Étude pour une corrida n°2 de Francis Bacon

Sarah Fouassier | Mardi 1 octobre 2019

Photo : © Francis Bacon, Étude pour une corrida, n°2, 1969, huile sur toile


La formidable influence de la littérature sur l'œuvre de Francis Bacon s'expose jusqu'en janvier au Centre Pompidou à Paris. Mais le peintre est aussi chez nous, au Musée des Beaux-Arts, par le biais de cette étonnante huile sur toile, Étude pour une corrida, n°2. En évoquant les corridas, il admet « en avoir vu trois ou quatre dans ma vie, mais quand tu en vois une, elle reste gravée dans ta mémoire pour toujours. »

Dans cette fascination, se décèle aussi l'influence de Goya, de Velàzquez, de Picasso ou encore de son ami l'auteur Michel Leiris qui préfaça L'Âge d'homme par un texte intitulé De la littérature considérée comme une tauromachie. De ce texte, l'on entrevoit quelques mots qui ont pu lui suggérer de placer au cœur de cette ouverture composée d'une foule spectrale, un cercle noir sur fond rouge surmonté d'un rapace rappelant la symbolique nazie. Le théâtre de l'arène suggère la part violente de l'Histoire totalitaire en symbolisant une mise à mort difforme pour mieux révéler la monstruosité de l'humanité.

Francis Bacon, Étude pour une corrida, n°2
Au Musée des Beaux-Arts dans la collection permanente

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Picasso, vamos a la playa

Musée des Beaux-Arts | L’exposition Picasso, baigneuses et baigneurs réunit quelque 150 dessins, sculptures et peintures de Picasso sur ce motif et… de nombreux autres artistes l’ayant influencé (Ingres, Cézanne, Manet, Degas...) ou ayant été influencés par lui (Francis Bacon, Niki de Saint Phalle…). Soit une double et passionnante traversée au fil de l’eau : de la modernité et de l’œuvre profuse de Picasso.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 juillet 2020

Picasso, vamos a la playa

« Cela fait des années que je désirais faire une exposition autour de la Femme assise sur la plage de Picasso » s’enthousiasme Sylvie Ramond devant la presse. Un rêve qui se réalise presque idéalement en plein mois de juillet pour la directrice du musée et co-commissaire de Picasso. Baigneuses et baigneurs, avec Émilie Bouvard, ancienne conservatrice du Musée Picasso à Paris. Dans l’exposition, ce tableau de Picasso (voir notre encadré) côtoie deux autres baigneuses, peintes elles-aussi en février 1937, et très rarement réunies ensemble. Cette même année, Picasso s’attellera à la composition de... Guernica. Pour l’heure, en février, le peintre renoue avec son goût pour les baigneuses, dont les premières dataient de 1908, et les plus connues jusqu’alors étaient celles de la série dite des baigneuses de Dinard de 1928. À travers ce motif, comme Sylvie Ramond nous le rappelle, « Picasso voulait rivaliser avec ses maîtres (Ingres, Manet,

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L'oeuvre et ce qui la cerne

ARTS | Peu passionnés par la vie des célébrités, nous profitons ici de l'exposition Jacqueline Delubac pour interroger le contexte de l'art en général et celui des œuvres en particulier : celui qui les rend indigestes ou donne envie d'y croquer à pleines dents. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 novembre 2014

L'oeuvre et ce qui la cerne

Le Musée des Beaux-Arts consacre sa nouvelle exposition à l'actrice de théâtre et de cinéma Jacqueline Delubac (1907-1997), qui lui fit don d'une quarantaine de chefs-d’œuvre d'art moderne. Cette perspective biographique ne nous intéressant guère, on se rendait davantage sur place pour découvrir des œuvres. Toutes ou presque sont connues des visiteurs du musée, mais il n'est jamais désagréable de revoir La Femme assise à la plage de Picasso, les portraits primitifs et ciselés à la serpe de Wilfredo Lam ou quelques Rodin, Dubuffet, Bonnard ou Miro. Rien de neuf donc, aussi en profitons-nous pour nous interroger sur une double idée de contexte enveloppant cette exposition. D'abord le contexte de l'actualité artistique. Tandis que la fondation privée François Pinault ouvre ses portes, les musées publics doivent, eux, se serrer la ceinture et trouver de nouvelles solutions pour monter des expositions et enrichir leurs collections. On ne compte plus, du coup, les événements rendant hommage à ces riches collectionneurs, morts ou vivants, qui, par générosité ou pour réduire le coût de droits de succession, donnent

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