Big Ben ouvre une galerie à Vaise

Street Art | Si la rue est le terrain de jeu où le street artiste Big Ben a fait ses gammes, c’est en intérieur que se joue sa nouvelle partition avec l’ouverture de The Big Ben Art Show à Vaise.

Sarah Fouassier | Mardi 10 septembre 2019

Photo : © Sarah Fouassier


L'atelier galerie de Big Ben, qui a ouvert ses portes en juillet, accueille sa seconde exposition dans un lieu imaginé par l'artiste comme une galerie « équitable dont le but est de donner un point d'exposition et de vente aux artistes pour les aider à vivre de leur art. Je veux réduire au maximum les frais des artistes tout en proposant des œuvres à petits prix. »

En se localisant Grande rue de Vaise, Big Ben introduit la préoccupation artistique dans une aire en mutation dont l'unique souci est de commercer des biens communs destinés aux habitants du quartier. « Les voisins sont contents d'avoir de l'art ici. Cette implantation, je la perçois comme un acte militant dans un quartier à la population mélangée où l'on ne vient pas forcément. J'ai envie que les gens se déplacent ici. » Si aller à Vaise n'est pas encore dans les habitudes des habitants des autres arrondissements, Big Ben compte bien nous y attirer en exposant autant des artistes urbains tels que Don Mateo ou Green que des photographes, peintres ou sculpteurs davantage habitués aux murs lisses des galeries qu'à l'âpreté du bitume.

La clope et l'image

L'exposition du mois de novembre accueillera une sélection d'une quinzaine d'artistes qui viendront disposer leurs œuvres sur tout l'espace de la galerie, dans une sorte de patchwork. « Tout est envisageable ici : peindre la façade, la vitrine, orner le plafond, le sol, mêler son et image. Il n'y a pas de limite. » La seule limite sera l'espace qui est riquiqui, mais qui possède la force d'immerger de façon intime les visiteurs dans l'univers de Big Ben et de ses invités.

L'exposition qui s'est vernie le vendredi 6 septembre intitulée To smoke or not, fait se déployer une trentaine de portraits de personnages iconiques signés Big Ben qui fument ou non. « Avec ces portraits inspirés des peintures en clair-obscur du Caravage, j'avais envie de montrer la contenance que donne la cigarette et de balayer un champ émotionnel assez large : l'humour, la joie, la tristesse, en amenant les visiteurs à une certaine réflexion sur ce qu'apporte la clope à une image. »

Big Ben, To smoke or not
À The Big Ben Art Show ​jusqu'au 26 septembre
38 Grande rue de Vaise


Big Ben

To Smoke or Not
The Big Ben Art Show 38 Grande rue de Vaise Lyon 9e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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La Halle Tony Garnier reprend vie avec la musique de Hans Zimmer

Concert | On ne l'attendait pas si tôt : la Halle Tony Garnier a pu réouvrir ses portes le mardi 21 septembre, à l'occasion d'un concert consacré aux reprises des thèmes (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 23 septembre 2021

La Halle Tony Garnier reprend vie avec la musique de Hans Zimmer

On ne l'attendait pas si tôt : la Halle Tony Garnier a pu réouvrir ses portes le mardi 21 septembre, à l'occasion d'un concert consacré aux reprises des thèmes de Hans Zimmer (non présent) par un orchestre dirigé par son collaborateur Gavin Greenaway. Qui marquait aussi le retour de la société de production lyonnaise Eldorado & co, elle aussi contrainte à l'arrêt depuis mars 2020. Si le public a répondu présent — 6000 personnes —, les divers contrôles à l'entrée ont provoqué un afflux de spectacteurs à la dernière minute ; et le début du concert s'en est ressenti : peu d'ambiance à l'arrivée des musiciens, deux premiers morceaux passés un peu inaperçus alors que les retardataires s'installaient. Le show a ensuite pu prendre toute sa mesure : thèmes célèbres réarrangés pour la scène, tel The Dark Night. Et puis, d'un coup, s'insèrent des vidéos grand format de Zimmer lui-même, commentant les morceaux, saluant le public en version enregistrée, confortablement installé dans son studio, conversant avec Ron Howard avant

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Green Lab : tout sur le pois chiche

Falafels | Des falafels et du houmous, selon une recette rodée à Montpellier, dans la rue la plus gourmande de la ville — Hippolyte Flandrin : voici Green Lab.

Adrien Simon | Mercredi 22 septembre 2021

Green Lab : tout sur le pois chiche

Un changement dans ce qui est certainement la rue la plus densément alléchante de Lyon, forcément cela interpelle. Rue Hippolyte Flandrin donc, à côté de la boulangerie Antoinette, en face de La Bijouterie (actuellement en travaux) et de la merveilleuse fromagerie de la Martinière, il y avait Hector, un néobistrot plutôt sage qui a mis les voiles. Il vient d’être remplacé par une baraque à falafels, cette spécialité et icône nationale israélienne — que l’on retrouve dans le reste du Proche-Orient, de l’Égypte à l’Iran. Les Lyonnais connaissent déjà la boulette de pois chiche frite grâce à Adonys, historique snack libanais à côté de l’Hôtel de Ville et plus récemment via Yaafa dont le premier magasin fut ouvert de l’autre côté des Terreaux. La chaîne a contribué à déwrapper la boulette de ses atours levantins pour en faire un produit urbain, cool car végétarien, par extension pseudo-healthy. Dans le même esprit, du côté de Montpellier, les enfants de la famille Lévy ouvraient en 2017 Green Lab. Leur père tenait un bouiboui sans nom, non sans goût, de ch

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Elle fut la première : "Be Natural, l’histoire cachée d’Alice Guy-Blaché"

Documentaire | Première femme-réalisatrice de l’histoire du cinéma, Alice Guy-Blaché a joué un rôle essentiel dans le devenir cet art naissant : un documentaire édifiant, malgré une forme un peu galvaudée. (Un article signé Anna Soloviova)

Vincent Raymond | Jeudi 25 juin 2020

Elle fut la première :

Née en 1873, Alice Guy-Blaché commence à travailler comme sténographe avec Léon Gaumont, l’un des producteurs de l’aube du cinéma. Elle est l'autrice de la première fiction cinématographique, La Fée aux choux (1896), avant de superviser une grande partie de la production Gaumont. Envoyée en 1907 aux États-Unis, elle y crée sa propre maison de production qui connait un essor important, avant de s’effondrer. S’appuyant sur un travail d’enquête minutieux, ce documentaire met en avant les qualités de l’œuvre cinématographique de cette pionnière longtemps passée sous silence, soulignant sa grande maitrise technique, son progressisme moral (féminisme, inclusion des acteurs noirs), ou encore son mantra à l’adresse des acteurs : « be Natural ». Porté par la voix-off de Jodie Foster, actrice et réalisatrice dont l’engagement et le talent en font une manière d'héritière d’Alice Guy

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Histoires de murs au CHRD

Street Art | Puisque pour les vingt ans de la Chute du Mur de Berlin, le CHRD avait fait une expo historique et didactique, pour le trentenaire de ce haut fait, il convie six street artistes pour une parenthèse simple voire simpliste.

Nadja Pobel | Mardi 10 décembre 2019

Histoires de murs au CHRD

Force est de constater que faire appel aux artistes de l’espace urbain, aux slameurs et danseurs hip-hop pour les nombreuses déclinaisons de l’expo (entamée début novembre) réussit au CHRD. Les chiffres de fréquentation sont importants chaque week-end (400 personnes), le public rajeunit. Et ce n’est jamais une anecdote pour un lieu patrimonial et de mémoire comme celui-ci. Les artistes réunis sont bien conscients du terrain qu’ils investissent comme en témoigne l’un d’eux dans le (seul) cartel vidéo : « le CHRD est chargé d’Histoire. Ça nous renvoie à une époque où il fallait faire hyper attention si on voulait écrire des choses sur les murs pour ne pas se faire attraper et qui n’a rien à voir avec notre époque, car on ne met pas nos vies en danger en faisant de l’art. » Au premier niveau, des mots de Petite Poissone au sol et en l’air guident vers un travail collectif : derrière un mur est abandonnée une statue de Liberté misanthrope. Dans la contre-allée,

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Maman est au ciel : "Proxima"

Drame | Sélectionnée pour une mission d’un an à bord de l’ISS, la spationaute Sarah Loreau s’entraîne intensivement. Mais elle doit composer avec un paramètre de plus par rapport à ses collègues masculins : le fait d’être mère. Et anticiper la séparation d’avec sa fille Stella s’avère compliqué…

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Maman est au ciel :

À la toute fin de son film, Alice Winocour fait défiler les portraits des femmes astro-cosmo-spationautes posant avec leurs enfants. Si le doute subsistait encore, son intention était bien avec Proxima d’inscrire la situation particulière de la mère (et donc de la femme) dans la conquête spatiale particulièrement, et dans le milieu professionnel en général. Signant un film hautement documenté sur la marche d’une mission — on n’a d’ailleurs rarement vu les protocoles aussi bien détaillés, et sans la poudre aux yeux hollywoodienne —, la cinéaste fait pourtant de ce barnum un sujet satellite. En effet, c’est autant à la symbolique “ombilicale” de l’arrachement — le terme revient d’ailleurs dans le vocabulaire astronautique — avec toutes ses dérivées (naissance, fin de l’enfance, deuil…) qu'aux rapports entre les genres que Proxima renvoie. Surtout pour Stella dont la mère vise Mars et le père travaille sur… Vénus. En plus de sa distribution internationale, pour une fois logique du fait du sujet et du contexte, Alice Winocour élargit les horizons en confiant la bande originale à

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The Green Escape kiffe Kiefer

The Green Escape | Pour son édition 2019, le festival country de Craponne-sur-Arzon s'est offert un invité aussi surprise que prestigieux : Kiefer Sutherland. Car oui, qu'on se le dise, le fils de Donald et éternel interprète du sauveur du monde Jack Bauer est aussi musicien, tendance country-blues.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 juin 2019

The Green Escape kiffe Kiefer

Drôle de carrière que celle de Kiefer Sutherland, qui le vit briller durant les années 80 aux côtés de la fine fleur d'une génération quelque peu évaporée (Corey Feldman, River Phoenix, Emilio Estevez, Charlie Sheen, Lou Diamond Philips, Christian Slater, Michael J. Fox...) dans une série de films générationnels devenus cultes pour certains (Stand By Me, The Lost Boys, Young Guns, Bright Lights, Big City...) avant de hanter une kyrielle d'OVNI (Twin Peaks : Fire Walk With Me, Freeway, Dark City, Mirrors) au cœur d'une carrière en dent de scie dont le pinacle cinématographique est sans doute le Melancholia de Lars Von Trier. C'est que la consécration, le fils de Donald Sutherland la connaîtra mondialement à la télévision dans la série 24 et son personnage de super agent Jack Bauer avec lequel il finit par se confondre, jusqu'à son incarnation d'un président des States malgré lui dans Designated Survivor (une sorte de métaphore de la gloire planétaire tardive et presque fortuite de Kiefer). Mais le

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Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Clubbing | Rinse France fête cinq années d'existence au Petit Salon en compagnie du crew Artjacking : attraction.

Sébastien Broquet | Mardi 19 mars 2019

Jacques Greene pour les cinq ans de Rinse France

Rinse FM, en Angleterre, c'est une référence : créée en 1994 par DJ Geeneus et Slimzee, c'est au départ une pirate surfant sur la vague jungle puis la drum&bass et le UK garage (ce style malheureusement trop sous-estimé en France...), soit tout ce qui fait alors vibrer les nuits underground de Londres et le meilleur moyen de découvrir et les nouveaux DJ's, et les futurs sons qui vont faire dégoupiller sur les dancefloors - jusqu'au dubstep et au grime, avant la répression, en 2005. Cinq années plus tard, Rinse obtient l'autorisation d'émettre sur la FM. Et quatre ans après, lance sa déclinaison parisienne, en Web-only, sous l'impulsion de Manaré. Une première : jusque-là, la radio qui a propulsé sur le devant de la scène nombre de figures de la bass music se contentait d'émissions éphémères à Ibiza, mais pas de station à plein temps à l'étranger. Rinse France s'est vite développée, tout en restant libre et indépendante de ses aînés londoniens, mais en gardant le même principe : éclectisme total (il y a même du rock) et flair impeccable pour dénicher et les tendances, et les artistes de demain. C'est là que G'Boï de La Chinerie fai

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Sans toit, mais ensemble : "Rosie Davis"

Drame | Une famille irlandaise à la rue vit dans sa voiture en attendant de trouver un logis. Paddy Breathnach traduit concrètement dans ce portrait épique façon Dardenne la flambée libérale actuelle où la fierté et la combativité empêchent, pour l’instant, ses personnages de sombrer.

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Sans toit, mais ensemble :

Dublin, de nos jours. Jeune couple avec quatre enfants, les Davis ont dû quitter leur maison vendue par leur propriétaire. En attente d’un relogement, cette famille de travailleurs pauvres campe d’hôtel en hôtel. Ça ira mieux demain, mais d’ici demain, il faut trouver un toit où passer la nuit… Deux jours dans la vie d’une famille. Quarante heures scandées par la litanie des appels aux hôtels accrédités par les services sociaux de la ville, tous soldés par la même fin de non-recevoir. Recluse avec ses quatre enfants dans l’exiguïté de leur monospace, Rosie la mère courage ne se décourage pas et enchaîne les appels tout en incitant l’aînée à faire ses devoirs, en jugulant les bouffées turbulentes du fils, en consolant la cadette et en veillant sur le doudou de la benjamine. Pendant ce temps, le père fait des heures sup’… Les années 1980 avaient connu les “nouveaux pauvres“, désignant la population marginalisée à la fin des Trente Glorieuses ; voici que se banalise le concept de travailleurs pauvres, exclus du “luxe“ que constitue désormais un toit. Objectivement, la famille Davis se retrouve au moins temporairement

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Viggo Mortensen : « c’est le boulot de chaque génération de lutter contre la discrimination »

Green Book : sur les routes du sud | Poète, peintre, photographe, polyglotte, supporter du San Lorenzo de Almagro, Viggo Mortensen est aussi un comédien rare, réservant ses participations à des films porteurs de fortes valeurs artistiques et/ou humaines. Conversation, en français dans le texte.

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Viggo Mortensen : « c’est le boulot de chaque génération de lutter contre la discrimination »

Connaissiez-vous avant de tourner ce film l’existence du Green Book, ce “guide“ recensant tous les lieux spécifiquement destinés aux voyageurs de couleur dans les États ségrégationnistes ? Et Don Shirley ? Viggo Mortensen : Je ne l’avais pas lu avant de commencer la préparation du personnage, mais j’avais un livre pour les enfants, Ruth and the Green Book, racontant l’histoire d’une petite fille de Chicago qui voyage pendant les années 1950 avec ses parents au sud en Alabama, je crois, et qui voit que ses parents lisent ce livre. Elle ne comprend pas pourquoi ils ne peuvent pas rester ici ou là. C’est intéressant parce que cela raconte l’humiliation quotidienne. Quant à Don Shirley, je ne connaissais que deux chansons, dont Water Boy, mais pas sa vie. Il me fait un peu penser à Zora Neale Hurston, une écrivaine très talentueuse des années 1930-1940, oubliée jusqu’aux années 1990. Mais grâce à Alice Walker et d’autres qui ont parlé et écrit sur elle et ses œuvres comme Their Eyes Were Watching God, son travail est depuis reconnu. J’espère que Don Shirley va être reconnu grâce à Gre

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Mister Shirley et son chauffeur : "Green Book : Sur les routes du sud"

Biopic | Un dur à cuire devient le garde du corps d’un pianiste noir gay en tournée dans les états du Sud d’avant les droits civiques. Version alternative de Ebony and Ivory, cette traversée de l’Amérique profonde (et saignante) rappelle qu’on ne saurait compter sans Viggo Mortensen.

Vincent Raymond | Mardi 22 janvier 2019

Mister Shirley et son chauffeur :

New York, 1962. Videur temporairement au chômage, l’Italo-américain Tony Lip est recruté comme chauffeur par le Dr Shirley, un pianiste noir homosexuel sur le point d’entreprendre une tournée dans le Sud ségrégationniste. Tony s’avère en effet idéal pour “régler“ tout type de problème… Ayons d’entrée une pensée pour Peter Farelly qui risque de subir ce que dégustent tous les interprètes de comédie opérant la bascule vers un registre dramatique — transmutation connue en France sous le nom de “syndrome Tchao Pantin“ — : l’étonnement émerveillé le disputera à l’incrédulité. Gageons même qu’une poignée de sots et sottes ira jusqu’à évoquer un hypothétique besoin de respectabilité du cinéaste, une quelconque (œuvre de) maturité, entre autres fadaises, renvoyant comme d’habitude ses précédentes œuvres à une sous-culture indigne. Alors qu’elles participent, par la charge, de l’étude sociologique de l’Amérique contemporaine — y compris le trop mésestimé My Movie Project (2013), auquel le temps rendra justice. Voyage dans le temps

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Cinéma : Quoi de 2019 ?

Rentrée Cinéma | Entre certitudes et hypothèses, sorties annoncées et tournages en cours, le premier semestre 2019 s’achevant peu ou prou avec Cannes recèle son content de promesses…

Vincent Raymond | Mardi 8 janvier 2019

Cinéma : Quoi de 2019 ?

Évidemment, on ne prétendra pas à l’exhaustivité dans ce petit panorama de début d’année : bon nombre de films hésitent encore entre Berlin, Cannes ou Venise pour trouver leur place définitive dans le calendrier ; d’autres se passeront des grandes places festivalières ou seront boudées par icelles — ce qui n’ôtera rien à leurs qualités intrinsèques. Bref, tout reste encore à construire et c’est ce qui rend l’année débutante aussi surprenante qu’excitante. Pour autant, on peut déjà cocher quelques dates. Le 23 janvier, Clint Eastwood sera (enfin) doublement de retour, devant et derrière la caméra, pour La Mule racontant les déboires d’un retraité convoyant de la drogue. Il nous doit un bon film depuis longtemps. Le même jour, Peter Farrelly sortira en solo Green Book : Sur les routes du sud narrant la tournée dans le Sud d’avant les droits civiques d’un pianiste noir homosexuel escorté par un chauffeur prompt à la riposte, l’excellent Viggo Mortensen. Son éternel challenger à l’Oscar, le transformiste Christian Bale concourra pour Vice

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Graffikids à Lugdunum

Street Art | Un dimanche graffiti en famille et en bonne compagnie à Lugdunum.

Lisa Dumoulin | Jeudi 4 octobre 2018

Graffikids à Lugdunum

Lugdunum, la nouvelle entité rassemblant le musée gallo-romain et les théâtres antiques de Fourvière, propose une variation autour du dimanche en famille, ici proposé en compagnie de la crème des street artistes lyonnais. Georges le loup (photo) proposera une démonstration devant l'entrée du musée tandis que Lasco fera l'objet d'une exposition, aux côtés de Adelsa et Ghappix qui proposeront un atelier autour du cœur. Plusieurs initiations et ateliers sont prévus : Big Ben sera de la partie avec un atelier autour des chiffres romains, Cap Phi proposera de créer des monstres et Prolo se concentrera sur les graffitis de gladiateurs. Skéné proposera de réaliser des œuvres en mosaïque et Akène des stickers et cartes postales. Enfin, Adèle Alberge dédicacera son livre Les Cris des murs. Un dimanche ludique et instructif où petits et grands pourront s'adonner à l'une des pl

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Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

The Green Escape | Après trente années vouées au culte de la country music, l’incontournable festival de Craponne-sur-Arzon change de nom sans perdre son âme, avec cette année le groupe Status Quo en tête d’affiche.

Niko Rodamel | Mardi 19 juin 2018

Craponne-sur-Arzon, capitale de la country

Drapé d’une identité visuelle renouvelée, l’immuable Country Rendez-Vous devient The Green Escape. Avec une recette gagnante qui déplace chaque année près de vingt mille visiteurs, cette année encore le festival affiche (en in) une playlist d’artistes aussi riche qu’internationale, mais aussi (en off) une belle brochette de concerts et d’animations qui mettront le bourg en ébullition dès le 25 juillet. Car si la country, avec ses singulières danses en ligne et son barnum santiags-Stentson US-friendly, tarde à se défaire d’une réputation un brin ringarde, les musiques de l’Amérique profonde rassemblent en Europe un public toujours aussi nombreux puisque intergénérationnel. Que les amateurs et les habitués du festival se rassurent donc, la country music demeure au centre d’une programmation qui lorgne forcément aussi un peu sur le blues, le rock et la folk. L’échappée verte Après l’iconique Emmylou Harris qui l’an passé était venue souffler les trente bougies du festoche, Status Quo, les papys toujours fringants du rock britannique, sont les têtes d’affiche de la trente et unième édition (le 29 juillet sur la grande scène). Formé en 1962 dans la banlieue sud

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One, two... street art ! on compte sur les kids

Street Art | Initier les enfants à cet art manuel, coloré et funky, en voilà une bonne idée. Ceux qui ont vu les kids s’éclater avec les bombes lors des ateliers au Trublyon Festival en septembre savent de quoi on parle. Les autres, vous allez le découvrir.

Lisa Dumoulin | Mardi 24 octobre 2017

One, two... street art ! on compte sur les kids

Que celui qui n’a jamais rêvé de dessiner sur les murs de sa chambre d’enfant jette le premier feutre ! Organisée par l’association Little Beaux Arts avec l’aide du Musée en Herbe (le premier musée pour enfant en France, spécialiste de la médiation culturelle pour kids), l’exposition One, two... street art ! souhaite initier et sensibiliser le jeune public, dès trois ans, au street art. Avec un parcours pédagogique et ludique, accompagné d’un livret-jeu et ponctué d’activités. L’idée est de leur faire découvrir l’art et la discipline, en commençant par... le commencement. Les bases sont solides, notamment grâce aux artistes, galeries et collectionneurs privés qui ont apporté leurs pierres à l’édifice pour présenter des œuvres historiques et fondatrices. Banksy, Shepard Fairey, Villeglé, JonOne, Miss Tic, C215, Invader, Speedy Graphito, RERO, Cope2… Tous sont représentés afin de donner aux jeunes visiteurs un aperçu bien construit de ce mouvement artistique vivant et contemporain. Fluo kids On découvre ensuite une série d’œuvres inédites en très grand format et réalisées spécialement pour l'événement par une dizaine d’artistes français : C

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Slow Joe dans la peau

Street Art | Le visage de Slow Joe, figure du quartier, orne désormais l'un des murs de la mairie du 1er grâce à Don Mateo.

Louis Beaufort | Mardi 4 avril 2017

Slow Joe dans la peau

En février dernier, se découvrait l'ultime album de Slow Joe and The Ginger Accident : Let Me Be Gone. Une dizaine de titres envoûtants et brumeux, servis par la voix lourde et rocailleuse de Slow Joe, crooner indien de naissance et lyonnais d’adoption. Quasiment un an après le décès de ce dernier, une soirée en son hommage se tiendra au Club Transbo, le 13 avril prochain, afin de célébrer l'homme comme le dernier opus du groupe, en compagnie du Ginger Accident. Lorsque Slow Joe était encore dans les parages, il était fréquent de le croiser en terrasse place Sathonay, en train de griffonner l’un de ses nombreux carnets ou discutant avec les commerçants du coin. C’est sous forme de clin d’œil et afin de prolonger cette présence dans le quartier que Jean-Pierre "JiPé" Bouchard, 3e adjoint au maire du 1er arrondissement, a eu l’idée de "tatouer" Slow Joe sur les murs de la mairie. Pour réaliser ce projet, il a fait appel à un autre habitué des pentes de la Croix-Rousse, le peintre Don Mateo, artiste prolifique et adepte des collages-pochoirs sauvages depuis 2010. Cette fois-ci

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Dans les yeux de Bowie

Street Art | Big Ben rend hommage à l'auteur de Rebel Rebel disparu il y a un an, avec une œuvre intense à dénicher au cœur des pentes de la Croix-Rousse.

Louis Beaufort | Mardi 24 janvier 2017

Dans les yeux de Bowie

« J’essayais pratiquement tout. J’étais vraiment avide de découvrir tout ce que la vie avait à offrir, de la fumerie d’opium à n’importe quoi d’autre. Et je pense que j’ai fait à peu près tout ce qu’il est possible de faire. Sauf des choses vraiment dangereuses, comme être un explorateur. Mais je me suis introduit dans la plupart de tout ce que la culture occidentale a à offrir. » Cette citation fait référence à un moment sombre de l'année 2016. Pour le monde de la musique, et bien au-delà. Nous ne faisons bien évidemment pas allusion à la dernière tournée de Keen'V, mais à la mort de David Bowie : véritable icône de la pop culture, ce fut la première étoile disparue de cette année mortifère, laissant derrière elle des millions d'admirateurs attristés. Parmi eux, l'artiste Big Ben. Dès l'annonce du décès, ce dernier savait qu'il dédierait l'une de ses pièces à Bowie : il s'agissait juste de trouver l'endroit idéal pour lui rendre hommage. Peintre pochoiriste depuis 2012, Big Ben utilise les mu

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"Miss Peregrine et les enfants particuliers" : abracadabra, Tim Burton est ressuscité !

ECRANS | Semblable à une histoire de X-men — où le Pr. Xavier serait chevelue et campée par Eva Green — ce conte fantastique permet à Tim Burton d’animer des mutants, des squelettes, de manipuler à sa guise son vieil ennemi le temps et (surtout) de signer enfin un bon film.

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Dépositaire des histoires de son grand-père qui vient d’être assassiné et énucléé par un monstre, un ado part à la recherche d’une boucle temporelle où vit depuis le 3 septembre 1943 Miss Peregrine et son orphelinat pour enfants doués de pouvoirs surnaturels. Son but ? Vraisemblablement les protéger, venger son aïeul et plus si affinités… Comme un enfant pour grandir doit se résoudre à abandonner ses antiques doudous chéris, fallait-il que Tim Burton se défasse de tous ses collaborateurs de longue date pour arrêter de tourner en rond — ou en vain ? Au rebut, Johnny “mono-expression figée” Depp, Helena “harpie transformiste” Bonham-Carter, Danny “boîte à musique” Elfman, pareils à des objets transitionnels le raccrochant à ses vieux pots éventés desquels il ne sortait plus que de vilaines soupes depuis des années. Il lui a sans doute fallu se faire violence pour aller chercher des talents compatibles avec son univers — certains, comme Eva Green, Terrence Stamp ou Bruno Delbonnel avaient déjà fait un round d’observation chez lui. Mais le résultat vaut le “sacrifice” : Miss Peregrine… e

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Jusqu'au bout, art de rue

Street Art | « Gloire à l'art de rue, jusqu'au bout art de rue » : c'est par ces premiers mots en 2001 que la Fonky Family rendait hommage aux activistes de l'art (...)

Louis Beaufort | Vendredi 16 septembre 2016

Jusqu'au bout, art de rue

« Gloire à l'art de rue, jusqu'au bout art de rue » : c'est par ces premiers mots en 2001 que la Fonky Family rendait hommage aux activistes de l'art urbain. Depuis des décennies, la rue a toujours été un support privilégié pour quiconque voudrait partager, se faire entendre et fédérer. C'est avec cette volonté que le festival Graff-ik’ Art lancera sa 4e édition du 17 septembre au 1er octobre, sur le thème : L’Art de transmettre ?. Un rassemblement sur plusieurs journées, centré sur les arts urbains (graphiques, musicaux et chorégraphiques), des performances live et des ateliers d’initiation collaboratifs. En parallèle et toujours avec la même assiduité, différentes galeries continueront de promouvoir les valeurs généalogiques du street art. L'occasion de réfléchir sur la thématique de L’art Engagé chez Spacejunk avec une sélection de six artistes (re)connus pour leurs démarches humanistes et sociales :

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"La Chanson de l’éléphant" : les mimiques exagérées de Xavier Dolan

ECRANS | Un film de Charles Binamé (Can, 1h50) avec Bruce Greenwood, Xavier Dolan, Catherine Keener…

Vincent Raymond | Mercredi 6 juillet 2016

L’appétence de Xavier Dolan pour les rôles de jeunes hommes détraqués ayant un problème avec leur môman et, accessoirement, une orientation homosexuelle, risque de l’enfermer dans un carcan dont il aura le plus grand mal à s’extraire lorsque la puberté aura achevé de le travailler. S’il s’agissait de montrer l’étendue de ses capacités de comédien, la prestation qu’il a livrée à Cannes en recevant son Grand Prix en mai dernier laissait déjà planer de sérieux doutes. A-t-il voulu camper (en anglais) un résident d’hôpital psychiatrique jouant au chat et à la souris avec le directeur de l’établissement par amour pour la pièce originale, pour en remontrer à ses confrères anglo-saxons, pour s’accorder une ultime chance ou bien par pur masochisme ? Quel que soit le mobile, ses mimiques exagérées de Norman Bates canadien valorisent le jeu retenu de ses partenaires — en particulier l’excellent Bruce Greenwood.

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Green Room : no future

ECRANS | Un groupe punk à la dérive vérifie à ses dépens la réalité du slogan No Future en se produisant devant un public de fachos. S’ensuit un huis clos surprenant, avec larsen et acouphènes modulés par Jeremy Saulnier. Prix du Petit Bulletin lors du dernier festival Hallucinations Collectives.

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Green Room : no future

On le sait depuis Psychose d’Hitchcock : les films qui bifurquent sans crier gare dans l’hémoglobine méritent toujours qu’on consente un détour en leur direction. Faisant mine de nous emmener dans des contrées connues, ils se plaisent à nous projeter au milieu d’un ailleurs terrifiant confinant parfois au nulle part — cette terra incognita cinématographique qui se réduit comme une peau de chagrin. Green Room appartient à cette race bénie d’œuvres maléfiques se payant même le luxe de changer plusieurs fois de directions. Conservant le spectateur pantelant, dans un état d’incertitude en accord avec l’intranquillité seyant à des personnages de survival. Et ourlant ses massacres de ponts rock (ou plutôt punk) du plus bel effet. Haches tendres et battes de bois Partant d’un chaos dérisoire, de la situation minable d’un groupe tirant le diable par la queue, Green Room semble brandir l’étendard d’une comédie ingénue, laissant entrevoir de fines plaisanteries sur les musiciens à cheveux gras, leur combi pourri ou les parquets en bois norvégien. On s’attend à une succession de mésaventures anecdotiques — tendanc

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Le Fils de Joseph

ECRANS | de Eugène Green (Fr/Bel, 1h55) avec Victor Ezenfis, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione…

Vincent Raymond | Mardi 19 avril 2016

Le Fils de Joseph

En acclimatant au 7e art son obsession viscérale pour la prononciation baroque, Eugène Green est devenu l’auteur d’une œuvre anticonformiste, unique car identifiable dès la première réplique. Il exige de ses interprètes l’usage de la liaison systématique et appuyée, telle que codifiée par son courant de prédilection — au risque de créer des impressions (fautives) de cuirs en cascades. Inscrite dans un dialogue déclamé d’une voix blanche par des comédiens semblant avoir reçu pour consigne d’adopter le plus désincarné des jeux possibles, cette particularité participe donc d’un ensemble singulier : son style, auquel on peut souscrire comme à une convention ou à un dogme religieux. Un intégrisme bien inoffensif, s’il prête à sourire : à côté d’Eugène Green, le rigoriste Rohmer passerait pour un cuistre barbarisant la langue française ! Tous deux ont cependant en commun la fascination pour les lettres classiques et la jeunesse, ainsi que l’art d’attirer à eux les acteurs — au point d’en faire des apôtres. Déjà convoqués par le passé, Natacha Régnier, Fabrizio Rongione et Mathieu Amalric sont ainsi réunis autour de ce Fils de Joseph. Si le titre lorgne im

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Que Viva Eisenstein!

ECRANS | De Peter Greenaway (Holl-Finl-Belg-Mex, 1h45) avec Elmer Bäck, Luis Alberti…

Christophe Chabert | Mardi 7 juillet 2015

Que Viva Eisenstein!

Continuant à honorer les génies artistiques, Greenaway s’attaque à Eisenstein après Rembrandt et Goltzius ; et, toujours dans une logique où sa forme à lui se calquerait sur leur forme à eux, il se lance ici dans un pastiche du style Eisenstein, avec effets de montage et même quelques plans (libres de droits) piqués directement au maître, incarné à l’écran par un Elmer Bäck complètement halluciné. Contre toute attente, l’introduction du film est ce que Greenaway a fait de plus plaisant depuis longtemps ; la visite d’Eisenstein au Mexique où il se pavane et pérore en grand maître cinématographique de la Révolution russe avant d’y tourner un de ses chefs-d’œuvre (Que viva Mexico!) se transforme en grande farce bouffonne et scato. Il faut voir Eisenstein parler à sa bite sous la douche ou, ivre, vomir et chier en même temps dans les égouts pour comprendre que Greenaway ne prend pas son héros du tout au sérieux. En revanche, quand le film dévoile son vrai sujet — le coming out d’Eisenstein au contact d’un diplomate mexicain qui le déflore longuement avant de lui enfoncer un drapeau rouge dans l’anus — Greenaway retombe dans ses vieux travers : b

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Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

ECRANS | "Carol" de Todd Haynes. "Mon roi" de Maïwenn. "Plus fort que les bombes" de Joachim Trier. "Green Room" de Jeremy Saulnier.

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Cannes 2015, jour 5. Oh ! Carol…

Il fait beau et chaud sur Cannes, et tandis que les plagistes ont les pieds dans l’eau, les festivaliers continuent de macérer dans une mare de sueur, brûlant au soleil de files d’attente désespérées, rabrouant les resquilleurs, espérant secrètement découvrir de beaux films. À la mi-temps du festival, on est encore dans l’expectative. Il faut dire que des films, on n’en voit moins que les années précédentes, et surtout que l’on se concentre sur les films événements. A perdre chaque jour entre trois et cinq heures à attendre, on doit forcément sacrifier la part de découverte pourtant essentielle à la manifestation. D’où l’impression d’assister à une grande preview des films importants de l’automne, plus qu’à une compétition en bonne et due forme. Carol : Tood Haynes sublime le mélodrame Si toutefois on devait jouer le jeu des pronostics, on dirait que Carol de Todd Haynes ferait une très belle Palme d’or. Ce n’est pas ce qu’on a vu de mieux dans ladite compétition — Le Fils de Saul a notre préférence — mais il marque une étape décisive dans la carrière d’un cinéaste plutôt rare, dont chaque œuvre était jusqu’ici pétrie de contradic

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La Sapienza

ECRANS | D’Eugène Green (Fr-It, 1h44) avec Fabrizio Rongione, Christelle Prot…

Christophe Chabert | Mardi 24 mars 2015

La Sapienza

À intervalles réguliers, le cinéma d’auteur produit ce genre de gags — car l’hilarité n’est jamais loin à la vision de La Sapienza — perché très haut dans ses principes formels, incapable de redescendre à hauteur de spectateur. Eugène Green offre ici une variation autour du Voyage en Italie de Rossellini — un couple en désamour va se séparer pour mieux se retrouver, au terme d’une errance où ses angoisses seront dialectisées au contact d’un autre couple, un frère étudiant en architecture et une sœur atteinte d’un mal mystérieux — qu’il passe au tamis d’un ultra-bressonisme à base de jeu blanc et de liaisons dangereuses. Car non seulement les comédiens ne mettent aucun pathos dans leurs (longues) tirades, mais ils doivent en plus en respecter scrupuleusement les accords, donnant à l’ensemble un caractère littéraire d’une pédanterie proche d’une parodie des Inconnus. Sans parler du fatras mystique qui englobe le tout, refuge de plus en plus courant des artistes en quête de sens et en manque d’inspiration. Ce que Green est, jusqu'à la caricature — cf. les scènes à la Villa Médicis, qui font sérieusement pitié. Christophe Chabe

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Berlinale 2015, jour 7. Les revenants.

ECRANS | « Life » d’Anton Corbijn. « Eisenstein in Guanajuato » de Peter Greenaway. « Gone with the bullets » de Jiang Wen. « Ned Rifle » d’Hal Hartley.

Christophe Chabert | Jeudi 12 février 2015

Berlinale 2015, jour 7. Les revenants.

Ce septième jour à la Berlinale a été marqué par le retour de quelques cinéastes qui ont connu leur heure de gloire à une époque déjà lointaine. Mais, surprise, ce ne sont pas ceux que la compétition berlinoise a consacré qui ont le plus brillé, et c’est en définitive d’un outsider surgi du Panorama qu’a eu lieu la plus belle renaissance. Life, un Corbijn dévitalisé Mais avant de parler de ces revenants, attardons-nous sur un des films qu’on attendait le plus au festival cette année : Life, quatrième long d’Anton Corbijn avec le désormais incontournable Robert Pattinson. C’est une déception, laissant penser que le cinéaste ne fera sans doute jamais mieux que son premier opus, le magnifique Control. Pourtant, il y avait dans le sujet quelque chose qui semblait taillé sur mesure pour Corbijn. En 1955, un jeune photographe ambitieux, Robert Stock, tombe par hasard dans une fête à LA sur le jeune James Dean, qui vient de tourner À l’est d’Eden et postule pour le rôle principal de La Fureur de vivre. Pattins

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White Bird

ECRANS | Gregg Araki continue son exploration des tourments adolescents avec ce conte vaporeux et mélancolique, entre bluette teen et mélodrame à la Douglas Sirk, où la nouvelle star Shailene Woodley confirme qu’elle est plus qu’un phénomène éphémère… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

White Bird

Après avoir atteint une forme d’accomplissement créatif avec le sublime Mysterious Skin, Gregg Araki souffle depuis le chaud et le froid sur son œuvre. La pochade défoncée Smiley Face, la joyeuse apocalypse de Kaboom et aujourd’hui la douceur ouatée de ce White Bird résument pourtant autant d’états d’une adolescence tiraillée entre ses désirs et la réalité, entre le spleen et l’insouciance, entre la jeunesse qui s’éloigne et la vie d’adulte qui approche à grands pas. C’est exactement ce que traverse Kat, l’héroïne de White Bird : sa mère disparaît mystérieusement et la voilà seule avec un père bloqué entre douleur sourde et apathie inquiétante. Que faire ? Chercher la vérité ? Se laisser aller avec le beau voisin d’en face ? Traîner à la cave avec ses potes ? Préparer son départ pour l’université ? Ou rester dans la maison familiale hant

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Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

MUSIQUES | Leur venue n'est peut-être pas aussi exceptionnelle que celles de Kraftwerk et de ses plus glorieux descendants, mais leurs prestations compteront sans doute parmi les highlights du festival : coup d’œil sur dix valeurs sûres de Nuits Sonores 2014. Stéphane Duchêne et Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 mai 2014

Cinq jours, quatre nuits, dix valeurs sûres

Garnier B2B MCDE (Nuit 1 / Halle 2) Dans le coin gauche, le tôlier, revenu cette année au sommet (mais l'avait-il seulement quitté ?) avec cinq maxis conçus comme autant de défis – à chacun son label et, par conséquent, son esthétique. Dans le coin droit, Motor City Drum Ensemble, LA relève (allemande) de la house à la mode de Chicago. Inutile de vous faire un dessin.   Black Lips (Nuit 1 / Halle 3) Tenancier d'un garage rock d'époque, les Black Lips appartiennent à cette catégorie de groupes qui p

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Joe

ECRANS | De David Gordon Green (ÉU, 1h57) avec Nicolas Cage, Tye Sheridan…

Christophe Chabert | Mardi 29 avril 2014

Joe

Joe aurait dû être le film d’une double renaissance : celle d’un auteur américain un peu égaré dans des commandes foireuses (David Gordon Green) et celle d’un acteur en roue libre dans des nanars que seuls quelques critiques français en mal de notoriété prennent encore au sérieux (Nicolas Cage). C’est pourtant l’inverse : cette adaptation d’un bouquin de Larry Brown où un adolescent rompt avec son père alcoolique pour se rapprocher d’un mentor ambivalent, est totalement ratée, plombée par une narration incohérente où l’on change sans cesse de point de vue et de registre — chronique sociale, film noir, récit d’apprentissage — tout en tournant en rond dans un pré carré de personnages dont les rencontres "fortuites" sentent le mauvais storytelling. Stylistiquement, Gordon Green hésite entre naturalisme et élégie à la Terrence Malick — mélange fatalement voué à l’échec ; quant à Cage, il ne sait trop s’il doit se racheter une virginité en cherchant la sobriété ou s’il doit se lancer dans son habituel cabotinage. Un gâchis spectaculaire. Christophe Chabert Sortie le 30 avril

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Hey Jo

MUSIQUES | Ceux qui l'ont connu comme guitariste de ces sacrés showmen pop de Green Olive – irrésistible machine à tubes rangée des bolides en sortie d'une tournée (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 11 février 2014

Hey Jo

Ceux qui l'ont connu comme guitariste de ces sacrés showmen pop de Green Olive – irrésistible machine à tubes rangée des bolides en sortie d'une tournée américaine et à l'aube de ce qui aurait pu être une jolie petite "carrière" – se souviennent sans doute du premier disque solo de Joseph Merrick, Circus Circus. Où cet Ardéchois, Lyonnais d'adoption, étalait toute sa science de la désinvolture pop et une guirlande d'influences allant d'Elliot Smith à Omar Rodriguez Lopez et John Frusciante.  Rarement on avait entendu type si cool chanter No Cool – preuve sans doute que la désinvolture est parfois le masque de la tension. Dans la foulée, le jeune homme quittait Lyon pour un "vrai métier" à la Capitale – foutue fuite des cerveaux, tiens.  Sauf que le revoilà avec un autre album, Fatalitas, réalisé avec la complicité de Stéphane Garry des excellents Pokett, et qui o

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La griffe des Nuits

MUSIQUES | Faire d'un quartier-étendard en plein développement une plateforme festivalière cohérente : tel est le pari que s'est lancé Arty Farty pour l'édition 2014 de Nuits Sonores en investissant la Confluence. Au-delà de l'enjeu politique, force est d'admettre, à la découverte de la teneur de de sa programmation, que l'affaire est en bonne voie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 26 février 2014

La griffe des Nuits

Depuis l'annonce de son déménagement à la Confluence, on se demandait bien, sorti de quelques évidences, quels lieux allait concrètement investir Nuits Sonores. On sait désormais que le Lab se répartira entre l'Hôtel de région et l'Hôtel de ville, tandis que la partie purement musicale du festival se déroulera sous les halles du Marché de Gros (qui avaient déjà accueilli les éditions 2009, 2010 et 2011), à la Sucrière (NS Days et Mini sonore), à la Maison de la Confluence (pour la traditionnelle carte blanche) et au Parc des Berges (pour le "Sunday Park", un événement de clôture présenté comme un clin d’œil convivial à l'extension de Nuits Sonores à Tanger). En attendant de voir comment le Sucre s’intégrera dans ce circuit et comment les collectifs Superscript² et Looking for Architectures l'habilleront, on remarquera que la programmation des Days, scindée en trois scènes (dont une extérieure), poursuit les efforts de thématisation et de brassage démographique produits l'an passé, mais cette fois avec un vrai souci d'équilibre. Comprenez par-là qu'aucune tête d'affiche ne devrait s'accaparer le public de la Carte blanche comme Laurent Garnier et Carl Cox l'ont fait en 20

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Capitaine Phillips

ECRANS | Avec un ultra-réalisme saisissant et une constante tension dramatique, Paul Greengrass reconstitue à travers une polyphonie de points de vue une prise d’otages au large des côtes somaliennes, où la star Tom Hanks se fond dans le dispositif documentaire du cinéaste. Impressionnant. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mercredi 13 novembre 2013

Capitaine Phillips

En début d’année, Kathryn Bigelow réussissait, dans le dernier acte de son Zero dark thirty, à faire se rencontrer le cinéma d’action et le réalisme documentaire, l’assaut du QG de Ben Laden se transformant non pas en une reconstitution d’un épisode historique mais en pur morceau de bravoure cinématographique. Quoi de plus logique que Paul Greengrass, qui fut le premier à Hollywood à tenter des expériences de ce genre, d’abord avec les deux derniers Jason Bourne — versant blockbusters — puis avec Vol 93 — versant suspense tiré de faits réels — lui réponde aujourd’hui avec Capitaine Phillips, qui étend la virtuosité de Bigelow sur la durée d’un long-métrage entier. Cela en dit long sur ce que Greengrass a inventé : un style, parfois grossièrement caricaturé en une captation de l’action par une caméra secouée façon reportage d’actualité, mais qui s’appuie surtout sur une multiplication savante des point

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Prince of Texas

ECRANS | De David Gordon Green (ÉU, 1h34) avec Paul Rudd, Emile Hirsch…

Christophe Chabert | Lundi 28 octobre 2013

Prince of Texas

Après trois comédies graduellement décevantes, Prince of Texas marque le retour en forme de David Gordon Green, dont on avait tant aimé L’Autre rive. Retour discret toutefois : ce road movie minimaliste où deux hommes tracent une route au milieu de nulle part séduit par sa nonchalance, son humour pince-sans-rire et son goût des creux dramatiques. Il ne s’y passe donc pas grand chose, et lorsque des événements importants arrivent aux personnages, c’est hors de leur périmètre, méticuleusement respecté. Le film ne quitte donc jamais cette route sans début ni fin, mais y fait transiter des lettres, des anecdotes et des fantômes, le temps de séquences suspendues où les caractères vacillent peu à peu — le psychorigide comprend la vacuité de son existence, le chien fou se découvre doué d’une forme insoupçonnée de compassion. Petit film donc, parfait pour patienter avant le prochain David Gordon Green, Joe, avec Nicolas Cage. Christophe Chabert

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Made in Asia

ECRANS | Si l'âge d'or de la pépite venue d'Asie est depuis longtemps révolu, cette nouvelle édition d'Hallucinations Collectives offre malgré tout quelques titres à ne (...)

Jerôme Dittmar | Jeudi 21 mars 2013

Made in Asia

Si l'âge d'or de la pépite venue d'Asie est depuis longtemps révolu, cette nouvelle édition d'Hallucinations Collectives offre malgré tout quelques titres à ne pas rater. Puisqu'on ne l'a pas vu, on ne dira rien de The Land of Hope, nouveau Sono Sion, auteur japonais à l'origine des iconoclastes Love Exposure ou Suicide Club. Présenté en avant-première, le film s'installe dans l'après Fukushima et promet un drame écolo-social sur fond de décors ravagés par le tsunami. Immanquable, Dragon Gate permettra lui de prendre des nouvelles de Tsui Hark, récemment revenu en forme avec Detective Dee après un gros passage à vide. Montré pour la première et dernière fois en France dans sa version 3D (il sortira ici en vidéo), le film pousse les expérimentations visuelles du hongkongais vers des cimes inédites. Celui qui autrefois renversait la géométrie euclidienne du plan et du montage s'attaque désormais au relief. Le résultat intrigue à défaut de révolutionner la technique, sans gâcher un pur film de sabre dans une tradition que l'auteur connait bien.

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Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

MUSIQUES | Au moment de lever le voile sur le volet diurne de Nuits Sonores 2013, les équipes d'Arty Farty étaient si ric-rac que c'est avec des valises oculaires éligibles à une "franchise bagages supplémentaires" qu'elles ont animé la conférence de presse correspondante. Cette fois, elles étaient en avance : censée tomber jeudi 21 février, la programmation nocturne de la onzième édition du festival a été révélée la veille, le teint frais et le sourire franc. La voici.

Benjamin Mialot | Mercredi 20 février 2013

Nuits Sonores 2013 - La prog de nuit

Editorialisation. Tel est, plus encore que pour les éditions précédentes, le maître-mot de cette onzième édition de Nuits Sonores. On a pu le vérifier avec les NS Days et leurs scènes labellisées (une portant l'emblème de la bible en ligne Resident Advisor, une sponsorisée par la Red Bull Music Academy et une consacrée à la carte blanche à Bruxelles), c'est au tour des Nuits, sises comme l'an passé (mais pour la dernière fois) aux anciennes usines Brossette et organisées, toujours comme l'an passé, en trois scènes aux dimensions décroissantes, de se faire l'écho de ce souci de cohérence. Qui par le biais d'un partenariat avec un festival, qui via un regroupement géographique, qui à la faveur d'une délégation d'une partie de la fonction de curateur à un artiste. Au-delà de ce qu'elle induit en termes de mise en réseau et d'image, la démarche aboutit sur un net renouvellement de la proposition artistique formulée par Arty Farty : cette année, les big names se comptent sur les doigts de la main, la programmation s'équilibrant entre pointures discrètes et nouveaux venus en pleine bourre.A cette aune, on attend beauco

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Folk & Folk

MUSIQUES | On avait découvert Mariee Sioux Sobonya alias Mariee Sioux, par la grâce – à tous les sens du terme – de son amie d'enfance Alela Diane, qu'elle (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 5 avril 2012

Folk & Folk

On avait découvert Mariee Sioux Sobonya alias Mariee Sioux, par la grâce – à tous les sens du terme – de son amie d'enfance Alela Diane, qu'elle accompagnait sur scène lors de sa première tournée, tout en assurant ses premières parties, seule à la guitare. Puis avec Faces in The Rocks, album de folk animiste comme un hommage à la musique de ses ancêtres maternels Paiute (et non Sioux, comme pourrait l'indiquer son deuxième prénom). Après un double 45t en duo avec Bonnie 'Prince' Billy enregistré par Jonathan Wilson (deux chansons originales, deux reprises), la fille de Nevada City, étoffe son registre, plus orchestré, moins incantatoire mais toujours étourdissant, sur Gift for the end. Un album, qui comme son auteur, également d'ascendance polono-hongroise par son père, joueur de mandoline et hispanique par sa mère, est aux croisements de la musique améri

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Perfect sense

ECRANS | De David MacKenzie (Ang, 1h32) avec Ewan McGregor, Eva Green…

Christophe Chabert | Vendredi 23 mars 2012

Perfect sense

Version métaphorico-poétique du récent Contagion, Perfect sense imagine la fin du monde par la disparition des sens. D’abord l’odorat, puis le goût, puis l’ouïe… Ne cherchant pas d’explication rationnelle à cette étrange épidémie, David MacKenzie la fait précéder par des accès de mélancolie, d’euphorie ou de colère qu’il illustre à travers des clips façon Benetton montrant la dimension mondiale des événements. C’est la part la plus ratée du film, qui heureusement se recentre à chaque étape de son programme sur le couple formé par une médecin et un cuisinier, cherchant avec leurs armes à endiguer la fatalité. Là encore, Perfect sense est plombé par la lourdeur de ses symboles, mais il se rattrape avec la grâce de ses deux acteurs : Eva Green, dont on ne comprend pas la carrière pour le moins hiératique, et Ewan MacGregor, qui débordent de vie et d’amour, même quand le film leur invente des traumas bien gratinés. S’ils ne sauvent pas complètement ce drôle de projet, ils lui offrent en tout cas des moments simples et touchants.Christophe Chabert

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Votre majesté

ECRANS | De David Gordon Green (EU, 1h42) avec Danny McBride, James Franco, Nathalie Portman…

Dorotée Aznar | Mercredi 31 août 2011

Votre majesté

La fine équipe de Délire Express remet le couvert dans ce film ouvertement régressif, entièrement dicté par l’envie juvénile de s’embarquer dans une aventure chevaleresque gorgée de bestioles magiques crapuleuses, de décolletés plongeants et d’humour en dessous de la ceinture. Votre majesté a beau bénéficier de la compétence de David Gordon Green à la mise en scène et de l’abattage de Danny McBride, cette sympathique pantalonnade accuse de fâcheux problèmes de rythme, ce qu’on aurait à la limite pu lui pardonner si sa valeur comique avait été à la hauteur de ses ambitions – malheureusement, c’est très loin d’être le cas. Dans le même registre de loser imbécilement arrogant, McBride a déjà tout donné dans l’hallucinante série Eastbound & Down et le caractère franchement anodin de la filmo récente de Gordon Green nous fait toujours regretter le cinéaste brillant de L’Autre rive. Après, si vous êtes disposés à payer 10€ pour voir un abruti parader avec une bite de minotaure autour du cou, on ne va pas vous en empêcher. François Cau

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La Dernière Piste

ECRANS | De Kelly Reichardt (ÉU, 1h44) avec Michelle Williams, Paul Dano, Bruce Greenwood…

Christophe Chabert | Mardi 14 juin 2011

La Dernière Piste

Avec La Dernière Piste, la réalisatrice d’Old joy et Wendy et Lucy prend à revers le revival du western américain. Il s’agit pour elle non pas de revisiter ses codes, mais d’en tirer une épure méditative en raréfiant enjeux et dialogues. L’introduction décrit en quelques plans ascétiques des pionniers muets écrasés par l’espace désertique qui les entoure. Et pour cause : ce convoi est perdu dès la première image. Une brève séquence nous apprend que c’est en suivant le «raccourci» indiqué par Stephen Meek, cowboy sale et grossier (génial Bruce Greenwood) qu’ils se sont égarés. La question est posée : faut-il lyncher Meek, qui malgré son assurance et sa connaissance de cet ouest sauvage, reste un étranger à la communauté ? Reichardt va redoubler le conflit lorsqu’un Indien est capturé par Meek, et que le groupe se divise sur ce qu’il faut en faire : l’exécuter ou le suivre en espérant qu’il les conduise à un point d’eau salvateur ? C’est la très belle idée de La Dernière Piste, à la fois interrogation lancée à l’Amérique d’aujourd’hui et déclaration d’indépendance cinématographique : faut-il accueillir dans une société ce qui lui résiste (l’Indi

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Devil

ECRANS | De John Erick Dowdle (ÉU, 1h20) avec Chris Messina, Logan Marshall-Green…

Dorotée Aznar | Mercredi 13 avril 2011

Devil

Dowdle, déjà responsable d’En quarantaine, la copie conforme américaine de Rec, prête désormais son absence de talent et de point de vue à un scénario que M. Night Shyamalan n’a même pas osé tourner (c’est dire). Soit le calvaire de cinq personnes coincées dans un ascenseur et confrontées à l’éventualité que l’une d’entre elles soit le Diable en personne. De ce postulat débile, John Erick Dowdle tire un produit invraisemblable, bêtement moralisateur et mollasson, même pas assez rythmé pour obtenir le titre de nanar. FC

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The Green Hornet

ECRANS | Faute d’orientation claire et de script solide, The Green Hornet, comédie d’action pourtant prometteuse, ne transcende jamais son statut d’Iron Man du pauvre. Le premier gros gâchis de talents de 2011. François Cau

Dorotée Aznar | Jeudi 6 janvier 2011

The Green Hornet

L’alliance entre la réalisation inventive de Michel Gondry et l’écriture acérée de Seth Rogen et Evan Goldberg, binôme formé à l’école Judd Apatow, avait tout pour nous réjouir. Mais c’était oublier un peu vite le spectre du terrible producteur Neal H. Moritz – responsable de trucs pas possibles comme les Fast & Furious, les xXx ou Furtif, et dont l’influence se manifeste ici via un rythme claudiquant, une narration à la fois effrénée dans son déroulé et amorphe dans son exécution, visant l’efficacité à tout crin en dépit du bon sens et des personnalités artistiques en présence. Dans l’une des meilleures scènes du film, le bad guy en chef Chudnofsky (Christoph Waltz, à des lieux de sa performance mythique d’Inglourious Basterds) se trouve confronté à un gros problème de crédibilité face à un jeune gangster arrogant. Les prémices d’un running gag mollasson, au gré duquel le personnage va adopter le patronyme de Bloodnofsky, s’habiller en rouge et se trouver une punchline pour accompagner chacun de ses meurtres. Consciemment ou non, Michel Gondry, Seth Rogen et Evan Goldberg ont résumé dans cette sous-intrigue tous les problèmes du film - un produit hybride qui ne sait jamais

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MICKY GREEN

MUSIQUES | Pas de bol pour Micky Green, dont le premier album avait plutôt bien marché, le second est arrivé en plein ras-le-bol du Vert. Juste au moment où Nicolas (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 7 mai 2010

MICKY GREEN

Pas de bol pour Micky Green, dont le premier album avait plutôt bien marché, le second est arrivé en plein ras-le-bol du Vert. Juste au moment où Nicolas «Grenelle» Sarkozy s'étranglait d'un «L'écologie, ça suffit», indirectement encouragé par l'aquoibonisme millénariste de Claude Allègre. Poubelle (recyclée) le Green ! Aux oubliettes ! Dommage car Micky, mardi 18 mai au Transbordeur, est une fille nature. D'ailleurs elle s'en fout et se préfère de toutes les couleurs, et les annonce les couleurs. Le monde va mal ? Eh bien dansons dessus, comme disait l'Affaire Louis Trio. C'est Micky qui régale. SD

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Greenberg

ECRANS | Cinquième film de Noah Baumbach — mais deuxième à sortir en France, cette chronique d’une rencontre entre deux solitaires retrouve le ton adulte et doux-amer du grand cinéma d’auteur américain des années 70. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 20 avril 2010

Greenberg

Où l’on fait la connaissance de Florence Marr : ni belle, ni moche, plus vraiment jeune mais pas complètement entrée dans l’âge adulte, rêvant de devenir chanteuse mais se contentant pour l’instant de s’occuper de la maison des Greenberg, une famille de bourges de Los Angeles partis en vacances au Vietnam en laissant la baraque au frangin dépressif, Philip. Où l’on fait la connaissance avec Philip : lui aussi voulait faire de la musique, mais il a sabordé son groupe, quitté Los Angeles pour New York et, à quarante ans passés, il vivote comme menuisier en ruminant sa rupture avec la femme de sa vie. D’où séjour à l’hôpital psychiatrique, aigreur envers le monde et phobies en tout genre. Noah Baumbach suit d’abord en alternance ces deux personnages paumés et inadaptés, l’une surjouant la joie de vivre sans arriver à dissimuler sa tristesse, l’autre se complaisant dans la contemplation du temps perdu et la morosité d’une existence qu’il estime avoir bousillée. Puis il les fait se rencontrer, se rater, s’aimer et se haïr, trop loin ou trop proches pour vraiment se comprendre. Sublimes ratés Cette manière de s’intér

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Green zone

ECRANS | De Paul Greengrass (ÉU, 1h55) avec Matt Damon, Amy Ryan…

Christophe Chabert | Vendredi 9 avril 2010

Green zone

"Green zone" opère la jonction entre la part la plus personnelle de l’œuvre de Paul Greengrass (Bloody Sunday, Vol 93) et son nouveau statut de cinéaste d’action imposé par la franchise Jason Bourne. Ce thriller suit les traces, peu de temps après la chute de Saddam Hussein, d’un adjudant-chef (Matt Damon, héros taillé dans le marbre d’un idéal inébranlable) qui découvre que les sites où le dictateur stockait ses armes de destruction massive ne sont en fait que des entrepôts désaffectés. Cherchant à comprendre d’où vient le bug, il va démonter une ample machination impliquant les plus hauts pontes de l’État américain. On retrouve ici le talent de Greengrass pour rendre aussi spectaculaire une conférence de presse qu’une vaste opération militaire dans les ruines de Bagdad, sa mise en scène privilégiant l’événement pur à la distance réflexive. Green zone garde ainsi la tête rivée au présent de l’action, ce qui rend palpitante une intrigue dont on connaît peu ou prou les tenants et les aboutissants. La grande idée, c’est que ce héros n’a pas plus de passé que Jason Bourne ; de sa vie d’avant la guerre, on ne saura rien, et le film s’arrête sèchement sa «m

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Le dilettante

MUSIQUES | Portrait / Joseph Merrick. Ancien guitariste et tromboniste de Green Olive, double lauréat de Dandelyon, cet artisan pop au dilettantisme revendiqué livre avec Circus, Circus un épatant premier album. Preuve que l’autoproduit peut-être de luxe et de première nécessité. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 29 avril 2009

Le dilettante

Des tests ADN ont démontré tardivement que le véritable Joseph Merrick, autrement connu sous le vocable d’«Elephant Man» (qui ne s’appelait donc pas John, comme véhiculé par erreur par sa légende) était atteint du Syndrome de Protée, une maladie qui déforme le corps. C’est de ce même syndrome dont souffre la musique de Joseph Merrick, pop à la fois léchée et désinvolte, autogérée et protéiforme. Son pseudo, Joseph Rolland l’a bien sûr choisi en référence à l’ambiance de l’Angleterre victorienne et de ses cirques ambulants peuplés de monstres tristes épris de liberté. Une liberté que l’ancien guitariste de Green Olive semble lui-même avoir recouvré en solo, trouvant là le moyen d’accoucher de son bestiaire pop un peu cinglé : «Depuis la fin de Green Olive, j’avais envie de nouvelles choses, de faire des morceaux acoustiques. J’étais seul maître à bord, écoutant des trucs un peu barrés. Je ne me suis fixé aucune limite». A entendre son auteur, ‘Circus, Circus’ ne serait pourtant que le fruit d’un enchaînement de circonstances. Un disque conçu l’été dernier en Ardèche, «à la bonne franquette, chez mon pote Vincent Muzotte, en buvant l’apéro. Vincent a dompté le côté foutraque de mes c

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Délire express

ECRANS | De David Gordon Green (ÉU, 1h51) avec Seth Rogen, James Franco…

Dorotée Aznar | Jeudi 27 novembre 2008

Délire express

L’introduction fait penser à La Beuze et fait donc un peu peur – des savants nazis testent une variété de marijuana extrêmement puissante, qu’ils préfèrent remiser aux oubliettes. Le produit refait son apparition un demi-siècle plus tard, entre les mains d’un sympathique loser, Dale, et de son dealer, Saul. Lorsque Dale est témoin d’un meurtre perpétré par le boss d’un gang de trafiquants, le très peu dynamique duo doit dès lors joindre ses forces embrumées pour échapper à une mort certaine. Après Supergrave et En cloque, mode d’emploi, la troisième collaboration entre Judd Apatow (producteur, nouveau king de la comédie américaine) et Seth Rogen (acteur et scénariste) prend le risque mesuré de fédérer deux genres cinématographiques pas forcément compatibles : le film d’action et le stoner movie (comédie tournant autour de personnages généralement glandeurs et défoncés). Pour concrétiser ce projet improbable, Apatow et Rogen ont eu la riche idée de faire appel à un cinéaste de talent, David Gordon Green (auteur du superbe L’Autre Rive). Non content d’apporter sa touche visuelle, décisive dans la cohérence de l’ensemble, ce dernier comprend en outre parfaitement les enjeux du script,

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Soleil vert

MUSIQUES | Musique / On pourrait les appeler «les petites fiancées des charts» car elles sont l’un des derniers filons rentables de l’industrie musicale : des (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 25 avril 2008

Soleil vert

Musique / On pourrait les appeler «les petites fiancées des charts» car elles sont l’un des derniers filons rentables de l’industrie musicale : des jeunes filles en fleurs, musiciennes, chanteuses, venues d’Israël (Yaël Naïm), de France (Camille), d’Angleterre (Duffy, Amy Winehouse), de Finlande (Olivia Merilhati de The Do), du rock, de la chanson et même de la comédie musicale un peu pourrie (Yaël Naïm). Mais surtout biberonnées au mélange de genre : pop, rock, R'n’b, jazz, folk, électro douce, elles dénichent dans leurs sacs de filles des trésors d’inventivité ou d’efficacité. Leur point commun, outre d’être belles à tomber (c’est mieux), est de régaler la presse branchée avec des disques cool, «eazy listening», à emporter partout. La pub l’a compris, qui juge leurs ritournelles adhésives plus à même de nous fourguer un Mac (Yaël Naïm) ou un cahier d’écolier (The Do) qu’Hélène Ségara. Micky Green est l’Australienne de la bande et pas la moins intéressante. Une blonde solaire décolorée à placer physiquement comme chaînon manquant entre Gwen Stefani et… Sylvie Vartan. Musicalement, en revanche, Micky se rapprocherait davantage de Feist, en version sucre candy, avec ce détach

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Sixes & sevens

MUSIQUES | ADAM GREEN Rough Trade/Beggars

Dorotée Aznar | Jeudi 27 mars 2008

Sixes & sevens

L'image date des Nuits de Fourvière 2006 : Adam Green apparaît sur scène en première partie des Strokes et remercie deux touristes suisses qui l'ont récupéré en pyjama sur une aire d'autoroute, oublié par son tour bus ! Et après, il fait un concert du feu de Dieu, revisitant son répertoire antifolk et sa nouvelle veine où il se prend pour un crooner héritier de Nat King Cole. Sixes & sevens, son nouvel album, ressemble à ce tour de chant en forme de tour de force et de magie : à 27 piges, l'ex-moitié des Moldy Peaches s'offre un best of à base de nouveaux morceaux, démontrant son aisance à jouer sur les contrastes. La pop se chamaille avec le blues, le funk blanc se dispute le dancefloor avec une surprenante tentation disco. En bon branleur conscient de son incroyable facilité à séduire son auditeur, Adam Green en rajoute à la louche au fil des titres... Il fouille le fond de ses cordes vocales tel un Barry White de supermarché, se bricole une mélodie à base de flûte de pan digne de Vladimir Cosma, recrute des choristes dans un rade à karaoké et les fait passer pour des «greenettes», habille l'ensemble de cordes et de cuivres délibérément too much, le tout sur un format deux minute

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La saison du Dandelyon

MUSIQUES | Musique / Retards de communication, report du lancement de la saison, cette année Dandelyon a, un peu comme Christine Arron, raté son départ. D'abord, parce (...)

| Mercredi 20 décembre 2006

La saison du Dandelyon

Musique / Retards de communication, report du lancement de la saison, cette année Dandelyon a, un peu comme Christine Arron, raté son départ. D'abord, parce que, victime de son succès, l'association a connu quelques bouleversements : un déménagement au Marché Gare (également co-producteur), un comité de sélection plus pléthorique que le jury Miss France, un nouveau statut et une équipe en partie renouvelée et désormais logée par la Mission musique de la Ville. Ensuite, parce que, même si tout est rentré dans l'ordre, les groupes candidats ne se sont pas immédiatement pressés au portillon. Dandelyon aurait-il épuisé les réserves de talent pop ? «Le problème c'est que certains groupes ne comprennent pas vraiment notre démarche : ils nous voient comme de simples programmateurs et ne pensent pas toujours à candidater», regrette Sylvain Rebut-Minotti, le Dandelyon en chef. L'occasion de mettre fin une bonne fois pour toutes à un malentendu : contrairement aux idées reçues Dandelyon n'est pas un tremplin rock. «On n'est pas là pour mettre les groupes sur scène et les laisser se débrouiller ensuite. Dandelyon fait un travail d'accompagnement des groupes, leur donne les clés pour faire fac

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Les Nouvelles stars

MUSIQUES | Musique / Les clichés ont la vie dure. Lyon, capitale des goals, est surtout connue pour son saucisson et son dub sauce électro. C'est oublier un peu vite que la ville regorge de talents qui préfèrent les idées aux idées reçues. Pop, folk, jazz, hip-hop : panorama de la cuvée émergeante 2006.

| Mardi 3 janvier 2006

Les Nouvelles stars

The Green Olive Au début de l'année, nous vous invitions dans ces colonnes à suivre de près ces «quatre garçons dans le vert». Ceux qui y sont parvenus doivent être quelque peu essoufflés. Car après avoir livré un copieux premier album, remporté l'édition 2006 de Dandelyon (aux côtés des excellents et plus expérimentés Vale Poher et King Kong Vahiné) et sévi lors de premières parties un peu classe (Hyperclean, Rhésus), les Olives Vertes ont entrepris ni plus ni moins qu'une mini-conquête du Monde. Études entre parenthèses, une tournée sans fin pouvait débuter en septembre : de Paris à Barcelone, de Liverpool (la Cavern of course) à Séville, de Blackpool à... Toulon. Avant une apothéose yankee en cette fin décembre (Boston, Manhattan et Brooklyn). À quoi carburent les Green Olive ? À la nourriture en tubes essentiellement, dont leur disque et leurs concerts euphorisants sont truffés, hymnes rock indélébiles (le désormais classique Sorrow) ou pochade qui font pop à l'ouverture (le sémillant It's Alright rappelant l'effet saut du lit du tonique Wake Up ! des Boo Radleys). Si les Green Olive étaient parisiens, ils flanqueraient des roustes aux petites frappes en bottines de la nouvel

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La Vengeance dans la peau

ECRANS | De Paul Greengrass (ÉU, 1h51) avec Matt Damon, Joan Allen...

Christophe Chabert | Mercredi 19 septembre 2007

La Vengeance dans la peau

Paul Greengrass ne s'embarrasse pas d'un quelconque résumé des épisodes précédents. La première scène fait directement suite à l'ultime séquence de La Mort dans la Peau, et donne le ton, paranoïaque, crépusculaire. Jason Bourne/David Webb est donc à Moscou, la police à ses trousses. Il a beau connaître désormais sa réelle identité, il lui reste tout de même à savoir quelles furent les raisons qui le poussèrent à devenir un assassin d'élite et, simple routine, à échapper aux opérateurs omniprésents de la CIA, dont les pontes le considèrent toujours comme une menace. Des bouquins de Robert Ludlum, on sait qu'il ne reste plus grand chose, si ce n'est que la psyché et la quête identitaire du personnage principal se sont vues retournées de fond en comble par Doug Liman mais surtout par Paul Greengrass, ce dernier parvenant in fine, via de subtiles touches acides disséminées ça et là (guettez le moindre détail), à métamorphoser une saga littéraire cocardière en films (doucement) contestataires. Le réalisateur de Bloody Sunday et de Vol 93, en bon fan de La Bataille d'Alger, prend visiblement un malin plaisir à se jouer de l'espace et de la t

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