Un Mirage entre réel et virtuel

Art Numérique | Pour sa huitième édition, le Mirage Festival poursuit ses explorations artistiques dans le domaine des nouvelles technologies, et nous transporte même cette année jusqu'aux confins, imaginaires et scientifiques, de l'univers...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 10 mars 2020

Photo : Fabien Théry,


Depuis 2013, l'ambitieux festival Mirage se donne pour ambition « de s'interroger sur la place des nouvelles technologies dans la création artistique et plus largement dans les industries créatives ». Sa huitème édition met en orbite les créations numériques (et autres) autour de la thématique des cosmogonies (le regard tout à la fois artistique, philosophique et scientifique sur l'univers qui nous entoure et le cosmos dont nous faisons partie). Mais la programmation du festival est encore plus large que cela, proposant un grand nombre de créations en réalité virtuelle souvent interactives, des activités en famille, une soirée de performances, un focus sur la création émergente, des rencontres et des tables rondes avec des acteurs de la création numérique, et, à Grrrnd Zero, une soirée musicale de clôture avec à l'affiche : Somaticae, Zoë Mc Pherson, Ossia et Warzou.

Tisser du noir

Parmi les nombreux artistes invités, citons la présence du Rennais Flavien Théry qui présente trois œuvres. Né en 1973, diplômé des Arts Décoratifs de Strasbourg, c'est un artiste assez emblématique de l'esprit transdisciplinaire et curieux du festival : entrecroisant le design, une certaine tradition artistique récente (celle de l'art optique et de l'art cinétique), la science, et les pratiques contemporaines des nouveaux médias. Il s'intéresse en particulier « à l'ensemble du spectre de la lumière, visible et invisible, ondulatoire et corpusculaire, matérielle et spirituelle » selon ses propres précisions sur son site Internet. Il présentera aux Subsistances notamment un tissage numérique au point d'Aubusson nommé Jean-Pierre contemplant le trou noir. Soit un hommage au physicien Jean-Pierre Luminet qui réalisa les premières modélisations des trous noirs. L'œuvre consiste en une tapisserie numérique qui fond ensemble l'ancien et le contemporain en une surprenante image stéréoscopique.

Mirage Festival
Aux Subsistances du mercredi 11 au dimanche 15 mars

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Mirage Festival : vers un art numérique écologique

Art Numérique | Cette septième édition du Mirage Festival place l’humain face à ses propres incertitudes et contradictions en explorant les possibles, dans la perspective de créer un avenir moins effrayant et davantage clairvoyant. Focus sur deux œuvres réflexives qui font fusionner biologie et nouvelles technologies à l’initiative de deux femmes : Robertina Šebjanič et Anne Marie Maes.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

Mirage Festival : vers un art numérique écologique

L’art sauvera-t-il la planète ou du moins y prendra-t-il part ? Au moment même où nous prenons collectivement conscience que nous devons agir et vite, Mirage Festival invite dans son parcours d’exposition, à voir aux Subsistances, deux artistes dont les travaux plurimédias soulèvent des interrogations philosophiques. Dans ses recherches écologiques innovantes, l’artiste belge Anne Marie Maes s’empare de la problématique de la raréfaction des abeilles à sa manière : en associant technologie et organismes vivants. Elle a ainsi mis au point dans son labo bruxellois à ciel ouvert, une installation regroupant une ruche intelligente en peau microbienne, The Intelligent Guerilla Beehive, imaginée pour résister aux agressions extérieures, et une vidéo tournée en caméra infrarouge. L’artiste a filmé pendant un an les interactions entre les abeilles au sein d’une ruche, une intelligence collective en péril comme le sont les fonds marins que la Slovène Robertina Šebjanič a choisi d’étudier, motivée par cette question : « comment les océans ressentent-ils notre impact ? » À l’aide d’un drone sous-marin l’art

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Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

Clubbing | Afin de poursuivre votre visite digitalisée aux Subsistances, le Mirage propose trois soirées de DJ sets et concerts audiovisuels ultra pointus avec en tête d’affiche trois jeunes femmes originaires de trois continents différents.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage festival : Des nuits bardées d'expé

L’apogée musicale du festival aura sûrement lieu dès le soir de son inauguration, avec l’Égyptienne Nadah El Shazly dont l'album Ahwar ("marécage") fusionne musique traditionnelle égyptienne, jazz et expérimentations instrumentales. Au cœur du labyrinthe que compose ces huit titres, 22 musiciens ont apposé leur patte sur cet album élaboré en deux ans entre l’Égypte et le Canada. Le live sera précédé des sonorités expérimentales du duo Les Halles et c’est Stakhan, initiateur des soirées Tunnel Vision et animateur des émissions Planète Noire sur LYL radio qui clôturera cette première réunion. Vendredi soir, la nuit sera des plus sombres avec le dub industriel de l’Espagnole JASSS. Deux concerts audiovisuels s’inviteront également sur le plateau : celui de Juanita x Flares en préambule, puis Lucas Paris avec son projet AntiVolume où son et lumière forment un espace d’expérimentation techno et sensitif. Un autre ovni se posera sur les Subs : Black Zone Myth Chant dont le dernier album Feng Shen est signé sur les Édi

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Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Art numérique | Le Mirage Festival est de retour pour quatre jours dédiés à l’art et aux cultures numériques. Bien loin de l’image start-up ou geek que l’on colle au secteur, le festival honore l’innovation et les industries créatives dans toute leur diversité. Et cette année, ce sont les femmes qui donnent à voir les projets les plus stimulants.

Sarah Fouassier | Mardi 3 avril 2018

Mirage Festival : à l'heure de l'innovation féminine

Innover, pour un festival, n'est pas toujours évident, tant dans sa forme que dans ses parti-pris artistiques. Mais au Mirage Festival, l’innovation est une évidence et au cœur même de son identité. L’enjeu de cette sixième édition, à travers la question de la place des femmes dans la création numérique, est également de détricoter l’image plutôt masculine du secteur du numérique, et d’initier les filles à se lancer dans l’informatique. Ce secteur ne voit que 28% de filles dans ses écoles, et on ne pousse que trop peu les petites filles à jouer aux jeux vidéo, à programmer, coder ou à geeker. Le Mirage Festival veut participer à l’évolution de cette image, et comme chaque année de nombreuses familles viendront expérimenter et ce sont autant de filles qui se plongeront dans ces œuvres créées par des femmes, et qui sait, quelques vocations seront peut-être suscitées. La solide présence de femmes, artistes et intervenantes, peut s’expliquer par le caractère trans-disciplinaire du festival. On retrouve des créatifs travaillant dans les domaines du design, du graphisme, de la vidéo, de la scénographie, de la programmation, mais aussi des chercheu

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L'immatériel rendu sensible au Mirage

Art Numérique | Après quatre éditions, le Mirage Festival, consacré aux créations numériques, a trouvé son rythme de croisière et sa place dans le paysage culturel lyonnais : celle d'un festival expérimental à la croisée des disciplines.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

L'immatériel rendu sensible au Mirage

Se réclamant de « l'art, de l'innovation et des cultures numériques », le Mirage Festival est à la fois fortement ancré dans la réalité (digitale) du monde contemporain, et traverse des métiers, des profils, des « territoires » très différents : l'ingénieur, le designer, l'artiste, le maker, le graphiste de studio... Comme nous le rappelle Jean-Emmanuel Rosnet, directeur artistique du festival, « Mirage a pour épicentre des soirées de performances et un parcours d'expositions, mais nous avons la particularité de travailler avec d'autres scènes que celle à proprement parler de l'art contemporain : avec des architectes, des développeurs informatiques, etc. » Ce parcours, cette année, se tiendra pour l'essentiel aux Subsistances (une dizaine d'installations), avec en parallèle quelques propositions grand public au Musée des Beaux-Arts et à la

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L’art numérique n’est pas un Mirage

CONNAITRE | Festival - Durant toute la semaine, la création numérique (avec ses installations interactives, ses performances immersives et autres innovations artistiques futuristes) sera à l’honneur un peu partout en ville à l’occasion de la 4ème édition d’un Mirage Festival placé sous le signe de la Techno-Fiction.

Sébastien Broquet | Mercredi 2 mars 2016

L’art numérique n’est pas un Mirage

Les technologies numériques sont garantes de notre accès au monde et de la manière dont nous l’appréhendons. Il revient donc aux formes d’arts qui en dépendent, les arts numériques, d’amener un peu de magie dans notre quotidien. C’est dans cette optique à la fois politique et ludique que l’équipe de Dolus & Dolus a pensé cette 4ème édition du Mirage Festival. En sélectionnant un panel d’artistes internationaux représentatifs de toutes les tendances des arts numériques, le festival entend réenchanter notre monde connecté avec un parcours d’exposition, des performances, des projections, des tables rondes, des workshops pour apprendre et des soirées pour s’amuser. L’ensemble se tiendra dans divers lieux de la ville (Subsistances, pentes de la Croix-Rousse, Musée des Beaux-arts, Lavoir Public, Sucre, Temple Protestant, Tuba, Transbordeur). Côté musique, Mirage mise sur la présence de la Suissesse Aisha Devi (alias Kate Wax), sur le collectif parisien ClekClekBoom et le label électro rétro-futuriste Viewlexx. Maxence Grugier Mirage Festival Partout dans Lyon du 2 au 6 mars

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Mirage Festival

MUSIQUES | Bel élan pour ce festival qui prend résolument un virage le menant vers les cultures numériques, quittant la sphère musiques électroniques de ses débuts, même si le (...)

Sébastien Broquet | Mardi 26 janvier 2016

Mirage Festival

Bel élan pour ce festival qui prend résolument un virage le menant vers les cultures numériques, quittant la sphère musiques électroniques de ses débuts, même si le hollandais I-F ou Aïsha Devi seront présents. On note surtout la présence de Olivier Ratsi (Anti VJ), Herman Kolgen au Grand Temple Protestant, Nicolas Maigret et son travail sur le hacking... Du 2 au 6 mars en divers lieux de la ville.

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Un Oeil sur... Arnaud Pottier

ARTS | Le Petit Bulletin en partenariat avec la Ville de Lyon vous présente Arnaud Pottier et son projet Golem au pôle ALTNET, dans le cadre du Mirage Festival - Journaliste : Stéphane Duchêne - Réalisation : La Brêche - crédit musique : Péthrol – Summer Rise

Benjamin Mialot | Mercredi 25 février 2015

Un Oeil sur... Arnaud Pottier

Ddirecteur artistique du studio BK, qui a notamment "éclairé" la place des Terreaux le 8 décembre dernier, Arnaud Pottier est aussi à l'origine de l'installation Golem, présentée au Mirage Festival. Un fascinant projet dans lequel, au croisement de la sculpture et du vidéomapping, du mythe et de l'inconscient, il donne vie à des statues. Rencontre avec un bidouilleur sensible plein d’avenir.

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Mirage Festival : la grand-messe numérique

CONNAITRE | En 2015, les voitures devaient voler, les chaussures s'auto-lacer et le port de la double cravate se généraliser. A la place, nous voilà équipés d'imprimantes 3D, de drones et de logiciels génératifs. A voir l'utilisation qui en est faite au festival d'arts numériques Mirage, dont la troisième édition investit cette semaine une dizaine de sites lyonnais, on n'y a pas perdu au change. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Mirage Festival : la grand-messe numérique

Entre Lyon et l'innovation, c'est une longue passion qui remonte au moins à l'invention du métier à tisser Jacquard (1801) et a connu une nouvelle concrétisation le 12 novembre dernier avec l'attribution, par la secrétaire d’État chargée du numérique Axelle Lemaire, du label French Tech, récompensant les efforts d'une municipalité en faveur de l'entrepreneuriat numérique, ce «levier de croissance» dont les champs d'application sont aussi vastes (éducation, robotique, santé...) que les horizons qu'il ouvre en matière de création artistique sont méconnus. A l'ombre des accélérateurs de start-ups, espaces de coworking et autres pôles d'entraide et d'émulation qui poussent à Lyon comme les champignons sur l'aérolithe de Tintin et L’Étoile mystérieuse, s'épanouissent en effet des créateurs détournant les avancées technologiqies à des fins de renouvellement des formats et modes de consommation de l'art. Et c'est pour leur offrir une visibilité que Simon Parlange et Jean-Emmanuel Rosnet organisent depuis trois ans le Mirage Festival.

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Les chants des machines

MUSIQUES | Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 février 2015

Les chants des machines

Pour les gens de la musique électronique, l'image et la lumière ne sont (trop) souvent que des placebos pour laptopgazer – comme on parle de shoegazers pour les guitaristes obnubilés par leurs pédales d'effet – souffrant d'une sévère carence de charisme. D'une certaine manière, le Mirage Festival inverse ce rapport de subordination, investissant Le Sucre pour deux showcases conçus comme des soirées d'appel destinées à attirer l'attention sur les sections moins intelligibles du festival. Le compromis s'arrête là, Monkeytown et Crème Organization, les deux labels à l'honneur de ces soirées, comptant parmi les plus insaisissables du Vieux Continent. Le premier, tanière de Modeselektor, par la polissonnerie – qu'on pourrait ici orthographier avec un y – avec laquelle ses pensionnaires, en l'occurrence Bambounou et le solaire Benjamin Damage, se jouent des codes de la techno. Le second, fondé à Amsterdam voilà tout juste quinze ans par DJ TLR, par sa propension des siens (y compris les petits derniers, Marquis Hawkes et Innershades), émulée depuis par L.I.E.S., à avilir la h

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Aux yeux des vivants

ARTS | Figure un peu plus qu'émergente des arts numériques lyonnais, directeur artistique du studio BK, qui a notamment "éclairé" la place des Terreaux le 8 décembre dernier, Arnaud Pottier est aussi à l'origine de l'installation "Golem", présentée au Mirage Festival. Un fascinant projet dans lequel, au croisement de la sculpture et du vidéomapping, du mythe et de l'inconscient, il donne vie à des statues. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 février 2015

Aux yeux des vivants

Dans la mythologue juive, le golem est cette créature d'argile humanoïde à laquelle on peut donner et retirer la vie sur commande. Il suffit dans le premier cas de lui inscrire sur le front le mot hébreu Emet (qui signifie "vérité" et parfois "Dieu") puis, pour obtenir l'effet inverse, d'en effacer le premier "E", donnant ainsi Met (soit "mort"). Ce mythe remonte à la mystique du Talmud (où il est mentionné qu'Adam, le premier homme, a pu être un golem) mais la plus célèbre déclinaison en est sans doute celle de Prague, datant du XVIe siècle, où le rabbin Yeouda Loew engendra une telle créature pour protéger le ghetto juif, en proie aux pogroms. Arnaud Pottier n'est à notre connaissance ni rabbin, ni versé dans le talmudisme ou même simplement mégalomane – ou alors il le cache bien. Il a pourtant décidé de donner vie non pas à des créatures de glaise mais à des statues ; là encore non pas en &eac

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La tête dans les mirages

CONNAITRE | Après une première édition en forme de prise de température, le Mirage Festival prend de l'ampleur. Plus qu'un instantané, c'est de fait un véritable panorama de la création numérique contemporaine qu'il propose. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 18 février 2014

La tête dans les mirages

En latin, dolus désigne une supercherie. C'est exactement ce à quoi s'est livré le collectif du même nom (redoublé) lors de la dernière Fête des Lumières : plutôt que de proposer un éclairage inédit du bâti à sa disposition, il a érigé sur la place Colbert un immersif tunnel de diodes dont les variations d'intensité figuraient autant de respirations. Autrement dit une installation autonome et qui aurait été à sa place, c'est le cas de le dire, sur n'importe quel autre bout de trottoir de la ville.Non respect du cahier des charges ? On préfère y voir l'affirmation d'une authentique passion pour les arts numériques : là où la plupart des événements se targuant de les promouvoir ne les utilisent en fin de compte qu'à des fins décoratives, Dolus & Dolus les valorise dans toute leur capacité à redéfinir notre environnement. Notamment dans le cadre du Mirage Festival, créé en 2013 et renouvelé cette année dans une version augmentée. Un festival pour les unir tous Ce sont en effet pas moins de douze lieux qu'investira l'événement, et à peu près deux fois plus de fenêtres sur l'avenir qu'ouvriront les développeurs, musiciens et plasticiens (et

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Nouvelle galerie

CONNAITRE | La Fête des Lumières, c'est d'abord une question d'image. Ce n'est pas Gérard Collomb qui nous contredira. Mais c'est aussi une question de son. La plupart (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 28 novembre 2013

Nouvelle galerie

La Fête des Lumières, c'est d'abord une question d'image. Ce n'est pas Gérard Collomb qui nous contredira. Mais c'est aussi une question de son. La plupart des créateurs invités à présenter Lyon sous un nouvel éclairage ont malheureusement tendance à l'oublier, se contentant de diffuser dans des enceintes de médiocre qualité des musiques sommairement illustratives. Pas le styliste Jean-Charles de Castelbajac, qui a confié la mise en son de son «paradis perdu» à l'implacable Mr Nô – sorte de Gesaffelstein à capuche et d'ascendance auvergnate. Pas le designer berlinois Christopher Bauder, qui tapissera l'Hôtel de région de figures géométriques avec le concours du Concert de L'Hostel Dieu. Et surtout pas Dolus & Dolus, collectif à cinq têtes (deux porteurs de projet et trois artistes numériques) qui présentera cette année l'installation la plus immersive : le LumiNon, une galerie d'une quinzaine de mètres au sein de laquelle, cernés de strates de bois de trois mètres de haut, les badauds seront invités à déambuler aux rythmes des variations d'intensité de centaines de LEDs – mises bout à bout, elles couvriraient une distance de près d'un kilomètre – et d'une musique mi-

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