes du monde entier, datant essentiellement des XIXe et XXe siècles. Cérémonielles, ornementales, hiérarchiques, guerrières ou autres, ces coiffes fascinent par leur inventivité esthétique, leur prolixité symbolique, leur aspect parfois un peu délirant. Au Musée des Confluences jusqu'au 15 mars 2020 Pierre Buraglio, Bas voltage Depuis presque soixante ans, Pierre Buraglio traverse courants et mouvements artistiques en toute singularité, renversant les codes de la peinture et de la représentation. Il utilise aussi bien des châssis dénudés que des fenêtres glanées dans des chantiers, et peint volontiers sur des portes de 2CV, des cartes postales, des pages de journaux... Parallèlement, l'artiste musarde dans les musées et dessine d'après Seurat, Courbet, Munch, Monet, Rodin... Son œuvre inclassable fait l'objet d'une grande rétrospective

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Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Art Religieux | Au Couvent de la Tourette conçu par Le Corbusier, une très belle exposition est consacrée au vitrail contemporain. Avec une trentaine d'artistes d'obédiences esthétiques diverses, n'ayant qu'une foi commune : la lumière et la couleur.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 30 octobre 2018

Credo lumineux au Couvent de la Tourette

Dans les églises, le vitrail, comme bien d'autres surfaces peintes, a pour fonction habituelle de représenter et de raconter des épisodes bibliques. L'art et la beauté sont intimement liés au récit... Après la fin de la Seconde Guerre mondiale (et ce n'est peut-être pas un hasard, tant celle-ci a fait vaciller nos croyances), l'art religieux se risque au modernisme, et l'on invite en particulier des artistes comme Matisse, Fernand Léger ou Alfred Manessier à créer des vitraux. Manessier, à l’Église des Bréseux, réalise notamment les premiers vitraux non figuratifs. Depuis, les commandes publiques se sont multipliées et les ouvertures de lumière des édifices religieux ont été peintes à toutes les sauces : géométrique, figurative, minimaliste, monochrome, pop... Et signées par les plus grands noms de l'histoire de l'art récente : Vieira Da Silva, Ubac, Olivier Debré, Robert Morris, Pierre Soulages, Gérard Garouste

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Les 5 expos à voir en septembre

Sélection | Les expositions fourmillent à Lyon et alentour ce mois-ci. Sélection de cinq immanquables a priori.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Les 5 expos à voir en septembre

14e Biennale d'art contemporain, « Mondes flottants » du 20 septembre au 7 janvier 2018 à la Sucrière, au Musée d'art contemporain et sur la place Antonin Poncet Emma Lavigne, commissaire invitée, propose une Biennale placée sous le signe des émotions, de la fluidité et du mélange des disciplines (art, musique, danse...). Une édition fort prometteuse, avec parmi la soixantaine d'artistes invités : la Brésilienne Lygia Pape, le cinéaste et plasticien thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, la musicienne et artiste Laurie Anderson, ou des œuvres plus anciennes de Alexander Calder, Lucio Fontana, Hans Haacke... « Le monde de Fred Deux » du 20 septembre au 8 janvier 2018 au Musée des Beaux-Arts de Lyon Écrivain (on lui doit notamment le mythique récit autobiographie La Gana publié en 1958), graveur, dessinateur, Fred Deux (1924-2015) conçoit chacune de ses œuvres comme une descente, à la fois précise et imaginaire, dans les mondes de l'organique et du sexuel. Soit dans les soubassements même des êtres humains et de quelques autres créatures. Le Musées des Beaux-Arts consacre à l’artiste une grande et rare rétrospective qui

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Les figures vacantes de Daniel Clarke

Peinture | Daniel Clarke peint les petites joies de la vie quotidienne et des périodes de vacances, tout en y faisant filtrer angoisse, étrangeté et absence. Il présente ses nouvelles œuvres à la galerie Françoise Besson.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 décembre 2016

Les figures vacantes de Daniel Clarke

Depuis 2005, le peintre Daniel Clarke expose régulièrement à la galerie Françoise Besson, et c'est un bonheur que de l'y suivre. Un bonheur, cependant, traversé dans ses tableaux d'ombres mélancoliques, de failles existentielles, d'angoisses sourdes... L'artiste, né à New York en 1971 et vivant en France depuis 1993, peint la vie comme elle vient : sa compagne, ses enfants, ses amis, des scènes de vacances... Rien a priori de très mouvementé ni de très singulier ici, et l'on pourrait presque rapprocher cette quiétude un peu banale de l'univers d'Henri Matisse qui nous préoccupe lui-aussi cette semaine. Les deux peintres partagent encore une manière proche d'instiller de l'étrangeté et de l'inquiétant parmi des scènes triviales, et flirtent tous deux avec l'abstraction. Murs, cloisons, portes ou fenêtres sont traitées par Daniel Clarke en aplats de couleurs franches comme autant de monochromes entourant, attirant, aimantant ses personnages. Un « dehors intime » Si la figure humaine ne se dissout pas complètement

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Soulages, de la Grotte Chauvet à aujourd’hui

ARTS | Pierre Soulages expose à Lyon une trentaine d’œuvres récentes dans plusieurs salles du Musée des Beaux-Arts aux mises en espace somptueuses. Soulages, un contemporain intempestif. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 12 octobre 2012

Soulages, de la Grotte Chauvet à aujourd’hui

Un artiste vivant, des œuvres réalisées entre la fin des années 1990 et août 2012, un titre-manifeste tracé en grandes lettres blanches « Soulages, XXIe Siècle »… Non, nous ne sommes pas au Musée d’Art Contemporain (qui de son côté expose un artiste disparu, John Cage, à la musique certes avant-gardiste en 1950 mais aujourd’hui un peu avariée), mais bel et bien au Musée des Beaux-Arts. Au-delà de l’aspect drolatique, le message est sans doute «politique» : nous, Musée des Beaux-Arts, secouons notre poussière et faisons peau neuve, innovons dans le mécénat 3.0 (le club Poussin réunissant aujourd’hui un grand nombre d’entreprises), et donnons de vigoureux coups de pied dans la fourmilière passéiste et provincialiste ! À cela, on ne peut qu’applaudir et rappeler que Sylvie Ramond, depuis sa nomination à la direction du MBA, a impulsé nombre d’expositions passionnantes (Le Plaisir au dessin, Repartir à zéro, Bram et Geer Van Velde…)… Mais, qu’en conférence de presse, celle-ci et Eric de Chassey (co-commissaire de l’exposition) insistent sur un Soulages artistiquement ultra contemporain, innovateur en diable, se renouvelant quasiment de but en blanc à chaque chant

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Attendre soulage

ARTS | «Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique», écrit André Breton dans L’Amour fou… Et c’est dans les salles du XXe (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 22 août 2012

Attendre soulage

«Indépendamment de ce qui arrive, n’arrive pas, c’est l’attente qui est magnifique», écrit André Breton dans L’Amour fou… Et c’est dans les salles du XXe siècle du Musée des Beaux-Arts que nous sommes allés «attendre» les nouvelles expositions de la rentrée (Soulages notamment, maître du noir, bientôt dans ces murs) et y découvrir un nouvel accrochage éphémère. Le noir déjà y bat son plein dès la découverte de La Cathédrale (1955) de Nicolas de Staël, qui se détache sur une nuit teintée de bleu, celle même où l’artiste bascula la même année en se suicidant. Et Dieu passa aux aveux semble lui répondre, en 1965, Dorothea Tanning (épouse de Max Ernst), avec ses formes ambiguës parmi l’obscurité inquiétante, son corps féminin tronqué et convulsé… Oui Breton encore, L'Amour fou encore : «La beauté convulsive sera érotique-voilée, explosante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas». Un an après, 1966, le très surréaliste Lyonnais Max Schoendorff entreprend de nous perdre parmi les décors en lambeaux de son Aveugle étoile morte : grotte paléolithique déchiquetée ou intérieur organique, qui

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Le bonheur est dans le précaire

ARTS | Dans les œuvres de Daniel Clarke en 2005, le soleil brillait, les couleurs éclataient et la chaleur faisait vibrer l'atmosphère des plages et des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 8 décembre 2011

Le bonheur est dans le précaire

Dans les œuvres de Daniel Clarke en 2005, le soleil brillait, les couleurs éclataient et la chaleur faisait vibrer l'atmosphère des plages et des jardinets. Non sans qu'une inquiétante étrangeté ou une présence un peu morbide sourdent ici ou là, Daniel Clarke se faisait connaître comme un peintre du bonheur et des scènes de vie familiale. «L'une des démarches qui m'a toujours intéressé, déclare l'artiste dans un entretien, est l'idée que, comme Morandi, si l'on aiguise un sujet en particulier, que ce soit des bouteilles ou mes enfants ou ma femme et que l'on travaille suffisamment cette idée, durant assez longtemps, cette idée particulière s'ouvrira comme une fleur géante». Et parmi ses œuvres récentes, une grande fleur vaginale s'ouvre concrètement aux côtés d'une statue d'Aphrodite et d'un enfant. La sexualité, l'étrangeté, la tension au sein de la banalité se font aujourd'hui de plus en plus intenses, de plus en plus visibles. «Je veux apporter à mes œuvres des compositions plus oniriques et offrir à mes émotions plus de liberté, afin de montrer l'autre côté du miroir» dit encore Daniel Clarke. La pierre statuai

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Trois Soulages

ARTS | L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 25 novembre 2011

Trois Soulages

L’acquisition, il y a trois ans, d’un Poussin a fait des petits. Le Musée des Beaux-Arts a réuni à nouveau plusieurs mécènes pour acquérir, avec un financement public-privé (1, 5 million d’euros), trois œuvres du peintre Pierre Soulages. Un brou de noix sur papier de 1947, une huile de 1967 et un triptyque à l’acrylique de 2009. On pourra les découvrir à partir de mars 2012 et le musée annonce aussi une exposition consacrée au maître de l’abstraction et du noir en octobre 2012.

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Hors cadre

ARTS | Expo / Né en 1939, connu des amateurs et un peu moins du grand public, Pierre Buraglio emprunte depuis quarante des chemins artistiques de traverse, de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 7 janvier 2011

Hors cadre

Expo / Né en 1939, connu des amateurs et un peu moins du grand public, Pierre Buraglio emprunte depuis quarante des chemins artistiques de traverse, de reprise, de ré-appropriation, de bricolage à partir de matériaux pauvres... Surnommé le «peintre sans pinceaux», il débute sa carrière dans les années 1960-70 en côtoyant le groupe Supports-Surfaces, détournant et donnant statut d’œuvres d’art à des châssis, des enveloppes postales, des papiers d’emballage, des morceaux de cadres ou de fenêtres… Depuis 2004, il est revenu au dessin et à la peinture avec des œuvres fragmentaires, pleines de références à l’histoire de l’art, «pleines» aussi de caviardages, de biffures, de déchirures et de taches. Au sous-sol de la galerie Martinez, on pourra revoir plusieurs de ses œuvres anciennes ainsi que des extraits de sa série «Sans identité» : une veste noire sans manches quasi géométrique sérigraphiée sur différents supports (chiffons de peinture, contreplaqué, plexiglas, métal, toile cirée…), et interrogeant notre rapport à l’anonymat, aux «sans papiers», à notre si fragile et plurielle identité. Cette série a un lien formel direct avec une nouvelle variation intitulée «Juin poignardé» où un

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Daniel Clarke, «J'ai passé une nuit entre la couleur et le papier»

ARTS | Avec Daniel Clarke (exposé à la galerie Françoise Besson jusqu'au 31 janvier), le bonheur au quotidien est aussi poignant et fragile qu'un château de sable (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 23 décembre 2009

Daniel Clarke, «J'ai passé une nuit entre la couleur et le papier»

Avec Daniel Clarke (exposé à la galerie Françoise Besson jusqu'au 31 janvier), le bonheur au quotidien est aussi poignant et fragile qu'un château de sable léché par une marée montante... Ses toiles ou dessins, influencés aussi bien par les Impressionnistes que par la peinture figurative américaine des années 1950-1960, vibrent de lumières, de couleurs vives et d'effets de matières presque tactiles. Les enfants, les amis, l'épouse, représentés à la campagne, en vacances, ou dans la solitude d'intérieurs douillets, semblent à la fois plongés dans un état de grande sérénité et menacés de disparition. La peinture leur donne une présence forte, mais elle coule aussi, s'étiole, se désagrège...

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Le bonheur et ses ombres

ARTS | Expo / Avec une apparente simplicité, Daniel Clarke (né en 1971 aux États-Unis, il vit actuellement à Paris) peint ses enfants, sa femme, ses amis sur des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 27 novembre 2008

Le bonheur et ses ombres

Expo / Avec une apparente simplicité, Daniel Clarke (né en 1971 aux États-Unis, il vit actuellement à Paris) peint ses enfants, sa femme, ses amis sur des plages estivales. Ses grands formats portent une attention toute particulière à la lumière (en cela influencés par les Impressionnistes), aux reflets, aux vibrations et aux mouvements diffus de la matière : embruns et flux sablonneux, brises suggérées… En maillots de bain et lunettes de soleil, les individus représentés semblent vivre un bonheur parfait et insouciant. Il l’est sans doute. Mais peu à peu se dégage des œuvres de Clarke un sentiment d’inquiétude et d’étrangeté : ses personnages se montrent presque toujours de dos ou de profil, les formes tremblent parmi des coulures de peinture, s’étiolent parfois, certains regards semblent absorbés, absents… Que se cache-t-il donc au milieu des rires et des jeux, sous les verres fumés, derrière les nuques ou de l’autre côté des visages ? Une angoisse diffuse sans doute, un sentiment de fragilité et de finitude, le goût acide de l’éphémère. Dans le saisissant tableau Walla Walla dream, on ne remarque pas immédiatement ce personnage en peignoir multicolore qui s’interpose entre deux

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